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Le « problème structurel » du Québec

Vendredi 29 novembre 2013 à 13 h 23 | | Pour me joindre

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À première vue, la révision du solde budgétaire de 2013-2014 n’est pas si catastrophique. Un déficit de 2,5 milliards de dollars, c’est 0,7 % du PIB. C’est très peu dans le monde du déficit budgétaire quand on compare le Québec avec d’autres États. Et, comme l’expliquait le ministre des Finances Nicolas Marceau jeudi, le Québec voulait arriver à l’équilibre budgétaire avant les autres. Ce sera finalement en même temps que les autres!

Mais le ministre y arrivera-t-il comme il le prévoit maintenant en 2015-2016?

Le ministre des Finances Nicolas Marceau présente sa mise à jour économique.

La plupart des économistes ont dit à Nicolas Marceau qu’il serait tout à fait intelligent et normal de reporter un peu l’équilibre budgétaire. Quand le PQ est arrivé au pouvoir, le nouveau ministre des Finances a voulu prendre le relais de son prédécesseur Raymond Bachand et maintenir l’objectif d’équilibrer le budget en 2013-2014. La réalité économique l’a toutefois vite rattrapé. La réalité économique et surtout la réalité budgétaire du Québec.

La mise à jour économique de jeudi est un document important. Il est révélateur d’une chose fondamentale : le Québec n’a pas de marge de manoeuvre.

Non seulement le ministre doit-il parfaitement contrôler ses dépenses, ce qu’il réussit le mieux, bien que la croissance des dépenses pour 2013-2014 sera plus élevée que prévu, mais il doit surtout trouver de nouveaux revenus. Or, il ne peut pas hausser les taxes et les impôts. Au fil des années, « on est peut-être allé trop loin » sur les taxes nous a dit en entrevue Nicolas Marceau. En plus, le ministre a révisé à la baisse ses prévisions de hausse du PIB pour les prochaines années et ses prévisions de croissance des revenus autonomes.

Surtout, le ministre admet que le Québec a un « problème structurel » qui lui pend au bout du nez. Dans cinq ans, le ministre des Finances devra composer avec une réalité difficile, complexe et franchement inquiétante. Une réalité qui pourrait nous mener à une situation où, qu’on soit en croissance ou en récession, le Québec serait coincé avec un déficit récurrent, structurel, impossible à éviter à moins d’une réduction majeure du financement des services publics.

Voici ce qu’il nous a dit jeudi soir à ce sujet : « Je pense qu’on va être confronté à un problème structurel dans les années suivantes [suivant 2015-2016]. [...] À moyen et à long terme, il y a un problème structurel, il faut le dire, qui vient de la croissance de nos dépenses en santé, de notre vieillissement de la population et du fait que le gouvernement fédéral a décidé de plafonner sa contribution dans les transferts en santé [ce qui va] nous mettre dans une situation où, structurellement, on va avoir des problèmes. »

Cela dit, le « problème structurel » existe-t-il déjà? Oui, répondait l’économiste Pierre Fortin dans une étude en 2011, donc bien avant l’arrivée du gouvernement Marois. Il affirmait que « la majeure partie du problème financier du gouvernement est de nature structurelle ».

Selon lui, « au début de 2009, la perspective d’un déséquilibre croissant du budget du Québec est soudainement apparue, après 10 ans de conformité à la Loi provinciale sur l’équilibre budgétaire et une croissance des dépenses de programmes parmi les plus modérées de toutes les provinces canadiennes. Ce déséquilibre était de nature structurelle. Il ne découlait pas principalement de la récession de 2008-2009, laquelle a été plutôt modérée au Québec. »

Le vrai débat sur les revenus et les dépenses est-il sur le point de commencer?

Jouer avec les chiffres…

Mercredi 13 novembre 2013 à 14 h 04 | | Pour me joindre

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La plus élémentaire des prudences quand on regarde les chiffres de l’emploi, c’est de s’intéresser aux tendances. On s’en est parlé souvent dans cette chronique, c’est comme ça que j’aborde les questions ici et à RDI économie.

