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La carotte, le bâton et le huard

Vendredi 13 décembre 2013 à 15 h 06 | | Pour me joindre

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Malgré tous les avertissements, malgré le resserrement des règles hypothécaires et même si l’économie ralentit, les Canadiens continuent de s’endetter. Le niveau d’endettement des ménages monte moins rapidement que par le passé, mais il monte encore. Au troisième trimestre, ce taux est passé de 163,1 à 163,7 %. Autrement dit, pour chaque tranche de 100 $ de revenu disponible, les ménages ont une dette moyenne de 163,70 $, en incluant le crédit à la consommation et les dettes hypothécaires.

Votre dette, c’est la menace principale dans l’économie canadienne selon plusieurs experts. Le FMI nous le dit souvent : le Canada s’expose à des jours difficiles si une bulle d’endettement se forme et éclate avec une éventuelle hausse des taux d’intérêt.

Dans les circonstances, la Banque du Canada peut difficilement envisager une baisse de taux d’intérêt pour stimuler l’économie. Mais elle ne peut pas non plus les monter compte tenu de la faible croissance du PIB et de l’inflation. C’est un exercice d’équilibrisme intense pour le nouveau gouverneur de la Banque du Canada.

Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, et Gérald Fillion, à droiteD’ailleurs, en entrevue à RDI économie jeudi, Stephen Poloz a admis sans gêne que la banque centrale a joué un rôle dans l’embellie immobilière au pays. Une étude de la Deutsche Bank nous apprenait cette semaine que c’est au Canada que le marché est le plus surévalué dans le monde en raison de la hausse des prix à Toronto et à Vancouver principalement. « C’est vrai que c’est surévalué, a dit Stephen Poloz, mais c’est l’une des conséquences prévisibles de notre politique qui était celle d’avoir plus de dépenses des ménages pour contrebalancer le manque d’exportations durant la récession. »

Stephen Poloz a clairement changé la ligne directrice à la Banque du Canada, tandis que l’économie a montré des signes de faiblesse depuis l’été dernier. Sous Mark Carney, stratégie du bâton, on cherchait à freiner les élans de l’endettement en maintenant une menace de hausse de taux d’intérêt. Sous Stephen Poloz, stratégie de la carotte, on laisse poindre la possibilité de baisser les taux, ce qui a pour effet de faire chuter le dollar canadien.

La banque centrale tente de transférer une partie du soutien à l’économie du consommateur vers l’exportateur qui, en principe, devrait bénéficier d’une baisse du dollar canadien face au dollar américain.

Sur ce sujet-là aussi, Stephen Poloz ne passe pas par quatre chemins : « Nous sommes plus clairs, plus honnêtes, nous avons des incertitudes autour du taux d’inflation et de la trajectoire pour retourner à 2 %. » Et le marché capte le message!

Pour résumer, si Jim Flaherty ne réussit pas à ralentir l’endettement des Canadiens en resserrant les règles hypothécaires et si la Banque du Canada ne peut pas vraiment freiner la consommation, que reste-t-il? Le dollar canadien! Et c’est sur la devise que semble travailler la Banque du Canada pour tenter d’équilibrer et de consolider les sources de croissance pour l’économie canadienne.

Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine Le patron de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke est en mode « sortie de crise ». Son objectif : réduire progressivement l’intervention de la banque centrale dans les marchés financiers sans nuire à la reprise économique qui semble s’installer. La Fed achète encore pour 85 milliards de dollars d’obligations chaque mois en ce moment. Elle a injecté plus de 2300 milliards de dollars depuis le début de la crise financière. Cette intervention exceptionnelle doit, un moment donné, arriver à son terme. On s’en approche…

Chez nous, le nouveau gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz doit tout faire pour éviter de poser des gestes qui accentueraient les problèmes structurels qui se sont installés dans l’économie canadienne au cours des dernières années. On a beaucoup misé sur le consommateur au Canada pour soutenir l’économie. Aujourd’hui, ce consommateur-citoyen-travailleur-contribuable est très endetté! Peut-être trop d’ailleurs…

Et c’est pour ça que Stephen Poloz mise sur les exportateurs et une hausse des investissements des entreprises, qui dorment sur des centaines de milliards de dollars en liquidités, pour relancer l’économie. Le consommateur a assez donné, nous dit la Banque du Canada. On lui en a assez demandé. L’endettement des ménages atteint des sommets et cet endettement représente aujourd’hui la menace la plus importante qui plane sur l’économie canadienne.

