Billets classés sous « retraite »

Si j’étais à la place de Philippe Couillard, Françoise David, François Legault et Pauline Marois, je récupérerais un vieux truc de la communication politique : un programme en 5 points simples et clairs. Un programme économique en 5 points, qui pourrait avoir l’air de ceci :

  1. Améliorer la productivité et les exportations.
  2. Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population.
  3. Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables.
  4. Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités.
  5. Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population.

En fait, ces 5 points représentent, je pense, les défis économiques du Québec, ceux dont les partis devraient parler et qu’ils vont probablement aborder. Ce sont des enjeux fondamentaux, qui exigent des engagements à long terme. Les politiciens, qui solliciteront votre vote le 7 avril prochain, en sont-ils capables?

Améliorer la productivité et les exportations

La productivité, c’est le niveau de production par heure travaillée. Ce n’est pas travailler plus pour moins. C’est travailler mieux, avec des technologies utiles, avancées, qui permettent d’être plus efficace. Qui a un plan pour améliorer la productivité et aider les entreprises à produire et exporter davantage? Le Québec importe plus qu’il n’exporte. Et le déficit ne fait que grandir. Qui a un projet à long terme pour améliorer ce bilan?

Regardez ces chiffres de HEC Montréal. L’apport à l’économie par heure travaillée au Québec est plus faible qu’ailleurs.

Productivité du travail – 2012

PIB/nombre d’heures travaillées

  • Norvège : 106,24 $
  • France : 72,97 $
  • États-Unis : 72,62 $
  • Allemagne : 71,47 $
  • Canada : 59,56 $
  • Québec : 54,95 $
  • Japon : 49,17 $

source : HEC

Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population

Pour la première fois en plusieurs décennies, il y aura plus de sorties que d’entrées dans la catégorie des 15-64 ans. C’est clair : la population vieillit, la population active va baisser, les coûts de santé ne cesseront d’augmenter. Et donc, la soutenabilité des finances publiques est en jeu. Alors, que faire?

Faut-il générer plus de richesse, plus de revenus, pour éponger les coûts qui augmentent? Est-il possible de trouver de nouvelles sources d’efficacité dans l’appareil public? Ou faut-il penser à revoir le panier de services offerts à la population?

D’autres chiffres, ceux de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques :

Nombre de personnes de 15-64 ans pour chaque personne de 65 ans et plus :

  • 1971 : 9,4
  • 2013 : 4,1
  • 2050 : 2,1

source : Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques

Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables

Les Québécois paient beaucoup d’impôts et de taxes. Mais, en retour, ils ont de généreux services et des programmes uniques comme les garderies à tarif réduit, l’assurance médicaments, les congés parentaux, etc.

Faut-il repenser la fiscalité au Québec?

Faut-il baisser les impôts, baisser les taxes?

Ou, au contraire, faut-il poursuivre la hausse de la taxation des mieux nantis?

Et pour les entreprises, doit-on repenser également la fiscalité?

Nos finances publiques permettent-elles de proposer un allègement fiscal aux individus et aux entreprises? En avons-nous les moyens?

Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités

Créer de la richesse est un concept bien relatif. Qu’est-ce que ça veut dire exactement? Est-ce que c’est d’exploiter les ressources du Québec? De baisser les impôts afin que les consommateurs aient plus d’argent à dépenser? D’investir dans l’économie du Québec à l’aide d’incitatifs fiscaux?

Il sera intéressant de lire les propositions des partis pour créer de la richesse. Et comment vont-ils faire pour que l’ensemble de la population profite de cette création de richesse? Nos sociétés occidentales se sont beaucoup enrichies depuis 35 ans, mais les inégalités ont considérablement grandi en parallèle. Est-ce que cette création de richesse est la bonne?

Le Québec est considéré comme l’un des endroits en Amérique du Nord parmi les moins inégalitaires et où la qualité de vie est particulièrement élevée. Comment conserver ces palmes tout en augmentant la richesse des individus, des entreprises et de la collectivité?

Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population

Près de la moitié des personnes de 65 ans et plus ont besoin du supplément de revenu garanti pour arriver à joindre les deux bouts. C’est un signal de pauvreté. Pourquoi? Parce que le Canada est l’un des endroits dans les pays avancés où le remplacement du revenu de travail est le plus faible à la retraite.

Environ le tiers des gens n’ont pas de REER ou d’épargne pour la retraite. Et quatre travailleurs sur cinq dans le secteur privé n’ont pas de régime de retraite complémentaire.

Deux enjeux sur cette question :

  1. Comment améliorer la protection des personnes à la retraite? REER obligatoire? RRQ plus généreux, donc hausse des cotisations?
  2. Et jusqu’où doit-on repenser la capitalisation des régimes de retraite à prestations déterminées? Faut-il poursuivre dans la voie annoncée, qui est celle de demander aux travailleurs du secteur public de contribuer à 50 % de leur régime de retraite et d’abaisser ainsi la contribution de l’employeur? Vaut-il mieux partager les risques?

