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Au moment où notre regard est tourné vers la Grèce, notre propre économie vacille. La chute des cours du pétrole depuis un an a eu l’effet d’une douche froide sur l’économie canadienne. Et nous commençons à en réaliser l’impact réel. La donnée statistique sur le PIB du mois d’avril vient de faire réapparaître le mot qu’on ne veut pas voir : récession. Le Canada serait peut-être en récession.

Avant l’analyse, les faits : la baisse du PIB en avril est de 0,1 %. C’est le quatrième recul mensuel de suite. Le secteur de l’extraction minière, gazière et pétrolière est en déclin depuis cinq mois maintenant.

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La définition la plus mécanique de la récession, c’est deux trimestres de suite en baisse. D’autres définitions existent, mais c’est celle-ci qui est la plus simple et la plus utilisée.

Selon Desjardins, « les probabilités d’un second recul [du PIB] au deuxième trimestre sont assez élevées. [...] Il est plutôt vraisemblable que la croissance du PIB réel par industrie demeure assez modeste dans les mois à venir, considérant les difficultés du secteur de l’énergie et leurs répercussions négatives sur plusieurs autres secteurs d’activité. Il est donc probable que l’économie canadienne soit actuellement en récession technique.

Dans les circonstances, il est « probable », selon Desjardins, que la Banque du Canada annonce une nouvelle baisse de son taux directeur le 15 juillet prochain. La CIBC va dans le même sens : il y aura une baisse du taux directeur dans 15 jours.

« L’économie canadienne vacille et se trouve au bord de la récession technique », écrit pour sa part la TD.  La probabilité d’une nouvelle baisse du taux directeur grandit, à son avis.

La firme Nomura s’attend à ce que les données du secteur des ressources aient été négatives pour mai et juin en raison du ralentissement de production engendré par les feux de forêt en Alberta, baisse d’environ 10 % dans la production de pétrole des sables bitumineux. Ainsi, le deuxième trimestre aura probablement été négatif, baisse de 0,5 %, selon Nomura, ce qui confirmerait ainsi une récession technique.

Mais…

Analyse divergente à la Nationale : « Malgré la faible croissance dans la première moitié de 2015, l’économie n’est pas sur le point de glisser en récession. Le marché du travail montre des signes d’accélération dans les heures travaillées et les ventes de gros produits vont bien comme on a pu le constater dans les statistiques de ventes d’autos et de mises en chantier en mai. »

Le niveau d’emplois à temps plein est à un record. Et la bonification de la prestation universelle pour enfants, annoncée dans le dernier budget et qui se répercutera dans les chèques gouvernementaux délivrés en juillet, va stimuler la consommation des Canadiens, selon la Nationale, dans les mois suivants. Cette bonification équivaut à 0,7 % du PIB. Les exportations devraient aussi bénéficier de la croissance américaine.

Pendant ce temps, la Réserve fédérale prépare une hausse de son taux directeur qui aura lieu, selon plusieurs experts, en septembre. Il est rare de voir les économies canadienne et américaine évoluer de façon aussi distincte. C’est dire l’importance de l’énergie dans le PIB canadien et le déficit réel de diversification économique.

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Revenons un peu sur l’austérité. Nous avons tenu un forum sur cet enjeu le 11 juin dernier et vous avez été nombreux à nous suivre et à participer à la discussion. Depuis, quelques textes ont été publiés, une entrevue avec le ministre Leitao a été réalisée, il vaut la peine d’y revenir quelques instants.

1- L’austérité, remise en contexte

Les économistes Mia Homsy et Sonny Scarfone ont publié, mercredi, un rapport sur les mesures d’austérité au Québec. Affirmant donner « l’heure juste sur la situation du Québec », ils arrivent à la conclusion « que lorsqu’on regarde la politique budgétaire sur le dernier cycle économique complet (qui va de 2003 à 2016) en évitant de choisir arbitrairement une année précise, il n’est pas question d’austérité budgétaire, mais plutôt de stimulation économique. De 2003 à 2016, le gouvernement aura directement contribué à la croissance économique à hauteur de 3,5 G$ du PIB ».

