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Impôts, taxes et… tendance!

Lundi 26 août 2013 à 15 h 09 | | Pour me joindre

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Il n’est pas exact de dire que l’option d’augmenter les taxes à la consommation plutôt que les impôts est la tendance en ce moment. Le contraire n’est pas plus vrai! Si le chef du PLQ Philippe Couillard a le projet d’augmenter la taxe à la consommation et de baisser les impôts, il serait préférable pour lui de trouver de nouveaux arguments.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ)Une petite tournée des derniers budgets dans les provinces canadiennes est utile : des hausses d’impôts ont été annoncées au Québec, en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick. Le Manitoba a prévu augmenter sa taxe à la consommation, alors que la Nouvelle-Écosse est en train de la baisser. L’Île-du-Prince-Édouard vient d’introduire une taxe à la consommation.

Par ailleurs, depuis cinq ans, dans la foulée de la crise financière et de la hausse importante de la dette des pays, plusieurs gouvernements ont opté pour des hausses d’impôts visant surtout les mieux nantis. Parmi les pays du G20, la France, l’Inde et les États-Unis sont au nombre des pays qui ont annoncé des hausses d’impôts pour les mieux nantis. Le Mexique songe aussi à augmenter les impôts des plus riches. Plusieurs provinces de l’Argentine augmentent également les impôts. Mais le Japon étudie plutôt la possibilité d’augmenter sa taxe de vente.  Et l’Italie a baissé les impôts pour les plus démunis et prévoit maintenant une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée.

Cela dit, au-delà de la taxe à la consommation ou des taux d’imposition, toutes les juridictions imposent des frais, des tarifs et de nombreuses taxes qui ciblent des biens en particulier : taxe sur l’essence, taxe carbone ou écologique, taxe sur les produits électroniques, tarifs d’électricité, péages, tarifs de stationnement, taxe sur le gain en capital, taxe douanière, frais divers pour obtenir des permis, taxe sur les cigarettes. La liste est longue.

Plusieurs pays du G20 préfèrent cibler leurs interventions sur ces postes budgétaires. C’est le cas du Brésil et de l’Afrique du Sud. C’est le cas aussi en Turquie et en Australie, où on a décidé d’augmenter les taxes sur le tabac. En Allemagne, les taxes et les impôts sont également au cœur des élections parlementaires prévues à la fin du mois de septembre. Les sociaux-démocrates proposent une hausse du taux d’imposition le plus élevé de 42 à 49 %.

Peu importe qui est au pouvoir, l’État a besoin de revenus. Le point de vue idéologique de l’administration en place et la conjoncture économique vont orienter les mesures prises pour taxer les citoyens et le niveau des charges fiscales. Mais ne soyons pas dupes : si on vous promet une baisse d’impôt ou de taxe, il y a une autre taxe, un tarif, un frais, ou plusieurs d’entre eux qui vont augmenter. Ou un service qui sera réduit. Elle est là, la tendance!

C’est donc Krugman qui avait raison?

Vendredi 26 avril 2013 à 16 h 16 | | Pour me joindre

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« Paul Krugman a gagné » annonçait sur son blogue mercredi l’ancien analyste financier de la CIBC et de Merrill Lynch, Henry Blodget, dont la carrière s’est écroulée avec l’éclatement de la bulle techno au début des années 2000. Il anime aujourd’hui The Daily Ticker sur Yahoo et dirige The Business Insider. Mais, c’est une autre histoire.

Concentrons-nous sur Paul Krugman. Il a gagné quoi au juste?

Selon le blogueur, et selon plusieurs observateurs, cinq ans après le début de la crise, force est de constater que les tenants de l’austérité avaient tort. La crise européenne ne cesse de prendre de l’ampleur, tandis que plusieurs pays endettés ont été obligés d’imposer de sévères mesures d’austérité, qui ont réduit considérablement le niveau de vie des Grecs, des Espagnols, des Portugais, des Italiens, notamment. L’austérité n’a rien réglé.

Ajoutons à cela les États-Unis avec un endettement qui dépasse les 100 % du PIB, mais qui ont du mal à générer des revenus nouveaux et durables au moment où la reprise est extrêmement timide. Paul Krugman a toujours dénoncé les coupes budgétaires américaines. Il affirmait qu’il fallait continuer à stimuler l’économie pour assurer une reprise durable, des revenus supplémentaires et à une réduction de la dette à long terme.

