Billets classés sous « Russie »

L’Arabie saoudite n’est plus le meneur mondial incontesté du pétrole. La Russie produit 10,6 millions de barils par jour, les États-Unis sont à 8,8 millions. Et, entre les deux, l’Arabie saoudite produit en ce moment 9,7 millions de barils par jour. Est-ce pour retrouver sa première place sur la planète pétrole qu’elle fait actuellement pression pour faire chuter les cours et nuire ainsi aux producteurs de pétrole de schiste des États-Unis? Ou est-ce pour maintenir à distance l’Iran et la Russie que l’Arabie saoudite, de connivence avec les Américains, fait pression sur les cours du pétrole en ce moment?

La théorie du complot est proche, les analyses et suppositions se multiplient, mais disons simplement que les mesures prises par l’Arabie saoudite au cours des dernières semaines contribuent à la baisse de plus de 25 % des prix du pétrole à New York et à Londres.

On rapporte que l’Arabie saoudite offre son pétrole au rabais aux pays d’Asie en retour de contrats de longue durée et d’une augmentation des exportations saoudiennes. L’Arabie saoudite, qui est assise sur les plus importantes réserves conventionnelles de pétrole du monde, peut vivre avec un prix à la baisse, étant donné le plus faible coût de production du pétrole traditionnel. Le maintien, voire l’augmentation d’une offre excédentaire par l’Arabie saoudite, fait mal à tous les pays producteurs de pétrole dont les seuils de rentabilité sont plus élevés.

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Base pétrolière d’Aramco à Al Khurais en Arabie saoudite (archives) Photo : AFP/MARWAN NAAMANI

Il faut dire que les États-Unis ne cessent d’augmenter leur production grâce au développement de la technologie de fracturation, qui permet l’extraction du pétrole de schiste au Texas et dans le Dakota du Nord. Ils ouvrent également leur marché à l’exportation de pétrole, du jamais vu en quatre décennies. Les Américains pourraient exporter jusqu’à 1 million de barils par jour d’ici la fin de l’année.

La hausse de production en Irak, en Iran et en Libye contribue aussi à une offre qui grimpe plus rapidement que la demande. La croissance de cette demande n’atteint même pas 1 %, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette dernière vient de réviser à la baisse ses prévisions de croissance de la demande pour 2014 et 2015, au moment où les économies de la Chine, de l’Allemagne, du Japon et de la Russie ralentissent.

Au Canada, pendant ce temps, les producteurs de l’Alberta commencent à réfléchir à leurs options. Selon l’AIE, le quart des nouveaux projets dans les sables bitumineux pourraient être compromis si le pétrole chute sous les 80 $ le baril pour une période prolongée. Les projets déjà en développement ne seraient pas en danger. Le prix minimum de rentabilité pour ces projets est de 63,50 $US le baril en moyenne. Mais les projets qui sont dans les cartons sont beaucoup plus coûteux, avec un seuil de rentabilité qui se situe entre 85 et 115 $US le baril.

Orage boursier en vue?

Mardi 14 octobre 2014 à 16 h 56 | | Pour me joindre

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Par un petit dimanche de septembre, il y a trois semaines, le ministre des Finances de la Chine, Lou Jiwei, a déclaré à la presse que son gouvernement n’avait pas l’intention de modifier ses politiques en réaction à une donnée économique en particulier. La croissance de la production industrielle est moins forte que par le passé. C’est la plus faible en Chine depuis décembre 2008, et tous les opérateurs de marché s’en inquiètent.

Depuis cette déclaration chinoise, l’indice de référence aux États-Unis, le Standard and Poors 500, a perdu 7 % de sa valeur. Depuis son sommet le 3 septembre dernier, le TSX à Toronto a perdu près de 10,5 % de sa valeur, officiellement en correction.

Ce qui se passe en Chine a un effet majeur sur les marchés boursiers. Mais ce n’est pas le seul. Une succession d’événements explique l’incertitude actuelle en bourse. Et la Chine a possiblement servi de déclencheur à un ralentissement de la croissance des bourses.

