Billets classés sous « Obama »

Le blocage politique à Washington est à la fois fascinant et déconcertant, vu d’ici. Comment les Américains peuvent-ils se compliquer la vie ainsi, mettant toute une économie à risque de replonger dans l’enfer, alors qu’on peine encore à émerger de la crise de 2008?

Au Canada, si le budget du ministre des Finances est rejeté en Chambre, le gouvernement tombe, le premier ministre se rend chez le gouverneur général, une coalition d’autres partis prend le pouvoir ou on déclenche, comme c’est usuellement le cas, des élections. Pendant ce temps, et même si le budget a été renversé, le financement des activités normales du gouvernement se poursuit tout de même.

Au Canada, si une mesure budgétaire est annoncée et doit entrer en vigueur le lendemain de l’annonce, même si le budget n’est pas encore adopté, le nouveau programme est tout de même disponible pour les contribuables. C’est le cas de la mesure ÉcoRénov, que vient d’annoncer le ministre des Finances du Québec Nicolas Marceau. Ce programme n’a pas reçu encore l’aval législatif à Québec, mais il est tout de même déjà disponible.

Le président Obama entouré du président de la Chambre des représentants, John Boehner, et de la leader de la minorité à la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi.Il y a des différences fondamentales entre le système britannique canadien et le système républicain présidentiel des États-Unis. Chez nous, il y a une chambre qui vote les lois et une autre qui les sanctionne. Les députés de la Chambre des communes sont élus, les membres du Sénat sont nommés par le gouvernement. Aux États-Unis, les membres des deux chambres sont élus et les deux entités doivent donner leur appui législatif, avec la sanction du président.

Ces différences établies brièvement, il est consternant de constater le niveau de pouvoir des élus américains sur le fonctionnement normal de l’État et de l’économie. Parce que le Tea Party veut profiter de l’occasion qui se présente pour pousser le président Obama et les démocrates à adopter des mesures draconiennes de réduction des dépenses, et parce que le président Obama a décidé d’en découdre avec la ligne dure des républicains, et parce que nous sommes en présence d’un affrontement politique à 100 % influencé par les élections de mi-mandat l’automne prochain, il y a 800 000 fonctionnaires en chômage technique et une économie qui pourrait plonger en récession si un défaut de paiement est déclaré d’ici la fin du mois.

Vraiment, les États-Unis font-ils bien fonctionner leur démocratie?

Y a-t-il de « l’eau dans le gaz » dans le projet d’union libre du Canada et de l’Union européenne? À quelques semaines du début des négociations de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, on peut sérieusement se demander si les relations canado-européennes ne sont pas en train de dérailler. Les signaux envoyés sont tous au jaune. Et les irritants se multiplient.

Ce qui achoppe, ce sont les questions agricoles. Le Canada veut exporter plus de bœuf vers l’Europe. L’Union refuse et exige un accès plus grand au marché des produits laitiers du Canada. La plupart des autres points seraient réglés ou sur le point de l’être. Mais cette question bloquerait toutes les avancées supplémentaires.

Ce problème survient au moment où l’administration Obama est sur le point de lancer des négociations avec l’Union européenne. Si le Canada n’a pas conclu d’entente avec les Européens avant le début des discussions entre Washington et Bruxelles, comment pourrait-on prétendre à Ottawa que l’Union européenne a encore beaucoup d’énergie à mettre sur une entente. Le réel intérêt pour l’Europe, ce sont les États-Unis. Et ils sont sur le point de pouvoir y aller directement, sans passer par le nord.

Les relations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis représentent le tiers des échanges commerciaux mondiaux. Total de 645 milliards de dollars en 2012. Barack Obama sera en Allemagne les 18 et 19 juin prochain.

Dans l’urgence, le Canada devra-t-il plier sur des points cruciaux?

Il faut ajouter qu’il y a deux dossiers qui nuisent aux relations canado-européennes : le phoque et les sables bitumineux. Le boycottage des produits du phoque canadien a été confirmé, il y a quelques jours, une fois de plus. Et ça agace le Canada.

Et l’Europe est allergique au pétrole issu des sables bitumineux. Même si les Européens ne sont pas vraiment appelés à consommer de ce pétrole, ils continuent de mener une campagne contre ce type d’énergie. Le ministre fédéral des Ressources naturelles Joe Oliver affirme que les directives européennes sont discriminatoires et ne s’appuient pas sur la science. En notant les types de pétrole, les Européens minimisent les émissions de gaz à effet de serre (GES) émises par le Venezuela, selon Joe Oliver.