Le défi de cette élection ne réside pas dans des mesures à court terme, qui pourraient s’apparenter à des bonbons électoraux. Les Québécois attendent des propositions réalistes, structurantes, innovantes. Pour y arriver, il faudra du courage.

RRQ : une rentabilité fragile

Jeudi 5 décembre 2013 à 14 h 41 | | Pour me joindre

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La réserve du Régime des rentes du Québec était de 39,5 milliards de dollars le 31 décembre dernier. C’est 3,3 fois les sorties de fonds pour 2013. La réserve est suffisante pour respecter les obligations du régime à long terme et la hausse prévue des cotisations permettra de traverser la tempête du baby-boom, c’est-à-dire le passage massif à la retraite des personnes nées quelque part entre 1947 et 1965.

C’est la conclusion principale du rapport sur l’évaluation actuarielle publiée par la RRQ aujourd’hui. C’est ici.

La valeur de la réserve par rapport aux sorties de fonds sur une année

2013 : 3,3 fois
2020 : 3,6 fois
2062 : 2,2 fois 

Cela dit, la RRQ prévoit qu’à partir de 2019, les cotisations ne vont plus couvrir les prestations. Ce sont les revenus de placements qui permettront de maintenir le régime rentable. Dans les circonstances, l’évaluation actuarielle permet de conclure qu’il n’y a pas d’actions à prendre à court terme. Le taux de cotisation devrait passer de 9,9 % aujourd’hui à 12,2 % en 2032.

Le taux d’équilibre, établi à 10,81 % dans la dernière évaluation actuarielle au 31 décembre 2009, est maintenant de 11,02 % au 31 décembre 2012. Les prévisions de la RRQ s’appuient sur un taux de rendement moyen sur 50 ans de 4,1 %.

Une fois ce constat établi, le problème général de l’épargne à la retraite demeure entier. Les sommes générées par la RRQ et la pension de vieillesse ne sont pas suffisantes pour permettre aux personnes de bien vivre. Plusieurs d’entre elles doivent demander le supplément de revenu garanti, ce qui, encore, n’est pas assez dans plusieurs cas.

Nous avons de bons outils pour bien vivre après la retraite. Malgré cela, plus de la moitié de la population n’est pas préparée à cette période importante de la vie, le dernier virage qui dure de plus en plus longtemps.

La RRQ affirme, dans son rapport, que le nombre de bénéficiaires va augmenter de 60 % d’ici 2030 avec le passage à la retraite des générations baby-boom et avec le nombre plus important de femmes qui sont admissibles à une rente.

En 2013, il y a 2,6 cotisants pour chaque bénéficiaire. Dès 2021, il y aura moins de 2 cotisants pour chaque bénéficiaire. C’est important. Et dès 2048, écrit la RRQ, le nombre de rentes de conjoint survivant va croître de 40 % en raison de la hausse importante du nombre de décès.

Nombre de citoyens de 20 à 64 ans par rapport au nombre de citoyens de 65 ans et plus

2013 : 3,7
2020 : 3,0
2032 : 2,1

Si la RRQ se dit rentable, le système, lui, ne l’est pas. Les régimes de retraite sont déficitaires. Une minorité de personnes a accès à de bons régimes, largement financés par les employeurs et l’ensemble des citoyens. Une majorité n’a rien ou que très peu.

Que faire alors?

  • Cotiser encore plus à la RRQ pour améliorer les rentes publiques?
  • Imposer un REER obligatoire à l’ensemble de la population pour leur assurer un revenu plus important à la retraite?
  • Favoriser la création de régimes de retraite dans les entreprises privées avec des initiatives comme le RVER (Régime volontaire d’épargne-retraite), qui s’implante en ce moment?
  • Ou simplement encourager l’épargne personnelle et laisser les citoyens construire leur propre retraite?

C’est malheureusement la même histoire qui se répète. Une usine qu’on n’a pas rénovée quand il le fallait, des travailleurs vieillissants, un modèle de gestion et des technologies de moins en moins adaptés aux exigences de l’économie d’aujourd’hui. Et paf, d’un coup, les propriétaires annoncent la fermeture de l’usine.

Des gens, qui y sont depuis tout le temps, qui voyaient les lueurs de la retraite à quelques pas, assistent impuissants à l’effondrement d’un monde et d’une bonne partie de leurs espoirs.

