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Cette petite phrase, on l’entend souvent depuis quelques mois dans les milieux d’affaires, dans le monde de la culture, chez les meneurs des différents secteurs d’activité. Bien des gens sont d’avis que l’élection de Denis Coderre en novembre 2013 a changé le ton, l’attitude, le visage de Montréal. On est passé d’une ville abîmée par les scandales à une métropole qui a le goût de bâtir son avenir.

Montréal fait face à plusieurs défis, mais l’occasion semble belle pour accélérer ce qui va bien et créer des revirements sur ce qui va mal. Mais, pour ça, tous les acteurs doivent travailler dans le même sens. Or, la réduction des crédits d’impôt dans plusieurs secteurs de l’activité économique de Montréal crée beaucoup d’incertitude. Si, à la base, le gouvernement cherche à réduire son intervention et mieux cibler son action, ses gestes pourraient avoir une portée contre-productive, une crainte exprimée maintes fois depuis l’été dernier.

Je vois Montréal

L’événement du 17 novembre Je vois Montréal incarne le renouveau, la relance, l’innovation et la créativité de Montréal. Cet événement, initié par les hommes d’affaires Jacques Ménard et Michel Leblanc, a pour objectif de mettre en valeur 200 projets d’entrepreneurs. C’est du concret, du réel, des projets solides qui s’appuient déjà sur des sources de financement autres que le gouvernement.

Les personnes qui ont déposé leurs projets doivent s’engager à réaliser ce qu’ils ont proposé. C’est une signature symbolique, mais c’est un geste d’honneur qui est posé pour Montréal parce qu’ils souhaitent développer cette ville qu’ils aiment profondément. Aux gens de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, j’ai demandé ce qu’ils offraient en retour aux entrepreneurs pour les attirer à proposer un projet à Je vois Montréal. Réponse : rien du tout! Ils sont là parce qu’ils y croient tout simplement. « Il se passe quelque chose à Montréal » et ils ont le goût d’être là au moment où ça compte. Il y a décidément une nouvelle vibration à Montréal.

De gauche et de droite

D’ailleurs, des gens de gauche et de droite participent à Je vois Montréal. Des gens de grandes entreprises, de PME et de groupes communautaires ont dit oui à l’invitation de la Chambre de commerce. Des gens de divers horizons s’unissent pour aller de l’avant pour Montréal : du Chantier de l’économie sociale à la Jeune Chambre de commerce de Montréal, de la Caisse de dépôt et placement du Québec au Regroupement des écoquartiers, en passant par la Brasserie Harricana, Bell, la Banque Nationale, la Place des arts et différentes universités. Les idées fusent de partout, et c’est très rafraîchissant.

Montréal a besoin de soutien

La croissance économique de la métropole est la plus faible des grandes villes au Canada. Montréal a du mal à garder ses diplômés, son chômage est élevé et sa croissance démographique est lente. Selon l’Institut du Québec, présidé par l’ancien ministre Raymond Bachand, « il faut d’abord reconnaître l’importance incontournable de la métropole pour l’économie du Québec. Pour tous les ordres de gouvernements, la santé économique de Montréal doit devenir une priorité de chaque instant. Il s’agit d’un changement de paradigme peu banal qui implique au minimum de renoncer à l’automatisme du « mur-à-mur ».

Et sur ce point d’ailleurs, Raymond Bachand est d’avis que le gouvernement Couillard va dans la mauvaise direction en voulant couper dans les crédits d’impôt, un facteur fondamental de compétitivité pour Montréal. Selon l’organisme Montréal international, les crédits d’impôt ont été structurants pour l’économie de Montréal. L’économie du savoir en a particulièrement profité. L’impact d’un investissement de 100 millions de dollars génère presque quatre fois plus de retombées dans les services scientifiques et techniques et presque trois fois plus dans les systèmes informatiques. « Les secteurs de croissance sont globalement ceux qui sont dotés de secrétariats de grappes et soutenus par des crédits d’impôt », selon Montréal international.

Montréal en concurrence

Surtout, Montréal est en concurrence avec plusieurs villes nord-américaines pour attirer de nouveaux investissements créateurs d’emplois. Toujours selon Montréal international, les incitatifs fiscaux ont doublé aux États-Unis depuis 10 ans, et l’Ontario vient de créer un fonds d’aide directe pour les entreprises de 2,5 milliards de dollars sans couper dans ses crédits d’impôt. D’ailleurs, sur ce point, le crédit d’impôt pour les studios de jeux vidéo est de 40 % en Ontario, alors qu’au Québec, le crédit le plus généreux vient de passer de 37,5 % à 30 %.

Des ailes semblent pousser à Montréal. Des ailes pour construire une ville verte, qui s’appuie sur le développement durable, les transports en commun, une culture riche, des investisseurs, des mécènes, des travailleurs qui veulent rester ici, bâtir une famille ici, vivre ici. « Il se passe quelque chose à Montréal », entend-on tous les jours. Les meneurs économiques et politiques sentent-ils cette vibration?

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