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Comme c’est souvent le cas, le gouvernement du Québec procède le jour de la fête des Travailleurs à une hausse du salaire minimum. Hausse cette année de 20¢, à 10,35 $ l’heure.

Pendant ce temps, aux États-Unis, le président Obama cherche lui aussi à faire approuver une augmentation du salaire minium, avalisée par la majorité des Américains. Selon un sondage New York Times/CBS News, réalisé en février, les deux tiers des gens interrogés appuyaient la proposition du président d’augmenter le salaire minimum de 7,25 $ à 10,10 $ l’heure. La proposition est morte au Sénat toutefois, les républicains l’ayant totalement rejetée.

Dans ce débat, la question qui revient inlassablement est la suivante : est-ce que c’est une bonne chose d’augmenter le salaire minimum?

La gauche et les syndicats répondent oui! Le salaire minimum est une base pour assurer un salaire décent à bon nombre de travailleurs. Cela dit, selon plusieurs analystes, ce n’est pas assez. Un emploi au salaire minimum à temps complet ne permet même pas de dépasser le seuil de faible revenu.

Une certaine partie de la droite et le patronat sont d’avis contraire : le salaire minimum est contre-productif, ralentit l’embauche, appauvrit les entreprises.

Encore une fois, la nuance s’invite dans le débat.

Prenez d’abord les statistiques sur les revenus des travailleurs qui ont un diplôme du secondaire, des données publiées par Statistique Canada lundi. On apprend que l’écart de salaire entre ces diplômés et les titulaires d’un baccalauréat se rétrécit. Voici le constat :

Pour chaque dollar gagné par les jeunes hommes titulaires d’un baccalauréat en 2010-2012, les jeunes hommes diplômés du secondaire recevaient 75 ¢, en hausse par rapport aux 68 ¢ gagnés en 2000-2002. Les femmes diplômées du secondaire, quant à elles, ont vu leur proportion augmenter pour passer de 64 ¢ en 2000-2002 à 68 ¢ en 2010-2012.

L’une des raisons qui expliquent cette situation, ce sont les augmentations du salaire minimum réel au fil des années, selon Statistique Canada. Ça vient expliquer « environ le tiers de la réduction de l’écart salarial chez les jeunes femmes », affirme l’organisme, qui précise qu’il n’y a pas eu d’impact chez les jeunes hommes.

Cela dit, il faut savoir que l’effet sur l’économie d’une hausse du salaire minimum dépend du niveau d’augmentation. Selon une étude publiée en février par le Bureau d’enquête sur le budget du Congrès américain, une organisation non partisane et jugée très crédible par les économistes, sans la hausse souhaitée par le président Obama, il y aurait 500 000 emplois de plus dans l’économie au deuxième trimestre de 2016. Mais cette hausse sortirait 900 000 familles américaines de la pauvreté et viendrait augmenter la rémunération de 16,5 millions de travailleurs à faible revenu.

Voilà la nuance : une forte hausse du salaire minimum a un impact négatif sur l’ensemble du marché de l’emploi et de l’économie. Elle réduit toutefois les inégalités en tirant vers le haut les plus démunis. Autrement dit, la hausse du salaire minimum peut avoir un certain impact économique sur la croissance des entreprises et l’embauche. En retour, c’est assurément un outil qui contribue à lutter contre la pauvreté.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Alors que la reprise économique aux États-Unis semble finalement prendre racine, les membres du Congrès à Washington n’ont rien trouvé de mieux que de bloquer le fonctionnement normal du gouvernement fédéral et de mettre en péril cette fragile relance. Cinq ans après le déclenchement de la crise financière, l’économie américaine tente toujours de retrouver son envol. Cette fois-ci semblait la bonne…

Plusieurs places publiques sont fermées en raison de l'impasse budgétaire aux États-Unis.J’ai sorti beaucoup de chiffres, des évaluations de différentes institutions qui essaient de calculer l’effet possible de la paralysie gouvernementale aux États-Unis sur l’économie. Le groupe IHS évalue à 300 millions de dollars les pertes quotidiennes. La croissance du PIB américain sera réduite de 0,3 point de pourcentage si la crise dure deux semaines selon la TD. L’impact économique devrait s’accélérer si ça dure plus longtemps. Selon Moody’s, si la paralysie s’étend sur un mois complet, la croissance sera entamée de 1,4 point de pourcentage.