Ce genre d’événement est plus violent que n’importe quel vidéoclip ou épisode de 19-2! C’est la réalité. C’est la vraie vie. Ce sont de vraies personnes – 216 dans le cas de l’usine Old Dutch à Montréal – qui subissent la décision d’un propriétaire qui a ses raisons c’est certain, mais qui, dans le cas d’Old Dutch, manque littéralement de compassion. Le communiqué est direct et précis :

« Les Aliments Old Dutch Ltée a annoncé aujourd’hui qu’elle mettra un terme à ses activités de production et d’entreposage à son usine de Lachine (Québec) le 27 septembre 2013. L’usine a été construite en 1964 par Humpty Dumpty Inc. et a été exploitée sans interruption depuis lors comme usine de fabrication de grignotines. Humpty Dumpty a été acquise par Les Aliments Old Dutch Ltée en 2006. L’usine a atteint la fin de sa vie utile et Les Aliments Old Dutch Ltée a déterminé qu’il n’était pas faisable de rénover l’usine ou d’ouvrir une nouvelle installation de fabrication de grignotines dans la région. Cette fermeture touchera quelque 216 personnes qui sont présentement soit des employés actifs ou en statut de mise à pied. Dorénavant, le marché du Québec sera approvisionné par d’autres usines de Les Aliments Old Dutch Ltée situées au Canada. Les activités de vente se poursuivront normalement et il est prévu que les clients ne subiront aucune rupture d’approvisionnement pendant cette phase de transition. »

Un communiqué froid. Aucune forme de remerciement. Cela dit, les entreprises, comme Old Dutch, ont tout à fait le droit dans notre société de fermer une entreprise si elles jugent que ce n’est plus dans leur intérêt financier.

Quand un jeune travailleur perd son emploi, il réussit généralement à se trouver un autre emploi. Ce n’est pas sans conséquence toutefois : perdre son emploi, c’est angoissant, c’est enrageant, c’est décevant. C’est un coup dur sur le plan financier. Et, vous le savez, il y a des gens aussi qui ne se remettent pas vraiment d’une perte d’emploi.

Perdre son emploi quelque part dans la cinquantaine peut être terrorisant. Les travailleurs d’Old Dutch l’ont dit à notre caméra : comment pensez-vous qu’on va se retrouver un emploi à notre âge? Qui veut embaucher un travailleur de 57 ans aujourd’hui? Bien sûr qu’il y a des entreprises qui ont besoin de travailleurs « expérimentés ». Mais, de façon très générale, les femmes et les hommes qui approchent la soixantaine, qui ont travaillé au même endroit presque toute leur vie, ont beaucoup de difficultés à retrouver du boulot.

Alors, que faire

Comment éviter ces fermetures brutales et sans âme? Comment encourager les entreprises à trouver des solutions pour leurs employés, qui peuvent prendre la forme de transferts, d’offres de formation ou de retraites anticipées?

Pourrait-on faire mieux?

Liberté 75!

Jeudi 18 avril 2013 à 10 h 52 | | Pour me joindre

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On savait que le concept de la retraite à 55 ans, « Liberté 55 », était chose du passé ou en tout cas en voie de disparition. Le comité D’Amours, chargé de repenser les régimes d’employeurs au Québec, nous envoie un message clair : si vous prenez votre retraite avant 75 ans, ne comptez pas trop sur l’État pour vous aider à bien vivre. Il vous faut d’autres revenus ou il vous faut travailler!

Rapport D'Amours sur le système de retraite québécois La « rente longévité » que propose le comité D’Amours est, en quelque sorte, une demi-bonification du Régime de rentes actuel. C’est comme un RRQ boni pour les 75 ans et plus. Vous avez droit de toucher des rentes de la RRQ dès l’âge de 60 ans, mais le comité D’Amours est d’avis qu’une rente supplémentaire devrait être offerte aux Québécois à partir de l’âge de 75 ans.

On peut dire que c’est un peu d’air pour tous les travailleurs du Québec, qui n’auront plus à planifier 20 ou 30 ans de retraite, mais 10 ou 15 ans seulement. Est-ce qu’on aurait dû aller plus loin et offrir la « rente longévité » dès 65 ou 67 ans? Peut-être que le pont entre le travail et les rentes publiques aurait été plus court, mais ça reviendrait pas mal plus cher à l’ensemble de la collectivité.

La « rente longévité » coûterait 4 milliards de dollars par année aux Québécois, mais la moitié de l’argent viendra déjà de l’épargne actuelle de 2 millions de participants à des régimes collectifs. Ce qu’on va faire, c’est qu’on va réallouer l’argent : moins de revenus de régimes de retraite d’employeur à 75 ans pour faire place à la « rente longévité ». Tout de même, dans un contexte où les charges fiscales sont élevées, peut-on en demander vraiment plus aux Québécois?

En bonifiant la RRQ d’une « rente longévité » à 75 ans, le message est double. D’abord, on n’encourage personne à prendre sa retraite trop tôt. Avec l’espérance de vie qui grandit, avec le vieillissement de la population et les pressions qui sont très lourdes sur les régimes de retraite, le comité D’Amours fait une proposition qui encourage à demeurer au travail plus longtemps. Et, deuxième message, on réduit les risques de pauvreté prolongée à la retraite, ce qui est le cas en ce moment pour la moitié des aînés au Québec.

