Billets classés sous « taxes »

Il était essentiel de présenter un débat sur les enjeux économiques de Montréal. C’est ce que nous avons fait lundi soir, en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Quatre cents personnes ont assisté à l’événement, qui était aussi présenté à RDI. Et il en est ressorti beaucoup de choses intéressantes.

Je tiens à dire que c’était un bel honneur et un vrai plaisir d’animer un débat avec les principaux candidats à la mairie de Montréal. Je souhaitais que cet exercice soit utile pour les Montréalais. Il fallait entendre des propositions, en préciser certaines et s’assurer que ces idées soient mises à l’épreuve, ce qui ne pouvait se faire que par le débat. C’était ma conviction profonde et c’est celle qui m’a habité durant tout le débat. Je vous remercie d’ailleurs pour tous les commentaires durant le débat et après l’émission.

Les quatre candidats à la mairie de Montréal invités au débat organisé par la Chambre de commerce de Montréal.
Les quatre candidats à la mairie de Montréal invités au débat organisé par la Chambre de commerce de Montréal.

À mon avis, il faut retenir des interventions ceci :

1- Les quatre candidats s’engagent à limiter la hausse annuelle des taxes foncières au niveau de l’inflation, qui est particulièrement faible ces jours-ci à Montréal.

2- Aucun candidat ne propose d’abaisser les taxes commerciales pour les entreprises, une demande pressante du milieu d’affaires. Marcel Côté dit que les taxes d’affaires à Montréal sont les plus élevées, mais ne prévoit pas les réduire.

3- Mélanie Joly affirme que Montréal est une « junkie » des taxes foncières, que son budget dépend trop de ses taxes, soit 67 %, et que dans les circonstances, il faut revoir le pacte fiscal avec le gouvernement du Québec et récupérer 0,5 point de pourcentage de la TVQ, valeur d’environ 300 millions de dollars.

4- Denis Coderre voudrait voir le taux de chômage tomber sous les 7 %. Marcel Côté est d’avis qu’il faudrait voir le chômage tomber sous le niveau de l’ensemble des régions du Québec (7,6 %) et sous celui de Toronto (7,9 %). Le taux de chômage de l’agglomération de Montréal est actuellement de 10 %.

5- Denis Coderre s’est prononcé pour le renversement de l’oléoduc d’Enbrige entre Sarnia et Montréal.

6- Ce n’est pas le maire de Montréal qui fait du développement économique, selon Mélanie Joly, qui précise que le maire est là pour mettre en place des conditions qui vont favoriser le développement économique.

7- Mélanie Joly propose l’amnistie pour les firmes de génie-conseil en échange du remboursement « d’une partie des sommes » qui ont été encaissées incorrectement. Denis Coderre trouve « trop rapide » l’idée d’amnistie. Richard Bergeron dit que la négociation est déjà en cours.

8- Un projet de tramway serait payé par les Montréalais, dit Richard Bergeron, par le budget prévu dans les investissements.

9- Tous s’entendent pour dire qu’il faut continuer la renégociation des régimes de retraite. Mélanie Joly propose que Montréal ait un droit de lock-out.

10- Denis Coderre affirme qu’il faut demander à Air Canada d’amener plus de vols directs internationaux à partir de Montréal.

Et vous, qu’avez-vous retenu?

Voyez ou revoyez le débat!

Paradis fiscaux et complicité

Vendredi 5 avril 2013 à 14 h 29 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Il ne faut pas se leurrer : les réactions ulcérées des gouvernements occidentaux aux informations obtenues par des journalistes d’enquête sur les avoirs de milliers d’individus dans les paradis fiscaux ne sont que des effets de scène. Ils savent, et nous savons tous, que des gens bien nantis et bien conseillés utilisent de nombreux stratagèmes fiscaux pour réduire leurs impôts. Depuis longtemps.

Carte des paradis fiscauxLes gouvernements qui mènent la marche du monde acceptent et approuvent la présence de pays et de juridictions à la fiscalité excessivement avantageuse pour les riches individus et les sociétés, notamment les banques.

Pour payer moins d’impôts, des gens d’affaires et des gens de pouvoir profitent de l’existence de ces passerelles fiscales, d’échappatoires de toutes sortes et de couloirs secrets et complexes, considérés comme étant légaux.