Ce qui se passe au Canada et aux États-Unis est particulier. Depuis des années, les États-Unis se démènent pour tenter de relancer leur croissance de façon durable et faire baisser le chômage. Pendant ce temps, le Canada a claironné sur tous les toits que sa recette était la meilleure : des banques stables, des assises financières solides, une économie forte stimulée par la construction et les ressources.

Maintenant, ils sont de plus en plus nombreux parmi les experts à reconnaître que les dépenses publiques, l’intervention de la Réserve fédérale et l’évitement du « mur budgétaire » ont permis aux États-Unis d’éviter une chute encore plus brutale de leur économie et de reconstruire une croissance qui apparaît un peu plus solide.

Au Canada, parce que la récession a frappé moins fort qu’ailleurs, on s’est cru et on se croit peut-être encore à l’abri d’intempéries. Mais, est-ce le cas? Notre croissance est moins forte qu’aux États-Unis, les indicateurs économiques expriment un peu partout au pays, notamment au Québec, qu’il y a un ralentissement en cours. Quantité d’experts du FMI, de la Banque du Canada et même jusqu’à Paul Krugman expriment une réelle inquiétude quant à l’impact éventuel du niveau d’endettement des ménages.

De toute évidence, le vent ne souffle pas dans la même direction au nord et au sud de la frontière…

Sommes-nous si endettés?

Mercredi 28 novembre 2012 à 12 h 45 | | Pour me joindre

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Le « Wayne Gretzky » de la finance canadienne, comme se sont exclamés certains commentateurs de Toronto en parlant de Mark Carney, va quitter la Banque du Canada dans les prochains mois à un moment où les menaces qui planent sur l’économie canadienne se font grandissantes. L’OCDE s’attend à une croissance de seulement 1,8 % en 2013 au pays et de 2,4 % en 2014.

Dans les circonstances, Mark Carney ne pourra probablement pas augmenter les taux d’intérêt avant de quitter son poste le 1er juin prochain et c’est son successeur qui devra trouver l’équilibre entre l’inflation, la force du dollar canadien, la conjoncture économique et les pressions exercées par le fort endettement des ménages canadiens.

cochon-detteD’ailleurs, au fait, les Canadiens sont-ils si endettés?  Doit-on céder aux inquiétudes de ceux qui disent que le taux d’endettement des Canadiens est plus élevé que le taux d’endettement des Américains tout juste avant l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis?

Non! Non, répondent les économistes de la Nationale. Il faut comparer des pommes avec des pommes. En mesurant les taux canadien et américain, il est important de prendre en compte l’endettement des entreprises et les coûts de la santé. En incluant ces deux facteurs, les experts de la Nationale arrivent à la conclusion que le niveau d’endettement des ménages américains demeure plus élevé que celui des Canadiens.

Ce que le Wall Street Journal faisait ressortir lundi, c’est que pour chaque tranche de 100 $ de revenus disponibles, les Canadiens ont une dette de 163 $, alors qu’aux États-Unis, les ménages américains ont une dette de 108 $ seulement. Donc, selon le quotidien américain, le Canada fait face à sa « plus importante menace économique en plusieurs années ».

L’économiste Matthieu Arseneau affirme que pour une comparaison juste, il faut ajouter les travailleurs autonomes dans la dette des ménages aux États-Unis, ce qui porte le ratio d’endettement à 140 %. Et puis, selon son estimation, le revenu disponible d’un Américain ne peut pas être comparé à celui d’un Canadien en raison des coûts de santé élevés aux États-Unis, à la charge dans bien des cas des individus. Les Américains doivent octroyer une bien plus grande part de leurs revenus disponibles à la santé que les Canadiens, qui paient des impôts pour offrir une couverture universelle à l’ensemble de la population.

Au final, ajusté aux coûts de santé, le ratio dette/revenus disponibles est de 4,6 points de pourcentage moins élevé au Canada qu’aux États-Unis.

Sans amoindrir l’importance de l’endettement des Canadiens, il faut s’assurer de parler avec exactitude des données disponibles.

Récession ou déficit?

