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Postes Canada est rentable!

Vendredi 22 mai 2015 à 13 h 00 | | Pour me joindre

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Postes Canada est un service public. C’est une société de la Couronne aux services de la population canadienne. À la suite des compressions annoncées en 2013 et de la réorganisation des services qui y est associée, des citoyens et des élus, de partout au Canada, ont exprimé leur attachement aux services de Postes Canada et leur opposition à la fin de la livraison du courrier à domicile.

Encore récemment, les maires de Montréal, Longueuil, Laval et Westmount ont annoncé que c’est devant les tribunaux qu’ils vont se battre dorénavant pour bloquer la décision de Postes Canada sur la livraison du courrier.

Faisant fi de l’opposition populaire et politique, Postes Canada claironne dans le communiqué de ses derniers résultats financiers qu’elle « doit demeurer financièrement autonome » et qu’il faut « éviter que l’entreprise devienne un fardeau pour les contribuables ». Autrement dit, selon la direction de ce service public que les Canadiens veulent pourtant conserver, accorder de nos impôts pour Postes Canada ou payer plus pour maintenir ce service est considéré comme un « fardeau ».

Ce qui est paradoxal dans tout ça, c’est que pour « éviter que l’entreprise devienne un fardeau pour les contribuables », vous savez ce que fait la société d’État? Je vous le donne en mille : elle augmente la tarification! « La hausse des revenus provenant de la structure de tarification progressive, qui est entrée en vigueur au début du deuxième trimestre de 2014, a permis de contrer les effets du déclin des volumes du service Poste-lettres. »

Suis-je bête? Quelqu’un ici peut-il m’expliquer en quoi une hausse de tarification n’est pas un alourdissement du « fardeau pour les contribuables », alors que ce serait le cas si on décidait de payer les services de Postes Canada avec nos impôts?

Des profits malgré les défis

Il est clair que Postes Canada fait face aux mêmes défis que les autres grands services postaux de la planète : celui de la baisse du volume de courrier postal. Mais, comme le montrent bien les résultats financiers publiés jeudi par Postes Canada, les autres services fonctionnent. Grâce à la hausse de tarification, le service qui inclut la livraison du courrier est même en progression!

  • Courrier transactionnel : 889 millions $ (+9,1 %)
  • Colis : 380 millions $ (+6,2 %)
  • Marketing direct : 298 millions $ (-1 %)
  • Groupe d’entreprises (Purolator, SCI, Innovapost) : 22 millions $ (perte l’année précédente)

Le profit avant impôt du 1er trimestre 2015 est de 24 millions de dollars. Et malgré les gains enregistrés dans tous les secteurs, Postes Canada sous-titre son communiqué ainsi : « Les volumes Poste-lettres du régime intérieur ont baissé de 8,4 %, accélérant le déclin continu du secteur de base. » En français, ça veut dire que le volume de lettres (lettres, cartes postales, factures, etc.) envoyées au Canada ne cesse de baisser.

Le Conference Board du Canada a publié une étude en 2012 qui prévoyait des pertes de 1 milliard de dollars en 2020 pour Postes Canada. C’est en s’appuyant sur ce rapport que la société a lancé sa vaste réforme. Trois ans plus tard, les chiffres ne suivent pas du tout la tendance envisagée par le Conference Board.

postesPostes Canada doit certainement trouver des solutions pour maintenir des finances saines. Mais son discours sur le « fardeau » que pourrait représenter Postes Canada est décalé de la réalité. Et ses décisions sont, dans ce contexte, difficiles à défendre.

Bombardier en difficulté?

Jeudi 15 janvier 2015 à 14 h 56 | | Pour me joindre

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Que se passe-t-il à Bombardier? L’entreprise vient d’annoncer des compressions de 1000 emplois au Mexique et aux États-Unis et la suspension de tout un programme d’avions, celui des avions d’affaires Learjet 85. Ce matin, lors de la conférence téléphonique portant sur ces compressions, les analystes financiers ont exprimé beaucoup d’inquiétudes sur le niveau de liquidités de Bombardier.

