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Emplois au Québec : du contexte

Vendredi 10 mai 2013 à 16 h 37 | | Pour me joindre

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En économie, il faut souvent se décoller le nez de la fenêtre, prendre un ou deux pas de recul pour mieux comprendre ce qui se passe. Il faut du contexte. Des économistes comme Pierre Fortin ou François Delorme, Bernard Élie, Luc Godbout et j’en passe viennent régulièrement à RDI économie pour nous aider à mettre un peu de lumière sur les enjeux.

Pour notre émission spéciale du 20 mai, jour de la fête des Patriotes, de Dollard et de la Reine, nous allons vous présenter une entrevue avec l’économiste Pierre Fortin, observateur de la scène économique québécoise depuis cinq décennies. Nous sommes allés chez lui ce matin pour réaliser cette entrevue qui, je pense, va beaucoup vous intéresser.

Il m’a donné un graphique pour vous, que je reproduis ici :

Alors que le Québec voit son taux de chômage augmenter depuis le début de l’année, il est passé de 7,1 à 7,8 %, le taux d’emploi du Québec demeure encore plus élevé qu’aux États-Unis. Et l’écart qui s’était resserré avec l’Ontario ne s’est que très légèrement agrandi. Le taux d’emploi, c’est le nombre de personnes qui travaillent dans la population des 15 ans et plus.

Ainsi, selon Statistique Canada, le taux d’emploi en Ontario était de 61,2 en janvier. Il est à 61,3 en avril. Au Québec, il était à 60,7 en janvier. Il est à 60,2 aujourd’hui. On a raison de dire que le bilan québécois est moins bon que celui de l’Ontario dans les derniers mois. Mais il faudra attendre encore pour établir des tendances lourdes et évaluer si le Québec est en train de recommencer à prendre du retard sur l’Ontario.

Il s’est ajouté 44 000 emplois au Québec en avril 2013 par rapport à avril 2012. En Ontario, c’est un ajout de 71 000. La croissance économique est faible dans les deux provinces. Comme l’expliquent les économistes de Desjardins, « il faut reconnaître que depuis janvier, le bilan du marché du travail est plutôt terne. Il est vrai que sur le plan des données économiques, c’est un début d’année hésitant qui caractérise le continent nord-américain. Avril ne présente pas de surprise. […] D’ici l’été, le marché du travail devrait afficher un meilleur score que les quatre premiers mois de l’année qui se sont soldés négativement. »

Il ne faut pas amoindrir le message que nous envoient les statistiques. Comme le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty l’exprimait hier à Londres, il est à souhaiter que les pays occidentaux vont orienter leurs politiques et leurs priorités vers la croissance et l’emploi. Nous sommes largement dépendants de la croissance mondiale, surtout américaine.

 

Toutes les entreprises veulent faire des profits. C’est normal, c’est ainsi qu’on crée de la richesse, qu’on peut investir et créer de l’emploi. Une entreprise rentable et en bonne santé financière peut aussi s’ouvrir davantage à des enjeux qui sont, eux aussi, importants : le développement durable et la responsabilité sociale, par exemple.

immigration_Manitoba_baissePour les encourager, les gouvernements offrent des crédits d’impôt, des prêts, des subventions et toute une série d’avantages fiscaux. Et c’est à se demander si ce n’est pas dans la case des avantages fiscaux qu’il faut parfois placer le programme des travailleurs étrangers temporaires au Canada. Il faut bien se comprendre : quantité d’entreprises et de secteurs de l’économie, tout particulièrement le monde agricole, ont besoin de ces travailleurs pour pourvoir des postes que les gens d’ici ne veulent pas.

Mais le Globe and Mail nous apprend ce matin que 33 000 organisations (entreprises, universités, gouvernement fédéral) ont fait appel à des travailleurs étrangers temporaires dans les dernières années. Leur nombre a doublé depuis 2006 pour atteindre 338 000 l’an dernier. Pénurie de main-d’oeuvre affirment plusieurs entreprises. Et c’est vrai pour plusieurs secteurs qui peinent à dénicher les bons talents, formés, disponibles et prêts à travailler.

