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Verizon a-t-il besoin du Canada?

jeudi 29 août 2013 à 19 h 04 | | Pour me joindre

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Le géant américain Verizon a-t-il encore l’intention de faire une percée dans le marché du sans-fil au Canada? Bien que le gouvernement fédéral soit prêt à l’accueillir en lui permettant d’obtenir une partie du spectre de fréquences qui sera mis aux enchères en janvier prochain, il semble que Verizon ait la tête ailleurs.

L’entreprise serait en train de négocier le rachat des parts que détient la société britannique Vodafone dans Verizon Wireless. Valeur possible du rachat : 130 milliards de dollars. Vous avez bien lu : ce ne sont pas des millions, mais des milliards… 130 milliards. Est-ce que le Canada fait encore partie des priorités de Verizon?

En tout cas, Bell Canada, qui s’oppose à la venue de Verizon au Canada, ne s’est pas fait prier pour commenter l’information. « Une entreprise comme Verizon ayant l’envergure voulue pour envisager une acquisition d’environ 130 milliards $US, écrit Bell dans un communiqué, n’a pas besoin de l’aide d’Ottawa pour livrer concurrence dans le marché canadien du sans-fil. »

Le problème de BCE, Telus et Rogers, c’est que le gouvernement fédéral a prévu, lors de la prochaine enchère qui se tiendra en janvier, octroyer jusqu’à deux des quatre blocs de spectre de fréquences à des entreprises étrangères. L’accès à cette enchère pour BCE, Telus et Rogers sera donc limité à 1 bloc maximum chacun, alors qu’il sera plus généreux pour les sociétés extérieures, comme Verizon, qui a montré de l’intérêt pour le marché canadien.

Le gouvernement fédéral a adopté cette ligne de conduite au nom de la concurrence et dans l’objectif de faire baisser les prix du sans-fil. Mais une étude du CRTC nous apprenait récemment que les prix sont déjà en baisse, de 20 % depuis 2008. Et des analystes nous disaient il y a quelques jours que les grands joueurs des télécommunications avaient dans les derniers mois lancé le partage de données, qui permet par exemple d’utiliser un téléphone et une tablette électronique sur un même forfait. Une offre comme celle de Verizon aux États-Unis!

Malgré tout, le ministre de l’Industrie James Moore nous disait à RDI économie le 22 août que la baisse doit se poursuivre. Et que pour y arriver, il faut ouvrir davantage le marché. Lors de cette entrevue, je lui ai demandé si l’arrivée de Verizon n’allait pas nuire à l’économie canadienne, puisque les trois grands emploient 125 000 personnes au pays et que les grands fonds de pension possèdent des milliards de dollars en actions de BCE, Telus et Rogers.

Pas du tout a répondu le ministre Moore. Il y a eu, dans les dernières années, une hausse du nombre d’emplois dans le secteur des télécommunications de 25 %, nous a-t-il dit. L’industrie est en pleine croissance, a déclaré James Moore, et il faut équilibre les bénéfices des entreprises et l’intérêt des consommateurs.

A-t-il raison? Avons-nous besoin de Verizon? Et Verizon a-t-elle besoin de nous?

Quelle surprise!

Le CRTC a décidé de refuser la transaction Bell-Astral, prenant ainsi tous les analystes par surprise. Selon le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications, la transaction évaluée à 3,38 milliards de dollars n’aurait pas servi l’intérêt des Canadiens et celle de l’industrie.

Logo du CRTCDans la décision, le CRTC affirme qu’après la transaction, Bell aurait eu 42,7 % des parts d’écoute au Canada anglais et de 33,1 % dans le marché francophone, ce qui aurait octroyé une position encore plus dominante à BCE au Canada et un niveau de parts semblable à Québecor au Québec.

La nouvelle BCE aurait eu 107 stations de radio, 2 réseaux nationaux de télévision et 49 réseaux de chaînes spécialisées. Le patron du CRTC Jean-Pierre Blais affirme que d’accepter une telle transaction aurait permis une « consolidation sans précédent » et aurait pu mener à des « pratiques anticoncurrentielles » de BCE.

