Billets classés sous « chômage »

Les données sur l’emploi de février arrivent dans la campagne électorale au Québec comme un cheveu sur la soupe. Un gros cheveu! Le Québec a perdu 25 500 emplois nets en février par rapport au mois de janvier, ce qui représente la chute la plus importante au pays. Ailleurs au Canada, il s’est créé des emplois en Ontario et en Alberta, notamment.

Toutefois, il faut mettre ces données en perspective. Les statistiques mensuelles sont très volatiles et suscitent de plus en plus de suspicion chez les économistes.

Ainsi, les moyennes sur 3, 6 et 12 mois sont très utiles.

Voici donc les chiffres de février : 

Emplois – février 2014

  • Maritimes +4600
  • Québec -25 500
  • Ontario +6100
  • Manitoba -1700
  • Saskatchewan +1100
  • Alberta +18 800
  • Colombie-Britannique -10 400
  • Canada (total) -7000

Emplois – Québec

  • Moyenne 3 mois : -9633 emplois par mois
  • Moyenne 6 mois : +4733 emplois par mois

Emplois – Canada

  • Moyenne 3 mois : -7200 emplois par mois
  • Moyenne 6 mois : +3367 emplois par mois

Avec toutes ces données, on peut commencer à se faire une meilleure idée sur l’état de l’emploi au Québec et au Canada. Cela dit, permettez-moi de vous présenter d’autres données, qui sont peut-être encore plus fondamentales pour comprendre le marché du travail :  l’évolution de l’emploi dans les secteurs privé et public ainsi que le taux d’emploi. On va s’attarder sur les données pour l’ensemble du Canada et le Québec.

Emplois – secteur public – Québec 

  • Février : -14 500
  • Depuis 3 mois : -7200
  • Depuis 1 an : +14 800

Emplois – secteur public – Canada

  • Février : -50 700
  • Depuis 3 mois : -19 300
  • Depuis 1 an : -41 300

Emplois – secteur privé – Québec

  • Février : -13 000
  • Depuis 3 mois : -37 600
  • Depuis 1 an : -26 100

Emplois – secteur privé – Canada

  • Février : +35 200
  • Depuis 3 mois : -8600
  • Depuis 1 an : +128 500

Terminons avec le taux d’emploi. Le taux donné par Statistique Canada, c’est le nombre de personnes en emploi par rapport à la population de 15 ans et plus.

Au Québec, le taux d’emploi était de 60,5 % en février 2013, et de 60,4 % en janvier 2014. Au cours du dernier mois, en février 2014, il est tombé à 60,0 %.

Pour l’ensemble canadien, le taux d’emploi était de 62,0 % en février 2013, et de 61,6 % en janvier, puis en février 2014.

 

sources : Desjardins, Statistique Canada

C’est parti, le Québec ira aux urnes le 7 avril. L’heure est donc aux bilans.

Quel est le bilan économique du premier mandat du gouvernement Marois?

Disons, d’entrée de jeu, qu’on ne peut attribuer au seul gouvernement les forces et les faiblesses, les succès et les ratés de l’économie québécoise. Mais tous les gouvernements ont une vision, une stratégie et des priorités. Il est clair que ce cadre influe sur l’évolution économique du Québec.

Résumons le travail gouvernemental au plan économique à cinq points principaux :

