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RDI économie, édition spéciale – entrevue avec Pierre Fortin

sera rediffusée samedi 25 mai à 11h30 HAE et dimanche 26 mai à 19h30 HAE.

L’entrevue intégrale est ici.

 

Pierre Fortin se dit homme de gauche. De gauche, mais pas toujours. Souvent, il a pris des positions qui s’approchaient de la droite, en s’associant d’ailleurs à des gens plus à droite que lui, comme Lucien Bouchard, lors de la publication du Manifeste pour un Québec lucide en 2005.

En fait, l’économiste de l’UQAM, qui arrive bientôt à 70 ans, est un pragmatique, dont l’approche s’arrime aux besoins réels de la société. Un vrai pragmatique. Pas idéologue, mais pas du tout. Quel est le constat ? Quel est le défi ? Quelles sont les solutions ? C’est essentiellement les trois questions que Pierre Fortin semble se poser depuis des décennies dans son travail et son engagement pour le mieux-être du Québec et de ses citoyens.

En entrevue, 13 choses marquantes qu’il a dites :

  • Éducation : le Québécois moyen passe presque 15 années à l’école comparativement à 9 ans au début de la Révolution tranquille. Le Québec était alors en bas de l’échelle, les gens étant moins scolarisés que les Noirs américains, dit-il. Aujourd’hui, le Québec se démarque en ce qui a trait à la scolarité, sauf pour ce qui est de l’obtention du premier diplôme, celui du secondaire. Le taux de décrochage scolaire au Québec pour les jeunes adultes (25-44 ans) est de 10 %. Ces gens n’ont pas de diplôme secondaire. Dans le reste du Canada, c’est 7 %.
  • Niveau de vie : depuis 1990, le Québec a connu un essor plus rapide que l’Ontario sur le plan économique et que l’ensemble des provinces non pétrolières. Si bien que le revenu par habitant du Québec est passé de 80 à 97 % de celui de l’Ontario en 20 ans. Et pourtant, on travaille 6 % moins d’heures que l’Ontario ! « On n’a pas besoin de travailler plus » nous dit Pierre Fortin, qui semble contredire le manifeste pour un Québec lucide et Lucien Bouchard, qui affirmaient qu’il fallait travailler davantage.
  • Le modèle québécois est un succès pour Pierre Fortin. Nous avons, dit-il, successivement eu l’assurance-médicament, l’équité salariale, la prime au travail, le soutien aux enfants, les garderies à 7 $, les congés parentaux, le salaire minimum à 45-47 % du salaire moyen. En 1996, il y avait 100 000 familles à l’aide sociale. Aujourd’hui, nous sommes à 40 000. « Gros progrès » dit Pierre Fortin.
  • Nous avons « le plus gros état provincial et municipal en Amérique du Nord. Et de loin! » Si on dépensait au Québec autant que dans la moyenne canadienne, on dépenserait 30 milliards de moins par année. Vous avez bien lu…
  • « Je pense que ce sera pratiquement impossible de réduire la taille de l’État par rapport à ce qu’il est à l’heure actuelle, dit Pierre Fortin. Ce qui va être difficile, c’est de l’empêcher de continuer à grossir. »
  • Selon Pierre Fortin, à 55-56 % du PIB, la dette du Québec n’est pas trop élevée. Il fallait investir dans les infrastructures dans les dernières années. Et ces investissements ont permis au Québec de connaître une récession moins dure que ses voisins.
  • S’il le faut, il faudra reporter l’équilibre budgétaire d’un an ou deux, dit-il.
  • « Le vieillissement, on est dedans pour 30 ans ! »
  • Niveau d’imposition au Québec : « la proportion des gens qui commencent à trouver ça trop » ne cesse d’augmenter affirme l’économiste Fortin.
  • Il faut faire appel au secteur privé pour soulager le secteur de la santé « pour appuyer le secteur public ».
  • Il nous faut une « Commission McDonald » qui évaluerait les perspectives financières du Québec pour les 20 prochaines années. On n’a rien fait avec vision, selon Pierre Fortin, dans les dernières décennies pour voir venir les problèmes sociodémographiques et les investissements nécessaires dans les infrastructures.
  • On a dépensé 40 milliards $ depuis 5 ans pour nos infrastructures. « Y a-t-il une région moins néolibérale en Amérique du Nord que le Québec ? » Nous ne sommes pas dans l’austérité dit-il. On sait ici respecter le libre marché, mais on sait aussi mettre des balises. « Le Québec n’est pas du tout néolibéral. »
  • « On est la région d’Amérique du Nord où le 1% est le moins riche, le moins nombreux et le plus taxé d’Amérique du Nord. – Doit-on s’enorgueillir de ça ? – Oui. »

Et il y avait 3 questions pour terminer l’entrevue… Écoutez-les si ce n’est déjà fait ! Et exprimez votre point de vue ici…

Est-ce bien 3 %?