La fiscalité est essentielle au fonctionnement des états et est un outil stratégique dans la marche du commerce mondial et du développement de l’économie ainsi que pour attirer des investissements. C’est la fiscalité qui permet de garnir les coffres des gouvernements, qui permet aussi d’accorder des avantages à des citoyens, des groupes ou des sociétés. Mais c’est aussi en utilisant une tonne d’astuces fiscales qu’on peut se faufiler entre toutes les règles qui encadrent la circulation des revenus, des profits et des pertes.

Ce qui est révélé par des fuites et des enquêtes journalistiques, c’est un système connu des gouvernements occidentaux depuis des décennies. On peut sortir tous les noms qu’on veut de cette boîte à milliards, il n’en demeure pas moins que les règles fiscales en place, partout dans le monde, encadrent faiblement la circulation de l’argent vers les paradis fiscaux.

Le travail sérieux pour éviter les fuites de milliers de milliards de dollars vers les cocotiers et les palmiers ne fait que commencer.

La fiscaliste Brigitte Alepin nous disait l’automne dernier qu’on devrait considérer quelqu’un comme étant riche à partir de revenus de 400 000 ou 500 000 $ par année. C’est très subjectif, disait-elle aussi, que d’établir un niveau de richesse. Mais ce qu’elle souhaitait surtout, c’était d’attirer l’attention sur un point crucial : les riches, les « vrais » riches ont beaucoup de moyens pour réduire leurs charges fiscales.

Et donc, on a beau parler des impôts des mieux nantis, et les augmenter, il n’en demeure pas moins qu’une quantité importante de niches fiscales permet à ces gens-là de réduire considérablement leurs impôts. Et c’est à ça que les politiciens devraient s’attaquer. Il est là le « vrai » problème fiscal dans le monde… et on en fait très peu pour améliorer cette situation.

Gerard DepardieuL’affaire Depardieu en France est une histoire qui fait beaucoup de bruit, certes, mais elle est tout à fait révélatrice de la situation réelle des « vrais » riches. Ils sont mobiles! S’ils ne veulent pas subir les hausses d’impôts annoncées en France, au Québec ou aux États-Unis disons, ils peuvent partir, déménager, se trouver une nouvelle adresse pour déclarer leurs revenus. Comme le fait l’acteur Gérard Depardieu, qui partait pour la Belgique et qui est finalement tombé dans les bras de Vladimir Poutine en Russie.

Les paradis fiscaux débordent de milliards de dollars à l’abri de l’impôt. Aussi, les gains en capitaux représentent une quantité importante des revenus des hauts dirigeants d’entreprises qui se font payer en options. Ces gains-là sont beaucoup moins taxés que les revenus de travail.

L’investisseur américain multimilliardaire Warren Buffett affirmait récemment qu’il faudrait exiger un impôt minimal de 30 % sur les revenus dépassant 1 million de dollars par année. Malgré des millions engrangés chaque année, il bénéficie d’un taux effectif d’impôt d’environ 17 %. Mitt Romney, candidat républicain malheureux à la présidentielle américaine de novembre dernier, n’a payé que 14 % d’impôts dans sa dernière déclaration de revenus.

Le 19 novembre dernier, dans le New York Times, Daniel Altman, professeur d’économie de l’Université de New York, écrivait que pour s’assurer une plus grande contribution des plus riches, on devrait taxer la fortune des plus riches et non plus seulement leurs revenus. Un taux d’imposition unique de 1,5 % sur les actifs financiers et autres actifs importants rapporterait plus de 800 milliards de dollars au trésor américain, selon lui. Il propose un taux de 0 % sur les actifs entre 0 et 500 000 $, de 1 % sur les actifs entre 500 000 et 1 000 000 et de 2 % sur le reste.

Au Québec, aux États-Unis, en France ou ailleurs, les mieux nantis sont appelés à contribuer davantage au trésor public. Mais cette solution est loin d’atteindre tous les objectifs. Oui, l’État peut engranger un peu plus d’argent… et encore, c’est assez minime au final. Mais, non, ça ne guérit pas la maladie qui ronge le capitalisme mondial : l’évasion fiscale… et son cousin l’évitement fiscal.

