Billets classés sous « consommation responsable »

Le commerçant et son client

Vendredi 14 décembre 2012 à 12 h 06 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Je suis fasciné par les rouages de l’économie. Par les gens qui font et qui animent l’économie. Par les femmes et les hommes qui font en sorte que tous les jours, nous vivons, nous mangeons, nous bougeons, nous avançons, nous évoluons dans l’objectif universel d’être heureux! On est loin d’y arriver tous les jours. Être heureux, ça peut prendre toute une vie pour y arriver. Et encore! Nos petites chimies intérieures et les hauts et les bas de la vie brouillent parfois, et pour plusieurs souvent, nos desseins de bonheur, de paix et de sérénité.

Des clients font la queue à la caisse du magasin de  jouet Toys R Us à Winnipeg vendredi matin.Au Centre Laval, dans les dernières semaines, et jeudi soir lors de notre spéciale des fêtes en direct, j’ai rencontré là des gens que je connais. Je ne veux pas dire que je les connais personnellement. Mais j’ai vu des êtres humains qui m’ont fait penser à d’autres personnes que j’ai connues dans ma vie. Des gens qui travaillent souvent 6 jours semaine, des journées qui peuvent dépasser les 12 heures, des gens qui doivent sacrifier une bonne partie du temps de famille et de loisir pour gagner leur vie.

Les commerçants. Les détaillants. Vos voisins, vos frères et vos soeurs, vos amis, ces gens-là fabriquent, fournissent, vendent des biens et des services que nous achetons et que nous consommons. On le fait par besoin ou par plaisir. Ils le font par nécessité. C’est leur gagne-pain, c’est leur salaire.

Ils sont les deux tiers de l’économie. Près de 70 % du PIB au Québec, au Canada et aux États-Unis reposent sur la consommation. C’est trop? Peut-être, probablement. Le dérapage, de nos jours, si je peux me permettre d’utiliser ce mot, ce n’est pas la consommation. C’est la surconsommation! La conseillère de l’ACEF de l’Île Jésus Eduarda Freitas nous disait jeudi soir en direct à RDI qu’il y a des besoins et des désirs. Il faut obligatoirement s’occuper de l’un et espérer pouvoir combler l’autre.

Mais combler les désirs en s’endettant sans savoir comment rembourser nos cartes de crédit, c’est un aller simple vers l’enfer budgétaire! À 20% d’intérêt, les cartes de crédit peuvent vous faire plonger dans un véritable « précipice budgétaire » pour reprendre une expression à la mode ces jours-ci.

Et notre défi social, il est là. Le vice de notre modèle économique, c’est l’endettement dû à la surconsommation. C’est acheter avec de l’argent qu’on n’a pas et gonfler un peu plus chaque jour la bulle des dépenses et des dettes.

Comment fait-on pour continuer à stimuler l’économie et l’emploi, par la consommation qui, je vous le rappelle, fait vivre une majorité de nos voisins, amis et parents, tout en évitant de crouler sous les dettes et de sombrer dans les dépenses inutiles, irresponsables et contre-productives?

Le monsieur de la caverne d’Ali baba du Centre Laval m’a fait visiter sa jolie boutique jeudi soir. Une partie de sa vie, c’est ce commerce qu’il aime, dont il est fier, qu’il m’a présenté comme l’une des grandes merveilles du monde. Il m’a dit que les affaires étaient relativement bonnes.

J’ai parlé à la propriétaire d’une bijouterie qui, elle, affichait des rabais de 50 % dans sa boutique. Il y a une dizaine de bijouteries dans son petit centre commercial. La concurrence est féroce. Il y a un gros « Target » qui s’en vient au Centre Laval, ça va attirer des gens m’a-t-elle dit.

D’un côté, le commerçant, qui vit d’espoir et d’optimisme, qui attend, qui est patient, qui se doit d’être créatif, ingénieux et original. De l’autre, le consommateur, qui doit faire des choix, qui doit se raisonner, se faire un budget, respecter ses limites et éviter les pièges de l’endettement.

Entre les deux : l’économie. Le rapport social, le lien entre les humains, les besoins, les désirs. Le capitalisme dans ce qu’il y a de meilleur et de pire aussi.

Fêtes : le défi de mieux consommer!

Lundi 10 décembre 2012 à 12 h 07 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Je ne vous cacherai pas d’avoir été étonné par les résultats de ventes de la grande fin de semaine de l’Action de grâces aux États-Unis et du Black Friday, jour de soldes qui, traditionnellement, lance la grande période du magasinage des fêtes. Dans le contexte économique des États-Unis, le niveau de confiance qui est fragile et le taux de chômage qui demeure élevé, on aurait pu croire que les Américains auraient modéré leurs ardeurs à l’approche des fêtes.

