Billets classés sous « taux d’intérêt »

La banque du Canada écrivait, le 4 décembre, qu’une hausse de taux sera « au fil du temps […] probablement nécessaire ». Le 23 janvier, changement de ton, la hausse de taux était tout à coup « moins imminente que prévu auparavant ». Aujourd’hui, elle semble ouvrir la voie à une baisse des taux en affirmant que le niveau très bas des taux actuels « demeurera probablement approprié pendant un certain temps ».

La Banque du Canada indique clairement que la situation économique au pays et le très faible niveau d’inflation l’obligent à maintenir son taux directeur inchangé et pourrait même, peut-être, possiblement, aller jusqu’à annoncer une ou plusieurs baisses de taux. À 1 %, la Banque du Canada a un peu de marge pour réduire son taux directeur.

En même temps, le ministre Flaherty ne souhaite pas qu’un mouvement de baisse des taux s’engage au pays pour favoriser encore davantage l’endettement des Canadiens, notamment pour ce qui est des hypothèques.

source : Banque du Canada

Le lien entre le taux directeur de la Banque du Canada et les taux hypothécaires n’est pas direct. Le taux à un jour de la Banque du Canada touche les coûts d’emprunt à court terme entre les banques. Cela dit, les taux obligataires sont à des niveaux historiquement bas, ce qui influe sur les taux hypothécaires. Les taux sont faibles, à court, moyen et à long terme, ce qui fait en sorte que le « coût » de l’argent au Canada est très faible.

Étant donné que le marché de la construction résidentielle et de la revente de maisons ralentit, les banques pourraient être tentées de se lancer dans une guerre de taux hypothécaires.

À suivre.

Le Dow Jones atteint un niveau record, récupérant ainsi ce qu'il avait perdu durant la dernière récession. Par ailleurs, pourquoi le Dow Jones atteint-il un sommet alors que l’économie demeure fragile? La récession se poursuit en Europe, la croissance chinoise est moins forte que par les années passées, la reprise n’est pas sûre aux États-Unis… Et pourtant, la bourse monte : sommet historique pour le Dow Jones, sommet en 12 ans pour le Nasdaq et sommet en cinq ans et demi pour le Standard and Poors 500.

Deux grandes raisons : les entreprises font de l’argent. La grande majorité des sociétés du S&P500 dépasse les attentes en matière de résultats financiers. Et puis, la Réserve fédérale continue d’alimenter le marché en rachetant encore, cinq ans après le début de la crise, des bons du Trésor. Pourquoi les opérateurs de marché s’inquiéteraient-ils de la suite des choses si les entreprises font autant d’argent et que les pouvoirs publics maintiennent le robinet ouvert?

Reportage absolument épatant dimanche soir à 60 minutes sur CBS à propos du développement immobilier de la Chine. La mythique émission américaine dresse un portrait fascinant d’une femme du nom de Zhang Xin, qui s’est spécialisée dans le développement d’immeubles de bureaux.

Elle est milliardaire : 3,6 milliards de dollars, c’est sa fortune. Elle est au 15e rang à ce chapitre en Chine. Elle au 376e rang du dernier classement des milliardaires de la planète de Forbes.

Le China World Trade Center, à Pékin, par temps clairEn raison des craintes réelles de voir éclater une bulle immobilière en Chine, Zhang Xin explique qu’elle est très prudente et qu’elle concentre ses activités sur Pékin et Shanghai. « Le développement de la propriété résidentielle en Chine est vraiment arrivé à sa fin, explique-t-elle à 60 minutes. […] Je pense que dans le détail, les centres commerciaux, il y a une offre excédentaire. Mais les bureaux, c’est le seul secteur qui va bien. »

C’est une femme simple, accessible, qui vient d’un milieu pauvre et difficile, devenue aujourd’hui une vedette en Chine, une femme acclamée comme une star d’Hollywood. Voyez le reportage ici, c’est très intéressant.

Et quand Zhang Xin dit que c’est fini pour le marché résidentiel, voyez pourquoi ici. Des milliers de tours et de quartiers résidentiels, des villes entières construites et non habitées. L’éclatement d’une bulle immobilière et une crise de la dette sont à craindre nous disent des experts dans le reportage.

Avec ce développement inconsidéré, où les prix des maisons sont hors de portée pour la vaste majorité des Chinois, le gouvernement vient d’annoncer une hausse de la mise de départ requise et des taux d’intérêt pour l’achat d’une seconde propriété toujours dans le but de ralentir le marché.