L’étude calcule tout de même que les mesures actuelles du gouvernement Couillard ralentissent l’économie : réduction de 0,5 à 1 point de pourcentage du PIB cette année et l’an prochain. Les compressions pourraient réduire le PIB du Québec de plus de 3 milliards de dollars cette année et jusqu’à près de 4 milliards l’an prochain. Mais l’économie du Québec peut soutenir ces restrictions budgétaires, selon l’Institut du Québec, qui s’inquiète toutefois de l’impact des compressions dans le secteur de l’éducation.

source: Institut du Québec

source: Institut du Québec

2- Les traces de l’austérité

Mia Homsy faisait partie de nos experts invités à notre forum. Éric Pineault aussi. Associé à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, l’économiste et sociologue de l’UQAM a mis à jour une étude qu’il avait publiée en 2013 sur l’austérité.

« Dans le contexte d’une économie prise dans une trajectoire stagnationniste, écrit-il, le choix de l’austérité coûte cher. Ce coût, en croissance économique perdue, en ménages fragilisés et surendettés, en entreprises productives sous-équipées, en emplois de qualité qui ne seront pas créés et en services publics désorganisés n’est pas le fardeau temporaire de la génération actuelle qui doit se serrer la ceinture pour les générations futures. Non, l’austérité laissera des traces permanentes. »

source: IRIS

source: IRIS

3- L’austérité, positive à long terme, négative à court terme

L’un des plus fervents défenseurs de l’austérité, c’est la Banque centrale d’Europe qui a participé, depuis 2009, à l’imposition de mesures de restrictions budgétaires sévères en Grèce, en Espagne et au Portugal, avec le FMI, l’Allemagne et la Commission européenne. Dans un texte publié ce mois-ci par la Banque centrale d’Europe, trois chercheurs de l’institution, Thomas Warmedinger, Cristina Checherita-Westphal et Pablo Hernández de Cos, écrivent qu’il est important de mesurer l’impact des mesures d’austérité au-delà des répercussions à court terme, une « vision étroite » de l’enjeu à leur avis.

« Il y a un large consensus, écrivent-ils, que les consolidations fiscales bien construites ont des effets positifs à moyen et à long terme. La consolidation contribue à une amélioration permanente de l’équilibre du budget structurel, alors que la détérioration de la croissance n’est que temporaire. »

4- L’austérité ou la politique qui rate la cible

Le vénérable magazine The Economist, référence mondiale en matière de couverture de l’économie et des finances, a publié un texte important sur l’austérité le 13 juin dernier, texte qui a un fort retentissement dans les médias sociaux. « La croissance est meilleure que l’austérité comme politique visant à ramener les dettes sous contrôle. Les gouvernements devraient concentrer leurs énergies sur des réformes nécessaires du marché des produits et du marché du travail. » Autrement dit, il faut ouvrir davantage les marchés et rendre le marché du travail plus flexible, selon The Economist.

5- Austérité? Non! Rigueur!

Même si tout le monde utilise le mot austérité, entre le FMI et l’OCDE, les Grecs, les Allemands, les Irlandais, les Français, les Espagnols, les Portugais, les Italiens et j’en passe, le ministre des Finances Carlos Leitao nous a dit en entrevue mardi que l’action de son gouvernement, ce n’est pas de l’austérité, c’est de la rigueur. J’ai posé la question au ministre qu’on a posée lors de notre forum : choix politique ou choix de société? « Choix de rigueur », m’a répondu le ministre. Voilà!

Le premier minstre britannique David Cameron quitte sa résidence officielle, le 10 Downing Street, pour se rendre à Buckingham Palace.
Le premier ministre britannique David Cameron quittant sa résidence officielle, le 10 Downing Street, pour se rendre à Buckingham Palace. (archives). Stefan Wermuth / Reuters

S’il y a un gouvernement qui assume pleinement ses politiques d’austérité, c’est bien celui du Royaume-Uni : compressions, ventes d’actifs, privatisations, coupes de services, réductions d’emplois. Le gouvernement britannique a considérablement réduit ses dépenses depuis 2011 et annonce maintenant un nouveau plan d’austérité dans le but de revenir à l’équilibre budgétaire en 2018-2019.

