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Les chiffres de 7 régimes municipaux

Mercredi 20 août 2014 à 15 h 53 | | Pour me joindre

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Pendant que la commission parlementaire sur le projet de loi 3 se poursuit à Québec, voici l’évolution du taux de capitalisation de sept régimes de retraite municipaux. Les données nous ont été fournies par le professeur Vincent Morin de l’UQAC.

Le taux de capitalisation, c’est le niveau d’argent disponible pour respecter les engagements du régime à un moment précis. Ainsi, si on dit qu’un régime a un taux de capitalisation de 85 %, c’est donc dire que pour chaque dollar d’engagement envers les retraités, il y a une somme de 85 ¢ qui est disponible dans le régime.

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Régis Labeaume : la bonne approche?

Lundi 4 novembre 2013 à 12 h 03 | | Pour me joindre

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Le maire réélu de Québec, Régis Labeaume, a raison de s’inquiéter de l’état de santé des régimes de retraite au sein de l’administration municipale de sa ville. A-t-il raison de crier au loup pour l’ensemble du Québec? Peut-être. Peut-être pas non plus. Les principales causes des déficits actuariels actuels sont le manque de prudence dans les gestions des surplus aux régimes de retraite dans le passé et la crise financière de 2008-2009.

Régis Labeaume est réélu à la tête de la ville de Québec
Régis Labeaume

Si le constat de Régis Labeaume est factuel, sa manière de faire suscite des grincements de dents. Il est engagé dans une confrontation avec les syndicats de la ville, ce qui rendra difficile toute négociation. À Montréal, on a su négocier avec les cols bleus. Une entente a été conclue entre le syndicat représentant ces travailleurs et la ville, une négociation qui doit servir de modèle pour l’ensemble des municipalités, selon le rapport D’Amours. Parmi les mesures adoptées dans le cas des cols bleus, la contribution des employés au régime de retraite est passée de 40 à 45 % et celle de l’employeur, de 60 à 55 %.

Il n’est pas rare de voir des ratios 80-20, 75-25, 60-40 également dans les cotisations aux régimes de retraite. Autrement dit, et c’est souvent le cas pour les emplois plus difficiles ou risqués, comme les pompiers et les policiers, l’employeur paie 75 ou 80 % de la cotisation et l’employé, 20 ou 25 %.

Saguenay a aussi négocié une nouvelle entente avec ses cols bleus.

Cela dit, chaque situation est différente. Il n’y a pas de solutions toutes mâchées d’avance qui pourraient s’appliquer à l’ensemble des municipalités aux prises avec des régimes de retraite déficitaires. Il faut aussi tenir compte des prévisions du marché. D’ici cinq ans, les taux d’intérêt sur les obligations auront, en principe, repris de la vigueur, un rétablissement qui viendra renflouer les régimes de retraite et peut-être effacer complètement les déficits. En principe…

Mais on ne peut pas attendre les marchés. Il est normal de vouloir agir. Trop de facteurs pèsent sur les régimes de retraite des employés municipaux. Selon AON Hewitt, firme de consultants qui rassemble des données sur les régimes de retraite au Québec, la capitalisation des régimes de retraite s’est détériorée au cours des dernières années.

Voici les taux de capitalisation pour le régime de retraite médian (sur 100 régimes, ce serait le 50e) :

  • Au 31 décembre 2009 : 90 %
  • Au 31 décembre 2010 : 86 %
  • Au 31 décembre 2012 : 84 %

Autrement dit, pour chaque 100 $ de prestations à verser à l’avenir, le régime de retraite médian à 84 $ dans ses coffres. Cela dit, AON Hewitt affirme que le bilan des marchés pour les neuf premiers mois de 2013 laisse croire que le taux de capitalisation se sera possiblement amélioré au 31 décembre 2013.

Alors, j’ai trois questions pour vous :

  1. Faut-il revoir, sans hésiter, comme le souhaite Régis Labeaume, l’ensemble des régimes de retraite des employés municipaux concernés au Québec?
  2. Faut-il négocier avec les syndicats pour trouver un nouvel équilibre 50/50 comme le propose la CAQ?
  3. Faut-il opter pour le statu quo et faire confiance à une remontée des marchés financiers?

