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Les travailleurs de 2012

mercredi 2 mai 2012 à 13 h 13 | | Pour me joindre

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Mardi, c’était la fête des Travailleurs. Aujourd’hui, mercredi, c’est le premier anniversaire de l’élection d’un gouvernement majoritaire fédéral à Ottawa. Voilà deux événements qui nous poussent à réfléchir à la situation des travailleurs au Canada.
 
C’est important de le faire parce que la réalité socioéconomique des travailleurs change rapidement. C’est vrai surtout pour ceux qui travaillent dans les secteurs manufacturier et forestier.
 
Jeunes travailleursLes fermetures d’usines sont nombreuses, souvent expéditives, draconiennes, brutales et irréversibles. Les exemples sont nombreux : Aveos, qui a fermé du jour au lendemain en mars, laissant tomber 2400 travailleurs; Mabe en janvier, qui va fermer ses installations de Montréal en 2014, ce qui entraînera la perte de près de 740 emplois; Electrolux en 2010 a annoncé le transfert de ses activités de L’Assomption, à Memphis, au Tennessee, soit la mise à pied de 1300 travailleurs d’ici la fin de 2013.
 
Il faut ajouter White Birch et AbitibiBowater, et quantité d’autres entreprises, qui ont mis fin à des activités, qui ont fermé des usines, qui ont provoqué, par leurs décisions, un chambardement total dans la vie de milliers de travailleurs et de leur famille.
 
Les raisons pour expliquer ces fermetures sont multiples : les coûts de main-d’oeuvre sont apparemment plus bas ailleurs, la force du dollar canadien nuit à la rentabilité, les soutiens publics sont beaucoup plus alléchants aux États-Unis qu’on ne peut pratiquement plus les refuser, etc. Sur ce dernier point d’ailleurs, le gouvernement américain et les États ne cessent d’offrir des cadeaux aux entreprises depuis quelques années pour maintenir ou pour gagner des emplois. C’est une nouvelle stratégie, purement protectionniste, que les Américains ont développée pour ralentir la décroissance de leur secteur manufacturier.
 
Pendant ce temps, à Ottawa, le gouvernement décide de mettre fin au monopole de la Commission canadienne du blé, négocie avec ardeur et conviction des accords de libre-échange bilatéraux et multilatéraux qui font craindre l’abandon de certaines protections industrielles, mise beaucoup sur la réduction des impôts des entreprises au point d’offrir à ces sociétés un régime d’imposition parmi les plus faibles du monde. La stratégie de création de richesse et de développement de l’économie à Ottawa n’est pas axée d’abord sur le travailleur, mais surtout sur la concurrence, le marché et les entreprises. C’est un constat.
 
Le Mouvement Desjardins, dans sa publication Perspectives du printemps 2012, confirme les transformations en cours : de 2015 à 2020, le nombre d’emplois dans la fabrication devrait diminuer au Québec après une très faible progression de 2010 à 2015.
 
Il faut des travailleurs en usine. Il nous en faudra toujours. Mais la redéfinition du monde manufacturier sur la planète, les lois en vigueur, le marché qui domine et l’approche libérale de plusieurs pays occidentaux obligent les travailleurs et les syndicats à une profonde réflexion sur deux choses : leur rapport de force et leur stratégie pour maintenir, sauver et contribuer à créer des emplois.

Retraites : le contrat social en jeu

jeudi 12 janvier 2012 à 15 h 25 | | Pour me joindre

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C’est le contrat social qui est en cause! On a promis à des millions de travailleurs des retraites agréables, douces et reposantes. On nous a chanté pendant des années « Liberté 55 » et, aujourd’hui, on annonce qu’il faut changer complètement les règles. La promesse d’une belle retraite ne sera pas tenue pour tout le monde.
 
Prenez les travailleurs de la papetière White Birch à Québec, qui ont refusé massivement la dernière offre de leur entreprise hier. Pour que leur usine demeure ouverte, les employés se voyaient proposer par leur employeur de mettre fin au régime en vigueur à prestations déterminées. Cela aurait entraîné une réduction de 40 % à 65 % des prestations selon le syndicat.
 
C’est une question de survie pour White Birch, mais c’est aussi un constat particulièrement navrant pour des hommes et des femmes qui ont travaillé fort toute leur vie, qui ont contribué à un régime de retraite dans des conditions précises, avantageuses et qui se voulaient rassurantes.
 
Aujourd’hui, tout s’effondre. Les revenus de retraite fondent, les règles changent, ça ne va pas plus du tout. Les actions et les obligations n’ont pas fourni les rendements attendus. Et on peut se poser des questions sur le niveau de prudence du législateur, qui a permis des congés de cotisation à une époque où tout semblait bien aller.
 
Fin des années 90, les régimes étaient surcapitalisés. Aujourd’hui, c’est tout le contraire et ça se produit au pire moment. En effet, au cours des deux prochaines décennies, des centaines de milliers de personnes vont prendre leur retraite et toucher leurs prestations. Les experts affirment qu’on n’y arrivera pas.
 
Alors, que fait-on? On remet tout sur la table? On renégocie les régimes, on ampute une partie des prestations prévues? On demande aux travailleurs actuels d’augmenter massivement, avec les employeurs, leurs cotisations aux régimes privés?
 
Déjà, la majorité des gens n’ont pas d’épargne ni de régime de retraite. La situation actuelle nous invite à une sérieuse réflexion sur les causes, les conséquences et les solutions. Le contrat social est en cause et des cas comme celui de White Birch risquent malheureusement de se multiplier.