Le gouvernement de David Cameron charcute dans les activités de l’État et se sent autorisé à poursuivre cette oeuvre après avoir été réélu, cette fois majoritaire, aux élections du 8 mai dernier. Les conservateurs ont l’impression, probablement bien réelle, d’avoir les coudées franches.

Ainsi, Londres a annoncé jeudi son intention de vendre ses actions restantes dans la poste britannique, soit 30 % de la Royal Mail, ce qui va rapporter 3 milliards de dollars dans les coffres publics. La privatisation de la poste au Royaume-Uni est complète quoi qu’en pense la population, qui doit payer beaucoup plus que par le passé pour les timbres. Le Royaume-Uni fait partie des pays qui ont le plus augmenté le tarif des timbres au cours des dernières années.

Le gouvernement britannique a aussi annoncé de nouvelles compressions évaluées à 5 milliards de dollars. Et il dit devoir encore trouver près de 60 milliards de dollars d’économies pour atteindre le déficit zéro comme prévu dans trois ans.

Au cours du mandat 2011-2015 de David Cameron, à la tête d’une coalition gouvernementale avec les libéraux démocrates, Londres a procédé à des coupes majeures. Ces compressions ont eu lieu en bonne partie dans les deux premières années du mandat. Une austérité sévère qui se résume ainsi :

  • Réduction du déficit structurel de 5 points de PIB en 1 an et demi
  • Dépenses publiques de 2010 à 2014 : -6 %
  • Financement de l’enseignement supérieur de 2011 à 2015 : -40 %
  • Emplois dans la fonction publique de  2009 à 2014 : -15 % (-743 000 emplois)
  • Gel des salaires de 2010 à 2012 dans la fonction publique
  • Hausse de la TVA de 17,5 % à 20 %

Contrairement au Québec, le Royaume-Uni est aux prises avec un déficit important, avec lequel il est difficile de conjuguer. Par rapport à son économie, le Royaume-Uni part de loin.

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C’est Alain Bouchard qui disait cette semaine que depuis 2011, l’économie du Québec est bloquée. Que s’est-il donc passé? Comment expliquer cette lente croissance, cette quasi-stagnation, qui touche le Québec encore aujourd’hui? D’une croissance moyenne de 2,1 % entre 1982 et 2007, nous sommes passés à une moyenne aujourd’hui de 1,3 %.

  • 2011 : +1,9 %
  • 2012 : +1 %
  • 2013 : +1,1 %
  • 2014 : +1,3 %

Le ministre des Finances Carlos Leitao prévoyait en mars 2014 une croissance de 2,1 % pour l’année en cours au Québec. Il a vertement raté sa cible. Et, au rythme où vont les choses, on se demande bien comment le Québec atteindra la barre des 2 % en 2015 et 2016 comme le prévoit le ministère des Finances. La croissance est lente et l’économie américaine a montré quelques signes d’essoufflement récemment.

Mais des emplois!

Malgré l’incertitude économique, nous assistons en ce moment à une reprise du marché de l’emploi. Tous les indicateurs sont au vert :

  • En 2015, au cours des 4 premiers mois : +50 000 emplois grâce au secteur public.
  • Depuis 1 an au Québec : +69 000 emplois grâce surtout au secteur privé.
  • Depuis 1 an, création de 68 700 emplois, dont 84 % sont à temps plein.

Pourquoi? Comment expliquer la croissance de l’emploi alors que la croissance économique n’est pas au rendez-vous? Deux réflexions.

La première : le Québec est-il en train de commencer à vivre le déclin de sa population active? La croissance de la population active n’est que de 1,4 % depuis un an. Le taux d’activité augmente, le taux d’emploi augmente, le taux de chômage baisse. Donc, les signaux sont positifs dans le marché de l’emploi, mais est-ce dû essentiellement à de nombreux départs à la retraite?