Toutefois, l’explosion de l’utilisation des travailleurs étrangers temporaires soulève de sérieuses questions : serait-il devenu plus avantageux de faire appel à ces travailleurs et à ce programme plutôt que de tenter de former les employés à l’intérieur des entreprises ou de faire appel au bassin de travailleurs canadiens au chômage? Et puis, on peut se demander si certaines entreprises ne font pas appel à ce programme pour former des travailleurs immigrants temporaires au Canada pour ensuite transférer les postes à l’étranger, où les coûts de main-d’oeuvre sont moins élevés?

En fait, il ne s’agit peut-être que d’une partie du problème. L’invitée de ma collègue Andrée-Anne St-Arnaud à RDI économie jeudi soir, affirmait que l’affaire de la RBC cette semaine n’est même pas liée au programme des travailleurs temporaires étrangers. « Ce sont plutôt des travailleurs étrangers qui viennent simplement être formés au Canada, affirme Me François Longré de la firme Border Ladner Gervais, pour ensuite retourner dans leur pays pour exécuter des tâches, ce qui est du point de vue juridique fondamentalement différent. Et cela fait en sorte que la situation qui avait cours entre la société en question et son sous-traitant est parfaitement légale. »

C’est légal, mais ultimement, ce sont des emplois qui sont déplacés dans le monde et qui permettent aux entreprises en question de réduire leurs coûts au détriment de l’embauche au Canada. Et, comme l’expliquait Me Longré, la délocalisation demeure bien en vogue avec la globalisation des marchés et la signature d’accords de libre-échange bilatéraux, comme l’entente que le Canada est en train de conclure avec l’Inde.

L’émergence de la sous-traitance dans les dernières décennies a aussi accentué cette tendance à l’utilisation de travailleurs étrangers et de stratagèmes liant la formation et le déplacement d’emplois dans des pays à moindres coûts.

Soyons clairs : le problème, ce ne sont pas les travailleurs étrangers qui ont le droit d’être ici et de profiter du programme qui est en place. L’enjeu, il est entre les mains du gouvernement fédéral : l’embauche de travailleurs étrangers se fait-elle au détriment des Canadiens qui veulent garder leur emploi?

Obama : présider un pays en crise

Lundi 21 janvier 2013 à 12 h 55 | | Pour me joindre

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Le premier mandat de Barack Obama aura été marqué par des mois d’angoisse pour des millions d’Américains, puisque s’est étirée jusqu’à l’été 2009 la pire récession aux États-Unis depuis la Grande Dépression des années 30. L’essentiel des quatre ans du président Obama aura été consacré à des stratégies de relance de l’économie.

Le président américain Barack Obama

Mais le travail a été ardu. Et les résultats, mitigés. Dans un contexte où la Chambre des représentants était dominée par les républicains, il a été difficile pour le président de mettre en œuvre le plan de relance qu’il souhaitait adopter. Il a dû faire des compromis et, à couper la poire en deux chaque fois, on est arrivé à des résultats en demi-teinte.

 

Ce mandat a été marqué aussi par deux conflits politiques majeurs : celui sur le relèvement du plafond de la dette, qui a mené à la décote de la dette du pays. Et puis, celui appelé le « précipice budgétaire », un péril qui allait survenir le 1er janvier 2013 si républicains et démocrates ne s’entendaient pas sur de nouvelles mesures budgétaires. Une entente a été conclue, mais ce dossier est loin d’être réglé. Des accords doivent survenir sur les dépenses à couper et sur le plafond de la dette.

En fait, soyons francs et clairs : les États-Unis travaillent encore à leur sortie de crise. La Réserve fédérale imprime par milliards des billets en rachetant des bons du Trésor américain, question de stimuler le marché obligataire, de maintenir un haut niveau de liquidité et d’assurer un accès normal au crédit pour les banques, les entreprises et les individus.

