Billets classés sous « Chine »

Reportage absolument épatant dimanche soir à 60 minutes sur CBS à propos du développement immobilier de la Chine. La mythique émission américaine dresse un portrait fascinant d’une femme du nom de Zhang Xin, qui s’est spécialisée dans le développement d’immeubles de bureaux.

Elle est milliardaire : 3,6 milliards de dollars, c’est sa fortune. Elle est au 15e rang à ce chapitre en Chine. Elle au 376e rang du dernier classement des milliardaires de la planète de Forbes.

Le China World Trade Center, à Pékin, par temps clairEn raison des craintes réelles de voir éclater une bulle immobilière en Chine, Zhang Xin explique qu’elle est très prudente et qu’elle concentre ses activités sur Pékin et Shanghai. « Le développement de la propriété résidentielle en Chine est vraiment arrivé à sa fin, explique-t-elle à 60 minutes. […] Je pense que dans le détail, les centres commerciaux, il y a une offre excédentaire. Mais les bureaux, c’est le seul secteur qui va bien. »

C’est une femme simple, accessible, qui vient d’un milieu pauvre et difficile, devenue aujourd’hui une vedette en Chine, une femme acclamée comme une star d’Hollywood. Voyez le reportage ici, c’est très intéressant.

Et quand Zhang Xin dit que c’est fini pour le marché résidentiel, voyez pourquoi ici. Des milliers de tours et de quartiers résidentiels, des villes entières construites et non habitées. L’éclatement d’une bulle immobilière et une crise de la dette sont à craindre nous disent des experts dans le reportage.

Avec ce développement inconsidéré, où les prix des maisons sont hors de portée pour la vaste majorité des Chinois, le gouvernement vient d’annoncer une hausse de la mise de départ requise et des taux d’intérêt pour l’achat d’une seconde propriété toujours dans le but de ralentir le marché.

Pékin prévoit aussi imposer une taxe de 20 % sur le bénéfice encaissé à la vente d’une propriété ou encore une taxe de 1 à 3 % sur le prix de vente. Ainsi, une maison, achetée 100 millions de yuans, vendue à 200 millions de yuans, entraînerait une taxe de 20 millions de yuans. En ce moment, c’est entre 2 et 6 millions de yuans. Un million de yuans = 163 000 $CA.

Le gouvernement veut éviter une crise sociale. Pékin doit maîtriser les attentes de sa population qui sont immenses. Il y a ceux et celles qui veulent accéder à un meilleur niveau de vie, mais qui n’y arrivent pas en raison des prix trop élevés. Il y a ceux et celles qui se sont lancés dans le développement et l’acquisition de propriétés et qui n’accepteraient pas de voir s’effondrer la valeur de leurs avoirs et de leurs investissements.

Il n’est pas simple pour les gouvernements au Canada d’attirer des entreprises qui veulent investir et maintenir ici des activités lucratives, créatrices de richesse et d’emplois. Pour y arriver, ils jouent fort sur la fiscalité : baisses d’impôts, crédits d’impôt, prêts sans intérêt, etc.

La première ministre du Québec, Pauline Marois, dans les studios de Framestore à LondresUn bel exemple : au moment où la première ministre Pauline Marois était à Londres, son gouvernement a annoncé l’octroi d’un prêt sans intérêt de 900 000 $ sur 5 ans à la société britannique Framestore pour l’encourager à ouvrir un studio d’effets spéciaux cinématographiques à Montréal, investissement prévu de 6 millions de dollars. Au total, 200 emplois seront créés. De généreux crédits d’impôt sont offerts à l’entreprise. Sans ces avantages, Framestore aurait choisi Toronto, Vancouver ou une ville asiatique.

C’est ainsi que se joue le jeu de la concurrence en ce moment : une grande part de la compétitivité repose sur le contexte fiscal. Le développement des marchés émergents, en particulier la Chine, a exercé une forte pression sur la fiscalité des entreprises dans les pays occidentaux au cours de la dernière décennie.