Derrière les chiffres, il y a des réalités, encore une fois. Il y a plus de 800 000 fonctionnaires qui n’ont plus de paie! C’est 800 000 ménages qui sont pris en otage par les membres du Congrès aux États-Unis qui ne s’entendent pas sur le financement de la réforme de la santé du président Obama.

Il y a pire encore. Le Wall Street Journal écrivait mardi qu’environ trois employés sur quatre des Instituts de la santé (NIH) aux États-Unis sont en congé forcé. Résultat, écrit le journal : le directeur Francis Collins a déclaré qu’environ 200 patients qui sont admis à des séances de tests cliniques du NIH chaque semaine ne pourront pas être reçus. Ça comprend une trentaine d’enfants, la plupart d’entre eux atteints du cancer.

Le président américain, Barack Obama, le 1er octobre, à WashingtonLa crédibilité du système budgétaire américain est en jeu. Ça fait trois ans que l’opposition entre démocrates et républicains ralentit le fonctionnement normal de l’État. Le président a du mal à faire avancer ses projets, tandis que les membres du Tea Party à l’intérieur du Parti républicain exigent des compressions budgétaires importantes avant de faire quelque compromis que ce soit. Qui a tort? Qui a raison? Je vous laisse juger.

Mais, il faut faire un constat. Ce système nuit à l’économie en ce moment. Et c’est la Réserve fédérale qui doit compenser en maintenant son intervention massive dans les marchés avec l’achat de 85 milliards de dollars de bons du Trésor et d’obligations tous les mois. Cette intervention est saluée par les uns, critiquée par d’autres, mais elle n’est pas sans conséquence. Elle maintient peut-être les coûts d’emprunt à de très faibles niveaux aux États-Unis, ce qui allège le point des intérêts sur la dette américaine. Elle pourrait aussi créer une forte inflation dans les prochaines années.

Il est difficile d’être optimiste quand on voit le comportement du Congrès dans le dossier de la paralysie budgétaire. D’ici le 17 octobre, républicains et démocrates doivent s’entendre pour relever le plafond légal de la dette du pays. S’il n’y a pas d’entente, le gouvernement ne sera plus en mesure d’emprunter normalement sur les marchés, comme tous les gouvernements doivent faire. Et Washington pourrait se retrouver en défaut de paiement.

Et qui va payer pour ce énième fiasco, au bout du compte, pensez-vous?

Relativiser la dette américaine…

Vendredi 25 janvier 2013 à 13 h 30 | | Pour me joindre

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Bien à gauche, on la minimise. Bien à droite, on l’exagère! La dette américaine soulève les passions! Le plafond de la dette dépasse maintenant les 16 000 milliards de dollars et, une fois de plus, l’enjeu provoque des affrontements entre républicains et démocrates à Washington. La situation s’est apaisée ces derniers jours, mais une joute politique non productive pourrait malheureusement reprendre bientôt.

Le président américain Barack Obama avec, à sa droite, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, John Boehner, et le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner Il faut dire que le niveau de la dette est passé de 46 à 103 % du PIB en cinq ans aux États-Unis. C’est impressionnant. C’est un bond énorme, spectaculaire, terrifiant diront certains. Mais… mais il faut aller au-delà des chiffres!

Cette formidable poussée de l’endettement aux États-Unis est attribuable à la crise financière, à la Grande Récession et aux milliers de milliards de dollars que le gouvernement américain a dû injecter dans ses banques, dans l’industrie automobile, dans l’économie et dans les marchés financiers pour sauver le pays!

Aussi, cette incroyable progression de l’endettement américain s’est accompagnée d’une tout aussi incroyable progression de l’endettement des autres pays occidentaux. Le ratio de la dette par rapport au PIB a doublé en Allemagne, en Espagne, au Canada (en comprenant les provinces) et a progressé de 15 à 40 % en France, en Grèce, en Italie et au Japon, pour ne nommer que quelques-uns des grands pays.

Dette / PIB                    2007     2011

Allemagne                    41           81

France                           67          86

Grèce                           125        165

Espagne                        30          69

Italie                             105        120

Japon                           150        206

Canada                          40          84  (dettes fédérale et provinciales)

Canada                          30          34  (dette fédérale seulement)

Sources : Université de Sherbrooke, FMI

Ce qui est important pour les agences de notation et pour les opérateurs de marché, c’est la crédibilité du processus budgétaire d’un gouvernement, ce sont les perspectives de croissance et la capacité de l’État à rembourser normalement la dette et les intérêts qui y sont associés.

