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Le prix moyen de l’essence en ce jeudi de Pâques est de 1,49 $ à Montréal avec des pointes dans certaines stations à 1,50 $. Le prix normal, selon le CAA-Québec, devrait être de 1,48 $. Voilà pour les faits.

Le scandale, s’il devait y en avoir un, n’est pas le prix, mais les variations de prix. C’est le bond de 5, 7, 10 ¢ en certains endroits, d’un coup, d’un seul. Ce bond est inexplicable et choquant pour le consommateur qui tente de se faire un budget et de prévoir ses dépenses, surtout quand approche le long week-end de Pâques, période propice pour les déplacements.

Cette hausse coïncide, par ailleurs, avec la publication des dernières statistiques sur l’inflation au Canada. Et deux tendances se dessinent selon les économistes : les prix de l’énergie et les prix des aliments montent et pourraient continuer de monter dans les prochains mois.

Cela dit, le niveau d’inflation, tel qu’attendu par la Banque du Canada, demeure faible bien qu’en progression. Il est passé de 1,1 % en février à 1,5 % en mars. Le taux excluant les éléments volatils, qui est suivi par la banque centrale, est passé de 1,2 % en février à 1,3 % en mars. On est encore largement sous la cible de 2 %.

Voici donc, pour vos bons yeux et votre connaissance, l’évolution des prix au cours des 12 derniers mois, soit de mars 2013 à mars 2014 :

INFLATION AU CANADA - Mars 2014

  • Canada : +1,5 %
  • Nouveau-Brunswick : +1,5 %
  • Québec : +0,9 %
  • Ontario : +1,5 %
  • Alberta : +3,9 %
  • Colombie-Britannique : +0,1 %

INFLATION DANS LES VILLES – Mars 2014

  • Halifax : +1,8 %
  • Québec : +0,7 %
  • Montréal : +1,0 %
  • Ottawa : +1,3 %
  • Toronto : +1,8 %
  • Winnipeg : +2,3 %
  • Calgary : +4,6 %
INFLATION PAR COMPOSANTE – Mars 2014
  • essence : +1,4 %
  • gaz naturel : +17,9 %
  • électricité : +5 %
  • mazout : +9,1 %
  • fruits frais : +8,8 %
  • viande : +3,4 %
  • légumes frais : +5,3 %
  • boissons, tabac : +3,9 %
  • cigarettes : +7,6 %

La meilleure façon de se prémunir des variations des prix, c’est de se faire un budget et d’épargner. C’est simple à écrire, c’est plus difficile à faire et ce n’est pas toujours possible de le faire, j’en conviens très bien. D’autant que la hausse des salaires ne suit pas toujours la hausse des prix, ce qui oblige bien des familles à faire des contorsions pour arriver à joindre les deux bouts.

Je vous souhaite, malgré tout, un excellent congé!

Les données sur l’emploi de février arrivent dans la campagne électorale au Québec comme un cheveu sur la soupe. Un gros cheveu! Le Québec a perdu 25 500 emplois nets en février par rapport au mois de janvier, ce qui représente la chute la plus importante au pays. Ailleurs au Canada, il s’est créé des emplois en Ontario et en Alberta, notamment.

Toutefois, il faut mettre ces données en perspective. Les statistiques mensuelles sont très volatiles et suscitent de plus en plus de suspicion chez les économistes.

Ainsi, les moyennes sur 3, 6 et 12 mois sont très utiles.

Voici donc les chiffres de février : 

Emplois – février 2014

  • Maritimes +4600
  • Québec -25 500
  • Ontario +6100
  • Manitoba -1700
  • Saskatchewan +1100
  • Alberta +18 800
  • Colombie-Britannique -10 400
  • Canada (total) -7000

Emplois – Québec

  • Moyenne 3 mois : -9633 emplois par mois
  • Moyenne 6 mois : +4733 emplois par mois

Emplois – Canada

  • Moyenne 3 mois : -7200 emplois par mois
  • Moyenne 6 mois : +3367 emplois par mois

Avec toutes ces données, on peut commencer à se faire une meilleure idée sur l’état de l’emploi au Québec et au Canada. Cela dit, permettez-moi de vous présenter d’autres données, qui sont peut-être encore plus fondamentales pour comprendre le marché du travail :  l’évolution de l’emploi dans les secteurs privé et public ainsi que le taux d’emploi. On va s’attarder sur les données pour l’ensemble du Canada et le Québec.