Aujourd’hui, on constate que la hausse des coûts de main d’œuvre en Chine et les prix élevés de l’énergie donnent une chance à des villes, des provinces et des États d’attirer des entreprises pour qu’elles investissent sur leur territoire. Pour y arriver, encore là, on joue fort sur la fiscalité. On se montre généralement très généreux.

Tellement, qu’on arrive aujourd’hui à un constat qui suscite de vifs débats : les entreprises paient de moins en moins d’impôts. En fait, le taux d’imposition des sociétés au Canada est passé de 40 à 15 % en 50 ans au Canada. Il a été coupé de moitié pratiquement depuis 2000.

Et dans un monde économique incertain, quantité d’entreprises n’ont pas profité de ces baisses d’impôts pour investir, améliorer leur production ou créer des emplois. Ils dorment sur leurs liquidités comme le disait récemment le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney.

Selon le Congrès du Travail du Canada, qui représente 3,3 millions de membres au pays, les liquidités des entreprises sont passées de 187 milliards à 575 milliards de dollars de 2001 à 2011. Le syndicat affirme que ces entreprises en profitent aussi pour investir… dans la rémunération de leur PDG.

Le Congrès du Travail du Canada a aussi déterminé que la journée d’affranchissement des impôts des entreprises canadiennes est le 30 janvier, cette année. Autrement dit, les revenus moyens des entreprises à cette date équivalent au total de leurs impôts à payer pour l’ensemble de l’année. L’Institut Fraser fait ce calcul toutes les années pour les contribuables. Généralement, ce jour d’affranchissement arrive en juin pour les individus.

2 questions :

  • Peut-on demander aux entreprises de payer plus d’impôts dans un contexte extrêmement concurrentiel et compétitif?
  • Est-il acceptable d’offrir des conditions fiscales aussi avantageuses pour les entreprises si, en retour, elles n’investissent pas suffisamment, dans l’économie? 

Dans l’indifférence…

Mercredi 5 décembre 2012 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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Sentez-vous une urgence à répondre efficacement au défi écologique?

Alors qu’on nous annonce à Doha, où se tient la 18e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, que la température moyenne mondiale va grimper de 5 degrés Celsius d’ici 2100, les grands enjeux au cœur des discussions des dirigeants mondiaux ne font qu’effleurer les questions écologiques. À raison, diront certains, compte tenu de l’ampleur des problèmes économiques et financiers. À tort, diront d’autres, compte tenu de l’importance des questions environnementales pour l’avenir de la planète.

Conférence sur le climat à DohaEn Europe, tous les yeux sont tournés sur ces gouvernements qui ont du mal à contrôler leurs finances publiques, qui plongent un peu plus chaque trimestre dans la récession et qui provoquent de vifs débats sur l’avenir de la zone euro.

Aux États-Unis, on ne parle plus que du précipice budgétaire et de l’affrontement entre un président démocrate à la Maison-Blanche et un président républicain à la Chambre des représentants. L’objectif : trouver un compromis qui permettra à chacun de ne pas perdre la face et qui fera en sorte d’éviter un choc fiscal de 600 milliards, hausse d’impôts et réduction de dépenses, le 1er janvier prochain.

En Chine, le gouvernement œuvre à réorganiser son économie pour développer une demande intérieure durable. Cela fera en sorte de ralentir et de stopper la hausse des inégalités, et de permettre aussi au pays de réduire sa dépendance aux exportations vers des pays qui sont aujourd’hui en difficulté financière et économique.

Chez nous, au Canada, le pétrole, le gaz et les mines sont au centre des discussions pour développer l’économie. Ottawa soutient le développement de l’industrie pétrolière de l’Alberta et des sables bitumineux. Même Québec s’y intéresse : on discute d’inverser l’oléoduc Sarnia-Montréal pour permettre le transport du pétrole de l’ouest vers l’est. Le gouvernement Marois souhaite aussi développer le pétrole qui se trouve sur son territoire.

