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La devise, l’Écosse et le Québec

Mardi 9 septembre 2014 à 16 h 46 | | Pour me joindre

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Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, répète qu’il ne veut pas d’union monétaire avec une Écosse indépendante. Ça ne marcherait pas, selon lui. Une union monétaire est incompatible avec la souveraineté de l’Écosse. Un tel projet nécessite un accord  de libre-échange, une union bancaire et un filet fiscal solide, de l’avis de l’ancien gouverneur de la Banque du Canada.

Il va plus loin. Regardez ce qui se passe dans la zone euro, dit-il, pour constater combien le projet d’une union monétaire est difficile. Mark Carney, on a compris, n’est pas en faveur de l’indépendance de l’Écosse et ne croit pas qu’un nouveau pays nommé Écosse pourrait utiliser facilement la livre sterling. On imagine qu’une Écosse indépendante aurait le droit de négocier avec la livre sterling, mais à quel prix si elle n’a pas de pouvoirs monétaires?

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Mark Carney exprime sa position dans un contexte de plus en plus tendu, alors que l’option du oui gagne du terrain dans les sondages en Écosse. Une enquête réalisée il y a quelques jours donne l’option favorable à l’indépendance en avance par 2 points. C’est très serré.

Loin d’Édimbourg et de Londres, et loin d’un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec, l’économiste Serge Coulombe, professeur à l’Université d’Ottawa, publie un texte favorable à la création d’un dollar québécois dans un éventuel Québec souverain. Et lui aussi, dans un contexte bien différent, est d’avis que l’expérience de la zone euro doit nourrir la réflexion de ceux et celles qui croient à l’indépendance du Québec.

1552221-gf« L’expérience européenne récente, écrit Serge Coulombe dans Le Québec économique 2013-2014, tend à montrer que les pays qui ont laissé à une tierce partie le pouvoir de créer leur monnaie ont beaucoup perdu sur le plan de la stabilisation économique. »

Depuis la publication d’une étude sur l’utilisation du dollar canadien dans un Québec souverain, en 1978, par l’économiste Benard Fortin, il s’est passé deux choses, dit Serge Coulombe : la zone euro et l’essor pétrolier de l’ouest du Canada. Le dollar canadien est aujourd’hui très lié à l’évolution des cours du pétrole. Et la hausse du prix du pétrole a entraîné une majoration du dollar canadien qui a nui considérablement aux exportations du Québec.

Pour lui, maintenir le dollar canadien après un vote pour l’indépendance du Québec serait néfaste. « En quittant la fédération canadienne et en gardant le dollar canadien, le Québec n’aurait plus accès aux bienfaits découlant de la distribution du boum des ressources par le mécanisme du fédéralisme fiscal, mais conserverait une pétro-monnaie. »

En faisant abstraction de toutes positions politiques, cette réflexion de Serge Coulombe est intéressante. Elle rejoint celle de Mark Carney finalement, bien qu’elle n’est probablement pas animée des mêmes intentions. Il est intéressant de constater que ni l’Écosse ni le Québec de Pauline Marois, le printemps dernier, n’envisageaient la création d’une nouvelle monnaie. Ont-ils bien étudié la question?

Les entreprises n’embauchent plus!

Vendredi 5 septembre 2014 à 12 h 42 | | Pour me joindre

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Les dernières statistiques sur l’emploi au Canada ne sont pas très réjouissantes. Malgré une accélération de la croissance économique au deuxième trimestre au pays, le marché de l’emploi croît lentement, près de la stagnation, particulièrement au Québec. Trois constats :