Plusieurs craignent un emballement inflationniste avec cette injection monétaire massive. Théoriquement, ils ont raison. Mais, comme l’explique souvent Paul Krugman du New York Times, l’économie américaine est encore dans un état de dépression. Ou, du moins, elle en sort à peine. Que ce mot décrive une situation bien réelle ou qu’il en exagère la réalité, il n’en demeure pas moins que les troubles inflationnistes potentiels semblent bien mineurs à côté des problèmes fondamentaux qui affligent l’économie américaine.

Le chômage est au même point, quatre ans plus tard. Des millions d’emplois perdus n’ont pas été remplacés. Le revenu moyen des ménages a baissé, comme la valeur de leur patrimoine immobilier. Le chemin est encore long pour une reprise économique durable et le retour à une croissance forte et stable dans le pays le plus riche du monde.

Souhaitons, pour l’Américain moyen, que les décideurs à Washington sachent adopter les mesures nécessaires qui assureront leur prospérité, leur protection et leur bonheur. Et, comme c’est important de le rappeler, et comme il l’a rappelé lui-même dans son discours d’assermentation : une société plus verte. Le défi écologique est le défi économique du 21e siècle. Et, alors qu’il doit remettre sur ses rails l’économie de son pays, le président Barack Obama doit aussi orchestrer un plan de match crédible et ambitieux pour réduire de façon importante les émissions de gaz à effet de serre.

D’entrée de jeu, permettez-moi de vous souhaiter une bonne année 2013 : du bonheur, de l’amour, de la paix et du succès! De la sérénité afin que chacun, peu importe sa situation, puisse mieux vivre, plus calmement, sans manquer de rien.

Cette année s’amorce avec deux nouvelles encourageantes.

D’abord, des avancées pour éviter le précipice budgétaire aux États-Unis, ce qui aurait pu avoir un impact économique majeur. Plus de peur que de mal finalement! Et puis, un règlement dans la LNH. Cela permettra à des milliers de personnes de retrouver des emplois perdus par ce conflit de travail opposant de riches joueurs à de riches propriétaires, et qui s’étirait…

Surtout, le bilan de 2012 est très appréciable au chapitre de l’emploi. Les changements imposés par le gouvernement Harper à l’assurance-emploi vont bouleverser la vie de milliers de travailleurs et de leur famille, c’est certain. Mais les dernières statistiques confirment une amélioration générale de la situation économique au pays, surtout au Québec.

Ainsi, après la perte de 51 000 emplois en 2011, le Québec a rebondi au cours de la dernière année en ajoutant 138 000 emplois. Le taux de chômage a baissé, les taux d’emploi et d’activité ont augmenté.

Dans les bonnes nouvelles, notons l’ajout de 128 000 emplois dans la région métropolitaine de Montréal, stimulée en particulier par un faible taux de chômage en Montérégie à 6,1 %. Aussi, la presque totalité des emplois créés au cours de la dernière année ont été à temps plein.

 

Les régions championnes en terme de faible chômage :

  • Chaudière-Appalaches : 4,6 %
  • Capitale-Nationale : 4,9 %
  • Montérégie : 6,1 %
  • Côte-Nord et Nord-du-Québec : 6,3 %
  • Laurentides : 6,5 %
  • Abitibi-Témiscamingue : 6,7 %
  • Bas-Saint-Laurent : 6,8 %

 

Les régions autour de la moyenne :

  • Centre-du-Québec : 7,1 %
  • Outaouais : 7,2 %
  • Lanaudière : 7,2 %

 

Les régions où le taux de chômage a monté en 2012 :

  • Laval : 7,4 %
  • Estrie : 7,9 %
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean : 9,4 %
  • Montréal : 10,1 %
  • Mauricie : 10,5 %
  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 14,6 %

 

Cela dit, les économistes sont d’avis que la situation ne va pas perdurer. Parlant pour l’ensemble du Canada, l’économiste Matthieu Arseneau de la Nationale affirmait vendredi qu’il demeure « sceptique quant à la durabilité de ces gains en raison de la volatilité des données sur l’emploi ».

