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Mercredi 19 mars 2014 à 12 h 32 | | Pour me joindre

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Stephen Poloz

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a prononcé un discours important mardi à Halifax qui rejoint un constat de plus en plus répandu parmi les économistes : nous sommes appelés à connaître une faible croissance économique au cours des prochaines années. Ce sera le cas dans la plupart des pays occidentaux, dont au Canada.

Plusieurs membres de l’Association des économistes du Québec, comme Jean-Pierre Aubry, François Delorme ou Jean-Pierre Furlong, nous ont déjà parlé du nouveau paradigme qui se dessine : nous entrons, pour plusieurs raisons, dans une phase de croissance lente. L’économiste de l’UQAM Éric Pineault va plus loin et nous a parlé, lui, de stagnation économique.

Selon Stephen Poloz, « l’action conjuguée des forces démographiques et des retombées de la crise financière mondiale […] limite la croissance économique. […]L’économie mondiale ne souffre peut-être pas seulement d’une gueule de bois due à un lendemain de crise financière. D’autres forces à plus long terme sont aussi à l’œuvre ».

Il établit trois défis qui s’articulent au même moment : la morosité de la demande mondiale, les baby-boomers qui commencent à prendre leur retraite et l’augmentation du niveau d’épargne. « Lorsqu’un large pan de la population prend des décisions similaires, a dit le gouverneur Poloz devant un groupe de gens d’affaires, les conséquences de celles-ci sur l’ensemble de l’économie peuvent être notables. »

Lors de la conférence de presse après sa présentation, il est allé plus loin en expliquant que la marge de manœuvre est mince pour les banques centrales du monde. Difficile de baisser davantage les taux d’intérêt pour tenter de stimuler l’économie, alors que des forces s’attaquent aux structures mêmes de l’économie et peuvent venir annuler en quelque sorte une partie de l’impact habituel d’une baisse de taux.

Au cours des 30 dernières années, les baby-boomers travaillaient, ils ont stimulé l’économie, a-t-il dit. Aujourd’hui, nous assistons à un renversement de la tendance démographique. « Si vous voulez critiquer les baby-boomers pour l’avenir (parce qu’ils partent à la retraite), vous devez leur donner du crédit pour le passé! » Mais le passé étant déjà bien consommé, on n’a pas trop le choix de s’intéresser à l’avenir et de le regarder avec lucidité, n’est-ce pas?

Dans les circonstances, Stephen Poloz affirme que les gouvernements doivent être très prudents dans leurs actions. Il faut qu’ils mesurent correctement l’impact des décisions qui ont pour but de réduire la stimulation économique. Et ils doivent continuer d’améliorer l’environnement d’affaires pour les entreprises, en misant notamment sur le libre-échange, a-t-il indiqué.

Le Canada doit aussi composer avec une donne supplémentaire : la migration interprovinciale qui accentue les difficultés pour certaines provinces. Ce phénomène est exacerbé par le fait que l’économie canadienne fonctionne à « deux vitesses », selon Stephen Poloz, soit l’économie de l’énergie et le reste de l’économie canadienne.

Ces propos confirment les récentes observations des économistes Jacques Parizeau, Marc Van Audenrode, Pierre Fortin à propos de la situation du Québec. Le vieillissement de la population se fait plus rapidement au Québec qu’ailleurs au pays. Une quantité importante de travailleurs vont quitter la population active pour aller à  la retraite. Nécessairement, cela nuira à la croissance de l’emploi et de l’économie. En parle-t-on en campagne électorale?

Entre 2 taux…

Mercredi 22 janvier 2014 à 13 h 53 | | Pour me joindre

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Depuis le temps qu’on nous raconte que les taux d’intérêt vont monter, voilà que dans la même semaine, on apprend que les banques baissent leurs taux hypothécaires et que la Banque du Canada maintient la possibilité d’une baisse de son taux directeur. Docteur, que se passe-t-il?

D’abord, la Banque du Canada.

L’institution a fait le point sur sa politique monétaire mercredi matin et les économistes ont conclu, pour la plupart, que la banque centrale se montre un peu plus préoccupée par la faiblesse de l’inflation au pays. La modeste hausse des prix depuis plusieurs mois ralentit l’économie. C’est des revenus moins importants que prévu pour les entreprises et pour les gouvernements, c’est moins d’argent injecté dans l’économie. C’est une croissance du PIB qui est donc plus faible.

En principe, un niveau d’inflation faible pourrait pousser la Banque du Canada à abaisser son taux directeur pour tenter de stimuler la consommation, les dépenses et la demande. Ainsi, une demande plus élevée permettrait aux détaillants par exemple d’augmenter leurs prix, et donc leurs revenus. Ça ferait grimper l’inflation et ça stimulerait l’économie!

L’expression d’une inquiétude sur la faible inflation laisse croire à une baisse possible du taux directeur au Canada, même s’il est peu probable que la banque centrale aille jusque là. L’impact est tangible toutefois : ça fait chuter le dollar canadien. Pendant qu’aux États-Unis et en Europe on assiste à une amélioration de la situation économique, au Canada, le gouverneur de la banque centrale alimente une préoccupation sur la faiblesse de l’inflation.

Résultat : les investisseurs se détournent du Canada, ce qui fait chuter notre dollar, qui est sur le point de tomber sous la barre des 90 ¢US. La Banque du Canada n’est pas étrangère à la chute du dollar, c’est clair, et s’en réjouit presque publiquement! Dans son communiqué aujourd’hui, elle écrit que la dépréciation du dollar canadien « stimule les exportations », d’autant que la demande américaine est en hausse.