Mardi 26 février 2013 à 11 h 01 | | Pour me joindre

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Petite vérification des faits pour rendre les choses plus claires. Au Sommet sur l’Enseignement supérieur, le ministre Pierre Duchesne et la première ministre Pauline Marois ont franchement campé leur position : tout converge vers une hausse des droits de scolarité indexée à environ 3 %. Sur le site du ministère, il est écrit que la proposition « prévoit notamment l’indexation des droits de scolarité selon le taux de croissance du revenu disponible des familles, soit environ 3 %, et l’inclusion des frais afférents dans le périmètre de cette indexation ».

En se basant sur les calculs assez complexes de l’Institut de la statistique du Québec, le revenu disponible des familles augmente, en effet, d’environ 3 % par année. De 3,3 % pour être exact si on prend la fourchette 2007-2011, les dernières données disponibles. Appréciez vous-mêmes les savants calculs de l’ISQ ici.

Ainsi, le revenu disponible des ménages totalisait :

en 2007 : 180,493 milliards
en 2008 : 188,701 milliards
en 2009 : 192,562 milliards
en 2010 : 197,531 milliards
en 2011 : 204,604 milliards

Il s’agit d’une hausse de :

en 2008 : +4,5 %
en 2009 : +2,0 %
en 2010 : +2,6 %
en 2011 : +3,6 %

Autrement dit, en temps de croissance économique, le taux de progression du revenu disponible augmente plus rapidement qu’en temps de récession. De 2007 à 2008, juste avant la récession, la croissance du revenu disponible a été marquée, soit 4,5 %. Puis, année de récession, la croissance n’a été que de 2,0 % en 2009. Et, avec la reprise, la croissance des revenus s’est accélérée en 2010 et en 2011.

Prenons donc les deux extrêmes pour évaluer la hausse possible des droits de scolarité :

  • À partir du niveau actuel moyen des droits à 2168 $ par année, une hausse de 2 %, donc indexée à la croissance du revenu disponible des ménages en 2009, signifierait une augmentation de 43 $ des droits;
  • Toujours en se basant sur le niveau actuel moyen de 2168 $, une hausse de 4,5 %, donc indexée à la croissance du revenu disponible des ménages en 2008, signifierait une augmentation de 98 $.

Je crois comprendre dans le vocabulaire du communiqué du ministère que le gouvernement projette d’indexer les droits de scolarité à la croissance du revenu disponible des ménages et non pas d’augmenter d’un niveau fixe, annuellement, de 3 %. Est-ce bien le cas? Si c’est ça, la hausse des droits sera donc variable. En se fiant aux données historiques, d’une année à l’autre, la hausse pourrait être coupée de moitié ou encore pourrait doubler.

Les propositions de la CAQ

Lundi 13 août 2012 à 14 h 30 | | Pour me joindre

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Semaine toute politique sur ce blogue en raison des élections au Québec.

D’abord, je fais cinq entrevues cette semaine avec les candidats « économiques » des partis. Ça commence avec la CAQ lundi soir. J’essaierai de faire le bilan des mesures fiscales, financières, économiques des partis à chaque jour sur ce blogue.

François Legault a dévoilé le programme électoralde la CAQ.
J’aimerais d’abord avoir vos commentaires sur les mesures proposées par la CAQ.

Voici les plus importantes :

  • intégrité : encadrement des contrats publics, commissaire à l’intégrité, limite au financement des partis;
  • hausse de salaire pour les enseignants, les directeurs d’école, les ingénieurs du ministère des Transports;
  • « effort de rationalisation majeur des dépenses d’opération » de la fonction publique;
  • plus de marge de manoeuvre pour les municipalités dans les relations de travail;
  • annulation de la contribution santé en deux ans pour les familles dont le revenu ne dépasse pas 100 000 $/année;
  • baisse les trois années suivantes de 100 $ par personne, dont le revenu familial ne dépasse pas 100 000 $/année;
  • hausse des droits de scolarité de 200 $/année pendant cinq ans dès janvier 2013;
  • revenus des redevances sur les ressources non renouvelables 100 % versés à la dette;
  • cinq heures d’école de plus par semaine au secondaire;
  • abolition des commissions scolaires, des élections scolaires et du siège social de l’Université du Québec;
  • cours d’économie obligatoire en 4e secondaire;
  • financement des établissements de santé en fonction du volume de soins dispensés aux patients;
  • réduction des honoraires payés aux pharmaciens;
  • annulation de la « règle de 15 ans » sur les médicaments d’origine;
  • implanter un « dossier patient informatisé pour chaque Québécois »;
  • projet-pilote permettant aux médecins d’offrir des services aux secteurs public et privé;
  • cinq jours de congé payé par année pour responsabilités parentales aux travailleurs du secteur privé;
  • régime volontaire d’épargne-retraite géré par le Régime des rentes du Québec;
  • restructurations des crédits d’impôt et un rôle de « guichet unique » pour Investissement Québec;
  • la Caisse de dépôt devra augmenter « d’une façon responsable » ses placements au Québec;
  • création d’un fonds de ressources naturelles du Québec de 5 milliards de dollars géré par la Caisse de dépôt;
  • réduction du nombre d’immigrants admis au Québec à 45 000 par année pendant deux ans;
  • rendre obligatoire le vote secret pour l’accréditation syndicale des travailleurs, le vote de grève, l’acceptation ou le refus d’une offre patronale;
  • conclure un pacte fiscal particulier à Montréal;
  • étiquetage obligatoire pour les produits contenant des OGM;
  • priorité nationale : hydroélectricité, remise en cause de l’éolien, moratoire sur le gaz de schiste;
  • hausse des budgets en culture et assurer un financement stable aux grands évènements.

