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Le cadre financier du Parti conservateur

Vendredi 9 octobre 2015 à 18 h 24 | | Pour me joindre

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Le Parti conservateur est la dernière formation à présenter son cadre financier, à 10 jours du scrutin fédéral. Les données financières sont minces : on dresse une liste des nouvelles dépenses annoncées en cours de campagne sans donner de nouvelles projections sur les revenus. Le cadre financier du parti s’appuie sur les projections économiques du budget 2015-2016.

Le parti affirme que son programme est franchement moins dépensier que ceux des autres partis. Il omet toutefois d’inclure les coûts des mesures annoncées en novembre 2014 (mise à jour) et en avril 2015 (budget), soit le fractionnement du revenu qui doit coûter 8,3 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années, la bonification de la Prestation universelle pour garde d’enfants (PUGE), dont l’impact budgétaire est évalué à  17,7 milliards sur quatre ans et la hausse du plafond du CELI, qui privera l’État de 1,1 milliard de dollars d’ici 2020.

Il est étonnant qu’en fin de campagne, le Parti conservateur répète l’erreur du NPD et des Verts en proposant une plateforme qui s’appuie sur des projections économiques caduques. Le directeur parlementaire du budget, la Banque du Canada, le FMI et les économistes du secteur privé ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance du PIB en 2015 de 2 % à 1 % environ.

C’est au moins 3 milliards de dollars de revenus qui seront manquants pour atteindre l’équilibre budgétaire. Le parti de Stephen Harper maintient tout de même sa prévision de surplus budgétaire en 2015-2016 à 1,4 milliard et projette des surplus de 1 ou 2 milliards de dollars pour les prochains exercices.

La réalité économique obligera un gouvernement conservateur réélu à réaliser une mise à jour de ses projections en novembre ou à annoncer des compressions budgétaires majeures. Dans le cadre dévoilé aujourd’hui, pour financer les nouvelles mesures proposées, le Parti conservateur annonce un nouveau gel d’un an du budget de fonctionnement de l’État. Ce sont 600 millions de dollars d’économies qui seront réalisées en effectuant des compressions qui ne sont pas déterminées.

Il faut dire que le gouvernement conservateur a considérablement réduit les marges de manœuvre de l’État avec des baisses de charges fiscales importantes depuis 2006. Aujourd’hui, dans un contexte de lente croissance économique et alors que les prix des ressources ont chuté depuis 2011, elles qui représentent 20 % du PIB canadien, l’atteinte de l’équilibre budgétaire est un défi.

Le Parti conservateur continue de miser sur la réduction du fardeau fiscal pour les entreprises et les particuliers. En plus de baisser les impôts des PME, le parti envisage d’augmenter le Régime d’accession à la propriété de 25 000 $ à 35 000 $ pour les acheteurs d’une première habitation. Le but est de permettre à 700 000 personnes de devenir propriétaires d’une maison d’ici 2020. Il s’agit d’une mesure qui pourrait s’avérer populaire, mais qui pourrait contribuer aussi à l’alourdissement de l’endettement élevé des ménages au Canada.

LE PROGRAMME DU PARTI CONSERVATEUR EN CINQ POINTS :

  1. Équilibre budgétaire maintenu en 2015-2016 et dans les prochaines années
  2. Pas de hausse d’impôt pour les particuliers avec le maintien du relèvement du plafond du CELI, la bonification de la Prestation universelle pour garde d’enfants, le fractionnement du revenu pour couples avec enfants et la baisse de cotisations à l’assurance-emploi
  3. Crédit d’impôt permanent de 15 % pour la rénovation domiciliaire
  4. Hausse du Régime d’accès à la propriété de 25 000 $ à 35 000 $ pour les nouveaux acheteurs
  5. Crédit d’impôt pour aînés célibataires de 2000 $

Le cadre financier du Parti libéral

Lundi 28 septembre 2015 à 16 h 10 | | Pour me joindre

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Les conservateurs ont plongé le gouvernement en déficit en 2009 parce qu’une crise financière sans précédent depuis celle de 1929 s’abattait sur le monde. Il fallait agir pour éviter une récession trop profonde au Canada. Comme d’autres gouvernements, même si c’était contre-intuitif pour des conservateurs, l’État canadien s’est endetté pour tenter de stimuler l’économie.

Les libéraux auraient probablement fait la même chose. Malgré cela, dans le cadre financier que la formation politique a présenté samedi matin, les libéraux écrivent ceci : « En 2008, [Stephen Harper] a promis un budget équilibré, puis a immédiatement changé son fusil d’épaule et a annoncé un déficit. »

C’est vrai que les conservateurs ont hésité longtemps avant de plonger la main dans la bourse pour investir dans l’économie. Mais ils l’ont fait. Le gouvernement minoritaire de Stephen Harper a même failli être renversé par l’opposition à l’automne 2008.