Il était essentiel de présenter un débat sur les enjeux économiques de Montréal. C’est ce que nous avons fait lundi soir, en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Quatre cents personnes ont assisté à l’événement, qui était aussi présenté à RDI. Et il en est ressorti beaucoup de choses intéressantes.

Je tiens à dire que c’était un bel honneur et un vrai plaisir d’animer un débat avec les principaux candidats à la mairie de Montréal. Je souhaitais que cet exercice soit utile pour les Montréalais. Il fallait entendre des propositions, en préciser certaines et s’assurer que ces idées soient mises à l’épreuve, ce qui ne pouvait se faire que par le débat. C’était ma conviction profonde et c’est celle qui m’a habité durant tout le débat. Je vous remercie d’ailleurs pour tous les commentaires durant le débat et après l’émission.

Les quatre candidats à la mairie de Montréal invités au débat organisé par la Chambre de commerce de Montréal.
Les quatre candidats à la mairie de Montréal invités au débat organisé par la Chambre de commerce de Montréal.

À mon avis, il faut retenir des interventions ceci :

1- Les quatre candidats s’engagent à limiter la hausse annuelle des taxes foncières au niveau de l’inflation, qui est particulièrement faible ces jours-ci à Montréal.

2- Aucun candidat ne propose d’abaisser les taxes commerciales pour les entreprises, une demande pressante du milieu d’affaires. Marcel Côté dit que les taxes d’affaires à Montréal sont les plus élevées, mais ne prévoit pas les réduire.

3- Mélanie Joly affirme que Montréal est une « junkie » des taxes foncières, que son budget dépend trop de ses taxes, soit 67 %, et que dans les circonstances, il faut revoir le pacte fiscal avec le gouvernement du Québec et récupérer 0,5 point de pourcentage de la TVQ, valeur d’environ 300 millions de dollars.

4- Denis Coderre voudrait voir le taux de chômage tomber sous les 7 %. Marcel Côté est d’avis qu’il faudrait voir le chômage tomber sous le niveau de l’ensemble des régions du Québec (7,6 %) et sous celui de Toronto (7,9 %). Le taux de chômage de l’agglomération de Montréal est actuellement de 10 %.

5- Denis Coderre s’est prononcé pour le renversement de l’oléoduc d’Enbrige entre Sarnia et Montréal.

6- Ce n’est pas le maire de Montréal qui fait du développement économique, selon Mélanie Joly, qui précise que le maire est là pour mettre en place des conditions qui vont favoriser le développement économique.

7- Mélanie Joly propose l’amnistie pour les firmes de génie-conseil en échange du remboursement « d’une partie des sommes » qui ont été encaissées incorrectement. Denis Coderre trouve « trop rapide » l’idée d’amnistie. Richard Bergeron dit que la négociation est déjà en cours.

8- Un projet de tramway serait payé par les Montréalais, dit Richard Bergeron, par le budget prévu dans les investissements.

9- Tous s’entendent pour dire qu’il faut continuer la renégociation des régimes de retraite. Mélanie Joly propose que Montréal ait un droit de lock-out.

10- Denis Coderre affirme qu’il faut demander à Air Canada d’amener plus de vols directs internationaux à partir de Montréal.

Et vous, qu’avez-vous retenu?

Voyez ou revoyez le débat!

Michael Applebaum est apparu calme dans la voiture qui l'amenait au quartier général de la SQ, à Montréal.    Iriez-vous faire des affaires dans une ville où le maire vient de se faire arrêter par la police? C’est la question que se posent et se poseront bien des dirigeants à la tête d’entreprises qui font affaire à Montréal et avec des sociétés qui sont installées à Montréal.

La réputation de Montréal, déjà entachée par des années de révélations sur la collusion et la corruption qui sévissent dans la ville, vient de descendre de quelques crans encore avec l’arrestation du maire Michael Applebaum, qui assure l’intérim depuis la démission de l’ex-maire Gérald Tremblay, qui a lui-même cédé sous la pression des révélations à la commission Charbonneau.