Quand on a eu des mois d’emplois négatifs au Québec, on s’est intéressé à la tendance. C’est ce que j’ai fait notamment les 16 août et 20 septembre derniers. Il faut faire la même chose quand on a des mois positifs, des mois de création d’emplois. Et c’est donc en s’intéressant à la tendance qu’on doit observer les données de septembre et d’octobre pour l’emploi au Québec.

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas MarceauLe ministre des Finances du Québec Nicolas Marceau a refusé de commenter directement les données sur l’emploi lors de son passage sur notre plateau le 5 septembre dernier. Il s’est contenté de dire que le niveau d’emploi moyen pour les sept premiers mois de 2013 était supérieur au niveau moyen des sept premiers mois de 2012. La tendance, celle depuis le début de l’année, ne l’intéressait pas, encore moins les données mensuelles, trop « volatiles » disait-il avec raison.

Quelle n’a pas été ma surprise de lire le communiqué qu’il a publié le 8 novembre dernier pour se féliciter de l’ajout de 34 100 nouveaux emplois en octobre au Québec, une information qui fait en sorte que « l’économie du Québec démontre sa robustesse » selon le ministre, des données qui « constituent une démonstration évidente de la grande confiance des Québécoises et des Québécois envers leur économie et le marché du travail ».

Pourquoi commenter ces chiffres mensuels « volatiles »?

Pourquoi considérer que la donnée sur les 34 100 emplois créés en octobre est crédible, alors qu’il fallait prendre avec des pincettes, selon le ministre, celle du mois de juillet, une chute de 30 400 emplois en raison de la baisse trop prononcée selon lui de l’emploi dans le secteur de la santé?

Pourquoi reléguer au dernier paragraphe de son communiqué la donnée que le ministre mettait en évidence il y a quelques semaines à peine, celle qui compare 2013 par rapport à l’année précédente, donnée qui révèle qu’il y a 53 300 emplois de plus pour les mois de janvier à octobre 2013 comparativement aux mêmes mois de 2012?

Pourquoi? Parce que les bonnes données sont plus agréables à mettre en évidence que les mauvaises. Et si on parle des chiffres mensuels tout à coup, c’est que le gain moyen d’emplois année sur année ne cesse de se réduire parce que l’automne 2012 a été très positif au chapitre de l’emploi. Si les mois de novembre et de décembre 2013 au Québec sont moyens, non seulement le ministre ne voudra peut-être pas en parler, mais il pourrait ne plus être en mesure de mettre en valeur la comparaison 2013-2012!

Bref, comme journaliste, je peux vous dire une chose : que le ministre des Finances soit Raymond Bachand ou Nicolas Marceau, quand ça va bien, on le dit et quand ça va mal, on le dit aussi. En ce moment, la tendance, qui était négative, semble se renverser. Espérons que ça dure!

Deux poids, deux mesures, Monsieur le ministre?

Du ketchup et du champagne…

Vendredi 16 août 2013 à 11 h 46 | | Pour me joindre

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La guerre de chiffres entre Raymond Bachand et Nicolas Marceau n’est pas très instructive, soyons francs. De part et d’autres, on s’appuie sur des chiffres qui ne sont pas les meilleurs. Pour deux ministres des Finances, on peut s’attendre à mieux.

Raymond Bachand, porte-parole de l'opposition officielle en matière de financesD’abord, Raymond Bachand appuie son argumentaire sur une seule donnée : la perte de 30 400 emplois au Québec en juillet. Selon Statistique Canada, c’est le Québec qui a connu le bilan le plus triste de l’emploi cet été au pays. Il s’est même perdu 38 000 emplois dans le secteur public au Québec du 1er au 31 juillet. Si le secteur public avait coupé 38 000 emplois au coeur de l’été, « je le saurais » a lancé le ministre des Finances Nicolas Marceau jeudi en point de presse.

S’appuyant sur cette donnée de 30 400 emplois perdus, Raymond Bachand affirme qu’il s’est donc perdu plus de 40 000 emplois depuis le début de l’année. Et il attire notre attention sur plusieurs régions-ressources, qui ont vu leur taux de chômage augmenter sensiblement.

