Billets classés sous « dépenses »

Le ministre des Finances Jim Flaherty a présenté un nouveau budget déficitaire, avec un manque à gagner de 18,3 milliards de dollars. Il mise sur la lutte à l’évasion fiscale pour équilibrer les finances publiques avant les élections générales de 2015. Les chômeurs et les provinces devront pour leur part s’adapter à la nouvelle formule que le gouvernement imposera concernant la formation de la main-d’œuvre.

 

L’obsession du déficit zéro

Vendredi 7 décembre 2012 à 13 h 24 | | Pour me joindre

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J’avais demandé à l’ex-ministre des Finances Raymond Bachand en 2010 si son objectif de revenir à l’équilibre budgétaire en 2013-2014 n’était peut-être pas un peu irréaliste. Et si finalement on n’aurait pas dû attendre un peu, quelques années de plus, pour éviter de se retrouver à trop taxer les citoyens et à trop couper dans les dépenses pour équilibrer le budget.

Il faut savoir que le déficit du Québec était moins important que celui de ses partenaires et concurrents, qui présentaient alors des plans de retour à l’équilibre sur une plus longue période.

Nicolas MarceauIl m’avait dit qu’il était absolument nécessaire pour le Québec de mettre de l’ordre rapidement dans ses finances publiques en raison de ses défis à moyen et à long terme. On pense surtout à la question du vieillissement de la population, qui est plus accentué au Québec.

Raymond BachandLe Parti québécois a décidé de maintenir le calendrier établi par le gouvernement Charest afin de respecter l’objectif d’équilibrer les finances publiques en 2013-2014. C’est à Nicolas Marceau et à Stéphane Bédard que revient finalement cette tâche qui s’annonçait difficile en 2010 et qui l’est encore plus aujourd’hui, on est à même de le constater.

Soyons francs : c’est un effort quasi surhumain qui est exigé dans les ministères du gouvernement du Québec et dans les sociétés d’État. On doit couper et on doit atteindre des degrés d’efficience en quelques mois seulement.

Je n’ai pas des compétences en gestion. Mais je travaille pour une institution publique et je peux vous dire que, pour de bonnes et parfois de moins bonnes raisons, les virages et les changements prennent du temps à se faire. La culture institutionnelle est forte. Les employés sont bien protégés. Les façons de faire sont installées et standardisées.

Et donc je me demande sérieusement comment le gouvernement du Québec réussira à réduire de 522 millions de dollars les dépenses des ministères et entités, en quelques mois seulement, sans réduire le nombre d’emplois, sans réduire les services aux citoyens, sans provoquer des affrontements et des contestations de toutes parts.

Le Parti québécois, parce qu’il propose un projet politique qui est considéré comme un facteur d’instabilité par les agences de notation et les milieux d’affaires, doit faire mieux que les autres. Si le PQ avait décidé de reporter à plus tard l’équilibre budgétaire, on l’aurait accusé d’amateurisme, d’incompétence et on aurait réclamé la démission du gouvernement.

Le ministre des Finances Nicolas Marceau a ainsi présenté un budget d’austérité et le président du Conseil du Trésor Stéphane Bédard est arrivé avec les mauvaises nouvelles jeudi matin : on coupe partout, un peu plus que prévue même. Il le faut si on veut atteindre l’équilibre!

Il est difficile d’en vouloir au gouvernement de couper, si on a claironné qu’il ne fallait pas reporter l’équilibre budgétaire. Mais il est difficile d’imaginer qu’on développe le Québec en comprimant dans la recherche universitaire à hauteur de 37,5 millions de dollars, dans l’aide à l’emploi pour un total de 55 millions et dans le Fonds de développement économique, une réduction de 58 millions de dollars.

Est-ce que l’objectif du déficit zéro n’est pas trop audacieux?

Combien va coûter cette course au déficit zéro?

À quel prix va-t-on l’atteindre?

Le Canada est-il arrogant?

Vendredi 8 juin 2012 à 11 h 31 | | Pour me joindre

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Ce n’est pas la première fois qu’on le constate, mais le gouvernement Harper adopte depuis quelques années un ton qui frise la condescendance face à la zone euro. 

Au moment où des négociations sont en cours pour la création d’une zone de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, le premier ministre Harper et son ministre des Finances Jim Flaherty se sont permis, à plusieurs reprises, d’exprimer exaspération et conseils pressants à l’endroit des chefs de la zone euro.

Le premier ministre Stephen Harper a rencontré le président français François Hollande à Paris. Encore cette semaine, en visite en France, le premier ministre Stephen Harper a déclaré que la situation ne pouvait plus durer, les dirigeants de la zone euro doivent trouver des solutions maintenant. À l’antenne de la CBC, il a déclaré qu’on ne pouvait pas attendre l’élection grecque qui aura lieu dans moins de 10 jours pour décider du sort de la zone euro.

Et surtout, le Canada a décidé de ne pas soutenir l’effort financier que le FMI réclame aux pays du G20 pour créer un fonds de 430 milliards de dollars pour venir en aide aux pays en difficulté, on pense de plus en plus à la possibilité que l’Espagne ait besoin du FMI dans un proche avenir. Avec les États-Unis, le Canada est le seul pays à ne pas contribuer à la cagnotte.

Exprimant la position du gouvernement en Chambre à Ottawa, le député et secrétaire parlementaire conservateur Pierre Poilievre a déclaré ceci à propos des pays de la zone euro en difficulté : « Ils ont imposé leurs contribuables au maximum et emprunté jusqu’à la limite, et ils veulent maintenant se renflouer en continuant de dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas. Ils ne recevront aucune aide du Canada. Le premier ministre n’obligera pas les contribuables canadiens, qui travaillent tous très dur, à renflouer les États providences européens ou les riches banquiers qui leur ont prêté de l’argent. »

Ces propos sont probablement ceux qui décrivent le plus clairement la position du Canada dans ce dossier. Est-ce du mépris? Est-ce de la condescendance? Ou est-ce que le Canada peut se permettre de faire la leçon aux Européens compte tenu de son bilan exceptionnel en matière de finances publiques, de croissance économique et de stabilité bancaire?

Aujourd’hui, le Canada est vu comme un lieu d’investissement sûr, comme un géant de l’énergie qui détient une ressource pour laquelle la demande ne faiblit pas et sa gestion du déficit, surtout le retour au déficit zéro sous Paul Martin, a été citée maintes fois en exemple partout dans le monde. Le Canada ne cache pas son irritation face à la situation européenne et craint même des répercussions sur l’économie du pays si la situation se dégrade encore.

Cela dit, le Canada a aussi ses propres défis. Endettement des ménages excessifs, possibles bulles immobilières dans certains marchés du pays, banques très exposées à l’endettement hypothécaire des Canadiens, notre marché demeure profondément lié à celui des États-Unis, économie à deux vitesses (croissance forte dans l’Ouest, croissance faible dans l’Est) et j’en passe.

Le gouvernement Harper a-t-il la bonne attitude face aux problèmes européens?