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Et si on reportait le déficit zéro?

Vendredi 24 octobre 2014 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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Les économistes de Desjardins ont évoqué la possibilité que le gouvernement Couillard reporte d’un an le déficit zéro. Autrement dit, plutôt que d’annoncer l’équilibre dans le budget 2015-2016, qui sera présenté en mars prochain, le ministre des Finances Carlos Leitao pourrait remettre cet objectif à mars 2016, pour le budget 2016-2017. Cette éventualité pourrait être envisagée si les revenus ne sont pas au rendez-vous.

Pour l’instant, il y a fort à parier que le gouvernement va garder le cap. Les revenus augmentent plus rapidement que prévu : au cours des quatre premiers mois de l’exercice, les revenus autonomes ont grimpé de 4 %, alors que les transferts fédéraux ont grimpé de 1,9 % grâce à un bond de la péréquation de 18,5 %.

Ces données proviennent du dernier rapport mensuel des opérations financières, qui couvre les mois d’avril, mai, juin et juillet. Le déficit est de 1,3 milliard de dollars, de 950 millions si on exclut les sommes versées au Fonds des générations. Pour l’ensemble de l’année, Québec projette un déficit de 2,35 milliards de dollars ou de 1,05 milliard de dollars avant le dépôt dans le Fonds des générations.

Les dépenses progressent plus rapidement que prévu : hausse de 2,3 % des dépenses de programmes par rapport à l’an passé, alors que le gouvernement Couillard vise 1,8 % pour l’ensemble de l’exercice. Le gouvernement affirme qu’au cours des quatre premiers mois de l’année, « les dépenses sont généralement supérieures aux revenus, puisque des sommes plus importantes sont utilisées par les ministères dans le cadre de leurs activités ».

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Alors, que faut-il comprendre?

  1. les revenus augmentent plus rapidement que prévu, grâce aux impôts, aux taxes et à la péréquation;
  2. les compressions sont loin d’être terminées, le gouvernement n’a pas encore réussi à atteindre ses objectifs pour ce qui est de la croissance des dépenses;
  3. il se perd des emplois au Québec, perte de plus de 50 000 emplois à temps plein depuis avril; aucune création nette d’emplois prévue par Desjardins en 2014;
  4. les perspectives de croissance économique sont faibles : certaines institutions abaissent leurs prévisions à 1,5 % ou 1,6 % cette année.

Tous les économistes le disent : il faut toujours tenter d’atteindre l’équilibre budgétaire. Mais comme l’ont expliqué quantité d’experts et comme l’ont reconnu les économistes du FMI, des mesures d’austérité peuvent avoir un impact défavorable plus grand qu’envisagé sur la croissance économique. Le PIB progresse lentement au Québec et le marché de l’emploi est carrément anémique.

La réduction des impôts pour les PME manufacturières pourrait aider, en principe, à stimuler ces entreprises. Mais c’est peu. Et la réduction des crédits d’impôt provoque tant de craintes dans les milieux d’affaires qu’on peut se demander si ces décisions ne seront pas contre-productives du point de vue économique.

Si des réformes doivent être engagées, et c’est bien ce que le gouvernement veut faire, à quelle vitesse devons-nous aller? N’y a-t-il pas un danger réel que des compressions effectuées trop rapidement entraînent une baisse de la confiance et une réduction de la croissance économique? Et donc, que finalement, il faille tout recommencer.

On dramatise, oui ou non?

Vendredi 3 octobre 2014 à 15 h 10 | | Pour me joindre

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Pierre Karl Péladeau à RDI économie
Le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau

Le porte-parole du PQ en matière d’économie, Pierre Karl Péladeau, nous a dit jeudi soir à RDI économie que le gouvernement Couillard dramatise la situation budgétaire du Québec. A-t-il raison?

Regardons les faits :

  • La dette du Québec est la plus importante du Canada à 54,3 % du PIB quand on s’intéresse à la dette brute, qui atteint presque 200 milliards de dollars. La dette nette représente 49,9 % du PIB au 31 mars dernier.
  • La prévision pour le déficit du Québec est de 2,35 milliards de dollars en 2014-2015, soit 0,6 % du PIB. Sur les sept provinces qui prévoient un déficit cette année, le Québec est, à égalité avec le Nouveau-Brunswick, celle dont le déficit est le moins important par rapport à son économie.
  • Les cotes de crédit du Québec sont de haute qualité, sauf à S&P, qui la classe au niveau de moyenne qualité supérieure, et le Québec se situe à peu près au milieu des 10 provinces en terme de qualité de crédit :

Moody’s: Aa2 (stable)

Fitch: AA- (stable)

S&P: A+ (stable)

DBRS: A élevé (stable)

  • Selon l’Institut de la statistique du Québec, il n’y aura pas de déclin de population à partir de 2031, comme envisagé il y a 10 ans. Mais, dès 2017, et jusqu’en 2030, le nombre de personnes de 20-64 ans, faisant ainsi partie du groupe officiel des effectifs en âge de travailler, va baisser.

