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Emplois au Québec : du contexte

Vendredi 10 mai 2013 à 16 h 37 | | Pour me joindre

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En économie, il faut souvent se décoller le nez de la fenêtre, prendre un ou deux pas de recul pour mieux comprendre ce qui se passe. Il faut du contexte. Des économistes comme Pierre Fortin ou François Delorme, Bernard Élie, Luc Godbout et j’en passe viennent régulièrement à RDI économie pour nous aider à mettre un peu de lumière sur les enjeux.

Pour notre émission spéciale du 20 mai, jour de la fête des Patriotes, de Dollard et de la Reine, nous allons vous présenter une entrevue avec l’économiste Pierre Fortin, observateur de la scène économique québécoise depuis cinq décennies. Nous sommes allés chez lui ce matin pour réaliser cette entrevue qui, je pense, va beaucoup vous intéresser.

Il m’a donné un graphique pour vous, que je reproduis ici :

Alors que le Québec voit son taux de chômage augmenter depuis le début de l’année, il est passé de 7,1 à 7,8 %, le taux d’emploi du Québec demeure encore plus élevé qu’aux États-Unis. Et l’écart qui s’était resserré avec l’Ontario ne s’est que très légèrement agrandi. Le taux d’emploi, c’est le nombre de personnes qui travaillent dans la population des 15 ans et plus.

Ainsi, selon Statistique Canada, le taux d’emploi en Ontario était de 61,2 en janvier. Il est à 61,3 en avril. Au Québec, il était à 60,7 en janvier. Il est à 60,2 aujourd’hui. On a raison de dire que le bilan québécois est moins bon que celui de l’Ontario dans les derniers mois. Mais il faudra attendre encore pour établir des tendances lourdes et évaluer si le Québec est en train de recommencer à prendre du retard sur l’Ontario.

Il s’est ajouté 44 000 emplois au Québec en avril 2013 par rapport à avril 2012. En Ontario, c’est un ajout de 71 000. La croissance économique est faible dans les deux provinces. Comme l’expliquent les économistes de Desjardins, « il faut reconnaître que depuis janvier, le bilan du marché du travail est plutôt terne. Il est vrai que sur le plan des données économiques, c’est un début d’année hésitant qui caractérise le continent nord-américain. Avril ne présente pas de surprise. […] D’ici l’été, le marché du travail devrait afficher un meilleur score que les quatre premiers mois de l’année qui se sont soldés négativement. »

Il ne faut pas amoindrir le message que nous envoient les statistiques. Comme le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty l’exprimait hier à Londres, il est à souhaiter que les pays occidentaux vont orienter leurs politiques et leurs priorités vers la croissance et l’emploi. Nous sommes largement dépendants de la croissance mondiale, surtout américaine.

 

Le Cirque dans nos vies…

Jeudi 17 janvier 2013 à 13 h 52 | | Pour me joindre

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Les Québécois aiment le Cirque du Soleil et son fondateur Guy Laliberté. Avec Bombardier, CGI et Céline Dion, le Cirque du Soleil fait partie des Québécois qui ont su se tailler une place sur la scène mondiale et qui suscitent une grande fierté dans la population.

TotemDans le cas du Cirque du Soleil, les médias ont toujours démontré un grand intérêt pour le succès de Guy Laliberté. Le Cirque, c’est un joyeux mélange de créativité, d’art, d’affaires et  d’entrepreneuriat. Les images sont belles, le fondateur est spectaculaire, les caméras et les micros ont été présents à toutes les étapes de l’évolution de cette entreprise.

Mercredi, le Cirque, pour l’une des rares fois de son histoire, avait de très mauvaises nouvelles à annoncer. Près d’un employé sur 10 sera mis à la porte cet hiver, la plupart au siège social de Montréal. Guy Laliberté, le fondateur, et Daniel Lamarre, le PDG, ont rencontré les employés pour leur expliquer ce qui se passe, mais ont refusé de rencontrer les médias, laissant la directrice des communications faire les entrevues et le point de presse.

