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Boom minier au Québec : du calme!

Jeudi 29 novembre 2012 à 17 h 26 | | Pour me joindre

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Quand on parle des mines du Québec ou encore du potentiel pétrolier, il y en a qui s’emballe et qui sorte les gros chiffres qui viendront régler tous les problèmes financiers du gouvernement. Mais, en y regardant de plus près, est-ce qu’un Klondike nous attend vraiment?

Selon Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal et expert dans les questions de ressources, « les ressources minières du Québec ne sont ni plus ni moins intéressantes que celles du reste du pays. » C’est ce qu’il affirme dans son plus récent livre, Le défi des ressources minières publié aux Éditions MultiMondes.

Malgré les annonces spectaculaires effectuées par l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest, les attentes sont trop élevées selon lui. « L’impact du Plan Nord mis de l’avant par le gouvernement Charest semble mineur », écrit-il. Pour quatre raisons.

  1. Les projets miniers du Québec « visent un minimum de transformation locale. Le minerai quittera le Québec sous sa forme la plus brute possible, faute d’une volonté politique ». À ce propos, on peut se demander ce qu’il en sera au projet de mine de fer Sunny Lake de Century Iron Mines au nord-ouest de Schefferville tandis qu’un producteur chinois (Wisco International) vient d’acheter 60 % des actions du projet?
  2. « De 2000 à 2008, 14 entreprises minières n’avaient versé aucune redevance malgré une production annuelle qui atteignait 4,2 milliards de dollars collectivement. Quant aux autres entreprises minières, elles n’avaient dû payer, ensemble, qu’un peu plus de 30 millions par année, soit seulement 1,5 % de la valeur brute de leur production. » Avec le nouveau régime mis en place par les libéraux, le professeur Mousseau évalue que les minières auraient payé en 2010-2011, « l’équivalent de 4,5 % de la valeur du minerai ». Il dénonce dans son livre le manque d’informations sur chacune des mines.
  3. Et « la restauration des dégâts causés par l’industrie minière coûtera cinq fois le montant des redevances collectées de 2000 à 2008, ou quatre fois celui obtenu en 2010-2011, sous le nouveau régime ».
  4. C’est « en grande partie l’argent public et non l’industrie minière directement qui fournira la majorité des emplois [par l'entremise d'Hydro-Québec notamment] et des retombées annoncés dans un rapport préparé bénévolement par SECOR, une firme de consultant ».

On peut se demander si la conjoncture économique ne viendra pas contrecarrer les plans du gouvernement pour les mines et les ressources. C’est difficile à dire. Des suspensions de travaux ou des reports d’investissements, ainsi que des problèmes de financement de plus en plus apparents, peuvent se produire et avoir un impact pour un certain temps. Mais c’est une donne à considérer puisque les découvertes évoluent. L’arrêt d’un projet peut signifier sa fin aussi.

Le gouvernement Marois corrigera-t-il le tir à propos de la transformation locale? Ira-t-il de l’avant avec une redevance sur la valeur brute de 5 % et sur les « surprofits » dépassant un certain niveau, tel que promis en campagne électorale? Et qu’en sera-t-il du niveau de responsabilité des minières à propos des sites contaminés et dont la production a cessé?

À quand le régime minier et la nouvelle loi sur les mines? Si on y croit vraiment, il faut un plan de match clair, pour les minières, les travailleurs et l’ensemble des contribuables québécois.

En plus de la croissance économique qui n’est pas au rendez-vous au Québec, et qui obligera le prochain gouvernement à refaire ses calculs de revenus, il faudra aussi que les partis qui s’opposent en vue du scrutin du 4 septembre au Québec prennent en compte la chute des prix des minéraux sur les marchés mondiaux.

Les principaux partis ont des projets d’exploration et d’extraction de minerais et de ressources. Leur projet à chacun diffère sur le niveau de redevances et d’implication de la Caisse de dépôt et placement. Mais tous considèrent que ce développement sera porteur de richesse pour le Québec. Or, les signaux actuels qui proviennent du marché ne sont pas très convaincants.

Martin Ferguson, le ministre des Ressources en Australie, un pays qui explore et exploite abondamment ses matières premières, affirmait à la fin de la semaine dernière que le boom minier était terminé, une déclaration que n’a pas endossée le ministre des Finances du pays, qui croit, lui, que les investissements dans le secteur minier vont se poursuivre. On verra qui aura raison.

Entre-temps, le ralentissement dans le secteur est notable. Qu’est-ce qui l’explique? D’abord, il y a une récession qui se propage en Europe. Mais il y a surtout la croissance en Chine qui est de moins en moins forte, avec un ralentissement continu dans le secteur manufacturier et une diminution de ses importations. Le prix du fer, le minerai le plus exploité au Québec, a chuté de 23 % depuis son sommet pour tomber à son plus bas niveau en trois ans.

Les 10 principaux minerais qui sont extraits au Québec sont : le fer, le zinc, le nickel, l’or, le cuivre, le niobium, le plomb, le cobalt, le cadmium et l’argent.

Voici l’évolution des prix pour quelques-uns de ces minerais depuis les derniers sommets des 52 dernières semaines :

  • Fer : -23 %
  • Zinc : -19 %
  • Nickel : -25 %
  • Or : -11 %
  • Cuivre : -17 %
  • Argent : -28 %

Ce sont des données bien réelles qui doivent nous rappeler combien le monde des matières premières est volatile et incertain. Les partis politiques doivent en tenir compte pour éviter de nous faire croire à des mirages…

Les mines au Québec: un avenir en or!

Mardi 22 novembre 2011 à 12 h 01 | | Pour me joindre

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Avec la demande croissante des pays émergents, il semble acquis que les investissements dans le minerai et les ressources du Québec seront profitables à moyen et long terme aux explorateurs. Les actionnaires des sociétés minières et énergétiques le savent très bien et veulent bénéficier des besoins grandissants de milliards d’être humains sur la planète, qui veulent accéder à un niveau de vie plus élevé. Comme nous, finalement!

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