RDI économie, édition spéciale – entrevue avec Pierre Fortin
sera rediffusée samedi 25 mai à 11h30 HAE et dimanche 26 mai à 19h30 HAE.
L’entrevue intégrale est ici.
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Pierre Fortin se dit homme de gauche. De gauche, mais pas toujours. Souvent, il a pris des positions qui s’approchaient de la droite, en s’associant d’ailleurs à des gens plus à droite que lui, comme Lucien Bouchard, lors de la publication du Manifeste pour un Québec lucide en 2005.
En fait, l’économiste de l’UQAM, qui arrive bientôt à 70 ans, est un pragmatique, dont l’approche s’arrime aux besoins réels de la société. Un vrai pragmatique. Pas idéologue, mais pas du tout. Quel est le constat ? Quel est le défi ? Quelles sont les solutions ? C’est essentiellement les trois questions que Pierre Fortin semble se poser depuis des décennies dans son travail et son engagement pour le mieux-être du Québec et de ses citoyens.
En entrevue, 13 choses marquantes qu’il a dites :
- Éducation : le Québécois moyen passe presque 15 années à l’école comparativement à 9 ans au début de la Révolution tranquille. Le Québec était alors en bas de l’échelle, les gens étant moins scolarisés que les Noirs américains, dit-il. Aujourd’hui, le Québec se démarque en ce qui a trait à la scolarité, sauf pour ce qui est de l’obtention du premier diplôme, celui du secondaire. Le taux de décrochage scolaire au Québec pour les jeunes adultes (25-44 ans) est de 10 %. Ces gens n’ont pas de diplôme secondaire. Dans le reste du Canada, c’est 7 %.
- Niveau de vie : depuis 1990, le Québec a connu un essor plus rapide que l’Ontario sur le plan économique et que l’ensemble des provinces non pétrolières. Si bien que le revenu par habitant du Québec est passé de 80 à 97 % de celui de l’Ontario en 20 ans. Et pourtant, on travaille 6 % moins d’heures que l’Ontario ! « On n’a pas besoin de travailler plus » nous dit Pierre Fortin, qui semble contredire le manifeste pour un Québec lucide et Lucien Bouchard, qui affirmaient qu’il fallait travailler davantage.
- Le modèle québécois est un succès pour Pierre Fortin. Nous avons, dit-il, successivement eu l’assurance-médicament, l’équité salariale, la prime au travail, le soutien aux enfants, les garderies à 7 $, les congés parentaux, le salaire minimum à 45-47 % du salaire moyen. En 1996, il y avait 100 000 familles à l’aide sociale. Aujourd’hui, nous sommes à 40 000. « Gros progrès » dit Pierre Fortin.
- Nous avons « le plus gros état provincial et municipal en Amérique du Nord. Et de loin! » Si on dépensait au Québec autant que dans la moyenne canadienne, on dépenserait 30 milliards de moins par année. Vous avez bien lu…
- « Je pense que ce sera pratiquement impossible de réduire la taille de l’État par rapport à ce qu’il est à l’heure actuelle, dit Pierre Fortin. Ce qui va être difficile, c’est de l’empêcher de continuer à grossir. »
- Selon Pierre Fortin, à 55-56 % du PIB, la dette du Québec n’est pas trop élevée. Il fallait investir dans les infrastructures dans les dernières années. Et ces investissements ont permis au Québec de connaître une récession moins dure que ses voisins.
- S’il le faut, il faudra reporter l’équilibre budgétaire d’un an ou deux, dit-il.
- « Le vieillissement, on est dedans pour 30 ans ! »
- Niveau d’imposition au Québec : « la proportion des gens qui commencent à trouver ça trop » ne cesse d’augmenter affirme l’économiste Fortin.
- Il faut faire appel au secteur privé pour soulager le secteur de la santé « pour appuyer le secteur public ».
- Il nous faut une « Commission McDonald » qui évaluerait les perspectives financières du Québec pour les 20 prochaines années. On n’a rien fait avec vision, selon Pierre Fortin, dans les dernières décennies pour voir venir les problèmes sociodémographiques et les investissements nécessaires dans les infrastructures.
- On a dépensé 40 milliards $ depuis 5 ans pour nos infrastructures. « Y a-t-il une région moins néolibérale en Amérique du Nord que le Québec ? » Nous ne sommes pas dans l’austérité dit-il. On sait ici respecter le libre marché, mais on sait aussi mettre des balises. « Le Québec n’est pas du tout néolibéral. »
- « On est la région d’Amérique du Nord où le 1% est le moins riche, le moins nombreux et le plus taxé d’Amérique du Nord. – Doit-on s’enorgueillir de ça ? – Oui. »
Et il y avait 3 questions pour terminer l’entrevue… Écoutez-les si ce n’est déjà fait ! Et exprimez votre point de vue ici…
Selon le blogueur, et selon plusieurs observateurs, cinq ans après le début de la crise, force est de constater que les tenants de l’austérité avaient tort. La crise européenne ne cesse de prendre de l’ampleur, tandis que plusieurs pays endettés ont été obligés d’imposer de sévères mesures d’austérité, qui ont réduit considérablement le niveau de vie des Grecs, des Espagnols, des Portugais, des Italiens, notamment. L’austérité n’a rien réglé.

Et, comme chaque année, nous avons assisté à des scènes surréalistes. Des gens, en file d’attente depuis des heures, devant des magasins, qui se précipitent, se poussent, se marchent dessus, se blessent pour atteindre les produits en solde sur les planchers des commerces qui viennent d’ouvrir, très très tôt le matin du Black Friday. C’est moins violent, disons-le, devant son écran d’ordinateur, où se font toujours un peu plus d’achats tous les ans.
Les Canadiens ne sont pas en reste. Selon un sondage effectué par Deloitte, 65 % des gens vont acheter entre 1 et 10 cadeaux pour les fêtes. Des cartes cadeaux, de l’argent, des vêtements, des jouets, des produits électroniques. On cherche les soldes et on compare les prix. Au final : on achète! Tellement qu’on prévoit l’ouverture de 12 à 15 centres commerciaux de plus au Canada dans les prochaines années. De plus, en 2013, plusieurs chaînes américaines, dont Target, ont prévu s’installer au Canada.
D’ailleurs, au fait, les Canadiens sont-ils si endettés? Doit-on céder aux inquiétudes de ceux qui disent que le taux d’endettement des Canadiens est plus élevé que le taux d’endettement des Américains tout juste avant l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis?
Est-ce le cas? Est-ce que des inquiétudes ont été exprimées au ministre par des agences? On nous dit que non. Mais le budget est taillé sur mesure pour leur plaire, pour plaire aux financiers, aux entreprises, aux patrons, aux milieux économiques.
Dans
Relancer une économie ravagée par une crise sans précédent depuis 1929 n’était pas de tout repos. Au final, les États-Unis ont perdu 624 000 emplois sous Barack Obama, mais il faut dire que la chute de l’emploi s’était amorcée avant son arrivée. Par rapport à la fin 2007, il y a environ 4 millions d’emplois en moins aux États-Unis.