La Commission européenne pourrait bientôt conclure que les émissions de GES du pétrole des sables bitumineux sont 22 % plus élevées que le pétrole conventionnel. Le Canada pourrait saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) du dossier.

L’enthousiasme qui a régné pendant un certain dans l’avenue d’une entente sur un libre-échange entre le Canada et l’Union européenne a disparu. Les yeux sont tournés vers Washington aujourd’hui. Et ce qui apparaissait récemment comme des petits détails à régler entre le Canada et l’Union européenne ressemblent de plus en plus à des cadenas difficiles à déverrouiller.

Deux ou trois choses sur les oléoducs…

Mercredi 23 janvier 2013 à 11 h 44 | | Pour me joindre

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C’est une avancée importante pour l’industrie du pétrole au Canada que celle de l’approbation par le gouverneur du Nebraska du nouveau tracé pour l’oléoduc que souhaite compléter TransCanada entre l’Alberta et le Texas. À terme, ce projet de 7 milliards de dollars et de 20 000 emplois doit permettre de transporter 830 000 barils par jour vers les raffineries situées en bordure du golfe du Mexique, là où le commerce pétrolier demeure florissant.

Une vue de pipelinesLe président Obama doit donner son accord au projet avant qu’il puisse aller de l’avant. L’aval du Nebraska, qui affirme que l’impact environnemental du projet sera « minime », devrait permettre à Washington d’approuver le projet.

L’industrie pétrolière milite avec vigueur et avec succès également pour le développement massif des oléoducs au Canada, et pour une raison très simple : le manque d’infrastructures provoque des surplus que les pétrolières doivent écouler au rabais. Selon l’analyste et économiste Charles Saint-Arnaud, de la firme Nomura, basée à New York, le prix de vente du pétrole canadien est environ la moitié du prix de vente du pétrole international.

Le pétrole négocié sur la planète et dont le prix se situe autour de celui du Brent à Londres, donc autour de 110 $, est de bonne qualité et il est accessible. Celui des États-Unis vise un marché un peu plus restreint, plus captif, et se vend autour des 90 $. Mai, celui du Canada ne se rend pas de façon efficace aux raffineries du golfe du Mexique, et il souffre d’un manque d’infrastructures qui permettrait au Canada d’exporter son pétrole vers l’Asie. Confinée au marché américain, l’industrie canadienne du pétrole a peu d’emprise sur le prix négocié sur le marché.

La Banque du Canada affirme que « la congestion persistante des infrastructures de transport [ont] porté les décotes du pétrole brut lourd canadien à des niveaux records ».

Donc, du point de vue strictement commercial, et sans égard à l’impact important des sables bitumineux sur l’environnement, le Canada a besoin d’oléoducs vers le sud, l’ouest et l’est. Comme vous le savez, plusieurs projets sont sur la table : Keystone vers le sud, Northern Gateway vers l’ouest et celui de permettre le transport du pétrole jusqu’au Québec et vers le nord-est américain, porte d’entrée sur le marché international occidental.

La question qui surgit souvent est celle-ci : si le pétrole de l’Alberta est en ce moment la moitié du prix du pétrole fixé par le Brent, qu’on achète au Québec, pourquoi ne consomme-t-on pas le pétrole de l’Alberta? Réponse : les infrastructures ne le permettent pas en ce moment.

Alors, pourquoi ne pas bâtir les infrastructures qui permettraient au Québec de consommer le pétrole des sables bitumineux? Réponse : le projet est à l’étude. Mais soyons clairs, il n’est pas dit que le Québec va réduire sa facture en pétrole en achetant celui de l’ouest. Pourquoi? Bien, parce que le développement d’oléoducs vers le sud, vers l’ouest et vers l’est permettra au Canada de devenir un fournisseur de pétrole efficace et important sur la scène internationale…

Et vous l’aurez compris, le prix de vente remontera sensiblement pour rejoindre le WTI américain, peut-être même le Brent londonien. Ainsi, le bénéfice qu’on croyait faire dans l’est du pays pourrait disparaître.