Il est clair que la situation budgétaire du Québec est sérieuse et que les défis des prochaines décennies sont importants. Il est clair aussi que le gouvernement du Québec doit contrôler ses dépenses, mais doit également générer davantage de revenus, ce qui passe par une croissance plus forte. Pour l’instant, la hausse du PIB est faible et il se perd des emplois au Québec.

Nous n’avons pas à amplifier les chiffres sur la dette et les défis du Québec pour faire comprendre qu’il est important d’agir. Le président du Conseil du Trésor ne cesse de répéter que si son gouvernement n’avait pas agi, nous allions avoir un déficit de 5,8 milliards de dollars.

Or, cette projection s’appuie sur les données du Secrétariat au Conseil du Trésor qui révélait, au lendemain de l’élection du 7 avril, que les coûts de reconduction des programmes allaient entraîner une hausse des dépenses de 6,1 %. Cette forte hausse se réaliserait seulement si le ministre des Finances et le Conseil du Trésor ne faisaient pas le travail habituel qu’ils doivent faire tous les ans dans la préparation du budget et des crédits : prendre des décisions. Dire oui à un ministère, dire non à un autre, faire des choix pour éviter justement une croissance sans fin des dépenses.

Le problème, c’est que le gouvernement Marois n’a pas déposé les crédits avant l’élection et n’a pas fait les arbitrages habituels. On imagine que si le parti au pouvoir avait été réélu, les décisions habituelles auraient été prises pour contrôler les dépenses.

Tout cela mis en contexte, je vous pose donc la question : le gouvernement Couillard dramatise-t-il la situation budgétaire du Québec?

2 ballons d’essai, 3 milliards de dollars!

Vendredi 19 septembre 2014 à 12 h 05 | | Pour me joindre

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Les ballons d’essai sont à la mode ces jours-ci à Québec. Au moment où tout est en jeu, des congés parentaux aux garderies à tarif réduit, en passant par les conservatoires de musique et les agences de santé, permettez-moi de mettre deux autres concurrents au ballottage :

  • Le Fonds des générations
  • La TVQ

En fait, je veux qu’on se comprenne bien, ce ne sont pas des propositions, mais ce sont des options à envisager si on considère que tout est en jeu pour arriver au déficit zéro. En ce sens, il est, je pense, utile d’explorer d’autres possibilités qui pourront nourrir la réflexion sur ce qui doit être fait pour rétablir l’équilibre. Je peux vous dire cependant qu’en conférence téléphonique vendredi matin, le ministre des Finances Carlos Leitao a rejeté ces deux options.

Le Fonds des générations

Il a été discuté, dans le passé, de fermer le Fonds des générations et d’utiliser cet argent pour réduire la dette. Le Parti québécois était en faveur de cette option, avant de finalement l’abandonner une fois au pouvoir. Si le gouvernement Couillard décidait de mettre fin au Fonds des générations, il pourrait affecter immédiatement à la dette 5,659 milliards de dollars (somme au 31 mars 2014). Deux économies en découleraient :

Réduction des intérêts : environ 300 millions

Récupération de la somme prévue pour le Fonds des générations en 2014-2015 : 1,3 milliard.

La TVQ

Le ministre Leitao a dit qu’il n’était pas question de récupérer le champ fiscal qui serait abandonné par le gouvernement fédéral, qui s’apprête à annoncer des baisses de charges fiscales, baisse d’impôt ou baisse de TPS. S’il le faisait, Carlos Leitao pourrait aller chercher au moins 1 milliard de dollars supplémentaires en ajoutant un point de TVQ.

Il est prévu en 2014-2015 que la TVQ (actuellement de 9,975 %) rapporte au gouvernement la somme de 15,472 milliards. C’est l’équivalent de 1,5 milliard par point de TVQ. En admettant qu’une hausse de taxes réduise la demande, on peut imaginer qu’une hausse d’un point de taxe de vente rapporterait un peu moins que 1,5 milliard.

Gain : 1 milliard à 1,5 milliard 

Voilà deux ballons d’essai : un premier qui prévoit une coupe, le Fonds des générations, et une autre qui prévoit une ponction fiscale supplémentaire, qui n’en serait pas une si on occupait un champ fiscal abandonné par le gouvernement fédéral. Nous venons de déterminer de 2,5 à 3 milliards de dollars potentiels.

Honnêtement, avant d’augmenter une taxe ou de mettre fin au Fonds des générations, il faut une réflexion profonde sur les conséquences, bien plus détaillée que ces quelques mots dans ce billet. Tous les ballons d’essai, qu’ils viennent du gouvernement, des fonctionnaires ou d’autres sources, n’ont pas franchi l’analyse complexe nécessaire.