  1. Un gouvernement interventionniste : La philosophie du gouvernement Marois est d’intervenir dans l’économie et d’accompagner les entreprises dans leur développement. D’une part, le gouvernement a annoncé des dizaines de subventions, prêts et crédits d’impôt aux entreprises depuis septembre dernier, mais disons que cette façon de faire a été vue aussi sous les libéraux. De façon plus fondamentale, l’interventionnisme de l’État est clairement exprimé dans la stratégie économique du gouvernement, vision exposée l’automne dernier dans ce qu’il a nommé la « Politique économique du Québec – Priorité emploi ». Cette politique se déploie sous quatre grands chapeaux qui couvrent l’ensemble de l’économie : recherche et innovation, secteur industriel, commerce extérieur et électrification des transports.
  2. Un discours pro-pétrole : L’injection de 115 millions de dollars dans l’exploration de l’île d’Anticosti est un fait marquant du mandat de 18 mois du Parti québécois. Cet investissement témoigne encore une fois de l’implication marquée du gouvernement dans les activités économiques, mais surtout de son intérêt pour l’exploitation éventuelle du pétrole. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, la première ministre Pauline Marois a déverrouillé toutes les portes menant à l’or noir. Les plus écologistes de ses ministres (Martine Ouellet, Daniel Breton, Scott McKay) se sont rangés du côté des pro-pétrole et un discours à saveur nationaliste a été mis en place pour susciter l’adhésion des Québécois à l’exploration et à une éventuelle exploitation : « nos ressources », « maîtres et prospères chez nous », « indépendance énergétique », etc.  Le gouvernement du Québec évalue à 45 milliards de dollars les retombées sur 30 ans d’une éventuelle exploitation du pétrole, une projection fragile et hasardeuse, selon plusieurs experts.
  3. Décisions économiques importantes : Dans les premiers jours de son accession au pouvoir, la première ministre Pauline Marois a annoncé la fermeture de Gentilly-2, donc la fin de l’aventure nucléaire du Québec amorcée il y a 30 ans. Aussi, le gouvernement a décidé d’annuler le prêt consenti par les libéraux à l’été 2012 à la mine Jeffrey d’Asbestos. Cette décision signale aussi la fin d’une industrie au Québec, celle de l’amiante.
  4. Déficit zéro reporté : Le ministre des Finances Nicolas Marceau a présenté son budget 2013-2014 en novembre 2012 pour deux raisons : le Parti québécois voulait mettre en place son propre budget et voulait agir rapidement pour éviter de s’exposer à une défaite lors d’un vote sur le budget à l’hiver ou au printemps 2013. Pendant un an, de l’automne 2012 à l’automne 2013, le ministre Marceau a maintenu son objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire au cours de l’exercice 2013-2014. Mais en raison d’une croissance économique plus faible et d’un niveau d’inflation anémique, le gouvernement a dû se résoudre à reporter de deux ans le déficit zéro. Il faut dire aussi que le ministre Marceau avait appuyé son objectif d’équilibrer le budget sur une prévision audacieuse de croissance des revenus de 5 %. Tout de même, le Québec ne vit pas dans un monde à part. La croissance économique en 2013 a été moins forte que prévu un peu partout en Amérique du Nord, particulièrement au Canada. Toutefois, la croissance du Québec demeure plus faible qu’ailleurs : 1,2 % en 2013 par rapport à 1,3 % pour l’Ontario; 1,8 % en 2014 par rapport à 2,2 %; et 2,1 % en 2015 par rapport à 2,7 %. De plus, selon le ministère des Finances du Québec, le PIB par habitant en Ontario demeure plus élevé qu’au Québec, de 14 %.
  5. Des relations difficiles avec le monde des affaires : Il est important de rappeler que les relations entre le gouvernement et le monde des affaires ont été difficiles dès le début. L’annonce d’une hausse de la taxation des gains en capital et d’une hausse de 7 points de pourcentage sur les revenus les plus élevés, de façon rétroactive, a provoqué une levée de boucliers chez les gens les plus nantis. De vifs échanges entre des ministres du gouvernement et des gens des milieux d’affaires ont mené à une révision complète du plan de match gouvernemental : pas de hausse de la taxation des gains en capital, hausse modérée des impôts sur les revenus les plus élevés et annulation de l’abolition de la contribution santé, modulée dorénavant en fonction des revenus.

En terminant, quelques mots sur les tendances économiques :

  • Depuis un an, le taux de chômage est passé de 7,1 à 7,5 % au Québec, mais depuis six mois, la situation s’est améliorée : le taux était à 8,1 % en juillet dernier.
  • Même constat pour le taux d’emploi. En 12 mois, il est passé de 60,7 à 60,4 %, mais il était à 59,8 % l’été dernier. La plupart des emplois créés sont à temps partiel.
  • Compte tenu de la volatilité des données mensuelles de Statistique Canada, de plus en plus d’économistes préfèrent regarder les moyennes sur de plus longues périodes. Ainsi, il s’est ajouté 47 800 emplois au Québec en 2013 en comparant la moyenne des 12 mois de l’année par rapport à la moyenne des 12 mois de 2012. Cela dit, les données de Statistiques Canada sur l’emploi du 1er janvier au 31 décembre 2013 nous donnent une création de 3900 emplois. Du 1er février 2013 au 31 janvier 2014, la hausse est de 10 000 emplois. Durant la même période, l’Ontario a ajouté 53 800 emplois et l’ensemble du Canada, 145 900 emplois.

Voilà pour le bilan. D’ici la fin de la semaine, je vais vous parler des enjeux et des défis économiques de cette campagne.

Et je vous donne rendez-vous tous les jours à 16 h 30 (HNE) dans le cadre d’une nouvelle émission que j’aurai le plaisir d’animer, Calcul électoral, ainsi qu’à 18 h 30 à RDI économie.

Légère reprise de l’emploi au Québec

Vendredi 7 février 2014 à 17 h 23 | | Pour me joindre

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C’est vrai qu’on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. Mais, en s’intéressant aux tendances, il est difficile de triturer les conclusions. Alors, pour vous permettre de vous amuser un peu en fin de semaine, voici les tendances de l’emploi au pays selon les dernières données publiées vendredi matin par Statistique Canada.