  1. Les entreprises n’embauchent pas. Il s’est perdu 112 000 emplois dans le secteur privé au Canada en août. En faisant le compte des bons et mauvais mois depuis le début de l’année, on constate une perte nette de 57 000 emplois dans les entreprises privées au Canada en 2014. Au Québec, la tendance est la même : perte de 35 500 emplois dans le secteur privé en août, de 50 000 depuis le début de l’année. C’est franchement inquiétant.
  2. Rien de mieux que de créer son emploi, paraît-il, quand on n’arrive pas à se dénicher du boulot! Eh bien, c’est le cas pour une bonne partie des citoyens : 15 % des travailleurs au Canada sont des travailleurs autonomes. Et ça se poursuit : Statistique Canada rapporte l’ajout de 87 000 travailleurs autonomes au Canada en août, dont 12 000 au Québec.
  3. Et, disons les choses simplement, il ne se crée presque pas d’emplois au Québec. Toutes les mesures arrivent au même constat :
    • faible gain de 4100 emplois en août;
    • encore plus faible gain de 9500 emplois depuis trois mois (moyenne de 3166 par mois);
    • perte de 21 000 emplois en 2014;
    • gain de 20 200 emplois depuis un an, soit 1683 emplois en moyenne par mois;
    • perte de 31 300 emplois à temps plein sur 12 mois, gain de 51 300 emplois à temps partiel.

Les chiffres de 7 régimes municipaux

Mercredi 20 août 2014 à 15 h 53 | | Pour me joindre

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Pendant que la commission parlementaire sur le projet de loi 3 se poursuit à Québec, voici l’évolution du taux de capitalisation de sept régimes de retraite municipaux. Les données nous ont été fournies par le professeur Vincent Morin de l’UQAC.

Le taux de capitalisation, c’est le niveau d’argent disponible pour respecter les engagements du régime à un moment précis. Ainsi, si on dit qu’un régime a un taux de capitalisation de 85 %, c’est donc dire que pour chaque dollar d’engagement envers les retraités, il y a une somme de 85 ¢ qui est disponible dans le régime.

Pour voir l’illustration sur votre appareil mobile, cliquez ici

Le premier budget de Carlos Leitao

Mercredi 4 juin 2014 à 19 h 07 | | Pour me joindre

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Voici les faits saillants du premier budget du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao :

Cliquez ici pour consulter notre dossier sur le budget Leitao

Le prix moyen de l’essence en ce jeudi de Pâques est de 1,49 $ à Montréal avec des pointes dans certaines stations à 1,50 $. Le prix normal, selon le CAA-Québec, devrait être de 1,48 $. Voilà pour les faits.

Le scandale, s’il devait y en avoir un, n’est pas le prix, mais les variations de prix. C’est le bond de 5, 7, 10 ¢ en certains endroits, d’un coup, d’un seul. Ce bond est inexplicable et choquant pour le consommateur qui tente de se faire un budget et de prévoir ses dépenses, surtout quand approche le long week-end de Pâques, période propice pour les déplacements.

Cette hausse coïncide, par ailleurs, avec la publication des dernières statistiques sur l’inflation au Canada. Et deux tendances se dessinent selon les économistes : les prix de l’énergie et les prix des aliments montent et pourraient continuer de monter dans les prochains mois.

Cela dit, le niveau d’inflation, tel qu’attendu par la Banque du Canada, demeure faible bien qu’en progression. Il est passé de 1,1 % en février à 1,5 % en mars. Le taux excluant les éléments volatils, qui est suivi par la banque centrale, est passé de 1,2 % en février à 1,3 % en mars. On est encore largement sous la cible de 2 %.

Voici donc, pour vos bons yeux et votre connaissance, l’évolution des prix au cours des 12 derniers mois, soit de mars 2013 à mars 2014 :

INFLATION AU CANADA - Mars 2014

  • Canada : +1,5 %
  • Nouveau-Brunswick : +1,5 %
  • Québec : +0,9 %
  • Ontario : +1,5 %
  • Alberta : +3,9 %
  • Colombie-Britannique : +0,1 %

