Billets classés sous « Cirque du Soleil »

141011_zn7jy_manifestation-cacouna-2-corr_sn635Après des échecs retentissants, le gouvernement du Québec a décidé en 2014 de lancer un Chantier de l’acceptabilité sociale. C’est la moindre des choses à faire. Quantité de projets ont été abandonnés, charcutés, reportés à plus tard parce que les promoteurs n’ont pas pris au sérieux l’étape névralgique de l’acceptabilité sociale. Du Cirque du Soleil dans le sud-ouest de Montréal au gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, des projets économiques porteurs ont frappé le mur de la contestation sociale et citoyenne parce qu’ils étaient mal ficelés ou mal expliqués.

« Dans un contexte où les projets et les décisions publics semblent de plus en plus contestés, écrit la chercheuse Corinne Gendron, un nouvel impératif tend à s’imposer : l’acceptabilité sociale. Cette notion s’enracine dans les stratégies mises en oeuvre par les décideurs pour maîtriser une opposition qu’ils ne cherchent malheureusement pas toujours à comprendre. » Et le Québec semble en retard en matière d’acceptabilité sociale, alors que les mouvements d’opposition s’organisent avec efficacité et réussissent à déboulonner plusieurs projets.

On peut, à ce point-ci, continuer de se plaindre du pouvoir des « groupuscules » comme le font certains décideurs, frustrés qu’on leur accorde de l’attention. Ou on peut aussi se regarder dans le miroir et évaluer ce qui ne va pas et ce qui doit être fait. C’est ce que semble envisager le gouvernement du Québec en ce moment. Dans un rapport obtenu par Radio-Canada, la firme Raymond Chabot Grant Thornton propose au ministère des Ressources naturelles d’amener les promoteurs à impliquer les citoyens dès le début du projet. Ils doivent être transparents tout au cours du projet, selon les auteurs du rapport.

Le Québec doit agir. Dans un texte publié dans le magazine Communiquer – revue internationale de communication sociale et publique en novembre 2014 –, Corinne Gendron écrit que « l’acceptabilité sociale peut être lente à construire et fragile, l’inacceptabilité, une fois constatée, est difficile à renverser. [...] C’est bien en amont du projet lui-même que s’établissent les bases de l’acceptabilité sociale, à travers la construction d’une relation de confiance entre le décideur et la société civile ».

Elle propose « l’instauration de forums de dialogue » dans le cadre du concept de la « démocratie participative ». Il faut des institutions, des lieux de débat parce que « le décideur public ne peut se contenter de mobiliser le processus de la démocratie représentative pour justifier ses décisions, selon Corinne Gendron, tandis que l’entrepreneur doit mettre son projet en phase avec la vision du progrès portée par la population qui est invitée à l’accueillir. La crédibilité du décideur et l’ancrage de la décision dans le tissu social sont aujourd’hui déterminants pour que celle-ci soit acceptée, et par conséquent applicable et effective ».

Il sera toujours difficile de concilier l’exploitation de ressources fossiles et/ou non renouvelables avec le désir de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et de protéger la planète. L’acceptabilité sociale n’est pas impossible toutefois. Des compensations réelles pour les populations touchées et des investissements dans des projets de développement durable et des technologies vertes peuvent faire partie d’une entente. Pour ça, il faut de l’ouverture, des explications. Et il faut que ce soit sincère!

Alors que des fonds américain et chinois s’apprêtent à faire l’acquisition du Cirque du Soleil, l’enjeu de la protection des sièges sociaux et de la propriété québécoise revient à l’avant-plan. Les années passent et nous avons clairement l’impression que le Québec n’est pas de taille face aux géants de la planète. Au final, le Québec perd des sièges sociaux.

Pourtant, nous avons des champions. CGI, Couche-Tard et Jean Coutu sont les plus forts qui nous viennent en tête. Ce sont des sociétés nées d’entrepreneurs visionnaires – Serge Godin, Alain Bouchard, Jean Coutu – qui ont gardé le contrôle de l’actionnariat de leur société. La structure des actions de leur entreprise les protège d’une acquisition hostile d’un groupe étranger. En fait, les CGI et Couche-Tard de ce monde sont des acquéreurs, des développeurs, qui ont réalisé de nombreuses transactions à l’étranger dans les dernières décennies. CGI compte 68 000 employés, Couche-Tard emploie 75 000 personnes.

Nous avons aussi des institutions puissantes : Hydro-Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec. La Caisse est partout, sur tous les continents. Elle gère 225 milliards d’actifs et est devenue une investisseuse incontournable sur la planète.

Malgré ces succès, le Québec a tout de même perdu plusieurs chefs de file économiques dans les dernières années : Alcan, Domtar, la Bourse de Montréal, Osisko, Axcan Pharma, La Senza, Fido, pour n’en nommer que quelques-uns. La Caisse de dépôt et placement a dû intervenir pour éviter la vente de Rona à l’Américaine Lowe’s en 2012.