Les dirigeants de l’entreprise, qui annonçaient une troisième vague de compressions en un an, ont dû répondre à de multiples questions sur les capacités financières de Bombardier.

Les analystes de Cormark Securities expriment d’ailleurs de sérieuses inquiétudes sur l’état de santé de la société. Bombardier  a besoin d’un minimum de liquidités de 2 milliards de dollars pour fonctionner. Elle annonce qu’elle en détient pour 2,4 milliards de dollars avec une révision à la baisse pour la division aérospatiale. Comment Bombardier pourra-t-elle poursuivre le développement de la CSeries dans un corridor aussi serré, se demandent des analystes? Déjà, Bombardier affirme que certains objectifs ne seront pas atteints. On aura les détails au dévoilement des résultats le 12 février.

L’action a dégringolé de plus de 20 %, expression très claire de l’inquiétude qui grandit sur l’avenir de l’entreprise.

source : Bombardier

source : Bombardier

J’ai parlé à l’analyste Philippe Cauchi d’Info Aéro Québec, qui rappelle que le Learjet 85 est dans un segment d’avions en ralentissement, les avions de moins de 15 millions de dollars. On est passé, à Bombardier, de 133 livraisons en 2000 à 17 seulement au cours des trois premiers trimestres du dernier exercice.

Il ajoute que les retards dans le développement de la CSeries et la chute des cours du pétrole nuisent également à Bombardier. Les compagnies aériennes voient moins d’urgence à acheter des avions moins énergivores avec la baisse du prix du pétrole.

« Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, me dit Isabelle Dostaler, spécialiste de l’aéronautique à l’Université Concordia. Les prochains mois pour Bombardier seront importants, il faudra suivre l’entreprise de près. Il faut comprendre tout de même que ce ne sont pas tous les petits fournisseurs aéronautiques du Québec qui sont dans la même situation. »

Bombardier perd de l’expertise en remerciant des employés. Cette entreprise est un fleuron de l’économie québécoise. La société a misé gros sur le programme de la CSeries avec le soutien continue des gouvernements. Il est plus que temps que ce programme-là s’envole et rapporte de l’argent à Bombardier.

Entre-temps, les suppressions d’emplois et les enjeux financiers laissent craindre le pire. Et, dans le contexte actuel où les gouvernements du Québec et du Canada veulent à tout prix atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016, il serait étonnant de voir l’État voler au secours de Bombardier.

Chers fidèles de ce blogue, et à tous les nouveaux qui se joignent à la discussion toutes les semaines, je vous souhaite une belle année 2015, de la santé et du bonheur. Je vous remercie de participer si activement et avec autant d’engagements à ce blogue depuis 2006. C’est grâce à vous que je continue à alimenter ce blogue. C’est grâce à vos idées, vos questions, vos commentaires, votre présence. Tout simplement, merci!

Les derniers jours ont été durs et pénibles avec l’attentat de mercredi dernier à Paris et les prises d’otage vendredi. Dans quel monde sommes-nous entrés? Qu’est-il en train de se passer? Comment combattre le terrorisme, comment déjouer les attaques tout en agissant sur les causes fondamentales du terrorisme? Comment vivre normalement après cette attaque à la liberté, à la liberté d’expression, au cœur de la république et de la démocratie?

Comme vous, je réfléchis, je lis, je discute avec des proches de ce qui s’est passé. Bien malins ceux qui croient avoir les réponses à toutes les questions. Mais les autorités politiques, qui se disent aujourd’hui unies pour faire face à la menace terroriste, devront aller jusqu’au bout de cette affirmation de solidarité et adopter les mesures adéquates pour assurer la sécurité de leurs concitoyens. Elles devront aussi et surtout agir à long terme en misant sur l’éducation et la réduction des inégalités économiques.

