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Jeudi 3 avril 2014 à 15 h 09 | | Pour me joindre

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Bien sûr, les questions portant sur l’intégrité et l’avenir du Québec sont importantes. Mais les principaux partis qui sollicitent votre confiance pour gouverner le Québec ont tous des propositions détaillées, touffues et intéressantes. Je vous propose une petite liste non exhaustive de quelques-unes des mesures innovantes à caractère socioéconomique à retenir dans les programmes des partis et qui pourraient vous influencer dans votre vote.

Parti québécois

  • Déficit 0 en 2015-2016
  • 115 000 emplois en 3 ans
  • Poursuivre la mise en œuvre de la Politique industrielle, la Politique nationale de la recherche et de l’innovation (en faisant passer la part du PIB consacrée à la recherche et au développement de 2,4 à 3 %), le Plan de développement du commerce extérieur, la Stratégie d’électrification des transports et la Stratégie de mobilité durable
  • Utiliser les surplus en électricité pour attirer des investissements
  • Mettre en œuvre l’annonce d’exploration de l’île d’Anticosti et adopter de nouvelles lois sur les hydrocarbures
  • Interdire certaines activités destinées à rechercher ou à exploiter du gaz naturel dans le schiste
  • Mieux protéger les fleurons québécois contre des prises de contrôle non souhaitées
  • Instaurer un mécanisme de révision systématique de l’ensemble des services publics
  • Revoir le nombre de commissions scolaires
  • Limiter les contributions politiques à 100 $ pour les partis politiques municipaux
  • Adopter une politique arctique
  • Arriver à 300 groupes de médecine familiale (GMF) et instituer un guichet d’entrée permettant un accès à un système de prise de rendez-vous
  • Construction de 15 000 logements abordables en 5 ans

Parti libéral du Québec

  • Déficit 0 en 2015-2016
  • 250 000 emplois en 5 ans
  • Élimination graduelle de la taxe santé
  • « Relance » du Plan Nord
  • Stratégie maritime : 30 000 emplois de 2015 à 2030, investissements privés de plus de 4 milliards de dollars et investissements publics de plus de 3 milliards de dollars en infrastructures
  • Stratégie d’exportation pour tirer avantage des accords de libre-échange avec l’Union européenne et les États-Unis
  • Partage des redevances minières, pétrolières et gazières avec les communautés locales
  • Nomination d’un ministre délégué aux PME
  • Exemption d’impôt sur le transfert d’entreprises et de fermes aux enfants et employés
  • Sièges sociaux : utilisation d’une partie du Fonds des générations pour réaliser des acquisitions jusqu’à hauteur de 10 % du capital-actions d’une entreprise inscrite en bourse qui fait l’objet d’une OPA
  • Hausse des investissements en infrastructures de 7,5 milliards de dollars sur 5 ans
  • Crédit d’impôt remboursable de 20 % (jusqu’à un maximum de 2500 $) pour soutenir les familles qui désirent rénover leur domicile
  • Achat d’une première maison : création d’un régime épargne-propriété

Coalition Avenir Québec

  • Déficit 0 dès 2014-2015 avec des réductions de dépenses de 1,3 milliard de dollars et une récupération de revenus de 700 millions, dont 450 millions en crédits d’impôt
  • Créer 20 zones d’innovation et 100 000 emplois dans le cadre du Projet Saint-Laurent
  • 200 000 emplois en 4 ans
  • Nouvelle politique pour les entreprises comprenant une révision des soutiens financiers évalués à 2 milliards de dollars en crédit d’impôt
  • Accroître le trafic maritime dans le corridor Saint-Laurent-Grands-Lacs
  • Exploiter les ressources pétrolières du golfe du Saint-Laurent
  • Baisse de taxes de 1000 $ pour les familles en abolissant la taxe santé et la taxe scolaire
  • « Charte des contribuables » : pas de hausse de taxes et tarifs au-delà de l’inflation
  • Gel du nombre d’employés dans la grande fonction publique au cours des 4 prochaines années
  • Valorisation et élargissement du rôle des infirmières
  • Élimination des agences de santé
  • Déclaration d’impôt unique

Québec solidaire

  • Pas d’engagement sur le déficit zéro
  • Ajout de paliers d’imposition
  • Hausse d’impôt pour les entreprises et taxe sur le capital des sociétés financières
  • Créer toutes les places requises en Centre de la petite enfance (CPE) et retirer progressivement le financement des garderies à but lucratif
  • Santé : améliorer le système de santé en misant sur les CLSC, qui seraient ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et créer Pharma-Québec
  • Remplacer les accords de libre-échange par des ententes fondées sur les droits individuels et collectifs, le respect de l’environnement et l’avancement de la démocratie
  • Transférer des pouvoirs et des ressources aux municipalités
  • Revoir le rôle de la Caisse pour soutenir un développement économique fondé sur des valeurs sociales et environnementales et sur la création d’emplois
  • En cas de mises à pied massives, imposer à l’entreprise une amende compensatoire
  • Réglementer le secteur bancaire pour interdire la spéculation sur les devises et contrôler les frais bancaires imposés aux clients
  • Créer Énergie-Québec pour chapeauter tout le domaine de l’énergie : nationaliser l’énergie éolienne et abandonner les énergies fossiles d’ici 2030
  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 95 % d’ici 2050
  • Électrifier le transport collectif et le rendre gratuit en 10 ans

Faites vos jeux!