Pendant ce temps, comme Le Monde le rapporte mercredi, les négociations de Doha n’ont pas permis de faire des progrès notables. « Le cœur n’y est pas », dit-on en marge des négociations. On maintient l’objectif d’en arriver à un accord d’ici 2015, mais on a l’impression qu’il n’y a pas vraiment de sentiment d’urgence pour en arriver à un accord prochainement.

Comme si on pouvait reporter continuellement à un peu plus tard.

Comme si 2020, 2030, 2050, 2100 étaient des échéances lointaines, très très lointaines.

En fait, comme l’écrivait de nouveau Le Monde le 26 novembre, « les budgets publics sont exsangues, le marché carbone s’est effondré et le débat sur les financements innovants (taxe sur l’aviation notamment) piétine ».

Pourtant, les émissions ne font qu’augmenter sur la planète : hausse prévue de 2,6 % cette année, hausse de 58 % par rapport au niveau de 1990. Les émissions de la Chine sur environ 25 ans (de 2004 à 2030) devraient être deux fois les émissions de l’OCDE. Selon le Global Carbon Project, la Chine est le plus grand pollueur du monde avec 28 % des émissions, suivi des États-Unis à 16 %. Mais les émissions par habitant sont de 6,6 tonnes en Chine et de 17,2 tonnes aux États-Unis.

Pour la suite, la Chine hésite, tout comme les États-Unis d’ailleurs. Le Japon ne veut pas s’engager avec des cibles précises. Le Canada, qui a quitté l’accord de Kyoto, continue à recevoir des prix fossiles pour ses positions jugées rétrogrades en matière d’environnement. Mis à part l’Europe et l’Australie, la volonté politique n’y est pas.

N’est-ce pas inquiétant?

Est-ce la fin de la croissance?

Vendredi 26 octobre 2012 à 14 h 31 | | Pour me joindre

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Page 52 du nouveau livre de l’économiste Jeff Rubin, La fin de la croissance publié chez Hurtubise en français, la semaine prochaine : « Que vous soyez du type libre marché ou adepte de l’intervention de l’État, vous partagez avec la plupart des économistes la croyance indéfectible selon laquelle la croissance est la panacée à tous les maux de nature économique. »

Plus loin, l’auteur pose la question : « Que surviendra-t-il si nos économies cessent de croître? Nous le saurons bientôt parce que ce scénario est sur le point de se produire. »

Jeff Rubin explique, une fois de plus, que l’économie mondiale est vulnérable aux fluctuations du pétrole. Chaque fois que le pétrole a atteint un sommet, explique-t-il, l’économie mondiale est tombée en récession. Croissance économique et consommation de pétrole sont intimement liées. On a vraiment l’impression d’être dans un cercle vicieux : la croissance fait grimper le prix du pétrole, la hausse du prix du pétrole nuit à la croissance et ramène la récession…

Ainsi, l’ex-économiste de la CIBC est d’avis que tout converge vers une montée des cours du pétrole, ce qui viendra ralentir l’économie des pays avancés, qui ne seront pas en mesure de maintenir une croissance soutenue. Un pétrole plus cher est alimenté par une croissance plus forte, mais entraîne un ralentissement de cette croissance, une décélération des revenus des États, qui s’endettent davantage à un taux d’intérêt plus élevé. Dans un contexte économique difficile, les emprunts sont aussi plus difficiles à obtenir.

Cette situation ne sera pas temporaire, mais permanente, selon l’analyse de Jeff Rubin. Il suggère qu’on commence tout de suite à nous adapter à un mode de vie plus simple, basé sur la réduction de notre consommation d’énergie.  Heureusement, dit-il, « les pays de l’OCDE voient déjà naître une nouvelle génération de consommateurs : des jeunes qui rejettent le matérialisme de leurs parents pour adopter un mode de vie plus simple ».