Pourtant, l’Institut de la statistique du Québec nous invite tous à la prudence. Dans l’analyse des données sur l’emploi, l’ISQ précise ceci : « Les estimations mensuelles tirées de l’Enquête sur la population active sont fondées sur un échantillon et ainsi sujettes à une certaine variabilité d’autant plus importante lorsqu’elles sont ventilées selon le sexe, l’âge, les régions, les industries, etc. Les estimations mensuelles se caractérisent également par une plus grande variabilité que les tendances observées sur de plus longues périodes. »

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau

Cela dit, en réponse à Raymond Bachand, il faut dire que Nicolas Marceau ne fait pas beaucoup mieux. Si l’un est fort en ketchup, l’autre est généreux en champagne. « L’emploi va bien au Québec », selon le ministre. Il y a 70 000 emplois de plus dit-il cette année par rapport à l’an dernier. La statistique choisie par le ministre, et qui bien sûr fait son affaire, c’est de comparer deux périodes : les 7 premiers mois de 2013 et les 7 premiers mois de 2012. Résultat : il y a 70 000 emplois de plus cette année.

Cette donnée, qui n’est pas fausse, est utile pour comparer des périodes dans le temps, mais ne nous apprend rien sur la tendance. Bien honnêtement, je crois que nos meneurs sont capables de mieux. Pour notre bénéfice, voici les données sur l’emploi de la dernière année au Québec :

  • Juillet 2013 : -30 400
  • Juin 2013 : -8400
  • Mai 2013 : +20 100
  • Avril 2013 : +2700
  • Mars 2013 : -16 800
  • Février 2013 : -13 100
  • Janvier 2013 : +5500
  • Décembre 2012 : +5800
  • Novembre 2012 : +18 200
  • Octobre 2012 : +20 100
  • Septembre 2012 : +10 600
  • Août 2012 : +32 500

En regard de ces données, nous pouvons, avec prudence, avancer ceci :

  1. La croissance de l’emploi a ralenti depuis l’automne dernier.
  2. En incluant la donnée de juillet, la moyenne de perte d’emplois au Québec depuis le début de l’année est de 5800 emplois par mois. En excluant juillet, qui soulève de sérieuses questions sur son exactitude, nous sommes dans une perte moyenne de 1700 emplois par mois pour les 6 premiers mois de 2013. La moyenne de création d’emplois de juillet à décembre 2012 a été de 9800 postes par mois.
  3. En juillet 2012, il s’est perdu 28 700 emplois au Québec. Cette année : perte de 30 400 emplois. Se passe-t-il quelque chose dans les statistiques de l’Enquête sur la population active qui vient créer une distorsion dans les chiffres de juillet?
  4. Au cours des six derniers mois de 2012, il y a création d’emplois cinq fois sur six. Dans les six premiers mois de 2013, nous sommes à trois fois sur six ;
  5. Et puisque ça amuse les politiciens d’imaginer qu’il y a création ou perte d’emplois à cause de leurs actions et de leurs décisions, depuis que le PQ est au pouvoir (je prends les données à partir d’octobre 2012), il s’est ajouté 3700 emplois nets, soit 370 emplois en moyenne par mois. Puisque les données sur l’emploi sont retardataires, Raymond Bachand revendiquait ce matin à la radio la paternité des bons mois d’octobre et de novembre.

Bref, on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. Entre le rose discours de Nicolas Marceau et le bouton panique de Raymond Bachand, la réalité est nuancée.

L’obsession du déficit zéro

Vendredi 7 décembre 2012 à 13 h 24 | | Pour me joindre

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J’avais demandé à l’ex-ministre des Finances Raymond Bachand en 2010 si son objectif de revenir à l’équilibre budgétaire en 2013-2014 n’était peut-être pas un peu irréaliste. Et si finalement on n’aurait pas dû attendre un peu, quelques années de plus, pour éviter de se retrouver à trop taxer les citoyens et à trop couper dans les dépenses pour équilibrer le budget.