Entre les questions d’intégrité, de transparence et de référendum, tous les jours, les partis politiques qui se disputent votre vote le 7 avril prochain font des propositions et prennent des engagements.

Tous les partis ont présenté leur cadre financier :

  • le PQ considère que ce cadre, c’est son budget 2014-2015, annoncé le 20 février dernier;
  • la CAQ a présenté son cadre le 6 mars;
  • Québec solidaire a dévoilé son plan économique le 17 mars, puis son cadre le 18 mars;
  • le PLQ a dévoilé son cadre financier le 18 mars.

J’ai reçu à RDI économie quatre candidats pour parler de leur plateforme financière et économique. Et j’ai mis au défi les quatre représentants de nous expliquer certains enjeux qui méritent des réponses plus claires.

À Nicolas Marceau, du PQ, j’ai demandé comment on pouvait croire que son parti allait pouvoir ramener la croissance des dépenses en santé à seulement 3 %, du jamais vu, alors que les projections du budget 2013-2014 (présenté en novembre 2012) n’ont pas tenu la route. Le gouvernement prévoyait une hausse des dépenses de programmes de 1,8 %. Elles se sont établies, selon la dernière révision, à 2,5 %. Nicolas Marceau prévoyait des revenus autonomes de 51,1 milliards de dollars. Manque à gagner : 3 milliards de dollars.

À Carlos Leitao, du PLQ, j’ai cherché à comprendre ce qui s’était passé en 26 jours, entre le budget Marceau du 20 février où il était analyste à notre antenne à titre d’économiste en chef de la Banque Laurentienne et le jour de l’entrevue, soit le 18 mars, où il était maintenant candidat libéral. Le 20 février, il prévoyait une croissance du PIB au Québec de 1,8 %. Il jugeait aussi raisonnable la croissance prévue par le gouvernement de 1,9 %. Dans le cadre financier libéral, il est maintenant rendu à 2,1 %.

À Christian Dubé, de la CAQ, j’ai axé l’entrevue sur la faisabilité des compressions de 1,3 milliard de dollars prévues dès cette année, dans le budget 2014-2015, si son parti est porté au pouvoir le 7 avril. Un tel geste est-il réaliste compte tenu de son impact? On coupe où et on coupe qui, puisqu’il s’agit d’un plan à mettre en oeuvre en quelques semaines seulement et non pas sur cinq ans où l’attrition peut réduire l’impact sur les travailleurs du gouvernement.

Et puis, à Amir Khadir, de Québec solidaire, j’ai demandé de nous expliquer comment le Québec pouvait faire passer ses achats en pétrole de 14 milliards de dollars par année à… 0 en 2030, en 15 ans seulement! Si l’objectif de sortir éventuellement du pétrole est partagé par la plupart des politiciens, le réalisme de la proposition de Québec solidaire est discutable.

Voyez ou revoyez ces entrevues ici :

L’entrevue avec Nicolas Marceau

L’entrevue avec Carlos Leitao

L’entrevue avec Christian Dubé

L’entrevue avec Amir Khadir

 

 

Je ne vous apprendrai pas que l’hiver dans lequel nous sommes toujours plongés en cette fin mars va nous avoir coûté plus cher que d’habitude! Qu’on chauffe à l’électricité, au mazout, au gaz, au bois, on a tous remarqué qu’il fallait en faire un peu plus pour éviter de grelotter cette année! Ce coût supplémentaire n’était pas prévu par la majorité des ménages au portefeuille serré. L’impact de cet hiver froid est donc perceptible pour bien des gens.

Selon l’Union des consommateurs, pour une maison de 93 mètres carrés (1000 pieds carrés), les coûts en électricité sont habituellement de 1794 $ par année. L’impact de l’hiver froid signifie une hausse d’environ 10 % selon l’organisme cette année, ce qui veut dire une augmentation moyenne de 179 $ par ménage pour un total de 1973 $.

Avant même de calculer l’impact de l’hiver rigoureux sur la facture d’électricité, il faut dire que ça coûte plus cher au Québec de se chauffer qu’en Ontario ou en Colombie-Britannique, selon l’Union des consommateurs, qui évalue les coûts suivants pour une maison de 93 mètres carrés :

  • Sept-Îles : 1982 $
  • Québec : 1794 $
  • Montréal : 1690 $
  • Ontario : 1646 $
  • Colombie-Britannique : 1432 $

Rénovez!

Une façon de réduire ses coûts de chauffage, c’est de rénover et d’installer des systèmes écoénergétiques.