À ceux qui croient que les nouvelles découvertes technologiques vont permettre de régler le problème, il répond ceci : « Les innovations technologiques […], comme la fracturation hydraulique, ne sont pas une solution miracle pour combler tous les besoins énergétiques de la planète. […] De telles innovations technologiques rendent possible une légère augmentation de l’offre de brut, mais ne réussissent pas à exercer la poussée nécessaire pour combler les besoins de la planète pour l’avenir. »

Les États-Unis doivent mettre au point leur stratégie énergétique parce que le pays pourrait manquer de pétrole bientôt. « Si la consommation de pétrole double en Chine, écrit Jeff Rubin, le nombre de barils destinés aux États-Unis pourrait chuter de moitié (ou presque) puisque le volume d’énergie est limité. Cette notion simple deviendra bientôt une réalité asphyxiante pour les États-Unis et les autres pays de l’OCDE. »

Mais, qu’en sera-t-il pour le Canada, dont la production de pétrole est appelée à augmenter et pour qui la situation semble se poser différemment? Le Canada n’est-il pas le mieux placer pour profiter de la demande chinoise avec son projet de pipeline Northern Gateway et des besoins américains avec son projet Keystone? Mais, en même temps, un ralentissement de la croissance pourrait-il toucher plus durement le Canada?

Un livre essentiel, à lire.

Quand la bulle électorale aura éclaté au petit matin du 5 septembre, on constatera que la réalité économique du Québec, du Canada, des États-Unis, de l’Europe et de la Chine n’a rien à voir avec les milliards de dollars en promesses de notre campagne électorale.

Le défi budgétaire du Québec, celui qui se dressera devant nous au cours des deux prochaines décennies avec le vieillissement de la population, le poids des régimes de retraite et l’absence d’amélioration de notre productivité, ce défi à relever n’a pas trouvé de réponses convaincantes lors de cette campagne. Ou bien les partis ont peu de vision, ou bien ils n’ont pas voulu nous dire la vérité!

Au lieu de promesses, de cadeaux et de cadres financiers parfois douteux, les partis politiques auraient mieux fait de nous offrir un programme axé sur la prudence et le réalisme.

Que nous réserve l'avenir, en économie?
Le savent-ils que l’économie et l’emploi stagnent depuis plusieurs mois au Québec?

Réalisent-ils que les prix des minéraux, qui sont censés nous aider à rembourser notre dette, sont en chute de 15 à 25 % depuis leur dernier sommet et que plusieurs entreprises commencent à revoir leurs projets?

Sont-ils conscients que la Chine ne cesse de décélérer et que l’économie de l’Europe, des États-Unis, du Canada, l’économie mondiale finalement, dépend de sa demande, d’abord et avant tout?

Entendent-ils les appels de Mark Carney et de Jim Flaherty, qui demandent aux entreprises de redonner de l’argent aux actionnaires, d’investir dans l’économie, de la stimuler et de cesser de s’appuyer sur leurs 525 milliards de dollars en liquidités? En passant, peut-on leur en vouloir si l’économie mondiale ralentit?

Ont-ils lu le rapport du Bureau du budget du Congrès américain, qui s’inquiète d’un retour en récession en 2013 aux États-Unis avec les compressions prévues l’an prochain et l’expiration d’allégements fiscaux? Cette crainte est justifiée compte tenu du blocage politique en cours aux États-Unis, blocage qui va perdurer au moins jusqu’en janvier, au moment où sera investi le prochain président des États-Unis (Romney ou Obama). La croissance est déjà faible aux États-Unis et demeure largement appuyée sur la consommation.

Sont-ils au fait de l’impact négatif potentiel des cours élevés du pétrole, alimentés par les craintes d’un conflit armé avec l’un des plus gros producteurs de pétrole du monde, l’Iran?