Pourquoi? Pourquoi ne pas venir expliquer aux Québécois, qui ont toujours soutenu Guy Laliberté et sa merveilleuse aventure, ce qui se passe dans le monde du Cirque?

Non seulement les médias ont été présents pour raconter les succès du Cirque, mais le gouvernement du Québec a appuyé le Cirque dès le départ. Pas besoin de vous dire que c’est votre argent qui a permis le démarrage du Cirque en 1984. Guy Laliberté était alors parvenu à convaincre le premier ministre de l’époque René Lévesque de soutenir son projet à hauteur de 1 million de dollars. On connaît la suite…

Un succès planétaire, des dizaines de spectacles, 5000 employés qui ont permis au fondateur Guy Laliberté de devenir l’un des hommes les plus riches du Québec, parmi les 500 personnes les plus fortunées du monde avec un magot évalué à 2,6 milliards de dollars.

Par respect pour ses employés, Guy Laliberté leur a parlé personnellement mercredi. Parce qu’il y a un peu de nous autres dans le génie de Guy Laliberté, n’aurait-il pas dû venir nous expliquer ce qui se passe avec cette formidable aventure?

Obama ou Romney, donc?

Lundi 5 novembre 2012 à 13 h 40 | | Pour me joindre

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L’élection présidentielle est cruciale pour l’avenir socioéconomique des États-Unis. Le pays doit retrouver le chemin de la croissance pour espérer relancer un marché de l’emploi fort et solide. Pour l’instant, la croissance de l’emploi est trop faible et les emplois créés sont moins rémunérateurs et moins sûrs que ceux qui ont été perdus dans la foulée de la grande récession.

Comment stimuler l’économie américaine? Comment dégonfler le déficit, qui dépasse en ce moment les 1000 milliards de dollars par année? Comment amoindrir les écarts de richesse qui provoquent des inégalités sociales exceptionnelles? Et comment les États-Unis peuvent-ils réduire leur dépendance au pétrole étranger et surtout au pétrole tout court?

Barack Obama de passage à Springfield en Ohio

Les principales mesures économiques de Barack Obama

  • Hausse d’impôts pour les plus fortunés (taux de 33 % à 36 %, taux de 35 % à 39,6 %).
  • « Buffett rule » en référence au taux d’impôt de Warren Buffett plus faible que celui de sa secrétaire : taux réel d’impôt de 30 % pour les millionnaires.
  • Investissements : infrastructures, éducation, innovation.
  • Coupes dans la défense.
  • Crédit d’impôt pour les entreprises qui rapatrient des emplois aux États-Unis.
  • Développement du gaz naturel.
  • Fin des subventions au secteur pétrole, mais développement tout de même.
  • Augmenter le nombre de diplômés.

Mitt Romney, prenant une pause au cours d'une visite dans une usine de Worthington, en Ohio.

Les principales mesures économiques de Mitt Romney

  • Baisse d’impôts pour les ménages : réduction de 20 % de tous les taux marginaux.
  • Baisse du taux le plus élevé pour les entreprises de 35 à 25 %.
  • Équilibre budgétaire : coupes sociales et l’assurance maladie (Obamacare).
  • Oui à l’oléoduc Keystone (entre l’Alberta et le Texas).
  • Développement énergétique (réduction de la réglementation).
  • Amélioration des programmes de formation.
  • Plus de dépenses dans la Défense.
  • Des éléments de politiques extérieures (affrontement possible avec l’Iran, sanctions possibles contre la Chine) pourraient avoir des répercussions économiques.