Il est très populaire pour les gouvernements d’offrir des crédits d’impôt à la rénovation. Généralement, on fait ça pour stimuler une économie qui ralentit ou qui est en récession. Ce n’est pas le cas au Québec, nous ne sommes pas en décroissance. Malgré cela, le Parti québécois a cru bon offrir un nouveau crédit à la rénovation l’automne dernier et le Part libéral a une proposition pour les Québécois en cette matière s’il prend le pouvoir le 7 avril prochain.

Ainsi, le PLQ propose un crédit à la rénovation domiciliaire de 20 % sur les projets de travaux de rénovation de plus de 3000 $ jusqu’à une remise maximale de 2500 $. Si vous dépensez 10 000 $, vous pourriez obtenir 20 % de 10 000 $, c’est-à-dire 2000 $. Ce programme serait en vigueur jusqu’au 31 décembre 2016 et s’adresserait aux propriétaires de maisons de 1 à 3 logements ainsi qu’aux propriétaires de maison intergénérationnelle. Tous les travaux de rénovation à la résidence seraient admissibles.

Si le Parti libéral prend le pouvoir, ce crédit serait applicable après celui qui a été mis en place par le Parti québécois l’automne dernier. Le crédit ÉcoRénov est de 20 % sur les frais engendrés par des travaux de rénovation verte. Les premiers 2500 $ de travaux ne sont pas admissibles au crédit d’impôt. Ensuite, c’est 20 % de la somme dépensée. Donc, si vous dépensez 10 000 $, vous avez droit à 20 % de 7500 $, c’est-à-dire une remise de 1500 $.

Ce programme est plus restrictif, mais plus généreux. Vous pouvez obtenir en remise jusqu’à 10 000 $. Il se termine le 1er novembre prochain. Il est disponible pour les propriétaires d’une maison principale ou d’un chalet et vise des travaux particuliers, notamment l’isolation thermique, le remplacement de portes et de fenêtres, le remplacement d’un climatiseur, l’aménagement d’un toit végétalisé, la construction d’une fosse septique, etc. Les dépenses recevables incluent le coût des permis, le coût des études, des matériaux et des services fournis par l’entrepreneur.

Et c’est bon pour l’économie selon les experts. Un programme de rénovation domiciliaire avait été instauré au Québec en 2009. Pour 200 millions en crédits d’impôt, des travaux de plus de 2,4 milliards ont été effectués.

Depuis jeudi soir, l’analyse du débat porte essentiellement sur les gains et les pertes des chefs lors des échanges. Il est clair qu’à deux semaines du scrutin, il est plus qu’important de mesurer l’efficacité des messages des chefs et la perception des électeurs. Mais si la stratégie de vente et de marketing d’un produit est névralgique, ce qu’il y a dans la canette compte aussi!

Et si l’on s’intéresse à la substantielle moelle du projet politique des Marois, Couillard, Legault et David, on est resté sur notre faim. Les chiffres de l’emploi, le salaire des médecins ou la date d’un éventuel référendum ne sont certainement pas des sujets à la marge. Néanmoins, derrière chaque affrontement, il y a un enjeu fondamental dont on doit discuter : l’état de l’économie, la gestion des coûts en santé et l’avenir du Québec.

Mais je reviens à mon souhait de début de campagne. C’est un projet sur 10, 15, 20 ans qu’il nous faut pour :

  1. améliorer notre productivité, et donc notre richesse, notre capacité à payer pour nos services publics, pour créer de l’emploi… et du bonheur;
  2. gérer la transformation démographique qui s’amorce avec le départ à la retraite des baby-boomers au cours des 20 prochaines années, ce qui aura un impact important sur l’économie. L’économiste Marc Van Audenrode nous disait jeudi soir à RDI économie que, dans les années passées, l’ajout naturel d’environ 45 000 à 50 000 emplois annuellement augmentait d’un point de pourcentage le PIB. Or, la réduction de la population active dans les prochaines décennies va réduire le PIB de 0,5 point annuellement. Ce n’est quand même pas rien!

Alors, qui a parlé du vieillissement de la population jeudi soir? Qui a proposé un vaste projet misant sur les talents, la créativité, les bonnes idées, les technologies, l’innovation, la productivité? L’électrification des transports de Pauline Marois, le Projet Saint-Laurent de François Legault, le chantier des technologies vertes de Françoise David et le développement du Nord que veut poursuivre Philippe Couillard sont toutes des idées créatrices de richesse. Mises ensemble, elles feraient tout un projet, vous ne trouvez pas?

Je ne sais pas sur quoi vous allez voter le 7 avril prochain. Et je ne sais pas si vous trouvez les réponses à vos questions ou à vos attentes durant cette campagne. Je ne sais pas non plus si c’est moi qui ai un peu de mal à saisir les messages politiques ou qui demeure idéaliste. Mais il me semble que, si l’on s’intéresse à l’évolution socioéconomique du Québec à long terme, il nous en faudrait un peu plus. Beaucoup plus. Vraiment plus.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Blanc bonnet, bonnet blanc?