Pour arriver à une solution comme celle-là, il faut que tout le monde contribue : les travailleurs et les employeurs. La « rente longévité » se bâtirait à partir d’une cotisation de 1,65 % du salaire des travailleurs et de 1,65 % qui proviendrait de l’employeur.

Un exemple clair, en terminant :

  • Votre salaire annuel : 50 000 $
  • Retraite : 65 ans
  • RRQ : 12 500 $ (soit 25 % de votre salaire)
  • Pension : 5000 $ (ce qui vous amène à une couverture de 35 % de votre salaire)
  • Épargne nécessaire pour couvrir 60 % de votre salaire : 12 500 $ par année

La « rente longévité » vous donne 0,5 % de votre salaire multiplié par le nombre d’années de cotisations. Donc, une année de cotisation pour un travailleur qui avait un revenu annuel de 50 000 $ donne droit à 250 $. Si vous avez travaillé 35 ans et que vous avez donc cotisé pendant 35 ans à cette rente, on fait le calcul suivant : 250 $ x 35 = 8750 $. Ainsi, la « rente longévité » couvre une partie de l’épargne nécessaire. Ces explications ne tiennent pas compte de l’indexation et de l’actualisation.

Regardez les entrevues avec Michel Arsenault de la FTQ et Éric Forest de l’UMQ.

Bien. La suite ce soir à RDI économie avec Luc Godbout.

Quel avenir pour nos retraites?  Consultez notre dossier.

Québec solidaire propose de réduire l’avantage fiscal du REER pour améliorer la couverture publique de la retraite et donc bonifier sensiblement la RRQ, la Régie des rentes du Québec. C’est une position qui se défend, mais on peut se demander si le parti tire sur la bonne ficelle.

De plus en plus de Canadiens éprouvent de la difficulté à équilibrer les priorités financières D’abord, précisons que le REER n’est pas fait pour tout le monde. Si vous gagnez peu, vous économisez peu ou vous prévoyez vivre avec un faible revenu à la retraite, il n’est pas conseillé d’investir dans un Régime enregistré d’épargne retraite. Vos retraits du REER sont considérés comme des revenus, qui viendront réduire certaines de vos prestations, comme le Supplément de revenu garanti.

Mais le REER est un bon outil d’épargne dans le contexte où les prestations publiques ne sont pas suffisantes pour vous permettre de maintenir un niveau de vie normal à la retraite et dans la mesure aussi où la majorité des gens n’ont pas accès à un régime de retraite privé. Dans les circonstances, l’accès au REER et au report d’impôts qui l’accompagne est un stimulant pour l’épargne, qui coûte des revenus au gouvernement, des revenus toutefois récupérés lorsque les sommes sont retirées à la retraite.

Il y a les soutiens fiscaux, les incitatifs fiscaux et les cadeaux fiscaux.

Dans la première catégorie, on pense à tous les programmes qui existent pour les personnes démunies ou celles qui se retrouvent dans des situations difficiles. Quelques exemples : le crédit d’impôt pour solidarité, le crédit pour aidants naturels ou encore les montants pour les personnes handicapées ou ceux pour le maintien à domicile d’une personne âgée. Ce sont des crédits fiscaux qui viennent en aide à des gens.

Dans la seconde catégorie, il y a la fiscalité qui vous encourage, qui vous incite à dépenser, consommer, épargner, développer. Quelques exemples : le REER vous encourage à épargner, les montants pour activités physiques et sportives vous encouragent à inscrire vos enfants à ce type d’activités en retour d’un crédit d’impôt. Les crédits d’impôt de fonds de travailleurs (que le fédéral veut abandonner en 2017) représentent aussi des incitatifs à l’épargne.

Et puis, dans la troisième catégorie, il y a les cadeaux fiscaux. Et c’est ici qu’on devrait peut-être dépenser notre énergie. C’est ici que se trouve le magot, les exagérations, les déséquilibres et toutes les incohérences et injustices fiscales. 

Quelques exemples ici aussi :

  • pourquoi ne pas revoir la nature des gains en capital afin de réduire l’avantage fiscal sur l’investissement spéculatif tout en maintenant l’avantage pour l’investissement à long terme?
  • pourquoi ne pas encadrer et réduire l’accès aux paradis fiscaux pour les banques canadiennes, un oligopole très rentable et très présent là où il fait beau et chaud, où les impôts n’existent pratiquement pas au grand plaisir de richissimes gens d’affaires et investisseurs?
  • pourquoi ne pas mettre fin aux options sur actions, une formule de rémunération qui permet aux bénéficiaires de moins payer d’impôts?

Le REER est un incitatif fiscal à l’épargne qu’on peut certes considérer comme un cadeau fiscal pour une partie de la population qui a les moyens d’économiser. Cependant, ce cadeau, il faut un jour le remettre au gouvernement : lors des retraits du REER, il faut payer l’impôt. C’est pourquoi j’ai l’impression qu’il s’agit plus d’un incitatif à l’épargne que d’un cadeau.