Voilà. C’est là l’essentiel des mesures les plus marquantes de la CAQ. Je vous invite à écrire ce que vous appréciez et ce que vous appréciez moins. Je vous signale aussi que les entrevues réalisées avec les candidats « économiques » des partis seront disponibles sur notre site à radio-canada.ca/elections-economie.

 

Quantité d’entreprises manufacturières ont fermé leurs installations au Québec pour déménager dans des villes où les subventions publiques sont plus qu’alléchantes ou pour s’installer là où les coûts de main-d’oeuvre sont bas.

On pense à Electrolux, qui va quitter L’Assomption pour Memphis en retour d’un soutien de la ville et de l’État du Tennessee de plus de 130 millions de dollars. On pense aussi à Mabe, qui va mettre la clé sous la porte de son usine de Montréal au profit de ses installations américaine et mexicaine. Et puis, il y a quelques jours, BRP annonçait que ses motomarines ne seraient plus produites à Valcourt, mais au Mexique.

On peut tenir les discours qu’on voudra, oui, le secteur manufacturier est en déclin. Au cours de la première décennie des années 2000, la part du manufacturier dans le PIB du Québec est passée de 23 à 16 %.

Productivité + éducation

La présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins Monique LerouxCela dit, dans un discours prononcé il y a un peu plus d’un mois, la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, expliquait que ce secteur est toujours bien en vie chez nous et qu’on a tout intérêt à miser sur l’industrie manufacturière, qui représente toujours 90 % de nos exportations. Pour stopper le déclin et assurer la vitalité d’un secteur névralgique à l’économie du Québec, Monique Leroux affirme qu’il faut miser sur la productivité. « Il faut investir pour se repositionner et aller chercher sa part de succès dans une économie mondiale dont les pays émergents sont aujourd’hui la locomotive. »

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a rendu publique une étude effectuée auprès de 103 dirigeants d’entreprises d’au moins 50 employés de la région métropolitaine de Montréal. Ces entreprises disent vouloir investir, mais elles disent avoir du mal à avoir accès à une main-d’oeuvre qualifiée. Il faut tout faire, maintenant, plus que jamais, selon les dirigeants, pour réduire le décrochage et augmenter le taux de diplômés universitaires. Ces gens-là ont confiance dans les capacités et les possibilités de leur ville. Mais il faut passer à l’action et stimuler davantage l’économie montréalaise.

L’OCDE a aussi publié un rapport la semaine dernière pour rappeler à tout le Canada que ses lacunes en matière de productivité pourraient nuire à son économie au cours des prochaines années. Et ça, les États-Unis de Barack Obama semblent l’avoir compris. D’abord, sa productivité est exemplaire. Et ses stratégies pour retenir et ramener des entreprises manufacturières sont agressives.

Délocalisation + soutien public

Le président américain, Barack Obama

Une étude publiée en mars par le Boston Consulting Group nous apprend qu’un virage est en train de s’amorcer chez nos voisins du sud. Un phénomène de « relocalisation vers les États-Unis » s’est amorcé écrivait Alternatives économiques dans son édition de mai 2012. « Depuis début 2010, le secteur manufacturier a créé 300 000 emplois nets, pour la première fois depuis 1990. »

 

Il y a cinq raisons principales qui expliquent ce phénomène :

  • la productivité des Américains demeure plus forte qu’en Chine, plus forte que partout ailleurs il faut le dire, beaucoup plus élevée qu’au Canada;
  • les salaires des ouvriers chinois augmentent de 15 à 20 % par année, sont passés de 50 ¢ l’heure en 2000 à 4,50 $ projetés en 2015;
  • les coûts de l’énergie – électricité et pétrole – augmentent en Chine et dépassent, en certains endroits, les coûts constatés aux États-Unis;
  • l’appréciation du yuan réduit la compétitivité des entreprises chinoises;
  • la qualité de la main-d’oeuvre est meilleure aux États-Unis qu’en Chine.