Emplois – secteur public – Québec 

  • Février : -14 500
  • Depuis 3 mois : -7200
  • Depuis 1 an : +14 800

Emplois – secteur public – Canada

  • Février : -50 700
  • Depuis 3 mois : -19 300
  • Depuis 1 an : -41 300

Emplois – secteur privé – Québec

  • Février : -13 000
  • Depuis 3 mois : -37 600
  • Depuis 1 an : -26 100

Emplois – secteur privé – Canada

  • Février : +35 200
  • Depuis 3 mois : -8600
  • Depuis 1 an : +128 500

Terminons avec le taux d’emploi. Le taux donné par Statistique Canada, c’est le nombre de personnes en emploi par rapport à la population de 15 ans et plus.

Au Québec, le taux d’emploi était de 60,5 % en février 2013, et de 60,4 % en janvier 2014. Au cours du dernier mois, en février 2014, il est tombé à 60,0 %.

Pour l’ensemble canadien, le taux d’emploi était de 62,0 % en février 2013, et de 61,6 % en janvier, puis en février 2014.

 

sources : Desjardins, Statistique Canada

Sombres chiffres sur l’emploi

Vendredi 10 janvier 2014 à 15 h 19 | | Pour me joindre

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En lisant les commentaires politisés, pour ne pas dire partisans dans certains cas, de tout un chacun sur Twitter, j’ai le goût de vous offrir ici des chiffres, des faits, des données claires, précises, qui vous permettront de tirer vos propres conclusions sur l’état de l’économie du Québec, du Canada, des États-Unis. Voici donc les chiffres sur l’emploi de décembre et de 2013 de Statistique Canada…

Décembre : 

Canada : -45 900 emplois (taux de chômage de 7,2 %)

Québec : -10 200 emplois (taux de chômage de 7,7 %)

Ontario : -39 300 emplois (taux de chômage de 7,9 %)

2013 :

Canada : +102 000 emplois

+19 200 emplois temps plein

+82 800 emplois temps partiel

Québec : +2100 emplois

-43 800 emplois temps plein

+45 800 emplois temps partiel

Ontario : +24 000 emplois

+29 600 emplois temps plein

-5700 emplois temps partiel

Il s’est ajouté 24 300 personnes dans la colonne des « sans-emploi » au Canada en 2013.

Important : le gouvernement du Québec élabore sa communication sur l’emploi depuis plusieurs années sur le calcul effectué par l’Institut de la statistique du Québec. Ce calcul est le suivant : on fait la moyenne du nombre d’emplois dans l’économie par mois en 2013 et on fait la différence avec la moyenne du nombre d’emplois par mois dans l’économie en 2012. Résultat : il s’est ajouté 47 800 emplois dans l’économie du Québec en 2013 selon ce calcul de l’ISQ.

Statistique Canada et les économistes du secteur privé préfèrent calculer les emplois créés et perdus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013 et regarder l’écart entre décembre 2012 et décembre 2013.

Maintenant, si on s’intéresse aux tendances, voici un autre calcul, celui de Desjardins : la croissance mensuelle moyenne de l’emploi au Québec et en Ontario :

3 derniers mois :

Québec : +10 833

Ontario : -13 400

6 derniers mois :

Québec : +2017

Ontario : -1483

12 derniers mois :

Québec : +175

Ontario : +2000

Pendant ce temps, aux États-Unis, la création d’emplois a été limitée à 74 000 en décembre. C’est largement sous les attentes. Cela dit, le temps froid a probablement perturbé le marché du travail et les heures travaillées selon les économistes, qui s’attendent à un rebond en 2014. Il s’est ajouté 2,186 millions d’emplois chez nos voisins du sud l’an dernier.

Le taux de chômage américain est tombé à 6,7 %. C’est plus faible qu’au Canada. Mais, si le Canada utilisait la même méthodologie que les Américains, notre taux de chômage affiché serait de seulement 5,8 %.

Analyse : Le Canada, le Québec et l’Ontario viennent de connaître une année décevante au chapitre de l’emploi. La croissance économique est faible, mais les économistes s’attendent à un rebond en 2014. Ces chiffres sont le reflet d’une économie qui a besoin d’un nouveau souffle. Le Canada présente des perspectives de croissance moins forte qu’aux États-Unis, ce qui fait chuter le dollar canadien. Mais, ce recul du dollar, sous la barre des 91 ¢US aujourd’hui, pourrait justement aider les manufacturiers exportateurs à rebondir en 2014.