La chicane politique aux États-Unis a beaucoup plus d’effet que le niveau de la dette à 103 % du PIB. Les États-Unis sont en croissance. La situation économique ne cesse de s’améliorer, même si c’est lent, inégal et fragile. Les pouvoirs politique et monétaire peuvent agir avec vigueur pour stimuler l’économie et le crédit.

Le vrai problème aux États-Unis, il est idéologique et partisan. L’intérêt des uns et des autres au Congrès semble primer sur l’intérêt réel de l’économie américaine. C’est ce qui fait que nous avons connu un psychodrame sur le plafond de la dette à l’été 2011 qui a failli replonger les États-Unis en récession. Et c’est pour ça aussi qu’on a connu un nouvel épisode de cette mauvaise série au cours des derniers mois, qu’on a appelé « le précipice budgétaire ».

Il faut s’intéresser aux faits. La note de crédit des États-Unis a été abaissée par une seule agence en 2011, ce qui n’a pas fait broncher d’un cheveu les marchés. Washington peut emprunter à sa guise sur les marchés, à faibles taux d’intérêt et la demande demeure très forte. Et les agences maintiennent la note parfaite du pays.

Alors, comment se fait-il que le niveau d’endettement actuel ne provoque pas une montée des coûts d’emprunt? Comment se fait-il que les agences de notation n’expriment pas avec angoisse leur inquiétude face à ce taux d’endettement, qui dépasse les 100 % et qui a augmenté rapidement?

La réalité, c’est que l’économie américaine est encore sous perfusion des autorités politiques et monétaires. La réalité aussi, c’est que les États-Unis remboursent leur dette sans faillir et que son plan de réduction du déficit est jugé crédible. Le seul danger, c’est une autre crise politique au Congrès.

Entre minimiser le problème de la dette et en exagérer sa portée, il faut relativiser.

Obama : présider un pays en crise

Lundi 21 janvier 2013 à 12 h 55 | | Pour me joindre

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Le premier mandat de Barack Obama aura été marqué par des mois d’angoisse pour des millions d’Américains, puisque s’est étirée jusqu’à l’été 2009 la pire récession aux États-Unis depuis la Grande Dépression des années 30. L’essentiel des quatre ans du président Obama aura été consacré à des stratégies de relance de l’économie.

Le président américain Barack Obama

Mais le travail a été ardu. Et les résultats, mitigés. Dans un contexte où la Chambre des représentants était dominée par les républicains, il a été difficile pour le président de mettre en œuvre le plan de relance qu’il souhaitait adopter. Il a dû faire des compromis et, à couper la poire en deux chaque fois, on est arrivé à des résultats en demi-teinte.

 

Ce mandat a été marqué aussi par deux conflits politiques majeurs : celui sur le relèvement du plafond de la dette, qui a mené à la décote de la dette du pays. Et puis, celui appelé le « précipice budgétaire », un péril qui allait survenir le 1er janvier 2013 si républicains et démocrates ne s’entendaient pas sur de nouvelles mesures budgétaires. Une entente a été conclue, mais ce dossier est loin d’être réglé. Des accords doivent survenir sur les dépenses à couper et sur le plafond de la dette.

En fait, soyons francs et clairs : les États-Unis travaillent encore à leur sortie de crise. La Réserve fédérale imprime par milliards des billets en rachetant des bons du Trésor américain, question de stimuler le marché obligataire, de maintenir un haut niveau de liquidité et d’assurer un accès normal au crédit pour les banques, les entreprises et les individus.

Plusieurs craignent un emballement inflationniste avec cette injection monétaire massive. Théoriquement, ils ont raison. Mais, comme l’explique souvent Paul Krugman du New York Times, l’économie américaine est encore dans un état de dépression. Ou, du moins, elle en sort à peine. Que ce mot décrive une situation bien réelle ou qu’il en exagère la réalité, il n’en demeure pas moins que les troubles inflationnistes potentiels semblent bien mineurs à côté des problèmes fondamentaux qui affligent l’économie américaine.

Le chômage est au même point, quatre ans plus tard. Des millions d’emplois perdus n’ont pas été remplacés. Le revenu moyen des ménages a baissé, comme la valeur de leur patrimoine immobilier. Le chemin est encore long pour une reprise économique durable et le retour à une croissance forte et stable dans le pays le plus riche du monde.