Une fois pris en compte tous ces facteurs, on constate que les coûts de production en Chine ne seront plus que 10 % inférieurs aux États-Unis en 2015. Le Boston Consulting Group affirme que dans trois ans, le Mexique sera moins cher que la Chine, mais le pays doit composer avec une main-d’oeuvre moins qualifiée, des infrastructures de faible qualité et un risque élevé lié à la sécurité.

Dans les circonstances, le secteur manufacturier américain demeure en vie et espère même un retour de croissance parce que le gouvernement fédéral, les États et les villes soutiennent leurs entreprises et ajoutent les sommes nécessaires pour faire pencher la balance en leur faveur.

Le Québec évolue dans le même marché et la même réalité. L’approche américaine peut certainement nous inspirer.

Sources : CCMM, Desjardins, BCG, Alternatives économiques, OCDE

 

À 100 $ d’une sortie de crise…

Vendredi 1 juin 2012 à 12 h 43 | | Pour me joindre

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L’ampleur du fossé entre le gouvernement et les associations étudiantes tient beaucoup plus aux principes qu’aux chiffres. Entre le gel et la hausse, les deux parties ne trouvent pas de compromis. Mais, quand on s’intéresse aux chiffres, on constate que les associations étudiantes et le gouvernement n’ont jamais cessé de se rapprocher. Et l’arrêt des négociations, vu de cet angle, est reçu avec déception par à peu très tous les intervenants et observateurs, des syndicats au patronat.

Soyons clairs.

1- Le gouvernement a fait un gros bout de chemin en réduisant la hausse de 325 $ par année sur 5 ans prévue dans le budget 2011-2012 à un montant annuel de 254 $ sur 7 ans, puis à 100 $ dans les négociations des derniers jours, même si ce chiffre de 100 $ n’est que pour la première année de la hausse prévue.

2- Les associations étudiantes ont aussi fait un gros bout de chemin en proposant la réduction d’avantages fiscaux (REEE et crédits d’impôt) qui avaient pour but de combler la hausse prévue pour les deux premières années, à coût nul pour le gouvernement et les universités.

3- Nous savons tous maintenant que ce débat sera tranché lors d’une prochaine élection générale qui aura lieu, comme le disait le premier ministre jeudi soir, d’ici 18 mois.

Donc, la réalité, c’est que nous étions à 100 $ seulement d’une sortie de crise temporaire!

Entre 0 et 100 $, n’aurait-il pas été possible d’arriver à une entente temporaire sur, à tout le moins, la première année du plan de financement universitaire du gouvernement? N’aurait-il pas été possible de faire ça en sachant, de part et d’autre, que c’est lors d’une élection qu’on va vraiment pouvoir trancher ce débat?

Tout le monde y aurait trouvé son compte : le gouvernement aurait maintenu son plan de match, les étudiants auraient pu défendre avantageusement une telle entente devant leurs associations et les citoyens, inquiets de la crise actuelle, auraient été soulagés.

À la fin des négociations jeudi après-midi, voici l’état de la situation :

L’offre du gouvernement

2012-2013 : hausse des droits de scolarité de 100 $ plutôt que 254 $ tel que prévu. Le manque à gagner de 154 $ sera comblé par une réduction du crédit d’impôt pour frais de scolarité.

2013-2014 à 2018-2019 : hausse de 254 $ des droits de scolarité par année.

Cette proposition fait passer la hausse sur 7 ans de 1779 $ à 1624 $. Autrement dit, la hausse prévue de 82 % passe à 75 %.

Dans une autre proposition soumise un peu plus tôt cette semaine, le gouvernement proposait de réduire la hausse prévue de 254 $ à 219 $ par année. Encore une fois, c’est une réduction du crédit d’impôt pour frais de scolarité qui allait financer cette baisse. Cette proposition était un peu plus généreuse : elle ramenait la hausse à 1533 $ sur 7 ans, soit 71 %.

Sur les ondes de RDI jeudi soir, à l’émission 24 heures en 60 minutes, la ministre Courchesne a déclaré qu’elle aurait été prête à descendre jusqu’à 200 $ par année, ce qui aurait ramené la hausse à 1400 $, soit 65 %. Cette proposition du gouvernement n’a pas été mise sur la table lors des négociations.

Le premier ministre Charest a indiqué, en point de presse jeudi, que le gouvernement était prêt à tenir un forum sur l’éducation à l’automne avec la participation des acteurs socioéconomiques du Québec. Jean Charest s’est dit prêt à présider ce forum.

Il faut ajouter que le gouvernement, depuis le début de la grève, a modifié sa proposition à deux reprises.

Le 5 avril, le gouvernement a annoncé une bonification des prêts étudiants, une mesure qui ne coûte rien au gouvernement dans l’immédiat, mais qui pourrait entraîner des coûts supplémentaires dans le temps. Le gouvernement garantit les prêts des institutions financières aux étudiants, de là les taux d’intérêt préférentiels. Québec doit rembourser aux institutions les prêts en défaut de paiement.