Des inquiétudes surgissent aujourd’hui sur la vente du Cirque du Soleil au fonds américain TPG ou la vente possible de Bombardier Transport, dont le siège officiel, il faut le préciser, est à Berlin. Et puis, qu’adviendra-t-il de SNC-Lavalin? Et est-ce que des entreprises comme Metro ou la Banque Nationale pourraient être la cible d’offres d’achat?

Le premier ministre Philippe Couillard dit qu’il ne doit pas intervenir dans des transactions entre des entreprises privées. Dans l’opposition, Stéphane Bédard dit qu’il y a assez de capitaux au Québec pour acheter le Cirque du Soleil, et François Legault est d’avis que le gouvernement a le devoir de trouver des investisseurs privés québécois qui pourraient acheter le Cirque du Soleil avec l’appui de la Caisse de dépôt.

PC_150113_mr9k8_pdmsi_caisse_depot_cdpq_sn635Honnêtement, je ne sais pas pendant combien de siècles nous allons discuter de ces questions au Québec. Est-ce que la Caisse est la solution pare-feu pour toutes les entreprises québécoises qui font face à des offres étrangères ou hostiles? Est-ce que l’État doit venir au secours des Bombardier, SNC-Lavalin et autres entreprises qui éprouvent des difficultés?

Un comité d’experts a été formé en 2013 par l’ex-ministre des Finances Nicolas Marceau pour étudier la question des sièges sociaux et soumettre des recommandations. Parmi les experts : Michel Leblanc, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Andrew Molson, de Molson Coors, et l’ancienne ministre des Finances Monique Jérôme-Forget, qu’on ne peut pas soupçonner une seconde d’avoir des allégeances péquistes.

Leurs recommandations se résument à ceci : il faut donner plus de pouvoirs aux actionnaires de long terme afin d’éviter l’intervention spéculative d’investisseurs activistes. Et il faut donner plus de pouvoir aux administrateurs afin qu’ils puissent prendre des décisions qui vont dans l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes.

Comme ce rapport n’est pas partisan et puisque le gouvernement ne propose rien à ce sujet, les ministres Daoust et Leitao ne devraient-ils pas le retirer des tablettes poussiéreuses du ministère des Finances pour en faire ou refaire une lecture et explorer les recommandations qui s’y trouvent? Les sièges sociaux sont essentiels à une économie forte, prospère, et qui rayonne. On attend quoi?

Le Cirque dans nos vies…

Jeudi 17 janvier 2013 à 13 h 52 | | Pour me joindre

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Les Québécois aiment le Cirque du Soleil et son fondateur Guy Laliberté. Avec Bombardier, CGI et Céline Dion, le Cirque du Soleil fait partie des Québécois qui ont su se tailler une place sur la scène mondiale et qui suscitent une grande fierté dans la population.

TotemDans le cas du Cirque du Soleil, les médias ont toujours démontré un grand intérêt pour le succès de Guy Laliberté. Le Cirque, c’est un joyeux mélange de créativité, d’art, d’affaires et  d’entrepreneuriat. Les images sont belles, le fondateur est spectaculaire, les caméras et les micros ont été présents à toutes les étapes de l’évolution de cette entreprise.

Mercredi, le Cirque, pour l’une des rares fois de son histoire, avait de très mauvaises nouvelles à annoncer. Près d’un employé sur 10 sera mis à la porte cet hiver, la plupart au siège social de Montréal. Guy Laliberté, le fondateur, et Daniel Lamarre, le PDG, ont rencontré les employés pour leur expliquer ce qui se passe, mais ont refusé de rencontrer les médias, laissant la directrice des communications faire les entrevues et le point de presse.

Pourquoi? Pourquoi ne pas venir expliquer aux Québécois, qui ont toujours soutenu Guy Laliberté et sa merveilleuse aventure, ce qui se passe dans le monde du Cirque?

Non seulement les médias ont été présents pour raconter les succès du Cirque, mais le gouvernement du Québec a appuyé le Cirque dès le départ. Pas besoin de vous dire que c’est votre argent qui a permis le démarrage du Cirque en 1984. Guy Laliberté était alors parvenu à convaincre le premier ministre de l’époque René Lévesque de soutenir son projet à hauteur de 1 million de dollars. On connaît la suite…

Un succès planétaire, des dizaines de spectacles, 5000 employés qui ont permis au fondateur Guy Laliberté de devenir l’un des hommes les plus riches du Québec, parmi les 500 personnes les plus fortunées du monde avec un magot évalué à 2,6 milliards de dollars.

Par respect pour ses employés, Guy Laliberté leur a parlé personnellement mercredi. Parce qu’il y a un peu de nous autres dans le génie de Guy Laliberté, n’aurait-il pas dû venir nous expliquer ce qui se passe avec cette formidable aventure?