***

L’année 2014 a été marquée par la chute du pétrole. On verra l’impact sur l’économie réelle de cet effondrement des prix cette année. C’est, pour l’instant, l’enjeu économique prépondérant, qu’on va suivre de près sur ce blogue et à RDI économie.

Par ailleurs, au pays, on va continuer de s’intéresser à la question de finances publiques. La majorité des provinces sont toujours en déficit, mais l’exercice 2015-2016 va marquer le retour – officiel – à l’équilibre budgétaire au Canada et au Québec. À Ottawa, des baisses d’impôt sont à l’ordre du jour, mais la chute des cours du pétrole pourrait venir contrecarrer les projets du gouvernement Harper.

À Québec, pendant ce temps, le gouvernement Couillard continuera d’appliquer des mesures d’austérité pour réduire ses dépenses tout en continuant d’investir dans les infrastructures. On en parlait le 19 décembre dernier, le gouvernement affiche déjà un surplus budgétaire pour les six premiers mois de l’exercice 2014-2015 en raison d’un contrôle serré des dépenses.

Cela dit, il y a une chose dont on a peu parlé et qui mérite toute notre attention. L’économiste Pierre Fortin nous l’expliquait le 21 novembre dernier à RDI économie : même si le gouvernement continue d’investir dans ses infrastructures, il faut noter que ces investissements seront sérieusement réduits dans les prochaines années.

Les dépenses en immobilisations vont représenter cette année 3,1 % du PIB, mais vont tomber à 2 % d’ici deux ans. Les sommes prévues pour les infrastructures vont passer de 11,5 milliards de dollars cette année à 8,5 milliards dans 2 ans, une baisse rapide de 3 milliards. C’est près de 1 % du PIB du Québec. Et c’est donc une baisse considérable d’investissements publics qui pourrait nuire à la croissance économique du Québec, déjà affaiblie par le vieillissement de la population.

www.finances.gouv.qc.cadocumentsAutresfrAUTFR_lepointAut2014.pdf - Google Chrome

source : Finances Québec

Le Québec veut, certes, ralentir son endettement pour réduire les intérêts à payer sur sa dette. Le gouvernement va le faire en revenant à l’équilibre budgétaire, le déficit représentant environ le quart de l’endettement supplémentaire dans une année. Mais le gouvernement Couillard veut le faire aussi réduisant ses investissements en immobilisations, qui représentent les deux tiers de l’endettement nouveau chaque année.

Le Québec a perdu 15 800 emplois en 2014, du 1er janvier au 31 décembre. La perte est de 2300 en comparant la moyenne mensuelle d’une année sur l’autre. Ce résultat est très décevant dans un contexte où les États-Unis sont en croissance et où la chute du dollar canadien favorise l’économie du Québec. Avec la baisse du prix de l’essence, une occasion en or se présente pour relancer l’économie du Québec. Il serait malheureux que le Québec rate cette chance…

Et l’emploi, Monsieur Leitao?

Mardi 2 décembre 2014 à 19 h 59 | | Pour me joindre

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Comment expliquer que le gouvernement Couillard s’entête à alourdir le fardeau fiscal des contribuables et des entreprises, pendant que la croissance économique demeure faiblarde et que le Québec a perdu 100 000 emplois à temps plein depuis un an?

Le ministre des Finances Carlos Leitao avait prévu, durant la campagne électorale en mars, une croissance du PIB de 2,1 % en 2014. En juin, il a révisé sa projection à 1,8 %. Aujourd’hui, début décembre, la croissance de 2014 est évaluée maintenant à 1,6 %.

Le ministre a aussi révisé à la baisse sa projection pour 2015. Les entreprises hésitent à investir, le Plan Nord est miné par la chute des prix des métaux, les contribuables épargnent moins, s’endettent plus, mais heureusement les exportations bondissent grâce à la chute du dollar canadien et au rebond américain. Eh oui, on peut espérer une accélération de l’économie avec la baisse des prix de l’essence.