Le mois de janvier

D’abord, les données publiées au début du mois de janvier pour le bilan du mois de décembre nous ont permis de nous rappeler que les statistiques à court terme peuvent être volatiles. Statistique Canada écrit que « si l’estimation publiée est le meilleur indicateur disponible de la valeur réelle, la variation du niveau d’une estimation d’un mois à l’autre peut refléter une variation véritable ou la variabilité d’échantillonnage. » C’est bon à savoir, non?

Donc, voici les données de janvier, mais veuillez les prendre avec un grain de sel SVP!

  • Canada : +29 400 emplois
  • Québec : +12 700 emplois
  • Ontario : +6000 emplois
  • Nouveau-Brunswick : +2400 emplois
  • Alberta : +9900 emplois

Maintenant, les tendances. Ce sont celles-là qu’il faut suivre nous disent les économistes.

Voici les moyennes mensuelles sur 3, 6 et 12 mois :

3 derniers mois 

  • Canada : +3500
  • Québec : +3900
  • Ontario : – 333
  • Nouveau-Brunswick : +333
  • Alberta : +2700

6 derniers mois

  • Canada : +15 283
  • Québec : +9017
  • Ontario : +467
  • Nouveau-Brunswick :  +83
  • Alberta : +4467

12 derniers mois

  • Canada : +12 158
  • Québec : +833
  • Ontario : +4483
  • Nouveau-Brunswick : +58
  • Alberta : +5800

Conclusions :

  • la création d’emploi est modeste au Canada depuis 12 mois;
  • la création d’emplois a sérieusement ralenti au cours des 3 derniers mois au pays;
  • le Québec et l’Ontario connaissent des séquences inversées : le marché de l’emploi est en panne en Ontario depuis 6 mois, alors que le marché est en reprise au Québec depuis 6 mois.

Et si on s’intéresse à des données très fondamentales, allons donc voir le taux d’emploi. C’est le ratio du nombre d’emplois par rapport à la population totale ou encore du nombre de personnes qui travaille par rapport à l’ensemble de la population en âge de travailler. C’est cette dernière mesure qui est retenue dans les données suivantes :

  • le taux d’emploi au Canada est passé de 61,9 % à 61,6 % de janvier 2013 à janvier 2014;
  • le taux d’emploi au Québec est passé de 60,7 % à 60,4 % de janvier 2013 à janvier 2014;
  • le taux d’emploi en Ontario est passé de 61,3 % à 61 % de janvier 2013 à janvier 2014.

Donc, le taux est en baisse, en raison, selon les économistes, du découragement possible de certains travailleurs et du vieillissement de la population qui commence à se faire sentir. L’impact est plus grand au Québec. On s’arrête ici. On digère tout ça! Bonne fin de semaine, je vous parle mardi d’Ottawa au budget.

sources : Desjardins, Statistique Canada

Sombres chiffres sur l’emploi

Vendredi 10 janvier 2014 à 15 h 19 | | Pour me joindre

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En lisant les commentaires politisés, pour ne pas dire partisans dans certains cas, de tout un chacun sur Twitter, j’ai le goût de vous offrir ici des chiffres, des faits, des données claires, précises, qui vous permettront de tirer vos propres conclusions sur l’état de l’économie du Québec, du Canada, des États-Unis. Voici donc les chiffres sur l’emploi de décembre et de 2013 de Statistique Canada…

Décembre : 

Canada : -45 900 emplois (taux de chômage de 7,2 %)

Québec : -10 200 emplois (taux de chômage de 7,7 %)

Ontario : -39 300 emplois (taux de chômage de 7,9 %)

2013 :

Canada : +102 000 emplois

+19 200 emplois temps plein

+82 800 emplois temps partiel

Québec : +2100 emplois

-43 800 emplois temps plein

+45 800 emplois temps partiel

Ontario : +24 000 emplois

+29 600 emplois temps plein

-5700 emplois temps partiel

Il s’est ajouté 24 300 personnes dans la colonne des « sans-emploi » au Canada en 2013.

Important : le gouvernement du Québec élabore sa communication sur l’emploi depuis plusieurs années sur le calcul effectué par l’Institut de la statistique du Québec. Ce calcul est le suivant : on fait la moyenne du nombre d’emplois dans l’économie par mois en 2013 et on fait la différence avec la moyenne du nombre d’emplois par mois dans l’économie en 2012. Résultat : il s’est ajouté 47 800 emplois dans l’économie du Québec en 2013 selon ce calcul de l’ISQ.

Statistique Canada et les économistes du secteur privé préfèrent calculer les emplois créés et perdus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013 et regarder l’écart entre décembre 2012 et décembre 2013.

Maintenant, si on s’intéresse aux tendances, voici un autre calcul, celui de Desjardins : la croissance mensuelle moyenne de l’emploi au Québec et en Ontario :

3 derniers mois :

Québec : +10 833

Ontario : -13 400

6 derniers mois :

Québec : +2017

Ontario : -1483

12 derniers mois :

Québec : +175

Ontario : +2000

Pendant ce temps, aux États-Unis, la création d’emplois a été limitée à 74 000 en décembre. C’est largement sous les attentes. Cela dit, le temps froid a probablement perturbé le marché du travail et les heures travaillées selon les économistes, qui s’attendent à un rebond en 2014. Il s’est ajouté 2,186 millions d’emplois chez nos voisins du sud l’an dernier.

