Billets classés sous « Union européenne »

Il me semble qu’avant – vous savez avant notre époque qui se définit essentiellement par l’arrivée de centaines de postes de télé, par le World Wide Web et par les médias sociaux – avant, il me semble qu’on fermait les livres à la Saint-Jean et qu’on revenait en vie le lendemain de la fête du Travail. Et, encore, en juin, on se mettait en mode de ralentissement graduel et on prenait au moins deux semaines en septembre pour reprendre un rythme normal. Vous vous souvenez de cette époque?

Aujourd’hui, on est à « ON » 12 mois par année et ce n’est pas vraiment facile de se débrancher.

Alors, puisqu’il le faut, puisque l’actualité économique ne prend pas de vacances, voici cinq enjeux clés de l’économie à surveiller cet été.

  1. Les marchés : Depuis que la Réserve fédérale laisse entendre qu’elle va bientôt cesser de faire marcher frénétiquement sa planche à billets, la bourse se dégonfle ou donne des signes d’inquiétudes. Les propos de Ben Bernanke le 18 juin ont créé de la confusion : la Fed pourrait réduire son intervention dans les marchés d’ici la fin de l’année et arrêter tout ça l’été prochain. Le printemps s’est terminé sur une glissade boursière. Tous les signaux économiques et en provenance des membres de la Réserve fédérale pourraient provoquer une certaine volatilité sur les marchés financiers cet été.
  2. L’Europe : La moitié des pays sont en récession, les taux de chômage ne cessent de monter. Mais il y a quelques éclaircies, en Espagne notamment. Les dirigeants des pays en difficulté et les grandes organisations comme le FMI ont compris que l’austérité n’est pas le bon remède pour soulager les malheurs de l’économie. À surveiller donc : les projets de croissance de la France, au moment où le président Hollande est très impopulaire et que des mesures de stimulation économique lui sont réclamées. La zone euro va-t-elle s’enfoncer un peu plus encore ou verra-t-on apparaître des indices de stabilisation puis éventuellement de reprise?
  3. La Chine : Depuis plusieurs trimestres, les indicateurs économiques de la Chine sont moins forts qu’attendu. L’activité manufacturière est à son plus bas depuis neuf mois. Chaque donnée économique moins forte en provenance de la puissance émergente qu’est la Chine a un impact immédiat sur les marchés, les cours des métaux entre autres. La croissance du PIB demeure spectaculaire à 7 ou 8 %, mais la révision à la baisse des prévisions laisse entrevoir une demande moins forte pour les ressources mondiales, dont celles du Canada. À surveiller : les indicateurs économiques de la Chine vont donner le ton quant à la solidité de la reprise économique mondiale pour les années suivantes, d’autant que le premier client des Chinois, c’est l’Europe!
  4. Chez nous, la construction, les prix des maisons, la banque centrale, le dollar : Tout est lié. Nous en avons souvent parlé. L’endettement élevé des Canadiens est le premier danger pour notre économie et le nouveau gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz a été clair : la croissance doit venir des entreprises et particulièrement des exportateurs. Il sera intéressant de voir dans le communiqué de la Banque du Canada le 17 juillet si l’évocation d’une hausse éventuelle des taux d’intérêt y figurera encore. Si Stephen Poloz veut aider les exportateurs, il sera sans doute tentant pour lui de repousser le plus tard possible la hausse des taux afin de ne pas créer de pression à la hausse sur le dollar canadien. À suivre aussi : les prix des maisons, les intentions de construction, les dangers de bulle dans le secteur des condos à Toronto et à Montréal.
  5. Libre-échange : le Canada va-t-il finir par conclure un accord de libre-échange avec l’Union européenne? Et si oui, à quel prix? Quelles seront les concessions? Sinon, comment sortir de cette démarche la tête haute? À quoi pourrait ressembler un accord incomplet, mais qui serait jugé satisfaisant pour les deux parties? Il sera intéressant de surveiller aussi les premières déclarations entourant le début des négociations entre les États-Unis et l’Union européenne en juillet.