Le 27 avril, le gouvernement a bonifié de 39 millions de dollars les bourses versées aux étudiants. C’est une opération à coût nul, puisque pour financer cette mesure, Québec a décidé de réduire de 20 % à 16,5 % le crédit d’impôt pour frais de scolarité.

D’ailleurs, à ce propos, comment fonctionne ce crédit d’impôt? Prenons par exemple une somme de 2000 $ de frais de scolarité. Au moment de remplir votre déclaration de revenus, vous inscrivez 2000 $ à la ligne prévue à cet effet. Vous calculez 16,5 % de ce 2000 $, ça vous donne 330 $. Vous pouvez donc réduire votre impôt de 330 $. Si vous n’avez pas d’impôts à payer, vous pouvez refiler ce crédit d’impôt à vos parents ou à un conjoint, ou encore en profiter plus tard lors d’une autre déclaration de revenus.

C’est aussi le 27 avril que le gouvernement du Québec a décidé d’étirer la hausse des droits sur 7 ans au lieu de 5. L’impact financier est moindre chaque année pour les étudiants, mais l’objectif du gouvernement est le même.

L’offre des étudiants

Les étudiants ont proposé au gouvernement de réduire davantage le crédit d’impôt pour frais de scolarité. La FEUQ m’explique, dans un courriel que, « vu que le gouvernement du Québec a estimé que couper 3,5 points de pourcentage dans le crédit d’impôt pour frais de scolarité coûte 39 millions de dollars, une diminution d’un point rapporterait au trésor public 11,1 millions de dollars ».

Les étudiants ont donc proposé ceci :

2012-2013 : réduction de 4 points du crédit d’impôt, qui passerait ainsi de 16,5 % à 12,5 %. Cette décision permettrait d’épargner 44,4 millions de dollars et compenserait la hausse prévue pour cette année-là.

2013-2014 : réduction de 5 points supplémentaires du crédit d’impôt, qui passerait ainsi de 12,5 % à 7,5 %. Cette décision permettrait d’épargner 55,5 millions de dollars de plus et compenserait la hausse prévue pour cette année-là, en ajoutant les 44,4 millions déjà épargnés par la première baisse du crédit d’impôt.

Ainsi, par la réduction du crédit d’impôt, de 16,5 à 12,5% la première année, puis à 7,5 % la deuxième année, les droits de scolarité ne seraient pas relevés en 2012-2013 et 2013-2014.

Je présume que les associations étudiantes laisseraient le gouvernement imaginer une hausse de 254 $ pour les 5 années suivantes, mais que la question serait, de toute façon, débattue de nouveau à l’occasion d’un forum sur l’éducation et d’une élection générale.

Les étudiants ont aussi proposé d’annuler l’Incitatif québécois à l’épargne-études. C’est un autre crédit d’impôt qui a coûté 56 millions de dollars aux contribuables en 2010-2011. 

Le gouvernement du Québec vous donne de 10 à 20 % de ce que vous épargnez dans un Régime enregistré d’épargne-études, un REEE. Il y a des maximums, de 250 à 500 $ dépendamment des cas, je ne veux pas m’étendre sur le sujet.

Pour bien des gens, le REEE est une manière d’épargner pour aider leurs enfants à étudier. Pour la FEUQ, « les subventions aux REEE sont fortement régressives. Selon [le professeur d'économie] Kevin Milligan, la subvention bénéficie surtout aux deux quintiles de revenu supérieur. En gros, on subventionne des familles qui n’en ont pas nécessairement besoin, vu que la capacité d’épargne est concentrée dans les familles plus riches ». La FEUQ propose d’annuler ou de réduire la subvention.

Voilà. Bonne fin de semaine…  

Il n’est pas possible de chiffrer avec précision l’impact économique du conflit étudiant au Québec, pour deux raisons. D’abord, nous sommes au coeur des événements et nous ne sommes pas en pleine connaissance de l’état psychologique de tout un chacun et, par conséquent, de leurs réactions. Et puis, parce que, comme le conflit n’est pas terminé, on ne peut pas faire de bilan.

Raymond BachandCela dit, dans une entrevue accordée à RDI Économie hier soir, le ministre des Finances Raymond Bachand nous a livré son analyse sur les répercussions économiques du conflit actuel. Je vous signale que nous lui avons d’abord demandé de commenter la démission de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp. Après quelques secondes de silence, il a déclaré, l’émotion dans la voix : « Je suis très triste. C’est une collègue que j’aime beaucoup. »

Sur la perturbation économique, le ministre est ferme : « Oui, ça nuit à l’économie. [Surtout] les gestes de déstabilisation économique délibérée parce qu’au-delà des leaders étudiants, il y a des groupes. Je n’accuse pas nos trois leaders, il y a des groupes derrière. Vous lisez leurs textes. Ce sont des groupes anti-capitalistes, marxistes, et qui le disent ouvertement, qu’ils veulent déstabiliser l’économie. »

Raymond Bachand affirme que le commerce ralentit à Montréal à cause du conflit. « Dans les restaurants, ça baisse. Dans les théâtres, ça baisse », a-t-il dit.