Souhaitons, pour l’Américain moyen, que les décideurs à Washington sachent adopter les mesures nécessaires qui assureront leur prospérité, leur protection et leur bonheur. Et, comme c’est important de le rappeler, et comme il l’a rappelé lui-même dans son discours d’assermentation : une société plus verte. Le défi écologique est le défi économique du 21e siècle. Et, alors qu’il doit remettre sur ses rails l’économie de son pays, le président Barack Obama doit aussi orchestrer un plan de match crédible et ambitieux pour réduire de façon importante les émissions de gaz à effet de serre.

Les armes : une industrie prospère

Lundi 17 décembre 2012 à 13 h 08 | | Pour me joindre

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La tragédie de Newtown, au Connecticut, relance sérieusement le débat sur la possession des armes aux États-Unis et leur accès relativement facile. C’est une industrie rentable, qui ne cesse de croître.

Il faut le dire : la production et la vente d’armes aux États-Unis occupent une place relativement importante dans l’économie du pays. Partout, sur le territoire, des centaines de milliers de personnes vivent de cette industrie. Passez la frontière et vous tomberez dès le premier village sur une boutique d’armes à feu, c’est garanti.

Il y a 300 entreprises qui fabriquent des armes aux États-Unis et qui empochent des revenus d’environ 6 milliards de dollars par année. En 2010, les manufacturiers américains ont produit 5 459 240 armes à feu, armes d’épaule, pistolets, carabines, etc..

De ces fabricants, les deux plus gros sont en bourse : il s’agit de Smith & Wesson Holding Corporation, dont le carnet de commandes atteignait une valeur de 187 millions de dollars à la fin de 2011 à la suite d’un quatrième trimestre record. L’autre gros joueur, c’est Sturm, Ruger & Company, qui indiquait en 2011 qu’elle était sur le point de devenir la première entreprise américaine à vendre plus de un million d’unités. Pour l’occasion, elle annonçait alors qu’elle allait verser 1 $ pour chaque arme vendue au lobby américain des armes, la National Rifle Association.

Il s’est vendu 10,8 millions d’armes aux États-Unis en 2011. C’est une hausse de 14 % par rapport à 2010.

Il y a, chez nos voisins du sud, 130 000 vendeurs d’armes. C’est 32 fois plus de boutiques d’armes que de magasins Walmart. Il y a 145 000 stations d’essence.

On compte 270 millions d’armes enregistrées aux États-Unis. C’est 89 armes par tranche de 100 personnes.

Ces chiffres sont impressionnants. Ils sont révélateurs de l’importance des armes dans la culture américaine et expliquent aussi le poids relatif que les armes occupent dans l’économie de ce pays. Mais, comme le président des  États-Unis l’expliquait hier soir à Newtown, ils ne peuvent pas servir de prétexte pour éviter un débat réel sur les armes et pour justifier l’inaction.

Le président américain Barack Obama lors de la cérémonie oecuménique du 16 décembre 2012

« Peut-on vraiment dire, comme nation, a dit le président, que nous respectons nos obligations? Peut-on honnêtement dire que nous en faisons assez pour protéger nos enfants? Peut-on clamer, comme nation, que tous ensemble, nous leur faisons savoir qu’ils sont aimés et que nous savons leur montrer à aimer en retour? Peut-on dire que nous en faisons vraiment assez pour donner à chaque enfant de ce pays la chance qu’il mérite de vivre dans la joie et dans l’espoir? »

La fin du monde n’est pas le 21 décembre comme l’attendent plus ou moins sérieusement plusieurs commentateurs. C’est plutôt le 1er janvier! Ça se passe aux États-Unis et ça se nomme le fiscal cliff, qu’on traduit chez nous par l’expression « précipice budgétaire ».

À Washington D.C. le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a appelé le président Obama à collaborer avec les républicains de la Chambre.En fait, cette histoire-là est devenue une obsession totale aux États-Unis. Si on ne réussit pas à éviter le choc fiscal provoqué par le précipice budgétaire, l’économie américaine va replonger en récession, entraînant avec elle l’économie mondiale. C’est ce qu’annoncent les experts, les gens de la bourse, les économistes, les analystes…

Le pire est à prévoir, nous dit-on. L’humeur des opérateurs de marché est instable et varie au rythme des déclarations, tantôt optimistes du président démocrate Barack Obama, tantôt déprimantes du président républicain de la Chambre des représentants John Boehner. Et vice versa! Il reste 28 jours avant le 1er janvier 2013. La chaîne d’affaires américaine CNBC nous fait un décompte en temps réel (jour, heures, minutes, secondes) avant le jour J.