Le CELI est un cadeau : les rendements ne sont pas imposables. Cadeau. Mais, encore là, le CELI est limité (5500 $ par année) et peut bénéficier aux retraités les plus pauvres puisque les retraits du CELI ne sont pas comptabilisés dans les revenus.

Voilà.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Quel avenir pour nos retraites?  Consultez notre dossier.

Les 5 grands défis de Pauline Marois

Mercredi 5 septembre 2012 à 12 h 53 | | Pour me joindre

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La soirée électorale s’est terminée tragiquement la nuit dernière au rassemblement du Parti québécois à Montréal. L’enquête nous en dira plus long sur les circonstances de cet événement. J’offre mes plus sincères condoléances à la famille de l’homme qui a perdu la vie.

La nouvelle première ministre du Québec, Pauline MaroisPour la suite des choses, les défis qui se présentent à la nouvelle chef du gouvernement du Québec sont de taille. Et ils le seront encore plus dans un gouvernement minoritaire, qui détient seulement une avance de quatre sièges sur la nouvelle opposition officielle du Parti libéral.

Qui aurait cru en janvier que Pauline Marois allait être première ministre neuf mois plus tard, alors que ses appuis à l’interne et dans l’ensemble du Québec fondaient comme neige au soleil? Qui aurait cru que le Parti libéral allait revenir si fort dans l’opposition après neuf ans de pouvoir et quantité d’allégations de corruption?

Le résultat, c’est un gouvernement qui n’aura pas du tout les coudées franches pour mettre en œuvre son plan de match socioéconomique. Mais souhaitons que les partis d’opposition et le nouveau gouvernement collaborent sainement et sincèrement pour faire avancer l’économie du Québec dans le bon sens, une économie qui, je vous le rappelle, ralentit sérieusement.

Alors, les cinq grands défis économiques de Pauline Marois, première ministre, sont les suivants :

  • Continuer à viser le déficit zéro afin de ne pas alimenter les craintes exprimées par certains quant au maintien de la note de crédit du Québec au niveau actuel. Cet objectif doit tenir malgré l’annulation des hausses de tarifs prévues (électricité, scolarité, contribution santé) et dans un contexte de ralentissement économique;
  • revoir le pacte entre employés et municipalités, entre les Québécois et la RRQ, afin d’assurer la viabilité des régimes de retraite;
  • préciser la politique du gouvernement sur le Plan Nord et le régime des redevances, la protection des sièges sociaux et le rôle de la Caisse de dépôt et placement, ce sont des changements majeurs qui étaient prévus dans la plateforme du Parti québécois;
  • à plus long terme, établir une stratégie réaliste pour faire face au vieillissement de la population : combler le manque à venir de main-d’œuvre, prolonger la vie au travail des Québécois, améliorer la productivité et surtout favoriser l’éducation des Québécois en misant sur la formation continue et la diplomation;
  • revoir le pacte fiscal avec Montréal pour lui donner une structure plus simple, stimuler son économie, faire baisser le chômage et redonner à la ville centre un attrait qui s’étiole au profit des banlieues.

En marge de ces défis, le futur ministre des Finances, probablement Nicolas Marceau, doit préparer un plan de relance économique, comme le gouvernement du Canada le fait en ce moment aux dires du ministre des Finances Jim Flaherty, en cas de ralentissement marqué de l’économie mondiale et de l’économie québécoise.

Compte tenu du contexte économique et politique, je crois qu’on peut dire que la tâche sera ardue.

Quand la bulle électorale aura éclaté au petit matin du 5 septembre, on constatera que la réalité économique du Québec, du Canada, des États-Unis, de l’Europe et de la Chine n’a rien à voir avec les milliards de dollars en promesses de notre campagne électorale.

Le défi budgétaire du Québec, celui qui se dressera devant nous au cours des deux prochaines décennies avec le vieillissement de la population, le poids des régimes de retraite et l’absence d’amélioration de notre productivité, ce défi à relever n’a pas trouvé de réponses convaincantes lors de cette campagne. Ou bien les partis ont peu de vision, ou bien ils n’ont pas voulu nous dire la vérité!

Au lieu de promesses, de cadeaux et de cadres financiers parfois douteux, les partis politiques auraient mieux fait de nous offrir un programme axé sur la prudence et le réalisme.

Que nous réserve l'avenir, en économie?
Le savent-ils que l’économie et l’emploi stagnent depuis plusieurs mois au Québec?

Réalisent-ils que les prix des minéraux, qui sont censés nous aider à rembourser notre dette, sont en chute de 15 à 25 % depuis leur dernier sommet et que plusieurs entreprises commencent à revoir leurs projets?

Sont-ils conscients que la Chine ne cesse de décélérer et que l’économie de l’Europe, des États-Unis, du Canada, l’économie mondiale finalement, dépend de sa demande, d’abord et avant tout?