Deuxième réflexion : se pourrait-il que la confiance des Québécois vienne affaiblir la consommation et donc la croissance économique? Selon le Conference Board du Canada, l’indice global de confiance des consommateurs québécois a chuté de mai à décembre 2014, avant de rebondir un peu en début d’année 2015. Les dépenses des consommateurs ont augmenté de 2 % en 2014, mais ont presque stagné au cours de la deuxième moitié de l’année. Et l’an dernier, les investissements des entreprises ont baissé de 3,3 %, les dépenses en construction, de 0,5 %.

Poursuivons l’analyse, qu’en pensez-vous?

La manière Schäuble

Mercredi 15 avril 2015 à 12 h 53 | | Pour me joindre

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Le ministre allemand des Finances en est convaincu et il assume pleinement ses décisions et sa vision des choses : l’austérité est le bon remède pour l’économie européenne et les pays de la zone euro. Il fallait choisir l’austérité et il faut continuer dans cette direction, laisse entendre Wolfgang Schäuble dans une lettre qu’il publie dans le New York Times mercredi matin, à deux jours de la réunion annuelle du printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

« Comme en médecine, écrit-il, pour prescrire le bon traitement, il est essentiel de faire le bon diagnostic. » Et affirmer que l’Allemagne a imposé des mesures qui ont « poussé la zone euro encore plus profondément dans la crise » est faux, selon le ministre.

C’est un mythe, dit Wolfgang Schäuble.

Ce que vit l’Europe, dit-il, c’est une crise de confiance. Les investisseurs ont réalisé que plusieurs pays d’Europe n’étaient pas compétitifs du point de vue économique ou trop fragiles sur le plan financier. Les craintes du marché ont mené à une hausse des coûts d’emprunt pour certains pays.

Et la seule façon de rétablir les choses pour ces membres de la zone euro, écrit le ministre allemand des Finances, c’est d’adopter « des réformes ciblées pour reconstruire la confiance dans les finances des pays, dans leur économie respective et dans l’architecture de l’Union européenne. Dépenser simplement plus d’argent public n’aurait pas fonctionné et ne fonctionnerait pas plus aujourd’hui».

« Il ne s’agit pas d’austérité aveugle, selon lui. Il s’agit plutôt de préparer nos sociétés vieillissantes pour l’avenir et améliorer la qualité des finances publiques. » L’approche allemande a fonctionné, selon Wolfgang Schäuble. La reprise économique de son pays s’est amorcée dès 2009, les investissements publics et privés sont en hausse et la réduction de la dette de l’Allemagne s’accélère. D’autres pays ont choisi la même voie et en tirent des bénéfices, affirme-t-il, citant l’Irlande et l’Espagne.

Il écrit aussi que les pays doivent se préparer, du point de vue budgétaire, à la normalisation des taux d’intérêt. Il s’en prend à la manière américaine : « Le débat sur la réduction de la stimulation aux États-Unis – la fin de la période extraordinaire d’assouplissement quantitatif par la Réserve fédérale pour stimuler la croissance économique en rachetant des quantités phénoménales d’obligations – montre combien il est difficile de retirer ce stimulant une fois que les gouvernements et les marchés s’y sont habitués. »

Ce que Wolfgang Schäuble oublie de dire, c’est que les États-Unis représentent encore en 2015 la locomotive et la puissance de l’économie mondiale. Sa croissance s’accélère, son chômage est retombé sous les 6 % après une série d’interventions de l’État et de la banque centrale : sauvetage des banques et de l’industrie automobile, deux lois pour stimuler le travail aux États-Unis (le Buy America et le Buy American), ainsi que des milliers de milliards injectés par la Réserve fédérale. En parallèle, le déficit américain ne cesse de baisser et la dette par rapport au PIB se stabilise.

Les deux premiers graphiques illustrent clairement que la tendance de croissance économique des États-Unis double celle de l’Allemagne.

croissanceusageramnandUn dernier tableau illustre que le PIB par habitant tend à baisser dans la zone euro, alors qu’il tend à grandir aux États-Unis. Américains et Européens ne vont plus dans la même direction.