Voici ce que vous devez savoir en cinq points :

  1. Les cours du pétrole sont en baisse depuis juin dernier, alors que l’offre semble dépasser une demande qui ralentit. Les États-Unis pourraient commencer à exporter de leur pétrole. La Libye recommence à produire normalement du pétrole. Et la Chine ralentit;
  2. La Chine, justement, a révisé à la baisse ses projections de croissance économique en septembre, indiquant du même coup qu’elle n’allait pas intervenir pour stimuler davantage son économie;
  3. L’Europe, et au premier chef l’Allemagne, s’approche d’une récession en raison notamment du conflit en cours avec la Russie dans le dossier de l’Ukraine;
  4. L’Europe et le Japon pourraient baisser leur taux d’intérêt, alors que les États-Unis semblent s’approcher d’une hausse en 2015, ce qui favorise la montée du dollar américain. Cette hausse du dollar rend moins intéressants les investissements dans les ressources comme le pétrole, qui sont négociées en dollars américains;
  5. Différents événements géopolitiques créent des tensions continues : le groupe armé État islamique, Russie-Ukraine, Ebola, etc.

Petrole-BRENTLe FMI a donc révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale. Cela a poussé sa directrice, Christine Lagarde, à déclarer que nous entrons dans une zone de croissance économique médiocre. Il s’agit d’événements extérieurs au Canada, a tenu à spécifier le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver. Mais ils ont néanmoins un impact sur l’économie canadienne et sur les marchés boursiers canadiens.

Le marché canadien réagit fortement aux attentes de croissance et de demande mondiales. Ce marché est lié aux métaux et aux ressources. Et il est donc sensible aux fluctuations économiques. Le marché américain réagit aussi aux marchés des ressources, mais également à la stimulation de la Réserve fédérale, aux données économiques fondamentales de l’économie américaine et aux résultats des entreprises.

Dans les circonstances, il est possible que le marché canadien réagisse plus négativement aux incertitudes mondiales liées à la Chine, l’Europe et les prix de l’énergie. D’ailleurs, le marché canadien est déjà entré dans la zone qui est considérée comme étant une correction : baisse de plus de 10 % depuis le dernier sommet.

S&P / TSX

depuis 1 an : +8,9 %

depuis le début de l’année : +3 %

depuis le sommet (3 sept.) : -10,5 %

 

Chute boursière : que se passe-t-il?

Lundi 3 février 2014 à 16 h 55 | | Pour me joindre

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Ceux qui s’inquiètent au moindre mouvement de la bourse dorment mal ces jours-ci. Depuis la mi-janvier, un sentiment négatif anime les marchés du monde. Plusieurs sessions boursières se sont terminées avec des pertes de 1 à 3 %, des pertes à « trois chiffres » dans le cas du Dow Jones, c’est-à-dire des reculs de plus de 100 points. C’est arrivé au cours de cinq des huit dernières séances boursières pour l’indice des valeurs industrielles de Wall Street. Lundi, c’est une chute de 209 points à Toronto pour le TSX et de 326 pour le Dow Jones.

Depuis les derniers sommets en 2014 :

  • New York           – 5,9 %
  • Toronto               – 3,7 %
  • Paris                     – 5,6 %
  • Londres               – 5,8 %
  • Tokyo                   – 10,4 %

Soudainement, les grands investisseurs voient poindre à l’horizon un déséquilibre de taille. Selon plusieurs experts, qui se sont prononcés dans les derniers jours sur la chute des devises des pays émergents, plusieurs facteurs s’entrechoquent et alimentent les incertitudes :

  1. La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé en décembre, puis une fois de plus en janvier, de réduire son intervention dans les marchés financiers. Ainsi, la Fed a annoncé une première réduction de 10 milliards de dollars, puis une autre la semaine dernière. Dès février, le rachat mensuel d’obligations et de bons du Trésor ne sera plus de 85 milliards de dollars, comme avant les fêtes, mais de 65 milliards. C’est encore beaucoup, mais c’est un signal d’un retour progressif à la normale et d’une éventuelle remontée des taux d’intérêt.
  2. Des troubles sociaux et politiques apparaissent dans plusieurs pays émergents, notamment l’Ukraine, la Turquie et la Thaïlande.
  3. L’inflation est galopante dans d’autres pays émergents, entre autres l’Argentine, l’Inde et la Russie, où les autorités économiques et les banques centrales ont du mal à stabiliser la situation.
  4. Les pays émergents ont profité, en grande partie, de l’injection massive de liquidités par la Réserve fédérale dans les marchés financiers. Beaucoup de grands investisseurs ont placé de l’argent dans les marchés émergents. Aujourd’hui, le retrait progressif de la Fed fait craindre un assèchement des liquidités disponibles pour ces marchés.
  5. La croissance de la Chine est plus faible qu’attendu.
  6. Les dernières données économiques aux États-Unis semblent avoir refroidi un peu les attentes de reprise en plus en plus solide chez nos voisins du sud.