C’est ce que font en ce moment les experts de la Commission sur la fiscalité de Luc Godbout. On sera d’accord ou pas avec leurs propositions, on verra bien. Mais elles auront nécessairement le mérite de s’appuyer sur un argumentaire chiffré, recherché, scientifique. Et souhaitons-le, ces propositions s’appuieront sur une perspective à long terme et non pas qu’en regard des deux prochaines années.

En attendant… que pensez-vous de ces deux options?

Carlos Leitao répondra à vos questions jeudi 25 septembre à 18 h 30 (HAE) à RDI économie. Écrivez-nous : rdieconomie@radio-canada.ca

Régimes : loin du dialogue de sourds

Vendredi 22 août 2014 à 11 h 32 | | Pour me joindre

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Je vais vous dire franchement que la commission parlementaire à Québec ne nous a pas appris grand-chose cette semaine. Ce débat est nécessaire, mais j’ai l’impression qu’on a assisté davantage à un dialogue de sourds qu’à la construction commune d’un projet de loi sur les régimes municipaux qui pourrait obtenir une adhésion plus large sans nécessairement être totalement consensuelle.

En marge de la commission, on a tenté à RDI économie de déchiffrer les éléments fondamentaux qui touchent la question des régimes municipaux. On n’est pas meilleurs que les autres, on essaie simplement de comprendre les enjeux, les points de vue et d’explorer quelques solutions. On l’a fait notamment avec l’ex-ministre Claude Castonguay, le professeur Vincent Morin et l’économiste Michel Lizée.

3 choses à retenir de ces discussions :

Selon Claude Castonguay, l’idée même d’imposer une négociation balisée sur les régimes municipaux est vouée à l’échec. À son avis, il aurait fallu favoriser une médiation pour en arriver à des consensus, qui auraient permis de construire un projet de loi et d’avancer, tous ensemble, dans la bonne direction. La décision du gouvernement favorise l’affrontement selon lui. Les syndicats se rebiffent, le climat social se détériore. C’est inquiétant, nous a expliqué Claude Castonguay lundi dernier.

Qu’en pensez-vous?

Le professeur Vincent Morin, de l’UQAC, nous a fait parvenir des chiffres qui mettent en perspectives l’état de santé des régimes de retraite et leur poids dans les finances des municipalités. Nous constatons deux choses.

  • Les dernières années ont permis à plusieurs régimes de remonter un peu la pente en matière de capitalisation, mais il y a encore du chemin à faire. Nous sommes passés d’un taux de capitalisation général pour les municipalités de 102 % en 2007 à 82 % en 2011. Nous étions à 84 % en 2012 et, pour les huit plus grandes villes du Québec (nous n’avons pas toutes les données) en 2013, à 85 %.
  • Cela dit, si la santé des régimes s’améliore, leur importance dans les finances publiques augmente. Ainsi, les charges des fonds de pension représentaient 3,4 % des revenus des municipalités en 2007. Elles étaient aux alentours de 8 % en 2011 et 2012. À 10 % en 2013 pour les grandes municipalités. On peut se demander alors si la finalité du projet de loi 3 est, d’abord, de soulager les finances des municipalités et, ensuite, d’assurer la pérennité des régimes.

Qu’en pensez-vous?

Puis, l’économiste Michel Lizée est venu nous expliquer l’évolution des choses depuis 50 ans. Il faut se rappeler, a-t-il dit, qu’en 1963, 1964 et 1965, au moment où on créait le Régime des rentes du Québec, les entreprises ont demandé à l’État de les laisser mettre en place leurs propres régimes d’employeurs. C’était là une façon d’attirer les travailleurs. Cette promesse a été remplie pendant deux décennies. Avec l’effondrement d’une partie du secteur manufacturier, fortement syndiqué, une bonne quantité de régimes ont disparu. Aujourd’hui, nous a expliqué Michel Lizée, les entreprises ne veulent plus prendre en charge les retraites de leurs travailleurs. La balle est renvoyée à l’État. L’explication est plus longue (voir et entendre la vidéo).

Qu’en pensez-vous?

Merci de votre contribution généreuse à ce blogue et à notre nouvelle page Facebook, que je vous invite à aimer : www.facebook.com/rdieconomie

Alors qu’on discute d’eau et de feu ces jours-ci, revenons sur le fond de la question : le gouvernement Couillard a-t-il raison de réformer en profondeur les régimes de retraite des employés municipaux, même ceux qui affichent actuellement des surplus?

Je vois et j’entends des employés furieux de voir le gouvernement changer les règles du jeu et remanier les promesses qui ont été faites. Je vois et j’entends aussi beaucoup de gens dire que les contribuables sans régime de retraite n’ont pas les moyens de régler les déficits et les rentes d’une classe de travailleurs « choyés ». Entre les deux positions affirmées, posons-nous quelques questions.