Fait à noter : la Laurentienne nous fait remarquer que la cohorte des plus jeunes participant au marché du travail québécois  est devenue inférieure à celle des baby-boomers, c’est fait. Nécessairement, le bassin de main-d’oeuvre disponible est appelé à diminuer à moyen terme.

Alors, qu’en pensez-vous?

La Banque du Canada devrait-elle songer à réduire son taux directeur à la lumière de ces données?

Le Québec va-t-il retrouver le chemin de l’emploi en 2014 après une année décevante?

Le gouvernement de Stephen Harper ne cesse d’amoindrir les attentes quant à l’annonce possible d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne la semaine prochaine au sommet du G8 en Irlande du Nord. Le premier ministre a déclaré à Londres, mercredi, qu’il n’est pas question pour lui de s’enfermer dans un calendrier artificiel. Même ton au bureau du ministre du Commerce international Ed Fast, la semaine dernière : il n’y a pas de date-butoir, on négocie et ça progresse. Et c’est tout.

Le haut-commissaire auprès du Royaume-Uni Gordon Campbell accueille Stephen Harper à l’aéroport Luton, en Angleterre. Photo : PC/Adrian Wyld

Pourtant, il y a bel et bien urgence pour le gouvernement canadien. Le premier ministre de Grande-Bretagne, David Cameron, a son discours tout prêt en poche pour annoncer au sommet du G8 le lancement officiel des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis.  Et dans ce contexte, déjà, les Européens réévaluent leurs options étant donné leur désir et vif intérêt à conclure un accord de libre-échange avec les États-Unis.

La seule chose qui semble remettre en question une annonce de David Cameron la semaine prochaine serait un blocage du gouvernement français, qui exige que la notion de l’exception culturelle soit déjà en place et adoptée avant même d’entamer des discussions. La culture n’est pas une marchandise pour la France (et pour le Québec aussi, d’ailleurs) et ne doit pas faire partie des négociations. Cet aspect est crucial et pourrait retarder l’annonce du début des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis.

Mais, sinon, on est sur la ligne de départ. Et plus on s’approche de ces négociations États-Unis / Europe, plus on semble s’éloigner d’un accord Canada / Europe. L’opposition officielle à Ottawa craint même que, pour sauver la face et arriver rapidement à un accord, le gouvernement Harper soit prêt à céder sur certains principes et conclure une entente bâclée.

L’ex-premier ministre du Québec Jean Charest nous vendait encore cette entente le 3 juin dernier à RDI économie, comme s’il craignait qu’elle ne soit pas signée. Et voilà qu’à Ottawa, on fait tout pour minimiser les attentes sur la conclusion rapide de l’accord.

Une question très sérieuse se pose aujourd’hui : les Européens ont-ils encore un intérêt pour un accord de libre-échange avec le Canada?

Canada / UE : accord au G8?

Lundi 3 juin 2013 à 17 h 06 | | Pour me joindre

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Si Jean Charest s’est éloigné sans se faire prier de certains dossiers comme le conflit étudiant et la commission Charbonneau, l’ex-premier ministre n’a pas hésité un seul instant à se replonger dans les négociations de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a tenu à souligner la vie de l'ancien premier ministre de l'Alberta, Ralph Klein.Dans des entrevues exclusives accordées à RDI économie et Classe économique lundi, l’avocat Jean Charest, aujourd’hui avec McCarthy Tétreault, nous a dit que tout concorde pour qu’une entente Canada / Europe soit finalement annoncée au G8 les 17 et 18 juin en Irlande du Nord.

Le Plan Nord et cet accord de libre-échange, ce sont les legs que veut laisser Jean Charest. Il n’est donc pas étonnant de le voir rebondir dans ces négociations. Dans un entretien accordé au magazine Forces au printemps 2008, Jean Charest affirmait qu’une entente entre le Canada et l’Union européenne pouvait représenter « une voie rapide vers un accord transatlantique qui pourrait être plus large, entre l’Union européenne et les États-Unis ».

Il évaluait, dans une autre entrevue accordée au Devoir cette fois en 2008, à 60 % les chances qu’un accord soit bel et bien conclu entre le Canada et l’Union européenne.