En terminant, j’ai le plaisir de partager avec vous des réflexions comme ça plusieurs fois par semaine depuis maintenant sept ans, depuis 2006. C’est un immense privilège pour deux raisons : la première, c’est de pouvoir expliquer les choses, d’avoir de la place pour le faire. Et la deuxième, c’est de pouvoir vous lire, de parler avec vous et d’échanger des idées. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes une grande partie des sujets qu’on développe au module économie. Et c’est ainsi, je pense, que l’on réussit à remplir une mission essentielle au service public : vous donner la parole.

Merci, bon été. Continuez d’écrire ici, sur ce blogue, et de partager vos idées, vos suggestions, vos réflexions.

Le gouvernement de Stephen Harper ne cesse d’amoindrir les attentes quant à l’annonce possible d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne la semaine prochaine au sommet du G8 en Irlande du Nord. Le premier ministre a déclaré à Londres, mercredi, qu’il n’est pas question pour lui de s’enfermer dans un calendrier artificiel. Même ton au bureau du ministre du Commerce international Ed Fast, la semaine dernière : il n’y a pas de date-butoir, on négocie et ça progresse. Et c’est tout.

Le haut-commissaire auprès du Royaume-Uni Gordon Campbell accueille Stephen Harper à l’aéroport Luton, en Angleterre. Photo : PC/Adrian Wyld

Pourtant, il y a bel et bien urgence pour le gouvernement canadien. Le premier ministre de Grande-Bretagne, David Cameron, a son discours tout prêt en poche pour annoncer au sommet du G8 le lancement officiel des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis.  Et dans ce contexte, déjà, les Européens réévaluent leurs options étant donné leur désir et vif intérêt à conclure un accord de libre-échange avec les États-Unis.

La seule chose qui semble remettre en question une annonce de David Cameron la semaine prochaine serait un blocage du gouvernement français, qui exige que la notion de l’exception culturelle soit déjà en place et adoptée avant même d’entamer des discussions. La culture n’est pas une marchandise pour la France (et pour le Québec aussi, d’ailleurs) et ne doit pas faire partie des négociations. Cet aspect est crucial et pourrait retarder l’annonce du début des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis.

Mais, sinon, on est sur la ligne de départ. Et plus on s’approche de ces négociations États-Unis / Europe, plus on semble s’éloigner d’un accord Canada / Europe. L’opposition officielle à Ottawa craint même que, pour sauver la face et arriver rapidement à un accord, le gouvernement Harper soit prêt à céder sur certains principes et conclure une entente bâclée.

L’ex-premier ministre du Québec Jean Charest nous vendait encore cette entente le 3 juin dernier à RDI économie, comme s’il craignait qu’elle ne soit pas signée. Et voilà qu’à Ottawa, on fait tout pour minimiser les attentes sur la conclusion rapide de l’accord.

Une question très sérieuse se pose aujourd’hui : les Européens ont-ils encore un intérêt pour un accord de libre-échange avec le Canada?

Canada / UE : accord au G8?

Lundi 3 juin 2013 à 17 h 06 | | Pour me joindre

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Si Jean Charest s’est éloigné sans se faire prier de certains dossiers comme le conflit étudiant et la commission Charbonneau, l’ex-premier ministre n’a pas hésité un seul instant à se replonger dans les négociations de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a tenu à souligner la vie de l'ancien premier ministre de l'Alberta, Ralph Klein.Dans des entrevues exclusives accordées à RDI économie et Classe économique lundi, l’avocat Jean Charest, aujourd’hui avec McCarthy Tétreault, nous a dit que tout concorde pour qu’une entente Canada / Europe soit finalement annoncée au G8 les 17 et 18 juin en Irlande du Nord.