INFLATION DANS LES VILLES – Mars 2014

  • Halifax : +1,8 %
  • Québec : +0,7 %
  • Montréal : +1,0 %
  • Ottawa : +1,3 %
  • Toronto : +1,8 %
  • Winnipeg : +2,3 %
  • Calgary : +4,6 %
INFLATION PAR COMPOSANTE – Mars 2014
  • essence : +1,4 %
  • gaz naturel : +17,9 %
  • électricité : +5 %
  • mazout : +9,1 %
  • fruits frais : +8,8 %
  • viande : +3,4 %
  • légumes frais : +5,3 %
  • boissons, tabac : +3,9 %
  • cigarettes : +7,6 %

La meilleure façon de se prémunir des variations des prix, c’est de se faire un budget et d’épargner. C’est simple à écrire, c’est plus difficile à faire et ce n’est pas toujours possible de le faire, j’en conviens très bien. D’autant que la hausse des salaires ne suit pas toujours la hausse des prix, ce qui oblige bien des familles à faire des contorsions pour arriver à joindre les deux bouts.

Je vous souhaite, malgré tout, un excellent congé!

Les données sur l’emploi de février arrivent dans la campagne électorale au Québec comme un cheveu sur la soupe. Un gros cheveu! Le Québec a perdu 25 500 emplois nets en février par rapport au mois de janvier, ce qui représente la chute la plus importante au pays. Ailleurs au Canada, il s’est créé des emplois en Ontario et en Alberta, notamment.

Toutefois, il faut mettre ces données en perspective. Les statistiques mensuelles sont très volatiles et suscitent de plus en plus de suspicion chez les économistes.

Ainsi, les moyennes sur 3, 6 et 12 mois sont très utiles.

Voici donc les chiffres de février : 

Emplois – février 2014

  • Maritimes +4600
  • Québec -25 500
  • Ontario +6100
  • Manitoba -1700
  • Saskatchewan +1100
  • Alberta +18 800
  • Colombie-Britannique -10 400
  • Canada (total) -7000

Emplois – Québec

  • Moyenne 3 mois : -9633 emplois par mois
  • Moyenne 6 mois : +4733 emplois par mois

Emplois – Canada

  • Moyenne 3 mois : -7200 emplois par mois
  • Moyenne 6 mois : +3367 emplois par mois

Avec toutes ces données, on peut commencer à se faire une meilleure idée sur l’état de l’emploi au Québec et au Canada. Cela dit, permettez-moi de vous présenter d’autres données, qui sont peut-être encore plus fondamentales pour comprendre le marché du travail :  l’évolution de l’emploi dans les secteurs privé et public ainsi que le taux d’emploi. On va s’attarder sur les données pour l’ensemble du Canada et le Québec.

Emplois – secteur public – Québec 

  • Février : -14 500
  • Depuis 3 mois : -7200
  • Depuis 1 an : +14 800

Emplois – secteur public – Canada

  • Février : -50 700
  • Depuis 3 mois : -19 300
  • Depuis 1 an : -41 300

Emplois – secteur privé – Québec

  • Février : -13 000
  • Depuis 3 mois : -37 600
  • Depuis 1 an : -26 100

Emplois – secteur privé – Canada

  • Février : +35 200
  • Depuis 3 mois : -8600
  • Depuis 1 an : +128 500

Terminons avec le taux d’emploi. Le taux donné par Statistique Canada, c’est le nombre de personnes en emploi par rapport à la population de 15 ans et plus.

Au Québec, le taux d’emploi était de 60,5 % en février 2013, et de 60,4 % en janvier 2014. Au cours du dernier mois, en février 2014, il est tombé à 60,0 %.

Pour l’ensemble canadien, le taux d’emploi était de 62,0 % en février 2013, et de 61,6 % en janvier, puis en février 2014.

 

sources : Desjardins, Statistique Canada

C’est parti, le Québec ira aux urnes le 7 avril. L’heure est donc aux bilans.

Quel est le bilan économique du premier mandat du gouvernement Marois?

Disons, d’entrée de jeu, qu’on ne peut attribuer au seul gouvernement les forces et les faiblesses, les succès et les ratés de l’économie québécoise. Mais tous les gouvernements ont une vision, une stratégie et des priorités. Il est clair que ce cadre influe sur l’évolution économique du Québec.