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Wolfgang Schäuble assume et insiste sur sa vision de la gestion des finances publiques. Il faudra encore du temps pour analyser la période que nous connaissons en ce moment pour tirer de vrais enseignements des choix politiques qui ont été faits dans les années suivant cette crise exceptionnelle. Pour l’instant, toutefois, force est de constater que la manière américaine a connu plus de succès que celle de M. Schäuble.

Depuis plusieurs décennies, c’est toujours le consommateur qui soutient l’économie. Comme sa rémunération a peu augmenté au fil du temps en tenant compte de l’inflation, il a dû s’endetter. Et, aujourd’hui, il est très endetté.

L’État aussi est très endetté. Et il compte sur la croissance de l’économie pour toucher plus de revenus, qui proviennent essentiellement des impôts des particuliers, des entreprises aussi, mais dans une moindre mesure, et des taxes à la consommation. Pour s’assurer que ces revenus vont continuer d’augmenter, les décideurs comptent sur qui d’après vous?

Sur vous!

Nous sommes en 2015. Bien que les consommateurs, qui sont par ailleurs des travailleurs, des citoyens, des parents, des voisins, des chômeurs et j’en passe… bien que les consommateurs soient endettés jusqu’aux oreilles, on continue de tenter de stimuler votre consommation pour faire tourner l’économie et générer des revenus supplémentaires pour l’État.

Mais, attention. Je ne dis pas qu’il faut cesser de consommer. Votre beau-frère, qui est propriétaire de sa quincaillerie, et votre sœur qui a son salon de massothérapie, a besoin de votre consommation. La roue doit tourner pour que tout le monde mange!

Ce qui est embêtant, c’est la consommation à crédit. À très gros crédit. La Banque du Canada nous disait avant les fêtes – et avant de baisser ses taux d’intérêt! – que parmi les ménages endettés, 12 % étaient très endettés et responsables à eux seuls de plus de 40 % de l’endettement au Canada. Ces gens ont des dettes qui représentent 250 % de leurs revenus disponibles. Ça comprend les hypothèques, les prêts automobile, qui ont fortement augmenté dans les dernières années, les prêts personnels, le crédit.

La firme de recherche McKinsey Global Institute nous apprend aujourd’hui que le processus de réduction de l’endettement qui suit habituellement des crises et des récessions a été très limité depuis l’effondrement qu’on a connu en 2008 et 2009. En fait, la dette des pays, des individus et des entreprises est plus élevée aujourd’hui qu’avant la crise dans la plupart des 47 pays étudiés. Ce constat est inquiétant. Nous sommes, plus que jamais, exposés aujourd’hui à d’autres crises et à des menaces plus fortes à la stabilité financière internationale.

Depuis 2007, la dette globale a monté de 57 mille milliards de dollars à près de 200 mille milliards de dollars, 286 % du PIB planétaire. Les pays les plus touchés par la crise, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Irlande ont vu l’endettement des ménages baisser. Mais, ailleurs, notamment au Canada, le taux d’endettement n’a cessé de grimper.

Ce rapport met en lumière la situation du Canada en soulignant que le pays a maintenant un taux d’endettement des ménages plus élevé que les sommets atteints aux États-Unis et au Royaume-Uni avant l’éclatement de la crise immobilière. La dette des ménages canadiens représente 92 % du PIB du pays, comparativement à 77 % aux États-Unis et à 54 % en Allemagne.

Le Canada fait partie des pays où la dette des ménages a le plus augmenté depuis 2007. Le ratio dette/revenus disponibles a monté de 22 points de pourcentage au Canada, tout juste derrière… la Grèce. Regardez ce graphique :

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici

N’est-ce pas inquiétant?

Comment augmenter les taux d’intérêt dans un tel contexte sans provoquer des faillites à la chaîne? Comment les pays les plus endettés vont-ils parvenir à surmonter ce poids financier sans mettre à risque leur économie et le bien-être de leur population? Comment peut-on aujourd’hui gérer correctement les dettes des gouvernements et les dettes des ménages? Comment la locomotive de la consommation à crédit peut-elle poursuivre sa route à toute vitesse?

