Billets classés sous « Guy Laliberté »

Couche-Tard est un succès exceptionnel du Québec inc. Cette chaîne de dépanneurs, née en 1980 à Laval, est aujourd’hui une véritable multinationale du magasin d’accommodation. Alimentation Couche-Tard, c’est maintenant 12 500 magasins dans le monde avec des dizaines de milliers d’employés, un chiffre d’affaires de 35 milliards de dollars en 2013.

Ce succès, il est attribuable à la vision et au travail d’un entrepreneur reconnu, Alain Bouchard. L’homme d’affaires, qui va bientôt quitter la direction quotidienne de sa société, fait partie des quelques milliardaires du Québec, riche d’une expansion qui se poursuit encore aujourd’hui.

Pour Alain Bouchard, comme pour plusieurs entrepreneurs du Québec, le gouvernement a joué un rôle de premier plan dans leur expansion et dans leur succès. Tous se souviennent du million de dollars investi par le gouvernement Lévesque dans l’aventure de Guy Laliberté en 1984, alors que les prêteurs privés ne souhaitaient pas prendre de risque avec cet homme.

On se rappellera aussi de la création du Régime épargne actions mis en place par Jacques Parizeau en 1979, alors ministre des Finances du Québec. Ce programme du gouvernement permettait aux Québécois de déduire de leur revenu imposable les actions achetées d’entreprises d’ici. C’est grâce à ce programme, le REA, que Cascades est entrée en bourse en 1983. Même chose pour CGI, Sico, Bombardier et… Couche-Tard!

Trop d’État!

Aujourd’hui à la tête d’un succès québécois époustouflant, Alain Bouchard est d’avis que le Québec dépense trop. Aujourd’hui et depuis 40 ans, selon lui. « La richesse, elle ne se crée pas par le gouvernement […], elle se partage, pas toujours comme on aimerait. J’aimerais moins de gouvernement, moins de réglementation et plus d’aide aux entrepreneurs », a-t-il déclaré mercredi devant des membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Ce point est légitime et partagé par beaucoup de dirigeants et d’entrepreneurs. Cependant, quand Alain Bouchard réclame moins d’État et quand il dénonce les choix des gouvernements, il faut lancer un appel à la cohérence. D’abord, parce que Couche-Tard est ce qu’elle est aujourd’hui parce qu’elle a eu, un jour, un bon coup de pouce de l’État.

Et aussi parce que les entreprises ne disent jamais non à un soutien financier des gouvernements. Combien y a-t-il eu d’annonces d’investissements dans des entreprises privées par Jean Charest et Pauline Marois dans les dernières années? Combien de crédits d’impôt octroyés, de garanties de prêts, de prêts, de subventions, de prises de participation, d’interventions de l’État dans l’économie? Qui, parmi les dirigeants qui ont bénéficié de l’aide de l’État – du REA de 1979 aux centaines de millions de Port Daniel –, qui a dit non, merci?

Est-ce qu’Alain Bouchard a raison? Oui, non, je vous laisse juger. Mais n’est-il pas normal d’exiger de ceux qui dénoncent le rôle de l’État dans l’économie, un minimum de cohérence?

Le BS

Alain Bouchard a aussi déclaré, en parlant du Québec, ceci : « On reçoit du BS des autres provinces. Aimez-vous ça, être sur le BS, vous autres? Ç’a pas de maudite allure qu’on tolère ça, nous, les Québécois, qui sommes si créatifs, capables de bâtir, de développer qu’on accepte d’être sur le BS. Ça pas de sens, moi je trouve ça absolument ridicule. »

Encore là, je ne veux pas me prononcer sur le fond. Des gens diront que ces propos sont inacceptables et faux. D’autres diront qu’il dit tout haut ce que bien des gens pensent tout bas.

Le BS dont il parle, c’est la péréquation.

La péréquation est un fonds alimenté par les contribuables canadiens et non pas les provinces du Canada. Les Québécois y contribuent. Sur l’ensemble, quatre provinces ne reçoivent pas de péréquation et 6 en sont bénéficiaires, dont le Québec. Le but de la péréquation est de s’assurer que tout le monde a des revenus suffisants pour offrir des services publics comparables et de qualité. Le calcul est fait par habitant.

La province qui reçoit le plus de péréquation, c’est l’Île-du-Prince-Édouard, à 2481 $ par habitant. Suivi du Nouveau-Brunswick (2206 $), de la Nouvelle-Écosse (2206 $) et du Manitoba (1367 $). Le Québec est cinquième à 1130 $ par habitant, puis l’Ontario, à 146 $.

En raison d’une population bien plus importante, le Québec est la province qui reçoit la somme la plus substantielle, à 9,286 milliards de dollars. Si l’Île du Prince-Édouard avait la même population que le Québec, elle recevrait plus de 20 milliards de dollars en péréquation. Le Nouveau-Brunswick aurait plus de 18 milliards, la Nouvelle-Écosse, plus de 14 milliards, et le Manitoba, plus de 11 milliards.

Alors, le Québec est-il sur le « BS »?

Le Cirque dans nos vies…

Jeudi 17 janvier 2013 à 13 h 52 | | Pour me joindre

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Les Québécois aiment le Cirque du Soleil et son fondateur Guy Laliberté. Avec Bombardier, CGI et Céline Dion, le Cirque du Soleil fait partie des Québécois qui ont su se tailler une place sur la scène mondiale et qui suscitent une grande fierté dans la population.

TotemDans le cas du Cirque du Soleil, les médias ont toujours démontré un grand intérêt pour le succès de Guy Laliberté. Le Cirque, c’est un joyeux mélange de créativité, d’art, d’affaires et  d’entrepreneuriat. Les images sont belles, le fondateur est spectaculaire, les caméras et les micros ont été présents à toutes les étapes de l’évolution de cette entreprise.

Mercredi, le Cirque, pour l’une des rares fois de son histoire, avait de très mauvaises nouvelles à annoncer. Près d’un employé sur 10 sera mis à la porte cet hiver, la plupart au siège social de Montréal. Guy Laliberté, le fondateur, et Daniel Lamarre, le PDG, ont rencontré les employés pour leur expliquer ce qui se passe, mais ont refusé de rencontrer les médias, laissant la directrice des communications faire les entrevues et le point de presse.

Pourquoi? Pourquoi ne pas venir expliquer aux Québécois, qui ont toujours soutenu Guy Laliberté et sa merveilleuse aventure, ce qui se passe dans le monde du Cirque?

Non seulement les médias ont été présents pour raconter les succès du Cirque, mais le gouvernement du Québec a appuyé le Cirque dès le départ. Pas besoin de vous dire que c’est votre argent qui a permis le démarrage du Cirque en 1984. Guy Laliberté était alors parvenu à convaincre le premier ministre de l’époque René Lévesque de soutenir son projet à hauteur de 1 million de dollars. On connaît la suite…

Un succès planétaire, des dizaines de spectacles, 5000 employés qui ont permis au fondateur Guy Laliberté de devenir l’un des hommes les plus riches du Québec, parmi les 500 personnes les plus fortunées du monde avec un magot évalué à 2,6 milliards de dollars.

Par respect pour ses employés, Guy Laliberté leur a parlé personnellement mercredi. Parce qu’il y a un peu de nous autres dans le génie de Guy Laliberté, n’aurait-il pas dû venir nous expliquer ce qui se passe avec cette formidable aventure?