Aujourd’hui, dans l’entrevue qu’il nous a accordée, l’ex-premier ministre du Québec évalue les possibilités d’une entente à 90 %. Mais le 10 % qui reste est le plus difficile à gagner!

Il est urgent d’y arriver selon lui compte tenu du fait que les États-Unis et l’Union européenne vont bientôt amorcer des négociations de libre-échange. Ces discussions se feront qu’il y ait un accord ou non entre Ottawa et Bruxelles. Selon l’ex-premier ministre, sans entente et avec les négociations États-Unis / Union européenne, le Canada serait obligé de se contenter de la troisième chaise dans une nouvelle négociation où il ne ferait plus le poids.

Stephen Harper doit maintenant intervenir selon Jean Charest. Le premier ministre du Canada sera d’ailleurs en Europe dans les prochains jours en vue du G8. Les prochains jours seront cruciaux. Ça passe ou ça casse…

La décevante reprise au Canada

Vendredi 31 mai 2013 à 15 h 20 | | Pour me joindre

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La croissance au pays a été plus forte qu’attendu au premier trimestre, mais… il y a des mais! D’abord, la hausse du PIB est attribuable à la croissance des exportations énergétiques en janvier et en février. Et la demande intérieure et la consommation ne progressent presque plus. C’est une bonne nouvelle que les exportations prennent le relais, mais est-ce que ça va durer?

Notre PIB dépend toujours en bonne partie de la croissance américaine. On le sait, les signaux sont encourageants, mais l’austérité dans les dépenses gouvernementales à Washington semble ralentir quelque peu la reprise américaine.  Et puis, la croissance chinoise ne cesse de ralentir. À 7,8 % pour 2013, le PIB de la Chine s’éloigne de plus en plus des années fastes de 9 et de 10 %.

Surtout, derrière la statistique du premier trimestre au Canada, se cache une réalité dont on n’a peu parlé jusqu’à maintenant : au Canada aussi, la reprise est décevante. C’est l’économiste Éric Pineault qui nous a fait parvenir un courriel sur la question. De 1975 à 1991, les récessions ont été moins profondes que celle de 2009 et les reprises ont été plus fortes. Aujourd’hui, on vit une reprise beaucoup plus faible que la moyenne historique.

Vous voyez sur le tableau l’évolution de trimestre en trimestre de la croissance économique : la moyenne des trimestres comparables durant les récessions et les reprises de 1975 à 1991. Et l’évolution sur le même temps de la période entourant la récession de 2009.

Pourquoi est-ce ainsi? Parce que la croissance mondiale est faible, particulièrement celle des États-Unis. Et, selon Éric Pineault, parce que le Canada a aussi fait le choix de l’austérité budgétaire. Le directeur parlementaire du budget a publié des études dans les dernières années pour expliquer que les compressions dans les dépenses au gouvernement fédéral réduisent la croissance du PIB et la création d’emplois. Éric Pineault est d’avis que les mesures d’austérité nous donnent une reprise décevante, qui pourraient même conduire à une stagnation économique.

Y a-t-il de « l’eau dans le gaz » dans le projet d’union libre du Canada et de l’Union européenne? À quelques semaines du début des négociations de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, on peut sérieusement se demander si les relations canado-européennes ne sont pas en train de dérailler. Les signaux envoyés sont tous au jaune. Et les irritants se multiplient.

Ce qui achoppe, ce sont les questions agricoles. Le Canada veut exporter plus de bœuf vers l’Europe. L’Union refuse et exige un accès plus grand au marché des produits laitiers du Canada. La plupart des autres points seraient réglés ou sur le point de l’être. Mais cette question bloquerait toutes les avancées supplémentaires.

Ce problème survient au moment où l’administration Obama est sur le point de lancer des négociations avec l’Union européenne. Si le Canada n’a pas conclu d’entente avec les Européens avant le début des discussions entre Washington et Bruxelles, comment pourrait-on prétendre à Ottawa que l’Union européenne a encore beaucoup d’énergie à mettre sur une entente. Le réel intérêt pour l’Europe, ce sont les États-Unis. Et ils sont sur le point de pouvoir y aller directement, sans passer par le nord.

Les relations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis représentent le tiers des échanges commerciaux mondiaux. Total de 645 milliards de dollars en 2012. Barack Obama sera en Allemagne les 18 et 19 juin prochain.