Pékin prévoit aussi imposer une taxe de 20 % sur le bénéfice encaissé à la vente d’une propriété ou encore une taxe de 1 à 3 % sur le prix de vente. Ainsi, une maison, achetée 100 millions de yuans, vendue à 200 millions de yuans, entraînerait une taxe de 20 millions de yuans. En ce moment, c’est entre 2 et 6 millions de yuans. Un million de yuans = 163 000 $CA.

Le gouvernement veut éviter une crise sociale. Pékin doit maîtriser les attentes de sa population qui sont immenses. Il y a ceux et celles qui veulent accéder à un meilleur niveau de vie, mais qui n’y arrivent pas en raison des prix trop élevés. Il y a ceux et celles qui se sont lancés dans le développement et l’acquisition de propriétés et qui n’accepteraient pas de voir s’effondrer la valeur de leurs avoirs et de leurs investissements.

Relativiser la dette américaine…

Vendredi 25 janvier 2013 à 13 h 30 | | Pour me joindre

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Bien à gauche, on la minimise. Bien à droite, on l’exagère! La dette américaine soulève les passions! Le plafond de la dette dépasse maintenant les 16 000 milliards de dollars et, une fois de plus, l’enjeu provoque des affrontements entre républicains et démocrates à Washington. La situation s’est apaisée ces derniers jours, mais une joute politique non productive pourrait malheureusement reprendre bientôt.

Le président américain Barack Obama avec, à sa droite, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, John Boehner, et le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner Il faut dire que le niveau de la dette est passé de 46 à 103 % du PIB en cinq ans aux États-Unis. C’est impressionnant. C’est un bond énorme, spectaculaire, terrifiant diront certains. Mais… mais il faut aller au-delà des chiffres!

Cette formidable poussée de l’endettement aux États-Unis est attribuable à la crise financière, à la Grande Récession et aux milliers de milliards de dollars que le gouvernement américain a dû injecter dans ses banques, dans l’industrie automobile, dans l’économie et dans les marchés financiers pour sauver le pays!

Aussi, cette incroyable progression de l’endettement américain s’est accompagnée d’une tout aussi incroyable progression de l’endettement des autres pays occidentaux. Le ratio de la dette par rapport au PIB a doublé en Allemagne, en Espagne, au Canada (en comprenant les provinces) et a progressé de 15 à 40 % en France, en Grèce, en Italie et au Japon, pour ne nommer que quelques-uns des grands pays.

Dette / PIB                    2007     2011

Allemagne                    41           81

France                           67          86

Grèce                           125        165

Espagne                        30          69

Italie                             105        120

Japon                           150        206

Canada                          40          84  (dettes fédérale et provinciales)

Canada                          30          34  (dette fédérale seulement)

Sources : Université de Sherbrooke, FMI

Ce qui est important pour les agences de notation et pour les opérateurs de marché, c’est la crédibilité du processus budgétaire d’un gouvernement, ce sont les perspectives de croissance et la capacité de l’État à rembourser normalement la dette et les intérêts qui y sont associés.

La chicane politique aux États-Unis a beaucoup plus d’effet que le niveau de la dette à 103 % du PIB. Les États-Unis sont en croissance. La situation économique ne cesse de s’améliorer, même si c’est lent, inégal et fragile. Les pouvoirs politique et monétaire peuvent agir avec vigueur pour stimuler l’économie et le crédit.

Le vrai problème aux États-Unis, il est idéologique et partisan. L’intérêt des uns et des autres au Congrès semble primer sur l’intérêt réel de l’économie américaine. C’est ce qui fait que nous avons connu un psychodrame sur le plafond de la dette à l’été 2011 qui a failli replonger les États-Unis en récession. Et c’est pour ça aussi qu’on a connu un nouvel épisode de cette mauvaise série au cours des derniers mois, qu’on a appelé « le précipice budgétaire ».

Il faut s’intéresser aux faits. La note de crédit des États-Unis a été abaissée par une seule agence en 2011, ce qui n’a pas fait broncher d’un cheveu les marchés. Washington peut emprunter à sa guise sur les marchés, à faibles taux d’intérêt et la demande demeure très forte. Et les agences maintiennent la note parfaite du pays.

Alors, comment se fait-il que le niveau d’endettement actuel ne provoque pas une montée des coûts d’emprunt? Comment se fait-il que les agences de notation n’expriment pas avec angoisse leur inquiétude face à ce taux d’endettement, qui dépasse les 100 % et qui a augmenté rapidement?