Pour vous donner une idée de ce qui est en jeu, des chiffres :

  • le PIB de Montréal représente le tiers de l’économie du Québec : 112 milliards de dollars en 2012;
  • Montréal, Laval et la Montérégie, c’est la moitié de l’économie du Québec;
  • Montréal, c’est 2 millions de personnes;
  • c’est près de 1 million d’emplois, le quart de tous les emplois du Québec;
  • 15 milliards de dollars d’investissements en 2012, selon l’ISQ;
  • 8000 mises en chantier par année, soit 18 % du total québécois;
  • le prix de vente des maisons a augmenté de 4 à 5 % par année dans les dernières années.

Les atouts de Montréal :

  • coûts compétitifs pour faire des affaires;
  • pôle financier;
  • ville universitaire;
  • ville de haute technologie;
  • personnalité axée sur la culture et le divertissement.

Ce qui joue contre Montréal :

  • corruption, collusion;
  • problèmes d’infrastructures;
  • congestion routière;
  • taux de chômage élevé à 10 %, faible croissance économique.

Il y a près de 150 000 emplois à pourvoir à Montréal d’ici 2015, selon Emploi-Québec, dont 65 % pour remplacer des départs à la retraite. Il y a près de 8 millions de touristes par année, d’après Tourisme Montréal. C’est l’économie de Montréal qui est en jeu. C’est l’économie du Québec aussi.

Mais attention, Montréal n’est pas une ville dangereuse. Et donc les gens vont continuer d’aimer et de visiter Montréal. Toutefois, le climat d’affaires devient toxique : comment les entrepreneurs d’ici vont-ils convaincre les investisseurs d’ailleurs de venir chez nous, injecter des sommes pour faire prospérer leurs avoirs et notre économie? Comment les entrepreneurs d’ici vont-ils réussir à convaincre les acheteurs et fournisseurs d’ailleurs de conclure des contrats avec eux?

Un haut dirigeant d’entreprise, et je vous en ai déjà parlé ici dans ce blogue, m’avait dit il y a déjà quelques années de cela que Montréal était considérée comme la Palerme du Nord. Et que cette perception pouvait nuire à l’obtention de contrats.

C’est un jour triste pour Montréal.

Sources : Desjardins, ISQ

D’entrée de jeu, permettez-moi de vous souhaiter une bonne année 2013 : du bonheur, de l’amour, de la paix et du succès! De la sérénité afin que chacun, peu importe sa situation, puisse mieux vivre, plus calmement, sans manquer de rien.

Cette année s’amorce avec deux nouvelles encourageantes.

D’abord, des avancées pour éviter le précipice budgétaire aux États-Unis, ce qui aurait pu avoir un impact économique majeur. Plus de peur que de mal finalement! Et puis, un règlement dans la LNH. Cela permettra à des milliers de personnes de retrouver des emplois perdus par ce conflit de travail opposant de riches joueurs à de riches propriétaires, et qui s’étirait…

Surtout, le bilan de 2012 est très appréciable au chapitre de l’emploi. Les changements imposés par le gouvernement Harper à l’assurance-emploi vont bouleverser la vie de milliers de travailleurs et de leur famille, c’est certain. Mais les dernières statistiques confirment une amélioration générale de la situation économique au pays, surtout au Québec.

Ainsi, après la perte de 51 000 emplois en 2011, le Québec a rebondi au cours de la dernière année en ajoutant 138 000 emplois. Le taux de chômage a baissé, les taux d’emploi et d’activité ont augmenté.

Dans les bonnes nouvelles, notons l’ajout de 128 000 emplois dans la région métropolitaine de Montréal, stimulée en particulier par un faible taux de chômage en Montérégie à 6,1 %. Aussi, la presque totalité des emplois créés au cours de la dernière année ont été à temps plein.