Il faut savoir que le déficit du Québec était moins important que celui de ses partenaires et concurrents, qui présentaient alors des plans de retour à l’équilibre sur une plus longue période.

Nicolas MarceauIl m’avait dit qu’il était absolument nécessaire pour le Québec de mettre de l’ordre rapidement dans ses finances publiques en raison de ses défis à moyen et à long terme. On pense surtout à la question du vieillissement de la population, qui est plus accentué au Québec.

Raymond BachandLe Parti québécois a décidé de maintenir le calendrier établi par le gouvernement Charest afin de respecter l’objectif d’équilibrer les finances publiques en 2013-2014. C’est à Nicolas Marceau et à Stéphane Bédard que revient finalement cette tâche qui s’annonçait difficile en 2010 et qui l’est encore plus aujourd’hui, on est à même de le constater.

Soyons francs : c’est un effort quasi surhumain qui est exigé dans les ministères du gouvernement du Québec et dans les sociétés d’État. On doit couper et on doit atteindre des degrés d’efficience en quelques mois seulement.

Je n’ai pas des compétences en gestion. Mais je travaille pour une institution publique et je peux vous dire que, pour de bonnes et parfois de moins bonnes raisons, les virages et les changements prennent du temps à se faire. La culture institutionnelle est forte. Les employés sont bien protégés. Les façons de faire sont installées et standardisées.

Et donc je me demande sérieusement comment le gouvernement du Québec réussira à réduire de 522 millions de dollars les dépenses des ministères et entités, en quelques mois seulement, sans réduire le nombre d’emplois, sans réduire les services aux citoyens, sans provoquer des affrontements et des contestations de toutes parts.

Le Parti québécois, parce qu’il propose un projet politique qui est considéré comme un facteur d’instabilité par les agences de notation et les milieux d’affaires, doit faire mieux que les autres. Si le PQ avait décidé de reporter à plus tard l’équilibre budgétaire, on l’aurait accusé d’amateurisme, d’incompétence et on aurait réclamé la démission du gouvernement.

Le ministre des Finances Nicolas Marceau a ainsi présenté un budget d’austérité et le président du Conseil du Trésor Stéphane Bédard est arrivé avec les mauvaises nouvelles jeudi matin : on coupe partout, un peu plus que prévue même. Il le faut si on veut atteindre l’équilibre!

Il est difficile d’en vouloir au gouvernement de couper, si on a claironné qu’il ne fallait pas reporter l’équilibre budgétaire. Mais il est difficile d’imaginer qu’on développe le Québec en comprimant dans la recherche universitaire à hauteur de 37,5 millions de dollars, dans l’aide à l’emploi pour un total de 55 millions et dans le Fonds de développement économique, une réduction de 58 millions de dollars.

Est-ce que l’objectif du déficit zéro n’est pas trop audacieux?

Combien va coûter cette course au déficit zéro?

À quel prix va-t-on l’atteindre?

Le calcul de Nicolas Marceau

Vendredi 23 novembre 2012 à 13 h 45 | | Pour me joindre

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Vous êtes nombreux à vous demander comment le gouvernement Marois va arriver à l’équilibre budgétaire au cours de l’exercice 2013-2014. Certains doutent, n’y croient pas. D’autres croient que c’est responsable et raisonnable. Chose certaine, le chemin pour y arriver est très certainement parsemé d’embûches.

Voici donc les chiffres, essentiellement repris de la page A.19 du budget :

Raymond Bachand, ex-ministre des Finances, avait dressé un plan pour arriver à l’équilibre budgétaire en 2013-2014. À partir de ce plan, le nouveau gouvernement a constaté une impasse de 1,434 milliard de dollars.

  • ralentissement économique : -605 millions
  • dépenses supérieures aux prévisions : -829 millions
  • total : -1,434 milliard 

 

Pour arriver à l’équilibre, le gouvernement prévoit les mesures suivantes. Ce qui est accompagné d’un astérisque (*) signifie que les mesures pour arriver à amasser la somme visée demeurent à être identifiées et/ou réalisées.