Jusqu’à maintenant, plusieurs chercheurs et économistes ont fait des hypothèses de toutes sortes pour tenter de calculer le coût économique de la crise actuelle. Quantité de professeurs de cégep sont payés en ce moment, mais ne peuvent pas enseigner. Plusieurs seront payés en heures supplémentaires quand viendra le temps de reprendre les cours perdus. Si les sessions sont annulées, les jeunes et leur famille devront payer plus cher pour reprendre les cours. Les étudiants arriveront plus tard sur le marché du travail. Entre-temps, plusieurs vont rater l’emploi qu’ils convoitaient pour l’été.

Sans être devenu un sujet de conversation à Londres, Paris ou New York, le conflit étudiant et surtout la violence de certains affrontements entre les casseurs et les policiers se sont retrouvés dans plusieurs journaux, sur plusieurs sites web. Cela fait craindre un impact sur le tourisme. Alors que la saison des festivals est lancée, le maire de Montréal Gérald Tremblay a exprimé à quelques reprises son inquiétude, implorant le gouvernement du Québec de régler le conflit.

Le ministre des Finances était notre invité lundi soir parce que les données publiées vendredi sur l’emploi au Québec étonnent, pour ne pas dire détonnent. Il s’est créé 60 000 emplois en deux mois. L’économie du Québec va-t-elle si bien? Si oui, le conflit actuel, qui nuit à l’économie du Québec selon Raymond Bachand, va-t-il stopper net cette poussée de l’emploi?

L’impasse partout…

Lundi 14 mai 2012 à 14 h 01 | | Pour me joindre

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C’est l’impasse dans l’affrontement que se livrent pour une quatorzième semaine les étudiants et le gouvernement du Québec. Et il ne semble pas y avoir l’ombre du début d’une sortie de crise dans ce dossier. On a discuté de plusieurs choses sur ce blogue à propos du conflit étudiant dans les derniers mois. Et quelques solutions ont émergé : recul, moratoire, négociation, médiation, états généraux, élection. Lundi soir, on poursuit la discussion avec le ministre des Finances Raymond Bachand, qui vient nous parler de l’économie et de l’emploi au Québec, et à qui on demandera si l’affrontement actuel nuit à l’économie du Québec. Ce soir 18 h 30 (HAE) à RDI.
 
Le président Carolos PapouliasPar ailleurs, c’est aussi l’impasse en Grèce. Et, dans ce cas-ci, l’impact est beaucoup plus large, sur les Grecs, sur la zone euro, sur l’économie mondiale, sur les marchés boursiers et financiers. Il ne semble pas possible pour les partis en place de s’unir pour former un gouvernement d’union nationale. Et, de toute évidence, le président sera obligé de convoquer la population aux urnes, une fois de plus, probablement le 17 juin prochain.
 
La Grèce pourrait donc ne pas respecter ses obligations envers ses créanciers, suspendre certaines mesures d’austérité annoncées, ne plus recevoir le soutien financier du FMI et de l’UE et s’éjecter en bout de piste de la zone euro. Ce n’est pas le scénario souhaité par les Grecs, mais la population est fatiguée et déprimée par plusieurs années de récession et d’austérité. Les acteurs, les observateurs et les experts évaluent avec sérieux la possibilité que la Grèce sorte de la zone rapidement.
 
En fait, soyons francs, tout le travail effectué en Europe dans les dernières années a permis de calmer de façon très temporaire la crise de la dette. Mais le résultat de l’élection du 6 mai en Grèce, l’élection du socialiste François Hollande en France et la baisse du soutien pour le parti CDU d’Angela Merkel en Allemagne obligent les dirigeants de la zone euro à revoir et à repenser leur plan d’action pour sortir de la crise. Ces votes sont l’expression claire d’un désaveu des mesures d’austérité, quoi qu’en disent les chefs européens et les opérateurs de marché.
 
La chancelière Angela Merkel est entourée des députés allemands lors du vote sur le deuxième plan d'aide à la GrèceEn attendant, justement, les marchés chutent depuis près de deux semaines, tout comme l’euro et le pétrole. Les taux d’emprunt de l’Italie et de l’Espagne grimpent. Une annonce en provenance d’Athènes d’une sortie de la Grèce de la zone euro entraînerait, selon les experts, une poussée à la hausse des coûts d’emprunts des pays en difficultés. De nouvelles négociations seront sans doute nécessaires. On risque d’en parler, encore…

Quelle université voulons-nous?