La fin du monde n’est pas le 21 décembre comme l’attendent plus ou moins sérieusement plusieurs commentateurs. C’est plutôt le 1er janvier! Ça se passe aux États-Unis et ça se nomme le fiscal cliff, qu’on traduit chez nous par l’expression « précipice budgétaire ».

À Washington D.C. le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a appelé le président Obama à collaborer avec les républicains de la Chambre.En fait, cette histoire-là est devenue une obsession totale aux États-Unis. Si on ne réussit pas à éviter le choc fiscal provoqué par le précipice budgétaire, l’économie américaine va replonger en récession, entraînant avec elle l’économie mondiale. C’est ce qu’annoncent les experts, les gens de la bourse, les économistes, les analystes…

Le pire est à prévoir, nous dit-on. L’humeur des opérateurs de marché est instable et varie au rythme des déclarations, tantôt optimistes du président démocrate Barack Obama, tantôt déprimantes du président républicain de la Chambre des représentants John Boehner. Et vice versa! Il reste 28 jours avant le 1er janvier 2013. La chaîne d’affaires américaine CNBC nous fait un décompte en temps réel (jour, heures, minutes, secondes) avant le jour J.

Qu’en est-il?

Le président Barack Obama, dans une usine de Hatfield,  explique sa stratégie pour éviter le mur fiscal.

Si une nouvelle entente budgétaire entre démocrates et républicains n’est pas conclue d’ici le 1er janvier 2013, c’est toute une série de hausses d’impôts qui entreront en vigueur automatiquement et des coupes draconiennes qui seront appliquées dans les dépenses publiques. Les mesures suivantes se produiront :

  • Hausse de 3 points de pourcentage des différents niveaux d’impôts (avec l’annulation des baisses d’impôts annoncées par George W. Bush, renouvelées par Barack Obama);
  • Compressions dans les programmes discrétionnaires du budget de 2011;
  • Abolition de certaines exemptions fiscales;
  • Réduction des paiements pour le programme « Medicare » aux médecins, programme qui assure aux aînés l’accès à leur médecin;
  • Fin de la baisse de 2 % des coûts de sécurité sociale;
  • Fin des mesures d’urgence pour les personnes sans emploi;
  • Ajout de nouvelles taxes pour financer le secteur de la santé;

Le bureau du budget du Congrès, un organisme indépendant, affirme que l’application de ces mesures provoquerait un ralentissement sérieux de l’économie. Ainsi :

  • Le déficit passerait de 1128 milliards de dollars en 2012 à 641 milliards en 2013;
  • La dette par rapport au PIB passerait de 73 % en 2012 à 68 % en 2017;
  • Le pays se retrouverait en récession avec une croissance pour 2013 de  -0,5 %;
  • Le taux de chômage remonterait jusqu’à 9,1 % à la fin 2013.

Les Américains ont choisi le démocrate Barack Obama pour diriger les destinées du pays pour un second mandat de 4 ans. Ça lui donne une légitimité renouvelée pour faire avancer son programme, qui prévoit notamment des hausses d’impôts pour les plus riches.

En même temps, les Américains ont donné une majorité aux républicains à la Chambre des représentants, détenteurs à leur tour d’une légitimité pour mettre de l’avant des projets de loi qui correspondent à leurs valeurs et à leurs attentes.

Surtout, le président Obama et les républicains ont le devoir moral de trouver rapidement des solutions et des lieux d’accord pour éviter que l’économie américaine, qui demeure blessée et fragile, ne retombe encore en récession. Les seules craintes provoquées par le « crêpage de chignon » entre les deux partis convainquent les entreprises d’attendre avant d’investir.

Ça ralentit déjà l’économie. Et ça se répercute sur l’économie canadienne en passant…

Nous vivrons d’ici un an et demi une élection générale au Québec. Laissons aux observateurs aguerris le plaisir de spéculer sur le moment du déclenchement de cette élection. Intéressons-nous plutôt à l’un des enjeux qui seront discutés durant la prochaine campagne électorale : les charges fiscales.
 
Alors que le gouvernement Charest nous dit que nous en avons plus dans nos poches depuis son arrivée au pouvoir en 2003, l’opposition officielle promet, si elle est élue, d’annuler la contribution santé, de réduire certains avantages fiscaux et d’augmenter l’impôt des plus riches. Le Parti québécois veut ralentir ou stopper le mouvement qui s’est accéléré au Québec en faveur du principe de l’utilisateur-payeur.
 