  • compressions dans les dépenses : 829 millions*
  • réductions dans les autres organismes : 100 millions*
  • économie d’intérêt sur la dette (1) : 25 millions
  • gestes d’efficience des sociétés d’État : 290 millions*
  • efforts additionnels – lutte contre l’évasion fiscale : 80 millions*
  • réduction de l’aide aux entreprises : 68 millions
  • taxe sur le tabac : 130 millions
  • taxe sur la bière, le vin et les spiritueux : 100 millions
  • taxe sur la masse salariale des institutions financières : 80 millions
  • total : 1,702 milliard

 

Décisions et mesures du budget 2013-2014 :

  • mesures budgétaires : 40 millions
  • mesures fiscales : 28 millions
  • provisions pour éventualités : 200 millions
  • total : 268 millions

 

1,702 milliard – 268 millions = 1,434 milliard, ce qui permet d’arriver au déficit zéro.

Maintenant, est-ce que ces chiffres vont tenir la route? Est-ce que la croissance sera plus faible qu’attendu? Est-ce que les ministères réussiront à effectuer toutes les compressions nécessaires? Est-ce que le gouvernement sera en mesure d’atteindre ses nouveaux objectifs en matière de lutte contre l’évasion fiscale? Chose certaine, l’atteinte du déficit zéro demeure vulnérable à une foule de facteurs qui pourraient être difficiles à maîtriser.

(1) en raison d’un remboursement direct de la dette de 1 milliard à même les sommes du Fonds des générations.

Les chiffres de Nicolas Marceau

Vendredi 5 octobre 2012 à 15 h 03 | | Pour me joindre

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Alors, voici les chiffres livrés par le ministre des Finances Nicolas Marceau et par le président du Conseil du Trésor Stéphane Bédard. Rien sur les hausses d’impôts et de taxes, il faudra attendre mercredi prochain pour en savoir davantage.

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, fait le point sur les finances publiques.1- Le déficit de 2012-2013 sera plus important que prévu en raison de la radiation d’actifs liée à la fermeture de Gentilly-2. Le ministre refuse de donner un montant précis, mais ça pourrait se situer de 2,5 milliards à 2,8 milliards de dollars.

2- Les dépenses ont dépassé de 1,1 milliard les prévisions budgétaires au 31 août 2012. Cette somme devra être résorbée par les ministères a dit le président du Conseil du Trésor, tel qu’attendu. La croissance des dépenses a été de 2,6 % en moyenne depuis le début de l’exercice. Il était prévu 2 %.

3- La croissance économique est moins forte qu’attendu par le gouvernement libéral (et par le PQ si l’on se fie à son cadre financier). Un manque à gagner de 500 millions devra être compensé par la provision de 300 millions du gouvernement, par une intensification de la lutte à l’évasion fiscale et par — merci aux marchés — une baisse des coûts d’emprunt obligataire.

4- Le gouvernement maintient son objectif de déficit zéro pour 2013-2014, mais ne dit pas comment il va y arriver. La croissance économique sera moins forte qu’attendu en 2013, les hausses des droits de scolarité et des tarifs d’électricité sont annulées et on ne sait toujours pas comment le gouvernement va réussir à combler l’abolition de la contribution santé. Les fonctionnaires y travaillent et une réponse sera donnée mercredi.

Il est important de préciser qu’au cours des neuf derniers exercices budgétaires, les prévisions de croissance des dépenses n’ont pas été respectées à huit reprises. Comment le gouvernement pourra-t-il y arriver cette année et l’an prochain avec des objectifs audacieux de croissance des dépenses de seulement 2 % et 1,8 % respectivement?

Tout est à faire…

 

Les propositions du Parti libéral

Vendredi 17 août 2012 à 13 h 53 | | Pour me joindre

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Je complète mon tour d’horizon des principales propositions économiques des partis représentés à l’Assemblée nationale. Ce dernier blogue coïncide avec la publication des cadres financiers du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec.

Aujourd’hui, pour terminer, voici les mesures économiques du Parti libéral. Ce soir, notre invité sera Raymond Bachand, candidat dans Outremont pour le Parti libéral à RDI Économie à 18 h 30 (HAE). Retrouvez d’ailleurs ces entrevues sur ici.radio-canada.ca/elections-economie.

