Quand le ministre des Finances Jim Flaherty affirme que le Canada domine les pays du G7 en terme de croissance au 4e trimestre, il offre un portrait un peu plus étincelant qu’il ne l’est en réalité. Dans la vraie vie, on est « moins pire » que les autres! Il est difficile de bomber le torse avec des croissances annualisées de 0,7 % et de 0,6 % dans les deux derniers trimestres de 2012 et une chute des exportations de près de 10 % au cours de la dernière année.
Le Canada connaît une très faible croissance économique et les perspectives ne sont pas exactement rassurantes. Dans ces circonstances, les revenus attendus pour atteindre l’équilibre budgétaire dans le budget de 2015-2016 ne seront possiblement pas au rendez-vous. Et c’est pourquoi c’est dans les dépenses que le gouvernement devra trouver son déficit zéro.
Et la question avec laquelle jongle le ministre Flaherty ces jours-ci, c’est de savoir si la croissance est assez forte pour soutenir une nouvelle ronde de compressions budgétaires.
La consommation des ménages ne pourra pas, à elle seule, soutenir la croissance. C’est une donne importante : c’est environ 60 % de la croissance économique. Et puis, deux des secteurs qui ont littéralement propulsé le Canada au cours des dernières années connaissent un passage à vide, dont la durée est indéterminée : l’immobilier et le pétrole.
Dans le cas du premier, la TD annonce que les prix vont stagner au cours des 10 prochaines années. Ils vont baisser d’ici 2015 avant de remonter légèrement dans les années suivantes. Après un boom exceptionnel, la construction de nouvelles propriétés ralentit et la revente de maisons décélère. Les courtiers hypothécaires tiennent le gouvernement Harper responsable de cette situation parce qu’Ottawa a resserré à quatre reprises les règles hypothécaires pour calmer l’endettement parfois disproportionné des ménages.
Aujourd’hui, le niveau de mises en chantier est tombé à un rythme de construction plus modeste, soit autour de 170 000 ou de 180 000, loin des années à plus de 200 000. Et les ventes chutent, notamment à Montréal, où elles ont dégringolé de 22 % en février par rapport au même mois en 2012, au plus bas niveau depuis 2009.
Pour ce qui est du pétrole, plus l’écart entre le prix de l’Alberta et le prix du WTI américain et du Brent londonien grandit, plus le Canada perd des revenus. Selon Charles Saint-Arnaud, de la firme Nomura à New York, une différence de 50 $ entre le prix de vente du baril albertain et celui qui est négocié en fonction du Brent entraîne une perte de revenus pour l’économie canadienne de 2,5 milliards de dollars par mois.
Nous en avons parlé à quelques reprises : en raison de la hausse de la production américaine et de l’absence de nouveaux oléoducs pour transporter son pétrole, l’Alberta vend son produit issu des sables bitumineux à 60 ou 70 $. C’est de 20 à 30 $ plus bas que le prix américain. C’est de 40 à 50 $ plus bas que le prix international fixé sur le Brent.
Moins de consommation, moins de profits pour les entreprises, moins de revenus pour le gouvernement. Le Canada est un pays en excellente santé financière. Mais ça n’empêche pas le ministre Flaherty de devoir trouver un équilibre à court et à moyen terme pour éviter de gaspiller cette avance.
Mais, selon les analystes Pierre Fournier et Angelo Katsoras, de la Financière Banque Nationale, il faut regarder les choses autrement. L’économie américaine connaîtra, à long terme, une croissance plus forte que tous les autres pays avancés de la planète.

Relancer une économie ravagée par une crise sans précédent depuis 1929 n’était pas de tout repos. Au final, les États-Unis ont perdu 624 000 emplois sous Barack Obama, mais il faut dire que la chute de l’emploi s’était amorcée avant son arrivée. Par rapport à la fin 2007, il y a environ 4 millions d’emplois en moins aux États-Unis.
Plus loin, l’auteur pose la question : « Que surviendra-t-il si nos économies cessent de croître? Nous le saurons bientôt parce que ce scénario est sur le point de se produire. »
Encore cette semaine, en visite en France, le premier ministre Stephen Harper a déclaré que la situation ne pouvait plus durer, les dirigeants de la zone euro doivent trouver des solutions maintenant. À l’antenne de la CBC, il a déclaré qu’on ne pouvait pas attendre l’élection grecque qui aura lieu dans moins de 10 jours pour décider du sort de la zone euro.
« Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage », a écrit le poète Nicolas Boileau. Voilà sans doute ce qui décrit le mieux le nouveau président de la République française. Son ardeur au travail, la rigueur personnelle qu’il s’est imposée pour atteindre le poste le plus élevé de son pays, sa connaissance des dossiers, son intelligence, sa vivacité d’esprit et ses objectifs clairs feront de lui un homme politique incontournable, redoutable et entêté, avec lequel les chefs européens devront négocier et adopter de nouvelles mesures pour stimuler l’économie de la zone euro.
Et puis, il y a la Grèce aussi qui obligera les dirigeants européens à se parler, à négocier et à intervenir une fois de plus. Les Grecs, dont le niveau de chômage approche 22 % et dont la récession est devenue malheureusement quasi naturelle, en ont marre de l’austérité et l’ont signifié aux partis proeuropéens lors des élections de dimanche. Ils leur ont retiré leur majorité au parlement aux profits des partis d’extrême gauche et d’extrême droite.