Le taux de chômage américain est tombé à 6,7 %. C’est plus faible qu’au Canada. Mais, si le Canada utilisait la même méthodologie que les Américains, notre taux de chômage affiché serait de seulement 5,8 %.

Analyse : Le Canada, le Québec et l’Ontario viennent de connaître une année décevante au chapitre de l’emploi. La croissance économique est faible, mais les économistes s’attendent à un rebond en 2014. Ces chiffres sont le reflet d’une économie qui a besoin d’un nouveau souffle. Le Canada présente des perspectives de croissance moins forte qu’aux États-Unis, ce qui fait chuter le dollar canadien. Mais, ce recul du dollar, sous la barre des 91 ¢US aujourd’hui, pourrait justement aider les manufacturiers exportateurs à rebondir en 2014.

Fait à noter : la Laurentienne nous fait remarquer que la cohorte des plus jeunes participant au marché du travail québécois  est devenue inférieure à celle des baby-boomers, c’est fait. Nécessairement, le bassin de main-d’oeuvre disponible est appelé à diminuer à moyen terme.

Alors, qu’en pensez-vous?

La Banque du Canada devrait-elle songer à réduire son taux directeur à la lumière de ces données?

Le Québec va-t-il retrouver le chemin de l’emploi en 2014 après une année décevante?

Jouer avec les chiffres…

Mercredi 13 novembre 2013 à 14 h 04 | | Pour me joindre

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La plus élémentaire des prudences quand on regarde les chiffres de l’emploi, c’est de s’intéresser aux tendances. On s’en est parlé souvent dans cette chronique, c’est comme ça que j’aborde les questions ici et à RDI économie.

Quand on a eu des mois d’emplois négatifs au Québec, on s’est intéressé à la tendance. C’est ce que j’ai fait notamment les 16 août et 20 septembre derniers. Il faut faire la même chose quand on a des mois positifs, des mois de création d’emplois. Et c’est donc en s’intéressant à la tendance qu’on doit observer les données de septembre et d’octobre pour l’emploi au Québec.

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas MarceauLe ministre des Finances du Québec Nicolas Marceau a refusé de commenter directement les données sur l’emploi lors de son passage sur notre plateau le 5 septembre dernier. Il s’est contenté de dire que le niveau d’emploi moyen pour les sept premiers mois de 2013 était supérieur au niveau moyen des sept premiers mois de 2012. La tendance, celle depuis le début de l’année, ne l’intéressait pas, encore moins les données mensuelles, trop « volatiles » disait-il avec raison.

Quelle n’a pas été ma surprise de lire le communiqué qu’il a publié le 8 novembre dernier pour se féliciter de l’ajout de 34 100 nouveaux emplois en octobre au Québec, une information qui fait en sorte que « l’économie du Québec démontre sa robustesse » selon le ministre, des données qui « constituent une démonstration évidente de la grande confiance des Québécoises et des Québécois envers leur économie et le marché du travail ».

Pourquoi commenter ces chiffres mensuels « volatiles »?

Pourquoi considérer que la donnée sur les 34 100 emplois créés en octobre est crédible, alors qu’il fallait prendre avec des pincettes, selon le ministre, celle du mois de juillet, une chute de 30 400 emplois en raison de la baisse trop prononcée selon lui de l’emploi dans le secteur de la santé?

Pourquoi reléguer au dernier paragraphe de son communiqué la donnée que le ministre mettait en évidence il y a quelques semaines à peine, celle qui compare 2013 par rapport à l’année précédente, donnée qui révèle qu’il y a 53 300 emplois de plus pour les mois de janvier à octobre 2013 comparativement aux mêmes mois de 2012?

Pourquoi? Parce que les bonnes données sont plus agréables à mettre en évidence que les mauvaises. Et si on parle des chiffres mensuels tout à coup, c’est que le gain moyen d’emplois année sur année ne cesse de se réduire parce que l’automne 2012 a été très positif au chapitre de l’emploi. Si les mois de novembre et de décembre 2013 au Québec sont moyens, non seulement le ministre ne voudra peut-être pas en parler, mais il pourrait ne plus être en mesure de mettre en valeur la comparaison 2013-2012!

Bref, comme journaliste, je peux vous dire une chose : que le ministre des Finances soit Raymond Bachand ou Nicolas Marceau, quand ça va bien, on le dit et quand ça va mal, on le dit aussi. En ce moment, la tendance, qui était négative, semble se renverser. Espérons que ça dure!

Deux poids, deux mesures, Monsieur le ministre?