La réalité, c’est que l’économie américaine est encore sous perfusion des autorités politiques et monétaires. La réalité aussi, c’est que les États-Unis remboursent leur dette sans faillir et que son plan de réduction du déficit est jugé crédible. Le seul danger, c’est une autre crise politique au Congrès.

Entre minimiser le problème de la dette et en exagérer sa portée, il faut relativiser.

L’immobilier ralentit? Vraiment?

Mardi 16 octobre 2012 à 13 h 46 | | Pour me joindre

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Il est trop tôt, ou peut-être trop tard, pour dire que l’immobilier ralentit. Les reventes de maisons ont baissé de mars à septembre au Canada, surtout avec la chute hypertrophiée du marché de Vancouver, mais elles ont remonté d’août à septembre. S’agit-il d’une réelle tendance à la baisse ou d’un creux de vague? On verra dans les prochains mois.

Maisons en construction à Abbotsford, en Colombie-BritanniqueChose certaine, les économistes sont prudents : il y a des signes de ralentissement, mais il y a encore plusieurs chiffres qui confirment que le secteur demeure extrêmement vigoureux. Et que les Canadiens ne cessent d’augmenter leur endettement hypothécaire.

Les reventes de maisons au Canada sur 12 mois ont baissé de 15,1 %. Mais elles ont augmenté de 2,5 % d’août à septembre. Les prix des maisons continuent de monter : sur 12 mois, hausse de 1,1 %. Ce chiffre est plus élevé si on retire le marché de Vancouver.  Dans 18 des 26 grands marchés, les reventes étaient en hausse en septembre sur une base mensuelle.

La construction demeure vive, les taux d’intérêt sont toujours très bas et alléchants. Et le nombre d’inscriptions de maisons à vendre a bondi de 6,5 % le mois dernier. Est-ce que c’est un marché qui ralentit, qui a ralenti, qui est en train de rebondir?

Est-ce que le resserrement des règles hypothécaires au Canada limitant le niveau de refinancement hypothécaire et la période d’amortissement va vraiment produire son effet pour calmer le marché et surtout l’endettement des Canadiens? Ou faudra-t-il intervenir de nouveau, pour une cinquième fois, comme le laissait entendre l’économiste Benoit Durocher, de Desjardins, lundi soir à RDI Économie?

Le niveau d’endettement est très inquiétant au pays. Le Globe and Mail écrit ce matin que le taux d’endettement est entré dans une « zone dangereuse ». Pour chaque tranche de 100 $ de revenu disponible (donc après impôts et cotisations), le ménage moyen canadien a une dette de crédit et d’hypothèque de 163,40 $. C’est un ratio dette/revenu disponible de 163,4 %, plus élevé qu’en Grande-Bretagne et aux États-Unis avant l’éclatement de la bulle immobilière à partir de 2006. La bonne nouvelle, c’est qu’en tenant compte de la valeur des actifs, le ratio d’endettement est plus stable, autour de 24 %.

Le marché immobilier doit absolument ralentir pour que le niveau d’endettement ne cesse d’augmenter au Canada selon l’économiste Durocher. La Banque du Canada ne peut pas, dans le contexte économique actuel, augmenter les taux d’intérêt. Ottawa devra-t-il encore intervenir?

Hypothèques : il fallait agir

Jeudi 21 juin 2012 à 10 h 37 | | Pour me joindre

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Il y a à Ottawa des gens bien avisés, comme Jim Flaherty et Mark Carney, qui ne veulent pas voir l’économie canadienne capoter. Sur le tableau de bord, il y a quelques petites lumières rouges qui sont allumées depuis quelque temps. Et il y en a d’autres au jaune, qui pourraient bientôt passer au rouge. Oh, ce n’est rien à côté de la Grèce où on ne regarde même plus le tableau de bord tellement tout est détraqué. Mais, quand même, ce qui est en train de se passer ici n’est pas sans conséquence.

Le ministre des Finances, Jim FlahertyDans un monde normal, les taux d’intérêt devraient augmenter même si le niveau d’inflation n’est pas alarmant. Ils devraient surtout augmenter parce que le niveau d’endettement monte sans cesse. La dette des ménages représente maintenant 152 % du revenu personnel disponible. Et ce ratio ne fait qu’augmenter, alors qu’il est en baisse dans les autres grands pays occidentaux. Puis, le marché immobilier canadien est en surchauffe dans certains marchés.