 

Les régions championnes en terme de faible chômage :

  • Chaudière-Appalaches : 4,6 %
  • Capitale-Nationale : 4,9 %
  • Montérégie : 6,1 %
  • Côte-Nord et Nord-du-Québec : 6,3 %
  • Laurentides : 6,5 %
  • Abitibi-Témiscamingue : 6,7 %
  • Bas-Saint-Laurent : 6,8 %

 

Les régions autour de la moyenne :

  • Centre-du-Québec : 7,1 %
  • Outaouais : 7,2 %
  • Lanaudière : 7,2 %

 

Les régions où le taux de chômage a monté en 2012 :

  • Laval : 7,4 %
  • Estrie : 7,9 %
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean : 9,4 %
  • Montréal : 10,1 %
  • Mauricie : 10,5 %
  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 14,6 %

 

Cela dit, les économistes sont d’avis que la situation ne va pas perdurer. Parlant pour l’ensemble du Canada, l’économiste Matthieu Arseneau de la Nationale affirmait vendredi qu’il demeure « sceptique quant à la durabilité de ces gains en raison de la volatilité des données sur l’emploi ».

Chez Desjardins, l’économiste Joëlle Noreau disait ceci : « Bien que les données économiques s’améliorent au sud de la frontière, les préoccupations entourant le contexte budgétaire laissent encore bien des inquiétudes quant à la performance de l’économie américaine cette année. Ce climat de tension amènera bien des hésitations chez les employeurs qui préféreront peut-être jouer de prudence dans les premiers mois de 2013 en limitant à la fois les investissements et les embauches. »

Une fois de plus, ce début d’année s’amorce sur une série de doutes, qui laissent croire qu’une croissance durable et soutenable peut s’installer, mais les risques demeurent assez nombreux pour faire dérailler, encore une fois, ce qui peut ressembler à une reprise. N’est-ce pas très prudent comme projection pour 2013?

La vraie menace pour Montréal

Vendredi 25 mai 2012 à 11 h 09 | | Pour me joindre

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Si la casse et les arrestations massives nuisent à l’économie de Montréal, il faut aussi s’intéresser à deux événements récents qui nous font comprendre que les problèmes de la métropole sont plus structurels. Les événements nocturnes des dernières semaines ont et auront un impact durant un certain temps. C’est le ministre des Finances Raymond Bachand qui nous le disait. Le maire de Montréal Gérald Tremblay s’en inquiète un peu plus tous les jours. La couverture internationale de ce qui se passe à Montréal a possiblement de quoi décourager les touristes.
 
Quartier Dix30
 
Mais l’ouverture de deux chaînes américaines de commerce de détail en banlieue de la métropole doit nous faire réfléchir à ce qui est en train de réellement se passer dans la grande région de Montréal. Les Affaires nous apprenait en février que le détaillant d’articles de cuisine William Sonoma avait choisi de s’installer à Brossard, au Quartier Dix30 pour faire son entrée au Québec.
 
Et puis, la chaîne Crate & Barrel a ouvert un premier magasin en sol québécois cette semaine. Pour ce faire, l’entreprise privée a choisi Laval, le Carrefour Laval.
 
Il n’y a pas si longtemps, ces magasins auraient choisi le centre-ville de Montréal pour s’établir, et très probablement la rue Sainte-Catherine, quelque part entre Aylmer et Crescent. Que s’est-il donc passé pour que ces détaillants à succès, à la recherche d’une clientèle de la classe moyenne élevée, choisissent Brossard et Laval, et non Montréal?
 
La réalité, c’est que les grandes banlieues qui encerclent Montréal ont réussi à créer des milieux de vie qui rendent inutiles pour ses citoyens de devoir se rendre rue Sainte-Catherine pour magasiner et pour consommer. Restaurants, salles de spectacles, divertissements, chaînes de prestige sont maintenant accessibles sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord de Montréal. Plus besoin de passer les ponts engorgés ou de payer des dizaines de dollars en stationnement au centre-ville pour avoir accès à ce qui semblait appartenir exclusivement, il n’y a pas si longtemps, aux commerces de la ville-centre.
 
L’étalement urbain, le dézonage agricole, les difficultés continuelles de financement de Montréal, la construction qui entrave continuellement les grandes artères – aujourd’hui c’est la rue Sherbrooke – ont permis aux banlieues de se développer et d’installer une offre accessible et attirante pour leur population. Et force est de constater que ça s’est fait au détriment de Montréal.
 