Entendent-ils les appels de Mark Carney et de Jim Flaherty, qui demandent aux entreprises de redonner de l’argent aux actionnaires, d’investir dans l’économie, de la stimuler et de cesser de s’appuyer sur leurs 525 milliards de dollars en liquidités? En passant, peut-on leur en vouloir si l’économie mondiale ralentit?

Ont-ils lu le rapport du Bureau du budget du Congrès américain, qui s’inquiète d’un retour en récession en 2013 aux États-Unis avec les compressions prévues l’an prochain et l’expiration d’allégements fiscaux? Cette crainte est justifiée compte tenu du blocage politique en cours aux États-Unis, blocage qui va perdurer au moins jusqu’en janvier, au moment où sera investi le prochain président des États-Unis (Romney ou Obama). La croissance est déjà faible aux États-Unis et demeure largement appuyée sur la consommation.

Sont-ils au fait de l’impact négatif potentiel des cours élevés du pétrole, alimentés par les craintes d’un conflit armé avec l’un des plus gros producteurs de pétrole du monde, l’Iran?

Savent-ils que l’enjeu principal en ce moment, c’est de savoir si la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale d’Europe vont de nouveau intervenir pour soutenir les marchés financiers, par l’achat d’obligations et de bons du Trésor?

Je sais que les Christian Dubé, Nicolas Marceau, Raymond Bachand, Jean-Martin Aussant et les leaders économiques des partis sont au courant de cette situation. N’auraient-ils pas dû en tenir compte dans leur plan de match et dans leur cadre financier? Et tout au long de la campagne? Tout cela peut sembler conjoncturel. Mais ça fait plus de quatre ans que la crise financière est en cours. Ses effets se font toujours sentir et on ne sait absolument pas quand tout cela va se terminer.

Et les régimes de retraite?

Mardi 21 août 2012 à 11 h 32 | | Pour me joindre

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Depuis le début de la campagne, j’ai reçu beaucoup de courriels sur les enjeux économiques de l’élection au Québec. Et le plus grand nombre de ces courriels portait sur les régimes de retraite, un enjeu qui n’a pas du tout été abordé au cours des trois premières semaines de la campagne électorale déclenchée le 1er août. Pourtant, il s’agit d’un problème crucial.

Les régimes de retraite privés et publics sont sous-financés. Autrement dit, on constate aujourd’hui qu’il n’y a pas assez d’argent dans les régimes pour respecter les obligations et les engagements qui ont été négociés pour les retraités et futurs retraités. La quasi-totalité des régimes de retraite est en déficit de solvabilité avec un taux se situant en moyenne autour de 70 %, c’est-à-dire qu’il y a 70 ¢ dans la caisse pour chaque dollar de prestations de retraite prévues. Dans le cas d’entreprises en difficulté, en restructuration ou en faillite, c’est dramatique pour les travailleurs. Les exemples sont nombreux, surtout dans le secteur manufacturier.

Les retraités de la Stadacona, une usine fermée par les Papiers White Birch, ont dû accepter une réduction de 30 % de leurs revenus de retraite en raison des troubles financiers de l’entreprise. Ils réclament, comme les travailleurs et ex-travailleurs d’autres sociétés manufacturières, des changements législatifs pour protéger leur régime de retraite auquel ils ont contribué toute leur vie.

Dans le cadre de la campagne électorale au Québec, certains partis politiques ont proposé des modifications pour protéger les revenus de retraite en cas de défaillance d’une entreprise.

Ce problème de sous-financement est réel et répandu. Plusieurs raisons l’expliquent, notamment les actuels faibles taux d’intérêt sur les obligations. Il touche notamment les régimes de retraite des employés municipaux au Québec. Selon l’UMQ, le déficit actuariel de ces régimes atteint presque 5 milliards de dollars. Il réclame un « partage plus équitable des coûts et des risques associés aux régimes de retraite à prestations déterminées des employés municipaux entre les participants et l’employeur ». L’Union des municipalités souhaiterait en quelque sorte que les employés contribuent davantage à leur régime de retraite. Dans certains cas, l’employeur (public) se charge de 70 à 80 % des cotisations aux régimes de leurs employés.

Est-ce que ça doit changer? Doit-on passer de régimes à prestations déterminées à régimes à prestations cibles, c’est-à-dire un régime dont les prestations peuvent être modifiées si la situation actuarielle est mauvaise? Doit-on travailler plus longtemps? Et pourquoi l’Ontario n’est-il pas plongé dans le même pétrin, alors que le taux de solvabilité pour les prestations déterminées du régime des employés municipaux (OMERS) est de 89 %?

Le grave problème des régimes de retraite touche un nombre important de Québécois. Pourquoi n’en parle-t-on pas durant cette campagne électorale?

Syndiqués, retraités, chômeurs, le monde du travail est en complète transformation au Canada. Le gouvernement Harper, majoritaire depuis un an, instaure de nouvelles règles qui sont en train de modifier en profondeur la relation entre l’État et les citoyens. Le rôle du gouvernement est revu, et tout cela a et aura un impact fondamental dans la vie des Canadiens.