Résumons le travail gouvernemental au plan économique à cinq points principaux :

  1. Un gouvernement interventionniste : La philosophie du gouvernement Marois est d’intervenir dans l’économie et d’accompagner les entreprises dans leur développement. D’une part, le gouvernement a annoncé des dizaines de subventions, prêts et crédits d’impôt aux entreprises depuis septembre dernier, mais disons que cette façon de faire a été vue aussi sous les libéraux. De façon plus fondamentale, l’interventionnisme de l’État est clairement exprimé dans la stratégie économique du gouvernement, vision exposée l’automne dernier dans ce qu’il a nommé la « Politique économique du Québec – Priorité emploi ». Cette politique se déploie sous quatre grands chapeaux qui couvrent l’ensemble de l’économie : recherche et innovation, secteur industriel, commerce extérieur et électrification des transports.
  2. Un discours pro-pétrole : L’injection de 115 millions de dollars dans l’exploration de l’île d’Anticosti est un fait marquant du mandat de 18 mois du Parti québécois. Cet investissement témoigne encore une fois de l’implication marquée du gouvernement dans les activités économiques, mais surtout de son intérêt pour l’exploitation éventuelle du pétrole. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, la première ministre Pauline Marois a déverrouillé toutes les portes menant à l’or noir. Les plus écologistes de ses ministres (Martine Ouellet, Daniel Breton, Scott McKay) se sont rangés du côté des pro-pétrole et un discours à saveur nationaliste a été mis en place pour susciter l’adhésion des Québécois à l’exploration et à une éventuelle exploitation : « nos ressources », « maîtres et prospères chez nous », « indépendance énergétique », etc.  Le gouvernement du Québec évalue à 45 milliards de dollars les retombées sur 30 ans d’une éventuelle exploitation du pétrole, une projection fragile et hasardeuse, selon plusieurs experts.
  3. Décisions économiques importantes : Dans les premiers jours de son accession au pouvoir, la première ministre Pauline Marois a annoncé la fermeture de Gentilly-2, donc la fin de l’aventure nucléaire du Québec amorcée il y a 30 ans. Aussi, le gouvernement a décidé d’annuler le prêt consenti par les libéraux à l’été 2012 à la mine Jeffrey d’Asbestos. Cette décision signale aussi la fin d’une industrie au Québec, celle de l’amiante.
  4. Déficit zéro reporté : Le ministre des Finances Nicolas Marceau a présenté son budget 2013-2014 en novembre 2012 pour deux raisons : le Parti québécois voulait mettre en place son propre budget et voulait agir rapidement pour éviter de s’exposer à une défaite lors d’un vote sur le budget à l’hiver ou au printemps 2013. Pendant un an, de l’automne 2012 à l’automne 2013, le ministre Marceau a maintenu son objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire au cours de l’exercice 2013-2014. Mais en raison d’une croissance économique plus faible et d’un niveau d’inflation anémique, le gouvernement a dû se résoudre à reporter de deux ans le déficit zéro. Il faut dire aussi que le ministre Marceau avait appuyé son objectif d’équilibrer le budget sur une prévision audacieuse de croissance des revenus de 5 %. Tout de même, le Québec ne vit pas dans un monde à part. La croissance économique en 2013 a été moins forte que prévu un peu partout en Amérique du Nord, particulièrement au Canada. Toutefois, la croissance du Québec demeure plus faible qu’ailleurs : 1,2 % en 2013 par rapport à 1,3 % pour l’Ontario; 1,8 % en 2014 par rapport à 2,2 %; et 2,1 % en 2015 par rapport à 2,7 %. De plus, selon le ministère des Finances du Québec, le PIB par habitant en Ontario demeure plus élevé qu’au Québec, de 14 %.
  5. Des relations difficiles avec le monde des affaires : Il est important de rappeler que les relations entre le gouvernement et le monde des affaires ont été difficiles dès le début. L’annonce d’une hausse de la taxation des gains en capital et d’une hausse de 7 points de pourcentage sur les revenus les plus élevés, de façon rétroactive, a provoqué une levée de boucliers chez les gens les plus nantis. De vifs échanges entre des ministres du gouvernement et des gens des milieux d’affaires ont mené à une révision complète du plan de match gouvernemental : pas de hausse de la taxation des gains en capital, hausse modérée des impôts sur les revenus les plus élevés et annulation de l’abolition de la contribution santé, modulée dorénavant en fonction des revenus.