Le Plan Nord et cet accord de libre-échange, ce sont les legs que veut laisser Jean Charest. Il n’est donc pas étonnant de le voir rebondir dans ces négociations. Dans un entretien accordé au magazine Forces au printemps 2008, Jean Charest affirmait qu’une entente entre le Canada et l’Union européenne pouvait représenter « une voie rapide vers un accord transatlantique qui pourrait être plus large, entre l’Union européenne et les États-Unis ».

Il évaluait, dans une autre entrevue accordée au Devoir cette fois en 2008, à 60 % les chances qu’un accord soit bel et bien conclu entre le Canada et l’Union européenne.

Aujourd’hui, dans l’entrevue qu’il nous a accordée, l’ex-premier ministre du Québec évalue les possibilités d’une entente à 90 %. Mais le 10 % qui reste est le plus difficile à gagner!

Il est urgent d’y arriver selon lui compte tenu du fait que les États-Unis et l’Union européenne vont bientôt amorcer des négociations de libre-échange. Ces discussions se feront qu’il y ait un accord ou non entre Ottawa et Bruxelles. Selon l’ex-premier ministre, sans entente et avec les négociations États-Unis / Union européenne, le Canada serait obligé de se contenter de la troisième chaise dans une nouvelle négociation où il ne ferait plus le poids.

Stephen Harper doit maintenant intervenir selon Jean Charest. Le premier ministre du Canada sera d’ailleurs en Europe dans les prochains jours en vue du G8. Les prochains jours seront cruciaux. Ça passe ou ça casse…

Y a-t-il de « l’eau dans le gaz » dans le projet d’union libre du Canada et de l’Union européenne? À quelques semaines du début des négociations de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, on peut sérieusement se demander si les relations canado-européennes ne sont pas en train de dérailler. Les signaux envoyés sont tous au jaune. Et les irritants se multiplient.

Ce qui achoppe, ce sont les questions agricoles. Le Canada veut exporter plus de bœuf vers l’Europe. L’Union refuse et exige un accès plus grand au marché des produits laitiers du Canada. La plupart des autres points seraient réglés ou sur le point de l’être. Mais cette question bloquerait toutes les avancées supplémentaires.

Ce problème survient au moment où l’administration Obama est sur le point de lancer des négociations avec l’Union européenne. Si le Canada n’a pas conclu d’entente avec les Européens avant le début des discussions entre Washington et Bruxelles, comment pourrait-on prétendre à Ottawa que l’Union européenne a encore beaucoup d’énergie à mettre sur une entente. Le réel intérêt pour l’Europe, ce sont les États-Unis. Et ils sont sur le point de pouvoir y aller directement, sans passer par le nord.

Les relations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis représentent le tiers des échanges commerciaux mondiaux. Total de 645 milliards de dollars en 2012. Barack Obama sera en Allemagne les 18 et 19 juin prochain.

Dans l’urgence, le Canada devra-t-il plier sur des points cruciaux?

Il faut ajouter qu’il y a deux dossiers qui nuisent aux relations canado-européennes : le phoque et les sables bitumineux. Le boycottage des produits du phoque canadien a été confirmé, il y a quelques jours, une fois de plus. Et ça agace le Canada.

Et l’Europe est allergique au pétrole issu des sables bitumineux. Même si les Européens ne sont pas vraiment appelés à consommer de ce pétrole, ils continuent de mener une campagne contre ce type d’énergie. Le ministre fédéral des Ressources naturelles Joe Oliver affirme que les directives européennes sont discriminatoires et ne s’appuient pas sur la science. En notant les types de pétrole, les Européens minimisent les émissions de gaz à effet de serre (GES) émises par le Venezuela, selon Joe Oliver.

La Commission européenne pourrait bientôt conclure que les émissions de GES du pétrole des sables bitumineux sont 22 % plus élevées que le pétrole conventionnel. Le Canada pourrait saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) du dossier.