 

Peu importe le gagnant, il souhaitera certainement avoir les coudées franches pour mettre en place son plan de match économique, et donc compter sur un Congrès qui lui est favorable. Le prochain président devra :

  1. Éviter le choc fiscal qui pourrait survenir le 1er janvier avec l’annulation automatique des baisses d’impôt annoncées par George W. Bush et la réduction instantanée de plusieurs dépenses publiques, qui stimulent en ce moment l’économie.
  2. Composer avec une économie mondiale qui ralentit : Europe en récession, croissance chinoise toujours un peu moins forte.
  3. Stimuler l’économie intérieure par des mesures ciblées dans le secteur manufacturier notamment, des mesures que plusieurs considèrent comme étant une approche protectionniste, qui semble toutefois permettre aux États-Unis de regagner du terrain dans le secteur de la fabrication.
  4. Et développer une stratégie énergétique efficace : comment se libérer du pétrole, toujours plus difficile à extraire, se libérer du pétrole étranger de plus en plus orienté vers la demande des émergents, surtout la Chine, développer des énergies plus propres comme le gaz naturel et l’éolien?

Alors, vos pronostics?

Sources : Pierre Fournier (Banque Nationale), Francis Généreux (Desjardins), Frédérick Gagnon (UQAM)

Obama : un bilan mitigé

Vendredi 2 novembre 2012 à 11 h 20 | | Pour me joindre

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Si on ne fait que regarder les chiffres, ils ne sont pas très bons. Mais si vous me permettez une image tirée tout droit du baseball, Barack Obama est arrivé au pouvoir début 2009, comme s’il arrivait au milieu de la septième manche et que c’était 6-0 pour l’autre équipe! Vous comprendrez que la pente était raide à remonter!

Le président sortant Barack Obama répond aux questions des citoyens américains lors du deuxième débat télévisé. Relancer une économie ravagée par une crise sans précédent depuis 1929 n’était pas de tout repos. Au final, les États-Unis ont perdu 624 000 emplois sous Barack Obama, mais il faut dire que la chute de l’emploi s’était amorcée avant son arrivée. Par rapport à la fin 2007, il y a environ 4 millions d’emplois en moins aux États-Unis.

La reprise du marché du travail n’a pas été à la hauteur des attentes des Américains. Depuis la crise de 1929, jamais un président n’a affiché un bilan aussi négatif. Même le rebond de 171 000 emplois du mois d’octobre, qui pourrait rassurer le président Obama, ne change pas la donne. Il en faut plus pour se convaincre d’une reprise durable.

  • Emplois : -624 000
  • Déficit : 1100 milliards $ (+151 %)
  • Dette : 70 % du PIB (c’était 35 % en 2009)
  • Croissance annuelle moyenne : 0,7 % (3,1 % depuis 1953)
  • Revenu médian : 50 678 $ (+0,2 %)
  • Pouvoir d’achat pour le ménage médian : -8,2 %
  • Décote de la dette du pays par Standard and Poors à AA
  • Sources : Desjardins, Bloomberg Business Week

Cela dit, le mandat du président se termine tout de même sur une note d’espoir. La hausse de l’emploi est plus forte qu’attendu et dépasse la moyenne mensuelle des deux dernières années. De plus, le marché immobilier semble être en reprise et la confiance des Américains est à son plus haut en cinq ans. Il y a là des signaux encourageants.

Et, il faut le dire, après la chute spectaculaire des marchés, ce qui a le plus profité des investissements publics et de l’intervention massive de la Réserve fédérale dans le marché obligataire, c’est la bourse! Le S&P 500 a repris environ 70 % de sa valeur depuis son creux de 2009.

Lundi : les perspectives économiques, ainsi que les programmes de Barack Obama et de Mitt Romney.

Les propositions du Parti libéral

Vendredi 17 août 2012 à 13 h 53 | | Pour me joindre

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Je complète mon tour d’horizon des principales propositions économiques des partis représentés à l’Assemblée nationale. Ce dernier blogue coïncide avec la publication des cadres financiers du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec.