Des organisations internationales lancent aussi des avertissements de toutes sortes au Canada : vos banques sont trop exposées au marché hypothécaire, votre productivité est médiocre, l’économie du pays fonctionne de plus en plus à deux vitesses (mal hollandais?). Le Canada ne peut pas dire éternellement que tout va bien, tout est parfait, nous sommes les meilleurs.

Alors, c’est pour ça et c’est dans ce contexte que le ministre des Finances Jim Flaherty resserre les règles hypothécaires pour une quatrième fois en quatre ans. Finies les hypothèques sur 30 ans, le maximum revient à 25 ans après qu’on eut laissé le marché monter jusqu’à l’étalement incroyable sur 40 ans. Quelle folie! Et puis, la limite d’emprunt sur la valeur de sa maison sera de 80 % au lieu de 85 %. Ça devrait, on l’espère, calmer un marché qui n’arrive pas à trouver ses limites de lui-même!

Mark Carney, gouverneur de la Banque du CanadaEt c’est parce que les lumières rouges se multiplient dans le tableau de bord que Mark Carney voulait augmenter les taux d’intérêt cette année (et le veut peut-être encore? Vraiment?). C’est pour ça que Jim Flaherty ne cesse de répéter que le Canada n’est pas à l’abri et que si notre économie périclite, bien, ce sera la faute de l’Europe qui ne règle pas ses problèmes, qui ralentit l’économie, qui empêche le Canada de recueillir les fruits de son économie qui devrait prospérer.

Oui, le Canada a mieux fait que les autres durant et après la crise. Mais le Canada n’est pas à l’abri des soubresauts de l’économie mondiale et des excès à l’intérieur de sa propre économie. Et la nouvelle intervention de Jim Flaherty nous confirme que la situation, sans être alarmante, est sérieuse et préoccupante.

Pour une troisième année de suite, la Banque du Canada doit appliquer les freins. Bien engagée sur la voie de droite, persuadée de pouvoir dépasser tout le monde en augmentant ses taux d’intérêt bien avant ses pairs occidentaux, la Banque du Canada doit se ranger encore une fois et attendre.

Attendre qu’une nouvelle tempête économique passe, tempête qu’on ne veut pas voir devenir un cyclone ou un ouragan comme en 2008. La Banque du Canada, s’appuyant sur une économie solide et des finances publiques en ordre, et sur un système bancaire qui paraît inébranlable, voyait, il y a à peine quelque semaines, une éclaircie pour augmenter ses taux d’intérêt et calmer l’accès facile au crédit, qui est en train de provoquer un emballement de l’endettement au Canada.

Mark CarneyÀ tel point que plusieurs organismes ont exprimé des inquiétudes sur la situation canadienne. L’agence Fitch s’est dite préoccupée par la valeur du portefeuille de prêts hypothécaires des 6 grandes banques du pays, qui s’élève à 730 milliards de dollars, en plus des marges hypothécaires, évaluées à 182 milliards de dollars.

Encore, ce printemps, la Banque du Canada et son gouverneur Mark Carney doivent revoir leurs plans. Le 17 avril, la Banque écrivait que « le profil de croissance de l’économie mondiale s’est amélioré ». Aujourd’hui, 5 juin, sa position a considérablement changé : « Les perspectives de croissance de l’économie mondiale se sont affaiblies ces dernières semaines. »

La situation s’est détériorée tant aux États-Unis qu’en Europe, mais aussi dans les pays émergents. Il y a un mois et demi, la Banque du Canada prévoyait un ralentissement dans les pays émergents tout en considérant que le rythme allait demeurer « robuste ». Maintenant, la Banque écrit que « l’activité économique dans les pays émergents ralentit un peu plus rapidement et de façon un peu plus généralisée qu’on ne l’avait anticipé ».

On pense principalement à la Chine, dont la croissance annuelle ne devrait plus dépasser les 10 %, mais se situer quelque part entre 7 et 8 %. Ce niveau de croissance demeure considérable, mais c’est quand même 2 ou 3 points de pourcentage de moins que ce qu’on a connu. Ça aussi, c’est considérable! La croissance canadienne repose beaucoup sur la demande en ressources de la Chine et sur l’impact de sa demande mondiale sur les prix des métaux, des matériaux, du pétrole, du gaz, du cuivre, etc.

