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L’obsession du déficit zéro

Vendredi 7 décembre 2012 à 13 h 24 | | Pour me joindre

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J’avais demandé à l’ex-ministre des Finances Raymond Bachand en 2010 si son objectif de revenir à l’équilibre budgétaire en 2013-2014 n’était peut-être pas un peu irréaliste. Et si finalement on n’aurait pas dû attendre un peu, quelques années de plus, pour éviter de se retrouver à trop taxer les citoyens et à trop couper dans les dépenses pour équilibrer le budget.

Il faut savoir que le déficit du Québec était moins important que celui de ses partenaires et concurrents, qui présentaient alors des plans de retour à l’équilibre sur une plus longue période.

Nicolas MarceauIl m’avait dit qu’il était absolument nécessaire pour le Québec de mettre de l’ordre rapidement dans ses finances publiques en raison de ses défis à moyen et à long terme. On pense surtout à la question du vieillissement de la population, qui est plus accentué au Québec.

Raymond BachandLe Parti québécois a décidé de maintenir le calendrier établi par le gouvernement Charest afin de respecter l’objectif d’équilibrer les finances publiques en 2013-2014. C’est à Nicolas Marceau et à Stéphane Bédard que revient finalement cette tâche qui s’annonçait difficile en 2010 et qui l’est encore plus aujourd’hui, on est à même de le constater.

Soyons francs : c’est un effort quasi surhumain qui est exigé dans les ministères du gouvernement du Québec et dans les sociétés d’État. On doit couper et on doit atteindre des degrés d’efficience en quelques mois seulement.

Je n’ai pas des compétences en gestion. Mais je travaille pour une institution publique et je peux vous dire que, pour de bonnes et parfois de moins bonnes raisons, les virages et les changements prennent du temps à se faire. La culture institutionnelle est forte. Les employés sont bien protégés. Les façons de faire sont installées et standardisées.

Et donc je me demande sérieusement comment le gouvernement du Québec réussira à réduire de 522 millions de dollars les dépenses des ministères et entités, en quelques mois seulement, sans réduire le nombre d’emplois, sans réduire les services aux citoyens, sans provoquer des affrontements et des contestations de toutes parts.

Le Parti québécois, parce qu’il propose un projet politique qui est considéré comme un facteur d’instabilité par les agences de notation et les milieux d’affaires, doit faire mieux que les autres. Si le PQ avait décidé de reporter à plus tard l’équilibre budgétaire, on l’aurait accusé d’amateurisme, d’incompétence et on aurait réclamé la démission du gouvernement.

Le ministre des Finances Nicolas Marceau a ainsi présenté un budget d’austérité et le président du Conseil du Trésor Stéphane Bédard est arrivé avec les mauvaises nouvelles jeudi matin : on coupe partout, un peu plus que prévue même. Il le faut si on veut atteindre l’équilibre!

Il est difficile d’en vouloir au gouvernement de couper, si on a claironné qu’il ne fallait pas reporter l’équilibre budgétaire. Mais il est difficile d’imaginer qu’on développe le Québec en comprimant dans la recherche universitaire à hauteur de 37,5 millions de dollars, dans l’aide à l’emploi pour un total de 55 millions et dans le Fonds de développement économique, une réduction de 58 millions de dollars.

Est-ce que l’objectif du déficit zéro n’est pas trop audacieux?

Combien va coûter cette course au déficit zéro?

À quel prix va-t-on l’atteindre?

Les chiffres de Nicolas Marceau

Vendredi 5 octobre 2012 à 15 h 03 | | Pour me joindre

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Alors, voici les chiffres livrés par le ministre des Finances Nicolas Marceau et par le président du Conseil du Trésor Stéphane Bédard. Rien sur les hausses d’impôts et de taxes, il faudra attendre mercredi prochain pour en savoir davantage.

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, fait le point sur les finances publiques.1- Le déficit de 2012-2013 sera plus important que prévu en raison de la radiation d’actifs liée à la fermeture de Gentilly-2. Le ministre refuse de donner un montant précis, mais ça pourrait se situer de 2,5 milliards à 2,8 milliards de dollars.

2- Les dépenses ont dépassé de 1,1 milliard les prévisions budgétaires au 31 août 2012. Cette somme devra être résorbée par les ministères a dit le président du Conseil du Trésor, tel qu’attendu. La croissance des dépenses a été de 2,6 % en moyenne depuis le début de l’exercice. Il était prévu 2 %.

3- La croissance économique est moins forte qu’attendu par le gouvernement libéral (et par le PQ si l’on se fie à son cadre financier). Un manque à gagner de 500 millions devra être compensé par la provision de 300 millions du gouvernement, par une intensification de la lutte à l’évasion fiscale et par — merci aux marchés — une baisse des coûts d’emprunt obligataire.

4- Le gouvernement maintient son objectif de déficit zéro pour 2013-2014, mais ne dit pas comment il va y arriver. La croissance économique sera moins forte qu’attendu en 2013, les hausses des droits de scolarité et des tarifs d’électricité sont annulées et on ne sait toujours pas comment le gouvernement va réussir à combler l’abolition de la contribution santé. Les fonctionnaires y travaillent et une réponse sera donnée mercredi.

Il est important de préciser qu’au cours des neuf derniers exercices budgétaires, les prévisions de croissance des dépenses n’ont pas été respectées à huit reprises. Comment le gouvernement pourra-t-il y arriver cette année et l’an prochain avec des objectifs audacieux de croissance des dépenses de seulement 2 % et 1,8 % respectivement?

Tout est à faire…