L’obsession du « plein emploi »

Vendredi 4 octobre 2013 à 15 h 24 | | Pour me joindre

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Si la première ministre Pauline Marois dit que son obsession, c’est l’emploi, la sénatrice conservatrice Diane Bellemare pourrait dire, elle, que son obsession, c’est le « plein emploi »!

Diane Bellemare a été nommée au sénat par le premier ministre Stephen Harper il y a un peu plus d’un an. Mais, même si elle fait aujourd’hui de la politique, l’économiste, qu’on voyait régulièrement à RDI économie pour commenter les enjeux économiques, a conservé une libre parole. Dans un livre qui paraît ces jours-ci, Créer et partager la prospérité, publié aux Presses de l’Université du Québec, Diane Bellemare aborde avec pragmatisme les questions de protection sociale, de retraite et d’emplois, et lance des propositions qui ne représentent pas nécessairement la position du gouvernement Harper.

Elle nous annonce même que son approche s’appuie sur les principes de John Maynard Keynes, qui n’est pas du tout le préféré des conservateurs. Le Keynésianisme est favorable à l’intervention de l’État dans l’économie pour favoriser le plein emploi.

« Les idéologies alimentent les tensions et font basculer les débats dans l’irrationnel », écrit Diane Bellemare dans les premières pages de son ouvrage. Ce qu’elle annonce, dès le départ, c’est qu’il faut améliorer sensiblement « le système de rémunération », c’est-à-dire les politiques qui encadrent toutes les questions liées à l’emploi, au chômage, aux cotisations sociales, à la retraite et à la formation.

Protections sociales déficientes

« Le chômage élevé divise la société en groupes : les élus et les exclus, écrit Diane Bellemare. Ce phénomène d’exclusion pèse lourd sur les dépenses d’assistance sociale. » À son avis, il faut tout faire pour apporter une meilleure sécurité aux travailleurs et favoriser la création d’emplois et l’intégration des chômeurs et assistés sociaux au marché du travail.

« Au Canada, la protection sociale (rémunération publique) en pourcentage du PIB est inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. En 2010, elle atteint 18,6 % du PIB comparativement à 22 % pour l’ensemble des pays de l’OCDE. […] Le système de rémunération publique se présente comme un amalgame pas toujours cohérent de programmes provinciaux et fédéraux, souvent peu généreux comparativement à ceux d’autres pays industrialisés. »

De plus, 1 personne sur 2 en chômage au Canada reçoit des prestations d’assurance-emploi. Ce n’est pas acceptable dit-elle parce que le système ne tient pas compte de « l’obsolescence des compétences professionnelles ».

Pour ceux qui sont et qui restent dans le marché du travail, il faut savoir que « les nouveaux emplois se créent aux extrémités de la distribution des revenus, accentuant les inégalités de revenus alors que la moyenne des revenus réels n’augmente guère ». Elle ajoute que, de nos jours, les entreprises font « assumer aux employés davantage de risques que par le passé. Cette réalité est pourtant paradoxale. En effet, le succès des entreprises repose de plus en plus sur la qualité de leurs ressources humaines ».

La sécurité du revenu à la retraite

La sécurité du revenu à la retraite n’est pas à point selon Diane Bellemare. Il y a trop de gens pauvres à la retraite, reconnaît-elle. « Au Québec, 44 % des personnes de 65 ans et plus reçoivent le Supplément de revenu garanti comparativement à 34 % pour le Canada. » Et un peu plus du tiers seulement des Canadiens et des Québécois ont des régimes de retraite complémentaires. « Les entreprises n’ont pas rempli la mission que la société canadienne leur a confiée », écrit-elle. Il faut repenser les revenus de retraite, à son avis, en déplaçant le « pivot central » du système des régimes complémentaires vers les régimes publics que sont la Régie des rentes du Québec et le Régime de pensions du Canada.

La sénatrice Bellemare est de ceux et celles qui croient qu’il faut travailler plus longtemps et qu’on devrait « songer à établir un âge flexible pour la mise à la retraite ». Elle croit aussi que les pensions de retraite « devraient être indexées au niveau de vie courant, à la hausse comme à la baisse ». Elle est aussi d’avis qu’il faut bonifier le système de la Régie des rentes du Québec et du Régime de pensions du Canada afin qu’ils « deviennent l’épine dorsale du système de maintien du niveau de vie à la retraite ».

Solution : plein emploi

Il faut que toutes les énergies convergent vers la création d’emplois. Diane Bellemare affirme que « ce n’est pas en uniformisant les règles et en obligeant les gens à déménager à des centaines, voire à des milliers de kilomètres de leur lieu de résidence qu’on réglera le problème ». Et ce n’est pas en coupant dans l’assurance-emploi qu’on règle le problème, selon la sénatrice. Au contraire, une telle avenue crée de la pauvreté.