En télévision, « 63 % de tous les revenus des services payants et spécialisés » se seraient retrouvés dans les coffres de BCE. En radio, « BCE n’a fait part d’aucune vision » et « n’a pas pris d’engagements fermes ».

Après avoir permis une concentration continue des médias au Canada et le développement d’entreprises verticales (production + distribution + plateformes de diffusion), le CRTC appuie sur le frein. Une nouvelle ère s’annonce.

BCE est perdante, elle ne pourra plus croître par acquisition. Est-ce qu’Astral pourra être achetée dans le contexte actuel? Rogers, Telus et surtout Québecor sortent grandes gagnantes de cette décision. Le concurrent tant craint au Québec par Québecor ne verra pas le jour.

La vente d’Astral à BCE marque une étape importante de l’histoire des médias du Québec. Après la vente et la disparition de Radiomutuel, puis celle de Télémédia, voilà qu’un joueur majeur de la télé et de la radio au Québec est avalé par le conglomérat BCE. Cette transaction est marquante pour des raisons financières, stratégiques et historiques.
 
George Cope et Ian GreenbergD’abord, Bell ajoute 24 chaînes de télévision aux 28 qu’elle possède déjà : on ajoute notamment Super Écran, Canal Vie, Canal D, Musique Plus aux chaînes CTV, TSN et RDS entre autres. Bell s’offre aussi 84 stations de radio, en plus des 30 qu’elle possède. NRJ, Rouge FM, Boom FM, EZ Rock s’ajoutent à l’offre de BCE. Cela dit, Bell devra probablement se départir de certaines stations dans le Canada anglais pour que la transaction soit approuvée par le CRTC. Bell met aussi la main sur la division d’affiches extérieures d’Astral et son contenu numérique. Dorénavant, Bell va dominer dans tous les secteurs au Canada : télévision, radio, Internet, téléphonie, distribution.
 
Deuxièmement, BCE devient un joueur de premier plan au Québec. La part de marché de Bell dans la télévision francophone passera de 6 à 32 % contre 35 % pour Quebecor, propriétaire de la chaîne de télé la plus importante au Québec, TVA. Pour un annonceur, l’offre de Bell sera bien plus complète que par le passé, d’un océan à l’autre, sur toutes les plateformes.
 
Et puis, quel coup de Ian Greenberg, grand patron d’Astral, propriétaire de 12 % des actions et de 63 % des actions multivotantes! On peut dire qu’il vend au bon moment. Les revenus publicitaires de la radio sont moins intéressants que par le passé. Les revenus d’abonnement des télés spécialisées sont de moins en moins stables. Et il devenait de plus en plus difficile pour Astral de dépendre des grands distributeurs que sont Rogers, BCE et Vidéotron, qui imposent la marche à suivre en exigeant dorénavant que les contenus soient disponibles sur les mobiles, le web et à la télé.
 
Surtout, Ian Greenberg a été un bâtisseur du monde médiatique québécois, comme les Beaulne, Beauchamp, de Gaspé Beaubien, Chagnon et j’en passe. Aujourd’hui, il a tenu à saluer ses employés, les artisans de son succès, ce qui est tout à fait honorable.
 
Plusieurs se demandent aujourd’hui si la culture Astral va survivre à Bell, si elle va demeurer intacte, si Bell va imposer ses façons de faire, une structure souvent décrite dans les corridors comme étant lourde et distante?

L’inquiétant futur de RIM

vendredi 16 septembre 2011 à 13 h 49 | | Pour me joindre

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Scepticisme est le mot qui revient le plus souvent chez les analystes qui suivent Research in Motion. L’entreprise, qui a dévoilé ses résultats financiers jeudi soir, affirme que les prochains résultats, ceux du troisième trimestre, se situeront au plus bas de la fourchette de prévision de l’entreprise.