Billets classés sous « universités »

C’est un plaisir de vous retrouver après une pause de quelques jours. Au tour de plusieurs autres de prendre un temps d’arrêt cette semaine à l’occasion de la semaine de relâche au Québec. Bonne semaine à vous!
 
Ce qui ne fait pas relâche, ce sont les grèves étudiantes au Québec. C’est plus de 125 000 jeunes qui ont arrêté d’aller au cégep et à l’université. Plusieurs d’entre eux manifestent dans les rues pour exprimer leur opposition à la hausse annoncée dans le budget 2011-2012 des droits de scolarité, de 325 $ par année pendant 5 ans. Ainsi, aller à l’université coûtera 3793 $ en 2016-2017, une hausse de 75 % en 5 ans.
 
Manifestation d'étudiants du Cégep de SherbrookeLa hausse des droits de scolarité est nécessaire selon le gouvernement du Québec parce qu’il faut améliorer le financement des universités. Les institutions, elles, sont largement favorables à cette majoration.
 
Les universités sont dirigées comme des entreprises, dans une perspective de concurrence et de performance. La récente décision de HEC Montréal s’inscrit dans cette direction : offrir un programme totalement en anglais a pour objectif d’attirer une nouvelle clientèle, payante et réservée, la plupart du temps, à l’Université McGill.
 
Du côté des étudiants, on demande l’abandon de cette hausse. Certains vont jusqu’à réclamer la gratuité scolaire. Leurs points de vue se défendent : il est clair que la montée rapide des droits de scolarité aura un effet sur les moins riches, les pauvres comme les familles de la classe moyenne, qui devront refaire leur calcul et peut-être revoir leur plan de match pour leurs enfants. De nombreuses études arrivent à la conclusion que des droits de scolarité élevés nuisent à l’accessibilité aux études. D’autres nombreuses études arrivent à la conclusion que ce n’est pas du tout le cas.
 
Il est difficile de tenir un débat dans les circonstances actuelles. Les recteurs ont demandé une hausse des droits. Le gouvernement a décidé d’aller de l’avant. Mais la discussion de base à propos du financement des universités et de nos choix de société n’a pas eu lieu. Depuis le sommet sur la jeunesse du gouvernement Bouchard en février 2000, sommet qui avait été vertement contesté il faut le dire par des groupes de jeunes à l’époque, il n’y a pas eu de grandes discussions sur la place et l’avenir des jeunes.
 
Comme le proposaient les économistes Ianik Marcil et Diane Bellemare à RDI Économie le 24 février dernier, ne serait-il pas approprié de poser le problème autrement et de reprendre les questions à se poser dans le bon ordre :
 
1- Les universités sont-elles vraiment sous-financées?
 
2- Devraient-elles repenser leur fonctionnement économique?
 
3- Pourquoi y a-t-il un mouvement de gratuité ou de faibles droits dans plusieurs pays, comme en Norvège, en Suède et en Allemagne?
 
4- Si on opte pour ces modèles, sommes-nous prêts à baliser l’admission à l’université au mérite? Devrait-on ainsi être plus exigeant envers les étudiants et les professeurs en terme de travail et de rendement?
 
Qu’en pensez-vous?

Droits de scolarité : qui a raison?

Jeudi 10 novembre 2011 à 12 h 03 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Le débat s’engage dans le dossier des droits de scolarité, mais les décisions sont prises depuis longtemps. Le gouvernement du Québec a décidé d’augmenter les droits de 325 $ par année pendant cinq ans. Ainsi, ce qui coûtait 2200 $ par année va passer à 3800 $ en 2017.