La fiscaliste Brigitte Alepin nous disait l’automne dernier qu’on devrait considérer quelqu’un comme étant riche à partir de revenus de 400 000 ou 500 000 $ par année. C’est très subjectif, disait-elle aussi, que d’établir un niveau de richesse. Mais ce qu’elle souhaitait surtout, c’était d’attirer l’attention sur un point crucial : les riches, les « vrais » riches ont beaucoup de moyens pour réduire leurs charges fiscales.

Et donc, on a beau parler des impôts des mieux nantis, et les augmenter, il n’en demeure pas moins qu’une quantité importante de niches fiscales permet à ces gens-là de réduire considérablement leurs impôts. Et c’est à ça que les politiciens devraient s’attaquer. Il est là le « vrai » problème fiscal dans le monde… et on en fait très peu pour améliorer cette situation.

Gerard DepardieuL’affaire Depardieu en France est une histoire qui fait beaucoup de bruit, certes, mais elle est tout à fait révélatrice de la situation réelle des « vrais » riches. Ils sont mobiles! S’ils ne veulent pas subir les hausses d’impôts annoncées en France, au Québec ou aux États-Unis disons, ils peuvent partir, déménager, se trouver une nouvelle adresse pour déclarer leurs revenus. Comme le fait l’acteur Gérard Depardieu, qui partait pour la Belgique et qui est finalement tombé dans les bras de Vladimir Poutine en Russie.

Les paradis fiscaux débordent de milliards de dollars à l’abri de l’impôt. Aussi, les gains en capitaux représentent une quantité importante des revenus des hauts dirigeants d’entreprises qui se font payer en options. Ces gains-là sont beaucoup moins taxés que les revenus de travail.

L’investisseur américain multimilliardaire Warren Buffett affirmait récemment qu’il faudrait exiger un impôt minimal de 30 % sur les revenus dépassant 1 million de dollars par année. Malgré des millions engrangés chaque année, il bénéficie d’un taux effectif d’impôt d’environ 17 %. Mitt Romney, candidat républicain malheureux à la présidentielle américaine de novembre dernier, n’a payé que 14 % d’impôts dans sa dernière déclaration de revenus.

Le 19 novembre dernier, dans le New York Times, Daniel Altman, professeur d’économie de l’Université de New York, écrivait que pour s’assurer une plus grande contribution des plus riches, on devrait taxer la fortune des plus riches et non plus seulement leurs revenus. Un taux d’imposition unique de 1,5 % sur les actifs financiers et autres actifs importants rapporterait plus de 800 milliards de dollars au trésor américain, selon lui. Il propose un taux de 0 % sur les actifs entre 0 et 500 000 $, de 1 % sur les actifs entre 500 000 et 1 000 000 et de 2 % sur le reste.

Au Québec, aux États-Unis, en France ou ailleurs, les mieux nantis sont appelés à contribuer davantage au trésor public. Mais cette solution est loin d’atteindre tous les objectifs. Oui, l’État peut engranger un peu plus d’argent… et encore, c’est assez minime au final. Mais, non, ça ne guérit pas la maladie qui ronge le capitalisme mondial : l’évasion fiscale… et son cousin l’évitement fiscal.

La fracturation change tout!

Jeudi 15 novembre 2012 à 14 h 47 | | Pour me joindre

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L’énergie est au coeur des décisions les plus importantes pour notre avenir. D’où viendra notre pétrole qui coûte de plus en plus cher? Comment réduire sa consommation de pétrole? Comment améliorer notre autosuffisance énergétique? Et surtout comment développer de nouvelles sources d’énergie, renouvelables, plus vertes, plus durables?

Ce sont des questions que se posent les Québécois, les Canadiens dans leur ensemble et les Américains. Et à la réflexion, s’est ajouté cette semaine un document préparé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui nous apprend que les États-Unis seront d’ici 2020 le premier producteur de pétrole du monde, et d’ici 2030, un exportateur net de pétrole.

Forage horizontal d'un puits de gaz de schiste, grâce à la fracturation hydraulique.Pourquoi? Parce que la technologie de la fracturation hydraulique fait des miracles. Elle a provoqué une croissance exceptionnelle de la production de gaz naturel issu du schiste, de la pierre, et sera largement utilisée à l’avenir pour exploiter le pétrole de schiste. Cette technologie est très critiquée parce qu’on ne sait pas encore si elle est totalement sûre pour l’environnement et la santé. Mais l’AIE est d’avis que cette technologie est exceptionnelle et qu’il serait difficile d’y renoncer.