Mardi 18 mars 2014 à 14 h 46 | | Pour me joindre

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Les principaux partis politiques du Québec ont dévoilé leur cadre financier. Premier constat : le PLQ et le PQ présentent un plan de match semblable. J’aurais presque tendance à dire : blanc bonnet, bonnet blanc. Pour arriver à l’équilibre budgétaire l’an prochain, les deux formations politiques proposent un parcours légèrement différent l’un de l’autre. La CAQ prend un raccourci sur le chemin du déficit zéro en prévoyant l’équilibre dès cette année tandis que Québec solidaire annonce l’équilibre pour l’an prochain.

À 48 heures du débat des chefs, voici les chiffres disponibles dans les différents cadres financiers diffusés par les partis pour l’exercice 2014-2015 :

Solde budgétaire

  • PQ : déficit de 1,75 milliard
  • PLQ : déficit de 1,42 milliard
  • CAQ : déficit zéro
  • QS : déficit de 1,5 milliard

Dépenses consolidées

  • PQ : 96,797 milliards (+2,4 %)
  • PLQ : 96,468 milliards (+2,2 %)
  • CAQ : 95,319 milliards (+1 %)

Dépenses en santé

  • PQ : 32,196 milliards (+3 %)
  • PLQ : 32,560 milliards (+4 %)
  • CAQ : 32,196 milliards (+3 %)

Dépenses en éducation

  • PQ : 17,089 milliards (+3 %)
  • PLQ : 17,198 milliards (+3,5 %)
  • CAQ : 17,089 milliards (+3 %)

Prévisions de croissance du PIB en 2014

  • PQ : +1,9 %
  • PLQ : +2,1 %
  • CAQ : +1,9 %

Autres mesures à souligner :

  • Le PQ prévoit augmenter le tarif des garderies subventionnées de 7 à 8 $ le 1er septembre prochain et à 9 $ le 1er septembre 2015.
  • La CAQ prévoit éliminer la contribution santé entre 2015 et 2018.
  • Le PLQ prévoit éliminer la contribution santé entre 2016 et 2020.
  • La CAQ prévoit des compressions de dépenses de 1,3 milliard en 2014-2015.
  • Le PLQ prévoit des compressions de dépenses de 1,3 milliard en 2014-15 et 2015-2016.
  • Le PQ prévoit 124 millions de dollars de compressions dans les ministères autres que la santé et l’éducation. La croissance des dépenses en santé doit passer de 5,1 % à 3 % en 2014-2015. La croissance en éducation doit passer de 2,2 % à 3 % ;
  • Québec solidaire plafonne le Fonds des générations à 10 milliards de dollars et à 1 milliard d’investissements par année.

PKP et les gens d’affaires

Mercredi 12 mars 2014 à 11 h 54 | | Pour me joindre

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Alexandre Taillefer

Depuis dimanche, peu de gens d’affaires se sont prononcés sur la venue en politique de Pierre Karl Péladeau. Dans les émissions Calcul électoral et RDI économie, nous avons interrogé lundi l’entrepreneur Alexandre Taillefer et mardi, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

Alexandre Taillefer s’est montré dithyrambique. Pierre Karl Péladeau est un candidat de qualité, qu’il faut respecter et soutenir, selon lui. L’associé de XPND Capital a vendu son entreprise technologique à Pierre Karl Péladeau à la fin des années 90. Il a travaillé avec lui pendant plusieurs années et lui voue un grand respect.

Michel Leblanc

Dans le cas de Michel Leblanc, il faut, selon lui, saluer le courage de l’ancien patron de Québecor. « Bravo à M. Pierre Karl Péladeau, s’est-il exclamé sur nos ondes. Tous partis confondus, on veut que des gens d’affaires aillent en politique. » Selon lui, il ne faut pas pousser Pierre Karl Péladeau à vendre son bloc d’actions de Québecor. « Penser qu’un autre joueur à Montréal pourrait l’acquérir, a dit Michel Leblanc, je pense qu’il y a un danger (pour le maintien du siège social à Montréal). »

Ces commentaires publics sont positifs, mais une source m’indique avoir parlé à plusieurs gens d’affaires de Montréal qui se sont montrés mal à l’aise avec le projet de Pierre Karl Péladeau de se présenter avec le Parti québécois. Il n’y a pas beaucoup de souverainistes dans le monde des affaires, c’est connu. Si plusieurs se réjouissent à l’idée de voir PKP appliquer son style de gestion à la gouverne de l’État, d’autres s’inquiètent de la résurgence d’un possible référendum sur la souveraineté dans les prochaines années.

Cette crainte est palpable à Toronto. Le Globe and Mail rapportait mardi matin les propos d’analystes financiers qui notaient un écart grandissant entre les taux consentis sur les obligations long terme du Québec par rapport à ceux de l’Ontario. Selon ces analystes, un possible gouvernement majoritaire du Parti québécois jumelé à une « menace » référendaire expliquent cet écart qui commence lentement à grandir.