Qu’en est-il?

Le président Barack Obama, dans une usine de Hatfield,  explique sa stratégie pour éviter le mur fiscal.

Si une nouvelle entente budgétaire entre démocrates et républicains n’est pas conclue d’ici le 1er janvier 2013, c’est toute une série de hausses d’impôts qui entreront en vigueur automatiquement et des coupes draconiennes qui seront appliquées dans les dépenses publiques. Les mesures suivantes se produiront :

  • Hausse de 3 points de pourcentage des différents niveaux d’impôts (avec l’annulation des baisses d’impôts annoncées par George W. Bush, renouvelées par Barack Obama);
  • Compressions dans les programmes discrétionnaires du budget de 2011;
  • Abolition de certaines exemptions fiscales;
  • Réduction des paiements pour le programme « Medicare » aux médecins, programme qui assure aux aînés l’accès à leur médecin;
  • Fin de la baisse de 2 % des coûts de sécurité sociale;
  • Fin des mesures d’urgence pour les personnes sans emploi;
  • Ajout de nouvelles taxes pour financer le secteur de la santé;

Le bureau du budget du Congrès, un organisme indépendant, affirme que l’application de ces mesures provoquerait un ralentissement sérieux de l’économie. Ainsi :

  • Le déficit passerait de 1128 milliards de dollars en 2012 à 641 milliards en 2013;
  • La dette par rapport au PIB passerait de 73 % en 2012 à 68 % en 2017;
  • Le pays se retrouverait en récession avec une croissance pour 2013 de  -0,5 %;
  • Le taux de chômage remonterait jusqu’à 9,1 % à la fin 2013.

Les Américains ont choisi le démocrate Barack Obama pour diriger les destinées du pays pour un second mandat de 4 ans. Ça lui donne une légitimité renouvelée pour faire avancer son programme, qui prévoit notamment des hausses d’impôts pour les plus riches.

En même temps, les Américains ont donné une majorité aux républicains à la Chambre des représentants, détenteurs à leur tour d’une légitimité pour mettre de l’avant des projets de loi qui correspondent à leurs valeurs et à leurs attentes.

Surtout, le président Obama et les républicains ont le devoir moral de trouver rapidement des solutions et des lieux d’accord pour éviter que l’économie américaine, qui demeure blessée et fragile, ne retombe encore en récession. Les seules craintes provoquées par le « crêpage de chignon » entre les deux partis convainquent les entreprises d’attendre avant d’investir.

Ça ralentit déjà l’économie. Et ça se répercute sur l’économie canadienne en passant…

États-Unis : incertitude au Canada

Mercredi 7 novembre 2012 à 11 h 02 | | Pour me joindre

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La réélection du démocrate Barack Obama et un Congrès toujours divisé à Washington nous obligent à constater que le Canada et le Québec sont, une fois de plus, plongés dans l’incertitude. Les États-Unis demeurent notre premier client et partenaire économique. Sans vouloir exagérer la situation, la suite des choses demeure tout à fait incertaine pour nos exportateurs, pour nos manufacturiers et pour l’économie dans son ensemble.

Pour trois raisons :

1- Un précipice fiscal attend les Américains le 1er janvier prochain, dans moins de deux mois. De quoi s’agit-il? D’une hausse d’impôt et d’une réduction draconienne des dépenses publiques. Ce sont des mesures automatiques qui entreront en vigueur si le Congrès ne s’entend pas sur de nouvelles lois. Une hausse brusque des charges fiscales accompagnée d’une coupe brutale dans les investissements de l’État pourrait plonger le pays en récession selon plusieurs économistes. Une telle situation aurait un impact sur la demande de produits canadiens.