Mais c’est trop peu pour l’instant. L’économie du Québec a besoin de son secteur privé, a besoin de créer de la richesse, de la prospérité et des emplois. Avant de ralentir davantage, l’économie du Québec n’a-t-elle pas besoin d’un plan pour l’emploi de la part de son gouvernement?

Qu’en pensez-vous?

Le ministre Leitao était notre invité à RDI économie, regardez l’entrevue.

Un plan de relance pour l’économie?

Lundi 10 novembre 2014 à 14 h 34 | | Pour me joindre

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Le nouvel Institut du Québec, un groupe de réflexion unissant HEC Montréal et le Conference Board, publie une étude qui en arrive à la conclusion que l’économie de Montréal a un impact majeur sur le reste de l’économie du Québec.

Vous ne serez peut-être pas étonné par cette conclusion, mais il faut aller plus loin. L’Institut dit que Montréal a un « effet locomotive » extrêmement important pour l’ensemble du Québec. Cet « effet locomotive » est « le deuxième en importance de toutes les grandes villes du Canada ». On dit souvent : quand la construction va, tout va! Il faut dire aussi au Québec : quand Montréal va, tout va!

Regardez ce tableau : la population du Grand Montréal représente environ 50 % de tout le Québec. Mais la contribution du Grand Montréal au PIB québécois est plus grande que sa population, tout comme les impôts payés, les investissements étrangers directs et les brevets.

Mtl-contribution

Le problème, c’est que la métropole connaît une croissance économique lente. Son taux de chômage demeure au-dessus de la moyenne, la croissance économique est faible, la croissance démographique aussi. Montréal est aussi la championne des pertes de sièges sociaux depuis 15 ans au Canada. Selon l’Institut du Québec, il faut donc un électrochoc.

Dans ce contexte, je me permets de répéter ma question de vendredi dernier, quand on parlait de la chute de l’emploi au Québec : que faut-il pour relancer la confiance dans la province, chez les entrepreneurs de Montréal et d’ailleurs? Comment stimuler les investissements, le marché de l’emploi et l’économie en général?

Je vous ai préparé un tableau à partir des niveaux d’investissements des entreprises depuis trois ans au Québec. Voyez l’effondrement depuis le début de 2013…

Alors, l’État devrait-il orienter son action vers la relance, vers un plan de stimulation économique pour éviter que le Québec ne plonge en récession?

Les entreprises n’embauchent plus!

Vendredi 5 septembre 2014 à 12 h 42 | | Pour me joindre

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Les dernières statistiques sur l’emploi au Canada ne sont pas très réjouissantes. Malgré une accélération de la croissance économique au deuxième trimestre au pays, le marché de l’emploi croît lentement, près de la stagnation, particulièrement au Québec. Trois constats :

  1. Les entreprises n’embauchent pas. Il s’est perdu 112 000 emplois dans le secteur privé au Canada en août. En faisant le compte des bons et mauvais mois depuis le début de l’année, on constate une perte nette de 57 000 emplois dans les entreprises privées au Canada en 2014. Au Québec, la tendance est la même : perte de 35 500 emplois dans le secteur privé en août, de 50 000 depuis le début de l’année. C’est franchement inquiétant.
  2. Rien de mieux que de créer son emploi, paraît-il, quand on n’arrive pas à se dénicher du boulot! Eh bien, c’est le cas pour une bonne partie des citoyens : 15 % des travailleurs au Canada sont des travailleurs autonomes. Et ça se poursuit : Statistique Canada rapporte l’ajout de 87 000 travailleurs autonomes au Canada en août, dont 12 000 au Québec.
  3. Et, disons les choses simplement, il ne se crée presque pas d’emplois au Québec. Toutes les mesures arrivent au même constat :
    • faible gain de 4100 emplois en août;
    • encore plus faible gain de 9500 emplois depuis trois mois (moyenne de 3166 par mois);
    • perte de 21 000 emplois en 2014;
    • gain de 20 200 emplois depuis un an, soit 1683 emplois en moyenne par mois;
    • perte de 31 300 emplois à temps plein sur 12 mois, gain de 51 300 emplois à temps partiel.