Aujourd’hui, pour terminer, voici les mesures économiques du Parti libéral. Ce soir, notre invité sera Raymond Bachand, candidat dans Outremont pour le Parti libéral à RDI Économie à 18 h 30 (HAE). Retrouvez d’ailleurs ces entrevues sur www.radio-canada.ca/elections-economie.

Jean Charest et son équipe.

Voici donc les principales propositions économiques du Parti libéral :

  • équilibre budgétaire en 2013-2014;
  • réduction de 3 à 2 % du niveau de croissance des dépenses en 2014-2015, 600 millions de dollars;
  • création de 250 000 emplois en 5 ans, dont 50 000 seront des « emplois verts »;
  • taux de chômage de 6 % et plein emploi prévu pour 2017;
  • renouvellement de la Stratégie québécoise sur la recherche et l’innovation orientée vers les technologies vertes, les sciences de la vie, l’aérospatiale et les technologies;
  • plan manufacturier pour aider les entreprises à trois niveaux : innovation et commercialisation de nouveaux produits, nouveaux procédés et développement de nouveaux marchés d’exportations;
  • Fonds Ambition Québec de capital de risque pour financer des acquisitions d’entreprises à l’étranger; 1 milliard du gouvernement et d’Investissement Québec;
  • « Mesures qui permettront aux entreprises québécoises d’évaluer une proposition d’achat et de pouvoir refuser, ce qui n’est pas le cas actuellement »;
  • exonération fiscale d’impôt des gains en capital de 750 000 $ pour les propriétaires de PME qui souhaitent vendre leur entreprise à un membre de leur famille;
  • exonération fiscale d’impôt des gains en capital de 1 000 000 $ au lieu de 750 000 $ pour le transfert familial d’une entreprise agricole québécoise;
  • incitatif de 120 $ par mois en plus de l’aide sociale pour les jeunes de moins de 21 ans qui se lancent dans un parcours de retour en emploi;
  • hausse du nombre de personnes seules admissibles à la Prime au travail;
  • crédit d’impôt de près de 20 % des dépenses admissibles jusqu’à concurrence de 3000 $ pour des travaux de rénovation verte;
  • indexation à l’inflation du tarif des garderies à 7 $;
  • abaissement de 65 à 62 ans de l’âge d’admissibilité au crédit d’impôt allant jusqu’à 1500 $ pour les travailleurs expérimentés;
  • « Réduction de la taxe sur la masse salariale allant jusqu’à 1000 $ pour les entreprises qui emploient des personnes de 65 ans et plus »;
  • « Nouveaux soutiens salariaux pour l’embauche et l’intégration en emploi des travailleurs expérimentés de 55 ans et plus »;
  • immigration : plus de points pour les demandeurs qui détiennent déjà une offre d’emploi;
  • CPE en entreprise : crédit d’impôt de 50 % des coûts récurrents d’exploitation d’un service de garde en entreprise;
  • « Épargne Plan Nord » : crédit d’impôt allant jusqu’à 500 $ pour un investissement annuel maximal de 5000 $ dans des produits financiers élaborés par les Fonds de travailleurs et Capital régional et coopératif Desjardins;
  • 50 millions de dollars pour des programmes de formation à distance basée sur les besoins du Plan Nord;
  • 2,5 milliards sur 5 ans pour soutenir les travaux sylvicoles et la gestion des forêts;
  • 268 millions sur 5 ans pour développer une industrie forestière « adaptée à l’évolution des marchés »;
  • appuis financiers de 330 millions à Québec pour : nouvel amphithéâtre, Théâtre Le Diamant, Nouvelles-Casernes, phase III de la promenade Samuel-De Champlain;
  • 55 millions pour les fêtes du 375e anniversaire de Montréal, qui s’ajoutent aux investissements prévus dans le budget (125 millions) pour le Biodôme, le Jardin botanique, l’Insectarium ainsi que le parc Jean-Drapeau, l’oratoire Saint-Joseph et le Musée des beaux-arts de Montréal;
  • 325 millions pour rénover les stations de métro de Montréal et ajout de 300 kilomètres de voies réservées pour le transport en commun;
  • remboursement du prix existant entre un véhicule électrique ou hybride et un véhicule à essence de catégorie comparables pour les propriétaires de taxi;
  • ajout de « plusieurs millions » pour les diffuseurs pluridisciplinaires;
  • majoration du crédit d’impôt pour les aidants naturels;
  • aide financière de 100 $ par enfant, non imposable, pour l’achat d’articles scolaires;
  • financement doublé pour le programme d’Aide aux devoirs;
  • hausse des droits de scolarité maintenue à 254 $ par année sur 7 ans et mise en place du plan annoncé d’accessibilité aux études (prêts, bourses, remboursement proportionnel au revenu).