Jean Charest et son équipe.

Voici donc les principales propositions économiques du Parti libéral :

  • équilibre budgétaire en 2013-2014;
  • réduction de 3 à 2 % du niveau de croissance des dépenses en 2014-2015, 600 millions de dollars;
  • création de 250 000 emplois en 5 ans, dont 50 000 seront des « emplois verts »;
  • taux de chômage de 6 % et plein emploi prévu pour 2017;
  • renouvellement de la Stratégie québécoise sur la recherche et l’innovation orientée vers les technologies vertes, les sciences de la vie, l’aérospatiale et les technologies;
  • plan manufacturier pour aider les entreprises à trois niveaux : innovation et commercialisation de nouveaux produits, nouveaux procédés et développement de nouveaux marchés d’exportations;
  • Fonds Ambition Québec de capital de risque pour financer des acquisitions d’entreprises à l’étranger; 1 milliard du gouvernement et d’Investissement Québec;
  • « Mesures qui permettront aux entreprises québécoises d’évaluer une proposition d’achat et de pouvoir refuser, ce qui n’est pas le cas actuellement »;
  • exonération fiscale d’impôt des gains en capital de 750 000 $ pour les propriétaires de PME qui souhaitent vendre leur entreprise à un membre de leur famille;
  • exonération fiscale d’impôt des gains en capital de 1 000 000 $ au lieu de 750 000 $ pour le transfert familial d’une entreprise agricole québécoise;
  • incitatif de 120 $ par mois en plus de l’aide sociale pour les jeunes de moins de 21 ans qui se lancent dans un parcours de retour en emploi;
  • hausse du nombre de personnes seules admissibles à la Prime au travail;
  • crédit d’impôt de près de 20 % des dépenses admissibles jusqu’à concurrence de 3000 $ pour des travaux de rénovation verte;
  • indexation à l’inflation du tarif des garderies à 7 $;
  • abaissement de 65 à 62 ans de l’âge d’admissibilité au crédit d’impôt allant jusqu’à 1500 $ pour les travailleurs expérimentés;
  • « Réduction de la taxe sur la masse salariale allant jusqu’à 1000 $ pour les entreprises qui emploient des personnes de 65 ans et plus »;
  • « Nouveaux soutiens salariaux pour l’embauche et l’intégration en emploi des travailleurs expérimentés de 55 ans et plus »;
  • immigration : plus de points pour les demandeurs qui détiennent déjà une offre d’emploi;
  • CPE en entreprise : crédit d’impôt de 50 % des coûts récurrents d’exploitation d’un service de garde en entreprise;
  • « Épargne Plan Nord » : crédit d’impôt allant jusqu’à 500 $ pour un investissement annuel maximal de 5000 $ dans des produits financiers élaborés par les Fonds de travailleurs et Capital régional et coopératif Desjardins;
  • 50 millions de dollars pour des programmes de formation à distance basée sur les besoins du Plan Nord;
  • 2,5 milliards sur 5 ans pour soutenir les travaux sylvicoles et la gestion des forêts;
  • 268 millions sur 5 ans pour développer une industrie forestière « adaptée à l’évolution des marchés »;
  • appuis financiers de 330 millions à Québec pour : nouvel amphithéâtre, Théâtre Le Diamant, Nouvelles-Casernes, phase III de la promenade Samuel-De Champlain;
  • 55 millions pour les fêtes du 375e anniversaire de Montréal, qui s’ajoutent aux investissements prévus dans le budget (125 millions) pour le Biodôme, le Jardin botanique, l’Insectarium ainsi que le parc Jean-Drapeau, l’oratoire Saint-Joseph et le Musée des beaux-arts de Montréal;
  • 325 millions pour rénover les stations de métro de Montréal et ajout de 300 kilomètres de voies réservées pour le transport en commun;
  • remboursement du prix existant entre un véhicule électrique ou hybride et un véhicule à essence de catégorie comparables pour les propriétaires de taxi;
  • ajout de « plusieurs millions » pour les diffuseurs pluridisciplinaires;
  • majoration du crédit d’impôt pour les aidants naturels;
  • aide financière de 100 $ par enfant, non imposable, pour l’achat d’articles scolaires;
  • financement doublé pour le programme d’Aide aux devoirs;
  • hausse des droits de scolarité maintenue à 254 $ par année sur 7 ans et mise en place du plan annoncé d’accessibilité aux études (prêts, bourses, remboursement proportionnel au revenu).