Barack Obama, grand vainqueur de l'élection présidentielle américaine2- Le protectionnisme américain est au coeur de la réforme industrielle des États-Unis. Mon collègue animateur de Classe économique, Jean-Sébastien Bernatchez, rappelait à juste titre il y a quelques jours à la radio que le président Obama avait exposé clairement son jeu dans son dernier discours sur l’état de l’Union : vous ramenez des emplois aux États-Unis, vous pouvez être assurés du soutien du gouvernement. Il avait même donné l’exemple d’une entreprise qui venait de déplacer des emplois du Canada aux États-Unis. Le soutien au secteur manufacturier passe par de fortes subventions et des soutiens fiscaux pour les entreprises qui fabriquent aux États-Unis et qui emploient des Américains.

C’est ainsi que Barack Obama veut stopper les délocalisations vers les pays émergents et ramener et créer des emplois aux États-Unis. Et ça se fait aussi au détriment du Canada comme on l’a vu dans l’affaire Electrolux. Les autorités publiques américaines ont donné pour plus de 130 millions de dollars à l’entreprise pour qu’elle déménage son usine de L’Assomption, au Québec, à Memphis, au Tennessee.

La politique protectionniste du président oblige aussi les entreprises d’ici à s’installer en sol américain pour avoir accès aux contrats ou aux soutiens publics. Il ne faut pas minimiser cette situation. Barack Obama est déterminé et très agressif sur ce plan. Et cette stratégie est gagnante partout aux États-Unis, que vous soyez démocrate ou républicain.

3- Il n’est pas encore clair que le président démocrate donnera son aval à la construction de l’oléoduc Keystone, qui doit permettre d’acheminer le pétrole des sables bitumineux vers le sud des États-Unis.  Les analystes croient que Washington donnera son aval au début de 2013. En même temps, Barack Obama a exprimé très clairement son engagement à développer le gaz naturel et à réduire les subventions pour l’industrie pétrolière. L’Alberta garde un espoir réel pour Keystone. Mais l’incertitude, pour l’instant, persiste.

Cela dit, tout n’est pas noir, loin de là. Si la part des exportations canadiennes vers les États-Unis tend à diminuer, il n’en demeure pas moins que les échanges commerciaux avec les Américains sont fluides. Les électeurs du Michigan ont donné leur accord à la construction d’un nouveau pont entre Détroit et Windsor. Cela est un signal fort en faveur du commerce entre les deux pays. De plus, plusieurs experts craignaient que les coupes sociales qui étaient prévues par le républicain Mitt Romney, ainsi qu’une politique extérieure plus dure au sujet de l’Iran et de la Chine, aient augmenté les possibilités de récession chez nos voisins du sud. Ce scénario n’a pas été retenu finalement.

Puis, et je termine là-dessus, le professeur Pierre Martin de l’Université de Montréal a écrit un papier fort instructif à la fin octobre sur l’impact économique des choix politiques des Américains. On y apprend que, contrairement à la croyance populaire, le Canada profite généralement beaucoup plus de la présence d’un démocrate à la présidence que d’un républicain.

Ainsi, en moyenne, depuis 1961, la croissance du PIB au Canada dans l’année suivant l’élection d’un président démocrate est de 2,92 % alors qu’elle n’est que de 1,34 % quand le président élu est un républicain. Aussi, sous les administrations démocrates, le taux de chômage au Canada a été 1,1 point de pourcentage inférieur à celui sous les administrations républicaines. Et surtout, depuis les années 50, la production manufacturière du Canada a progressé de 5,7 % en moyenne par année sous un président démocrate comparativement à 1,7 % sous un président républicain.

À suivre…

Obama ou Romney, donc?

Lundi 5 novembre 2012 à 13 h 40 | | Pour me joindre

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L’élection présidentielle est cruciale pour l’avenir socioéconomique des États-Unis. Le pays doit retrouver le chemin de la croissance pour espérer relancer un marché de l’emploi fort et solide. Pour l’instant, la croissance de l’emploi est trop faible et les emplois créés sont moins rémunérateurs et moins sûrs que ceux qui ont été perdus dans la foulée de la grande récession.

Comment stimuler l’économie américaine? Comment dégonfler le déficit, qui dépasse en ce moment les 1000 milliards de dollars par année? Comment amoindrir les écarts de richesse qui provoquent des inégalités sociales exceptionnelles? Et comment les États-Unis peuvent-ils réduire leur dépendance au pétrole étranger et surtout au pétrole tout court?

