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Bien malin celui qui va prévoir la prochaine crise. Cela dit, certains s’y risquent et parfois ils ont raison. George Soros, financier milliardaire américain, avait vu venir la crise de 2008, mais disait en 2011 que la crise grecque allait être pire. Aujourd’hui, il affirme que les marchés financiers lui font penser à la situation de 2008 juste avant le déclenchement de la crise financière. Et puis, il y a le ministre des Finances de Grande-Bretagne, George Osborne, qui parle, lui, d’un « cocktail dangereux » de risques économiques de toutes sortes : faibles investissements, difficultés à recalibrer une économie qui s’appuie trop sur l’endettement des consommateurs.

L’année 2016 est critique, selon lui. Et les problèmes de la Chine ressemblent à une crise, dit George Soros. À la lecture de ces propos inquiets, le pire est-il donc à venir? Ou donne-t-on trop d’importance aux projections les plus négatives?

En ce premier anniversaire de l’attentat contre Charlie Hebdo, à Paris, l’économiste Bernard Maris, qui faisait partie des 11 victimes de l’attaque des frères Kouachi, pourrait réitérer ce qu’il a souvent expliqué : le capitalisme carbure au risque, à l’incertitude et à l’opacité*. Et nous en avons possiblement une nouvelle illustration aujourd’hui.

Sur un ton un peu plus neutre, le gouverneur de la Banque du Canada affirme, lui, que la chute boursière à Shanghai ne reflète pas nécessairement l’état de l’économie chinoise, que l’économie mondiale devrait retrouver une certaine accélération plus tard en 2016 et que les Canadiens doivent être patients. Il faudra du temps pour que le Canada complète sa transition d’une économie qui dépend trop des ressources à une économie plus diversifiée.

Baisse de taux en vue? Pas de signal clair en ce sens, mais si les taux obligataires canadiens suivent la tendance à la hausse des États-Unis, la Banque du Canada pourrait être tentée d’abaisser son taux directeur, une possibilité de plus en plus considérée par les économistes. En attendant, Stephen Poloz laisse sous-entendre qu’il faudra voir ce que le gouvernement Trudeau entend faire en matière de stimulation de l’économie.

Il est difficile d’annoncer avec conviction ce qui s’en vient. La croissance économique se poursuit, mais les marchés boursiers sont instables et les signaux négatifs se multiplient.

*Un an après l’attentat contre Charlie Hebdo, un film sur l’économiste Bernard Maris, victime de cette attaque, est à l’affiche à la Cinémathèque québécoise, à Montréal. Oncle Bernard – l’anti-leçon d’économie sera présenté jusqu’au 17 janvier.