Les libéraux n’hésitent pas, eux, à proposer aux Canadiens une série de déficits d’ici 2019. Pourtant, nous ne sommes pas en crise. La récession de la première moitié de 2015 est probablement terminée, elle aura été faible et courte.

Dans le but d’investir massivement dans les infrastructures, le parti de Justin Trudeau prévoit un déficit de 9,9 milliards de dollars en 2016-2017, de 9,5 milliards en 2017-2018 et de 5,7 milliards en 2018-2019. Un surplus de 1 milliard est envisagé en 2019-2020.

À noter que la plateforme libérale est muette sur le solde de l’exercice 2015-2016 qui se termine le 31 mars prochain.

Nous en avons souvent parlé, un déficit de 5 à 10 milliards par année sur une économie de 2000 milliards de dollars, ce n’est pas grand-chose. C’est moins de 0,5 % du PIB canadien. Même que durant cette période de déficit, le gouvernement pourrait tout de même continuer à réduire sa dette par rapport à la taille de son économie. C’est important de remettre cela en perspective.

Il est important aussi de noter que les très faibles taux d’intérêt représentent une occasion exceptionnelle pour les gouvernements de mettre à jour, à bas coûts, leurs infrastructures. C’est ce que les libéraux proposent.

Mais a-t-on besoin d’investir autant pour stimuler l’économie canadienne? Avons-nous besoin de quatre années de déficits supplémentaires pour alimenter l’économie canadienne? Pourquoi pas une année ou deux seulement? Pourquoi reporter le retour à l’équilibre à 2019-2020?

Contrairement au NPD et aux Verts, et comme l’a fait le Bloc québécois, les libéraux appuient leurs projections économiques sur les données révisées à la baisse par le Directeur parlementaire du budget. Bonne chose, on est dans la réalité!

Fait remarquable aussi dans le cadre financier du PLC, on soustrait 600 millions de dollars aux revenus supplémentaires prévus avec l’augmentation des impôts des personnes gagnant plus de 200 000 $ par année. Une prudence élémentaire qu’on voit rarement dans  un cadre financier.

Le cadre financier du Parti libéral du Canada est clair, appuyé et réaliste. Mais ça ne veut pas dire que de ramener le Canada en déficit soit pour autant une politique nécessaire et bien étayée. Bien que le Canada soit engagé dans une lente croissance, il n’est pas clair qu’il est approprié d’utiliser tout  de suite une politique aussi stimulatrice.

LE PROGRAMME DU PARTI LIBÉRAL EN CINQ POINTS :

  1. Déficit budgétaire en 2016-2017, 2017-2018, 2018-2019 et surplus en 2019-2020
  2. Programme d’infrastructures de 125 milliards sur 10 ans
  3. Hausse d’impôt sur les revenus dépassant 200 000 $ avec un nouveau taux à 33 % | baisse pour les revenus de 45 000 à 90 000 $
  4. Fin du fractionnement de revenu | baisse de 50 % du plafond CELI
  5. Remplacement des prestations pour les familles par une allocation canadienne aux enfants

Le cadre financier du Bloc québécois

Mercredi 23 septembre 2015 à 17 h 39 | | Pour me joindre

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Le Bloc québécois est le premier parti à proposer un cadre financier qui s’appuie sur les données économiques canadiennes révisées. C’est un problème depuis des années : les partis politiques, en pleine campagne électorale, multiplient les annonces et s’appuient sur des chiffres optimistes pour établir leur cadre financier. Le Bloc a le mérite aujourd’hui de prendre les chiffres du directeur parlementaire du budget et de s’appuyer ainsi sur des projections réalistes, une croissance du PIB franchement plus lente que prévu cette année et plus modeste aussi dans les prochaines années.

En intégrant de nombreuses propositions de revenus et de dépenses dans une grille chargée, le Bloc québécois en arrive à un déficit de 1,7 milliard de dollars pour 2015-2016 et des surplus de plus de 4 milliards en 2016-2017 et 2017-2018.

Cependant, il nous faut une baguette magique pour atteindre tous ces objectifs. La même baguette utilisée par le NPD et les verts : on taxe plus les entreprises, les pétrolières, les banques et les mieux nantis… et pouf, les milliards pleuvent.

Comprenez-moi bien : je ne dis pas qu’il est farfelu d’augmenter les impôts des entreprises ou des plus riches. C’est un choix politique et financier qui a sa valeur. Mais il serait primordial que les partis prennent en compte l’effet économique d’une hausse d’impôt.