Merci de me faire part de vos observations. Bonne fin de semaine. Bon débat dimanche soir!

Quantité d’entreprises manufacturières ont fermé leurs installations au Québec pour déménager dans des villes où les subventions publiques sont plus qu’alléchantes ou pour s’installer là où les coûts de main-d’oeuvre sont bas.

On pense à Electrolux, qui va quitter L’Assomption pour Memphis en retour d’un soutien de la ville et de l’État du Tennessee de plus de 130 millions de dollars. On pense aussi à Mabe, qui va mettre la clé sous la porte de son usine de Montréal au profit de ses installations américaine et mexicaine. Et puis, il y a quelques jours, BRP annonçait que ses motomarines ne seraient plus produites à Valcourt, mais au Mexique.

On peut tenir les discours qu’on voudra, oui, le secteur manufacturier est en déclin. Au cours de la première décennie des années 2000, la part du manufacturier dans le PIB du Québec est passée de 23 à 16 %.

Productivité + éducation

La présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins Monique LerouxCela dit, dans un discours prononcé il y a un peu plus d’un mois, la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, expliquait que ce secteur est toujours bien en vie chez nous et qu’on a tout intérêt à miser sur l’industrie manufacturière, qui représente toujours 90 % de nos exportations. Pour stopper le déclin et assurer la vitalité d’un secteur névralgique à l’économie du Québec, Monique Leroux affirme qu’il faut miser sur la productivité. « Il faut investir pour se repositionner et aller chercher sa part de succès dans une économie mondiale dont les pays émergents sont aujourd’hui la locomotive. »

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a rendu publique une étude effectuée auprès de 103 dirigeants d’entreprises d’au moins 50 employés de la région métropolitaine de Montréal. Ces entreprises disent vouloir investir, mais elles disent avoir du mal à avoir accès à une main-d’oeuvre qualifiée. Il faut tout faire, maintenant, plus que jamais, selon les dirigeants, pour réduire le décrochage et augmenter le taux de diplômés universitaires. Ces gens-là ont confiance dans les capacités et les possibilités de leur ville. Mais il faut passer à l’action et stimuler davantage l’économie montréalaise.

L’OCDE a aussi publié un rapport la semaine dernière pour rappeler à tout le Canada que ses lacunes en matière de productivité pourraient nuire à son économie au cours des prochaines années. Et ça, les États-Unis de Barack Obama semblent l’avoir compris. D’abord, sa productivité est exemplaire. Et ses stratégies pour retenir et ramener des entreprises manufacturières sont agressives.