Le gouvernement réforme tous les régimes municipaux, y compris ceux qui sont en surplus. Ainsi, ce n’est pas seulement la question des déficits qui est en jeu, mais aussi la question du partage des cotisations et des risques. Le gouvernement a-t-il raison d’étendre sa réforme aux régimes de retraite municipaux qui sont en bonne santé? Si la réponse est oui, il faut soulager le contribuable, alors est-ce que ça signifie que les taxes municipales vont baisser? Ah! Bonne question!

Quel est le problème exactement? Est-ce le fait que quatre employés sur cinq dans le secteur public aient un régime de retraite? Ou est-ce le fait que la grande majorité des employés du secteur privé n’ont pas, eux, accès à ce « privilège »?

Au fait, est-ce un privilège d’avoir un régime de retraite? Ou est-ce qu’on devrait plutôt s’assurer que ce soit un droit pour tous? Près de la moitié des personnes âgées de 65 et plus vivent sous le seuil de la pauvreté parce qu’ils n’ont pas accès à des revenus de retraite autres que les soutiens publics. Le Canada est l’un des pays qui remplacent le moins les revenus de travail rendu à la retraite, selon une étude de l’OCDE.

Pas moins de 61 % des Québécois n’ont pas de régime de retraite à prestations ou à cotisations déterminées. Doit-on réduire les avantages de ceux et celles qui ont accès à un régime parce que la majorité n’a pas de régime de retraite? Ou devrait-on plutôt améliorer le sort des retraités et futurs retraités qui n’ont presque pas de moyens à 65 ans?

Pour attirer de bons travailleurs, les employeurs offrent des salaires et des conditions de travail. Parmi celles-ci : un bon régime de retraite est un avantage réel. Au fil du temps, des syndicats ont négocié un partage des cotisations au régime de retraite en fonction d’une foule de critères. Certaines associations ont réussi à obtenir que 70 ou 80 % des cotisations soient payées par l’employeur.

Pour les policiers de Montréal, par exemple, la cotisation de l’employé est de 24 %, celle de l’employeur, la Ville, est de 76 %. On a cru, à une certaine époque, que c’était un juste partage en raison des risques associés à des emplois comme policier ou pompier, des postes que les travailleurs doivent quitter plus rapidement que d’autres types d’emplois. Devrait-on revisiter l’histoire et les raisons qui ont poussé à négocier de telles ententes? Est-ce qu’on a fait cette réflexion?

A-t-on évalué l’impact sur l’économie d’une hausse des cotisations de travailleurs, d’une révision des bénéfices et d’une coupe dans l’indexation des rentes des retraités?

En retour, et je pose de nouveau la question, le soulagement annoncé sur les finances municipales entraînera-t-il une baisse des taxes pour les contribuables, ce qui aurait, en principe, un impact positif pour l’économie? En avons-nous l’assurance?

À RDI économie jeudi dernier, j’ai posé quelques-unes de ces questions au ministre des Affaires municipales Pierre Moreau, dont celle sur le problème plus global de la retraite des Québécois. Il n’a pas voulu s’étendre sur la question, préférant dire que son action, en ce moment, portait sur les régimes municipaux. Il y a sans doute de bonnes raisons de vouloir rééquilibrer les régimes qui touchent 122 000 travailleurs. Mais, franchement, ne serait-il pas venu le temps de penser aux 2,4 millions de Québécois qui n’ont pas de régime de retraite?

Quel avenir pour nos retraites?  Consultez notre dossier.

Le débat demeure entier : peut-on exploiter le pétrole du Québec tout en luttant contre les changements climatiques? Est-ce que ces deux réalités sont incompatibles? Oui, non, ça dépend où on se place.

Chose certaine, il est important d’en débattre. C’est ce qu’on a fait mardi midi à la Maison du développement durable à Montréal avec Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec, Steven Guilbault, directeur principal d’Équiterre, et Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal. Bien sûr, Yves-Thomas Dorval appuyait l’exploitation potentielle du pétrole au Québec et, bien sûr, Steven Guilbault s’y opposait. On a repris l’échange à RDI économie mardi soir.

Mais, au-delà des points de vue de base, il y a des zones de convergence dans le débat et il est important de les établir :

  1. Il faut de nouveaux revenus au Québec pour dénouer l’impasse qui s’amplifie et sortir du « déficit structurel » tel qu’avancé par le ministre des Finances Carlos Leitao.
  2. Si le Québec a atteint les objectifs fixés à Kyoto, il faut continuer de réduire les émissions de gaz à effet de serre, c’est une réalité incontournable.
  3. Environnement et économie vont de pairs : peu de décisions qui s’inscrivent dans le cadre d’un développement durable peuvent se prendre aujourd’hui sans considérer les deux réalités : l’impact écologique, l’impact socioéconomique.