Dans le cas du NPD, une hausse des impôts des sociétés de 15 à 17 % entraînerait, semble-t-il, des pertes d’emplois. Combien? Le NPD n’en dit rien. Mais économistes et partisans des partis d’opposition ne se sont pas gênés pour chiffrer les pertes potentielles. Le Bloc veut faire passer le taux d’impôt des sociétés de 15 à 16,5 %, et celui des pétrolières et des banques de 15 à 20 %. Alors, Monsieur Duceppe, qu’on soit d’accord ou non avec cette proposition, combien d’emplois seront perdus? Quel sera l’effet sur les investissements?

Par ailleurs, le Bloc québécois propose quelques hausses d’impôt pour les contribuables avec l’annulation du fractionnement de revenus pour les couples avec enfants et un abaissement du plafond du CELI à 5500 $. De plus, le Bloc souhaite l’annulation de la baisse de 21 % des cotisations à l’assurance-emploi, annoncée par les conservateurs. Le Bloc croit qu’il faut sortir le compte de l’assurance-emploi du fonds consolidé du gouvernement pour éviter qu’on ne prenne les surplus pour équilibrer le budget, comme le gouvernement Harper l’a fait le printemps dernier.

Les hausses d’impôt représentent l’essentiel des revenus supplémentaires identifiés qui pourraient permettre des investissements supplémentaires dans une longue liste d’investissements souhaités par le Bloc : le logement social, le supplément de revenu garanti, les soins à domicile, la non-imposition de la prestation universelle pour enfants, le rétablissement des crédits complets pour les fonds de travailleurs, etc.

Nous savons que le Bloc ne prendra pas le pouvoir, mais son cadre financier a le mérite d’être clair, détaillé et de s’appuyer sur des prévisions de croissance du PIB qui sont réalistes. Mais comme les autres partis qui ont présenté leurs chiffres, le Bloc québécois n’explique pas les répercussions économiques des hausses d’impôts qu’il propose.

LE PROGRAMME DU BLOC QUÉBÉCOIS EN CINQ POINTS :

  1. Déficit budgétaire en 2015-2016, surplus en 2016-2017 et 2017-2018
  2. Hausse d’impôt pour les entreprises à 16,5 % (20 % pour les pétrolières et banques)
  3. Hausse d’impôt des particuliers : fin du fractionnement de revenu | baisse de 50 % du plafond CELI | hausse du taux d’impôt à partir de 150 000 $ de revenus
  4. Assurance-emploi : annulation de la baisse de cotisation de 21 % et séparation du compte du fonds consolidé du gouvernement
  5. 10 milliards par année dans les infrastructures vertes

Le cadre financier du NPD

Mercredi 16 septembre 2015 à 18 h 11 | | Pour me joindre

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Le NPD s’inscrit à contre-courant en proposant une hausse des impôts des entreprises. Non seulement le Canada a largement réduit les impôts des sociétés depuis 15 ans, en faisant passer le taux de 28 à 15 %, mais d’autres pays l’ont aussi fait. Sur 34 pays analysés par l’OCDE, 32 ont baissé les impôts des sociétés depuis 15 ans.

Est-ce une raison pour ne pas les augmenter? Je vous laisse vous positionner sur ce point, mais il est important pour le NPD de chiffrer les effets économiques d’une telle décision.

En fait, même pour les gens qui seraient d’accord avec une hausse des impôts des entreprises, il est essentiel de savoir si certaines sociétés seraient tentées de réduire leurs investissements et leur nombre d’emplois au Canada. Dans un monde de forte concurrence fiscale, la hausse des impôts des entreprises est-elle la plus judicieuse en ce moment?

L’enjeu du financement des services publics est extrêmement important. Les baisses d’impôt aux entreprises, les avantages fiscaux de toute sorte pour attirer des investissements et toutes les stratégies d’évitement fiscal sont en train de saigner les États.

Comment faire pour mettre fin à cette fuite fiscale? La stratégie du NPD vise à corriger cette situation, mais sera-t-elle efficace?

Des projections budgétaires à la baisse

Le NPD veut maintenant équilibrer le budget tout en investissant massivement dans les infrastructures, la santé et les garderies. Comme un éventuel gouvernement néo-démocrate promet un surplus dès son premier budget, dans quelles dépenses le parti va-t-il couper? La question est sérieuse parce que le cadre financier s’appuie sur une projection optimiste de la croissance économique, celle qui était présentée dans le budget Oliver du printemps dernier.