Bloomberg Canada s’interrogeait, pour sa part, sur la pertinence pour le gouvernement Harper de miser sur Vidéotron pour amener plus de concurrence dans le monde du sans fil au Canada. Le premier ministre appuie sa stratégie sur l’entreprise « d’un entrepreneur qui veut briser le pays », déplore Bloomberg.

D’ailleurs, plusieurs médias rapportent des cas de gens qui ont décidé de rompre leur abonnement avec Vidéotron à la suite de la décision de Pierre Karl Péladeau, information qui n’est pas confirmée par Québecor. Plusieurs nous demandent tout de même s’il y aura un coût économique pour Québecor à la décision de leur ancien patron de plonger en politique avec le Parti québécois.

L’OPA de PKP

Lundi 10 mars 2014 à 14 h 46 | | Pour me joindre

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Qu’un homme identifié à la droite économique se joigne au Parti québécois n’est pas une surprise en soi. Au fil du temps, le PQ a accueilli en son sein des membres de différentes convictions, qui se retrouvaient invariablement autour du projet de souveraineté. Mais, dans le cas de Pierre Karl Péladeau, c’est plus que ça. Pour deux raisons.

Journal de MontréalPremièrement, l’ex-pdg de Québecor a développé la plus puissante machine médiatique du Québec, avec les médias les plus populaires. Son conglomérat est très présent dans la vie des gens et l’influence de Pierre Karl Péladeau est indéniable dans le débat public.

Et puis, deuxièmement, c’est Paul Journet de La Presse qui rappelle que le député péquiste Stéphane Bergeron a déjà reproché à Pierre Karl Péladeau d’avoir été responsable de 54 % des jours-personnes perdus à cause d’un lock-out au Québec entre 2000 et 2009. Ces conflits de travail ont valu à Pierre Karl Péladeau une réputation de dur à cuire avec les syndicats, qui encore aujourd’hui le critiquent vertement. Pierre Karl Péladeau se joint à un parti qui a longtemps eu le soutien des syndicats.

Dans le monde des affaires, on pourrait dire, pour faire image, que Pierre Karl Péladeau vient de lancer une OPA sur le Parti québécois! Une offre publique d’achat qu’on pourrait qualifier d’amicale sur l’orientation des politiques économiques à venir du parti! Pourquoi aller jusque là? Parce qu’il est puissant, parce qu’il est influent et parce qu’il ne cache même pas son intérêt à diriger le parti, un jour. Pierre Karl Péladeau n’est pas un candidat comme les autres.

Son arrivée, et celle de Simon Prévost dans Montarville ce matin, vient compléter l’équipe économique du PQ. Voici d’ailleurs les équipes économiques des principaux partis :

PQ – équipe économique

  • Nicolas Marceau, économiste
  • Pierre Paquette, économiste
  • Simon Prévost, économiste
  • Alain Therrien, économiste
  • Pierre Langois, économiste
  • Pierre Karl Péladeau, gestionnaire
  • Élaine Zakaïb, avocate

PLQ – équipe économique

  • Carlos Leitao, économiste
  • Martin Coiteux, économiste
  • Jean-Marc Bergevin, économiste
  • Jacques Daoust, gestionnaire
  • Nicole Ménard, gestionnaire
  • Pierre Arcand, gestionnaire
  • Pierre Paradis, avocat
  • Sam Hamad, ingénieur

CAQ – équipe économique

  • François Legault, entrepreneur
  • Christian Dubé, comptable
  • Stéphane Le Bouyonnec, entrepreneur
  • François Bonnardel, entrepreneur
  • André Lamontagne, entrepreneur
  • Sylvie D’Amours, entrepreneure
  • Joseph Dydzak, entrepreneur
  • Claude Surprenant, entrepreneur
  • Serge Tremblay, administrateur

QS – équipe économique

  • Amir Khadir, médecin
  • Sébastien Bouchard, historien (finance, économie)
  • Ghislaine Camirand, entrepreneure
  • Caroline Lusignan, gestionnaire
  • Linda Delmé, gestionnaire
  • Jean-Claude Landry, organisateur communautaire

Si j’étais à la place de Philippe Couillard, Françoise David, François Legault et Pauline Marois, je récupérerais un vieux truc de la communication politique : un programme en 5 points simples et clairs. Un programme économique en 5 points, qui pourrait avoir l’air de ceci :

  1. Améliorer la productivité et les exportations.
  2. Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population.
  3. Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables.
  4. Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités.
  5. Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population.

En fait, ces 5 points représentent, je pense, les défis économiques du Québec, ceux dont les partis devraient parler et qu’ils vont probablement aborder. Ce sont des enjeux fondamentaux, qui exigent des engagements à long terme. Les politiciens, qui solliciteront votre vote le 7 avril prochain, en sont-ils capables?