L’enthousiasme qui a régné pendant un certain dans l’avenue d’une entente sur un libre-échange entre le Canada et l’Union européenne a disparu. Les yeux sont tournés vers Washington aujourd’hui. Et ce qui apparaissait récemment comme des petits détails à régler entre le Canada et l’Union européenne ressemblent de plus en plus à des cadenas difficiles à déverrouiller.

Dans l’indifférence…

Mercredi 5 décembre 2012 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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Sentez-vous une urgence à répondre efficacement au défi écologique?

Alors qu’on nous annonce à Doha, où se tient la 18e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, que la température moyenne mondiale va grimper de 5 degrés Celsius d’ici 2100, les grands enjeux au cœur des discussions des dirigeants mondiaux ne font qu’effleurer les questions écologiques. À raison, diront certains, compte tenu de l’ampleur des problèmes économiques et financiers. À tort, diront d’autres, compte tenu de l’importance des questions environnementales pour l’avenir de la planète.

Conférence sur le climat à DohaEn Europe, tous les yeux sont tournés sur ces gouvernements qui ont du mal à contrôler leurs finances publiques, qui plongent un peu plus chaque trimestre dans la récession et qui provoquent de vifs débats sur l’avenir de la zone euro.

Aux États-Unis, on ne parle plus que du précipice budgétaire et de l’affrontement entre un président démocrate à la Maison-Blanche et un président républicain à la Chambre des représentants. L’objectif : trouver un compromis qui permettra à chacun de ne pas perdre la face et qui fera en sorte d’éviter un choc fiscal de 600 milliards, hausse d’impôts et réduction de dépenses, le 1er janvier prochain.

En Chine, le gouvernement œuvre à réorganiser son économie pour développer une demande intérieure durable. Cela fera en sorte de ralentir et de stopper la hausse des inégalités, et de permettre aussi au pays de réduire sa dépendance aux exportations vers des pays qui sont aujourd’hui en difficulté financière et économique.

Chez nous, au Canada, le pétrole, le gaz et les mines sont au centre des discussions pour développer l’économie. Ottawa soutient le développement de l’industrie pétrolière de l’Alberta et des sables bitumineux. Même Québec s’y intéresse : on discute d’inverser l’oléoduc Sarnia-Montréal pour permettre le transport du pétrole de l’ouest vers l’est. Le gouvernement Marois souhaite aussi développer le pétrole qui se trouve sur son territoire.

Pendant ce temps, comme Le Monde le rapporte mercredi, les négociations de Doha n’ont pas permis de faire des progrès notables. « Le cœur n’y est pas », dit-on en marge des négociations. On maintient l’objectif d’en arriver à un accord d’ici 2015, mais on a l’impression qu’il n’y a pas vraiment de sentiment d’urgence pour en arriver à un accord prochainement.

Comme si on pouvait reporter continuellement à un peu plus tard.

Comme si 2020, 2030, 2050, 2100 étaient des échéances lointaines, très très lointaines.

En fait, comme l’écrivait de nouveau Le Monde le 26 novembre, « les budgets publics sont exsangues, le marché carbone s’est effondré et le débat sur les financements innovants (taxe sur l’aviation notamment) piétine ».

Pourtant, les émissions ne font qu’augmenter sur la planète : hausse prévue de 2,6 % cette année, hausse de 58 % par rapport au niveau de 1990. Les émissions de la Chine sur environ 25 ans (de 2004 à 2030) devraient être deux fois les émissions de l’OCDE. Selon le Global Carbon Project, la Chine est le plus grand pollueur du monde avec 28 % des émissions, suivi des États-Unis à 16 %. Mais les émissions par habitant sont de 6,6 tonnes en Chine et de 17,2 tonnes aux États-Unis.

Pour la suite, la Chine hésite, tout comme les États-Unis d’ailleurs. Le Japon ne veut pas s’engager avec des cibles précises. Le Canada, qui a quitté l’accord de Kyoto, continue à recevoir des prix fossiles pour ses positions jugées rétrogrades en matière d’environnement. Mis à part l’Europe et l’Australie, la volonté politique n’y est pas.