Lundi 15 octobre 2012 à 13 h 19 | | Pour me joindre

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L’intervention des banques centrales au cours des derniers mois a alimenté la hausse boursière, notamment à New York. Mais ce mouvement haussier est-il en train de s’essouffler?

L’indice S&P500 est au même niveau qu’il y a six semaines. New York est encore 12 % au-dessus de son creux de juin, mais est en baisse de plus de 3 % depuis la mi-septembre. Il est trop tôt pour établir des tendances. Mais la question se pose : quelle est la suite? Les banques centrales ont-elles atteint la limite de ce qu’elles pouvaient faire pour relancer l’économie?

Du point de vue boursier, dans ces circonstances, plusieurs analystes se demandent si une correction n’est pas en cours. Sur le plan économique, les dirigeants qui se sont rencontrés en fin de semaine à Tokyo dans le cadre du sommet annuel du FMI et de la Banque mondiale se sont demandé s’il ne fallait pas faire une pause dans les mesures d’austérité budgétaire pour miser davantage sur la stimulation de l’économie.

Christiane Lagarde, directrice du FMI.

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a déclaré que la politique budgétaire des pays avancés doit être « calibrée de manière à être aussi favorable que possible à la croissance ». Les dirigeants se sont aussi entendus pour accorder deux années supplémentaires à la Grèce pour que le pays atteigne ses objectifs budgétaires.

La question qu’il faut se poser, c’est comment éviter une nouvelle récession mondiale. Le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance la semaine dernière, confirmant le ralentissement de l’économie mondiale et le pouvoir limité des banques centrales pour relancer l’économie.

Sur Yahoo Finance, l’investisseur Robert Wiedemer, directeur d’Absolute Investment Management, affirme que si on continue comme ça, il y aura bel et bien une récession. « Mais on peut l’éviter, selon lui, cette récession. Et la façon de le faire, c’est d’augmenter le déficit, comme on l’a fait auparavant. Si vous faites passer le déficit de 1000 à 2000 milliards de dollars [aux États-Unis], vous allez voir que nous serons loin de la récession! »

La Chancelière de l'Allemagne, Angela Merkel

Doit-on aller jusque-là?

Le niveau d’endettement est très élevé dans plusieurs pays occidentaux. C’est un problème. Et, l’Allemagne continue d’affirmer qu’il faut s’attaquer d’abord et avant tout à ce problème fondamental. L’Allemagne est exigeante parce que c’est elle qui paie une bonne partie de la note pour aider les pays européens en difficulté. En même temps, c’est elle aussi qui a largement contribué à l’endettement excessif de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal et de l’Irlande, en exportant quantité de biens dans ces pays. L’Allemagne a profité de la crise, accusent les plus critiques. Et la chute de l’euro a aussi servi ses exportateurs.

Berlin doit peut-être revoir ses positions. Alternatives économiques rapportait dans son édition de septembre les propos de Joschka Fischer, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Schröder, qui disait ceci : « Il serait à la fois tragique et ironique que l’Allemagne réunifiée provoque pour la troisième fois, par des moyens pacifiques cette fois et avec les meilleures intentions du monde, la ruine de l’ordre européen. »

Nous sommes à un tournant. Plus d’austérité, plus de contraction économique? Ou une pause dans l’austérité, plus de déficit sans doute, plus de dette aussi, avec un espoir que cette fois-ci, ce sera assez pour relancer l’économie?

Hypothèques : il fallait agir

Jeudi 21 juin 2012 à 10 h 37 | | Pour me joindre

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Il y a à Ottawa des gens bien avisés, comme Jim Flaherty et Mark Carney, qui ne veulent pas voir l’économie canadienne capoter. Sur le tableau de bord, il y a quelques petites lumières rouges qui sont allumées depuis quelque temps. Et il y en a d’autres au jaune, qui pourraient bientôt passer au rouge. Oh, ce n’est rien à côté de la Grèce où on ne regarde même plus le tableau de bord tellement tout est détraqué. Mais, quand même, ce qui est en train de se passer ici n’est pas sans conséquence.