Moins bien payés

Assurance-emploi

La semaine dernière, la ministre des Ressources humaines Diane Finley a annoncé les nouvelles règles régissant l’assurance-emploi. Dorénavant, les chômeurs devront se trouver un emploi plus rapidement, accepter des emplois moins rémunérateurs, sinon leur prestation sera réduite. Les travailleurs saisonniers sont les plus touchés par cette nouvelle gestion de l’assurance-emploi.

 Les chômeurs fréquents, ceux qui travaillent intensément quelques semaines et qui doivent réclamer régulièrement le soutien de l’assurance-emploi entre les saisons, auront six semaines pour se trouver un nouvel emploi au même salaire. S’ils n’y arrivent pas, ils devront accepter un poste dit « comparable » qui pourrait descendre à 70 % de leur rémunération.

Les chômeurs fréquents devront ainsi accepter un poste moins rémunérateur, se trouvant à une heure ou moins de leur domicile. Le Globe and Mail souligne que cet aspect s’avère problématique. Certaines villes, où le chômage est élevé, sont à plus d’une heure d’une autre ville. C’est le cas de Grand Falls-Windsor à Terre-Neuve-et-Labrador. Elle se trouve à 95 kilomètres de Gander. Le taux de chômage à Grand Falls-Windsor est de 21,1 %. Même scénario à Campbellton dans le nord du Nouveau-Brunswick, à 2 heures de Miramichi. Le chômage est tout près de la barre de 20 % dans la région.

Et, honnêtement, que feront les pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine?

Dans les provinces de l’Atlantique d’ailleurs, les chômeurs fréquents représentent de 56 à 80 % de tous ceux qui doivent réclamer un soutien de l’assurance-emploi. C’est un changement extrêmement important que les nouvelles règles viendront imposer.

La pension, plus tard

L’autre réforme, qui se terminera à la fin des années 2020, c’est celle de la hausse de l’âge prévu pour recevoir un premier chèque de pension, un chèque de la Sécurité de la vieillesse. De 2023 à 2029, l’âge de la retraite va passer de 65 à 67 ans.

Si vous avez 50 ans aujourd’hui, vous n’aurez pas droit à la Sécurité de la vieillesse à 65 ans comme vous l’avez toujours cru. Ce sera à 67 ans. Cette décision aura un impact sur les finances publiques des provinces qui devront soutenir financièrement un nombre important de personnes pour deux années supplémentaires. Cette décision fera en sorte également que les citoyens devront travailler deux années de plus avant de pouvoir retirer les premières sommes de la Sécurité de la vieillesse.

Les plus démunis, et ils sont nombreux, n’auront droit au Supplément de revenu garanti qu’à 67 ans également. Ces changements, bien qu’on ait le temps de les voir venir et s’installer, auront des conséquences importantes sur des millions de Canadiens.

Lois spéciales

Des travailleurs du Canadien Pacifique, membres du syndicat des Teamsters Canada, ont organisé un piquet de grève à l’entrée du dépôt de rails près de l’avenue Jarvis, à côté du McPhillips Sation Casino.

Et l’autre transformation qui s’opère au Canada, mais qui ne fait pas l’objet d’une mesure budgétaire, c’est l’intervention du gouvernement Harper dans certains conflits de travail. Invoquant la protection de l’économie, le gouvernement a décidé d’imposer des lois spéciales pour mettre fin à des conflits. Il l’a fait à Air Canada, à Postes Canada et se prépare à le faire au Canadien Pacifique, où 4800 travailleurs sont en grève depuis la semaine dernière.

Ce conflit ralentit le transport de grains dans l’ouest du pays et le transport de passagers en Ontario. La possibilité de voir Ottawa déposer une loi spéciale n’a pas favorisé la négociation selon le syndicat, qui accuse la partie patronale de n’avoir jamais négocié de bonne foi. Les négociations sont rompues. Le CP attend la loi spéciale, selon les travailleurs.

Tout compte fait, le monde change rapidement sous les conservateurs majoritaires pour plusieurs travailleurs syndiqués, dont le pouvoir de négociation s’éteint sous le feu d’une loi spéciale, pour les chômeurs, dont le rythme des saisons prendra bientôt une nouvelle forme, et pour les futurs retraités, qui devront attendre deux années de plus avant d’avoir droit au soutien gouvernemental pour leurs vieux jours. Ce sont des transformations qui ne sont pas mineures, loin de là, qui changent ce pays et la vie de ses citoyens.

L’entrevue réalisée avec Stephen Jarislowsky et diffusée hier soir à RDI a suscité de nombreuses réactions. L’investisseur, milliardaire et toujours actif à 86 ans, en avait long à dire sur plusieurs sujets : l’endettement des ménages, l’action des banques centrales, le conflit étudiant, la retraite et l’art. Un texte, diffusé samedi et portant sur le point de vue de Stephen Jarislowsky sur le conflit étudiant, a reçu 200 commentaires et a été recommandé sur Facebook 1400 fois. Il en a dit des choses dans cette entrevue, Stephen Jarislowsky.
 