Améliorer la productivité et les exportations

La productivité, c’est le niveau de production par heure travaillée. Ce n’est pas travailler plus pour moins. C’est travailler mieux, avec des technologies utiles, avancées, qui permettent d’être plus efficace. Qui a un plan pour améliorer la productivité et aider les entreprises à produire et exporter davantage? Le Québec importe plus qu’il n’exporte. Et le déficit ne fait que grandir. Qui a un projet à long terme pour améliorer ce bilan?

Regardez ces chiffres de HEC Montréal. L’apport à l’économie par heure travaillée au Québec est plus faible qu’ailleurs.

Productivité du travail – 2012

PIB/nombre d’heures travaillées

  • Norvège : 106,24 $
  • France : 72,97 $
  • États-Unis : 72,62 $
  • Allemagne : 71,47 $
  • Canada : 59,56 $
  • Québec : 54,95 $
  • Japon : 49,17 $

source : HEC

Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population

Pour la première fois en plusieurs décennies, il y aura plus de sorties que d’entrées dans la catégorie des 15-64 ans. C’est clair : la population vieillit, la population active va baisser, les coûts de santé ne cesseront d’augmenter. Et donc, la soutenabilité des finances publiques est en jeu. Alors, que faire?

Faut-il générer plus de richesse, plus de revenus, pour éponger les coûts qui augmentent? Est-il possible de trouver de nouvelles sources d’efficacité dans l’appareil public? Ou faut-il penser à revoir le panier de services offerts à la population?

D’autres chiffres, ceux de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques :

Nombre de personnes de 15-64 ans pour chaque personne de 65 ans et plus :

  • 1971 : 9,4
  • 2013 : 4,1
  • 2050 : 2,1

source : Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques

Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables

Les Québécois paient beaucoup d’impôts et de taxes. Mais, en retour, ils ont de généreux services et des programmes uniques comme les garderies à tarif réduit, l’assurance médicaments, les congés parentaux, etc.

Faut-il repenser la fiscalité au Québec?

Faut-il baisser les impôts, baisser les taxes?

Ou, au contraire, faut-il poursuivre la hausse de la taxation des mieux nantis?

Et pour les entreprises, doit-on repenser également la fiscalité?

Nos finances publiques permettent-elles de proposer un allègement fiscal aux individus et aux entreprises? En avons-nous les moyens?

Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités

Créer de la richesse est un concept bien relatif. Qu’est-ce que ça veut dire exactement? Est-ce que c’est d’exploiter les ressources du Québec? De baisser les impôts afin que les consommateurs aient plus d’argent à dépenser? D’investir dans l’économie du Québec à l’aide d’incitatifs fiscaux?

Il sera intéressant de lire les propositions des partis pour créer de la richesse. Et comment vont-ils faire pour que l’ensemble de la population profite de cette création de richesse? Nos sociétés occidentales se sont beaucoup enrichies depuis 35 ans, mais les inégalités ont considérablement grandi en parallèle. Est-ce que cette création de richesse est la bonne?

Le Québec est considéré comme l’un des endroits en Amérique du Nord parmi les moins inégalitaires et où la qualité de vie est particulièrement élevée. Comment conserver ces palmes tout en augmentant la richesse des individus, des entreprises et de la collectivité?

Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population

Près de la moitié des personnes de 65 ans et plus ont besoin du supplément de revenu garanti pour arriver à joindre les deux bouts. C’est un signal de pauvreté. Pourquoi? Parce que le Canada est l’un des endroits dans les pays avancés où le remplacement du revenu de travail est le plus faible à la retraite.

Environ le tiers des gens n’ont pas de REER ou d’épargne pour la retraite. Et quatre travailleurs sur cinq dans le secteur privé n’ont pas de régime de retraite complémentaire.

Deux enjeux sur cette question :

  1. Comment améliorer la protection des personnes à la retraite? REER obligatoire? RRQ plus généreux, donc hausse des cotisations?
  2. Et jusqu’où doit-on repenser la capitalisation des régimes de retraite à prestations déterminées? Faut-il poursuivre dans la voie annoncée, qui est celle de demander aux travailleurs du secteur public de contribuer à 50 % de leur régime de retraite et d’abaisser ainsi la contribution de l’employeur? Vaut-il mieux partager les risques?

Le défi de cette élection ne réside pas dans des mesures à court terme, qui pourraient s’apparenter à des bonbons électoraux. Les Québécois attendent des propositions réalistes, structurantes, innovantes. Pour y arriver, il faudra du courage.

C’est parti, le Québec ira aux urnes le 7 avril. L’heure est donc aux bilans.

Quel est le bilan économique du premier mandat du gouvernement Marois?

Disons, d’entrée de jeu, qu’on ne peut attribuer au seul gouvernement les forces et les faiblesses, les succès et les ratés de l’économie québécoise. Mais tous les gouvernements ont une vision, une stratégie et des priorités. Il est clair que ce cadre influe sur l’évolution économique du Québec.