N’est-ce pas inquiétant?

Le Canada est-il arrogant?

Vendredi 8 juin 2012 à 11 h 31 | | Pour me joindre

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Ce n’est pas la première fois qu’on le constate, mais le gouvernement Harper adopte depuis quelques années un ton qui frise la condescendance face à la zone euro. 

Au moment où des négociations sont en cours pour la création d’une zone de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, le premier ministre Harper et son ministre des Finances Jim Flaherty se sont permis, à plusieurs reprises, d’exprimer exaspération et conseils pressants à l’endroit des chefs de la zone euro.

Le premier ministre Stephen Harper a rencontré le président français François Hollande à Paris. Encore cette semaine, en visite en France, le premier ministre Stephen Harper a déclaré que la situation ne pouvait plus durer, les dirigeants de la zone euro doivent trouver des solutions maintenant. À l’antenne de la CBC, il a déclaré qu’on ne pouvait pas attendre l’élection grecque qui aura lieu dans moins de 10 jours pour décider du sort de la zone euro.

Et surtout, le Canada a décidé de ne pas soutenir l’effort financier que le FMI réclame aux pays du G20 pour créer un fonds de 430 milliards de dollars pour venir en aide aux pays en difficulté, on pense de plus en plus à la possibilité que l’Espagne ait besoin du FMI dans un proche avenir. Avec les États-Unis, le Canada est le seul pays à ne pas contribuer à la cagnotte.

Exprimant la position du gouvernement en Chambre à Ottawa, le député et secrétaire parlementaire conservateur Pierre Poilievre a déclaré ceci à propos des pays de la zone euro en difficulté : « Ils ont imposé leurs contribuables au maximum et emprunté jusqu’à la limite, et ils veulent maintenant se renflouer en continuant de dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas. Ils ne recevront aucune aide du Canada. Le premier ministre n’obligera pas les contribuables canadiens, qui travaillent tous très dur, à renflouer les États providences européens ou les riches banquiers qui leur ont prêté de l’argent. »

Ces propos sont probablement ceux qui décrivent le plus clairement la position du Canada dans ce dossier. Est-ce du mépris? Est-ce de la condescendance? Ou est-ce que le Canada peut se permettre de faire la leçon aux Européens compte tenu de son bilan exceptionnel en matière de finances publiques, de croissance économique et de stabilité bancaire?

Aujourd’hui, le Canada est vu comme un lieu d’investissement sûr, comme un géant de l’énergie qui détient une ressource pour laquelle la demande ne faiblit pas et sa gestion du déficit, surtout le retour au déficit zéro sous Paul Martin, a été citée maintes fois en exemple partout dans le monde. Le Canada ne cache pas son irritation face à la situation européenne et craint même des répercussions sur l’économie du pays si la situation se dégrade encore.

Cela dit, le Canada a aussi ses propres défis. Endettement des ménages excessifs, possibles bulles immobilières dans certains marchés du pays, banques très exposées à l’endettement hypothécaire des Canadiens, notre marché demeure profondément lié à celui des États-Unis, économie à deux vitesses (croissance forte dans l’Ouest, croissance faible dans l’Est) et j’en passe.

Le gouvernement Harper a-t-il la bonne attitude face aux problèmes européens?

Plusieurs analystes politiques affirment que Stephen Harper veut changer le Canada, socialement, moralement et économiquement. Sur ce dernier point, ça s’incarne nettement par une baisse des taxes et des impôts, par la signature d’accords bilatéraux et multilatéraux de libre-échange et par l’abandon de soutiens — prêts et subventions — aux entreprises.
 
 
Un poulet d'élevage
Un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne fait partie des priorités du gouvernement fédéral et serait annoncé d’ici la fin de l’année. Cette entente, très importante, pourrait signaler « le début d’un temps nouveau » pour reprendre les mots de l’auteur Stéphane Venne. Ce « temps nouveau », c’est celui qu’espère et que construit, pierre par pierre, le premier ministre depuis plusieurs années.
 