Aujourd’hui, Montréal est aux prises avec toutes les difficultés : pauvreté, chômage, problèmes de financement et c’est là que se concentrent tous les problèmes sociaux, toutes les contestations. Cela dit, Montréal a des forces exceptionnelles. Les chantiers de construction se multiplient, le Ritz-Carlton va rouvrir lundi, le vaste chantier du CHUM s’est mis en branle, Montréal accueille la F1 et des festivals de renommée internationale. Et des événements uniques comme C2-MTL cette semaine et le FTA depuis hier.
 
Montréal doit toutefois se battre avec Brossard, Longueuil et Laval, notamment, qui ont réussi à reproduire une bonne partie de l’offre de la ville-centre. William Sonoma et Crate & Barrel en sont une illustration qu’on ne peut ignorer.

Bulle à retardement?

Mercredi 9 mai 2012 à 10 h 58 | | Pour me joindre

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Un condominium à vendre à MontréalLes statistiques de la SCHL portant sur la construction résidentielle au mois d’avril suscitent l’inquiétude. Bien que les données mensuelles demeurent très volatiles, la tendance est claire : la construction à Toronto s’accélère à un rythme quasi démentiel, tout comme les mises en chantier de condominiums dans la grande région de Montréal. Les économistes sonnent l’alarme.

D’abord, le portrait général : au rythme d’avril, on aurait 245 000 mises en chantier d’habitations au Canada en 2012, une cuvée qui serait la meilleure en près de cinq ans. Les analystes affirment que ça devrait ralentir et revenir à un niveau un peu plus normal. Mais, pour l’instant, ce chiffre exceptionnel exprime l’emballement des acheteurs et des constructeurs qui veulent profiter des faibles taux d’intérêt, toujours en vigueur.

Quand on regarde les données par province, la situation du Québec saute aux yeux. La hausse de mars à avril est de 43,1 % en raison principalement d’un bond important dans la construction de logements locatifs et de copropriétés dans les centres urbains, à commencer par Montréal. Depuis le début de l’année, 3567 unités ont été mises en chantier dans la Région métropolitaine de Montréal, une hausse de 27 % par rapport aux quatre premiers mois de 2011.

C’est un marché en pleine folie, diront les plus inquiets. Les économistes de Desjardins affirment qu’à ce rythme, l’atterrissage pourrait être « douloureux ». Autrement dit, si on construit trop, trop rapidement, on pourrait manquer d’acheteurs, ce qui pourrait entraîner une chute des prix dans les copropriétés. Il suffit de se balader dans les quartiers centraux de Montréal pour constater qu’à peu près chaque parcelle de terrain disponible est la proie des promoteurs et des grues.

Les économistes de Desjardins prévoient ou souhaitent une accalmie en mai « dans la mesure où les promoteurs se disciplinent suffisamment pour limiter l’offre de nouveaux condos afin d’éviter un surplus qui pourrait mettre du temps à se résorber. » Vraiment?

À Toronto, pendant ce temps, la hausse annualisée en avril est de 19 %! En fait, ce dernier mois est complètement sorti de la moyenne des six derniers mois. On parle carrément d’une explosion de construction dans la Ville Reine. Depuis le début de l’année, la hausse de construction de tous types de logements avoisine les 30 %. Dans le segment des logements collectifs, hausse de 97 % des maisons en rangée, de 30 % des appartements, de 23 % des maisons jumelées.

Ça fait des années que le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney avertit les Canadiens quant à leur niveau élevé d’endettement et quant à un choc possible d’une hausse des taux d’intérêt qui finira bien par arriver, bien qu’elle pourrait encore être retardée compte tenu de l’état de l’économie mondiale.

À quelques reprises, le Globe and Mail a évoqué la crainte qu’une bulle immobilière soit en train de se former dans certains marchés. Récemment, le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty a exprimé sa préoccupation quant à la vigueur du marché immobilier de Vancouver, de Toronto et maintenant de Montréal.

Les dernières données sur la construction résidentielle nous laissent comprendre que tous ces appels ne sont absolument pas entendus…