Billets classés sous « Europe »

D’une campagne à l’autre…

Lundi 6 août 2012 à 10 h 53 | | Pour me joindre

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C’est un plaisir de vous retrouver après quelques semaines de vacances, un arrêt salutaire! J’ai eu chaud, j’ai voyagé, j’ai travaillé sur mon terrain à la campagne. Et maintenant, je me sens d’attaque pour reprendre le collier sur ce blogue, ainsi qu’à RDI et dans les téléjournaux. 
 
Pour la prochaine saison, qui s’amorce plus rapidement qu’on le croyait avec la campagne électorale, je vous promets encore beaucoup d’analyses et de mises en contexte. Je souhaite que l’on continue à avoir des discussions civilisées, constructives, toutes en nuance. Réflexion et profondeur nous apportent tellement plus que les opinions à l’emporte-pièce, vous ne trouvez pas?
 
Alors, déjà, il y a plusieurs propositions économiques dans le cadre de la campagne électorale. Je vais en parler sur ce blogue et à RDI Économie. Le Parti libéral propose d’indexer le tarif des garderies à contribution réduite, promet de faire baisser le taux de chômage à 6 % en 2017 et que l’économie du Québec va créer 250 000 emplois. Le Parti québécois veut revoir le système de redevances sur les ressources extraites et créer une Banque de développement du Québec, une sorte de guichet unique pour les PME. La CAQ centre son message sur l’encadrement des processus d’attribution des contrats publics et le financement des partis politiques. Je reviendrai plus tard sur les propositions des principaux partis ainsi que sur celles de Québec solidaire et d’Option nationale.
 
Et puis, on va suivre de près l’évolution des choses dans l’économie mondiale. La situation se dégrade encore en Europe et les autorités monétaires n’ont pas jugé bon intervenir cet été pour éviter une montée des taux d’intérêt de l’Italie et de l’Espagne. Le message est encore un message d’austérité. Dans un contexte de récession et de chômage, les exigences de la Banque centrale européenne pour intervenir sont remises en question et provoquent la déception des opérateurs de marché.
 
Je pense que nous aurons beaucoup de matière à discussion. J’attends vos suggestions aussi. N’hésitez pas à m’en faire!

Été 2012, entre chaos et espoir

Vendredi 29 juin 2012 à 11 h 06 | | Pour me joindre

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La première moitié de l’année 2012 se termine sur une note d’espoir. Les dirigeants européens sont arrivés à un accord qui établit une stratégie à court et à moyen terme. D’une part, l’Espagne obtient des pays de la zone euro un engagement pour que le fonds de soutien européen aide directement les banques du pays sans endetter l’État. Et l’Italie obtient que le fonds de stabilité européen rachète des obligations de la péninsule pour faire pression à la baisse sur les taux d’intérêt et les coûts d’emprunts.

Le président français François Hollande s'entretient avec le premier ministre belge, Elio Di Rupo et le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, à l'ouverture du sommet européen à Bruxelles, jeudi.

D’autre part, l’Union européenne a convenu de mettre en place un plan de croissance de 120 milliards d’euros. Il aura notamment pour objectif d’investir dans des projets d’infrastructures. Un plan de stimulation économique, finalement! Et ce plan a obtenu l’aval de Madrid et de Rome parce qu’une stratégie à court terme, pour réduire la pression des marchés, a été adoptée.