En fait, l’accord va là où plusieurs espèrent que le gouvernement n’ira pas : ouvrir les marchés publics et les marchés protégés. Ainsi, de ce qu’on en sait, on a abordé dans les négociations en vue d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne des thèmes sensibles comme : les procédures douanières, la coopération réglementaire, l’accès aux appels d’offres des provinces et des municipalités et la propriété intellectuelle.
 
Dans un texte très instructif, le chroniqueur John Ibbitson, du Globe and Mail, se demande ce matin si le gouvernement Harper n’a pas l’intention de « démanteler le système de gestion de l’offre pour les éleveurs de volailles et les producteurs laitiers ». Et selon lui, oui, « vous pouvez parier là-dessus », c’est très certainement son intention. « Les jours du système de gestion de l’offre sont comptés », écrit-il en conclusion de son analyse.
 
Ottawa ne couperait certainement pas, d’un coup, les vivres aux producteurs. Mais il pourrait, après une transition de quelques années, réduire considérablement les soutiens. Le gouvernement tient à ouvrir le marché canadien et à conclure des accords d’importance avec les pays qui comptent, soit les pays d’Europe, l’Inde, la Chine et les pays d’Asie en pleine expansion. Pour ce faire, il devra jeter du lest et il serait étonnant que le gouvernement fédéral s’exclût du Partenariat économique et stratégique Trans-pacifique en négociations pour protéger la gestion de l’offre.
 
Les milieux agricoles ne sont pas les seuls à exprimer des inquiétudes. C’est le cas aussi des municipalités. La ville de Toronto veut être exemptée de l’application du futur accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Le conseil municipal a adopté la semaine dernière une motion en ce sens. La plus grande ville du pays voudrait que cette exemption soit permanente et qu’elle s’applique aussi aux hôpitaux, aux écoles, aux universités et aux autres services publics.
 
Pendant ce temps, le ministre fédéral du Commerce international Ed Fast voyage beaucoup, en tournée mondiale pour établir des liens commerciaux solides et porteurs d’échanges. Le train canadien file à pleine vitesse… pour le meilleur et pour le pire?

Zone euro : autre sommet crucial

Jeudi 8 décembre 2011 à 13 h 13 | | Pour me joindre

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Ce énième sommet de l’Union européenne à Bruxelles est crucial pour la survie de la zone euro. C’est ce que croient de nombreux observateurs et acteurs socio-politico-économiques d’Europe. La pression est forte pour que ce sommet aboutisse à des résultats concrets et immédiats.
 

L’entente européenne en 3 points

Jeudi 27 octobre 2011 à 13 h 34 | | Pour me joindre

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Le président de la FTQ Michel Arsenault a réanimé l’expression toute fleurie hier en commission parlementaire… et je ne peux pas résister à la tentation de l’inclure pour la postérité dans mon blogue. Vous me permettez? 
 
Alors, voici : les chefs européens ont fini de « roter sur du vieux sûr » avec l’adoption — enfin — d’un plan prévoyant le refinancement des banques, le renflouement du fonds de stabilité financière de l’Europe et l’effacement de la moitié de la dette obligataire de la Grèce. C’est dit, c’est fait. Et le clin d’oeil s’arrête ici.
 

L’Europe avance, mais…

Jeudi 29 septembre 2011 à 12 h 00 | | Pour me joindre

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Paralysée par de multiples intérêts politiques et bousculée par une forte activité spéculative sur les marchés, l’Europe sort de sa torpeur et agit. Bien que le président des États-Unis se permette de faire la leçon aux Européens en leur disant d’en faire plus (lui s’est pourtant souvent écrasé face à ses opposants), on ne peut pas dire que les autorités européennes ne prennent pas aujourd’hui le taureau par les cornes. 

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