Barack Obama de passage à Springfield en Ohio

Les principales mesures économiques de Barack Obama

  • Hausse d’impôts pour les plus fortunés (taux de 33 % à 36 %, taux de 35 % à 39,6 %).
  • « Buffett rule » en référence au taux d’impôt de Warren Buffett plus faible que celui de sa secrétaire : taux réel d’impôt de 30 % pour les millionnaires.
  • Investissements : infrastructures, éducation, innovation.
  • Coupes dans la défense.
  • Crédit d’impôt pour les entreprises qui rapatrient des emplois aux États-Unis.
  • Développement du gaz naturel.
  • Fin des subventions au secteur pétrole, mais développement tout de même.
  • Augmenter le nombre de diplômés.

Mitt Romney, prenant une pause au cours d'une visite dans une usine de Worthington, en Ohio.

Les principales mesures économiques de Mitt Romney

  • Baisse d’impôts pour les ménages : réduction de 20 % de tous les taux marginaux.
  • Baisse du taux le plus élevé pour les entreprises de 35 à 25 %.
  • Équilibre budgétaire : coupes sociales et l’assurance maladie (Obamacare).
  • Oui à l’oléoduc Keystone (entre l’Alberta et le Texas).
  • Développement énergétique (réduction de la réglementation).
  • Amélioration des programmes de formation.
  • Plus de dépenses dans la Défense.
  • Des éléments de politiques extérieures (affrontement possible avec l’Iran, sanctions possibles contre la Chine) pourraient avoir des répercussions économiques.

 

Peu importe le gagnant, il souhaitera certainement avoir les coudées franches pour mettre en place son plan de match économique, et donc compter sur un Congrès qui lui est favorable. Le prochain président devra :

  1. Éviter le choc fiscal qui pourrait survenir le 1er janvier avec l’annulation automatique des baisses d’impôt annoncées par George W. Bush et la réduction instantanée de plusieurs dépenses publiques, qui stimulent en ce moment l’économie.
  2. Composer avec une économie mondiale qui ralentit : Europe en récession, croissance chinoise toujours un peu moins forte.
  3. Stimuler l’économie intérieure par des mesures ciblées dans le secteur manufacturier notamment, des mesures que plusieurs considèrent comme étant une approche protectionniste, qui semble toutefois permettre aux États-Unis de regagner du terrain dans le secteur de la fabrication.
  4. Et développer une stratégie énergétique efficace : comment se libérer du pétrole, toujours plus difficile à extraire, se libérer du pétrole étranger de plus en plus orienté vers la demande des émergents, surtout la Chine, développer des énergies plus propres comme le gaz naturel et l’éolien?

Alors, vos pronostics?

Sources : Pierre Fournier (Banque Nationale), Francis Généreux (Desjardins), Frédérick Gagnon (UQAM)

Obama : un bilan mitigé

Vendredi 2 novembre 2012 à 11 h 20 | | Pour me joindre

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Si on ne fait que regarder les chiffres, ils ne sont pas très bons. Mais si vous me permettez une image tirée tout droit du baseball, Barack Obama est arrivé au pouvoir début 2009, comme s’il arrivait au milieu de la septième manche et que c’était 6-0 pour l’autre équipe! Vous comprendrez que la pente était raide à remonter!

Le président sortant Barack Obama répond aux questions des citoyens américains lors du deuxième débat télévisé. Relancer une économie ravagée par une crise sans précédent depuis 1929 n’était pas de tout repos. Au final, les États-Unis ont perdu 624 000 emplois sous Barack Obama, mais il faut dire que la chute de l’emploi s’était amorcée avant son arrivée. Par rapport à la fin 2007, il y a environ 4 millions d’emplois en moins aux États-Unis.

La reprise du marché du travail n’a pas été à la hauteur des attentes des Américains. Depuis la crise de 1929, jamais un président n’a affiché un bilan aussi négatif. Même le rebond de 171 000 emplois du mois d’octobre, qui pourrait rassurer le président Obama, ne change pas la donne. Il en faut plus pour se convaincre d’une reprise durable.

  • Emplois : -624 000
  • Déficit : 1100 milliards $ (+151 %)
  • Dette : 70 % du PIB (c’était 35 % en 2009)
  • Croissance annuelle moyenne : 0,7 % (3,1 % depuis 1953)
  • Revenu médian : 50 678 $ (+0,2 %)
  • Pouvoir d’achat pour le ménage médian : -8,2 %
  • Décote de la dette du pays par Standard and Poors à AA
  • Sources : Desjardins, Bloomberg Business Week

Cela dit, le mandat du président se termine tout de même sur une note d’espoir. La hausse de l’emploi est plus forte qu’attendu et dépasse la moyenne mensuelle des deux dernières années. De plus, le marché immobilier semble être en reprise et la confiance des Américains est à son plus haut en cinq ans. Il y a là des signaux encourageants.