Merci de me faire part de vos observations. Bonne fin de semaine. Bon débat dimanche soir!

Dans le cadre de la campagne électorale au Québec, je vous annonce que RDI Économie va présenter des entrevues avec les cinq candidats « économiques » des cinq partis représentés à l’Assemblée nationale. Les entrevues seront diffusées la semaine prochaine :

  • lundi : Christian Dubé (CAQ)
  • mardi : Jean-Martin Aussant (ON)
  • mercredi : Françoise David (QS)
  • jeudi : Nicolas Marceau (PQ)
  • vendredi : Raymond Bachand (PLQ)
—-

J’aimerais beaucoup poser quelques questions de votre part. 

Avez-vous une question « économique » à poser à l’un ou l’autre des candidats?

N’hésitez pas, allez-y, écrivez-moi cette fin de semaine, je veux lire vos questions pour les candidats qui seront nos invités.

Et je vous remercie à l’avance!

 

Il n’est pas possible de chiffrer avec précision l’impact économique du conflit étudiant au Québec, pour deux raisons. D’abord, nous sommes au coeur des événements et nous ne sommes pas en pleine connaissance de l’état psychologique de tout un chacun et, par conséquent, de leurs réactions. Et puis, parce que, comme le conflit n’est pas terminé, on ne peut pas faire de bilan.

Raymond BachandCela dit, dans une entrevue accordée à RDI Économie hier soir, le ministre des Finances Raymond Bachand nous a livré son analyse sur les répercussions économiques du conflit actuel. Je vous signale que nous lui avons d’abord demandé de commenter la démission de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp. Après quelques secondes de silence, il a déclaré, l’émotion dans la voix : « Je suis très triste. C’est une collègue que j’aime beaucoup. »

Sur la perturbation économique, le ministre est ferme : « Oui, ça nuit à l’économie. [Surtout] les gestes de déstabilisation économique délibérée parce qu’au-delà des leaders étudiants, il y a des groupes. Je n’accuse pas nos trois leaders, il y a des groupes derrière. Vous lisez leurs textes. Ce sont des groupes anti-capitalistes, marxistes, et qui le disent ouvertement, qu’ils veulent déstabiliser l’économie. »

Raymond Bachand affirme que le commerce ralentit à Montréal à cause du conflit. « Dans les restaurants, ça baisse. Dans les théâtres, ça baisse », a-t-il dit.

Jusqu’à maintenant, plusieurs chercheurs et économistes ont fait des hypothèses de toutes sortes pour tenter de calculer le coût économique de la crise actuelle. Quantité de professeurs de cégep sont payés en ce moment, mais ne peuvent pas enseigner. Plusieurs seront payés en heures supplémentaires quand viendra le temps de reprendre les cours perdus. Si les sessions sont annulées, les jeunes et leur famille devront payer plus cher pour reprendre les cours. Les étudiants arriveront plus tard sur le marché du travail. Entre-temps, plusieurs vont rater l’emploi qu’ils convoitaient pour l’été.

Sans être devenu un sujet de conversation à Londres, Paris ou New York, le conflit étudiant et surtout la violence de certains affrontements entre les casseurs et les policiers se sont retrouvés dans plusieurs journaux, sur plusieurs sites web. Cela fait craindre un impact sur le tourisme. Alors que la saison des festivals est lancée, le maire de Montréal Gérald Tremblay a exprimé à quelques reprises son inquiétude, implorant le gouvernement du Québec de régler le conflit.