La banque centrale maintient tout de même sa position qui est celle de signaler une éventuelle hausse de taux. Ses mots sont les suivants : « Il se peut qu’une réduction modeste de la détente monétaire considérable actuellement en place au Canada devienne appropriée. »

La Banque du Canada lie cette possibilité à la condition que l’économie progresse, « dans la mesure où l’expansion économique se poursuit ». Ça nous mène probablement à 2013 avant que la Banque du Canada puisse songer, de nouveau, à relever ses taux.

Tout en demeurant sur ses gardes, compte tenu de la situation économique internationale qui s’est dégradée rapidement et qui a fait chuter les indices boursiers en correction dans les derniers jours, la Banque du Canada sent qu’elle n’a pas le choix de maintenir la pression. Ce qui ne cesse de croître au pays en ce moment, c’est l’endettement des ménages. Les gens profitent des bas taux d’intérêt et bien des familles s’endettent beaucoup trop. « Les ménages continuent d’accroître le fardeau de leur dette dans un contexte de faible progression des revenus », écrit la Banque.

C’est, franchement, de plus en plus compliqué pour Mark Carney et son équipe…

Les perspectives économiques se brouillent une fois de plus. Deux avis publiés à quelques jours d’intervalle sur l’économie canadienne et les taux de la Banque du Canada nous le montrent.
 
Le premier, publié mardi, est celui de Jimmy Jean, économiste du Mouvement Desjardins, après la publication récente des données sur le PIB au Canada en février :
« Les dernières données suggèrent que l’écart de production se résorbera plus tard que prévu en 2013, ce qui implique que la Banque du Canada pourrait afficher un empressement moindre à resserrer sa politique monétaire [à monter son taux directeur]. Cela est d’autant plus vrai que l’inflation demeure sous contrôle, que l’économie américaine semble connaître un nouveau passage à vide et que la récession européenne montre des signes d’aggravation. Avec les nombreux risques qui pèsent, une augmentation des turbulences financières ne peut être écartée. Dans ce contexte, l’anticipation de hausses de taux par la Banque du Canada en 2012 semble prématurée. Dans un tel scénario, elle serait en toute vraisemblance l’unique banque centrale majeure au monde à aller dans cette direction cette année. »
Et puis, un deuxième, publié aujourd’hui par l’économiste Douglas J. Porter de la BMO, après l’annonce par Statistique Canada d’un deuxième mois de forte hausse de l’emploi au pays :
« La plus forte séquence de hausse d’emplois sur 2 mois en 30 ans (+140 500) va calmer les inquiétudes à propos d’un ralentissement considérable de l’économie canadienne. Ce qui est le plus impressionnant, ce sont les gains d’emplois substantiels dans le secteur privé, ce qui est venu compenser les pertes d’emplois du dernier mois dans le secteur public — le meilleur scénario serait que cette tendance se maintienne. Alors que ces résultats solides et surprenants ne changeront pas de façon significative les perspectives de la Banque du Canada, ça viendra même l’encourager à maintenir un discours positif, malgré les troubles en Europe et le ralentissement en Chine. »
Tiens, tiens.
 
À ce point-ci donc, plusieurs questions se posent :
 
  • quel sera l’impact de la résurgence de la crise grecque et des troubles persistants en Espagne?
  • comment évolueront les discussions Merkel-Hollande? Quelle est l’ampleur du fossé entre les deux chefs?
  • le « passage à vide » américain est-il temporaire, l’essoufflement va-t-il durer?
On en parlait récemment, on a l’impression de vivre le jour de la marmotte! La reprise est-elle, encore cette année, en train de déraper?

Hausse des taux en vue!

Mardi 17 avril 2012 à 11 h 05 | | Pour me joindre

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Préparez-vous! La Banque du Canada va bientôt augmenter ses taux d’intérêt.

Dans la mise à jour de sa politique monétaire, la banque centrale écrit qu’il « se peut qu’une réduction modeste de la détente monétaire considérable actuellement en place au Canada devienne appropriée, de façon à atteindre la cible d’inflation de 2 % à moyen terme ». En français, ça veut dire qu’il se peut qu’une hausse modeste du taux directeur actuellement à 1 % devienne appropriée pour ralentir la hausse des prix et ramener le taux d’inflation à 2 %.