Une fois qu’on a dit ça, est-ce qu’on peut prétendre lutter efficacement contre les changements climatiques en décidant d’exploiter le pétrole d’Anticosti, et possiblement celui de la Gaspésie et du golfe Saint-Laurent?

Steven Guilbeault nous dit qu’il faut s’éloigner du pétrole. Il rappelle un rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié récemment qui nous indiquait que pour éviter un réchauffement climatique supérieur à 2 degrés Celsius d’ici 2100, il ne faut pas exploiter deux tiers des réserves de pétrole sur la planète.

La concentration de CO2 était de 280 parties par million avant la révolution industrielle. Nous sommes aujourd’hui à 400 parties par million. Selon les études, à 450 parties par million, nous avons une chance sur 2 de dépasser les 2 degrés Celsius. À 550 parties par million, nous sommes à 3 chances sur 4. La Banque mondiale affirme qu’au rythme actuel, avec les efforts en place, nous nous dirigeons vers un réchauffement de 4 degrés Celsius en 2100.

Yves-Thomas Dorval affirme, pour sa part, qu’il a le même objectif que le directeur d’Équiterre : il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour y arriver, il faut investir dans les énergies renouvelables, et pour investir massivement dans l’économie verte, il nous faut des moyens. Il est d’avis que l’argent généré par les ressources pourrait aider aux investissements dans le développement durable. Il affirme aussi que le modèle social du Québec, pour vivre et survivre, doit obtenir de nouveaux revenus. Il est possible d’exploiter nos ressources, pour lui, de façon responsable.

Quant à Pierre-Olivier Pineau, il s’est placé à mi-chemin entre Yves-Thomas Dorval et Steven Guilbeault. Le problème pour lui n’est pas dans la production, mais dans la consommation. Nous dépensons, au Québec, 1 milliard de dollars par mois en nouvelles voitures. Et les VUS sont de plus en plus populaires.

La solution, c’est dans la réduction de la consommation. Il faut réduire notre consommation pour ralentir la demande en pétrole. L’exemple à suivre, sur la planète, est le Danemark, affirme Pierre-Olivier Pineau. Le Danemark exploite ses ressources et réduit, par la même occasion, ses émissions de gaz à effet de serre. Les Danois réduisent également leur consommation.

J’ai posé la question à Steven Guilbeault : à partir de quel moment l’exploitation du pétrole est-elle acceptable? Soupir, et rire dans la salle. Honnêtement, dans le cadre de fortes balises environnementales, ce serait possible. Mais répondre à cette question, c’est s’éloigner du problème fondamental, nous a-t-il dit : il faut réduire notre consommation et notre production de pétrole, c’est vital.

La demande en pétrole augmente toujours, cela dit. Nous sommes à environ 92 millions de barils par jour sur la planète en ce moment.

Voilà.

Austérité à Québec?

Vendredi 25 avril 2014 à 12 h 48 | | Pour me joindre

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La campagne électorale n’a pas porté sur les défis du Québec en matière de gestion des finances publiques. François Legault a bien tenté de faire surgir cet enjeu en proposant des coupes immédiates et importantes dans l’appareil de l’État. Les Libéraux ont été plus discrets sur la question, bien que leur cadre financier prévoyait des compressions de 1,3 milliard de dollars sur deux ans.

Aujourd’hui, une fois au pouvoir et une fois le conseil des ministres formé, le nouveau premier ministre Philippe Couillard montre un ton franchement plus inquiet et alarmé sur les finances publiques. En fait, le constat qu’il fait est celui d’une situation financière plus difficile que prévu dans le budget Marceau du 20 février. Et ses solutions annoncent des transformations qui pourraient être majeures.

En présentant un rapport commandé par Philippe Couillard sur les finances publiques, l’économiste et fiscaliste Luc Godbout a dit qu’il est étonnant de voir le Québec s’engluer dans les déficits alors qu’on n’arrête pas de dire, depuis des années, que le Québec a connu une récession beaucoup moins profonde que les autres en 2009. Si l’état des choses était normal, on serait rapidement revenu à des surplus selon lui. Mais des facteurs structurels nous maintiennent en déficit. C’est inquiétant dit Luc Godbout, qui a travaillé avec l’économiste Claude Montmarquette à la rédaction de ce rapport.

Je pense que c’est important de préciser une chose : un déficit de 3,1 milliards de dollars n’est pas un déficit très important. C’est gérable comme dirait Jacques Parizeau. C’est 0,9 % du PIB. Le problème, c’est d’être incapable depuis 2010 de remonter la pente comme l’avaient prévu Raymond Bachand et Nicolas Marceau, qui visaient, tous les deux, le retour à l’équilibre en 2013-2014.