Délocalisation + soutien public

Le président américain, Barack Obama

Une étude publiée en mars par le Boston Consulting Group nous apprend qu’un virage est en train de s’amorcer chez nos voisins du sud. Un phénomène de « relocalisation vers les États-Unis » s’est amorcé écrivait Alternatives économiques dans son édition de mai 2012. « Depuis début 2010, le secteur manufacturier a créé 300 000 emplois nets, pour la première fois depuis 1990. »

 

Il y a cinq raisons principales qui expliquent ce phénomène :

  • la productivité des Américains demeure plus forte qu’en Chine, plus forte que partout ailleurs il faut le dire, beaucoup plus élevée qu’au Canada;
  • les salaires des ouvriers chinois augmentent de 15 à 20 % par année, sont passés de 50 ¢ l’heure en 2000 à 4,50 $ projetés en 2015;
  • les coûts de l’énergie – électricité et pétrole – augmentent en Chine et dépassent, en certains endroits, les coûts constatés aux États-Unis;
  • l’appréciation du yuan réduit la compétitivité des entreprises chinoises;
  • la qualité de la main-d’oeuvre est meilleure aux États-Unis qu’en Chine.

Une fois pris en compte tous ces facteurs, on constate que les coûts de production en Chine ne seront plus que 10 % inférieurs aux États-Unis en 2015. Le Boston Consulting Group affirme que dans trois ans, le Mexique sera moins cher que la Chine, mais le pays doit composer avec une main-d’oeuvre moins qualifiée, des infrastructures de faible qualité et un risque élevé lié à la sécurité.

Dans les circonstances, le secteur manufacturier américain demeure en vie et espère même un retour de croissance parce que le gouvernement fédéral, les États et les villes soutiennent leurs entreprises et ajoutent les sommes nécessaires pour faire pencher la balance en leur faveur.

Le Québec évolue dans le même marché et la même réalité. L’approche américaine peut certainement nous inspirer.

Sources : CCMM, Desjardins, BCG, Alternatives économiques, OCDE

 

Des chercheurs, des économistes et des analystes s’inquiètent d’une tendance qui semble prendre de l’ampleur à Ottawa : la réduction des données disponibles pour comprendre notre société. Nous en avons déjà discuté ici sur ce blogue les 10 et 17 février dernier. Des événements récents nous obligent à y revenir.
 
Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page (archives)D’abord, dans sa dernière publication, diffusée ce matin, Production de rapports sur le budget et les dépenses pour le Parlement : Renforcer la transparence et la surveillance en période de consolidation budgétaire, le directeur parlementaire du budget Kevin Page affirme que les députés n’ont pas assez d’informations pour étudier les mesures annoncées dans le budget 2012-2013.
 
« Le budget de 2012 et les rapports sur le statu quo présentés au Parlement sont trop généraux, selon Kevin Page, pour éclairer les parlementaires quant aux changements prévus ou pour faire le point sur les progrès accomplis. De plus, le gouvernement a déjà ordonné aux ministères de ne pas inclure dans leurs rapports sur les plans et les priorités (RPP) les détails relatifs aux mesures d’économie incluses dans le budget de 2012. À l’heure actuelle, ces détails sont fournis seulement par l’entremise des journaux et des lettres des sous-ministres sur l’incidence sur l’emploi. »
 
En introduction, Kevin Page dit aussi : « Les parlementaires ayant l’obligation fiduciaire envers les Canadiens de gérer les deniers publics, ils ont donc besoin de données financières transparentes et disponibles en temps utile pour assumer leurs responsabilités. »
 
Statistiques Canada Récemment, on apprenait que Statistique Canada allait abandonner la publication de certains indicateurs en raison des compressions que l’organisme doit apporter. Le Globe and Mail nous apprenait il y a quelques jours qu’en plus de la réduction de 8 % des dépenses de Statistique Canada, plusieurs ministères prévoient réduire leurs commandes d’études auprès de Statistique Canada en raison de compressions qu’ils doivent eux aussi mettre en oeuvre.
 
Tout ça se fait dans un contexte où des doutes sont soulevés sur les enquêtes de Statistique Canada quant à l’évolution de la population active. Les hausses et les baisses mensuelles d’emplois ont été particulièrement fortes, à plusieurs reprises, depuis l’été dernier. Pertes massives d’emplois en octobre, novembre et décembre au Québec et bond de 82 000 au Canada en mars. Les économistes sont de plus en plus nombreux à exprimer des réserves quant à la fiabilité des résultats de l’enquête sur l’emploi et aimeraient que Statistique Canada révise ses méthodes de calcul.
 
