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Quelle surprise!

Le CRTC a décidé de refuser la transaction Bell-Astral, prenant ainsi tous les analystes par surprise. Selon le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications, la transaction évaluée à 3,38 milliards de dollars n’aurait pas servi l’intérêt des Canadiens et celle de l’industrie.

Logo du CRTCDans la décision, le CRTC affirme qu’après la transaction, Bell aurait eu 42,7 % des parts d’écoute au Canada anglais et de 33,1 % dans le marché francophone, ce qui aurait octroyé une position encore plus dominante à BCE au Canada et un niveau de parts semblable à Québecor au Québec.

La nouvelle BCE aurait eu 107 stations de radio, 2 réseaux nationaux de télévision et 49 réseaux de chaînes spécialisées. Le patron du CRTC Jean-Pierre Blais affirme que d’accepter une telle transaction aurait permis une « consolidation sans précédent » et aurait pu mener à des « pratiques anticoncurrentielles » de BCE.

En télévision, « 63 % de tous les revenus des services payants et spécialisés » se seraient retrouvés dans les coffres de BCE. En radio, « BCE n’a fait part d’aucune vision » et « n’a pas pris d’engagements fermes ».

Après avoir permis une concentration continue des médias au Canada et le développement d’entreprises verticales (production + distribution + plateformes de diffusion), le CRTC appuie sur le frein. Une nouvelle ère s’annonce.

BCE est perdante, elle ne pourra plus croître par acquisition. Est-ce qu’Astral pourra être achetée dans le contexte actuel? Rogers, Telus et surtout Québecor sortent grandes gagnantes de cette décision. Le concurrent tant craint au Québec par Québecor ne verra pas le jour.

La vente d’Astral à BCE marque une étape importante de l’histoire des médias du Québec. Après la vente et la disparition de Radiomutuel, puis celle de Télémédia, voilà qu’un joueur majeur de la télé et de la radio au Québec est avalé par le conglomérat BCE. Cette transaction est marquante pour des raisons financières, stratégiques et historiques.
 
George Cope et Ian GreenbergD’abord, Bell ajoute 24 chaînes de télévision aux 28 qu’elle possède déjà : on ajoute notamment Super Écran, Canal Vie, Canal D, Musique Plus aux chaînes CTV, TSN et RDS entre autres. Bell s’offre aussi 84 stations de radio, en plus des 30 qu’elle possède. NRJ, Rouge FM, Boom FM, EZ Rock s’ajoutent à l’offre de BCE. Cela dit, Bell devra probablement se départir de certaines stations dans le Canada anglais pour que la transaction soit approuvée par le CRTC. Bell met aussi la main sur la division d’affiches extérieures d’Astral et son contenu numérique. Dorénavant, Bell va dominer dans tous les secteurs au Canada : télévision, radio, Internet, téléphonie, distribution.
 
Deuxièmement, BCE devient un joueur de premier plan au Québec. La part de marché de Bell dans la télévision francophone passera de 6 à 32 % contre 35 % pour Quebecor, propriétaire de la chaîne de télé la plus importante au Québec, TVA. Pour un annonceur, l’offre de Bell sera bien plus complète que par le passé, d’un océan à l’autre, sur toutes les plateformes.
 
Et puis, quel coup de Ian Greenberg, grand patron d’Astral, propriétaire de 12 % des actions et de 63 % des actions multivotantes! On peut dire qu’il vend au bon moment. Les revenus publicitaires de la radio sont moins intéressants que par le passé. Les revenus d’abonnement des télés spécialisées sont de moins en moins stables. Et il devenait de plus en plus difficile pour Astral de dépendre des grands distributeurs que sont Rogers, BCE et Vidéotron, qui imposent la marche à suivre en exigeant dorénavant que les contenus soient disponibles sur les mobiles, le web et à la télé.
 
Surtout, Ian Greenberg a été un bâtisseur du monde médiatique québécois, comme les Beaulne, Beauchamp, de Gaspé Beaubien, Chagnon et j’en passe. Aujourd’hui, il a tenu à saluer ses employés, les artisans de son succès, ce qui est tout à fait honorable.
 
Plusieurs se demandent aujourd’hui si la culture Astral va survivre à Bell, si elle va demeurer intacte, si Bell va imposer ses façons de faire, une structure souvent décrite dans les corridors comme étant lourde et distante?

Bouillabaisse économique!

vendredi 2 septembre 2011 à 14 h 03 | | Pour me joindre

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Quelques notes de la semaine, en vrac :
 
– Le voyage de Jean Charest en Asie a été très bien planifié : plusieurs annonces, des discours précis avec un message précis, quelques mots sur les droits de la personne, quelques contrats… Le gouvernement du Québec est conscient que la Chine compte et qu’il faut travailler avec ardeur à établir des liens solides et durables avec les décideurs chinois. En 2010, nos importations chinoises se sont élevées à 7,358 milliards de dollars et nos exportations ont atteint 1,677 milliard. La Chine est le troisième client du Québec, mais ne représente pour l’instant que 2,9 % de la valeur de nos exportations.