Chez Desjardins, l’économiste Joëlle Noreau disait ceci : « Bien que les données économiques s’améliorent au sud de la frontière, les préoccupations entourant le contexte budgétaire laissent encore bien des inquiétudes quant à la performance de l’économie américaine cette année. Ce climat de tension amènera bien des hésitations chez les employeurs qui préféreront peut-être jouer de prudence dans les premiers mois de 2013 en limitant à la fois les investissements et les embauches. »

Une fois de plus, ce début d’année s’amorce sur une série de doutes, qui laissent croire qu’une croissance durable et soutenable peut s’installer, mais les risques demeurent assez nombreux pour faire dérailler, encore une fois, ce qui peut ressembler à une reprise. N’est-ce pas très prudent comme projection pour 2013?

Obama : un bilan mitigé

Vendredi 2 novembre 2012 à 11 h 20 | | Pour me joindre

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Si on ne fait que regarder les chiffres, ils ne sont pas très bons. Mais si vous me permettez une image tirée tout droit du baseball, Barack Obama est arrivé au pouvoir début 2009, comme s’il arrivait au milieu de la septième manche et que c’était 6-0 pour l’autre équipe! Vous comprendrez que la pente était raide à remonter!

Le président sortant Barack Obama répond aux questions des citoyens américains lors du deuxième débat télévisé. Relancer une économie ravagée par une crise sans précédent depuis 1929 n’était pas de tout repos. Au final, les États-Unis ont perdu 624 000 emplois sous Barack Obama, mais il faut dire que la chute de l’emploi s’était amorcée avant son arrivée. Par rapport à la fin 2007, il y a environ 4 millions d’emplois en moins aux États-Unis.

La reprise du marché du travail n’a pas été à la hauteur des attentes des Américains. Depuis la crise de 1929, jamais un président n’a affiché un bilan aussi négatif. Même le rebond de 171 000 emplois du mois d’octobre, qui pourrait rassurer le président Obama, ne change pas la donne. Il en faut plus pour se convaincre d’une reprise durable.

  • Emplois : -624 000
  • Déficit : 1100 milliards $ (+151 %)
  • Dette : 70 % du PIB (c’était 35 % en 2009)
  • Croissance annuelle moyenne : 0,7 % (3,1 % depuis 1953)
  • Revenu médian : 50 678 $ (+0,2 %)
  • Pouvoir d’achat pour le ménage médian : -8,2 %
  • Décote de la dette du pays par Standard and Poors à AA
  • Sources : Desjardins, Bloomberg Business Week

Cela dit, le mandat du président se termine tout de même sur une note d’espoir. La hausse de l’emploi est plus forte qu’attendu et dépasse la moyenne mensuelle des deux dernières années. De plus, le marché immobilier semble être en reprise et la confiance des Américains est à son plus haut en cinq ans. Il y a là des signaux encourageants.

Et, il faut le dire, après la chute spectaculaire des marchés, ce qui a le plus profité des investissements publics et de l’intervention massive de la Réserve fédérale dans le marché obligataire, c’est la bourse! Le S&P 500 a repris environ 70 % de sa valeur depuis son creux de 2009.

Lundi : les perspectives économiques, ainsi que les programmes de Barack Obama et de Mitt Romney.

Syndiqués, retraités, chômeurs, le monde du travail est en complète transformation au Canada. Le gouvernement Harper, majoritaire depuis un an, instaure de nouvelles règles qui sont en train de modifier en profondeur la relation entre l’État et les citoyens. Le rôle du gouvernement est revu, et tout cela a et aura un impact fondamental dans la vie des Canadiens.