Trois choses :

  1. Une hausse des taux aura un impact sur un certain nombre de ménages endettés jusqu’aux oreilles. Plusieurs ont choisi d’acheter une maison à fort prix en profitant des taux d’intérêt historiquement bas au Canada. Ceux qui sont à taux variables verront leur paiement augmenter. Ceux qui doivent prochainement renégocier leurs ententes hypothécaires paieront probablement plus cher. La hausse du taux directeur de la Banque du Canada aura un impact sur le taux de financement quotidien des banques, qui refileront la majoration au marché. Il faut donc s’attendre à une certaine activité dans le marché immobilier. Certains voudront vendre, d’autres hésiteront à acheter avec la hausse des taux. La Banque du Canada devra procéder avec circonspection pour éviter l’éclatement de bulles.
  2. Une hausse des taux pourrait enfin ralentir l’euphorie immobilière dans certains marchés (prenez Toronto, où le prix moyen des maisons a grimpé de 10,5 % depuis un an) et calmer la hausse de l’endettement des ménages, qui ne s’essouffle pas. Pour chaque dollar de revenu disponible, le Canadien moyen a une dette de 1,53 $ (hypothèques et crédits).
  3. Et puis, d’un point de vue macroéconomique, on est obligé de demander à la Banque du Canada si, encore une fois, comme au printemps 2010, il n’est pas trop tôt pour agir. Fondamentalement, si on regarde la dynamique de l’économie intérieure, les économistes répondent : oui, il faut augmenter les taux. Mais quand on regarde l’état de l’économie mondiale : ralentissement de la croissance en Chine, récession dans plusieurs pays européens, nouvelles incertitudes sur la gestion de la dette en Europe, surtout en Espagne, et nouveaux signaux d’inquiétudes aux États-Unis (voir mon blogue d’hier). Est-il approprié de précipiter un message de hausse de taux au Canada dans ce contexte, alors même que nos voisins américains envisagent d’attendre peut-être jusqu’à la fin de 2014 pour relever les taux?

On en parle ce soir à RDI Économie, 18 h 30, avec l’économiste Carlos Leitao.

L’une des activités commerciales des institutions financières, c’est de vous vendre des prêts hypothécaires. Les intérêts que vous payez sur votre prêt hypothécaire rémunèrent les banques qui paient elles-mêmes des intérêts sur les emprunts qu’elles effectuent sur les marchés pour financer l’acquisition de votre maison.
 
Ces intérêts doivent couvrir leurs coûts et leur permettre de faire un profit. On comprend donc que les banques, pour faire de bonnes affaires, doivent vous faire des offres alléchantes afin de gagner votre coeur et surtout votre portefeuille.
 
Des sous
 Où commence la responsabilité sociale des institutions financières? Et où est la limite qui sépare le risque d’affaires normal de l’exagération cupide? Jusqu’où les banques peuvent-elles aller dans la sollicitation de votre dollar? Je pose ces questions parce que la mère de toutes les banques au Canada, la Banque du Canada, exprime depuis plus d’un an une inquiétude toujours un peu plus insistante à propos de l’endettement des ménages. Les banques, de leur côté, rivalisent d’originalité pour vous offrir des contrats hypothécaires tout à fait alléchants.
 
Ainsi, en ce jeudi matin tout printanier, vous pouvez trouver dans votre quotidien préféré une publicité de la Banque de Montréal vous offrant un taux d’intérêt de 2,99 % sur un terme hypothécaire de 5 ans fixe. C’est une offre relativement exceptionnelle, en vigueur jusqu’à la fin du mois. La BMO offre même un taux de 3,99 % sur… 10 ans!
 
Au même moment, dans la mise à jour habituelle de sa politique monétaire, la Banque du Canada écrivait ce matin, dans son communiqué, que « l’endettement [des Canadiens] continue de s’accroître, ce qui demeure le principal risque interne ». Ce niveau d’endettement, par rapport au revenu personnel disponible, dépasse les 150 % et dépasse le taux américain.
 
Est-il acceptable et normal que les banques commerciales vous offrent des taux exceptionnels pour attirer votre clientèle, alors que la Banque du Canada ne cesse de répéter que les ménages doivent faire attention à leur endettement, c’est un risque important, « le principal risque interne »?

La menace qui plane sur le Canada

Mardi 13 décembre 2011 à 13 h 17 | | Pour me joindre

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Le Canada n’est pas à l’abri des troubles économiques aux États-Unis et en Europe. On a l’impression parfois qu’on est protégé de tout ici au Canada, parce qu’on a du pétrole, des banques solides, des gouvernements qui tiennent serrés les cordons de la bourse. Mais, comme le répètent souvent Jim Flaherty et Mark Carney, nous ne sommes pas une île!