Dans l’urgence, le Canada devra-t-il plier sur des points cruciaux?

Il faut ajouter qu’il y a deux dossiers qui nuisent aux relations canado-européennes : le phoque et les sables bitumineux. Le boycottage des produits du phoque canadien a été confirmé, il y a quelques jours, une fois de plus. Et ça agace le Canada.

Et l’Europe est allergique au pétrole issu des sables bitumineux. Même si les Européens ne sont pas vraiment appelés à consommer de ce pétrole, ils continuent de mener une campagne contre ce type d’énergie. Le ministre fédéral des Ressources naturelles Joe Oliver affirme que les directives européennes sont discriminatoires et ne s’appuient pas sur la science. En notant les types de pétrole, les Européens minimisent les émissions de gaz à effet de serre (GES) émises par le Venezuela, selon Joe Oliver.

La Commission européenne pourrait bientôt conclure que les émissions de GES du pétrole des sables bitumineux sont 22 % plus élevées que le pétrole conventionnel. Le Canada pourrait saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) du dossier.

L’enthousiasme qui a régné pendant un certain dans l’avenue d’une entente sur un libre-échange entre le Canada et l’Union européenne a disparu. Les yeux sont tournés vers Washington aujourd’hui. Et ce qui apparaissait récemment comme des petits détails à régler entre le Canada et l’Union européenne ressemblent de plus en plus à des cadenas difficiles à déverrouiller.

Emplois au Québec : du contexte

Vendredi 10 mai 2013 à 16 h 37 | | Pour me joindre

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En économie, il faut souvent se décoller le nez de la fenêtre, prendre un ou deux pas de recul pour mieux comprendre ce qui se passe. Il faut du contexte. Des économistes comme Pierre Fortin ou François Delorme, Bernard Élie, Luc Godbout et j’en passe viennent régulièrement à RDI économie pour nous aider à mettre un peu de lumière sur les enjeux.

Pour notre émission spéciale du 20 mai, jour de la fête des Patriotes, de Dollard et de la Reine, nous allons vous présenter une entrevue avec l’économiste Pierre Fortin, observateur de la scène économique québécoise depuis cinq décennies. Nous sommes allés chez lui ce matin pour réaliser cette entrevue qui, je pense, va beaucoup vous intéresser.

Il m’a donné un graphique pour vous, que je reproduis ici :

Alors que le Québec voit son taux de chômage augmenter depuis le début de l’année, il est passé de 7,1 à 7,8 %, le taux d’emploi du Québec demeure encore plus élevé qu’aux États-Unis. Et l’écart qui s’était resserré avec l’Ontario ne s’est que très légèrement agrandi. Le taux d’emploi, c’est le nombre de personnes qui travaillent dans la population des 15 ans et plus.

Ainsi, selon Statistique Canada, le taux d’emploi en Ontario était de 61,2 en janvier. Il est à 61,3 en avril. Au Québec, il était à 60,7 en janvier. Il est à 60,2 aujourd’hui. On a raison de dire que le bilan québécois est moins bon que celui de l’Ontario dans les derniers mois. Mais il faudra attendre encore pour établir des tendances lourdes et évaluer si le Québec est en train de recommencer à prendre du retard sur l’Ontario.

Il s’est ajouté 44 000 emplois au Québec en avril 2013 par rapport à avril 2012. En Ontario, c’est un ajout de 71 000. La croissance économique est faible dans les deux provinces. Comme l’expliquent les économistes de Desjardins, « il faut reconnaître que depuis janvier, le bilan du marché du travail est plutôt terne. Il est vrai que sur le plan des données économiques, c’est un début d’année hésitant qui caractérise le continent nord-américain. Avril ne présente pas de surprise. […] D’ici l’été, le marché du travail devrait afficher un meilleur score que les quatre premiers mois de l’année qui se sont soldés négativement. »

Il ne faut pas amoindrir le message que nous envoient les statistiques. Comme le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty l’exprimait hier à Londres, il est à souhaiter que les pays occidentaux vont orienter leurs politiques et leurs priorités vers la croissance et l’emploi. Nous sommes largement dépendants de la croissance mondiale, surtout américaine.

 

Déficits et dettes : les chiffres

Mardi 16 avril 2013 à 17 h 05 | | Pour me joindre

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Amateurs de chiffres, bonsoir!

Voici les prévisions du FMI en matière de déficit budgétaire et de dette publique pour plusieurs États du monde pour 2013.