Moins bien payés

Assurance-emploi

La semaine dernière, la ministre des Ressources humaines Diane Finley a annoncé les nouvelles règles régissant l’assurance-emploi. Dorénavant, les chômeurs devront se trouver un emploi plus rapidement, accepter des emplois moins rémunérateurs, sinon leur prestation sera réduite. Les travailleurs saisonniers sont les plus touchés par cette nouvelle gestion de l’assurance-emploi.

 Les chômeurs fréquents, ceux qui travaillent intensément quelques semaines et qui doivent réclamer régulièrement le soutien de l’assurance-emploi entre les saisons, auront six semaines pour se trouver un nouvel emploi au même salaire. S’ils n’y arrivent pas, ils devront accepter un poste dit « comparable » qui pourrait descendre à 70 % de leur rémunération.

Les chômeurs fréquents devront ainsi accepter un poste moins rémunérateur, se trouvant à une heure ou moins de leur domicile. Le Globe and Mail souligne que cet aspect s’avère problématique. Certaines villes, où le chômage est élevé, sont à plus d’une heure d’une autre ville. C’est le cas de Grand Falls-Windsor à Terre-Neuve-et-Labrador. Elle se trouve à 95 kilomètres de Gander. Le taux de chômage à Grand Falls-Windsor est de 21,1 %. Même scénario à Campbellton dans le nord du Nouveau-Brunswick, à 2 heures de Miramichi. Le chômage est tout près de la barre de 20 % dans la région.

Et, honnêtement, que feront les pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine?

Dans les provinces de l’Atlantique d’ailleurs, les chômeurs fréquents représentent de 56 à 80 % de tous ceux qui doivent réclamer un soutien de l’assurance-emploi. C’est un changement extrêmement important que les nouvelles règles viendront imposer.

La pension, plus tard

L’autre réforme, qui se terminera à la fin des années 2020, c’est celle de la hausse de l’âge prévu pour recevoir un premier chèque de pension, un chèque de la Sécurité de la vieillesse. De 2023 à 2029, l’âge de la retraite va passer de 65 à 67 ans.

Si vous avez 50 ans aujourd’hui, vous n’aurez pas droit à la Sécurité de la vieillesse à 65 ans comme vous l’avez toujours cru. Ce sera à 67 ans. Cette décision aura un impact sur les finances publiques des provinces qui devront soutenir financièrement un nombre important de personnes pour deux années supplémentaires. Cette décision fera en sorte également que les citoyens devront travailler deux années de plus avant de pouvoir retirer les premières sommes de la Sécurité de la vieillesse.

Les plus démunis, et ils sont nombreux, n’auront droit au Supplément de revenu garanti qu’à 67 ans également. Ces changements, bien qu’on ait le temps de les voir venir et s’installer, auront des conséquences importantes sur des millions de Canadiens.

Lois spéciales

Des travailleurs du Canadien Pacifique, membres du syndicat des Teamsters Canada, ont organisé un piquet de grève à l’entrée du dépôt de rails près de l’avenue Jarvis, à côté du McPhillips Sation Casino.

Et l’autre transformation qui s’opère au Canada, mais qui ne fait pas l’objet d’une mesure budgétaire, c’est l’intervention du gouvernement Harper dans certains conflits de travail. Invoquant la protection de l’économie, le gouvernement a décidé d’imposer des lois spéciales pour mettre fin à des conflits. Il l’a fait à Air Canada, à Postes Canada et se prépare à le faire au Canadien Pacifique, où 4800 travailleurs sont en grève depuis la semaine dernière.

Ce conflit ralentit le transport de grains dans l’ouest du pays et le transport de passagers en Ontario. La possibilité de voir Ottawa déposer une loi spéciale n’a pas favorisé la négociation selon le syndicat, qui accuse la partie patronale de n’avoir jamais négocié de bonne foi. Les négociations sont rompues. Le CP attend la loi spéciale, selon les travailleurs.

