Avant et durant la dernière campagne électorale au Québec, la Coalition avenir Québec et le Parti québécois ont proposé de doter le Québec d’un directeur parlementaire du budget comme à Ottawa. Pourquoi? Pour être capable d’avoir une évaluation indépendante des projections budgétaires, à l’abri du discours politique, partisan et électoraliste. Projet louable dans un contexte où l’on cherche à obtenir des informations solides, vérifiées et fiables.
Le modèle, c’est donc celui d’Ottawa. C’est Kevin Page, le directeur parlementaire du budget nommé il y a cinq ans par le gouvernement Harper. Mais ce modèle le sera-t-il encore longtemps? Kevin Page quitte son poste au terme de son mandat, qui n’est pas renouvelé. Et bien que le gouvernement fédéral souhaite maintenir le poste en vie, plusieurs soupçonnent qu’on choisira un directeur plus docile, moins critique des prévisions budgétaires du ministre des Finances Jim Flaherty.
Dans une entrevue accordée à mon collègue Marc Godbout, Kevin Page se vide le coeur et affirme qu’une véritable « culture du secret » s’est installée à Ottawa. Le directeur parlementaire a même dû faire appel aux tribunaux pour tenter d’obtenir certaines informations que le gouvernement refuse de lui livrer. Or, pour faire la lumière sur l’état des finances publiques et pour le faire surtout de façon indépendante et complète, Kevin Page affirme qu’il faut avoir toutes les informations en mains.
C’est dans l’intérêt des contribuables canadiens. La création du poste de directeur parlementaire du budget était une bonne idée des conservateurs. La nomination d’un expert qui n’aurait pas les coudées franches que s’est données Kevin Page durant son mandat pourrait représenter un recul pour l’accès à une information indépendante et non partisane. Le défi du détenteur de ce poste est de maintenir une indépendance totale face au pouvoir politique, même si le gouvernement en place se montre critique et exprime son désaccord.
Il faut se rappeler que Statistique Canada a abandonné la publication de certains indicateurs et que plusieurs scientifiques ont dénoncé la décision des conservateurs de modifier la cueillette d’informations par Statistique Canada. De plus, les scientifiques ne peuvent plus communiquer les résultats de leurs recherches aux médias sans obtenir l’approbation au préalable du gouvernement.
C’est dans ce contexte que le ministre des Finances Jim Flaherty présente son huitième budget jeudi après-midi. Et c’est aussi dans un contexte économique difficile : la demande ralentit, la croissance ralentit, le prix du pétrole albertain est en baisse et celui du gaz demeure faible. Plus que jamais, à un peu plus de deux ans des prochaines élections, et tandis que le ministre tient à annoncer l’équilibre budgétaire en 2015, il est essentiel d’avoir un homme ou une femme au regard aiguisé et indépendant au poste de directeur parlementaire.
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Quand la charte s’applique dans une entreprise, ça veut dire que les cadres doivent parler français, le personnel doit pouvoir échanger en français, des cours de francisation doivent être offerts, l’affichage interne, les communications officielles, les documents de travail doivent être en français. L’entreprise doit s’assurer de pouvoir informer et servir sa clientèle du Québec en français.
Ainsi, le PQ ne va pas augmenter la taxation du gain en capital et des dividendes. Et il n’abolira pas la contribution santé, tel que promis. Le PQ n’ajoutera pas non plus deux paliers d’imposition supplémentaires à 28 % et 31 % pour les particuliers gagnant plus de 130 000 $ et de 250 000 $ par année. Il se contentera d’un palier de plus à 25,75 % pour les revenus dépassant 100 000 $.
Politiquement, le Parti québécois a beau jeu. En annulant la contribution santé, qui était une taxe régressive, il baisse les impôts de plus de 90 % des contribuables. Une grande majorité de couples paiera donc 400 $ de moins en impôts par année. En augmentant les impôts des plus riches, le PQ touche 145 000 personnes à différents niveaux, soit 3,1 % des contribuables.
Autrement dit, l’économie passera par le filtre écologique dans chaque décision à venir. Si le défi écologique est le plus important de notre époque et de notre siècle, on ne peut pas ignorer que le nouveau gouvernement va donner un grand coup de volant au plan de match pour l’économie du Québec et devra le faire rapidement. Le PQ n’a pas de majorité et n’a pas beaucoup de temps pour mettre sa stratégie en place et faire en sorte que ça fonctionne!
