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Les armes : une industrie prospère

Lundi 17 décembre 2012 à 13 h 08 | | Pour me joindre

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La tragédie de Newtown, au Connecticut, relance sérieusement le débat sur la possession des armes aux États-Unis et leur accès relativement facile. C’est une industrie rentable, qui ne cesse de croître.

Il faut le dire : la production et la vente d’armes aux États-Unis occupent une place relativement importante dans l’économie du pays. Partout, sur le territoire, des centaines de milliers de personnes vivent de cette industrie. Passez la frontière et vous tomberez dès le premier village sur une boutique d’armes à feu, c’est garanti.

Il y a 300 entreprises qui fabriquent des armes aux États-Unis et qui empochent des revenus d’environ 6 milliards de dollars par année. En 2010, les manufacturiers américains ont produit 5 459 240 armes à feu, armes d’épaule, pistolets, carabines, etc..

De ces fabricants, les deux plus gros sont en bourse : il s’agit de Smith & Wesson Holding Corporation, dont le carnet de commandes atteignait une valeur de 187 millions de dollars à la fin de 2011 à la suite d’un quatrième trimestre record. L’autre gros joueur, c’est Sturm, Ruger & Company, qui indiquait en 2011 qu’elle était sur le point de devenir la première entreprise américaine à vendre plus de un million d’unités. Pour l’occasion, elle annonçait alors qu’elle allait verser 1 $ pour chaque arme vendue au lobby américain des armes, la National Rifle Association.

Il s’est vendu 10,8 millions d’armes aux États-Unis en 2011. C’est une hausse de 14 % par rapport à 2010.

Il y a, chez nos voisins du sud, 130 000 vendeurs d’armes. C’est 32 fois plus de boutiques d’armes que de magasins Walmart. Il y a 145 000 stations d’essence.

On compte 270 millions d’armes enregistrées aux États-Unis. C’est 89 armes par tranche de 100 personnes.

Ces chiffres sont impressionnants. Ils sont révélateurs de l’importance des armes dans la culture américaine et expliquent aussi le poids relatif que les armes occupent dans l’économie de ce pays. Mais, comme le président des  États-Unis l’expliquait hier soir à Newtown, ils ne peuvent pas servir de prétexte pour éviter un débat réel sur les armes et pour justifier l’inaction.

Le président américain Barack Obama lors de la cérémonie oecuménique du 16 décembre 2012

« Peut-on vraiment dire, comme nation, a dit le président, que nous respectons nos obligations? Peut-on honnêtement dire que nous en faisons assez pour protéger nos enfants? Peut-on clamer, comme nation, que tous ensemble, nous leur faisons savoir qu’ils sont aimés et que nous savons leur montrer à aimer en retour? Peut-on dire que nous en faisons vraiment assez pour donner à chaque enfant de ce pays la chance qu’il mérite de vivre dans la joie et dans l’espoir? »