Et, il faut le dire, après la chute spectaculaire des marchés, ce qui a le plus profité des investissements publics et de l’intervention massive de la Réserve fédérale dans le marché obligataire, c’est la bourse! Le S&P 500 a repris environ 70 % de sa valeur depuis son creux de 2009.

Lundi : les perspectives économiques, ainsi que les programmes de Barack Obama et de Mitt Romney.

Obama : éducation, emplois, espoir…

Mercredi 25 janvier 2012 à 11 h 30 | | Pour me joindre

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En cette année électorale aux États-Unis, Barack Obama a livré, mardi soir, un discours inspiré et inspirant aussi pour ceux qui recherchent une plus grande justice sociale et économique.

Deux éléments importants : l’éducation et les impôts.

Dans un pays où les inégalités ne cessent de grandir, où les jeunes issus de milieux pauvres qui réussissent à l’école ont moins de chance de terminer leurs études que les enfants riches moins bons à l’école, dans ce pays au rêve fané, le président des États-Unis annonce que l’avenir passe par l’éducation, par l’accès à l’éducation.

Il propose d’obliger les jeunes à terminer leurs études secondaires ou d’aller à l’école jusqu’à au moins 18 ans. C’est un minimum pour espérer une vie meilleure, plus confortable. Et Barack Obama va plus loin : il demande aux États et aux communautés de tout faire pour favoriser l’accès à l’éducation, et aux institutions d’enseignement de cesser d’augmenter leurs droits de scolarité. C’est une question de responsabilité sociale.

Puis, deuxième point important : le président demande aux riches de payer leur juste part d’impôts. Que le multimillionnaire Mitt Romney, candidat à l’investiture républicaine en vue de la présidentielle de novembre, ne paie même pas 14 % d’impôts sur son revenu, que le multimilliardaire Warren Buffet ne paie qu’un peu plus de 17 % d’impôts sur ses revenus, ce n’est pas normal. Il faut, au minimum, un taux effectif de 30 %. Peut-on être en désaccord avec une proposition de justice fiscale?

Surtout, Barack Obama s’est présenté devant le Congrès, porté par l’espoir que l’économie américaine est en train de se replacer. Le niveau d’insatisfaction est élevé aux États-Unis, la réélection du président en novembre n’est pas du tout garantie, mais Barack Obama a raison de croire que la pénible reprise de l’économie américaine est peut-être engagée pour vrai.

Le président n’a pas manqué d’ailleurs de souligner ce qui est sans doute le succès le plus important de sa présidence : la reprise spectaculaire des fabricants américains d’automobiles. Elle a été rendue possible par le soutien financier de l’État. Aujourd’hui, a souligné Barack Obama, GM est redevenue le champion mondial de l’automobile. C’est une entreprise rentable et des centaines de milliers d’emplois ont été préservés grâce à l’intervention massive du gouvernement américain et, dans une moindre mesure, des gouvernements Harper et McGuinty au Canada.

L’injection de près de 800 milliards de dollars dans l’économie en 2009 commence également enfin à porter ses fruits. Selon le gouvernement américain, en s’appuyant sur les informations fournies par les bénéficiaires des fonds publics octroyés en vertu du « Recovery Act », ce plan gouvernemental a permis la création de 402 900 emplois au 30 septembre dernier.

Il s’est créé 1,6 million d’emplois en 2011 aux États-Unis, le taux de chômage est à son plus bas en près de 3 ans, la croissance cette année aux États-Unis sera la plus forte des pays du G7, les entreprises font de l’argent, ont beaucoup de liquidités et semblent prêtes à investir.

Et le président américain promet de les appuyer encore si elles investissent aux États-Unis, embauchent aux États-Unis et si certaines vont jusqu’à ramener des emplois aux États-Unis.

Alors, oui, l’espoir semble être de retour chez nos voisins du sud. Barack Obama, dont la popularité n’a cessé de chuter depuis son accession au pouvoir, ne peut plus décevoir ses concitoyens.