Savent-ils que l’enjeu principal en ce moment, c’est de savoir si la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale d’Europe vont de nouveau intervenir pour soutenir les marchés financiers, par l’achat d’obligations et de bons du Trésor?

Je sais que les Christian Dubé, Nicolas Marceau, Raymond Bachand, Jean-Martin Aussant et les leaders économiques des partis sont au courant de cette situation. N’auraient-ils pas dû en tenir compte dans leur plan de match et dans leur cadre financier? Et tout au long de la campagne? Tout cela peut sembler conjoncturel. Mais ça fait plus de quatre ans que la crise financière est en cours. Ses effets se font toujours sentir et on ne sait absolument pas quand tout cela va se terminer.

Été 2012, entre chaos et espoir

Vendredi 29 juin 2012 à 11 h 06 | | Pour me joindre

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La première moitié de l’année 2012 se termine sur une note d’espoir. Les dirigeants européens sont arrivés à un accord qui établit une stratégie à court et à moyen terme. D’une part, l’Espagne obtient des pays de la zone euro un engagement pour que le fonds de soutien européen aide directement les banques du pays sans endetter l’État. Et l’Italie obtient que le fonds de stabilité européen rachète des obligations de la péninsule pour faire pression à la baisse sur les taux d’intérêt et les coûts d’emprunts.

Le président français François Hollande s'entretient avec le premier ministre belge, Elio Di Rupo et le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, à l'ouverture du sommet européen à Bruxelles, jeudi.

D’autre part, l’Union européenne a convenu de mettre en place un plan de croissance de 120 milliards d’euros. Il aura notamment pour objectif d’investir dans des projets d’infrastructures. Un plan de stimulation économique, finalement! Et ce plan a obtenu l’aval de Madrid et de Rome parce qu’une stratégie à court terme, pour réduire la pression des marchés, a été adoptée.

 

Voilà pour les bonnes nouvelles. Pour le reste, soyons bien honnêtes, l’été s’annonce difficile sur plusieurs plans :

  • L’économie mondiale ralentit. La plupart des pays de la zone euro sont en récession, l’économie américaine ralentit, la confiance des consommateurs est en baisse.
  • Les défis à long terme de la zone euro sont immenses. Il faut une meilleure intégration de la zone, une union fiscale, monétaire et économique qui fonctionne. On est encore à se demander si la zone euro va résister aux turbulences qu’elle connaît. Est-ce que Berlin va plier pour mettre en commun les dettes des pays de l’ensemble? Est-ce que Paris et les autres grandes capitales de la région vont accepter de céder de leur souveraineté pour donner plus de pouvoir aux entités centrales de l’Union et de la zone, peut-être un peu plus de poids à l’économie « modèle » de l’Europe, c’est-à-dire l’Allemagne?
  • La Chine ralentit. La Chine demeure en forte croissance, mais l’un des gros moteurs du monde économique a perdu de sa force dans les derniers mois. Son secteur manufacturier fonctionne, de mois en mois, à un rythme toujours un peu plus modéré. La banque centrale réduit ses taux d’intérêt pour stimuler la consommation. Pékin a beaucoup misé sur le développement du pays, sur une augmentation de sa capacité de production, mais, pour l’instant, des quartiers entiers sont peuplés d’appartements vides et d’usines immobiles. En 2012, on ne peut pas négliger une réduction de 2, 3 ou 4 points de pourcentage de croissance du PIB en Chine et dans les pays émergents du monde.
  • Le Canada n’est pas à l’abri. Si Jim Flaherty et Stephen Harper parlent beaucoup des troubles européens pour nous avertir d’un ralentissement possible au Canada, il faut savoir que deux autres menaces planent au-dessus de l’économie canadienne : le ralentissement de la Chine qui a provoqué une chute de plus de 20 % des cours du pétrole depuis deux mois et l’endettement des ménages canadiens, qui obligent le gouvernement à resserrer l’accès au crédit hypothécaire.
  • Et, je terminerai là-dessus : comme en 2008, nous devons encore aujourd’hui poser le diagnostic que notre modèle économique, qui repose sur la consommation, le crédit et l’endettement, est fatigué. Cet endettement, des États et des particuliers, étouffe les perspectives normales de croissance. Les entreprises, surtout les sociétés financières, ont engrangé des profits et des milliards au fil du temps, ont pris des risques inconsidérés avec l’argent des épargnants et nous nous retrouvons aujourd’hui dans un total déséquilibre qui menace nos économies. Faudra-t-il annuler des dettes? Faudra-t-il effacer l’ardoise?