Depuis, les projections de croissance ont été révisées à la baisse par les économistes du secteur privé et par la Banque du Canada. Et les prix du pétrole ne se relèvent pas. « Compte tenu du fait que les projections économiques ont changé de façon significative depuis mars 2015, m’écrivait l’économiste Jean-Pierre Aubry en début de journée, les partis politiques ne peuvent pas utiliser les données du  plan budgétaire 2015 comme projection budgétaire de base. »

Il y a trois bonnes raisons à cela :

  • la croissance mondiale est plus faible que prévu avec la Chine, notamment, qui ralentit. Cette situation touche le Canada, dont la croissance du PIB ne devrait atteindre que 1,1 % cette année et pourrait ne pas dépasser les 2 % l’an prochain selon plusieurs économistes du secteur privé;
  • les prix des ressources, surtout du pétrole, demeurent faibles : les projections gouvernementales s’appuyaient sur un baril de pétrole à 54 $ cette année et à 67 $ l’an prochain. Or, nous sommes toujours autour de 45 $. « Le prix du baril de pétrole devrait être de 20 à 25 % plus bas que dans le dernier plan budgétaire », selon Jean-Pierre Aubry ;
  • et si le prochain gouvernement veut jouer de prudence, peu importe sa couleur, il devrait réanimer une provision pour les imprévus de 3 milliards de dollars au lieu de 1 milliard comme on l’a annoncé dans le dernier budget.

Ainsi, non seulement le cadre financier du NPD s’appuie sur des projections optimistes, mais il est avare de détails sur les dépenses supplémentaires prévues. Pour un parti qui cherche à établir sa crédibilité en finance et en économie, on espère en savoir davantage avant le 19 octobre.

LE PROGRAMME DU NPD EN 5 POINTS :

  • Équilibre budgétaire dès le premier budget
  • Hausse du taux d’imposition des entreprises de 15 à 17 %
  • Hausse d’impôt des particuliers : fin du fractionnement de revenu | baisse de 50 % du plafond CELI
  • Implantation d’un réseau de garderies publiques à 15 $ par jour
  • Investissements supplémentaires dans les infrastructures et l’emploi de 3 à 3,5 milliards de dollars par année

Le cadre financier du Parti vert

Vendredi 11 septembre 2015 à 15 h 58 | | Pour me joindre

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Le Parti vert nourrit des ambitions exceptionnelles s’il prend le pouvoir le 19 octobre prochain. La formation dirigée par Elizabeth May souhaite apporter des transformations à la fiscalité et à l’économie qui auraient des répercussions certaines sur les équilibres (ou déséquilibres!) connus de l’économie canadienne. Parmi les propositions les plus marquantes, on retient :

  • L’instauration d’une taxe carbone, que les verts nomment rente ou redevance sur le carbone, et qui ne rapporterait rien de moins que 22 milliards de dollars par année, dès cette année. Le Parti vert prévoit taxer chaque tonne d’équivalent CO2 émis au Canada à 30 $ la tonne ;
  • La hausse des impôts des entreprises : le taux passerait de 15 à 19 %, la mesure serait rétroactive au 1er avril dernier et rapporterait 7,5 milliards de dollars par année.

Ces sommes permettraient au Parti vert de financer toute une série d’initiatives vertes, notamment un programme de rénovation écologique des maisons, un programme de toitures solaires, une subvention pour la commercialisation de technologies vertes et des investissements dans les infrastructures.

De plus, l’argent dégagé par la taxe carbone et par la hausse d’impôt pour les entreprises permettraient au Parti vert de mettre en place d’autres mesures sociales dont la gratuité à l’université, une assurance-médicament pour tout le Canada et une couverture dentaire pour les enfants de milieux défavorisés.

Ce qui semble manquer à la plateforme des verts, c’est une analyse des effets économiques et financiers de certains changements importants. Et c’est pour cette raison qu’on peut se demander pourquoi le Parti vert tient tant à nous assurer de l’équilibre budgétaire dès cette année. Le projet des verts comporte des changements fondamentaux qui auraient des répercussions notables sur le fonctionnement habituel des entreprises et des citoyens.

Hausser les impôts des entreprises et imposer une taxation sur le carbone peuvent séduire plusieurs électeurs. Mais, dans les faits, n’importe quel économiste vous expliquerait qu’il y aura des répercussions à ces politiques : chute des investissements, perte d’emplois, départ d’entreprises, etc.

Si on le fait, peut-on le faire dès le lendemain de l’élection? Le Parti vert propose de mettre en place ces mesures rétroactivement au 1er avril dernier. On peut penser que le cadre financier est un outil de référence qui pourrait être adapté si les verts se retrouvaient à la tête de l’État canadien.