Le plan de match de Diane Bellemare mise beaucoup sur le « plein emploi ». Ce n’est pas le chômage zéro. Le « plein emploi », c’est de faire en sorte qu’il y ait plus de postes disponibles que de chômeurs. Bien sûr, ces chômeurs ne sont pas prêts ou formés pour pourvoir ces postes.  Mais le principe d’un système qui offre le plein emploi serait ainsi atteint. Diane Bellemare précise toutefois que « le plein emploi, c’est la possibilité d’exercer un emploi rémunéré qui est garantie par la société et non un droit à un revenu à n’importe quelle condition ».

Pour y arriver, l’État doit mettre l’emploi au cœur de ses stratégies et il faut certainement miser sur la formation continue.

« En 2010, écrit Diane Bellemare, les coûts du chômage pour le Canada et le Québec atteignent respectivement 190,1 milliards et 37,4 milliards de dollars ou 11,7 % du PIB. On peut facilement imaginer que dans un contexte de plein emploi, les gouvernements auraient moins de problèmes budgétaires. »

À lire. Excellente lecture de chevet.

La décision du gouvernement Harper de geler pour trois ans le taux de cotisation des employés et des employeurs à l’assurance-emploi signale deux choses : Ottawa poursuit inlassablement ses démarches visant à pousser les chômeurs à revenir sur le marché du travail et l’économie va peut-être mieux qu’on le pense!

Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, lors d'un point de presse à OttawaD’abord, même si la croissance a ralenti au pays, il se crée toujours des emplois, le chômage est en baisse, les ventes au détail demeurent fermes et les espoirs de reprise des exportations grandissent avec le rebond américain en cours et les signaux un peu plus encourageants en provenance d’Europe. Cela dit, pour asseoir la croissance du Canada, le ministre Flaherty cherche peut-être à stimuler l’économie en réduisant les charges fiscales des entreprises et, dans une moindre mesure, des travailleurs.

Par ailleurs, et c’est important de le souligner, le gouvernement n’essaie plus de maintenir d’importants surplus dans le compte de l’assurance-emploi. Le déficit annuel a été effacé et le déficit cumulé se réduit d’année en année, maintenant que la crise est chose du passé. De toute évidence, la décision de geler les cotisations aura pour conséquence de maintenir le compte en équilibre, rien de plus. L’objectif n’est pas d’accumuler des réserves.

Il faut dire aussi que la réforme de l’assurance-emploi, qui a provoqué beaucoup de contestations dans les régions qui comptent sur le travail saisonnier, a peut-être entraîné une réduction des prestations à verser. La croissance économique et la création d’emplois ont aussi réduit les besoins en ce qui a trait aux prestations à verser.

Deux constats :

  1. Le gouvernement va surtout soulager les petites entreprises avec sa mesure, des entreprises qui ont beaucoup de taxes à payer et qui demandent régulièrement qu’on leur donne un peu d’air. Cette annonce sera bienvenue pour elles.
  2. Ceux et celles qui souhaitent voir le gouvernement fédéral revoir ses règles afin de favoriser l’accès pour les travailleurs et les sans-emploi à la protection de l’assurance-emploi seront déçus. Ce n’est, de toute évidence, pas du tout le chemin que le gouvernement suit.

Une question importante : à la prochaine récession, aurons-nous les moyens de faire face à une montée du chômage? Faudra-t-il alors augmenter de façon considérable, d’un coup, les cotisations des uns et des autres?

Selon l’économiste Jean-Pierre Aubry du CIRANO, « avec des élections en 2015, le pire qui peut arriver pour le gouvernement Harper est un essoufflement de la croissance, de l’emploi et du PIB ».  La mesure annoncée va aider à réduire la probabilité de faire face à un tel essoufflement tout en permettant de réaliser l’équilibre budgétaire en 2015.

Il me semble qu’avant – vous savez avant notre époque qui se définit essentiellement par l’arrivée de centaines de postes de télé, par le World Wide Web et par les médias sociaux – avant, il me semble qu’on fermait les livres à la Saint-Jean et qu’on revenait en vie le lendemain de la fête du Travail. Et, encore, en juin, on se mettait en mode de ralentissement graduel et on prenait au moins deux semaines en septembre pour reprendre un rythme normal. Vous vous souvenez de cette époque?

Aujourd’hui, on est à « ON » 12 mois par année et ce n’est pas vraiment facile de se débrancher.

Alors, puisqu’il le faut, puisque l’actualité économique ne prend pas de vacances, voici cinq enjeux clés de l’économie à surveiller cet été.

