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Sommes-nous si endettés?

Mercredi 28 novembre 2012 à 12 h 45 | | Pour me joindre

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Le « Wayne Gretzky » de la finance canadienne, comme se sont exclamés certains commentateurs de Toronto en parlant de Mark Carney, va quitter la Banque du Canada dans les prochains mois à un moment où les menaces qui planent sur l’économie canadienne se font grandissantes. L’OCDE s’attend à une croissance de seulement 1,8 % en 2013 au pays et de 2,4 % en 2014.

Dans les circonstances, Mark Carney ne pourra probablement pas augmenter les taux d’intérêt avant de quitter son poste le 1er juin prochain et c’est son successeur qui devra trouver l’équilibre entre l’inflation, la force du dollar canadien, la conjoncture économique et les pressions exercées par le fort endettement des ménages canadiens.

cochon-detteD’ailleurs, au fait, les Canadiens sont-ils si endettés?  Doit-on céder aux inquiétudes de ceux qui disent que le taux d’endettement des Canadiens est plus élevé que le taux d’endettement des Américains tout juste avant l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis?

Non! Non, répondent les économistes de la Nationale. Il faut comparer des pommes avec des pommes. En mesurant les taux canadien et américain, il est important de prendre en compte l’endettement des entreprises et les coûts de la santé. En incluant ces deux facteurs, les experts de la Nationale arrivent à la conclusion que le niveau d’endettement des ménages américains demeure plus élevé que celui des Canadiens.

Ce que le Wall Street Journal faisait ressortir lundi, c’est que pour chaque tranche de 100 $ de revenus disponibles, les Canadiens ont une dette de 163 $, alors qu’aux États-Unis, les ménages américains ont une dette de 108 $ seulement. Donc, selon le quotidien américain, le Canada fait face à sa « plus importante menace économique en plusieurs années ».

L’économiste Matthieu Arseneau affirme que pour une comparaison juste, il faut ajouter les travailleurs autonomes dans la dette des ménages aux États-Unis, ce qui porte le ratio d’endettement à 140 %. Et puis, selon son estimation, le revenu disponible d’un Américain ne peut pas être comparé à celui d’un Canadien en raison des coûts de santé élevés aux États-Unis, à la charge dans bien des cas des individus. Les Américains doivent octroyer une bien plus grande part de leurs revenus disponibles à la santé que les Canadiens, qui paient des impôts pour offrir une couverture universelle à l’ensemble de la population.

Au final, ajusté aux coûts de santé, le ratio dette/revenus disponibles est de 4,6 points de pourcentage moins élevé au Canada qu’aux États-Unis.

Sans amoindrir l’importance de l’endettement des Canadiens, il faut s’assurer de parler avec exactitude des données disponibles.