Cela dit, le Parti vert, et c’est dans la nature de son existence, attire notre attention sur l’enjeu économique le plus important de notre siècle : l’enjeu écologique. La transition n’est pas en cours au Canada, malgré plusieurs initiatives intéressantes. Même si nous avons encore besoin de pétrole, il est clair qu’il faut développer d’autres sources d’énergie renouvelables et réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

LE PROGRAMME DES VERTS EN 5 POINTS 

  1. équilibre budgétaire en 2015-2016
  2. hausse d’impôt pour les particuliers avec l’abolition du fractionnement de revenu
  3. hausse d’impôt pour les entreprises
  4. instauration d’une taxe carbone
  5. assurance-médicament/couverture dentaire pour les enfants démunis/gratuité à l’université

 

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5 faits sur la récession au Canada

Mardi 1 septembre 2015 à 14 h 10 | | Pour me joindre

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Au milieu de la campagne électorale, il est clair que la confirmation d’une récession au pays peut avoir un effet politique non négligeable. Mais allons au-delà des intérêts politiques et regardons les chiffres de près pour en tirer le portrait le plus factuel possible.

1. Officiellement, le Canada est ou était en récession. La loi C-59 associée au budget du 21 avril dernier présenté par le ministre Oliver définit la récession comme étant une « période d’au moins deux trimestres consécutifs de croissance négative du produit intérieur brut réel du Canada dont Statistique Canada fait état en vertu de la Loi sur la statistique ». Avec une baisse du PIB annualisée de 0,8 % et de 0,5 % au cours des deux premiers trimestres de 2015, Statistique Canada confirme donc que le Canada est en récession.

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2. En juin, dernier mois du deuxième trimestre, le Canada a connu une croissance de son PIB de 0,5 %, un fort rebond qui laisse croire, selon les économistes, à une reprise de l’économie canadienne. Il faudra attendre les prochaines statistiques officielles pour affirmer que le Canada est sorti de récession après les deux premiers trimestres de l’année. Selon les économistes, le Canada a retrouvé la croissance au cours du troisième trimestre, actuellement en cours (juillet, août, septembre).

3. Cette récession est atypique, en raison de la croissance de la consommation des ménages et la croissance également de l’emploi. Il faut savoir que les économistes ont une définition plus large, plus détaillée de ce qu’est une récession. Aux États-Unis, le National Bureau of Economic Research affirme qu’une récession signifie un déclin économique de plusieurs mois, qui se fait sentir dans la production, l’emploi et le revenu réel, notamment. La contraction n’est pas confinée à un seul secteur de l’économie, affirme l’organisme.

4. La faiblesse de l’économie canadienne vient en bonne partie de la baisse des investissements des entreprises : reculs de 10,9 % au premier trimestre et de 7,9 % au deuxième trimestre. La chute du dollar canadien touche aussi les importations, qui sont en baisse de 1,4 % au cours du deuxième trimestre. En retour, les dépenses de consommation ont augmenté de 2,3 %, et les exportations, de 0,4 %.

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5. À la lumière de ces données, plusieurs économistes sont d’avis que la Banque du Canada ne devrait pas abaisser ses taux d’intérêt une troisième fois cette année. Cela dit, comme on l’expliquait dans deux billets précédents, la croissance plus lente aura un effet sur l’objectif de l’équilibre budgétaire à Ottawa.

Investir dans les infrastructures stimule l’emploi et l’économie. C’est une équation assez simple, normale et reconnue. Les gouvernements doivent bâtir des routes, entretenir les viaducs, installer des ponceaux, refaire des canalisations. Ils doivent mettre des milliards de dollars chaque année dans la construction et la réfection d’infrastructures.

Dans la campagne électorale en cours, les partis en présence font des promesses d’investissements dans les infrastructures. Les conservateurs ont proposé dans leur dernier budget d’ajouter 750 millions de dollars de plus aux investissements en infrastructures au pays à partir de l’exercice 2017-2018. Le NPD promet d’ajouter 1,5 milliard avant la fin d’un éventuel premier mandat gouvernemental. Et les libéraux proposent de doubler les sommes prévues sur 10 ans, pour les faire passer de 65 à 125 milliards de dollars.

Quel est l’effet d’une hausse des investissements dans les infrastructures sur la situation budgétaire du gouvernement?

Pour financer les infrastructures, le gouvernement emprunte sur les marchés financiers. Par le truchement des obligations qui sont émises et que, vous, concitoyens, vous pouvez acheter pour épargner, le gouvernement finance ses investissements. Ainsi, la dette totale du gouvernement augmente lorsque l’État injecte des milliards dans ses infrastructures. Dans le budget, si la dette augmente, les coûts en intérêt vont augmenter, à moins que les coûts d’emprunt soient en baisse, ce qui pourrait amoindrir les coûts d’intérêt. Alors, oui, la dette augmente, mais sur le plan budgétaire, l’incidence est modeste.

Est-ce que d’investir dans les infrastructures stimule vraiment l’économie?