Le vrai problème, c’est le poids de la démographie du Québec. Il y a plus de sorties que d’entrées dans la population active. Autrement dit, des travailleurs expérimentés partent à la retraite et ne sont pas remplacés par des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. C’est moins de croissance pour le Québec, c’est moins de revenus pour le gouvernement, c’est une difficulté fondamentale qui rend difficile l’équilibre des finances publiques.

Les solutions des experts Godbout et Montmarquette sont les suivantes :

  1. « des gestes à court terme » qu’on pourrait considérer comme des mesures d’austérité dans l’appareil de l’État, des efforts de 3,7 milliards de dollars pour atteindre l’objectif de 2014-2015, c’est-à-dire un déficit de 1,75 milliard de dollars;
  2. un examen stratégique des programmes, processus et structures, un peu comme l’a fait le gouvernement Harper à Ottawa, ce qui a mené à des compressions budgétaires de 5,2 milliards de dollars en 2012;
  3. gérer les dépenses sur 3 ans, un cadre qui serait plus transparent, plus prévisible, plus productif;
  4. réexaminer la fiscalité des particuliers et des entreprises : on compte pour 23 milliards de dollars de crédit d’impôt au Québec;
  5. produire un rapport à date fixe AVANT l’élection à date fixe pour faire un état non politisé des finances publiques.

Dans leurs propositions, les deux économistes sont d’avis qu’on pourrait songer à la possibilité de vendre des actifs et qu’on devrait maintenir la hausse des tarifs de garderie de 7 à 9 $ annoncée par l’ex-ministre des Finances Nicolas Marceau le 20 février. Déjà, Philippe Couillard a exclu cette option.

Ça fait des mois qu’on discute ensemble de l’importance pour le Québec de contrôler ses dépenses et de générer des revenus plus importants et récurrents. En voulant agir rapidement et avec force, le nouveau gouvernement doit s’assurer de ne pas faire peur aux Québécois avec des mesures draconiennes qui seraient, finalement, contre-productives.

L’action appelle la mesure. Tout un défi. Qu’en pensez-vous?

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Je tiens à faire une précision sur l’austérité. Est-ce que les annonces du gouvernement représentent vraiment des mesures d’austérité? J’aurais tendance à dire oui, compte tenu de l’intention du gouvernement de geler les budgets de tous les ministères, sauf la santé et l’éducation. Un gel des dépenses, c’est, dans les faits, une réduction des dépenses en tenant compte de l’inflation.

Des « efforts budgétaires » de 3,7 milliards, qui sont des « coupes et des remises en question », a dit Philippe Couillard jeudi, représentent aussi des mesures de compressions. J’ai vraiment tendance à croire que c’est de l’austérité.

Mais plusieurs diront qu’en maintenant une croissance générale des dépenses de 2 %, on ne peut pas utiliser ce mot. L’austérité serait alors une vraie baisse des dépenses publiques, comme l’ont fait plusieurs pays d’Europe, notamment la Grèce.

Le Monde écrivait il y a deux jours qu’il « n’existe pas de définition scientifique de rigueur et austérité en matière économique. Ces deux termes désignent de manière générale une politique économique, qui se veut l’inverse de la relance. » Or, il faut le préciser, Philippe Couillard veut augmenter les investissements en infrastructures, crée un nouveau crédit à la rénovation et annonce de nouveaux investissements dans le secteur de la forêt.

Alors, peut-être peut-on parler de « mesures d’austérité » dans un cadre qui n’est pas une « politique d’austérité »? Qu’en pensez-vous?

L’héritage de Jim Flaherty

Jeudi 10 avril 2014 à 20 h 04 | | Pour me joindre

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On n’a pas fini d’analyser l’impact de Jim Flaherty dans la vie des Canadiens. L’ex-ministre des Finances, qui a déposé son dernier budget le 11 février et qui a démissionné le 18 mars, est mort jeudi dernier. Sur plusieurs plans, Jim Flaherty aura marqué son époque. Et on peut déjà dire que son passage aux Finances de 2006 à 2014 a changé la vie de milliers de contribuables, travailleurs et retraités.


L’héritage budgétaire

On va parler encore de Jim Flaherty dans 15 ans quand on va se rappeler que c’est lui qui a entrepris d’augmenter l’âge d’accès à la Sécurité de la vieillesse de deux ans. De 2023 à 2029, on va graduellement passer de 65 à 67 ans.

On va aussi parler de Jim Flaherty l’an prochain quand le nouveau ministre des Finances Joe Oliver va dévoiler le budget 2015-2016. Ce sera alors le grand retour à l’équilibre budgétaire, voire au surplus, avec un excédent prévu de 6,4 milliards de dollars. Entre le déficit de 56 milliards en 2009 et le surplus de 2015, le travail effectué aura été celui de Jim Flaherty.

Mais, il faut le dire, ce travail aura été difficile et pénible. Le gel des dépenses et les compressions de plusieurs milliards de dollars dans l’appareil de l’État ont eu des conséquences importantes dans la vie de milliers de travailleurs du gouvernement.

