La machine du Fonds de solidarité FTQ est en marche pour tenter de faire plier le gouvernement fédéral et pousser le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty à revenir sur sa décision d’annuler le crédit d’impôt de 15 % offert à ceux et celles qui confient leur argent au Fonds. C’est toute une campagne qui est lancée : tournée régionale, publicités dans les médias, lettres d’opinions, sollicitations d’appuis dans les milieux d’affaires, on ne néglige aucun effort pour rassembler le maximum de Québécois en faveur du maintien de l’avantage fiscal.
Le Fonds FTQ a des racines fortes et profondes au Québec. Depuis l’annonce de l’avantage fiscal par les gouvernements Mulroney et Lévesque dans les années 80, le fonds de travailleurs s’est installé partout où il faut soutenir des entreprises en démarrage, créer des emplois, avec le gouvernement dans bien des cas, toujours dans le but de stimuler la croissance économique.
Le Fonds précise dans son rapport annuel qu’il doit respecter une norme législative de 60 % qui « stipule que les investissements moyens du Fonds dans des entreprises admissibles qui ne comportent aucune garantie doivent représenter au moins 60 % de son actif net moyen de l’exercice précédent ». Au 31 mai dernier, la valeur de ces investissements s’élevait à 5,1 milliards de dollars, ce qui représentait 67 % de l’actif net moyen de l’exercice.
Cette clause a pour objectif de s’assurer que la mission du Fonds demeure principalement celle de stimuler l’économie du Québec. Elle a permis au Fonds, au fil des décennies, de s’infiltrer dans tous les secteurs de l’économie et de s’enraciner dans toutes les régions.
Aujourd’hui, le monde syndical défend bien sûr le crédit d’impôt du Fonds, mais les milieux d’affaires le font aussi. Des dirigeants d’entreprises se prononcent publiquement en faveur du maintien du crédit d’impôt, des gens qui, souvent, réclament pourtant sur d’autres tribunes la réduction des charges fiscales et de la présence de l’État dans l’économie. Les chambres de commerces partout au Québec comptent sur le Fonds FTQ pour investir et stimuler leur économie. Elles s’affichent donc au côté du Fonds dans cette bataille.
Mais la question qui se pose aujourd’hui et à laquelle le gouvernement Harper a déjà répondu est celle-ci : le Fonds FTQ a-t-il encore besoin d’un avantage fiscal pour prendre des risques, investir dans l’économie du Québec et attirer les investisseurs?
Le Fonds FTQ possède des actifs de 8,8 milliards, plus de 80 % des actifs de fonds de travailleurs au Canada. De plus, le gouvernement du Québec, par l’entremise d’Investissement Québec, injecte de l’argent dans la création d’emplois dans les régions. La Caisse de dépôt et placement du Québec a aussi créé un fonds de 600 millions en 2012 avec Desjardins pour investir dans les PME du Québec. A-t-on encore besoin d’octroyer un avantage fiscal au Fonds FTQ?
Et puis, il faut ajouter que le monde financier se montre très critique des résultats du Fonds de solidarité FTQ. Les experts de l’investissement que nous invitons régulièrement à RDI économie ne penchent pas souvent en faveur des investissements dans le Fonds FTQ, sauf quand on approche de la retraite.
Selon le conseiller en sécurité financière Fabien Major, sans les crédits d’impôt du fédéral et du Québec, le Fonds FTQ affiche un rendement annualisé moyen de 3 % depuis 10 ans et de 1,4 % depuis 5 ans. La moyenne des Fonds équilibrés canadiens neutres est à 5,8 % sur 10 ans et à 3,6 % sur 5 ans. Avec le crédit d’impôt, le Fonds FTQ offre un rendement annualisé moyen de 10 %.
Alors, le Fonds FTQ saura-t-il convaincre le ministre Flaherty de revenir sur sa décision? Va-t-il modifier son approche de l’investissement au Québec avec la disparition du crédit fédéral? Pourrait-il en faire autant – investir au Québec et stimuler l’épargne – avec un seul crédit, celui du Québec à 15 %?
Le modèle, c’est donc celui d’Ottawa. C’est Kevin Page, le directeur parlementaire du budget nommé il y a cinq ans par le gouvernement Harper. Mais ce modèle le sera-t-il encore longtemps? Kevin Page quitte son poste au terme de son mandat, qui n’est pas renouvelé. Et bien que le gouvernement fédéral souhaite maintenir le poste en vie, plusieurs soupçonnent qu’on choisira un directeur plus docile, moins critique des prévisions budgétaires du ministre des Finances Jim Flaherty.
Pourquoi? Parce que la technologie de la fracturation hydraulique fait des miracles. Elle a provoqué une croissance exceptionnelle de la production de gaz naturel issu du schiste, de la pierre, et sera largement utilisée à l’avenir pour exploiter le pétrole de schiste. Cette technologie est très critiquée parce qu’on ne sait pas encore si elle est totalement sûre pour l’environnement et la santé. Mais l’AIE est d’avis que cette technologie est exceptionnelle et qu’il serait difficile d’y renoncer.
Questions : mettra-t-il en cause ce développement s’il dit non à l’acquisition de la Canadienne Nexen par la société d’État chinoise CNOOC, une transaction évaluée à 15 milliards de dollars que le gouvernement semble hésitant à accepter? Ottawa a-t-il une stratégie pour développer son marché au moment où les États-Unis pourraient devenir autosuffisants d’ici huit ans comme le suggère l’AIE? Barack Obama va-t-il approuver le projet Keystone dans son ensemble, qui doit permettre d’amener le pétrole des sables bitumineux vers le sud des États-Unis? Est-ce qu’Ottawa devrait miser davantage sur le développement vers l’Ouest (Asie) et vers l’est du Canada (inversion du pipeline existant)?
Mais l’accord qui est le plus important pour le Canada, et pour lequel Stephen Harper voulait être invité aux négociations, c’est le Partenariat transpacifique. Il y a une dizaine de pays d’Asie, d’Océanie et d’Amérique qui participent aux discussions. Il s’agit des États-Unis, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Malaisie, du Vietnam, de Singapour, du Brunei, du Chili, du Pérou et du Mexique. Le Japon tente d’être admis à la table des négociations.
Les plus grandes entreprises du pays sont les commanditaires de cet événement, de Power Corporation à Rio Tinto Alcan, en passant par les banques, les grands investisseurs comme la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi qu’Investissement Québec, en collaboration avec McGill, HEC et l’UdeM, appuyé par les premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper, d’ailleurs présents à l’événement.
Les fermetures d’usines sont nombreuses, souvent expéditives, draconiennes, brutales et irréversibles. Les exemples sont nombreux : Aveos, qui a fermé du jour au lendemain en mars, laissant tomber 2400 travailleurs; Mabe en janvier, qui va fermer ses installations de Montréal en 2014, ce qui entraînera la perte de près de 740 emplois; Electrolux en 2010 a annoncé le transfert de ses activités de L’Assomption, à Memphis, au Tennessee, soit la mise à pied de 1300 travailleurs d’ici la fin de 2013.