C’est une vieille recette pour les gouvernements. Quand ça va mal, l’État injecte plus d’argent dans les infrastructures pour soutenir l’économie. On peut inscrire cette façon de faire dans une approche keynésienne de l’économie : l’État investit, agit, intervient pour soutenir l’économie et pour suppléer au manque d’investissements privés. Barack Obama l’a fait dans la foulée de la Grande Récession. Jean Charest l’a fait aussi, dans un contexte différent toutefois : le Québec avait bien besoin en 2008-2009 d’investissements dans ses infrastructures croulantes!

Pour le Canada, est-ce la solution?

Dans la mesure où le Canada glisse possiblement en récession, investir dans les infrastructures est sans doute une solution économique éprouvée. De plus, augmenter la dette au Canada n’est pas un enjeu névralgique parce que le ratio dette/PIB du Canada est parmi les plus bas du G7. Et bien que le surplus annoncé dans le dernier budget Oliver ne tienne qu’à un fil, un déficit de 2,5 ou 10 milliards à ce moment-ci ne représente que de la petite monnaie comparativement à une économie de plus de 2000 milliards de dollars de PIB!

Si on s’endette davantage pour investir dans les infrastructures, ça change quoi pour le Canada sur le plan économique?

À court terme, ça stimule l’économie. Mais, à moyen et à long terme, on peut se demander ce que ça change aux problèmes fondamentaux de l’économie canadienne que nous avons commencé à aborder dans mon billet de mercredi dernier. La croissance du Canada est lente depuis plusieurs années, que le pétrole soit élevé ou non. Et les revenus budgétaires du Canada dépendent trop des ressources, dont les prix sont en baisse et dont la hausse n’est pas prévisible à court terme.

La productivité, c’est-à-dire l’amélioration de la valeur de production par heure de travail, stagne au pays. L’enjeu fondamental, c’est de rendre notre économie plus compétitive, plus concurrentielle, plus efficace et diversifiée, plus verte aussi, peut-être moins dépendante des aléas internationaux. Ces enjeux-là sont les vraies priorités du Canada.

Dans un texte qu’ils nous ont fait parvenir ce matin, le gestionnaire de placements Benoit Durocher et l’économiste Richard Beaulieu, d’Addenda Capital, citent le professeur d’économie Richard Thaler, de l’Université de Chicago, qui prononçait un discours à Montréal en mai dernier : « C’est une tragédie de voir les gouvernements ne pas emprunter à des taux d’intérêt en ce moment négatifs pour financer des projets d’infrastructures. » Benoit Durocher et Richard Beaulieu ajoutent qu’on devrait profiter des taux faibles pour investir dans les infrastructures qui génèrent de nouvelles innovations et qui stimulent la productivité.

Et donc…

Si le prochain gouvernement du Canada veut retrouver un équilibre budgétaire durable, non seulement il devra éviter d’amputer ses revenus en réduisant les taxes et les impôts, mais il devra travailler à une plus grande stabilisation de ses revenus budgétaires. Depuis plus d’une décennie au Canada, on se comporte comme si le prix du pétrole allait toujours augmenter.

Alors, comment générer une nouvelle croissance économique et plus de revenus pour l’État? Si la dette augmente parce qu’on investit, il faut nécessairement plus de croissance et plus de revenus. Espérons que les partis qui veulent notre confiance nous présenteront bientôt un cadre fiscal à long terme crédible.

 

RDI économie : saison 8!

Lundi 17 août 2015 à 11 h 36 | | Pour me joindre

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C’est un plaisir de vous retrouver. Aujourd’hui, on lance la huitième saison de RDI économie. C’est, je vais vous l’avouer, au-delà de mes espérances. Je ne le réalise pas très bien, mais nous présenterons quelque part d’ici un an une 2000e émission de RDI économie! L’aventure a été lancée quelques jours avant l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008. Et, depuis, on explique, on analyse, on tente de mettre en contexte, de faire entendre des points de vue différents sur les enjeux de la finance et de l’économie.

Je saisis le privilège qui est celui d’animer une émission, d’entrer dans les foyers de milliers de gens tous les jours. C’est un privilège, mais c’est aussi une responsabilité. Celle de présenter les faits, avec équilibre, sans fioritures, à l’abri de la démagogie et des a priori, dans le plus grand respect des citoyens qui nous choisissent.

Ce travail, c’est moi qui vous le présente tous les jours, mais c’est l’oeuvre de toute une équipe. Une petite équipe, dévouée, engagée, créative. Je les remercie d’ailleurs d’être aussi dédiés à la tâche. Sans eux, rien de tout cela ne serait possible.