On se souviendra donc de lui pour sa rigueur budgétaire, pour la discipline qu’il a imposée à tous et pour la confiance qu’il avait dans son action pour le contrôle des finances publiques.

Pragmatisme

Jim Flaherty s’est démarqué en 2009 en adoptant un budget pour stimuler fortement une économie en récession, alors que le monde entier subissait les affres de la crise financière. Il a dû mettre de côté l’approche conservatrice des questions budgétaires pour plonger, sans hésitation, dans des mesures keynésiennes : plan d’infrastructures, crédit d’impôt à la rénovation, hausse des semaines d’accès à l’assurance-emploi, etc.

C’est un déficit de près de 56 milliards de dollars qui a été enregistré en 2009-2010, le plus important de l’histoire du Canada.

Parce que le Canada est considéré depuis l’ère Chrétien-Martin comme étant un pays aux finances publiques saines, parce que ses banques sont solides et parce qu’il a bien résisté aux troubles économiques mondiaux, Jim Flaherty s’est imposé auprès de ses collègues du G20 durant la crise. Au point que l’Euromoney magazine l’a nommé meilleur ministre des Finances du monde en 2009!

Baisser vos charges fiscales

Sur le plan fiscal, Jim Flaherty a mené une politique avantageuse pour les familles et les contribuables. Parmi les mesures annoncées au cours de son règne aux Finances :

  • réduction de la TPS en 2006-2007 de 7 à 5 %
  • réduction des impôts des entreprises de 22 à 15 %
  • l’instauration d’un cadeau fiscal : le CELI
  • fractionnement des revenus des retraités

Relations complexes avec les provinces

Avec les provinces toutefois, la relation n’a jamais été au beau fixe. Si les relations personnelles étaient franches, honnêtes et cordiales, comme l’ont exprimé les ministres des Finances du Québec Michel Audet, Monique Jérôme-Forget, Raymond Bachand et Nicolas Marceau, les dossiers litigieux étaient nombreux. Malgré une décision de la Cour suprême, Jim Flaherty continuait de travailler à la mise en place d’une Commission pancanadienne des valeurs mobilières, un projet vivement contesté par plusieurs provinces, dont le Québec.

Jim Flaherty a aussi révisé l’accès à l’assurance-emploi et a revu unilatéralement la formule de calcul pour les transferts en santé, ce qui viendra ultimement réduire les montants octroyés aux provinces pour ce secteur névralgique. Et, au Québec, on se rappellera de la décision d’annuler le crédit d’impôt octroyé aux investisseurs qui choisissent le Fonds de solidarité FTQ et le Fondaction CSN.

Cela dit, Jim Flaherty a conclu des ententes porteuses avec les provinces : l’harmonisation des taxes, avec le Québec notamment et la révision de la formule de péréquation, pour ne nommer que ces dossiers-là.

C’est un héritage important que laisse Jim Flaherty. Pour le meilleur et pour le pire, selon le point de vue qu’on a.

Blanc bonnet, bonnet blanc?

Mardi 18 mars 2014 à 14 h 46 | | Pour me joindre

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Les principaux partis politiques du Québec ont dévoilé leur cadre financier. Premier constat : le PLQ et le PQ présentent un plan de match semblable. J’aurais presque tendance à dire : blanc bonnet, bonnet blanc. Pour arriver à l’équilibre budgétaire l’an prochain, les deux formations politiques proposent un parcours légèrement différent l’un de l’autre. La CAQ prend un raccourci sur le chemin du déficit zéro en prévoyant l’équilibre dès cette année tandis que Québec solidaire annonce l’équilibre pour l’an prochain.

À 48 heures du débat des chefs, voici les chiffres disponibles dans les différents cadres financiers diffusés par les partis pour l’exercice 2014-2015 :

Solde budgétaire

  • PQ : déficit de 1,75 milliard
  • PLQ : déficit de 1,42 milliard
  • CAQ : déficit zéro
  • QS : déficit de 1,5 milliard

Dépenses consolidées

  • PQ : 96,797 milliards (+2,4 %)
  • PLQ : 96,468 milliards (+2,2 %)
  • CAQ : 95,319 milliards (+1 %)

Dépenses en santé

  • PQ : 32,196 milliards (+3 %)
  • PLQ : 32,560 milliards (+4 %)
  • CAQ : 32,196 milliards (+3 %)

Dépenses en éducation

  • PQ : 17,089 milliards (+3 %)
  • PLQ : 17,198 milliards (+3,5 %)
  • CAQ : 17,089 milliards (+3 %)

Prévisions de croissance du PIB en 2014

  • PQ : +1,9 %
  • PLQ : +2,1 %
  • CAQ : +1,9 %

Autres mesures à souligner :