Chers fidèles de ce blogue, et à tous les nouveaux qui se joignent à la discussion toutes les semaines, je vous souhaite une belle année 2015, de la santé et du bonheur. Je vous remercie de participer si activement et avec autant d’engagements à ce blogue depuis 2006. C’est grâce à vous que je continue à alimenter ce blogue. C’est grâce à vos idées, vos questions, vos commentaires, votre présence. Tout simplement, merci!

Les derniers jours ont été durs et pénibles avec l’attentat de mercredi dernier à Paris et les prises d’otage vendredi. Dans quel monde sommes-nous entrés? Qu’est-il en train de se passer? Comment combattre le terrorisme, comment déjouer les attaques tout en agissant sur les causes fondamentales du terrorisme? Comment vivre normalement après cette attaque à la liberté, à la liberté d’expression, au cœur de la république et de la démocratie?

Comme vous, je réfléchis, je lis, je discute avec des proches de ce qui s’est passé. Bien malins ceux qui croient avoir les réponses à toutes les questions. Mais les autorités politiques, qui se disent aujourd’hui unies pour faire face à la menace terroriste, devront aller jusqu’au bout de cette affirmation de solidarité et adopter les mesures adéquates pour assurer la sécurité de leurs concitoyens. Elles devront aussi et surtout agir à long terme en misant sur l’éducation et la réduction des inégalités économiques.

***

L’année 2014 a été marquée par la chute du pétrole. On verra l’impact sur l’économie réelle de cet effondrement des prix cette année. C’est, pour l’instant, l’enjeu économique prépondérant, qu’on va suivre de près sur ce blogue et à RDI économie.

Par ailleurs, au pays, on va continuer de s’intéresser à la question de finances publiques. La majorité des provinces sont toujours en déficit, mais l’exercice 2015-2016 va marquer le retour – officiel – à l’équilibre budgétaire au Canada et au Québec. À Ottawa, des baisses d’impôt sont à l’ordre du jour, mais la chute des cours du pétrole pourrait venir contrecarrer les projets du gouvernement Harper.

À Québec, pendant ce temps, le gouvernement Couillard continuera d’appliquer des mesures d’austérité pour réduire ses dépenses tout en continuant d’investir dans les infrastructures. On en parlait le 19 décembre dernier, le gouvernement affiche déjà un surplus budgétaire pour les six premiers mois de l’exercice 2014-2015 en raison d’un contrôle serré des dépenses.

Cela dit, il y a une chose dont on a peu parlé et qui mérite toute notre attention. L’économiste Pierre Fortin nous l’expliquait le 21 novembre dernier à RDI économie : même si le gouvernement continue d’investir dans ses infrastructures, il faut noter que ces investissements seront sérieusement réduits dans les prochaines années.

Les dépenses en immobilisations vont représenter cette année 3,1 % du PIB, mais vont tomber à 2 % d’ici deux ans. Les sommes prévues pour les infrastructures vont passer de 11,5 milliards de dollars cette année à 8,5 milliards dans 2 ans, une baisse rapide de 3 milliards. C’est près de 1 % du PIB du Québec. Et c’est donc une baisse considérable d’investissements publics qui pourrait nuire à la croissance économique du Québec, déjà affaiblie par le vieillissement de la population.

www.finances.gouv.qc.cadocumentsAutresfrAUTFR_lepointAut2014.pdf - Google Chrome

source : Finances Québec

Le Québec veut, certes, ralentir son endettement pour réduire les intérêts à payer sur sa dette. Le gouvernement va le faire en revenant à l’équilibre budgétaire, le déficit représentant environ le quart de l’endettement supplémentaire dans une année. Mais le gouvernement Couillard veut le faire aussi réduisant ses investissements en immobilisations, qui représentent les deux tiers de l’endettement nouveau chaque année.

Le Québec a perdu 15 800 emplois en 2014, du 1er janvier au 31 décembre. La perte est de 2300 en comparant la moyenne mensuelle d’une année sur l’autre. Ce résultat est très décevant dans un contexte où les États-Unis sont en croissance et où la chute du dollar canadien favorise l’économie du Québec. Avec la baisse du prix de l’essence, une occasion en or se présente pour relancer l’économie du Québec. Il serait malheureux que le Québec rate cette chance…

Et l’emploi, Monsieur Leitao?