Mardi 10 avril 2012 à 11 h 12 | | Pour me joindre

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Après deux mois de grève dans de nombreux cégeps et universités du Québec, l’impact du mouvement de contestation sur les finances des étudiants, celles des universités, de l’État et de la société en général ne doit pas nous faire oublier l’enjeu fondamental qui émerge de cette longue grève : quel système d’éducation voulons-nous? Voulons-nous miser sur ce système qu’on a bâti ou le transformer en profondeur?

Le débat actuel dépasse maintenant l’enjeu des droits de scolarité. Deux visions s’affrontent : l’une s’appuie sur le principe de l’utilisateur-payeur. C’est la vision du gouvernement qui s’appliquera avec la hausse de 75 % des droits sur cinq ans, faisant passer la part du financement universitaire par les étudiants de 12 % à 17 % de l’enveloppe budgétaire. Cette vision s’exprime aussi par la bonification du programme de prêts étudiants, annoncée jeudi dernier, qui individualise le coût des études, qui responsabilise davantage l’individu qui choisit d’aller à l’université.

L’autre vision, c’est celle des associations étudiantes : le financement de l’éducation doit être public, collectif et massif. Bien que plusieurs sont convaincus que c’est la gratuité scolaire qu’on devrait annoncer au Québec pour aller au bout de cette logique, ils sont nombreux à croire maintenant que, dans le contexte actuel, il faut au moins protéger le minimum, soit le gel des droits.

Mais, à 2000 $ ou à 3500 $ par année de droits de scolarité, la réalité demeure la même. Une grande majorité de la population ne va pas à l’université et la situation ne s’améliore pas ou peu pour les classes les plus pauvres et les moins scolarisées. La question fondamentale est la suivante. Comment amener des jeunes de milieux sociaux démunis et peu scolarisés à entrer à l’université?

Il est normal qu’on veuille investir davantage dans nos universités. Mais, pourquoi? Et pour qui? Pour améliorer les fonds de recherche? Pour améliorer la compétitivité des universités et leur donner plus de moyens pour attirer les meilleurs candidats et les étudiants étrangers, qui paient des droits beaucoup plus élevés au Québec que les personnes nées ici?

Ces objectifs sont louables. Mais, qu’en est-il des jeunes issus des groupes sociaux les moins fortunés, qui forment la majorité des ménages québécois? Qu’en est-il des jeunes qui sont nés dans des familles où les parents n’ont jamais atteint l’université, soit la moitié des adultes au Québec? Que fait-on pour les amener à considérer l’université comme étant un chemin fréquentable? Ce n’est pas le seul, loin de là. Mais c’est une route qui doit sembler disponible, accessible, possible…

L’enjeu de base n’est pas que financier finalement. Il est aussi philosophique. Que doivent considérer les étudiants et leurs parents avant d’envisager une inscription à l’université? La première question qu’ils doivent se poser, est-ce : « Avons-nous les moyens financiers? » Ou encore : « Mon garçon, ma fille, as-tu les notes pour entrer à l’université? »

À court terme, les menaces financières qui planent vont probablement faire bouger les choses. Les étudiants pourraient perdre leur session et des revenus de travail, ce qui pourrait ralentir sérieusement le mouvement de grève. Les recteurs et les directions de cégep, de leur côté, voient leurs coûts augmenter sensiblement, ce qui pousse certains à faire pression sur le gouvernement pour un dénouement prochain. On verra ce qui va se passer.

Surtout, à moyen et à long terme, que restera-t-il du mouvement de protestation qu’on connaît présentement? Et quel signal enverra la hausse de 75 % en cinq ans? Nos universités seront-elles meilleures et plus compétitives? Surtout, l’accessibilité sera-t-elle plus grande?

2012, un tournant?

Mercredi 4 avril 2012 à 11 h 02 | | Pour me joindre

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Les choix politiques en matière de gestion des finances publiques nous interpellent tous. À Québec, comme à Ottawa, les décisions prises aujourd’hui ont un impact sur nos vies, des répercussions qui se feront sentir pendant des années, voire des décennies.

Plusieurs décisions récentes sont en train de définir notre présent et notre avenir. Et, dans les circonstances, il n’est donc pas du tout étonnant de voir et d’entendre autant de citoyens et de voix s’exprimer sur la place publique, prendre position sur des enjeux socioéconomiques, en pleine redéfinition.

Des étudiants du Collège d'Alma protestent contre l'injonction empêchant le piquetage devant l'établissement d'enseignement.D’un bout à l’autre de la vie, en fait, nous assistons à des changements profonds et déterminants.

Les jeunes sont dans la rue pour dénoncer une hausse marquée sur une courte période de temps des droits de scolarité au Québec. L’opposition à la hausse est massive et organisée, et ne faiblit pas. Ceux qui sont en faveur se font entendre, également, avec ferveur et empressement. Un véritable débat de société sur l’éducation, son financement et sa gestion, est engagé malgré le refus catégorique du gouvernement Charest de se joindre à la discussion sans condition. Les étudiants manifestent et nous poussent à réfléchir et à prendre ou à reprendre position.