L’inquiétant ralentissement

Vendredi 29 août 2014 à 11 h 54 | | Pour me joindre

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Les récentes données sur l’emploi et le PIB soulèvent des inquiétudes sur la solidité de l’économie québécoise. Le gouvernement Couillard doit déjà revoir ses chiffres. On évoque la possibilité de présenter un minibudget à l’automne pour mettre à jour les prévisions et mettre en oeuvre les mesures de révision demandées aux comités sur la fiscalité et les programmes.

Alors qu’on apprend que le gouvernement procède à des compressions au ministère de la Faune, l’austérité est-elle appropriée dans un contexte de faible croissance du PIB et de l’emploi?

Voici deux graphiques, qui parlent :

 

C’est parti, le Québec ira aux urnes le 7 avril. L’heure est donc aux bilans.

Quel est le bilan économique du premier mandat du gouvernement Marois?

Disons, d’entrée de jeu, qu’on ne peut attribuer au seul gouvernement les forces et les faiblesses, les succès et les ratés de l’économie québécoise. Mais tous les gouvernements ont une vision, une stratégie et des priorités. Il est clair que ce cadre influe sur l’évolution économique du Québec.

Résumons le travail gouvernemental au plan économique à cinq points principaux :

  1. Un gouvernement interventionniste : La philosophie du gouvernement Marois est d’intervenir dans l’économie et d’accompagner les entreprises dans leur développement. D’une part, le gouvernement a annoncé des dizaines de subventions, prêts et crédits d’impôt aux entreprises depuis septembre dernier, mais disons que cette façon de faire a été vue aussi sous les libéraux. De façon plus fondamentale, l’interventionnisme de l’État est clairement exprimé dans la stratégie économique du gouvernement, vision exposée l’automne dernier dans ce qu’il a nommé la « Politique économique du Québec – Priorité emploi ». Cette politique se déploie sous quatre grands chapeaux qui couvrent l’ensemble de l’économie : recherche et innovation, secteur industriel, commerce extérieur et électrification des transports.
  2. Un discours pro-pétrole : L’injection de 115 millions de dollars dans l’exploration de l’île d’Anticosti est un fait marquant du mandat de 18 mois du Parti québécois. Cet investissement témoigne encore une fois de l’implication marquée du gouvernement dans les activités économiques, mais surtout de son intérêt pour l’exploitation éventuelle du pétrole. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, la première ministre Pauline Marois a déverrouillé toutes les portes menant à l’or noir. Les plus écologistes de ses ministres (Martine Ouellet, Daniel Breton, Scott McKay) se sont rangés du côté des pro-pétrole et un discours à saveur nationaliste a été mis en place pour susciter l’adhésion des Québécois à l’exploration et à une éventuelle exploitation : « nos ressources », « maîtres et prospères chez nous », « indépendance énergétique », etc.  Le gouvernement du Québec évalue à 45 milliards de dollars les retombées sur 30 ans d’une éventuelle exploitation du pétrole, une projection fragile et hasardeuse, selon plusieurs experts.
  3. Décisions économiques importantes : Dans les premiers jours de son accession au pouvoir, la première ministre Pauline Marois a annoncé la fermeture de Gentilly-2, donc la fin de l’aventure nucléaire du Québec amorcée il y a 30 ans. Aussi, le gouvernement a décidé d’annuler le prêt consenti par les libéraux à l’été 2012 à la mine Jeffrey d’Asbestos. Cette décision signale aussi la fin d’une industrie au Québec, celle de l’amiante.
  4. Déficit zéro reporté : Le ministre des Finances Nicolas Marceau a présenté son budget 2013-2014 en novembre 2012 pour deux raisons : le Parti québécois voulait mettre en place son propre budget et voulait agir rapidement pour éviter de s’exposer à une défaite lors d’un vote sur le budget à l’hiver ou au printemps 2013. Pendant un an, de l’automne 2012 à l’automne 2013, le ministre Marceau a maintenu son objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire au cours de l’exercice 2013-2014. Mais en raison d’une croissance économique plus faible et d’un niveau d’inflation anémique, le gouvernement a dû se résoudre à reporter de deux ans le déficit zéro. Il faut dire aussi que le ministre Marceau avait appuyé son objectif d’équilibrer le budget sur une prévision audacieuse de croissance des revenus de 5 %. Tout de même, le Québec ne vit pas dans un monde à part. La croissance économique en 2013 a été moins forte que prévu un peu partout en Amérique du Nord, particulièrement au Canada. Toutefois, la croissance du Québec demeure plus faible qu’ailleurs : 1,2 % en 2013 par rapport à 1,3 % pour l’Ontario; 1,8 % en 2014 par rapport à 2,2 %; et 2,1 % en 2015 par rapport à 2,7 %. De plus, selon le ministère des Finances du Québec, le PIB par habitant en Ontario demeure plus élevé qu’au Québec, de 14 %.
  5. Des relations difficiles avec le monde des affaires : Il est important de rappeler que les relations entre le gouvernement et le monde des affaires ont été difficiles dès le début. L’annonce d’une hausse de la taxation des gains en capital et d’une hausse de 7 points de pourcentage sur les revenus les plus élevés, de façon rétroactive, a provoqué une levée de boucliers chez les gens les plus nantis. De vifs échanges entre des ministres du gouvernement et des gens des milieux d’affaires ont mené à une révision complète du plan de match gouvernemental : pas de hausse de la taxation des gains en capital, hausse modérée des impôts sur les revenus les plus élevés et annulation de l’abolition de la contribution santé, modulée dorénavant en fonction des revenus.