Si à Québec, on n’est pas du tout convaincu d’aller de l’avant avec la fracturation hydraulique, s’inspirant ainsi de la France qui l’a carrément interdite, il semble clair qu’on est certain de la pertinence d’exploiter le pétrole qui se cache dans les terres et les eaux de la nation. Il y en a en Gaspésie, dans l’île d’Anticosti et dans le golfe Saint-Laurent. Si la population adhère aux projets et si on peut se lancer dans une exploitation qui respecte des critères environnementaux et sociaux, le PQ semble décidé à pomper le pétrole disponible et accessible.

Questions : est-ce que l’exploitation du pétrole ne viendrait pas alourdir davantage le bilan carbone du Québec que l’exploitation du gaz de schiste? Pourquoi le pétrole du Québec serait-il acceptable du point de vue environnemental alors que celui qui viendrait de l’ouest du pays dans un pipeline ne serait pas le bienvenu alors qu’il est 20 $ le baril moins cher que celui qu’on achète de la mer du Nord et d’Algérie? Cela dit, cet écart de prix demeurerait-il dans la perspective d’un développement international du pétrole albertain?

Par ailleurs, à Ottawa, on ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis. Stephen Harper mise sans condition sur le développement des sables bitumineux de l’Alberta. Son problème, c’est de bien gérer la croissance. Des décisions stratégiques s’imposent. Ottawa veut vendre son pétrole aux Chinois et aux Asiatiques.

forage_petrole_usaQuestions : mettra-t-il en cause ce développement s’il dit non à l’acquisition de la Canadienne Nexen par la société d’État chinoise CNOOC, une transaction évaluée à 15 milliards de dollars que le gouvernement semble hésitant à accepter? Ottawa a-t-il une stratégie pour développer son marché au moment où les États-Unis pourraient devenir autosuffisants d’ici huit ans comme le suggère l’AIE? Barack Obama va-t-il approuver le projet Keystone dans son ensemble, qui doit permettre d’amener le pétrole des sables bitumineux vers le sud des États-Unis? Est-ce qu’Ottawa devrait miser davantage sur le développement vers l’Ouest (Asie) et vers l’est du Canada (inversion du pipeline existant)?

Enfin, à Washington, le gouvernement mise sur le développement du gaz et du pétrole. L’explosion du développement du gaz par fracturation hydraulique ouvre de nouveaux horizons pour le développement énergétique aux États-Unis, et le président Obama veut en profiter. Il promet depuis longtemps l’indépendance énergétique des États-Unis et c’est encore plus vrai aujourd’hui avec le développement de la technologie de fracturation.

Les classes sociales, selon Mitt Romney

Mardi 18 septembre 2012 à 13 h 37 | | Pour me joindre

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Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine du 6 novembre prochain ne juge pas nécessaire de rallier 47 % des Américains qui dépendent, selon lui, de l’État et ne paient pas d’impôts. Mitt Romney,qui a fait cette déclaration sans savoir qu’elle allait se retrouver dans les médias, a affirmé, après coup, que tout cela manquait d’élégance et qu’il aurait dû trouver une formulation plus appropriée pour exprimer sa réflexion.

mitt-romneyCes mots nous ramènent à une vision de la société par classes : les riches, les pauvres; les créateurs de richesse, les personnes à charge, les assistés sociaux ; ceux qui ont du pouvoir, ceux qui subissent et attendent le soutien de l’État. Et dans l’esprit de Mitt Romney, un homme très riche, qui a bâti son succès dans les fonds d’investissement, il n’est pas nécessaire de dépenser de l’énergie pour gagner à sa cause une (grosse) partie des Américains.

Il y a un an s’amorçait le mouvement Occupons Wall Street, qui visait à dénoncer les inégalités de richesse. On a polarisé le débat en parlant du 1% représentant les plus riches de la société contre les 99 % formés par la classe moyenne et les démunis. Mitt Romney introduit une nouvelle dynamique : il y a les 47 % perdus d’avance pour lui, dépendant de l’État et ne payant pas d’impôts. Et il y a les 5 à 10 % d’indépendants qu’il juge réceptifs à ses arguments.