 

Voilà pour les bonnes nouvelles. Pour le reste, soyons bien honnêtes, l’été s’annonce difficile sur plusieurs plans :

  • L’économie mondiale ralentit. La plupart des pays de la zone euro sont en récession, l’économie américaine ralentit, la confiance des consommateurs est en baisse.
  • Les défis à long terme de la zone euro sont immenses. Il faut une meilleure intégration de la zone, une union fiscale, monétaire et économique qui fonctionne. On est encore à se demander si la zone euro va résister aux turbulences qu’elle connaît. Est-ce que Berlin va plier pour mettre en commun les dettes des pays de l’ensemble? Est-ce que Paris et les autres grandes capitales de la région vont accepter de céder de leur souveraineté pour donner plus de pouvoir aux entités centrales de l’Union et de la zone, peut-être un peu plus de poids à l’économie « modèle » de l’Europe, c’est-à-dire l’Allemagne?
  • La Chine ralentit. La Chine demeure en forte croissance, mais l’un des gros moteurs du monde économique a perdu de sa force dans les derniers mois. Son secteur manufacturier fonctionne, de mois en mois, à un rythme toujours un peu plus modéré. La banque centrale réduit ses taux d’intérêt pour stimuler la consommation. Pékin a beaucoup misé sur le développement du pays, sur une augmentation de sa capacité de production, mais, pour l’instant, des quartiers entiers sont peuplés d’appartements vides et d’usines immobiles. En 2012, on ne peut pas négliger une réduction de 2, 3 ou 4 points de pourcentage de croissance du PIB en Chine et dans les pays émergents du monde.
  • Le Canada n’est pas à l’abri. Si Jim Flaherty et Stephen Harper parlent beaucoup des troubles européens pour nous avertir d’un ralentissement possible au Canada, il faut savoir que deux autres menaces planent au-dessus de l’économie canadienne : le ralentissement de la Chine qui a provoqué une chute de plus de 20 % des cours du pétrole depuis deux mois et l’endettement des ménages canadiens, qui obligent le gouvernement à resserrer l’accès au crédit hypothécaire.
  • Et, je terminerai là-dessus : comme en 2008, nous devons encore aujourd’hui poser le diagnostic que notre modèle économique, qui repose sur la consommation, le crédit et l’endettement, est fatigué. Cet endettement, des États et des particuliers, étouffe les perspectives normales de croissance. Les entreprises, surtout les sociétés financières, ont engrangé des profits et des milliards au fil du temps, ont pris des risques inconsidérés avec l’argent des épargnants et nous nous retrouvons aujourd’hui dans un total déséquilibre qui menace nos économies. Faudra-t-il annuler des dettes? Faudra-t-il effacer l’ardoise?

Et surtout, avons-nous d’autres façons de croître, d’améliorer notre niveau de vie, notre qualité de vie, tout en cessant d’épuiser notre capital écologique? Si les défis des prochains mois sont importants, les défis fondamentaux du capitalisme des années 2000 le sont encore plus. L’espoir de Bruxelles aujourd’hui nous conduira-t-il à une plus large réflexion sur la croissance, sur la richesse, sur la création et la répartition de la richesse, sur l’avenir de notre planète?

Je vous souhaite un bon été. Avec les odeurs d’élections qui planent au Québec, je vous retrouve en août, mais pas très tard en août…

Sarkozy ou Hollande?

Lundi 23 avril 2012 à 14 h 23 | | Pour me joindre

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Le choix des Français, le 6 mai, aura un impact sur l’économie mondiale. Le président de la République a un rôle clé à jouer dans les décisions de la zone euro, et les troubles européens sont au coeur des incertitudes économiques actuelles.
 
C’est important pour nous aussi parce que la France est un partenaire économique important, au coeur des négociations de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Selon le ministère des Relations internationales, « la France est le deuxième investisseur étranger au Québec. Les entreprises françaises au Québec embaucheraient environ 30 000 personnes au sein de leurs 283 filiales. [...] Environ 140 entreprises québécoises sont établies en France, employant quelque 11 000 personnes.
 
La France est le cinquième marché d’exportation du Québec, valeur de 1,1 milliard de dollars, soit 1,9 % du total des exportations. La France est, par ailleurs, le huitième marché d’importation du Québec, pour une valeur totale de 2,4 milliards en 2010. C’est 3,1 % du total des importations québécoises.  
 