En terminant, quelques mots sur les tendances économiques :

  • Depuis un an, le taux de chômage est passé de 7,1 à 7,5 % au Québec, mais depuis six mois, la situation s’est améliorée : le taux était à 8,1 % en juillet dernier.
  • Même constat pour le taux d’emploi. En 12 mois, il est passé de 60,7 à 60,4 %, mais il était à 59,8 % l’été dernier. La plupart des emplois créés sont à temps partiel.
  • Compte tenu de la volatilité des données mensuelles de Statistique Canada, de plus en plus d’économistes préfèrent regarder les moyennes sur de plus longues périodes. Ainsi, il s’est ajouté 47 800 emplois au Québec en 2013 en comparant la moyenne des 12 mois de l’année par rapport à la moyenne des 12 mois de 2012. Cela dit, les données de Statistiques Canada sur l’emploi du 1er janvier au 31 décembre 2013 nous donnent une création de 3900 emplois. Du 1er février 2013 au 31 janvier 2014, la hausse est de 10 000 emplois. Durant la même période, l’Ontario a ajouté 53 800 emplois et l’ensemble du Canada, 145 900 emplois.

Voilà pour le bilan. D’ici la fin de la semaine, je vais vous parler des enjeux et des défis économiques de cette campagne.

Et je vous donne rendez-vous tous les jours à 16 h 30 (HNE) dans le cadre d’une nouvelle émission que j’aurai le plaisir d’animer, Calcul électoral, ainsi qu’à 18 h 30 à RDI économie.

Budget du Québec 2014

Jeudi 20 février 2014 à 16 h 53 | | Pour me joindre

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Voici les faits saillants du deuxième budget de Nicolas Marceau, ministre québécois des Finances :

 

Cliquez ici pour consulter notre dossier sur le budget Marceau

Légère reprise de l’emploi au Québec

Vendredi 7 février 2014 à 17 h 23 | | Pour me joindre

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C’est vrai qu’on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. Mais, en s’intéressant aux tendances, il est difficile de triturer les conclusions. Alors, pour vous permettre de vous amuser un peu en fin de semaine, voici les tendances de l’emploi au pays selon les dernières données publiées vendredi matin par Statistique Canada.

Le mois de janvier

D’abord, les données publiées au début du mois de janvier pour le bilan du mois de décembre nous ont permis de nous rappeler que les statistiques à court terme peuvent être volatiles. Statistique Canada écrit que « si l’estimation publiée est le meilleur indicateur disponible de la valeur réelle, la variation du niveau d’une estimation d’un mois à l’autre peut refléter une variation véritable ou la variabilité d’échantillonnage. » C’est bon à savoir, non?

Donc, voici les données de janvier, mais veuillez les prendre avec un grain de sel SVP!

  • Canada : +29 400 emplois
  • Québec : +12 700 emplois
  • Ontario : +6000 emplois
  • Nouveau-Brunswick : +2400 emplois
  • Alberta : +9900 emplois

Maintenant, les tendances. Ce sont celles-là qu’il faut suivre nous disent les économistes.