Mardi 2 décembre 2014 à 19 h 59 | | Pour me joindre

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Comment expliquer que le gouvernement Couillard s’entête à alourdir le fardeau fiscal des contribuables et des entreprises, pendant que la croissance économique demeure faiblarde et que le Québec a perdu 100 000 emplois à temps plein depuis un an?

Le ministre des Finances Carlos Leitao avait prévu, durant la campagne électorale en mars, une croissance du PIB de 2,1 % en 2014. En juin, il a révisé sa projection à 1,8 %. Aujourd’hui, début décembre, la croissance de 2014 est évaluée maintenant à 1,6 %.

Le ministre a aussi révisé à la baisse sa projection pour 2015. Les entreprises hésitent à investir, le Plan Nord est miné par la chute des prix des métaux, les contribuables épargnent moins, s’endettent plus, mais heureusement les exportations bondissent grâce à la chute du dollar canadien et au rebond américain. Eh oui, on peut espérer une accélération de l’économie avec la baisse des prix de l’essence.

Mais c’est trop peu pour l’instant. L’économie du Québec a besoin de son secteur privé, a besoin de créer de la richesse, de la prospérité et des emplois. Avant de ralentir davantage, l’économie du Québec n’a-t-elle pas besoin d’un plan pour l’emploi de la part de son gouvernement?

Qu’en pensez-vous?

Le ministre Leitao était notre invité à RDI économie, regardez l’entrevue.

Un plan de relance pour l’économie?

Lundi 10 novembre 2014 à 14 h 34 | | Pour me joindre

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Le nouvel Institut du Québec, un groupe de réflexion unissant HEC Montréal et le Conference Board, publie une étude qui en arrive à la conclusion que l’économie de Montréal a un impact majeur sur le reste de l’économie du Québec.

Vous ne serez peut-être pas étonné par cette conclusion, mais il faut aller plus loin. L’Institut dit que Montréal a un « effet locomotive » extrêmement important pour l’ensemble du Québec. Cet « effet locomotive » est « le deuxième en importance de toutes les grandes villes du Canada ». On dit souvent : quand la construction va, tout va! Il faut dire aussi au Québec : quand Montréal va, tout va!

Regardez ce tableau : la population du Grand Montréal représente environ 50 % de tout le Québec. Mais la contribution du Grand Montréal au PIB québécois est plus grande que sa population, tout comme les impôts payés, les investissements étrangers directs et les brevets.

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Le problème, c’est que la métropole connaît une croissance économique lente. Son taux de chômage demeure au-dessus de la moyenne, la croissance économique est faible, la croissance démographique aussi. Montréal est aussi la championne des pertes de sièges sociaux depuis 15 ans au Canada. Selon l’Institut du Québec, il faut donc un électrochoc.

Dans ce contexte, je me permets de répéter ma question de vendredi dernier, quand on parlait de la chute de l’emploi au Québec : que faut-il pour relancer la confiance dans la province, chez les entrepreneurs de Montréal et d’ailleurs? Comment stimuler les investissements, le marché de l’emploi et l’économie en général?

Je vous ai préparé un tableau à partir des niveaux d’investissements des entreprises depuis trois ans au Québec. Voyez l’effondrement depuis le début de 2013…

Alors, l’État devrait-il orienter son action vers la relance, vers un plan de stimulation économique pour éviter que le Québec ne plonge en récession?

L’inquiétant ralentissement

Vendredi 29 août 2014 à 11 h 54 | | Pour me joindre

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Les récentes données sur l’emploi et le PIB soulèvent des inquiétudes sur la solidité de l’économie québécoise. Le gouvernement Couillard doit déjà revoir ses chiffres. On évoque la possibilité de présenter un minibudget à l’automne pour mettre à jour les prévisions et mettre en oeuvre les mesures de révision demandées aux comités sur la fiscalité et les programmes.

Alors qu’on apprend que le gouvernement procède à des compressions au ministère de la Faune, l’austérité est-elle appropriée dans un contexte de faible croissance du PIB et de l’emploi?

Voici deux graphiques, qui parlent :