Tout compte fait, le monde change rapidement sous les conservateurs majoritaires pour plusieurs travailleurs syndiqués, dont le pouvoir de négociation s’éteint sous le feu d’une loi spéciale, pour les chômeurs, dont le rythme des saisons prendra bientôt une nouvelle forme, et pour les futurs retraités, qui devront attendre deux années de plus avant d’avoir droit au soutien gouvernemental pour leurs vieux jours. Ce sont des transformations qui ne sont pas mineures, loin de là, qui changent ce pays et la vie de ses citoyens.

Un monde de précarité…

Mercredi 23 mai 2012 à 12 h 00 | | Pour me joindre

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D’ici 2016, le niveau de chômage dans le monde ne devrait pas baisser chez les jeunes selon l’OIT, l’Organisation internationale du travail. Le taux de chômage des 15-24 ans devrait légèrement augmenter à 12,7 % en 2012, et ça devrait demeurer ainsi pour plusieurs années.

L’OCDE attirait aussi l’attention sur la situation des jeunes il y a quelques jours en appelant le G20 à s’intéresser en priorité à leur niveau d’emploi. « Près de 11 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient sans emploi dans les pays de l’OCDE début 2012. Dans la zone de l’OCDE, le taux de chômage des jeunes s’élevait à 17,1 % en mars 2012, un niveau proche du record de 18,3 % atteint en novembre 2009. » Le taux de chômage des jeunes est environ trois fois celui de la moyenne.

En Espagne et en Grèce, le taux de chômage chez les moins de 25 ans dépasse maintenant 51 % en raison de la récession qui perdure, des mesures d’austérité qui aggravent la situation et de la crise de la dette qui ne trouve pas de solutions durables. En mars 2007, le taux de chômage des jeunes Espagnols était de 17,7 %. C’est vous dire la détérioration de la situation.

Derrière ces chiffres, s’annonce une précarisation malheureusement durable de l’emploi. Selon l’OIT, « le recours aux contrats temporaires pour les jeunes travailleurs a pratiquement doublé depuis que la crise économique a éclaté. [...] Entre 2008 et 2011, la part des contrats temporaires parmi les jeunes employés — âgés de 15 à 24 ans — a augmenté de 0,9 point de pourcentage par an, après une hausse annuelle de 0,5 point sur la période 2000-2008. [...] Plus d’un jeune sur trois affirme ne pas pouvoir trouver d’emploi permanent. »

Et la hausse de l’emploi à temps partiel chez les jeunes est particulièrement rapide, selon l’OIT, en Australie, au Japon, en Nouvelle-Zélande et… au Canada.

Taux de chômage des jeunes dans les pays de l’OCDE, décembre 2007-mars 2012
Pourcentage du total de la main-d’oeuvre jeune (15-24)

source : OCDE

Québec : brouillard statistique

Vendredi 17 février 2012 à 13 h 43 | | Pour me joindre

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L’économiste en chef de Valeurs mobilières Banque Laurentienne nous a écrit il y a quelques jours pour nous parler de l’économie et de l’emploi au Québec. Alors que Statistique Canada rapporte la suppression nette de plus de 50 000 emplois en 2011 au Québec, avec une tendance négative depuis juin et des pertes marquées dans les trois derniers mois de l’année, plusieurs économistes se demandent pourquoi les autres données économiques sont toujours en croissance.

Dans son courriel, Carlos Leitao écrit ceci : « Si les pertes d’emplois au Québec depuis juillet 2011 ont été « massives », la pire séquence en fait depuis la récession de 1981 selon Statistique Canada, alors comment expliqué que les ventes d’autos aient connu un bon rebond depuis juillet 2011, et que dans les faits ne diffèrent pas de la tendance canadienne? »

Il termine en disant que « les données sur l’emploi ne cadrent pas avec les autres indicateurs économiques ». Ça ne veut pas dire que le marché de l’emploi est robuste au Québec. Ce n’est nettement pas le cas. Mais on ne peut pas dire non plus que c’est désastreux!