Et surtout, avons-nous d’autres façons de croître, d’améliorer notre niveau de vie, notre qualité de vie, tout en cessant d’épuiser notre capital écologique? Si les défis des prochains mois sont importants, les défis fondamentaux du capitalisme des années 2000 le sont encore plus. L’espoir de Bruxelles aujourd’hui nous conduira-t-il à une plus large réflexion sur la croissance, sur la richesse, sur la création et la répartition de la richesse, sur l’avenir de notre planète?

Je vous souhaite un bon été. Avec les odeurs d’élections qui planent au Québec, je vous retrouve en août, mais pas très tard en août…

Plusieurs analystes politiques affirment que Stephen Harper veut changer le Canada, socialement, moralement et économiquement. Sur ce dernier point, ça s’incarne nettement par une baisse des taxes et des impôts, par la signature d’accords bilatéraux et multilatéraux de libre-échange et par l’abandon de soutiens — prêts et subventions — aux entreprises.
 
 
Un poulet d'élevage
Un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne fait partie des priorités du gouvernement fédéral et serait annoncé d’ici la fin de l’année. Cette entente, très importante, pourrait signaler « le début d’un temps nouveau » pour reprendre les mots de l’auteur Stéphane Venne. Ce « temps nouveau », c’est celui qu’espère et que construit, pierre par pierre, le premier ministre depuis plusieurs années.
 
En fait, l’accord va là où plusieurs espèrent que le gouvernement n’ira pas : ouvrir les marchés publics et les marchés protégés. Ainsi, de ce qu’on en sait, on a abordé dans les négociations en vue d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne des thèmes sensibles comme : les procédures douanières, la coopération réglementaire, l’accès aux appels d’offres des provinces et des municipalités et la propriété intellectuelle.
 
Dans un texte très instructif, le chroniqueur John Ibbitson, du Globe and Mail, se demande ce matin si le gouvernement Harper n’a pas l’intention de « démanteler le système de gestion de l’offre pour les éleveurs de volailles et les producteurs laitiers ». Et selon lui, oui, « vous pouvez parier là-dessus », c’est très certainement son intention. « Les jours du système de gestion de l’offre sont comptés », écrit-il en conclusion de son analyse.
 
Ottawa ne couperait certainement pas, d’un coup, les vivres aux producteurs. Mais il pourrait, après une transition de quelques années, réduire considérablement les soutiens. Le gouvernement tient à ouvrir le marché canadien et à conclure des accords d’importance avec les pays qui comptent, soit les pays d’Europe, l’Inde, la Chine et les pays d’Asie en pleine expansion. Pour ce faire, il devra jeter du lest et il serait étonnant que le gouvernement fédéral s’exclût du Partenariat économique et stratégique Trans-pacifique en négociations pour protéger la gestion de l’offre.
 
Les milieux agricoles ne sont pas les seuls à exprimer des inquiétudes. C’est le cas aussi des municipalités. La ville de Toronto veut être exemptée de l’application du futur accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Le conseil municipal a adopté la semaine dernière une motion en ce sens. La plus grande ville du pays voudrait que cette exemption soit permanente et qu’elle s’applique aussi aux hôpitaux, aux écoles, aux universités et aux autres services publics.
 
