Petite vérification des faits pour rendre les choses plus claires. Au Sommet sur l’Enseignement supérieur, le ministre Pierre Duchesne et la première ministre Pauline Marois ont franchement campé leur position : tout converge vers une hausse des droits de scolarité indexée à environ 3 %. Sur le site du ministère, il est écrit que la proposition « prévoit notamment l’indexation des droits de scolarité selon le taux de croissance du revenu disponible des familles, soit environ 3 %, et l’inclusion des frais afférents dans le périmètre de cette indexation ».
En se basant sur les calculs assez complexes de l’Institut de la statistique du Québec, le revenu disponible des familles augmente, en effet, d’environ 3 % par année. De 3,3 % pour être exact si on prend la fourchette 2007-2011, les dernières données disponibles. Appréciez vous-mêmes les savants calculs de l’ISQ ici.
Ainsi, le revenu disponible des ménages totalisait :
en 2007 : 180,493 milliards
en 2008 : 188,701 milliards
en 2009 : 192,562 milliards
en 2010 : 197,531 milliards
en 2011 : 204,604 milliards
Il s’agit d’une hausse de :
en 2008 : +4,5 %
en 2009 : +2,0 %
en 2010 : +2,6 %
en 2011 : +3,6 %
Autrement dit, en temps de croissance économique, le taux de progression du revenu disponible augmente plus rapidement qu’en temps de récession. De 2007 à 2008, juste avant la récession, la croissance du revenu disponible a été marquée, soit 4,5 %. Puis, année de récession, la croissance n’a été que de 2,0 % en 2009. Et, avec la reprise, la croissance des revenus s’est accélérée en 2010 et en 2011.
Prenons donc les deux extrêmes pour évaluer la hausse possible des droits de scolarité :
- À partir du niveau actuel moyen des droits à 2168 $ par année, une hausse de 2 %, donc indexée à la croissance du revenu disponible des ménages en 2009, signifierait une augmentation de 43 $ des droits;
- Toujours en se basant sur le niveau actuel moyen de 2168 $, une hausse de 4,5 %, donc indexée à la croissance du revenu disponible des ménages en 2008, signifierait une augmentation de 98 $.
Je crois comprendre dans le vocabulaire du communiqué du ministère que le gouvernement projette d’indexer les droits de scolarité à la croissance du revenu disponible des ménages et non pas d’augmenter d’un niveau fixe, annuellement, de 3 %. Est-ce bien le cas? Si c’est ça, la hausse des droits sera donc variable. En se fiant aux données historiques, d’une année à l’autre, la hausse pourrait être coupée de moitié ou encore pourrait doubler.
Cela dit, dans un discours prononcé il y a un peu plus d’un mois, la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, expliquait que ce secteur est toujours bien en vie chez nous et qu’on a tout intérêt à miser sur l’industrie manufacturière, qui représente toujours 90 % de nos exportations. Pour stopper le déclin et assurer la vitalité d’un secteur névralgique à l’économie du Québec, Monique Leroux affirme qu’il faut miser sur la productivité. « Il faut investir pour se repositionner et aller chercher sa part de succès dans une économie mondiale dont les pays émergents sont aujourd’hui la locomotive. »