  • Le PQ prévoit augmenter le tarif des garderies subventionnées de 7 à 8 $ le 1er septembre prochain et à 9 $ le 1er septembre 2015.
  • La CAQ prévoit éliminer la contribution santé entre 2015 et 2018.
  • Le PLQ prévoit éliminer la contribution santé entre 2016 et 2020.
  • La CAQ prévoit des compressions de dépenses de 1,3 milliard en 2014-2015.
  • Le PLQ prévoit des compressions de dépenses de 1,3 milliard en 2014-15 et 2015-2016.
  • Le PQ prévoit 124 millions de dollars de compressions dans les ministères autres que la santé et l’éducation. La croissance des dépenses en santé doit passer de 5,1 % à 3 % en 2014-2015. La croissance en éducation doit passer de 2,2 % à 3 % ;
  • Québec solidaire plafonne le Fonds des générations à 10 milliards de dollars et à 1 milliard d’investissements par année.

Derrière l’écran de fumée…

Vendredi 21 février 2014 à 12 h 59 | | Pour me joindre

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À lire les journaux et à écouter la radio, le budget Marceau se résume essentiellement à une hausse du tarif de garderie de 7 à 9 $. Cette mesure va permettre au gouvernement de toucher plus ou moins 100 millions de plus par année. Ce n’est pas grand-chose sur un budget de 75 milliards, et ce n’est rien à côté de ce qui est vraiment important, ambitieux et irréaliste selon certains dans ce budget. En fait, les 2 chiffres les plus importants de cet exercice, c’est 2 et 3.

D’abord, 2 % 

Le ministre des Finances Nicolas Marceau prévoit une croissance des dépenses de programmes de 2 %. En 2012-2013, année où le PLQ et le PQ ont été au pouvoir, la croissance des dépenses de l’État s’est limitée à 1,2 %. Pour l’exercice qui se termine le 31 mars prochain, soit 2013-2014, le gouvernement cible une croissance de 2,5 %.

Revenir à 2 % pour le prochain exercice exigera des compressions budgétaires qui demanderont un courage politique et une conviction sans faille. Le gouvernement Marois s’expose à la critique et à la contestation. Un bras de fer s’engagera avec les fonctionnaires, à qui l’État demandera des concessions, avec les médecins aussi, à qui le gouvernement voudra faire avaler la pilule de revoir l’entente de rémunération conclue avec eux. Un débat va s’engager aussi dans le réseau des commissions scolaires, où le gouvernement veut déterminer au moins 125 millions d’économies.

L’autre chiffre, c’est 3. Seulement 3 % de hausse de dépenses en santé

Depuis l’introduction de la contribution santé, la hausse des dépenses en santé est d’environ 4,6 % par année. Réduire à 3 % la croissance des dépenses dans ce secteur, c’est exiger purement et simplement des compressions importantes dans le système. L’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux évalue à 400 millions de dollars les compressions nécessaires pour l’exercice 2014-2015 dans un tel contexte.

Le ministre Marceau demande aux médecins de rouvrir l’entente salariale négociée avec eux. Cet accord prévoit une hausse de rémunération de 540 millions cette année. Si les médecins acceptent de réduire cette augmentation ou de l’étaler sur trois ans, on pourrait atténuer ou éviter d’autres compressions dans le monde de la santé. Mais il est loin d’être acquis que le gouvernement du Québec et les médecins vont s’entende sur une révision de ce qui a été négocié et signé par les deux partis. Et il n’est donc pas impossible de voir les listes d’attente dans les hôpitaux s’allonger.

Un autre chiffre : 613 millions

Si l’État a un travail magistral à faire pour contrôler ses dépenses, il ne doit pas oublier que ses nouvelles entrées de revenus ne viennent pas d’une croissance économique plus forte, mais d’une taxation plus élevée : garderies, hydroélectricité, réduction de l’avantage fiscal de l’investissement dans le Capital régional et coopératif Desjardins.

Surtout, le ministre des Finances Nicolas Marceau peut compter sur de l’argent inespéré : les transferts fédéraux sont 1,2 milliard plus élevés qu’attendu lors de la mise à jour économique de novembre dernier. Pourquoi? Parce que la croissance économique de la plus grande province au Canada, l’Ontario, a été plus forte que prévu. Cette croissance est venue relever la moyenne attendue du niveau de services à rendre par province. Du coup, toutes les provinces qui reçoivent de la péréquation ont vu les montants qui leur étaient destinés augmenter.

Donc, 50 millions de plus pour le Québec en 2013-2014, 613 millions de plus en 2014-2015 et 532 millions de plus l’an prochain, 2015-2016.

Alors, derrière l’écran de fumée de la hausse des tarifs de garderie, le gouvernement appuie son équilibre sur deux piliers fragiles : des compressions en santé et des transferts fédéraux plus généreux.