Le ministre des Finances, Jim FlahertyDans un monde normal, les taux d’intérêt devraient augmenter même si le niveau d’inflation n’est pas alarmant. Ils devraient surtout augmenter parce que le niveau d’endettement monte sans cesse. La dette des ménages représente maintenant 152 % du revenu personnel disponible. Et ce ratio ne fait qu’augmenter, alors qu’il est en baisse dans les autres grands pays occidentaux. Puis, le marché immobilier canadien est en surchauffe dans certains marchés.

Des organisations internationales lancent aussi des avertissements de toutes sortes au Canada : vos banques sont trop exposées au marché hypothécaire, votre productivité est médiocre, l’économie du pays fonctionne de plus en plus à deux vitesses (mal hollandais?). Le Canada ne peut pas dire éternellement que tout va bien, tout est parfait, nous sommes les meilleurs.

Alors, c’est pour ça et c’est dans ce contexte que le ministre des Finances Jim Flaherty resserre les règles hypothécaires pour une quatrième fois en quatre ans. Finies les hypothèques sur 30 ans, le maximum revient à 25 ans après qu’on eut laissé le marché monter jusqu’à l’étalement incroyable sur 40 ans. Quelle folie! Et puis, la limite d’emprunt sur la valeur de sa maison sera de 80 % au lieu de 85 %. Ça devrait, on l’espère, calmer un marché qui n’arrive pas à trouver ses limites de lui-même!

Mark Carney, gouverneur de la Banque du CanadaEt c’est parce que les lumières rouges se multiplient dans le tableau de bord que Mark Carney voulait augmenter les taux d’intérêt cette année (et le veut peut-être encore? Vraiment?). C’est pour ça que Jim Flaherty ne cesse de répéter que le Canada n’est pas à l’abri et que si notre économie périclite, bien, ce sera la faute de l’Europe qui ne règle pas ses problèmes, qui ralentit l’économie, qui empêche le Canada de recueillir les fruits de son économie qui devrait prospérer.

Oui, le Canada a mieux fait que les autres durant et après la crise. Mais le Canada n’est pas à l’abri des soubresauts de l’économie mondiale et des excès à l’intérieur de sa propre économie. Et la nouvelle intervention de Jim Flaherty nous confirme que la situation, sans être alarmante, est sérieuse et préoccupante.

L’entrevue réalisée avec Stephen Jarislowsky et diffusée hier soir à RDI a suscité de nombreuses réactions. L’investisseur, milliardaire et toujours actif à 86 ans, en avait long à dire sur plusieurs sujets : l’endettement des ménages, l’action des banques centrales, le conflit étudiant, la retraite et l’art. Un texte, diffusé samedi et portant sur le point de vue de Stephen Jarislowsky sur le conflit étudiant, a reçu 200 commentaires et a été recommandé sur Facebook 1400 fois. Il en a dit des choses dans cette entrevue, Stephen Jarislowsky.
 
D’abord, retrouvez l’entrevue ici :
 
 
Et puis, permettez-moi de faire écho à quelques commentaires reçus dans ma boîte de courriels et dans celle de RDI Économie afin d’alimenter la discussion avec vous.
 
Ainsi, à propos du conflit étudiant, alors que Stephen Jarislowsky affirme que les étudiants devraient être reconnaissants que la société soutienne environ 85 % des droits de scolarité, Denyse Gagnon d’Alma écrit qu’il « est tellement vrai de dire que plus on paie quelque chose et plus on le paie cher, plus on y fait attention et on l’apprécie. [...] C’était rafraîchissant d’entendre cet homme au lieu des leaders étudiants et des artistes. »
 
Avis contraire de Stéphane-René Gallant de Drummondville, qui est d’avis que l’investisseur montréalais a fait preuve d’incohérence en souhaitant une forte hausse des droits de scolarité tout en dénonçant l’endettement des ménages. « Il dit que c’est par la hausse des droits de scolarité qu’on donnerait une meilleure valorisation des études. Pourtant, on pourrait aussi simplement offrir aux étudiants la gratuité scolaire à la mesure de leurs bonnes notes, sans avoir besoin d’endetter plus de gens qui ne sont pas aussi riches que lui. »
 
Le témoignage de Marie Laverdure porte sur la proposition de Stephen Jarislowsky d’augmenter l’âge de la retraite à au moins 69 ans. « J’ai travaillé pendant 43 ans, dit-elle. [...] Je n’ai jamais pu gagner plus de 19 000 $ annuellement. Contrairement à ce que Stephen Jarislowsky dit, tout le monde n’a pas pu économiser! [...] Moi, je trouve les étudiants qui manifestent présentement très gâtés par rapport à nous. Ils ont toutes sortes de choses, des gadgets coûtant des centaines et des milliers de dollars, et plus encore! »
 