Pendant ce temps, le ministre fédéral du Commerce international Ed Fast voyage beaucoup, en tournée mondiale pour établir des liens commerciaux solides et porteurs d’échanges. Le train canadien file à pleine vitesse… pour le meilleur et pour le pire?

Stephen Harper, au pays de Mao

Lundi 6 février 2012 à 13 h 03 | | Pour me joindre

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Stephen Harper ne voit plus la Chine du même oeil. Depuis son élection en 2006, l’importance de la Chine dans son plan stratégique a profondément évolué. Aujourd’hui, le premier ministre est là où il ne prévoyait pas aller il y a cinq ans : en Chine! Pour une deuxième fois d’ailleurs.
 
Le 31 octobre 2008, j’écrivais ceci sur mon défunt carnet : « À Ottawa, le premier ministre Stephen Harper ne semble pas considérer la Chine comme une priorité commerciale. Depuis sa première élection à titre de premier ministre, il a pris ses distances vis-à-vis de la Chine. Contrairement à Jean Chrétien, Stephen Harper ne prévoit pas de mission commerciale à Pékin. Il a refusé d’aller à l’ouverture des Jeux à Pékin. Il a aussi annulé une visite de la gouverneure générale en Chine au début du mois de septembre parce qu’il a décidé de déclencher des élections. »
 
L’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien avait critiqué l’attitude de Stephen Harper en août 2008 déclarant ceci : « On a bâti quelque chose qui a été débâti. [...] En commençant par Diefenbaker, Trudeau et tous nous autres avons établi de très bonnes relations, relativement parlant, avec la Chine et, soudainement, les ponts sont coupés. [...] Quand même le Canada boycotterait seul la Chine, a dit Jean Chrétien, ça ne changera pas grand-chose aux Chinois. »
 
Depuis, le discours du premier ministre conservateur a changé. Profondément. Il évite les sujets litigieux avec Pékin parce qu’il sait que les liens économiques avec la future première puissance économique du monde sont trop importants. En 2010, les importations du Canada ont atteint 44 milliards de dollars en provenance de Chine alors que les exportations vers là-bas ont totalisé 13 milliards de dollars.
 
Or, le pétrole de l’Alberta coule à flot et les Chinois sont des acheteurs avides. Le Canada compte augmenter sensiblement ses exportations vers la Chine avec le pétrole. La Chine est aujourd’hui le deuxième consommateur de pétrole du monde. Le Canada détient les deuxièmes réserves prouvées de pétrole de la planète, derrière l’Arabie saoudite.
 
Le blocage, même temporaire, du projet de pipeline Keystone aux États-Unis met en lumière l’intérêt pour le Canada de se tourner davantage vers la Chine pour ses exportations pétrolières, d’ouvrir encore plus la porte du Pacifique. Stephen Harper a bien compris ça… 

La machine économique s’enraye…

Mercredi 23 novembre 2011 à 13 h 38 | | Pour me joindre

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Les bourses ont envoyé un signal clair de reprise de mars 2009 à avril 2011. Les doutes ont commencé à s’installer avant l’été, puis se sont amplifiés avec le blocage politique dans les discussions sur la dette à Washington en juillet. Les dernières données statistiques aux États-Unis cet automne ont laissé croire que l’économie n’avait que temporairement ralenti.
 
Un courtier à New York, mercredi
 

Les mines au Québec: un avenir en or!

Mardi 22 novembre 2011 à 12 h 01 | | Pour me joindre

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Avec la demande croissante des pays émergents, il semble acquis que les investissements dans le minerai et les ressources du Québec seront profitables à moyen et long terme aux explorateurs. Les actionnaires des sociétés minières et énergétiques le savent très bien et veulent bénéficier des besoins grandissants de milliards d’être humains sur la planète, qui veulent accéder à un niveau de vie plus élevé. Comme nous, finalement!

Mine

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