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Ceux qui croyaient que le gouvernement comptait sur l’essoufflement de la contestation étudiante pour mettre fin au conflit qui dure depuis février ont peut-être l’impression que Québec a eu raison d’adopter une telle stratégie. L’entente conclue samedi est loin d’atteindre les objectifs pour lesquels se sont battus les chefs étudiants : pas de gratuité, pas de gel des droits de scolarité.

En réalité, les faits sont les suivants : la hausse est certaine, la compensation est incertaine. La hausse prévue et maintenue est de 1779 $ sur 7 ans en incluant dans le calcul total un niveau d’inflation de 2 ou de 2,1 %. En retour, un comité sera formé pour analyser les économies potentielles qui permettraient de réduire les frais afférents obligatoires. Ces frais atteignent en moyenne 800 $ selon le gouvernement en ce moment.

Le comité pourrait trouver des économies pour réduire les frais afférents payés actuellement ou même les annuler complètement. Ça pourrait aller jusqu’à couvrir la hausse des droits. C’est à voir…

Les fédérations étudiantes ont déterminé des économies potentielles de 189 millions de dollars. La hausse des droits d’ici 7 ans dépassera les 350 millions de dollars.

Le président de la Conférence des recteurs et des principaux du Québec Daniel Zizian a dit, pour sa part, qu’il n’y avait pas grand-chose à couper dans les universités. Et qu’il sera difficile de trouver des économies substantielles. Faut-il le rappeler : les universités se considèrent comme sous-financées. Accepter de faire des économies de 200, 500, 1000 $ ou plus dans les frais afférents ferait revenir les universités au point de départ, ou presque, d’un point de vue financier.

Cela dit, les étudiants vont sans doute faire le bilan de ce qu’ils ont obtenu durant le conflit : bonification des prêts et bourses, accessibles à un plus grand nombre de familles et étudiants, étalement de la hausse sur sept ans au lieu de cinq, comité de réflexion sur la gestion des universités, réduction à déterminer des frais afférents.

De plus, la hausse de septembre est annulée par le report de 125 $ en frais afférents à la session suivante. Sachant que des élections auront lieu au Québec d’ici l’automne 2013, il y a fort à parier que le mouvement étudiant, en acceptant l’entente de samedi, pourrait faire le calcul qu’il lui est possible de reprendre éventuellement son credo pour un gel ou la gratuité après avoir gagné un peu de temps.

Que décideront les étudiants?