Ce graphique appuie l’analyse de Carlos Leitao. Pendant que l’emploi chute (ligne bleue), les ventes d’autos bondissent (ligne rouge)…

Austérité = chômage

Mercredi 1 février 2012 à 13 h 36 | | Pour me joindre

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Voici un graphique. Il vient du site zerohedge.com, repris par le Globe and Mail mercredi matin. Vous avez là le taux de chômage des 16-24 ans en Europe. On est à plus de 50 % en Espagne (50 % oui…), on approche ce niveau en Grèce. Le Portugal est à 30 %, la zone euro, à 20 %.

Ma question est très simple : comment peut-on augmenter les taxes et les impôts, et miser sur l’austérité, quand la récession s’étend dans plusieurs endroits en Europe et que les niveaux de chômage sont si élevés?

 

 

 

 

 

Dans les entrevues qu’il a accordées à CBC et à Radio-Canada, Stephen Harper est demeuré fidèle à son plan de match : il y aura des compressions dans le secteur public, dans le cadre d’une vaste révision des dépenses. C’est une question de rigueur budgétaire et c’est ce qu’avaient annoncé nettement les conservateurs. Et, selon lui, c’est dans l’intérêt de l’économie canadienne.
 
En anglais, dans l’entrevue menée par Peter Mansbridge, Stephen Harper a dit qu’il fallait que les travailleurs de la fonction publique contribuent davantage à leur fonds de retraite.
 
Cela dit, avec les compressions prévues et la hausse des cotisations pour les employés du secteur public qui sera peut-être annoncée, on peut se demander si l’économie canadienne va en souffrir. Plus de 282 000 personnes travaillent pour l’État. Ils seront nécessairement touchés, de près ou de loin, par ces coupes.
 
Le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty a paru plus prudent à CTV hier soir compte tenu de la situation économique mondiale. « Je crois que les Canadiens [...] s’attendent à ce que nous soyons prudents, a-t-il dit, à ce qu’on revienne à des budgets équilibrés, mais qu’on ait une approche équilibrée aussi à ce propos parce que nous devons en même temps encourager la création d’emplois et la croissance économique. On ne peut pas avoir une approche d’austérité. »
 
Dans son communiqué ce matin, la Banque du Canada écrit que la croissance sera moins forte que prévu au pays. « Le taux de croissance projeté pour la période à venir est plus modeste qu’envisagé précédemment, en raison surtout de la conjoncture extérieure, selon la Banque. [...] Par contre, on s’attend à ce que les conditions financières très avantageuses soutiennent les dépenses de consommation et l’activité dans le secteur du logement. Les dépenses des ménages devraient rester élevées par rapport au PIB, et le ratio de la dette au revenu des ménages, augmenter davantage. »
 
Donc, la Banque est d’avis que la reprise sera plus rapide que prévu, à l’été 2013 plutôt qu’en fin d’année. L’économie canadienne résiste, résistera selon Stephen Harper et Mark Carney. En fait, le Canada semble se démarquer à tous les points de vue.
 
Au chapitre des notes de crédit, le Canada fait dorénavant partie d’un club sélect de notation AAA. Avec l’Australie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, Singapour et le Liechtenstein, le Canada a une note parfaite parmi toutes les agences de notation. La France, les États-Unis, l’Autriche et la Nouvelle-Zélande ont vu leur note être abaissée par une ou deux agences, mais conservent leur AAA avec Moody’s notamment.
 
Pour ce qui est du chômage, le Canada fait également bonne figure parmi les membres de l’OCDE. Le taux de chômage au pays est de 7,5 %, le même niveau que la moyenne du G7, sous la moyenne de l’OCDE (8,2 %), de l’Union européenne (9,8 %) et de la zone euro (10,3 %).
 
Ottawa peut-il se reposer sur ces relatives bonnes conditions économiques pour aller de l’avant, tout de même, avec son plan de compressions dans l’objectif de revenir à l’équilibre en 2015?