Le ministre des Finances était notre invité lundi soir parce que les données publiées vendredi sur l’emploi au Québec étonnent, pour ne pas dire détonnent. Il s’est créé 60 000 emplois en deux mois. L’économie du Québec va-t-elle si bien? Si oui, le conflit actuel, qui nuit à l’économie du Québec selon Raymond Bachand, va-t-il stopper net cette poussée de l’emploi?

Nous vivrons d’ici un an et demi une élection générale au Québec. Laissons aux observateurs aguerris le plaisir de spéculer sur le moment du déclenchement de cette élection. Intéressons-nous plutôt à l’un des enjeux qui seront discutés durant la prochaine campagne électorale : les charges fiscales.
 
Alors que le gouvernement Charest nous dit que nous en avons plus dans nos poches depuis son arrivée au pouvoir en 2003, l’opposition officielle promet, si elle est élue, d’annuler la contribution santé, de réduire certains avantages fiscaux et d’augmenter l’impôt des plus riches. Le Parti québécois veut ralentir ou stopper le mouvement qui s’est accéléré au Québec en faveur du principe de l’utilisateur-payeur.
 
PauvretéL’économiste Pierre Beaulne publie un texte éclairant dans un livre qui vient de paraître : Sortir de l’économie du désastre sous la direction de Bernard Élie et Claude Vaillancourt à M Éditeur. Il explique qu’un virage vers une « fiscalité d’usagers » s’est amorcé au Québec depuis déjà plusieurs années, « au tournant des années 90 ». Ce mouvement s’est ainsi amorcé sous le Parti québécois.
 
 
D’abord, Bernard Landry, ministre des Finances sous Lucien Bouchard, a réduit les impôts de 850 millions de dollars en 2008 et a fait passer le nombre de paliers d’imposition de 5 à 3. Le gouvernement du Parti québécois de l’époque avait alors décidé d’augmenter la taxe de vente du Québec de 6,5 à 7,5 %.
 
Puis, « le grand coup, selon Pierre Beaulne, est venu avec les budgets Landry de 1999 et de 2000 et le budget Marois de 2001 qui accordaient des baisses d’impôt sur le revenu des particuliers atteignant cumulativement 3,5 milliards de dollars après trois ans. Cela représente une réduction de 20 % sur les quelque 17,1 milliards de recettes générées par cet impôt en 2000 ».
 
Son analyse est étendue sur plusieurs années : « Cela dit, on peut prendre la mesure de l’impact considérable des réductions d’impôts consenties dans ces budgets quand on observe que les revenus tirés de cet impôt se situaient à 18,1 milliards de dollars en 2007, comparativement à 17,1 milliards en 2000. En sept ans, les revenus tirés de l’impôt sur le revenu des particuliers ont progressé d’à peine 6 %, alors que le PIB progressait de 27,7 %. C’est tout un freinage. »
 
En mai 2007, la ministre libérale des Finances Monique Jérôme-Forget a annoncé une baisse d’impôts de 950 millions de dollars, profitant d’un transfert du fédéral à l’occasion d’un règlement sur le « déséquilibre fiscal ». Pierre Beaulne affirme que « l’impôt sur le revenu des particuliers du Québec a glissé de 7,6 % du PIB en 2000 à 6,6, % en 2010, ce qui représente un manque à gagner de trois milliards de dollars ».
 
 Le « virage » s’est accentué et s’est confirmé dans le budget 2010-2011 du ministre Raymond Bachand. Le gouvernement a alors annoncé l’introduction d’une contribution santé de 200 $ par citoyen gagnant plus de 15 000 $ par année, une nouvelle hausse de la TVQ, une série de hausses de la taxe sur les carburants, l’indexation des tarifs, la hausse des droits de scolarité de 325 $ par année pendant 5 ans et la majoration des tarifs d’électricité sur le bloc patrimonial à partir de 2014.
 
On dit souvent que le gouvernement Harper s’est privé de revenus en réduisant les taxes à la consommation et les impôts des entreprises. Or, le Québec a pris le même tournant il y a plus de 10 ans en réduisant les impôts des particuliers. Le problème, c’est qu’à Ottawa, les revenus montent tout seuls, ou presque! Alors qu’à Québec, il faut compenser avec des hausses de taxes et de tarifs.