Résumons le travail gouvernemental au plan économique à cinq points principaux :

  1. Un gouvernement interventionniste : La philosophie du gouvernement Marois est d’intervenir dans l’économie et d’accompagner les entreprises dans leur développement. D’une part, le gouvernement a annoncé des dizaines de subventions, prêts et crédits d’impôt aux entreprises depuis septembre dernier, mais disons que cette façon de faire a été vue aussi sous les libéraux. De façon plus fondamentale, l’interventionnisme de l’État est clairement exprimé dans la stratégie économique du gouvernement, vision exposée l’automne dernier dans ce qu’il a nommé la « Politique économique du Québec – Priorité emploi ». Cette politique se déploie sous quatre grands chapeaux qui couvrent l’ensemble de l’économie : recherche et innovation, secteur industriel, commerce extérieur et électrification des transports.
  2. Un discours pro-pétrole : L’injection de 115 millions de dollars dans l’exploration de l’île d’Anticosti est un fait marquant du mandat de 18 mois du Parti québécois. Cet investissement témoigne encore une fois de l’implication marquée du gouvernement dans les activités économiques, mais surtout de son intérêt pour l’exploitation éventuelle du pétrole. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, la première ministre Pauline Marois a déverrouillé toutes les portes menant à l’or noir. Les plus écologistes de ses ministres (Martine Ouellet, Daniel Breton, Scott McKay) se sont rangés du côté des pro-pétrole et un discours à saveur nationaliste a été mis en place pour susciter l’adhésion des Québécois à l’exploration et à une éventuelle exploitation : « nos ressources », « maîtres et prospères chez nous », « indépendance énergétique », etc.  Le gouvernement du Québec évalue à 45 milliards de dollars les retombées sur 30 ans d’une éventuelle exploitation du pétrole, une projection fragile et hasardeuse, selon plusieurs experts.
  3. Décisions économiques importantes : Dans les premiers jours de son accession au pouvoir, la première ministre Pauline Marois a annoncé la fermeture de Gentilly-2, donc la fin de l’aventure nucléaire du Québec amorcée il y a 30 ans. Aussi, le gouvernement a décidé d’annuler le prêt consenti par les libéraux à l’été 2012 à la mine Jeffrey d’Asbestos. Cette décision signale aussi la fin d’une industrie au Québec, celle de l’amiante.
  4. Déficit zéro reporté : Le ministre des Finances Nicolas Marceau a présenté son budget 2013-2014 en novembre 2012 pour deux raisons : le Parti québécois voulait mettre en place son propre budget et voulait agir rapidement pour éviter de s’exposer à une défaite lors d’un vote sur le budget à l’hiver ou au printemps 2013. Pendant un an, de l’automne 2012 à l’automne 2013, le ministre Marceau a maintenu son objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire au cours de l’exercice 2013-2014. Mais en raison d’une croissance économique plus faible et d’un niveau d’inflation anémique, le gouvernement a dû se résoudre à reporter de deux ans le déficit zéro. Il faut dire aussi que le ministre Marceau avait appuyé son objectif d’équilibrer le budget sur une prévision audacieuse de croissance des revenus de 5 %. Tout de même, le Québec ne vit pas dans un monde à part. La croissance économique en 2013 a été moins forte que prévu un peu partout en Amérique du Nord, particulièrement au Canada. Toutefois, la croissance du Québec demeure plus faible qu’ailleurs : 1,2 % en 2013 par rapport à 1,3 % pour l’Ontario; 1,8 % en 2014 par rapport à 2,2 %; et 2,1 % en 2015 par rapport à 2,7 %. De plus, selon le ministère des Finances du Québec, le PIB par habitant en Ontario demeure plus élevé qu’au Québec, de 14 %.
  5. Des relations difficiles avec le monde des affaires : Il est important de rappeler que les relations entre le gouvernement et le monde des affaires ont été difficiles dès le début. L’annonce d’une hausse de la taxation des gains en capital et d’une hausse de 7 points de pourcentage sur les revenus les plus élevés, de façon rétroactive, a provoqué une levée de boucliers chez les gens les plus nantis. De vifs échanges entre des ministres du gouvernement et des gens des milieux d’affaires ont mené à une révision complète du plan de match gouvernemental : pas de hausse de la taxation des gains en capital, hausse modérée des impôts sur les revenus les plus élevés et annulation de l’abolition de la contribution santé, modulée dorénavant en fonction des revenus.