PauvretéL’économiste Pierre Beaulne publie un texte éclairant dans un livre qui vient de paraître : Sortir de l’économie du désastre sous la direction de Bernard Élie et Claude Vaillancourt à M Éditeur. Il explique qu’un virage vers une « fiscalité d’usagers » s’est amorcé au Québec depuis déjà plusieurs années, « au tournant des années 90 ». Ce mouvement s’est ainsi amorcé sous le Parti québécois.
 
 
D’abord, Bernard Landry, ministre des Finances sous Lucien Bouchard, a réduit les impôts de 850 millions de dollars en 2008 et a fait passer le nombre de paliers d’imposition de 5 à 3. Le gouvernement du Parti québécois de l’époque avait alors décidé d’augmenter la taxe de vente du Québec de 6,5 à 7,5 %.
 
Puis, « le grand coup, selon Pierre Beaulne, est venu avec les budgets Landry de 1999 et de 2000 et le budget Marois de 2001 qui accordaient des baisses d’impôt sur le revenu des particuliers atteignant cumulativement 3,5 milliards de dollars après trois ans. Cela représente une réduction de 20 % sur les quelque 17,1 milliards de recettes générées par cet impôt en 2000 ».
 
Son analyse est étendue sur plusieurs années : « Cela dit, on peut prendre la mesure de l’impact considérable des réductions d’impôts consenties dans ces budgets quand on observe que les revenus tirés de cet impôt se situaient à 18,1 milliards de dollars en 2007, comparativement à 17,1 milliards en 2000. En sept ans, les revenus tirés de l’impôt sur le revenu des particuliers ont progressé d’à peine 6 %, alors que le PIB progressait de 27,7 %. C’est tout un freinage. »
 
En mai 2007, la ministre libérale des Finances Monique Jérôme-Forget a annoncé une baisse d’impôts de 950 millions de dollars, profitant d’un transfert du fédéral à l’occasion d’un règlement sur le « déséquilibre fiscal ». Pierre Beaulne affirme que « l’impôt sur le revenu des particuliers du Québec a glissé de 7,6 % du PIB en 2000 à 6,6, % en 2010, ce qui représente un manque à gagner de trois milliards de dollars ».
 
 Le « virage » s’est accentué et s’est confirmé dans le budget 2010-2011 du ministre Raymond Bachand. Le gouvernement a alors annoncé l’introduction d’une contribution santé de 200 $ par citoyen gagnant plus de 15 000 $ par année, une nouvelle hausse de la TVQ, une série de hausses de la taxe sur les carburants, l’indexation des tarifs, la hausse des droits de scolarité de 325 $ par année pendant 5 ans et la majoration des tarifs d’électricité sur le bloc patrimonial à partir de 2014.
 
On dit souvent que le gouvernement Harper s’est privé de revenus en réduisant les taxes à la consommation et les impôts des entreprises. Or, le Québec a pris le même tournant il y a plus de 10 ans en réduisant les impôts des particuliers. Le problème, c’est qu’à Ottawa, les revenus montent tout seuls, ou presque! Alors qu’à Québec, il faut compenser avec des hausses de taxes et de tarifs.

Êtes-vous plus riches, oui ou non?

Mercredi 21 mars 2012 à 13 h 04 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, a présenté mardi un budget tranquille, sans annonce majeure, tentant de faire oublier les mauvaises nouvelles d’il y a deux ans, qui prennent effet budget après budget. On a beaucoup parlé des ressources, des retraites, du déficit et de la dette mardi. Mais il ne faut pas oublier qu’en 2012 plusieurs taxes, tarifs et cotisations augmentent : TVQ, taxe sur l’essence, contribution santé, droits de scolarité et cotisations à la RRQ. Des centaines de millions de dollars de plus qui vont dans le financement des dépenses de l’État.

Le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, lors du dépôt du budget provincial 2012-2013Compte tenu de ces charges supplémentaires, Raymond Bachand tenait à nous dire que les Québécois, depuis 2003, ont un revenu disponible aujourd’hui plus élevé. « Une fois dressé le bilan des mesures prises depuis 2003, on constate que les ménages québécois se retrouvent avec plus d’argent dans leurs poches en 2012 qu’il y a neuf ans », est-il écrit dans le document complémentaire au budget Les Québécois et leur revenu disponible.