L’économiste Jean-Pierre Furlong m’écrivait d’ailleurs il y a une semaine que deux enquêtes à Ottawa sur l’emploi n’arrivaient pas aux mêmes résultats. Selon l’Enquête sur la population active, il s’est perdu 61 000 emplois au Québec au 4e trimestre 2011. Selon l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures travaillées, l’emploi est demeuré stable! Les critères méthodologiques ne sont pas les mêmes.
 
N’est-il pas inquiétant, dans ces circonstances, de réduire les dépenses dans les rapports, les enquêtes, les recherches, les chiffres et les statistiques?

Le jour de la marmotte?

Lundi 16 avril 2012 à 11 h 53 | | Pour me joindre

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La résurgence des inquiétudes sur l’économie américaine nous rappelle ce qu’on vit depuis cinq ans. Chaque printemps, on a l’impression depuis 2008 que l’économie américaine va résister et rebondir. Et la réalité nous rattrape, les économistes réalisant qu’il y a encore beaucoup de travail à faire compte tenu de la situation économique mondiale et des risques qui planent toujours.
 
Drapeau américainOn se rappelle qu’en 2010, convaincue de la solidité de la reprise économique, la Banque du Canada avait choisi d’augmenter ses taux d’intérêt au printemps et à l’été. Elle a dû stopper net cette aventure en septembre compte tenu de la fragilité de la situation.
 
L’an dernier, la première moitié de l’année laissait poindre des espoirs de reprise durable ou à tout le moins un peu plus appuyée de l’économie américaine. Un incroyable affrontement politique à Washington et l’amplification de la crise de la dette en Europe sont venus calmer, une fois de plus, les ardeurs des plus optimistes.
 
Nous voici de nouveau dans une situation où plusieurs questions se posent. Après une poussée d’optimisme depuis octobre, incarnée par l’évolution des actions du Standard and Poors 500, les incertitudes reviennent à l’avant-plan :
 
1- la crise de la dette européenne est loin d’être terminée, alors que les coûts d’emprunt de l’Espagne grimpent, pays où le chômage dépasse les 23 %, même les 50 % chez les jeunes;
 
2- la croissance chinoise est de moins en moins forte, même si elle demeure largement plus élevée que celles des pays occidentaux;
 
3- avec une faible création d’emplois en mars, la reprise américaine est-elle vraiment solide?
 
Selon les analystes Pierre Fournier et Michael Fini, de la Financière Banque Nationale, « non seulement les chiffres sur l’emploi [aux États-Unis] ne reflètent pas adéquatement les réalités du marché de l’emploi, mais aussi, plus important, la qualité des nouveaux emplois créés dans le secteur des services s’amenuise. Par conséquent, les salaires, les avantages et le revenu personnel disponible stagnent, ce qui pourrait miner la capacité du consommateur américain à soutenir, de nouveau, une époque de croissance économique robuste et durable ».
 
Les deux experts rappellent qu’en mars, 164 000 personnes ont cessé de chercher de l’emploi aux États-Unis. Les revenus ne montent que très légèrement pour les citoyens.
 
Pourquoi, pensez-vous, le décollage est-il si difficile?

Québec : brouillard statistique

Vendredi 17 février 2012 à 13 h 43 | | Pour me joindre

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L’économiste en chef de Valeurs mobilières Banque Laurentienne nous a écrit il y a quelques jours pour nous parler de l’économie et de l’emploi au Québec. Alors que Statistique Canada rapporte la suppression nette de plus de 50 000 emplois en 2011 au Québec, avec une tendance négative depuis juin et des pertes marquées dans les trois derniers mois de l’année, plusieurs économistes se demandent pourquoi les autres données économiques sont toujours en croissance.