Il y a d’autres explications. Mais, disons qu’en additionnant celles-ci, c’est assez pour semer un vent d’inquiétude qui fait grimper la volatilité en bourse. Les investisseurs semblent vouloir se réfugier dans le dollar américain, toujours la devise jugée la plus sûre dans le monde. La bourse, elle, plonge parce que les perspectives de croissance apparaissent tout à coup moins fortes.

Est-ce qu’une correction est en cours?

La reprise mondiale, qu’on voyait s’installer avec un peu plus d’emprise en 2014, est-elle déjà en train de s’essouffler?

Dans l’indifférence…

Mercredi 5 décembre 2012 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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Sentez-vous une urgence à répondre efficacement au défi écologique?

Alors qu’on nous annonce à Doha, où se tient la 18e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, que la température moyenne mondiale va grimper de 5 degrés Celsius d’ici 2100, les grands enjeux au cœur des discussions des dirigeants mondiaux ne font qu’effleurer les questions écologiques. À raison, diront certains, compte tenu de l’ampleur des problèmes économiques et financiers. À tort, diront d’autres, compte tenu de l’importance des questions environnementales pour l’avenir de la planète.

Conférence sur le climat à DohaEn Europe, tous les yeux sont tournés sur ces gouvernements qui ont du mal à contrôler leurs finances publiques, qui plongent un peu plus chaque trimestre dans la récession et qui provoquent de vifs débats sur l’avenir de la zone euro.

Aux États-Unis, on ne parle plus que du précipice budgétaire et de l’affrontement entre un président démocrate à la Maison-Blanche et un président républicain à la Chambre des représentants. L’objectif : trouver un compromis qui permettra à chacun de ne pas perdre la face et qui fera en sorte d’éviter un choc fiscal de 600 milliards, hausse d’impôts et réduction de dépenses, le 1er janvier prochain.

En Chine, le gouvernement œuvre à réorganiser son économie pour développer une demande intérieure durable. Cela fera en sorte de ralentir et de stopper la hausse des inégalités, et de permettre aussi au pays de réduire sa dépendance aux exportations vers des pays qui sont aujourd’hui en difficulté financière et économique.

Chez nous, au Canada, le pétrole, le gaz et les mines sont au centre des discussions pour développer l’économie. Ottawa soutient le développement de l’industrie pétrolière de l’Alberta et des sables bitumineux. Même Québec s’y intéresse : on discute d’inverser l’oléoduc Sarnia-Montréal pour permettre le transport du pétrole de l’ouest vers l’est. Le gouvernement Marois souhaite aussi développer le pétrole qui se trouve sur son territoire.

Pendant ce temps, comme Le Monde le rapporte mercredi, les négociations de Doha n’ont pas permis de faire des progrès notables. « Le cœur n’y est pas », dit-on en marge des négociations. On maintient l’objectif d’en arriver à un accord d’ici 2015, mais on a l’impression qu’il n’y a pas vraiment de sentiment d’urgence pour en arriver à un accord prochainement.

Comme si on pouvait reporter continuellement à un peu plus tard.

Comme si 2020, 2030, 2050, 2100 étaient des échéances lointaines, très très lointaines.

En fait, comme l’écrivait de nouveau Le Monde le 26 novembre, « les budgets publics sont exsangues, le marché carbone s’est effondré et le débat sur les financements innovants (taxe sur l’aviation notamment) piétine ».

Pourtant, les émissions ne font qu’augmenter sur la planète : hausse prévue de 2,6 % cette année, hausse de 58 % par rapport au niveau de 1990. Les émissions de la Chine sur environ 25 ans (de 2004 à 2030) devraient être deux fois les émissions de l’OCDE. Selon le Global Carbon Project, la Chine est le plus grand pollueur du monde avec 28 % des émissions, suivi des États-Unis à 16 %. Mais les émissions par habitant sont de 6,6 tonnes en Chine et de 17,2 tonnes aux États-Unis.

Pour la suite, la Chine hésite, tout comme les États-Unis d’ailleurs. Le Japon ne veut pas s’engager avec des cibles précises. Le Canada, qui a quitté l’accord de Kyoto, continue à recevoir des prix fossiles pour ses positions jugées rétrogrades en matière d’environnement. Mis à part l’Europe et l’Australie, la volonté politique n’y est pas.

N’est-ce pas inquiétant?