Le fiscaliste Stéphane Leblanc de la firme Ernst and Young calcule les choses autrement et arrive à une autre conclusion. Voici son analyse.

Depuis 2003, le gouvernement Charest a annoncé pour 5,6 milliards de dollars de mesures favorables aux contribuables :

  • baisse d’impôt : 950 millions de dollars en janvier 2008;
  • déduction  pour travailleur : 588 millions de dollars;
  • soutien aux enfants : 547 millions de dollars;
  • prime au travail : 304 millions de dollars;
  • indexation des mesures et des tables d’imposition : 2,7 milliards de dollars;
  • crédit pour solidarité : 510 millions de dollars.

Cela dit, le fiscaliste Leblanc me dit que « l’indexation ne procure pas d’avantages aux contribuables. Elle procure simplement la conservation de [son] pouvoir d’achat ». Autrement dit, les paliers d’impôt suivent l’inflation. Par exemple, en 2011, le niveau d’imposition de 20 % s’appliquait sur les revenus de 39 060 $ à 78 120 $. En 2012, ce palier s’applique sur les revenus de 40 100 $ à 80 200 $.

Ainsi, soyons très clairs. Un travailleur qui gagnait 39 000 $ en 2011 était imposé à terme à 16 %. Si les paliers d’impôts n’étaient pas indexés, et qu’en 2012, son salaire augmente en fonction de l’inflation à 40 000 $, il tomberait à terme au taux d’imposition de 20 %. En indexant les tables d’impôt, le gouvernement permet au citoyen de maintenir son pouvoir d’achat. Ce n’est pas un gain ça! C’est un maintien.  

« Donc, ma conclusion, m’écrit Stéphane Leblanc, c’est qu’il y a pour 2,9 milliards de dollars de mesures favorables [depuis 2003 et non pas 5,6 milliards]. » En page A45 du budget, on constate que les efforts réclamés aux contribuables s’élèvent à 3,8 milliards de dollars. « On peut donc conclure, selon lui, que les contribuables ont un manque à gagner de 900 millions de dollars. »

Budget Bachand : les attentes

Lundi 19 mars 2012 à 11 h 33 | | Pour me joindre

Pour me joindre

La feuille de route du ministre des Finances du Québec se trouve dans le budget 2010-2011 et c’est dans cet exercice-là que se trouve l’essentiel de ce qu’on va retrouver dans le troisième budget de Raymond Bachand mardi après-midi.
 
Le ministre va chercher à attirer l’attention pour 2012-2013 sur les aînés et les régimes de retraite. Il aura sans doute raison de le faire parce que ces enjeux sont importants. Mais il ne faudra pas oublier que les annonces d’il y a deux ans vont prendre pleinement effet au cours de l’exercice suivant le budget de mardi.
 
Le ministe des Finances du Québec, Raymond Bachand, et le premier ministre Jean Charest.
Le ministre présente un budget dans un cadre difficile. L’économie a ralenti, le chômage a augmenté et la zone euro est en récession. Mais, nouvelle encourageante, l’économie américaine est en reprise. Ça demeure toutefois fragile. Québec ne peut pas trop compter sur des sommes supplémentaires d’Ottawa au moment où le gouvernement fédéral est en compressions. Néanmoins, un premier chèque de 733 millions de dollars sera versé par le gouvernement Harper au gouvernement du Québec dans le cadre du règlement sur l’harmonisation de la TPS et de la TVQ.
 
Ainsi, d’abord et avant tout, plusieurs taxes et tarifs augmentent cette année :
 
- la TVQ a augmenté d’un autre point le 1er janvier dernier, de 8,5 à 9,5 %;
 
- la taxe sur l’essence passera à 18,2 ¢ le 1er avril, hausse de 20 % en 3 ans, et une nouvelle augmentation de 1 ¢ est prévue pour 2013;
 
- la contribution santé passe de 100 $ à 200 $ par personne cette année;
 
- les droits de scolarité vont augmenter de 325 $ cette année, première hausse en 5 ans.
 