En terminant, quelques mots sur les tendances économiques :

  • Depuis un an, le taux de chômage est passé de 7,1 à 7,5 % au Québec, mais depuis six mois, la situation s’est améliorée : le taux était à 8,1 % en juillet dernier.
  • Même constat pour le taux d’emploi. En 12 mois, il est passé de 60,7 à 60,4 %, mais il était à 59,8 % l’été dernier. La plupart des emplois créés sont à temps partiel.
  • Compte tenu de la volatilité des données mensuelles de Statistique Canada, de plus en plus d’économistes préfèrent regarder les moyennes sur de plus longues périodes. Ainsi, il s’est ajouté 47 800 emplois au Québec en 2013 en comparant la moyenne des 12 mois de l’année par rapport à la moyenne des 12 mois de 2012. Cela dit, les données de Statistiques Canada sur l’emploi du 1er janvier au 31 décembre 2013 nous donnent une création de 3900 emplois. Du 1er février 2013 au 31 janvier 2014, la hausse est de 10 000 emplois. Durant la même période, l’Ontario a ajouté 53 800 emplois et l’ensemble du Canada, 145 900 emplois.

Voilà pour le bilan. D’ici la fin de la semaine, je vais vous parler des enjeux et des défis économiques de cette campagne.

Et je vous donne rendez-vous tous les jours à 16 h 30 (HNE) dans le cadre d’une nouvelle émission que j’aurai le plaisir d’animer, Calcul électoral, ainsi qu’à 18 h 30 à RDI économie.

Derrière l’écran de fumée…

Vendredi 21 février 2014 à 12 h 59 | | Pour me joindre

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À lire les journaux et à écouter la radio, le budget Marceau se résume essentiellement à une hausse du tarif de garderie de 7 à 9 $. Cette mesure va permettre au gouvernement de toucher plus ou moins 100 millions de plus par année. Ce n’est pas grand-chose sur un budget de 75 milliards, et ce n’est rien à côté de ce qui est vraiment important, ambitieux et irréaliste selon certains dans ce budget. En fait, les 2 chiffres les plus importants de cet exercice, c’est 2 et 3.

D’abord, 2 % 

Le ministre des Finances Nicolas Marceau prévoit une croissance des dépenses de programmes de 2 %. En 2012-2013, année où le PLQ et le PQ ont été au pouvoir, la croissance des dépenses de l’État s’est limitée à 1,2 %. Pour l’exercice qui se termine le 31 mars prochain, soit 2013-2014, le gouvernement cible une croissance de 2,5 %.

Revenir à 2 % pour le prochain exercice exigera des compressions budgétaires qui demanderont un courage politique et une conviction sans faille. Le gouvernement Marois s’expose à la critique et à la contestation. Un bras de fer s’engagera avec les fonctionnaires, à qui l’État demandera des concessions, avec les médecins aussi, à qui le gouvernement voudra faire avaler la pilule de revoir l’entente de rémunération conclue avec eux. Un débat va s’engager aussi dans le réseau des commissions scolaires, où le gouvernement veut déterminer au moins 125 millions d’économies.

L’autre chiffre, c’est 3. Seulement 3 % de hausse de dépenses en santé

Depuis l’introduction de la contribution santé, la hausse des dépenses en santé est d’environ 4,6 % par année. Réduire à 3 % la croissance des dépenses dans ce secteur, c’est exiger purement et simplement des compressions importantes dans le système. L’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux évalue à 400 millions de dollars les compressions nécessaires pour l’exercice 2014-2015 dans un tel contexte.

Le ministre Marceau demande aux médecins de rouvrir l’entente salariale négociée avec eux. Cet accord prévoit une hausse de rémunération de 540 millions cette année. Si les médecins acceptent de réduire cette augmentation ou de l’étaler sur trois ans, on pourrait atténuer ou éviter d’autres compressions dans le monde de la santé. Mais il est loin d’être acquis que le gouvernement du Québec et les médecins vont s’entende sur une révision de ce qui a été négocié et signé par les deux partis. Et il n’est donc pas impossible de voir les listes d’attente dans les hôpitaux s’allonger.

Un autre chiffre : 613 millions

Si l’État a un travail magistral à faire pour contrôler ses dépenses, il ne doit pas oublier que ses nouvelles entrées de revenus ne viennent pas d’une croissance économique plus forte, mais d’une taxation plus élevée : garderies, hydroélectricité, réduction de l’avantage fiscal de l’investissement dans le Capital régional et coopératif Desjardins.

Surtout, le ministre des Finances Nicolas Marceau peut compter sur de l’argent inespéré : les transferts fédéraux sont 1,2 milliard plus élevés qu’attendu lors de la mise à jour économique de novembre dernier. Pourquoi? Parce que la croissance économique de la plus grande province au Canada, l’Ontario, a été plus forte que prévu. Cette croissance est venue relever la moyenne attendue du niveau de services à rendre par province. Du coup, toutes les provinces qui reçoivent de la péréquation ont vu les montants qui leur étaient destinés augmenter.

Donc, 50 millions de plus pour le Québec en 2013-2014, 613 millions de plus en 2014-2015 et 532 millions de plus l’an prochain, 2015-2016.

Alors, derrière l’écran de fumée de la hausse des tarifs de garderie, le gouvernement appuie son équilibre sur deux piliers fragiles : des compressions en santé et des transferts fédéraux plus généreux.