  1. Les marchés : Depuis que la Réserve fédérale laisse entendre qu’elle va bientôt cesser de faire marcher frénétiquement sa planche à billets, la bourse se dégonfle ou donne des signes d’inquiétudes. Les propos de Ben Bernanke le 18 juin ont créé de la confusion : la Fed pourrait réduire son intervention dans les marchés d’ici la fin de l’année et arrêter tout ça l’été prochain. Le printemps s’est terminé sur une glissade boursière. Tous les signaux économiques et en provenance des membres de la Réserve fédérale pourraient provoquer une certaine volatilité sur les marchés financiers cet été.
  2. L’Europe : La moitié des pays sont en récession, les taux de chômage ne cessent de monter. Mais il y a quelques éclaircies, en Espagne notamment. Les dirigeants des pays en difficulté et les grandes organisations comme le FMI ont compris que l’austérité n’est pas le bon remède pour soulager les malheurs de l’économie. À surveiller donc : les projets de croissance de la France, au moment où le président Hollande est très impopulaire et que des mesures de stimulation économique lui sont réclamées. La zone euro va-t-elle s’enfoncer un peu plus encore ou verra-t-on apparaître des indices de stabilisation puis éventuellement de reprise?
  3. La Chine : Depuis plusieurs trimestres, les indicateurs économiques de la Chine sont moins forts qu’attendu. L’activité manufacturière est à son plus bas depuis neuf mois. Chaque donnée économique moins forte en provenance de la puissance émergente qu’est la Chine a un impact immédiat sur les marchés, les cours des métaux entre autres. La croissance du PIB demeure spectaculaire à 7 ou 8 %, mais la révision à la baisse des prévisions laisse entrevoir une demande moins forte pour les ressources mondiales, dont celles du Canada. À surveiller : les indicateurs économiques de la Chine vont donner le ton quant à la solidité de la reprise économique mondiale pour les années suivantes, d’autant que le premier client des Chinois, c’est l’Europe!
  4. Chez nous, la construction, les prix des maisons, la banque centrale, le dollar : Tout est lié. Nous en avons souvent parlé. L’endettement élevé des Canadiens est le premier danger pour notre économie et le nouveau gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz a été clair : la croissance doit venir des entreprises et particulièrement des exportateurs. Il sera intéressant de voir dans le communiqué de la Banque du Canada le 17 juillet si l’évocation d’une hausse éventuelle des taux d’intérêt y figurera encore. Si Stephen Poloz veut aider les exportateurs, il sera sans doute tentant pour lui de repousser le plus tard possible la hausse des taux afin de ne pas créer de pression à la hausse sur le dollar canadien. À suivre aussi : les prix des maisons, les intentions de construction, les dangers de bulle dans le secteur des condos à Toronto et à Montréal.
  5. Libre-échange : le Canada va-t-il finir par conclure un accord de libre-échange avec l’Union européenne? Et si oui, à quel prix? Quelles seront les concessions? Sinon, comment sortir de cette démarche la tête haute? À quoi pourrait ressembler un accord incomplet, mais qui serait jugé satisfaisant pour les deux parties? Il sera intéressant de surveiller aussi les premières déclarations entourant le début des négociations entre les États-Unis et l’Union européenne en juillet.

En terminant, j’ai le plaisir de partager avec vous des réflexions comme ça plusieurs fois par semaine depuis maintenant sept ans, depuis 2006. C’est un immense privilège pour deux raisons : la première, c’est de pouvoir expliquer les choses, d’avoir de la place pour le faire. Et la deuxième, c’est de pouvoir vous lire, de parler avec vous et d’échanger des idées. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes une grande partie des sujets qu’on développe au module économie. Et c’est ainsi, je pense, que l’on réussit à remplir une mission essentielle au service public : vous donner la parole.

Merci, bon été. Continuez d’écrire ici, sur ce blogue, et de partager vos idées, vos suggestions, vos réflexions.

Emplois au Québec : du contexte

Vendredi 10 mai 2013 à 16 h 37 | | Pour me joindre

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En économie, il faut souvent se décoller le nez de la fenêtre, prendre un ou deux pas de recul pour mieux comprendre ce qui se passe. Il faut du contexte. Des économistes comme Pierre Fortin ou François Delorme, Bernard Élie, Luc Godbout et j’en passe viennent régulièrement à RDI économie pour nous aider à mettre un peu de lumière sur les enjeux.

Pour notre émission spéciale du 20 mai, jour de la fête des Patriotes, de Dollard et de la Reine, nous allons vous présenter une entrevue avec l’économiste Pierre Fortin, observateur de la scène économique québécoise depuis cinq décennies. Nous sommes allés chez lui ce matin pour réaliser cette entrevue qui, je pense, va beaucoup vous intéresser.

Il m’a donné un graphique pour vous, que je reproduis ici :

Alors que le Québec voit son taux de chômage augmenter depuis le début de l’année, il est passé de 7,1 à 7,8 %, le taux d’emploi du Québec demeure encore plus élevé qu’aux États-Unis. Et l’écart qui s’était resserré avec l’Ontario ne s’est que très légèrement agrandi. Le taux d’emploi, c’est le nombre de personnes qui travaillent dans la population des 15 ans et plus.

