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Lac-Mégantic : comment faire?

Mercredi 28 août 2013 à 15 h 06 | | Pour me joindre

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Dans la tragédie qui unit dans le deuil toute une population, chacun à son histoire pleine de détails, de souvenirs pénibles, de réconforts chaleureux et solidaires. Certaines de ces histoires sont extrêmement tragiques. D’autres racontent la peur, la peine, le deuil. Dans tous les cas, la nuit du 5 au 6 juillet restera profondément gravée dans la mémoire, le cœur et l’âme des citoyens de Lac-Mégantic. Ce ne sera jamais plus pareil…

À la vue du plan de reconstruction de la ville, il est donc normal que, dans les circonstances, les réactions soient multiples, empreintes d’espoir pour certains, troublées par la tristesse pour d’autres. L’inquiétude se mêle au désir d’avancer, de bouger, de reconstruire. Il faut aller vite, mais pas trop vite, quand même… Il ne faut pas faire les choses n’importe comment, affirment certains citoyens et acteurs de la vie économique et sociale de Lac-Mégantic.

Surtout, et c’est Pierre Paquet, directeur du comité culturel de la ville, qui pose les questions :  a-t-on bien réfléchi, a-t-on tout fait ce qu’il fallait sur les lieux de la tragédie pour décider maintenant de ce qu’il faut faire de cette partie du centre-ville?

Mais, comme le disaient Claude Charron et Antoine Leclerc, les propriétaires de la pharmacie Jean Coutu de Lac-Mégantic, à RDI économie lundi soir, il faut relancer rapidement l’économie de Lac-Mégantic. Trop d’emplois sont en jeu. L’avenir de la ville et des gens qui l’habitent dépend des décisions qui sont prises, du temps qu’il faudra pour les mettre en œuvre et de l’acceptabilité sociale.

L’une des grandes inquiétudes à Lac-Mégantic, ces jours-ci, c’est ce qu’il adviendra du moral des gens quand l’automne arrivera, que les feuilles commenceront à tomber, que la formidable programmation du Musi-Café sera terminée et que la plupart des médias auront quitté la ville. Le cratère laissé par les multiples explosions du 6 juillet sera là pour un bon moment encore.

Les gens d’affaires les plus en vue de Lac-Mégantic s’activent dans l’espoir que ce cratère-là ne s’élargisse pas davantage et qu’il ne se transforme pas en déprime économique et démographique. C’est pour ça qu’on parle d’un pôle commercial avant Noël. Pour qu’une vie commerciale reprenne, pour que des emplois soient retrouvés, pour qu’un début de semblant de normalité soit envisageable.

Le retour du train aussi est un sujet sensible. Il est envisagé que le train reprenne ses activités avant Noël aussi pour permettre aux entreprises du parc industriel de retrouver des activités normales. Quelques wagons transporteront essentiellement du bois. Il n’y aura pas de marchandises dangereuses, du moins pour l’instant. La reprise du train se fera dans le cadre d’un scénario temporaire. Une solution permanente devra être trouvée, solution qui va possiblement s’articuler autour d’un nouveau lien ferroviaire qui ne passe pas dans le centre-ville. C’est ce qu’espèrent sincèrement bien des gens.

Alors, comment bien faire les choses à Lac-Mégantic? Comment relancer l’économie rapidement sans bousculer toute une population ébranlée? Ce ne sera pas facile, c’est clair. Ce ne sera probablement pas un « sans faute ». Mais, comment faire autrement?

Le commerçant et son client

Vendredi 14 décembre 2012 à 12 h 06 | | Pour me joindre

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Je suis fasciné par les rouages de l’économie. Par les gens qui font et qui animent l’économie. Par les femmes et les hommes qui font en sorte que tous les jours, nous vivons, nous mangeons, nous bougeons, nous avançons, nous évoluons dans l’objectif universel d’être heureux! On est loin d’y arriver tous les jours. Être heureux, ça peut prendre toute une vie pour y arriver. Et encore! Nos petites chimies intérieures et les hauts et les bas de la vie brouillent parfois, et pour plusieurs souvent, nos desseins de bonheur, de paix et de sérénité.

Des clients font la queue à la caisse du magasin de  jouet Toys R Us à Winnipeg vendredi matin.Au Centre Laval, dans les dernières semaines, et jeudi soir lors de notre spéciale des fêtes en direct, j’ai rencontré là des gens que je connais. Je ne veux pas dire que je les connais personnellement. Mais j’ai vu des êtres humains qui m’ont fait penser à d’autres personnes que j’ai connues dans ma vie. Des gens qui travaillent souvent 6 jours semaine, des journées qui peuvent dépasser les 12 heures, des gens qui doivent sacrifier une bonne partie du temps de famille et de loisir pour gagner leur vie.

Les commerçants. Les détaillants. Vos voisins, vos frères et vos soeurs, vos amis, ces gens-là fabriquent, fournissent, vendent des biens et des services que nous achetons et que nous consommons. On le fait par besoin ou par plaisir. Ils le font par nécessité. C’est leur gagne-pain, c’est leur salaire.

Ils sont les deux tiers de l’économie. Près de 70 % du PIB au Québec, au Canada et aux États-Unis reposent sur la consommation. C’est trop? Peut-être, probablement. Le dérapage, de nos jours, si je peux me permettre d’utiliser ce mot, ce n’est pas la consommation. C’est la surconsommation! La conseillère de l’ACEF de l’Île Jésus Eduarda Freitas nous disait jeudi soir en direct à RDI qu’il y a des besoins et des désirs. Il faut obligatoirement s’occuper de l’un et espérer pouvoir combler l’autre.