En terminant, quelques mots sur les tendances économiques :

  • Depuis un an, le taux de chômage est passé de 7,1 à 7,5 % au Québec, mais depuis six mois, la situation s’est améliorée : le taux était à 8,1 % en juillet dernier.
  • Même constat pour le taux d’emploi. En 12 mois, il est passé de 60,7 à 60,4 %, mais il était à 59,8 % l’été dernier. La plupart des emplois créés sont à temps partiel.
  • Compte tenu de la volatilité des données mensuelles de Statistique Canada, de plus en plus d’économistes préfèrent regarder les moyennes sur de plus longues périodes. Ainsi, il s’est ajouté 47 800 emplois au Québec en 2013 en comparant la moyenne des 12 mois de l’année par rapport à la moyenne des 12 mois de 2012. Cela dit, les données de Statistiques Canada sur l’emploi du 1er janvier au 31 décembre 2013 nous donnent une création de 3900 emplois. Du 1er février 2013 au 31 janvier 2014, la hausse est de 10 000 emplois. Durant la même période, l’Ontario a ajouté 53 800 emplois et l’ensemble du Canada, 145 900 emplois.

Voilà pour le bilan. D’ici la fin de la semaine, je vais vous parler des enjeux et des défis économiques de cette campagne.

Et je vous donne rendez-vous tous les jours à 16 h 30 (HNE) dans le cadre d’une nouvelle émission que j’aurai le plaisir d’animer, Calcul électoral, ainsi qu’à 18 h 30 à RDI économie.

Sombres chiffres sur l’emploi

Vendredi 10 janvier 2014 à 15 h 19 | | Pour me joindre

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En lisant les commentaires politisés, pour ne pas dire partisans dans certains cas, de tout un chacun sur Twitter, j’ai le goût de vous offrir ici des chiffres, des faits, des données claires, précises, qui vous permettront de tirer vos propres conclusions sur l’état de l’économie du Québec, du Canada, des États-Unis. Voici donc les chiffres sur l’emploi de décembre et de 2013 de Statistique Canada…

Décembre : 

Canada : -45 900 emplois (taux de chômage de 7,2 %)

Québec : -10 200 emplois (taux de chômage de 7,7 %)

Ontario : -39 300 emplois (taux de chômage de 7,9 %)

2013 :

Canada : +102 000 emplois

+19 200 emplois temps plein

+82 800 emplois temps partiel

Québec : +2100 emplois

-43 800 emplois temps plein

+45 800 emplois temps partiel

Ontario : +24 000 emplois

+29 600 emplois temps plein

-5700 emplois temps partiel

Il s’est ajouté 24 300 personnes dans la colonne des « sans-emploi » au Canada en 2013.