Nicolas Sarkozy a établi un contact serré avec le premier ministre du Québec Jean Charest et a une certaine proximité de vue avec le premier ministre du Canada Stephen Harper, étant tous les deux conservateurs avec quelques différences tout de même. Nicolas Sarkozy a conclu une entente avec le Québec sur la mobilité de la main-d’oeuvre et Jean Charest est celui qui a lancé le projet de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Les liens entre le Québec et la France s’appuient davantage aujourd’hui sur des intérêts économiques avec Jean Charest et Nicolas Sarkozy en place.
 
L’économiste Martial Foucault, notre invité ce soir à RDI Économie, m’a fourni une liste des principales propositions économiques des deux candidats qui passent au deuxième tour présidentiel, François Hollande et Nicolas Sarkozy.
 
François Hollande et Nicolas Sarkozy
François Hollande et Nicolas Sarkozy
 
François Hollande :
 
  • projet de création d’emplois axé sur les jeunes; 
  • rémunération des cadres : maximum 20 fois le salaire des employés;
  • réajustement de l’âge de la retraite; 
  • réduction des cadeaux fiscaux et niches fiscales;
  • rémunération de 1 million d’euros et plus : taux d’impôt à 75 %;
  • banques : interdiction d’exercer dans les paradis fiscaux;
  • taxe sur les transactions financières; 
  • favorable aux obligations européennes.
 
Nicolas Sarkozy :
 
  • crédit fiscal pour les entreprises qui embauchent des chômeurs de 55 ans et plus;
  • aide sociale : obligation de travailler au moins 7 heures par semaine;
  • hausse de la TVA sociale accompagnée d’une réduction des cotisations patronales;
  • resserrement des prestations de vieillesse pour les étrangers : 5 ans de cotisations, 10 ans de vie en France;
  • mise en place du « Buy European Act », comparable au « Buy American Act »;
  • taxe sur les transactions financières;
  • révision des accords de Schengen pour, par exemple, exclure un État défaillant;
  • règle d’or d’ici la fin 2012 – interdiction des déficits.
 
Ce soir 18 h 30 (HAE), le professeur Martial Foucault nous explique ces points.

Keynes ou pas Keynes?

Jeudi 19 janvier 2012 à 14 h 27 | | Pour me joindre

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Alors que l’Europe semble replonger en récession, est-ce que de nouvelles mesures de relance seront nécessaires? Doit-on investir dans l’économie, doit-on augmenter les dépenses publiques et miser sur des politiques dites keynésiennes?
 
Deux avis, que je vous invite à lire et à commenter.
 
En réaction au dernier G20 de novembre à Cannes, en France, l’économiste Guy Sorman expliquait ceci à BFM Business le 18 novembre dernier : 
 
« Lors du G20 précédent, Obama avait dominé [les autres chefs du G20] en imposant l’idée qu’il fallait relancer l’économie mondiale par la dépense publique. C’est ça la pensée keynésienne, « obamanesque », « l’oba-économie »! Échec total des États-Unis sur ce terrain, la dépense publique n’a pas créé un seul emploi. Et donc, Obama s’est retrouvé dans une position très faible vis-à-vis de Mme Merkel, qui a démontré, avec l’appui du président sud-coréen, qui a joué un rôle très important au G20 de Cannes pour dire : « Écoutez, ce qui marche en économie, c’est d’être sérieux, c’est-à-dire d’équilibrer la dépense publique, de s’inscrire dans des politiques de long terme, ce que font l’Allemagne et la Corée du Sud. [...] Donc, c’est une victoire, je dirais, de la pensée économique allemande, c’est-à-dire le sérieux et le long terme paient et la relance, ce que souhaitaient Obama et Sarkozy, ça ne marche pas du tout. Au contraire, c’est le facteur principal de la crise financière. [...] L’économie classique nous dit : si vos dépenses publiques sont équilibrées dans le long terme, si vous ne changez pas de politique économique tous les 15 jours, vous créez un climat et une perspective longue qui incite les entrepreneurs à investir et à innover. [...] L’autre modèle économique, c’est de dire : on réagit très vite, il y a menace de crise, je renfloue, je sauve des entreprises, je sauve celle-ci, pas celle-là, je remets de l’argent dans le circuit, etc. Ce modèle interventionniste, pour l’instant, est un modèle qu’on pensait dominant après 2008 et qui est, aujourd’hui, un modèle qui n’a pas fait ses preuves dans le court terme et qui, à Cannes, a été totalement évincé, y compris en France. »»
 