D’abord, retrouvez l’entrevue ici :
 
 
Et puis, permettez-moi de faire écho à quelques commentaires reçus dans ma boîte de courriels et dans celle de RDI Économie afin d’alimenter la discussion avec vous.
 
Ainsi, à propos du conflit étudiant, alors que Stephen Jarislowsky affirme que les étudiants devraient être reconnaissants que la société soutienne environ 85 % des droits de scolarité, Denyse Gagnon d’Alma écrit qu’il « est tellement vrai de dire que plus on paie quelque chose et plus on le paie cher, plus on y fait attention et on l’apprécie. [...] C’était rafraîchissant d’entendre cet homme au lieu des leaders étudiants et des artistes. »
 
Avis contraire de Stéphane-René Gallant de Drummondville, qui est d’avis que l’investisseur montréalais a fait preuve d’incohérence en souhaitant une forte hausse des droits de scolarité tout en dénonçant l’endettement des ménages. « Il dit que c’est par la hausse des droits de scolarité qu’on donnerait une meilleure valorisation des études. Pourtant, on pourrait aussi simplement offrir aux étudiants la gratuité scolaire à la mesure de leurs bonnes notes, sans avoir besoin d’endetter plus de gens qui ne sont pas aussi riches que lui. »
 
Le témoignage de Marie Laverdure porte sur la proposition de Stephen Jarislowsky d’augmenter l’âge de la retraite à au moins 69 ans. « J’ai travaillé pendant 43 ans, dit-elle. [...] Je n’ai jamais pu gagner plus de 19 000 $ annuellement. Contrairement à ce que Stephen Jarislowsky dit, tout le monde n’a pas pu économiser! [...] Moi, je trouve les étudiants qui manifestent présentement très gâtés par rapport à nous. Ils ont toutes sortes de choses, des gadgets coûtant des centaines et des milliers de dollars, et plus encore! »
 
« Son commentaire sur la retraite des enseignants, écrit Daniel Beaudry de Moncton, ne tient pas compte du fait que ce travail reçoit un salaire insuffisant pour pouvoir recruter du talent. Peut-être que la solution serait un salaire beaucoup plus alléchant, quitte à laisser plus de responsabilités aux enseignants quant à la planification de leur retraite. »
 
Même avis de Richard Landry, enseignant de Montréal : « Il critique sans le savoir les enseignants. Il insinue qu’ils ne méritent pas leur retraite. De toute évidence, M. Jarislowsky sous-estime grandement le travail des enseignants. »
 
Jean-François Couture nomme Stephen Jarislowsky, « le Charles Aznavour de l’investissement ». Il se dit en accord « avec lui sur la majorité des sujets sauf sur l’âge de la retraite, particulièrement pour les gens ayant travaillé plus de 40 ans dans des métiers extrêmement exigeants physiquement. Et quand vous avez déploré le manque de moyens pour prendre une retraite le moindrement confortable, il vous a répondu qu’il aurait fallu économiser davantage. J’attendais une sous-question qui n’est pas venue : comment les petits salariés dont les revenus ont gravité autour du salaire minimum toute leur vie auraient-ils pu économiser suffisamment pour se procurer des revenus de retraite capables de leur assurer une qualité de vie? »
 
Hélène Villeneuve nous écrit qu’il est intéressant et rassurant « de voir qu’il y a encore des gens sensés dans notre société. Les idées prônées par M. Jarislowsky sont d’une grande sagesse et démontrent un haut degré d’intelligence. [...] Il serait peut-être temps que les parents reprennent leurs responsabilités plutôt que de toujours les laisser aux autres, ou alors faire le choix de ne pas avoir d’enfants! »
 
Alexandre Gagnon de Beaconsfield a été choqué par les propos de Stephen Jarislowsky. « Premièrement, comment un milliardaire peut-il émettre des opinions si polarisées sur les finances du contribuable moyen qui peine à boucler son budget? Réalise-t-il seulement que pour une grande majorité du peuple, économiser pour la retraite n’est tout simplement pas possible dû au coût de la vie? Quand il dit que les Québécois arrivent à la retraite avec pas assez d’épargne, il néglige le fait qu’il est aujourd’hui très difficile avec un salaire moyen de payer les factures associées aux besoins fondamentaux.
 
« Aussi, comment peut-il dire qu’il faudrait que les frais de scolarité soient de 40 000 $ pour que les gens soient reconnaissants? On néglige trop souvent, dans une tentative de comparer notre système d’éducation avec le système américain, que les impôts ne sont pas les mêmes. Comment pourrions-nous payer des études universitaires à 40 000 $ alors que le taux d’imposition est dramatiquement plus élevé qu’aux États-Unis? »
 
Et vous, qu’en pensez-vous?