Cette saison sera chargée. D’abord parce que nous sommes en pleine campagne électorale et parce que le Canada est possiblement en récession. Nous allons décortiquer les propositions économiques des partis politiques, nous allons contextualiser les ralentissements de l’économie canadienne. Nous concoctons aussi plusieurs émissions spéciales au cours de la prochaine saison, des émissions que nous présenterons dans certaines villes du pays, des émissions sur la consommation, les impôts et le commerce électronique notamment.

Et le 5 septembre, j’aurai le plaisir d’animer une table ronde sur les paradis fiscaux en marge de la présentation du film Le prix à payer sur les ondes d’Ici Radio-Canada Télé.

Nous voulons aussi prendre le temps de faire de la « prospective » avec la présentation tous les lundis à RDI économie d’une chronique consacrée à l’économie de demain. Qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui se trame en ce moment, qu’est-ce que vous devez savoir, pour comprendre ce qui s’en vient bientôt, demain, dans les prochaines années? Je pense que cette chronique sera très utile.

Nous lancerons également une série d’entrevues avec des meneurs inspirants. À suivre. Nous allons aussi continuer, bien sûr, de répondre à vos questions à RDI économie, de suivre l’actualité, la chute du yuan, les difficultés de Bombardier, etc.

C’est parti!

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Entre les questions d’intégrité, de transparence et de référendum, tous les jours, les partis politiques qui se disputent votre vote le 7 avril prochain font des propositions et prennent des engagements.

Tous les partis ont présenté leur cadre financier :

  • le PQ considère que ce cadre, c’est son budget 2014-2015, annoncé le 20 février dernier;
  • la CAQ a présenté son cadre le 6 mars;
  • Québec solidaire a dévoilé son plan économique le 17 mars, puis son cadre le 18 mars;
  • le PLQ a dévoilé son cadre financier le 18 mars.

J’ai reçu à RDI économie quatre candidats pour parler de leur plateforme financière et économique. Et j’ai mis au défi les quatre représentants de nous expliquer certains enjeux qui méritent des réponses plus claires.

À Nicolas Marceau, du PQ, j’ai demandé comment on pouvait croire que son parti allait pouvoir ramener la croissance des dépenses en santé à seulement 3 %, du jamais vu, alors que les projections du budget 2013-2014 (présenté en novembre 2012) n’ont pas tenu la route. Le gouvernement prévoyait une hausse des dépenses de programmes de 1,8 %. Elles se sont établies, selon la dernière révision, à 2,5 %. Nicolas Marceau prévoyait des revenus autonomes de 51,1 milliards de dollars. Manque à gagner : 3 milliards de dollars.

À Carlos Leitao, du PLQ, j’ai cherché à comprendre ce qui s’était passé en 26 jours, entre le budget Marceau du 20 février où il était analyste à notre antenne à titre d’économiste en chef de la Banque Laurentienne et le jour de l’entrevue, soit le 18 mars, où il était maintenant candidat libéral. Le 20 février, il prévoyait une croissance du PIB au Québec de 1,8 %. Il jugeait aussi raisonnable la croissance prévue par le gouvernement de 1,9 %. Dans le cadre financier libéral, il est maintenant rendu à 2,1 %.

À Christian Dubé, de la CAQ, j’ai axé l’entrevue sur la faisabilité des compressions de 1,3 milliard de dollars prévues dès cette année, dans le budget 2014-2015, si son parti est porté au pouvoir le 7 avril. Un tel geste est-il réaliste compte tenu de son impact? On coupe où et on coupe qui, puisqu’il s’agit d’un plan à mettre en oeuvre en quelques semaines seulement et non pas sur cinq ans où l’attrition peut réduire l’impact sur les travailleurs du gouvernement.

Et puis, à Amir Khadir, de Québec solidaire, j’ai demandé de nous expliquer comment le Québec pouvait faire passer ses achats en pétrole de 14 milliards de dollars par année à… 0 en 2030, en 15 ans seulement! Si l’objectif de sortir éventuellement du pétrole est partagé par la plupart des politiciens, le réalisme de la proposition de Québec solidaire est discutable.

Voyez ou revoyez ces entrevues ici :

L’entrevue avec Nicolas Marceau

L’entrevue avec Carlos Leitao

L’entrevue avec Christian Dubé

L’entrevue avec Amir Khadir

 

 

Si j’étais à la place de Philippe Couillard, Françoise David, François Legault et Pauline Marois, je récupérerais un vieux truc de la communication politique : un programme en 5 points simples et clairs. Un programme économique en 5 points, qui pourrait avoir l’air de ceci :

  1. Améliorer la productivité et les exportations.
  2. Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population.
  3. Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables.
  4. Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités.
  5. Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population.