« Il est rare que des débats économiques se terminent par un K.-O. technique, écrit le chroniqueur Paul Krugman dans le New York Times ce matin. Mais le grand débat des dernières années entre les keynésiens, qui militent en faveur de dépenses gouvernementales durables et en croissance durant les temps de dépression, et les pro-austérité, qui exigent des réductions de dépenses immédiates, s’achève, du moins dans le monde des idées.

« En ce moment, poursuit Krugman, la position de ceux qui favorisent l’austérité a implosé. Non seulement leurs prédictions touchant le monde réel ont complètement échoué, mais la recherche scolaire sur laquelle ils appuyaient leur position était finalement truffée d’erreurs, d’omissions et de statistiques discutables. »

Le chroniqueur fait référence aux économistes Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, qui ont admis s’être trompés dans leurs calculs. Un pays qui arrive à un niveau d’endettement représentant 90 % de son PIB ne voit pas sa croissance baisser de 0,1 %, comme ils l’affirmaient, mais croître plutôt de 2,2 % en moyenne. L’étude des deux économistes avait largement été citée par les pays occidentaux pour justifier les mesures d’austérité. Les experts qui ont découvert l’erreur dans le tableau Excel de Rogoff et Reinhart s’entendent tout de même avec eux pour dire qu’un endettement grandissant à long terme n’est pas soutenable pour les finances publiques.

Il faut ajouter qu’en début d’année, Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, affirmait à titre personnel, de concert avec un autre économiste du FMI Daniel Leigh, que les experts avaient sous-estimé l’impact de l’austérité sur la croissance. Leur déclaration a fait grand bruit.

Pourquoi tant d’austérité alors? Pourquoi ce discours est-il encore très présent malgré un affaiblissement de sa domination dans les derniers mois?

Paul Krugman affirme qu’une « partie de la réponse repose certainement sur le désir très répandu de considérer les questions économiques comme un jeu moral, comme une histoire d’excès et de conséquences. Nous visons au-dessus de nos moyens, l’histoire se répète, et maintenant nous payons le prix inévitable ».

Selon lui, on peut expliquer longtemps que des dépenses supplémentaires vont réduire le chômage, « on s’en fout, bien des gens ont la profonde impression que nous vivons dans le péché et que la rédemption viendra de la souffrance ».

Voilà où nous en sommes. Depuis 2010, on annonce année après année une reprise durable de l’économie américaine et de l’économie mondiale. Nous sommes en 2013 et les prochains mois seront encore décevants selon les prévisionnistes. Mais, encore là, il y a de l’espoir parce que les signaux sont encourageants aux États-Unis.

Que faire? Les autorités politiques et économiques doivent encore se poser la question aujourd’hui et continuer de tirer des leçons de ce qui est arrivé au cours des cinq dernières années. Il y a, dans les pays développés, 26 millions de jeunes de 15 à 24 ans qui sont au chômage ou qui ne sont pas à l’école selon The Economist. C’est inquiétant. Comment réagir? Compte tenu des espoirs de reprise, doit-on poursuivre sur la voie de l’austérité ou stimuler l’économie pour asseoir cette reprise?

Les 10 évènements de 2012

Mardi 18 décembre 2012 à 13 h 49 | | Pour me joindre

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C’est l’heure des bilans. Voici mon classement des 10 évènements économiques de l’année :

  • 1- Budget fédéral : compressions de 5,2 milliards, âge de la sécurité de la vieillesse à 67 ans.
  • 2- Ottawa accepte la vente de Nexen et Progress à des sociétés d’État étrangères
  • 3- Budget Marceau : hausse d’impôts, fermeture de Gentilly-2, équilibre budgétaire.
  • 4- Mark Carney annonce qu’il va passer de la Banque du Canada à la Banque d’Angleterre.
  • 5- La crise s’étend à l’Espagne et à l’Italie, danger de récession mondiale.
  • 6- Le CRTC empêche Bell d’acquérir Astral.
  • 7- SNC-Lavalin : paiements non autorisés, démission du PDG Pierre Duhaime, accusé de fraude.
  • 8- Fermeture d’Aveos au Canada : 2400 emplois supprimés.
  • 9- Dégringolade de Research in Motion.
  • 10- Lowe’s tente d’acheter en vain Rona; démission du PDG Robert Dutton.

Qu’en pensez-vous? Quels sont les évènements qui ont marqué l’année à votre avis?