Mais combler les désirs en s’endettant sans savoir comment rembourser nos cartes de crédit, c’est un aller simple vers l’enfer budgétaire! À 20% d’intérêt, les cartes de crédit peuvent vous faire plonger dans un véritable « précipice budgétaire » pour reprendre une expression à la mode ces jours-ci.

Et notre défi social, il est là. Le vice de notre modèle économique, c’est l’endettement dû à la surconsommation. C’est acheter avec de l’argent qu’on n’a pas et gonfler un peu plus chaque jour la bulle des dépenses et des dettes.

Comment fait-on pour continuer à stimuler l’économie et l’emploi, par la consommation qui, je vous le rappelle, fait vivre une majorité de nos voisins, amis et parents, tout en évitant de crouler sous les dettes et de sombrer dans les dépenses inutiles, irresponsables et contre-productives?

Le monsieur de la caverne d’Ali baba du Centre Laval m’a fait visiter sa jolie boutique jeudi soir. Une partie de sa vie, c’est ce commerce qu’il aime, dont il est fier, qu’il m’a présenté comme l’une des grandes merveilles du monde. Il m’a dit que les affaires étaient relativement bonnes.

J’ai parlé à la propriétaire d’une bijouterie qui, elle, affichait des rabais de 50 % dans sa boutique. Il y a une dizaine de bijouteries dans son petit centre commercial. La concurrence est féroce. Il y a un gros « Target » qui s’en vient au Centre Laval, ça va attirer des gens m’a-t-elle dit.

D’un côté, le commerçant, qui vit d’espoir et d’optimisme, qui attend, qui est patient, qui se doit d’être créatif, ingénieux et original. De l’autre, le consommateur, qui doit faire des choix, qui doit se raisonner, se faire un budget, respecter ses limites et éviter les pièges de l’endettement.

Entre les deux : l’économie. Le rapport social, le lien entre les humains, les besoins, les désirs. Le capitalisme dans ce qu’il y a de meilleur et de pire aussi.

La vraie menace pour Montréal

Vendredi 25 mai 2012 à 11 h 09 | | Pour me joindre

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Si la casse et les arrestations massives nuisent à l’économie de Montréal, il faut aussi s’intéresser à deux événements récents qui nous font comprendre que les problèmes de la métropole sont plus structurels. Les événements nocturnes des dernières semaines ont et auront un impact durant un certain temps. C’est le ministre des Finances Raymond Bachand qui nous le disait. Le maire de Montréal Gérald Tremblay s’en inquiète un peu plus tous les jours. La couverture internationale de ce qui se passe à Montréal a possiblement de quoi décourager les touristes.
 
Quartier Dix30
 
Mais l’ouverture de deux chaînes américaines de commerce de détail en banlieue de la métropole doit nous faire réfléchir à ce qui est en train de réellement se passer dans la grande région de Montréal. Les Affaires nous apprenait en février que le détaillant d’articles de cuisine William Sonoma avait choisi de s’installer à Brossard, au Quartier Dix30 pour faire son entrée au Québec.
 
Et puis, la chaîne Crate & Barrel a ouvert un premier magasin en sol québécois cette semaine. Pour ce faire, l’entreprise privée a choisi Laval, le Carrefour Laval.
 
Il n’y a pas si longtemps, ces magasins auraient choisi le centre-ville de Montréal pour s’établir, et très probablement la rue Sainte-Catherine, quelque part entre Aylmer et Crescent. Que s’est-il donc passé pour que ces détaillants à succès, à la recherche d’une clientèle de la classe moyenne élevée, choisissent Brossard et Laval, et non Montréal?
 
La réalité, c’est que les grandes banlieues qui encerclent Montréal ont réussi à créer des milieux de vie qui rendent inutiles pour ses citoyens de devoir se rendre rue Sainte-Catherine pour magasiner et pour consommer. Restaurants, salles de spectacles, divertissements, chaînes de prestige sont maintenant accessibles sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord de Montréal. Plus besoin de passer les ponts engorgés ou de payer des dizaines de dollars en stationnement au centre-ville pour avoir accès à ce qui semblait appartenir exclusivement, il n’y a pas si longtemps, aux commerces de la ville-centre.
 
L’étalement urbain, le dézonage agricole, les difficultés continuelles de financement de Montréal, la construction qui entrave continuellement les grandes artères – aujourd’hui c’est la rue Sherbrooke – ont permis aux banlieues de se développer et d’installer une offre accessible et attirante pour leur population. Et force est de constater que ça s’est fait au détriment de Montréal.
 
Aujourd’hui, Montréal est aux prises avec toutes les difficultés : pauvreté, chômage, problèmes de financement et c’est là que se concentrent tous les problèmes sociaux, toutes les contestations. Cela dit, Montréal a des forces exceptionnelles. Les chantiers de construction se multiplient, le Ritz-Carlton va rouvrir lundi, le vaste chantier du CHUM s’est mis en branle, Montréal accueille la F1 et des festivals de renommée internationale. Et des événements uniques comme C2-MTL cette semaine et le FTA depuis hier.
 
Montréal doit toutefois se battre avec Brossard, Longueuil et Laval, notamment, qui ont réussi à reproduire une bonne partie de l’offre de la ville-centre. William Sonoma et Crate & Barrel en sont une illustration qu’on ne peut ignorer.