Ensuite, on s’attend à quelques annonces dans le budget de mardi :
 
- beaucoup de mots et peut-être quelques annonces sur les ressources et le Plan Nord;
 
- des annonces « très ciblées et structurantes », a dit le ministre Bachand sur le secteur manufacturier;
 
- répétition d’une annonce, celle d’Investissement-compétences dont le budget est déjà alloué ici et là pour stimuler la formation dans les PME;
 
- des annonces sur les soins à domicile pour les aînés et les aidants naturels;
 
- détails possibles sur le Régime volontaire d’épargne retraite, déjà annoncé l’an dernier, mais le ministre pourrait attendre le rapport d’Alban D’Amours sur les régimes de retraite d’ici la fin de l’année;
 
- bonification des prêts et bourses?
 
Du point de vue financier, il est prévu ceci :
 
- déficit budgétaire pour 2012-2013 : 1,5 milliard après un déficit de 3,8 milliards en 2011-2012;
 
- 9,1 milliards de dollars en infrastructures en 2012-2013, si on se fie au Plan québécois des infrastructures 2010-2015, ce qui fait augmenter la dette;
 
- croissance des dépenses de seulement 2,4 %? Est-ce que M. Bachand va y arriver?
 
Quelques chiffres…
 
- Croissance de 1,6 % prévue en 2012 au Québec;
 
- Taux de chômage actuel de 8,4 %;
 
- Mises en chantiers – 2 premiers mois de 2012 : baisse de 9 % sur les 2 premiers mois de 2011;
 
- Dette brute : probablement autour de 184 milliards aujourd’hui (56 % du PIB).
 
À demain, au budget, en direct, à 15 h 30 à RDI, puis à 18 h 15 à RDI Économie, sur nos ondes. Ce sera suivi d’une discussion en direct sur ici.radio-canada.ca/vosfinances à 19 h (HAE). À ne pas manquer…
Les ministres des Finances Jim Flaherty et Raymond Bachand n’ont pas le même budget à préparer. Évidemment, ils n’ont pas les mêmes champs de compétence. Mais, surtout, ils n’ont pas à composer avec la même réalité économique et fiscale.
 
À Ottawa, pour arriver à l’équilibre budgétaire dans quelques années, Jim Flaherty comptera semble-t-il sur une croissance économique un peu plus forte qu’attendu et sur des compressions dans ses dépenses, après avoir baissé les impôts des entreprises et la taxe à la consommation. À Québec, Raymond Bachand, lui, a dû augmenter taxes et tarifs pour espérer arriver à son équilibre budgétaire en 2013-2014.
 
Afin de maintenir une bonne note de crédit, les gouvernements doivent établir des plans budgétaires crédibles et rigoureux. Ainsi, le ministre Flaherty a prévu réduire les déficits dans les prochaines années pour arriver à l’équilibre budgétaire vers 2015. Le ralentissement de 2011 l’a obligé à reporter son objectif. Mais les chiffres récents sur la situation budgétaire fédérale lui permettraient d’atteindre l’équilibre un peu plus tôt finalement.
 
Le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, après sa rencontre avec des économistes du secteur privéAinsi, on se dirige au fédéral vers un déficit de 24 milliards de dollars pour l’exercice 2011-2012 alors qu’on avait prévu 31 milliards. De plus, les économistes ont révisé à la hausse leurs prévisions de croissance économique en 2012, ce qui a fait dire à l’économiste Derek Burleton de la Banque TD que les revenus du gouvernement pourraient être plus élevés de 4 ou 5 milliards de dollars par année.
 
 
Si le gouvernement Harper n’avait pas baissé sa TPS de deux points et n’avait pas réduit davantage les impôts des entreprises, il pourrait revenir à l’équilibre encore plus rapidement que souhaité, peut-être même dès l’an prochain. Sa façon de faire n’est pas celle-là : le ministre Flaherty veut réduire les charges fiscales pour les entreprises et les contribuables et couper dans la taille de l’État. Cela signifiera sans doute des suppressions d’emplois.
 
Le ministre des Finances Raymond BachandPendant ce temps, le ministre des Finances à Québec tente toujours de contrôler ses dépenses. Le retour à l’équilibre est un travail beaucoup plus difficile parce que le gouvernement gère un modèle social qui nécessite des dépenses toujours un peu plus importantes. De plus, les charges fiscales sont déjà élevées. Et on réalise aujourd’hui que la croissance économique est faible et que le marché de l’emploi est en panne.
 