Il sera intéressant de voir la suite de ces évènements en 2013 :

  • D’autres compressions dans le budget Flaherty probablement en mars?
  • D’autres hausses de contributions pour le RPC et la RRQ?
  • D’autres offres de société étrangères au Canada?
  • Qui va remplacer Mark Carney à la Banque du Canada?
  • La zone euro vivra-t-elle d’autres drames?
  • Bell réussira-t-elle à acheter Astral?
  • Est-ce que d’autres révélations sont à venir sur SNC-Lavalin?
  • RIM rebondira-t-elle avec la sortie de son Blackberry 10 le 30 janvier?
  • Et une nouvelle offre sera-t-elle déposée pour acheter Rona?

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Ne manquez pas notre émission spéciale : RDI économie – bilan/perspectives avec nos journalistes. Ce sera diffusé les jours suivants :

  • dimanche 30 décembre               12 h 30 et 17 h 30
  • mardi 1er janvier                            18 h 30 et 23 h 30

Été 2012, entre chaos et espoir

Vendredi 29 juin 2012 à 11 h 06 | | Pour me joindre

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La première moitié de l’année 2012 se termine sur une note d’espoir. Les dirigeants européens sont arrivés à un accord qui établit une stratégie à court et à moyen terme. D’une part, l’Espagne obtient des pays de la zone euro un engagement pour que le fonds de soutien européen aide directement les banques du pays sans endetter l’État. Et l’Italie obtient que le fonds de stabilité européen rachète des obligations de la péninsule pour faire pression à la baisse sur les taux d’intérêt et les coûts d’emprunts.

Le président français François Hollande s'entretient avec le premier ministre belge, Elio Di Rupo et le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, à l'ouverture du sommet européen à Bruxelles, jeudi.

D’autre part, l’Union européenne a convenu de mettre en place un plan de croissance de 120 milliards d’euros. Il aura notamment pour objectif d’investir dans des projets d’infrastructures. Un plan de stimulation économique, finalement! Et ce plan a obtenu l’aval de Madrid et de Rome parce qu’une stratégie à court terme, pour réduire la pression des marchés, a été adoptée.

 

Voilà pour les bonnes nouvelles. Pour le reste, soyons bien honnêtes, l’été s’annonce difficile sur plusieurs plans :

  • L’économie mondiale ralentit. La plupart des pays de la zone euro sont en récession, l’économie américaine ralentit, la confiance des consommateurs est en baisse.
  • Les défis à long terme de la zone euro sont immenses. Il faut une meilleure intégration de la zone, une union fiscale, monétaire et économique qui fonctionne. On est encore à se demander si la zone euro va résister aux turbulences qu’elle connaît. Est-ce que Berlin va plier pour mettre en commun les dettes des pays de l’ensemble? Est-ce que Paris et les autres grandes capitales de la région vont accepter de céder de leur souveraineté pour donner plus de pouvoir aux entités centrales de l’Union et de la zone, peut-être un peu plus de poids à l’économie « modèle » de l’Europe, c’est-à-dire l’Allemagne?
  • La Chine ralentit. La Chine demeure en forte croissance, mais l’un des gros moteurs du monde économique a perdu de sa force dans les derniers mois. Son secteur manufacturier fonctionne, de mois en mois, à un rythme toujours un peu plus modéré. La banque centrale réduit ses taux d’intérêt pour stimuler la consommation. Pékin a beaucoup misé sur le développement du pays, sur une augmentation de sa capacité de production, mais, pour l’instant, des quartiers entiers sont peuplés d’appartements vides et d’usines immobiles. En 2012, on ne peut pas négliger une réduction de 2, 3 ou 4 points de pourcentage de croissance du PIB en Chine et dans les pays émergents du monde.
  • Le Canada n’est pas à l’abri. Si Jim Flaherty et Stephen Harper parlent beaucoup des troubles européens pour nous avertir d’un ralentissement possible au Canada, il faut savoir que deux autres menaces planent au-dessus de l’économie canadienne : le ralentissement de la Chine qui a provoqué une chute de plus de 20 % des cours du pétrole depuis deux mois et l’endettement des ménages canadiens, qui obligent le gouvernement à resserrer l’accès au crédit hypothécaire.
  • Et, je terminerai là-dessus : comme en 2008, nous devons encore aujourd’hui poser le diagnostic que notre modèle économique, qui repose sur la consommation, le crédit et l’endettement, est fatigué. Cet endettement, des États et des particuliers, étouffe les perspectives normales de croissance. Les entreprises, surtout les sociétés financières, ont engrangé des profits et des milliards au fil du temps, ont pris des risques inconsidérés avec l’argent des épargnants et nous nous retrouvons aujourd’hui dans un total déséquilibre qui menace nos économies. Faudra-t-il annuler des dettes? Faudra-t-il effacer l’ardoise?