Et puis, autre point de vue, dans le hors série numéro 91 d’Alternatives économiques, 1er trimestre 2012, l’avis d’Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d’analyse économique :
 
« Les pays du nord de l’Europe, aux comptes extérieurs excédentaires et dont les finances publiques sont en voie de rééquilibrage rapide, pourraient jouer un rôle de locomotive de la croissance européenne. En effet, en Europe, si la maîtrise des finances publiques est une priorité pour les pays du Sud dont les déficits structurels sont insoutenables, les pays du Nord qui jouissent de marges de manoeuvre appréciables peuvent différer l’ajustement budgétaire et stimuler la consommation par des politiques salariales et fiscales moins restrictives.
 
Une zone euro dont la balance courante est en quasi-équilibre, dont les finances et les dettes publiques sont mieux maîtrisées qu’au Japon, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, pourrait, si elle ne s’acharnait à s’autodétruire, être plus audacieuse tant en matière de soutien à l’activité que de préparation à l’avenir. Un keynésianisme européen est sans doute praticable : il passe par une relance des investissements dans les infrastructures matérielles et immatérielles, dans la transition énergétique, le renouveau de l’habitat et des transports, la mise à niveau des universités, l’innovation… »
 
Alors, Keynes ou pas Keynes?

La machine économique s’enraye…

Mercredi 23 novembre 2011 à 13 h 38 | | Pour me joindre

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Les bourses ont envoyé un signal clair de reprise de mars 2009 à avril 2011. Les doutes ont commencé à s’installer avant l’été, puis se sont amplifiés avec le blocage politique dans les discussions sur la dette à Washington en juillet. Les dernières données statistiques aux États-Unis cet automne ont laissé croire que l’économie n’avait que temporairement ralenti.
 
Un courtier à New York, mercredi
 

Le cercle vicieux

Mardi 15 novembre 2011 à 13 h 27 | | Pour me joindre

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D’abord, merci pour vos commentaires éclairés et éclairants, tous les jours, et en particulier sur les droits de scolarité, où je vous ai essentiellement laissé débattre et en réponse aussi au billet d’hier sur « la loi du marché ».
 

La Grèce, à un pas de la faillite

Lundi 26 septembre 2011 à 13 h 39 | | Pour me joindre

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Appelons un chat, un chat : la Grèce est à un pas de la faillite! Si on faisait la comparaison avec une entreprise ou un particulier, on peut dire que la Grèce s’est placée sous la protection des tribunaux et qu’elle négocie en ce moment sa restructuration avec ses créanciers.
 

La journée se terminait, la Grèce avait encore retenu l’attention en ce début de semaine, les opérateurs de marché s’inquiétant de la capacité du pays à répondre à toutes les demandes des autorités européennes, de lourdes exigences que j’ai énumérées dans ce blogue hier.

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Tiens, le pape Benoît XVI nous parle d’économie. Vous avez vu ça passer? Je le cite, jeudi, aux Journées mondiales de la Jeunesse à Madrid : « L’économie ne doit pas se mesurer à l’aune du profit maximum, mais à celle du bien commun [...] L’économie ne peut pas fonctionner uniquement selon une autorégulation mercantile, elle a besoin d’un fondement éthique afin de travailler pour l’homme. »
 
Que vous soyez croyant ou pas, que vous aimiez ou pas le pape, n’est-ce pas intéressant comme commentaire?