On peut estimer que ces propos ne font qu’exacerber les divisions et les tensions entre les uns et les autres. Le bureau du budget du Congrès américain, un organisme indépendant, a publié il y a près d’un an, des chiffres qui confirment que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ne cesse de grandir. Les voici :

Croissance des revenus après impôts – 1979-2007

Groupes de revenus      0-20 %                  21-80 %                81-99 %                     1 %

Croissance                      18 %                      37 %                      65 %                      275 %

Ces données expriment une réalité économique qui n’améliore pas la paix sociale. Certes, il faut créer de la richesse pour mieux la distribuer. Mais une grande part de cette richesse se retrouve toujours entre les mêmes mains. Et on est en droit de s’attendre à ce que les candidats à la présidence présentent des mesures concrètes pour améliorer le sort de tous les Américains, sans exclusion.

Le premier ministre du Canada est revenu très heureux du G20 avec un carton d’invitation pour participer aux négociations du Partenariat transpacifique. Stephen Harper travaille depuis un bon moment sur ce dossier. C’est prioritaire pour lui et il tenait à se joindre à cette discussion.

Pourquoi?

D’abord, parce que fondamentalement le premier ministre croit aux vertus du libre-échange. Depuis son accession au pouvoir en 2006, il a conclu des ententes de libre-échange avec le Honduras, le Panama, la Jordanie, la Colombie et le Pérou. Le Canada négocie des ententes en ce moment avec l’Union européenne, le Japon, l’Ukraine, le Maroc, la Corée du Sud, les Caraïbes, la République dominicaine, l’Inde, Singapour et le Costa Rica. Ottawa aimerait bien aussi négocier des ententes avec le Guatemala, le Salvador, le Nicaragua, la Turquie et probablement d’autres pays.

Un proche du ministre du Commerce international Ed Fast me disait que le Canada est très actif sur la scène internationale et que tout le monde semble vouloir négocier avec le Canada, pays de stabilité financière, de ressources et dont la gestion budgétaire sert de modèle pour plusieurs.

Stephen Harper et Barack Obama.Mais l’accord qui est le plus important pour le Canada, et pour lequel Stephen Harper voulait être invité aux négociations, c’est le Partenariat transpacifique. Il y a une dizaine de pays d’Asie, d’Océanie et d’Amérique qui participent aux discussions. Il s’agit des États-Unis, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Malaisie, du Vietnam, de Singapour, du Brunei, du Chili, du Pérou et du Mexique. Le Japon tente d’être admis à la table des négociations.

On parle d’un marché de plus de un demi-milliard de personnes pour un PIB total de plus de 17 000 milliards de dollars. C’est plus important que l’ALENA, l’Accord de libre-échange nord-américain (Canada, États-Unis, Mexique). C’est même plus important que le futur accord entre le Canada et l’Union européenne. En fait, c’est immense!

Et puisque le Canada veut vendre son pétrole aux pays d’Asie, la porte d’entrée qu’offrirait le Partenariat transpacifique est une occasion que Stephen Harper ne veut pas rater.

Mais il y a plus que ça…

Comme l’expliquait le spécialiste des questions asiatiques Loïc Tassé la semaine dernière à RDI Économie, cette entente s’inscrit dans l’axe de l’affrontement que se livrent les États-Unis et la Chine. Le président Obama tient à former un clan puissant face à l’ASEAN, l’Association des états du Sud-Est asiatique, qui regroupe 10 pays : Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam. Et il y a quelques années, cet ensemble a négocié un accord de libre-échange avec la Chine.

Elle est là la clé. C’est pour faire concurrence à cet espace de libre-échange, dont la Chine est le membre le plus important, que les États-Unis misent sur la formation du Partenariat transpacifique. L’arrivée du Canada était donc souhaitée par Barack Obama, autant que par Stephen Harper. Ce dernier veut voir le Canada prendre part à ce grand marché, même si les relations du Canada avec la Chine se sont réchauffées dans les dernières années.

Cela dit, il faudra surveiller l’évolution des négociations. Il est clair que les protections agricoles agacent bien des gens dans le merveilleux monde du libéralisme économique. Et il y a fort à parier que certains interlocuteurs exigeront que le Canada lâche du lest sur la question de la gestion de l’offre, qui garantit un marché pour les producteurs de lait, d’oeufs et de volaille. Une bataille à finir pourrait s’engager au pays si on remet en question la gestion de l’offre.