En fait, Jim Flaherty s’est placé lui-même dans une situation exigeante pour atteindre son équilibre, tandis que pour Raymond Bachand c’est la situation socioéconomique du Québec en soi qui l’oblige à la plus grande rigueur. Deux réalités bien différentes…

Obama : éducation, emplois, espoir…

Mercredi 25 janvier 2012 à 11 h 30 | | Pour me joindre

Pour me joindre

En cette année électorale aux États-Unis, Barack Obama a livré, mardi soir, un discours inspiré et inspirant aussi pour ceux qui recherchent une plus grande justice sociale et économique.

Deux éléments importants : l’éducation et les impôts.

Dans un pays où les inégalités ne cessent de grandir, où les jeunes issus de milieux pauvres qui réussissent à l’école ont moins de chance de terminer leurs études que les enfants riches moins bons à l’école, dans ce pays au rêve fané, le président des États-Unis annonce que l’avenir passe par l’éducation, par l’accès à l’éducation.

Il propose d’obliger les jeunes à terminer leurs études secondaires ou d’aller à l’école jusqu’à au moins 18 ans. C’est un minimum pour espérer une vie meilleure, plus confortable. Et Barack Obama va plus loin : il demande aux États et aux communautés de tout faire pour favoriser l’accès à l’éducation, et aux institutions d’enseignement de cesser d’augmenter leurs droits de scolarité. C’est une question de responsabilité sociale.

Puis, deuxième point important : le président demande aux riches de payer leur juste part d’impôts. Que le multimillionnaire Mitt Romney, candidat à l’investiture républicaine en vue de la présidentielle de novembre, ne paie même pas 14 % d’impôts sur son revenu, que le multimilliardaire Warren Buffet ne paie qu’un peu plus de 17 % d’impôts sur ses revenus, ce n’est pas normal. Il faut, au minimum, un taux effectif de 30 %. Peut-on être en désaccord avec une proposition de justice fiscale?

Surtout, Barack Obama s’est présenté devant le Congrès, porté par l’espoir que l’économie américaine est en train de se replacer. Le niveau d’insatisfaction est élevé aux États-Unis, la réélection du président en novembre n’est pas du tout garantie, mais Barack Obama a raison de croire que la pénible reprise de l’économie américaine est peut-être engagée pour vrai.

Le président n’a pas manqué d’ailleurs de souligner ce qui est sans doute le succès le plus important de sa présidence : la reprise spectaculaire des fabricants américains d’automobiles. Elle a été rendue possible par le soutien financier de l’État. Aujourd’hui, a souligné Barack Obama, GM est redevenue le champion mondial de l’automobile. C’est une entreprise rentable et des centaines de milliers d’emplois ont été préservés grâce à l’intervention massive du gouvernement américain et, dans une moindre mesure, des gouvernements Harper et McGuinty au Canada.

L’injection de près de 800 milliards de dollars dans l’économie en 2009 commence également enfin à porter ses fruits. Selon le gouvernement américain, en s’appuyant sur les informations fournies par les bénéficiaires des fonds publics octroyés en vertu du « Recovery Act », ce plan gouvernemental a permis la création de 402 900 emplois au 30 septembre dernier.

Il s’est créé 1,6 million d’emplois en 2011 aux États-Unis, le taux de chômage est à son plus bas en près de 3 ans, la croissance cette année aux États-Unis sera la plus forte des pays du G7, les entreprises font de l’argent, ont beaucoup de liquidités et semblent prêtes à investir.

Et le président américain promet de les appuyer encore si elles investissent aux États-Unis, embauchent aux États-Unis et si certaines vont jusqu’à ramener des emplois aux États-Unis.

Alors, oui, l’espoir semble être de retour chez nos voisins du sud. Barack Obama, dont la popularité n’a cessé de chuter depuis son accession au pouvoir, ne peut plus décevoir ses concitoyens.

Harmonisation, les chiffres…

Vendredi 30 septembre 2011 à 15 h 43 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Dans la bonne humeur, les premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest ont annoncé la conclusion d’une entente sur l’harmonisation de la TVQ et de la TPS.

Plus »