Dans son courriel, Carlos Leitao écrit ceci : « Si les pertes d’emplois au Québec depuis juillet 2011 ont été « massives », la pire séquence en fait depuis la récession de 1981 selon Statistique Canada, alors comment expliqué que les ventes d’autos aient connu un bon rebond depuis juillet 2011, et que dans les faits ne diffèrent pas de la tendance canadienne? »

Il termine en disant que « les données sur l’emploi ne cadrent pas avec les autres indicateurs économiques ». Ça ne veut pas dire que le marché de l’emploi est robuste au Québec. Ce n’est nettement pas le cas. Mais on ne peut pas dire non plus que c’est désastreux!

Ce graphique appuie l’analyse de Carlos Leitao. Pendant que l’emploi chute (ligne bleue), les ventes d’autos bondissent (ligne rouge)…

Enfin, des emplois au Québec…

Vendredi 3 février 2012 à 12 h 46 | | Pour me joindre

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Oui, enfin, diront certains!
 
Il s’est créé des emplois au Québec en janvier. Avec toutes les mauvaises nouvelles annoncées depuis le début de l’année (Johnson & Johnson, Mabe, Sanofi-Aventis, AstraZeneca), il y a sans doute de la nervosité à Québec quant à la situation de l’emploi. Il faut le rappeler : depuis juin, la tendance de l’emploi au Québec est négative, alors qu’elle demeure positive dans le reste du Canada.
 
Comme il s’est créé des emplois dans les services en janvier, le Québec est parvenu à enregistrer un gain net de 9500 emplois. Cependant, ce sont des emplois à temps partiel qui ont été créés. Il s’est perdu quelques centaines de postes à temps plein. De plus, 3000 personnes ont quitté la population active en début d’année, ce qui a permis de réduire le taux de chômage de 0,3 point à 8,4 %.
 
Le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand
Le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand (archives)
 
Tout cela fait dire au ministre des Finances Raymond Bachand que « la progression de l’emploi enregistrée au Québec en janvier 2012 confirme, comme l’avaient d’ailleurs souligné plusieurs analystes du secteur privé, que la croissance économique, bien que modérée, se poursuit et que l’emploi rejoint graduellement la trajectoire positive des autres indicateurs économiques ».
 
Le cabinet du ministre des Finances affirme aussi, dans son communiqué, que « l’économie du Québec [...] va profiter de la reprise graduelle de l’économie américaine et des importants investissements annoncés ou en cours de réalisation, notamment dans le Nord québécois. »
 
Il s’est perdu 61 000 emplois au Québec au quatrième trimestre 2011 et non pas 69 000 tel qu’annoncé auparavant. « La situation demeure tout de même préoccupante », écrit l’économiste Joëlle Noreau de Desjardins. Elle rappelle aussi que les fermetures d’usines annoncées dans les dernières semaines « ne prendront effet que dans quelques mois, voire dans plus d’un an ».
 
Malgré des nouvelles encourageantes aux États-Unis, le « contexte n’est pas propice à l’embauche de ce côté-ci de la frontière, selon Desjardins. Voilà pourquoi les avancées sur le marché du travail seront modestes, lorsqu’il y en aura, au cours des prochains trimestres. Malgré l’amélioration des statistiques sur l’emploi, la situation du marché du travail québécois demeure inquiétante ».
 
L’économiste Matthieu Arseneau de la Banque Nationale écrit que « malgré le fait que le Québec ait connu le meilleur mois parmi les provinces, le rebond demeure décevant compte tenu des pertes des mois précédents. Le secteur privé a encore perdu des emplois au Québec en janvier (-1000), le sixième recul de suite ».
 
 
Note : On m’informe de problèmes techniques dans la plateforme de commentaires. J’en suis désolé. On me dit qu’on travaille fort pour rétablir le tout. Merci de votre compréhension.