« Son commentaire sur la retraite des enseignants, écrit Daniel Beaudry de Moncton, ne tient pas compte du fait que ce travail reçoit un salaire insuffisant pour pouvoir recruter du talent. Peut-être que la solution serait un salaire beaucoup plus alléchant, quitte à laisser plus de responsabilités aux enseignants quant à la planification de leur retraite. »
 
Même avis de Richard Landry, enseignant de Montréal : « Il critique sans le savoir les enseignants. Il insinue qu’ils ne méritent pas leur retraite. De toute évidence, M. Jarislowsky sous-estime grandement le travail des enseignants. »
 
Jean-François Couture nomme Stephen Jarislowsky, « le Charles Aznavour de l’investissement ». Il se dit en accord « avec lui sur la majorité des sujets sauf sur l’âge de la retraite, particulièrement pour les gens ayant travaillé plus de 40 ans dans des métiers extrêmement exigeants physiquement. Et quand vous avez déploré le manque de moyens pour prendre une retraite le moindrement confortable, il vous a répondu qu’il aurait fallu économiser davantage. J’attendais une sous-question qui n’est pas venue : comment les petits salariés dont les revenus ont gravité autour du salaire minimum toute leur vie auraient-ils pu économiser suffisamment pour se procurer des revenus de retraite capables de leur assurer une qualité de vie? »
 
Hélène Villeneuve nous écrit qu’il est intéressant et rassurant « de voir qu’il y a encore des gens sensés dans notre société. Les idées prônées par M. Jarislowsky sont d’une grande sagesse et démontrent un haut degré d’intelligence. [...] Il serait peut-être temps que les parents reprennent leurs responsabilités plutôt que de toujours les laisser aux autres, ou alors faire le choix de ne pas avoir d’enfants! »
 
Alexandre Gagnon de Beaconsfield a été choqué par les propos de Stephen Jarislowsky. « Premièrement, comment un milliardaire peut-il émettre des opinions si polarisées sur les finances du contribuable moyen qui peine à boucler son budget? Réalise-t-il seulement que pour une grande majorité du peuple, économiser pour la retraite n’est tout simplement pas possible dû au coût de la vie? Quand il dit que les Québécois arrivent à la retraite avec pas assez d’épargne, il néglige le fait qu’il est aujourd’hui très difficile avec un salaire moyen de payer les factures associées aux besoins fondamentaux.
 
« Aussi, comment peut-il dire qu’il faudrait que les frais de scolarité soient de 40 000 $ pour que les gens soient reconnaissants? On néglige trop souvent, dans une tentative de comparer notre système d’éducation avec le système américain, que les impôts ne sont pas les mêmes. Comment pourrions-nous payer des études universitaires à 40 000 $ alors que le taux d’imposition est dramatiquement plus élevé qu’aux États-Unis? »
 
Et vous, qu’en pensez-vous?
L’une des activités commerciales des institutions financières, c’est de vous vendre des prêts hypothécaires. Les intérêts que vous payez sur votre prêt hypothécaire rémunèrent les banques qui paient elles-mêmes des intérêts sur les emprunts qu’elles effectuent sur les marchés pour financer l’acquisition de votre maison.
 
Ces intérêts doivent couvrir leurs coûts et leur permettre de faire un profit. On comprend donc que les banques, pour faire de bonnes affaires, doivent vous faire des offres alléchantes afin de gagner votre coeur et surtout votre portefeuille.
 
Des sous
 Où commence la responsabilité sociale des institutions financières? Et où est la limite qui sépare le risque d’affaires normal de l’exagération cupide? Jusqu’où les banques peuvent-elles aller dans la sollicitation de votre dollar? Je pose ces questions parce que la mère de toutes les banques au Canada, la Banque du Canada, exprime depuis plus d’un an une inquiétude toujours un peu plus insistante à propos de l’endettement des ménages. Les banques, de leur côté, rivalisent d’originalité pour vous offrir des contrats hypothécaires tout à fait alléchants.
 