Pour consultations et discussions!

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Déficit budgétaire (en pourcentage du PIB)

Japon : 9,8
Inde : 8,3
Irlande : 7,5
Royaume-Uni : 7,0
Espagne : 6,6
États-Unis : 6,5
Portugal : 5,5
Grèce : 4,6
France : 3,7
Canada : 2,8
Italie : 2,6
Chine : 2,1
Brésil : 1,2
Allemagne : 0,3
Russie : 0,3

Dette publique (en pourcentage du PIB)

Japon : 245,4
Grèce : 179,5
Italie : 130,6
Portugal : 122,3
Irlande : 122,0
États-Unis : 108,1
Royaume-Uni : 93,6
France : 92,7
Espagne : 91,8
Canada : 87,0
Allemagne : 80,4
Brésil : 67,2
Inde : 66,4
Chine : 21,3
Russie : 10,4

D’entrée de jeu, permettez-moi de vous souhaiter une bonne année 2013 : du bonheur, de l’amour, de la paix et du succès! De la sérénité afin que chacun, peu importe sa situation, puisse mieux vivre, plus calmement, sans manquer de rien.

Cette année s’amorce avec deux nouvelles encourageantes.

D’abord, des avancées pour éviter le précipice budgétaire aux États-Unis, ce qui aurait pu avoir un impact économique majeur. Plus de peur que de mal finalement! Et puis, un règlement dans la LNH. Cela permettra à des milliers de personnes de retrouver des emplois perdus par ce conflit de travail opposant de riches joueurs à de riches propriétaires, et qui s’étirait…

Surtout, le bilan de 2012 est très appréciable au chapitre de l’emploi. Les changements imposés par le gouvernement Harper à l’assurance-emploi vont bouleverser la vie de milliers de travailleurs et de leur famille, c’est certain. Mais les dernières statistiques confirment une amélioration générale de la situation économique au pays, surtout au Québec.

Ainsi, après la perte de 51 000 emplois en 2011, le Québec a rebondi au cours de la dernière année en ajoutant 138 000 emplois. Le taux de chômage a baissé, les taux d’emploi et d’activité ont augmenté.

Dans les bonnes nouvelles, notons l’ajout de 128 000 emplois dans la région métropolitaine de Montréal, stimulée en particulier par un faible taux de chômage en Montérégie à 6,1 %. Aussi, la presque totalité des emplois créés au cours de la dernière année ont été à temps plein.

 

Les régions championnes en terme de faible chômage :

  • Chaudière-Appalaches : 4,6 %
  • Capitale-Nationale : 4,9 %
  • Montérégie : 6,1 %
  • Côte-Nord et Nord-du-Québec : 6,3 %
  • Laurentides : 6,5 %
  • Abitibi-Témiscamingue : 6,7 %
  • Bas-Saint-Laurent : 6,8 %

 

Les régions autour de la moyenne :

  • Centre-du-Québec : 7,1 %
  • Outaouais : 7,2 %
  • Lanaudière : 7,2 %

 

Les régions où le taux de chômage a monté en 2012 :

  • Laval : 7,4 %
  • Estrie : 7,9 %
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean : 9,4 %
  • Montréal : 10,1 %
  • Mauricie : 10,5 %
  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 14,6 %

 

Cela dit, les économistes sont d’avis que la situation ne va pas perdurer. Parlant pour l’ensemble du Canada, l’économiste Matthieu Arseneau de la Nationale affirmait vendredi qu’il demeure « sceptique quant à la durabilité de ces gains en raison de la volatilité des données sur l’emploi ».

Chez Desjardins, l’économiste Joëlle Noreau disait ceci : « Bien que les données économiques s’améliorent au sud de la frontière, les préoccupations entourant le contexte budgétaire laissent encore bien des inquiétudes quant à la performance de l’économie américaine cette année. Ce climat de tension amènera bien des hésitations chez les employeurs qui préféreront peut-être jouer de prudence dans les premiers mois de 2013 en limitant à la fois les investissements et les embauches. »

Une fois de plus, ce début d’année s’amorce sur une série de doutes, qui laissent croire qu’une croissance durable et soutenable peut s’installer, mais les risques demeurent assez nombreux pour faire dérailler, encore une fois, ce qui peut ressembler à une reprise. N’est-ce pas très prudent comme projection pour 2013?