Mais non. Pas du tout! Selon un sondage de la National Retail Federation, 247 millions de consommateurs ont magasiné dans les commerces et sur le web durant la grande fin de semaine de l’Action de grâces, comparativement à 226 millions en 2011. C’est une hausse de plus de 9 %. Ils ont dépensé 423 $ chacun, en moyenne, soit 6,3 % de plus qu’en 2011. Total des dépenses : 59,1 milliards de dollars.

Un foule se presse pour profiter des aubaines du Black Friday, au Mall of America, le 25 novembre 2011.Et, comme chaque année, nous avons assisté à des scènes surréalistes. Des gens, en file d’attente depuis des heures, devant des magasins, qui se précipitent, se poussent, se marchent dessus, se blessent pour atteindre les produits en solde sur les planchers des commerces qui viennent d’ouvrir, très très tôt le matin du Black Friday. C’est moins violent, disons-le, devant son écran d’ordinateur, où se font toujours un peu plus d’achats tous les ans.

Les gens consomment donc, malgré les inquiétudes, l’état de l’économie et la précarité dans laquelle plusieurs sont enfoncés. Et l’économie carbure à cette consommation! Environ 70 % de nos économies avancées s’appuient sur la consommation de toute sorte. Et pour s’assurer que l’économie ne s’effondre pas, des tonnes de possibilités ont été, de façon ingénieuse et créative, échafaudées au fil du temps pour faire en sorte que les gens ne cessent de consommer : cartes de crédit, marge de crédit, cartes-cadeaux, paiements étalés, marketing et publicités audacieuses et attractives, etc. On peut consommer, sans s’arrêter, mais tout en payant des intérêts bien sûr! Ce système ne prend pas de vacances. Il tourne à fond!

MagasinLes Canadiens ne sont pas en reste. Selon un sondage effectué par Deloitte, 65 % des gens vont acheter entre 1 et 10 cadeaux pour les fêtes. Des cartes cadeaux, de l’argent, des vêtements, des jouets, des produits électroniques. On cherche les soldes et on compare les prix. Au final : on achète! Tellement qu’on prévoit l’ouverture de 12 à 15 centres commerciaux de plus au Canada dans les prochaines années. De plus, en 2013, plusieurs chaînes américaines, dont Target, ont prévu s’installer au Canada.

Il y a de l’argent à faire… et les commerçants se battent pour attirer votre dollar et vos petites cartes de plastique! Selon un autre sondage, celui-là effectué par la BMO, les Canadiens prévoient augmenter de 15,6 % leurs achats de cadeaux en 2012. Et ils vont voyager encore plus cette année. Voici les données tirées du sondage :

Achats

2012

2011

Achats de cadeaux

674 $

583 $

Voyages

563 $

360 $

Divertissements

267 $

307 $

Autres

106 $

147 $

Dépenses du temps des fêtes au pays

Achats

TOTAL

Atl.

Qué.

Ont.

Man./Sask.

Alb.

C.-B.

Achats de cadeaux

674 $

625 $

359 $

924 $

645 $

553 $

673 $

Voyages

563 $

347 $

286 $

801 $

411 $

639 $

529 $

 
Divertissements

267 $

156 $

125 $

383 $

165 $

240 $

323 $

Autres

106 $

99 $

48 $

133 $

61 $

93 $

173 $

L’ingéniosité est au rendez-vous pour vous attirer. Selon Gerrick Johnson, analyste de jouets (vous avez bien lu…) pour BMO Marché des capitaux, « les consommateurs profiteront de nouvelles tactiques des détaillants, comme des systèmes de réservation de jouets innovateurs, des programmes de correspondance de prix plus dynamiques, la livraison le même jour des commandes en ligne et des mises de côté moins chères ».

La consommation est au cœur de notre société. Nous travaillons tous les jours pour produire des services et des biens qui sont ensuite vendus. Mais, le problème, c’est que la roue tourne toujours un peu plus vite. Et les gens s’endettent toujours un peu plus sans prendre garde aux conséquences qui sont, pour certains, désastreuses. Comment éviter les pièges de la consommation?

Ce sont des questions qu’on va se poser jeudi soir à 20 h (HNE) sur RDI. On vous présente une émission spéciale : RDI économie, édition des fêtes, émission d’une heure au cours de laquelle on va aborder quatre thèmes :

  1. Tendance : qu’est-ce qui est bon à acheter et qu’est-ce que vous devez éviter?
  2. Comment éviter les pièges de l’endettement? Mieux consommer, moins consommer?
  3. Qu’est-ce qu’on achète sur Internet? Est-ce moins cher? Qu’est-ce qu’on évite sur Internet?
  4. Et comment consommer de façon responsable? Des trucs.

Source – sondage Deloitte : http://www.deloitte.com/assets/Dcom-Canada/Local%20Assets/Documents/CB/12-2969%20CB%20Holiday%20Survey%202012_FR_FIN.pdf

Source – sondage BMO : http://nouvelles.bmo.com/press-releases/perspectives-2012-de-bmo-sur-les-depenses-du-temps-tsx-bmo-201211080832502002