Voici les moyennes mensuelles sur 3, 6 et 12 mois :

3 derniers mois 

  • Canada : +3500
  • Québec : +3900
  • Ontario : – 333
  • Nouveau-Brunswick : +333
  • Alberta : +2700

6 derniers mois

  • Canada : +15 283
  • Québec : +9017
  • Ontario : +467
  • Nouveau-Brunswick :  +83
  • Alberta : +4467

12 derniers mois

  • Canada : +12 158
  • Québec : +833
  • Ontario : +4483
  • Nouveau-Brunswick : +58
  • Alberta : +5800

Conclusions :

  • la création d’emploi est modeste au Canada depuis 12 mois;
  • la création d’emplois a sérieusement ralenti au cours des 3 derniers mois au pays;
  • le Québec et l’Ontario connaissent des séquences inversées : le marché de l’emploi est en panne en Ontario depuis 6 mois, alors que le marché est en reprise au Québec depuis 6 mois.

Et si on s’intéresse à des données très fondamentales, allons donc voir le taux d’emploi. C’est le ratio du nombre d’emplois par rapport à la population totale ou encore du nombre de personnes qui travaille par rapport à l’ensemble de la population en âge de travailler. C’est cette dernière mesure qui est retenue dans les données suivantes :

  • le taux d’emploi au Canada est passé de 61,9 % à 61,6 % de janvier 2013 à janvier 2014;
  • le taux d’emploi au Québec est passé de 60,7 % à 60,4 % de janvier 2013 à janvier 2014;
  • le taux d’emploi en Ontario est passé de 61,3 % à 61 % de janvier 2013 à janvier 2014.

Donc, le taux est en baisse, en raison, selon les économistes, du découragement possible de certains travailleurs et du vieillissement de la population qui commence à se faire sentir. L’impact est plus grand au Québec. On s’arrête ici. On digère tout ça! Bonne fin de semaine, je vous parle mardi d’Ottawa au budget.

sources : Desjardins, Statistique Canada

Péréquation 101

Jeudi 30 janvier 2014 à 15 h 45 | | Pour me joindre

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Quand on comprend un tant soit peu le fonctionnement de la péréquation, on sait qu’elle est calculée par tête de pipe. Ainsi, parmi les provinces qui bénéficient de péréquation au Canada, le Québec en reçoit moins que l’Île-du-Prince-Édouard par habitant, mais en reçoit bien plus que la petite province insulaire au total. Pas étonnant, n’est-ce pas?

Voici le niveau de péréquation en 2014-2015 par province bénéficiaire :

  • Île-du-Prince-Édouard : 2481 $ par habitant / total de 360 millions $
  • Nouveau-Brunswick : 2206 $ par habitant / total de 1,666 milliard $
  • Nouvelle-Écosse : 1727 $ par habitant / total de 1,619 milliard $
  • Manitoba : 1367 $ par habitant / total de 1,75 milliard $
  • Québec : 1130 $ par habitant / total de 9,286 milliards $
  • Ontario : 146 $ par habitant / total de 1,988 milliard $

Quand le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales Denis Lebel dit que le Québec touche 55 % de la péréquation canadienne, il a raison. Sur 16,669 milliards de dollars versés en péréquation en 2014-2015, le Québec en recevra 9,286 milliards, soit 55,71 % du total.

Mais il faut mettre les chiffres en perspective : par habitant, l’histoire est différente. Et je vous rappelle que le calcul se fait par habitant. Ainsi, le Québec n’est pas la première province à bénéficier de la péréquation. C’est la 5e sur 6.

Ces données sont factuelles et ce sont ces informations qui peuvent nous aider à mieux comprendre l’état de santé financière du Québec. C’est une mise en perspective à partir d’un portrait complet. Est-ce que le Québec reçoit beaucoup d’argent en péréquation? Oui. Est-ce que ce montant devrait baisser? Je vous laisse répondre. Mais il est clair que si le Québec produisait plus de richesse, le montant de péréquation baisserait. Est-ce souhaitable?

La plupart des acteurs économiques et politiques disent que oui. Ils ont le droit de le penser et de le dire, mais, de grâce, si je peux me permettre : utilisez les données les plus factuelles, complètes et qui vont nous aider à mettre les éléments en perspective et dans leur contexte. Nous allons tous y gagner en compréhension.