Important : le gouvernement du Québec élabore sa communication sur l’emploi depuis plusieurs années sur le calcul effectué par l’Institut de la statistique du Québec. Ce calcul est le suivant : on fait la moyenne du nombre d’emplois dans l’économie par mois en 2013 et on fait la différence avec la moyenne du nombre d’emplois par mois dans l’économie en 2012. Résultat : il s’est ajouté 47 800 emplois dans l’économie du Québec en 2013 selon ce calcul de l’ISQ.

Statistique Canada et les économistes du secteur privé préfèrent calculer les emplois créés et perdus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013 et regarder l’écart entre décembre 2012 et décembre 2013.

Maintenant, si on s’intéresse aux tendances, voici un autre calcul, celui de Desjardins : la croissance mensuelle moyenne de l’emploi au Québec et en Ontario :

3 derniers mois :

Québec : +10 833

Ontario : -13 400

6 derniers mois :

Québec : +2017

Ontario : -1483

12 derniers mois :

Québec : +175

Ontario : +2000

Pendant ce temps, aux États-Unis, la création d’emplois a été limitée à 74 000 en décembre. C’est largement sous les attentes. Cela dit, le temps froid a probablement perturbé le marché du travail et les heures travaillées selon les économistes, qui s’attendent à un rebond en 2014. Il s’est ajouté 2,186 millions d’emplois chez nos voisins du sud l’an dernier.

Le taux de chômage américain est tombé à 6,7 %. C’est plus faible qu’au Canada. Mais, si le Canada utilisait la même méthodologie que les Américains, notre taux de chômage affiché serait de seulement 5,8 %.

Analyse : Le Canada, le Québec et l’Ontario viennent de connaître une année décevante au chapitre de l’emploi. La croissance économique est faible, mais les économistes s’attendent à un rebond en 2014. Ces chiffres sont le reflet d’une économie qui a besoin d’un nouveau souffle. Le Canada présente des perspectives de croissance moins forte qu’aux États-Unis, ce qui fait chuter le dollar canadien. Mais, ce recul du dollar, sous la barre des 91 ¢US aujourd’hui, pourrait justement aider les manufacturiers exportateurs à rebondir en 2014.

Fait à noter : la Laurentienne nous fait remarquer que la cohorte des plus jeunes participant au marché du travail québécois  est devenue inférieure à celle des baby-boomers, c’est fait. Nécessairement, le bassin de main-d’oeuvre disponible est appelé à diminuer à moyen terme.

Alors, qu’en pensez-vous?

La Banque du Canada devrait-elle songer à réduire son taux directeur à la lumière de ces données?

Le Québec va-t-il retrouver le chemin de l’emploi en 2014 après une année décevante?

Un modèle d’une autre époque…

Mercredi 11 décembre 2013 à 11 h 24 | | Pour me joindre

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C’est la fin d’une époque. C’est la fin d’un modèle d’une autre époque en fait.

Plus ça va, pire c’est. Les pertes s’accumulent à Postes Canada trimestre après trimestre. Au rythme où vont les choses, le service postal public va perdre 1 milliard par année en 2020 selon le Conference Board. Et ces pertes vont continuer d’augmenter. Si les postes canadiennes étaient détenues par une entreprise privée, il y a longtemps que les dirigeants auraient réduit et transformé les activités. Si l’entreprise était en bourse, la pression des actionnaires aurait pu entraîner un véritable carnage dans les services, les emplois, les retraites.

Bref, Postes Canada doit tout changer. Et c’est ce qui s’amorce aujourd’hui avec l’annonce d’un plan de transformation majeur au cours des cinq prochaines années.