Et surtout, avons-nous d’autres façons de croître, d’améliorer notre niveau de vie, notre qualité de vie, tout en cessant d’épuiser notre capital écologique? Si les défis des prochains mois sont importants, les défis fondamentaux du capitalisme des années 2000 le sont encore plus. L’espoir de Bruxelles aujourd’hui nous conduira-t-il à une plus large réflexion sur la croissance, sur la richesse, sur la création et la répartition de la richesse, sur l’avenir de notre planète?

Je vous souhaite un bon été. Avec les odeurs d’élections qui planent au Québec, je vous retrouve en août, mais pas très tard en août…

L’impasse partout…

Lundi 14 mai 2012 à 14 h 01 | | Pour me joindre

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C’est l’impasse dans l’affrontement que se livrent pour une quatorzième semaine les étudiants et le gouvernement du Québec. Et il ne semble pas y avoir l’ombre du début d’une sortie de crise dans ce dossier. On a discuté de plusieurs choses sur ce blogue à propos du conflit étudiant dans les derniers mois. Et quelques solutions ont émergé : recul, moratoire, négociation, médiation, états généraux, élection. Lundi soir, on poursuit la discussion avec le ministre des Finances Raymond Bachand, qui vient nous parler de l’économie et de l’emploi au Québec, et à qui on demandera si l’affrontement actuel nuit à l’économie du Québec. Ce soir 18 h 30 (HAE) à RDI.
 
Le président Carolos PapouliasPar ailleurs, c’est aussi l’impasse en Grèce. Et, dans ce cas-ci, l’impact est beaucoup plus large, sur les Grecs, sur la zone euro, sur l’économie mondiale, sur les marchés boursiers et financiers. Il ne semble pas possible pour les partis en place de s’unir pour former un gouvernement d’union nationale. Et, de toute évidence, le président sera obligé de convoquer la population aux urnes, une fois de plus, probablement le 17 juin prochain.
 
La Grèce pourrait donc ne pas respecter ses obligations envers ses créanciers, suspendre certaines mesures d’austérité annoncées, ne plus recevoir le soutien financier du FMI et de l’UE et s’éjecter en bout de piste de la zone euro. Ce n’est pas le scénario souhaité par les Grecs, mais la population est fatiguée et déprimée par plusieurs années de récession et d’austérité. Les acteurs, les observateurs et les experts évaluent avec sérieux la possibilité que la Grèce sorte de la zone rapidement.
 
En fait, soyons francs, tout le travail effectué en Europe dans les dernières années a permis de calmer de façon très temporaire la crise de la dette. Mais le résultat de l’élection du 6 mai en Grèce, l’élection du socialiste François Hollande en France et la baisse du soutien pour le parti CDU d’Angela Merkel en Allemagne obligent les dirigeants de la zone euro à revoir et à repenser leur plan d’action pour sortir de la crise. Ces votes sont l’expression claire d’un désaveu des mesures d’austérité, quoi qu’en disent les chefs européens et les opérateurs de marché.
 
La chancelière Angela Merkel est entourée des députés allemands lors du vote sur le deuxième plan d'aide à la GrèceEn attendant, justement, les marchés chutent depuis près de deux semaines, tout comme l’euro et le pétrole. Les taux d’emprunt de l’Italie et de l’Espagne grimpent. Une annonce en provenance d’Athènes d’une sortie de la Grèce de la zone euro entraînerait, selon les experts, une poussée à la hausse des coûts d’emprunts des pays en difficultés. De nouvelles négociations seront sans doute nécessaires. On risque d’en parler, encore…

Avec raison, on se demande encore aujourd’hui ce que l’agence de notation Standard and Poor’s cherche vraiment à faire en menaçant d’abaisser à court terme la notation de 15 des 17 pays de la zone euro. L’agence pousse le bouchon un peu plus en affirmant que la France est plus à risque encore : on pourrait vous arracher votre note parfaite et, en plus, on pourrait l’abaisser de deux crans!

AFP

Quelle intervention étrange de l’agence Standard and Poor’s, n’est-ce pas? Et que dire du choix du moment? La Grèce et l’Italie viennent d’adopter des mesures d’austérité jugées satisfaisantes par les autorités européennes.

L’aide négociée avec la Grèce est versée normalement et un soutien semble s’organiser pour appuyer l’Italie. Les dirigeants français et allemand annoncent des mesures pour resserrer l’encadrement des budgets de la zone, préconisent la mise en activé du fonds de stabilité financière dès 2012 et appellent à la négociation d’un nouveau traité européen dans les prochains mois.