En fait, ces 5 points représentent, je pense, les défis économiques du Québec, ceux dont les partis devraient parler et qu’ils vont probablement aborder. Ce sont des enjeux fondamentaux, qui exigent des engagements à long terme. Les politiciens, qui solliciteront votre vote le 7 avril prochain, en sont-ils capables?

Améliorer la productivité et les exportations

La productivité, c’est le niveau de production par heure travaillée. Ce n’est pas travailler plus pour moins. C’est travailler mieux, avec des technologies utiles, avancées, qui permettent d’être plus efficace. Qui a un plan pour améliorer la productivité et aider les entreprises à produire et exporter davantage? Le Québec importe plus qu’il n’exporte. Et le déficit ne fait que grandir. Qui a un projet à long terme pour améliorer ce bilan?

Regardez ces chiffres de HEC Montréal. L’apport à l’économie par heure travaillée au Québec est plus faible qu’ailleurs.

Productivité du travail – 2012

PIB/nombre d’heures travaillées

  • Norvège : 106,24 $
  • France : 72,97 $
  • États-Unis : 72,62 $
  • Allemagne : 71,47 $
  • Canada : 59,56 $
  • Québec : 54,95 $
  • Japon : 49,17 $

source : HEC

Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population

Pour la première fois en plusieurs décennies, il y aura plus de sorties que d’entrées dans la catégorie des 15-64 ans. C’est clair : la population vieillit, la population active va baisser, les coûts de santé ne cesseront d’augmenter. Et donc, la soutenabilité des finances publiques est en jeu. Alors, que faire?

Faut-il générer plus de richesse, plus de revenus, pour éponger les coûts qui augmentent? Est-il possible de trouver de nouvelles sources d’efficacité dans l’appareil public? Ou faut-il penser à revoir le panier de services offerts à la population?

D’autres chiffres, ceux de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques :

Nombre de personnes de 15-64 ans pour chaque personne de 65 ans et plus :

  • 1971 : 9,4
  • 2013 : 4,1
  • 2050 : 2,1

source : Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques

Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables

Les Québécois paient beaucoup d’impôts et de taxes. Mais, en retour, ils ont de généreux services et des programmes uniques comme les garderies à tarif réduit, l’assurance médicaments, les congés parentaux, etc.

Faut-il repenser la fiscalité au Québec?

Faut-il baisser les impôts, baisser les taxes?

Ou, au contraire, faut-il poursuivre la hausse de la taxation des mieux nantis?

Et pour les entreprises, doit-on repenser également la fiscalité?

Nos finances publiques permettent-elles de proposer un allègement fiscal aux individus et aux entreprises? En avons-nous les moyens?

Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités

Créer de la richesse est un concept bien relatif. Qu’est-ce que ça veut dire exactement? Est-ce que c’est d’exploiter les ressources du Québec? De baisser les impôts afin que les consommateurs aient plus d’argent à dépenser? D’investir dans l’économie du Québec à l’aide d’incitatifs fiscaux?

Il sera intéressant de lire les propositions des partis pour créer de la richesse. Et comment vont-ils faire pour que l’ensemble de la population profite de cette création de richesse? Nos sociétés occidentales se sont beaucoup enrichies depuis 35 ans, mais les inégalités ont considérablement grandi en parallèle. Est-ce que cette création de richesse est la bonne?

Le Québec est considéré comme l’un des endroits en Amérique du Nord parmi les moins inégalitaires et où la qualité de vie est particulièrement élevée. Comment conserver ces palmes tout en augmentant la richesse des individus, des entreprises et de la collectivité?

Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population

Près de la moitié des personnes de 65 ans et plus ont besoin du supplément de revenu garanti pour arriver à joindre les deux bouts. C’est un signal de pauvreté. Pourquoi? Parce que le Canada est l’un des endroits dans les pays avancés où le remplacement du revenu de travail est le plus faible à la retraite.

Environ le tiers des gens n’ont pas de REER ou d’épargne pour la retraite. Et quatre travailleurs sur cinq dans le secteur privé n’ont pas de régime de retraite complémentaire.

Deux enjeux sur cette question :

  1. Comment améliorer la protection des personnes à la retraite? REER obligatoire? RRQ plus généreux, donc hausse des cotisations?
  2. Et jusqu’où doit-on repenser la capitalisation des régimes de retraite à prestations déterminées? Faut-il poursuivre dans la voie annoncée, qui est celle de demander aux travailleurs du secteur public de contribuer à 50 % de leur régime de retraite et d’abaisser ainsi la contribution de l’employeur? Vaut-il mieux partager les risques?

Le défi de cette élection ne réside pas dans des mesures à court terme, qui pourraient s’apparenter à des bonbons électoraux. Les Québécois attendent des propositions réalistes, structurantes, innovantes. Pour y arriver, il faudra du courage.