Le Parti québécois a envisagé d’abolir le Fonds des générations. On verra si cet engagement électoral se retrouvera dans le budget qui sera présenté le 20 novembre, la semaine prochaine, par le ministre des Finances et de l’Économie Nicolas Marceau à Québec. Ce fonds a été créé en 2006 par Michel Audet, alors ministre des Finances dans le gouvernement Charest. Il avait pour but d’amasser des fonds, de les faire fructifier, de façon à créer une garantie à long terme pour les prochaines générations qui devront rembourser la dette du Québec.
Dans la plateforme du PQ, présentée durant la campagne du mois d’août dernier, il est écrit qu’un gouvernement Marois envisagerait d’« affecter immédiatement toutes les sommes du fonds des générations au paiement de la dette afin de réduire les risques de pertes financières et de réduire immédiatement l’importance des paiements en intérêt sur la dette. »
Est-ce une bonne solution? Certes, en remboursant maintenant environ 5 milliards de dollars de dette, le gouvernement réduit ses paiements d’intérêt. Ce n’est pas négligeable. Avec les taux d’intérêt qui sont faibles, le gouvernement du Québec pourrait réussir à réduire, au moins un peu, le poids de sa dette. Cela dit, ce serait là le bienfait principal, pour ne pas dire le seul, d’une abolition du Fonds des générations.
Il est important de considérer deux points avant de prendre une telle décision.
Premièrement, les sommes accumulées dans le Fonds des générations sont déduites de la dette brute dans le calcul de la dette nette. Bien que les intérêts payés ne soient pas abaissés par cette écriture comptable, la présence d’un fonds sert de garantie pour le gouvernement du Québec, garantie qui permet d’équilibrer son bilan financier face aux agences de notation. Ces agences commencent d’ailleurs à exprimer leurs préoccupations quant à l’indépendance de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère par ailleurs le Fonds des générations.
Deuxièmement, le gouvernement Marois pourrait s’inspirer de la Norvège, qui a mis sur pied un fonds alimenté par les revenus du pétrole et qui atteint aujourd’hui 600 milliards de dollars. Ce fonds permet à la Norvège d’investir et d’assurer son équilibre financier… à tout jamais peut-être! Il est possible pour le gouvernement norvégien de faire appel à un très petit pourcentage du fonds pour équilibrer son budget dans les coups durs.
Chez nous, la première ministre Pauline Marois a clairement indiqué son intention d’exploiter le pétrole du Québec. Pourquoi ne pas maintenir le Fonds des générations pour y accueillir les revenus de cette ressource non renouvelable? N’est-elle pas tenue, moralement, de s’assurer que les prochaines générations bénéficient aussi des milliards du futur pétrole exploité du Québec?
Le gouvernement devrait-il attendre et consulter avant d’aller plus loin avec son engagement d’abolir le Fonds des générations? Qu’en pensez-vous?
Ainsi, le PQ ne va pas augmenter la taxation du gain en capital et des dividendes. Et il n’abolira pas la contribution santé, tel que promis. Le PQ n’ajoutera pas non plus deux paliers d’imposition supplémentaires à 28 % et 31 % pour les particuliers gagnant plus de 130 000 $ et de 250 000 $ par année. Il se contentera d’un palier de plus à 25,75 % pour les revenus dépassant 100 000 $.
Politiquement, le Parti québécois a beau jeu. En annulant la contribution santé, qui était une taxe régressive, il baisse les impôts de plus de 90 % des contribuables. Une grande majorité de couples paiera donc 400 $ de moins en impôts par année. En augmentant les impôts des plus riches, le PQ touche 145 000 personnes à différents niveaux, soit 3,1 % des contribuables.
Autrement dit, l’économie passera par le filtre écologique dans chaque décision à venir. Si le défi écologique est le plus important de notre époque et de notre siècle, on ne peut pas ignorer que le nouveau gouvernement va donner un grand coup de volant au plan de match pour l’économie du Québec et devra le faire rapidement. Le PQ n’a pas de majorité et n’a pas beaucoup de temps pour mettre sa stratégie en place et faire en sorte que ça fonctionne!
L’écologiste et fondateur du mouvement « Maître chez nous 21e siècle » Daniel Breton pourrait être nommé aux ressources naturelles ou à l’énergie, il faudra voir le découpage des ministères. Pauline Marois a souligné le travail de Daniel Breton sur les questions de développement énergétique durant la campagne. Le fait que le PQ l’ait approché confirme nécessairement son intérêt pour le programme qu’il a développé. Les producteurs énergétiques, ceux qui explorent les richesses du sol québécois pour y trouver du gaz ou du pétrole, ne vont certainement pas accueillir cette nomination avec joie!
En matière de ressources, il ne faut pas écarter François Gendron, député d’Abitibi-Ouest, doyen de l’Assemblée, qui a déjà occupé ces fonctions dans les gouvernements de Jacques Parizeau et de Bernard Landry. La députée de Vachon Martine Ouellet, ancienne d’Hydro-Québec et porte-parole dans l’opposition en matière de mines et de gaz de schiste, pourrait aussi atterrir aux ressources. Elle pourrait aller aussi à l’environnement. Elle a présidé la coalition Eau-secours, en faveur d’une gestion responsable de l’eau. On aurait pu penser aussi à Scott McKay, autrefois chef du Parti vert.
Dans les autres candidatures à surveiller : la nouvelle députée de Richelieu, l’avocate Élaine Zakaïb a un parcours d’affaires impressionnant appuyé d’études pertinentes sur le plan économique : MBA à l’UQAM en 2004, « Senior Executive Program » à la London Business School en 2006. Elle a été PDG des Fonds régionaux du Fonds de solidarité FTQ, vice-présidente investissements pour le Fonds.
Pour la suite des choses, les défis qui se présentent à la nouvelle chef du gouvernement du Québec sont de taille. Et ils le seront encore plus dans un gouvernement minoritaire, qui détient seulement une avance de quatre sièges sur la nouvelle opposition officielle du Parti libéral.