L’objectif est d’épargner environ 1 milliard de dollars, près de 15 % du budget :

  • fin de la livraison porte-à-porte en milieu urbain, service remplacé par des boîtes communautaires : économies de 400 à 500 millions de dollars;
  • hausse du prix des timbres de 35 à 60 % : les timbres vont passer de 63 ¢ actuellement à 85 ¢ si vous les achetez en rouleaux, à 1 $ si vous les achetez à l’unité : addition de 160 à 200 millions dans les coffres de Postes Canada;
  • concentration des services à la clientèle dans des bureaux situés dans des commerces, comme des pharmacies par exemple : économies de 40 à 50 millions;
  • suppression de 6000 à 8000 postes par attrition, autrement dit des emplois de gens qui partent à la retraite qui ne seront pas comblés. Étant donné que 15 000 travailleurs vont partir à la retraite d’ici cinq ans, il n’y aura pas d’employés mis à la porte. Même qu’on va embaucher! Alors, économies de 100 millions à 150 millions de dollars.
  • Total donc : environ 900 millions de dollars.

Postes Canada fait des gestes qui doivent être faits pour que le service revienne à un niveau socialement acceptable. Si vous vivez en campagne, vous allez déjà chercher votre courrier dans des boîtes et ça se passe très bien. De plus, les courriels, les outils de communication faciles et accessibles et la popularité des achats sur Internet nécessitent des changements radicaux dans le modèle d’affaires de Postes Canada, comme d’autres services de courrier l’ont fait ailleurs dans le monde. Aux États-Unis aussi, les temps changent. La poste est en pleine transformation et tente aussi de réduire ses coûts.

Ce qui risque de compliquer le plan de match de Postes Canada, c’est l’intention de l’entreprise de revoir les conditions salariales et les retraites.

Trois extraits du communiqué (j’ai souligné) :

  • « La Société continuera d’aligner ses coûts de main-d’œuvre sur ceux de ses concurrents, grâce à l’attrition et par la négociation collective au fil des ans. »
  • « Postes Canada prendra également les mesures nécessaires pour régler définitivement les problèmes qui touchent la viabilité de son régime de retraite. »
  • « Postes Canada travaillera à restructurer rapidement le régime de retraite afin d’assurer sa viabilité à long terme. »

Le front avec le syndicat est ouvert : aligner les coûts de main-d’œuvre avec les concurrents, c’est l’équivalent de dire qu’on va revoir les avantages des employés. Baisse de salaire? Réduction de vacances? Révision des avantages sociaux?

Et puis, « régler définitivement » et « restructurer rapidement » le régime de retraite, c’est un autre chantier de négociations qui sera difficile. Postes Canada proposera sans doute une formule 50-50 : 50 % de l’argent vient de l’employeur,  50 % des employés. D’autres flammèches en vue…

Le gouvernement conservateur exige maintenant des sociétés publiques comme Postes Canada et Radio-Canada de diffuser leurs résultats financiers trimestriels. Cette transparence permet aux Canadiens de mieux mesurer l’état de santé de leurs services publics. La publication des chiffres est un argument béton pour justifier les actions de Postes Canada.

Les temps changent, le marché et les façons de faire aussi. Le bon vieux temps est révolu à Postes Canada. L’entreprise et ses employés n’ont plus le choix. Mais jusqu’où doit-on aller pour mettre fin à la glissade de Postes Canada? Jusqu’où le service public peut-il réduire son offre et revoir les conditions de ses employés?

8 derniers trimestres – 2 dernières années

  • 3e trimestre 2013 : – 73 millions $
  • 2e trimestre 2013 : – 50 millions $
  • 1er trimestre 2013 : + 35 millions $
  • 4e trimestre 2012 : + 135 millions $
  • 3e trimestre 2012 : – 103 millions $
  • 2e trimestre 2012 : – 57 millions $
  • 1er trimestre 2012 : – 59 millions $
  • 4e trimestre 2011 : – 78 millions $