Et un sommet de la zone euro est prévu jeudi et vendredi pour parler de tout ça.

Pourquoi l’agence Standard and Poor’s choisit-elle d’intervenir maintenant? Et pourquoi s’acharner ainsi sur la France? Le pays a déjà adopté deux plans d’austérité, en août et en novembre, qui totalisent près de 20 milliards d’euros. Il en faut plus? Plus d’austérité, dans un pays où la croissance est presque nulle, où le chômage approche les 10 %? Plus d’austérité, vraiment?

Standard and Poor’s donne l’impression d’intervenir dans le jeu politique, de façon stratégique, pour imprimer son autorité et bousculer la rencontre de la fin de la semaine. C’est le constat, en tout cas, de plusieurs intervenants politiques, économiques et financiers en Europe.

Michael Fuchs, le numéro deux du CDU, le parti d’Angela Merkel, parle d’un « calcul d’ordre politique » d’une agence de notation américaine qui a pour but de détourner l’attention des États-Unis et de leur propre problème d’endettement. Même constat dans l’opposition en Allemagne. Rainer Brüderle, ancien ministre de l’Écologie et membre du parti libéral FDP affirme que « quelquefois, il est difficile de se défaire de l’impression que certaines agences de notation et certains gestionnaires de fonds américains travaillent contre la zone euro ».

Dans les banques centrales, l’étonnement est tout aussi grand. Ewald Nowotny, membre de la Banque centrale d’Europe et gouverneur de la Banque d’Autriche, affirme « qu’il s’agit d’une déclaration politique liée au sommet [de la fin de la semaine] ».

Christian Noyer, gouverneur de la Banque centrale de France, exprime la même suspicion. « La méthodologie [de Standard and Poor's], explique-t-il, a évolué et est maintenant plus liée à des facteurs politiques qu’aux fondamentaux économiques. [Cette décision] arrive, une nouvelle fois, complètement à contre-temps, au lendemain d’un accord franco-allemand sur un paquet de gouvernance extrêmement puissant. »

Le ministre des Finances d’Allemagne Wolfgang Schäuble refuse de tomber dans la théorie du complot. Selon lui, c’est la « meilleure motivation possible pour le sommet de cette semaine. [...] Je ne peux rien imaginer de plus efficace », a-t-il déclaré.

Sur le front politique, la tension qui grandit dans la zone euro est en train de jeter un froid dans la relation franco-allemande. Et, à un peu plus de cinq mois de la présidentielle (premier tour : 22 avril), cette tension provoque la pagaille dans le débat politique français.

Sources : Le Monde, Libération, cbanque.com

La fin de l’euro?

Vendredi 25 novembre 2011 à 11 h 41 | | Pour me joindre

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Nous y sommes selon plusieurs analystes. Une chance sur deux que l’Euro va mourir avant les fêtes dit Jacques Attali, l’ex-conseiller de François Mitterand. Les marchés parient nettement sur l’effondrement de l’euro écrit le Telegraph. C’est alarmant, voire alarmiste, mais ces voix inquiètes se font de plus en plus entendre.

Supermarché

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Grèce et Italie: la manière KKR

Lundi 21 novembre 2011 à 12 h 06 | | Pour me joindre

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Il y a des fonds spécialisés dans la restructuration d’entreprises. Ils lèvent des fonds sur le marché, rachètent des entreprises, coupent de façon draconienne dans les activités, vendent des filiales, suppriment des emplois dans le but de redonner à l’entreprise des marges de bénéfices intéressantes. Ensuite, ils vendent l’entreprise « face liftée » dans les trois à cinq ans et empochent le pactole.
 

La tentation de comparer le Québec…

Mercredi 16 novembre 2011 à 13 h 44 | | Pour me joindre

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Périodiquement, depuis quelques années, on nous dit que le Québec risque le même sort que les pays endettés d’Europe si on n’est pas plus prudent. L’alerte est lancée régulièrement. Et, pourtant, le cataclysme envisagé ne se produit pas. Il ne faut pas sous-estimer les défis du Québec, mais la comparaison avec la Grèce, l’Italie et l’Espagne est audacieuse.
 

Le cercle vicieux

Mardi 15 novembre 2011 à 13 h 27 | | Pour me joindre

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D’abord, merci pour vos commentaires éclairés et éclairants, tous les jours, et en particulier sur les droits de scolarité, où je vous ai essentiellement laissé débattre et en réponse aussi au billet d’hier sur « la loi du marché ».