Ainsi, en ce jeudi matin tout printanier, vous pouvez trouver dans votre quotidien préféré une publicité de la Banque de Montréal vous offrant un taux d’intérêt de 2,99 % sur un terme hypothécaire de 5 ans fixe. C’est une offre relativement exceptionnelle, en vigueur jusqu’à la fin du mois. La BMO offre même un taux de 3,99 % sur… 10 ans!
 
Au même moment, dans la mise à jour habituelle de sa politique monétaire, la Banque du Canada écrivait ce matin, dans son communiqué, que « l’endettement [des Canadiens] continue de s’accroître, ce qui demeure le principal risque interne ». Ce niveau d’endettement, par rapport au revenu personnel disponible, dépasse les 150 % et dépasse le taux américain.
 
Est-il acceptable et normal que les banques commerciales vous offrent des taux exceptionnels pour attirer votre clientèle, alors que la Banque du Canada ne cesse de répéter que les ménages doivent faire attention à leur endettement, c’est un risque important, « le principal risque interne »?

Hypothèques CHIP : bon pour vous?

Mercredi 22 février 2012 à 11 h 35 | | Pour me joindre

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Je reçois régulièrement des questions du public à propos des hypothèques inversées. Vous avez peut-être déjà vu à la télévision ces publicités qui offrent aux personnes de 60 ans et plus de leur prêter des milliers de dollars à « faibles taux » sur garantie de la maison que vous possédez et que vous avez déjà fini de payer. L’idée, c’est de vous prêter jusqu’à 40 % de la valeur nette de votre résidence. Vous n’avez rien à rembourser jusqu’à votre mort, à moins que vous décidiez de quitter la maison. Vous devrez alors tout rembourser, intérêts composés compris.
 
Est-ce une bonne chose?
 
Premièrement, en faisant appel à ce service, vous vous endettez. Il faut le savoir, il faut le calculer, il faut tenir compte aussi des intérêts, qui se situent à 5 ou 6 % selon l’analyste Sophie Roussin, de l’Union des consommateurs. Ces intérêts sont plus élevés que les taux hypothécaires en vigueur. De plus, contrairement à un emprunt hypothécaire ou à un prêt à la consommation, vous n’avez pas de remboursements réguliers à faire. Donc, vous allez payer beaucoup d’intérêts à votre départ.
 
Deuxièmement, si vous mourez (et ça va sûrement finir par arriver!), sachez que c’est votre succession qui devra rembourser.
 
La spécialiste de l’Union des consommateurs que nous avons interviewée à RDI Économie, mardi soir, n’aime pas ce produit. Pour elle, il y a d’autres solutions à proposer aux gens qui se cherchent un revenu. Le programme de revenu résidentiel, appelé CHIP en anglais, doit être une solution de derniers recours. Je vous invite à voir, revoir, écouter, réécouter l’entrevue ici.
 
Par ailleurs, j’ai reçu un courriel d’un téléspectateur habituel de l’émission, M. Jean-Pierre Thomassin. Il me raconte une histoire tout à fait positive par rapport à ce programme. Je le cite :
 
« Mes amis, tous deux retraités, étaient tannés de vivre dans leur grosse maison à tondre la pelouse et écouter la TV. Ils ont eu recours à l’hypothèque inversée pour acquérir une maison motorisée. Depuis ce temps, ils voyagent partout en Amérique du Nord. Et récemment, ils ont été vus chez un détaillant de motos!!!! Ce produit convient très bien à une clientèle de retraités dont les enfants sont autonomes financièrement et qui ne désirent pas leur laisser des biens en héritage.Un produit miracle selon mes amis. Jamais un prêt personnel ou une marge de crédit hypothécaire leur aurait permis un tel achat, tel que suggéré par votre invitée. »
 
Et vous? Qu’en pensez-vous?

La menace qui plane sur le Canada

Mardi 13 décembre 2011 à 13 h 17 | | Pour me joindre

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Le Canada n’est pas à l’abri des troubles économiques aux États-Unis et en Europe. On a l’impression parfois qu’on est protégé de tout ici au Canada, parce qu’on a du pétrole, des banques solides, des gouvernements qui tiennent serrés les cordons de la bourse. Mais, comme le répètent souvent Jim Flaherty et Mark Carney, nous ne sommes pas une île!