Ainsi, selon Statistique Canada, le taux d’emploi en Ontario était de 61,2 en janvier. Il est à 61,3 en avril. Au Québec, il était à 60,7 en janvier. Il est à 60,2 aujourd’hui. On a raison de dire que le bilan québécois est moins bon que celui de l’Ontario dans les derniers mois. Mais il faudra attendre encore pour établir des tendances lourdes et évaluer si le Québec est en train de recommencer à prendre du retard sur l’Ontario.

Il s’est ajouté 44 000 emplois au Québec en avril 2013 par rapport à avril 2012. En Ontario, c’est un ajout de 71 000. La croissance économique est faible dans les deux provinces. Comme l’expliquent les économistes de Desjardins, « il faut reconnaître que depuis janvier, le bilan du marché du travail est plutôt terne. Il est vrai que sur le plan des données économiques, c’est un début d’année hésitant qui caractérise le continent nord-américain. Avril ne présente pas de surprise. […] D’ici l’été, le marché du travail devrait afficher un meilleur score que les quatre premiers mois de l’année qui se sont soldés négativement. »

Il ne faut pas amoindrir le message que nous envoient les statistiques. Comme le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty l’exprimait hier à Londres, il est à souhaiter que les pays occidentaux vont orienter leurs politiques et leurs priorités vers la croissance et l’emploi. Nous sommes largement dépendants de la croissance mondiale, surtout américaine.

 

Toutes les entreprises veulent faire des profits. C’est normal, c’est ainsi qu’on crée de la richesse, qu’on peut investir et créer de l’emploi. Une entreprise rentable et en bonne santé financière peut aussi s’ouvrir davantage à des enjeux qui sont, eux aussi, importants : le développement durable et la responsabilité sociale, par exemple.

immigration_Manitoba_baissePour les encourager, les gouvernements offrent des crédits d’impôt, des prêts, des subventions et toute une série d’avantages fiscaux. Et c’est à se demander si ce n’est pas dans la case des avantages fiscaux qu’il faut parfois placer le programme des travailleurs étrangers temporaires au Canada. Il faut bien se comprendre : quantité d’entreprises et de secteurs de l’économie, tout particulièrement le monde agricole, ont besoin de ces travailleurs pour pourvoir des postes que les gens d’ici ne veulent pas.

Mais le Globe and Mail nous apprend ce matin que 33 000 organisations (entreprises, universités, gouvernement fédéral) ont fait appel à des travailleurs étrangers temporaires dans les dernières années. Leur nombre a doublé depuis 2006 pour atteindre 338 000 l’an dernier. Pénurie de main-d’oeuvre affirment plusieurs entreprises. Et c’est vrai pour plusieurs secteurs qui peinent à dénicher les bons talents, formés, disponibles et prêts à travailler.

Toutefois, l’explosion de l’utilisation des travailleurs étrangers temporaires soulève de sérieuses questions : serait-il devenu plus avantageux de faire appel à ces travailleurs et à ce programme plutôt que de tenter de former les employés à l’intérieur des entreprises ou de faire appel au bassin de travailleurs canadiens au chômage? Et puis, on peut se demander si certaines entreprises ne font pas appel à ce programme pour former des travailleurs immigrants temporaires au Canada pour ensuite transférer les postes à l’étranger, où les coûts de main-d’oeuvre sont moins élevés?

En fait, il ne s’agit peut-être que d’une partie du problème. L’invitée de ma collègue Andrée-Anne St-Arnaud à RDI économie jeudi soir, affirmait que l’affaire de la RBC cette semaine n’est même pas liée au programme des travailleurs temporaires étrangers. « Ce sont plutôt des travailleurs étrangers qui viennent simplement être formés au Canada, affirme Me François Longré de la firme Border Ladner Gervais, pour ensuite retourner dans leur pays pour exécuter des tâches, ce qui est du point de vue juridique fondamentalement différent. Et cela fait en sorte que la situation qui avait cours entre la société en question et son sous-traitant est parfaitement légale. »

C’est légal, mais ultimement, ce sont des emplois qui sont déplacés dans le monde et qui permettent aux entreprises en question de réduire leurs coûts au détriment de l’embauche au Canada. Et, comme l’expliquait Me Longré, la délocalisation demeure bien en vogue avec la globalisation des marchés et la signature d’accords de libre-échange bilatéraux, comme l’entente que le Canada est en train de conclure avec l’Inde.

L’émergence de la sous-traitance dans les dernières décennies a aussi accentué cette tendance à l’utilisation de travailleurs étrangers et de stratagèmes liant la formation et le déplacement d’emplois dans des pays à moindres coûts.

Soyons clairs : le problème, ce ne sont pas les travailleurs étrangers qui ont le droit d’être ici et de profiter du programme qui est en place. L’enjeu, il est entre les mains du gouvernement fédéral : l’embauche de travailleurs étrangers se fait-elle au détriment des Canadiens qui veulent garder leur emploi?