Les aînés, mais surtout les futurs aînés devrait-on dire, sont aussi bousculés par la redéfinition qui est en cours de ce à quoi devrait ressembler une retraite. Ottawa a décidé de hausser l’âge de l’admissibilité à la sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans d’ici 2029, ce qui aura un impact sur des millions de Canadiens qui font partie des plus démunis et de la classe moyenne à faibles revenus.

Québec est en train de revoir le système des régimes de retraite complémentaires, en plus d’avoir décrété une hausse sur plusieurs années des cotisations à la Régie des rentes. Puis, les régimes d’entreprises sont, pour la plupart, sous-capitalisés, et plusieurs employeurs veulent laisser tomber les régimes à prestations déterminées pour offrir à ses nouveaux employés des régimes à cotisations déterminées, qui n’offrent aucune garantie de revenus à la retraite.

La réduction de l’appareil de l’État, annoncée dans le budget Flaherty, la décision du gouvernement du Québec de développer massivement les ressources dans un cadre réglementaire et financier très critiqué, les faibles engagements (pour ne pas dire l’absence d’engagements) du gouvernement fédéral en matière de réduction des gaz à effet de serre, couplés au choix de développer à pleine vitesse l’un des types de pétrole parmi les plus polluants du monde, celui des sables bitumineux, et quantité d’autres décisions nous touchent et nous interpellent, définissent notre présent et notre avenir.

Ce sont des changements profonds et majeurs, qui touchent finalement tout le monde! Et ce qui est fascinant, c’est que ces changements sont effectués à Ottawa, par un gouvernement qui a énormément de marge de manoeuvre, et à Québec, par un gouvernement qui doit composer avec des finances publiques fragiles, qui l’amènent à augmenter taxes et tarifs pour éviter un gouffre financier.

C’est un plaisir de vous retrouver après une pause de quelques jours. Au tour de plusieurs autres de prendre un temps d’arrêt cette semaine à l’occasion de la semaine de relâche au Québec. Bonne semaine à vous!
 
Ce qui ne fait pas relâche, ce sont les grèves étudiantes au Québec. C’est plus de 125 000 jeunes qui ont arrêté d’aller au cégep et à l’université. Plusieurs d’entre eux manifestent dans les rues pour exprimer leur opposition à la hausse annoncée dans le budget 2011-2012 des droits de scolarité, de 325 $ par année pendant 5 ans. Ainsi, aller à l’université coûtera 3793 $ en 2016-2017, une hausse de 75 % en 5 ans.
 
Manifestation d'étudiants du Cégep de SherbrookeLa hausse des droits de scolarité est nécessaire selon le gouvernement du Québec parce qu’il faut améliorer le financement des universités. Les institutions, elles, sont largement favorables à cette majoration.
 
Les universités sont dirigées comme des entreprises, dans une perspective de concurrence et de performance. La récente décision de HEC Montréal s’inscrit dans cette direction : offrir un programme totalement en anglais a pour objectif d’attirer une nouvelle clientèle, payante et réservée, la plupart du temps, à l’Université McGill.
 
Du côté des étudiants, on demande l’abandon de cette hausse. Certains vont jusqu’à réclamer la gratuité scolaire. Leurs points de vue se défendent : il est clair que la montée rapide des droits de scolarité aura un effet sur les moins riches, les pauvres comme les familles de la classe moyenne, qui devront refaire leur calcul et peut-être revoir leur plan de match pour leurs enfants. De nombreuses études arrivent à la conclusion que des droits de scolarité élevés nuisent à l’accessibilité aux études. D’autres nombreuses études arrivent à la conclusion que ce n’est pas du tout le cas.
 
Il est difficile de tenir un débat dans les circonstances actuelles. Les recteurs ont demandé une hausse des droits. Le gouvernement a décidé d’aller de l’avant. Mais la discussion de base à propos du financement des universités et de nos choix de société n’a pas eu lieu. Depuis le sommet sur la jeunesse du gouvernement Bouchard en février 2000, sommet qui avait été vertement contesté il faut le dire par des groupes de jeunes à l’époque, il n’y a pas eu de grandes discussions sur la place et l’avenir des jeunes.
 
Comme le proposaient les économistes Ianik Marcil et Diane Bellemare à RDI Économie le 24 février dernier, ne serait-il pas approprié de poser le problème autrement et de reprendre les questions à se poser dans le bon ordre :
 
1- Les universités sont-elles vraiment sous-financées?
 
2- Devraient-elles repenser leur fonctionnement économique?
 
3- Pourquoi y a-t-il un mouvement de gratuité ou de faibles droits dans plusieurs pays, comme en Norvège, en Suède et en Allemagne?
 
4- Si on opte pour ces modèles, sommes-nous prêts à baliser l’admission à l’université au mérite? Devrait-on ainsi être plus exigeant envers les étudiants et les professeurs en terme de travail et de rendement?
 
Qu’en pensez-vous?