Dans sa politique monétaire, la Banque du Canada va plus loin et laisse entendre que le dollar est peut-être à un niveau trop élevé : « Bien que notre monnaie se soit dépréciée au cours des derniers mois, écrit-elle, elle demeure forte et continuera de présenter des défis sur le plan de la compétitivité des exportations canadiennes hors produits de base. »

Et les taux hypothécaires?

Pendant ce temps, des banques canadiennes ont décidé d’abaisser quelques-uns de leurs taux hypothécaires pour la première fois depuis 10 mois.

Le taux directeur de la Banque du Canada influence les taux à court terme sur les emprunts que se font les banques, sur l’argent qui circule entre elles. Le taux directeur oriente aussi généralement le taux préférentiel accordé par les institutions financières, taux qu’on utilise, avec ou sans rabais, pour établir le taux variable hypothécaire.

Les taux hypothécaires fixes sont influencés, pour leur part, par le marché obligataire. Et, en ce moment, les taux d’intérêt sur les obligations sont en baisse, car les dernières données économiques sont moins bonnes qu’attendu, notamment sur l’emploi aux États-Unis.

Ainsi, depuis le début du mois, les taux américains baissent, ce qui entraîne également une réduction des taux canadiens qui ont tendance à suivre le mouvement du marché obligataire américain. Le taux sur une obligation de 5 ans du gouvernement du Canada est passé de 1,95 % le 31 décembre à 1,67 % le 20 janvier.

Dans les circonstances, les coûts d’emprunt sont moins élevés dans le marché, ce qui permet aux institutions financières de baisser leurs taux. Cela dit, les économistes, tout comme le gouverneur de la Banque du Canada, s’attendent à une remontée des taux hypothécaires en 2014. En principe, la croissance américaine devrait s’accélérer et le Canada devrait en profiter.

Alors, deux choses en terminant : 1- le taux de la Banque du Canada n’est pas sur le point de monter. La plupart des économistes sont d’avis que la hausse s’amorcera seulement dans la deuxième moitié de 2015. Et, bien que les taux hypothécaires diminuent ces jours-ci, il semble toujours probable qu’ils sont appelés à augmenter en 2014. Restez à l’écoute…

Chute du dollar : une bonne chose?

Vendredi 17 janvier 2014 à 15 h 45 | | Pour me joindre

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Plusieurs économistes ne se gênent pas ces jours-ci pour exprimer leur satisfaction à voir le dollar canadien chuter. Du printemps 2013 jusqu’aux fêtes, le dollar est passé du niveau de parité avec le dollar américain à 92 ¢US. Le huard est en ce moment à 91 ¢US. Et, à ce rythme, il ne serait pas étonnant de le retrouver bientôt sous la valeur des 90 ¢US.

Évitons de spéculer sur la suite des choses. Expliquons simplement ce qui se passe.

Le dollar est en baisse parce que les mots de la Banque du Canada et de son gouverneur Stephen Poloz favorisent son recul. Pendant que les États-Unis affichent des signaux toujours plus clairs de reprise économique et que la croissance de la zone euro se raffermit lentement, les données des derniers mois au Canada sont plus faibles.

La Banque du Canada dit quatre choses :

  • le marché immobilier ralentit, « atterrissage en douceur » en perspective;
  • les exportations sont décevantes;
  • les investissements des entreprises montent trop lentement;
  • « les risques à la baisse touchant l’inflation semblent plus grands ».

De plus, le gouverneur de la Banque du Canada et le ministre des Finances Jim Flaherty n’hésitent pas à s’exprimer sur le dollar canadien. Les deux hommes semblent se réjouir de la situation, voyant là un potentiel de croissance pour l’économie canadienne.

L’un des outils économiques à la portée de certains pays, c’est d’agir sur la devise. Les Américains l’ont fait sans vraiment le dire. Les Japonais l’ont fait clairement pour faire baisser la valeur du yen afin de stimuler leurs exportations. Et on pourrait penser que le Canada le fait aussi.

Y a-t-il une véritable menace de déflation au Canada? Les économistes y croient peu. Il est clair qu’un très faible niveau d’inflation et l’expression d’une crainte de déflation envoient un message possible de baisse de taux plutôt que de hausse. On a peut-être intérêt à laisser planer cette possibilité, non?

La Banque du Canada va-t-elle baisser ses taux d’intérêt? Encore une fois, les économistes y croient peu. Mais le seul fait que cette possibilité existe, alors qu’aux États-Unis, la banque centrale est en train de réduire son intervention dans l’économie, est suffisant pour faire chuter le dollar canadien par rapport au dollar américain, et vice versa.

Dans une économie qui a beaucoup compté sur les consommateurs aujourd’hui très endettés, la Banque du Canada mise sur les exportateurs. Et la meilleure façon de les aider et de les stimuler, c’est d’encourager un affaiblissement du dollar canadien. C’est pas mal ça qui est en train de se produire…

La carotte, le bâton et le huard

Vendredi 13 décembre 2013 à 15 h 06 | | Pour me joindre

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Malgré tous les avertissements, malgré le resserrement des règles hypothécaires et même si l’économie ralentit, les Canadiens continuent de s’endetter. Le niveau d’endettement des ménages monte moins rapidement que par le passé, mais il monte encore. Au troisième trimestre, ce taux est passé de 163,1 à 163,7 %. Autrement dit, pour chaque tranche de 100 $ de revenu disponible, les ménages ont une dette moyenne de 163,70 $, en incluant le crédit à la consommation et les dettes hypothécaires.

Votre dette, c’est la menace principale dans l’économie canadienne selon plusieurs experts. Le FMI nous le dit souvent : le Canada s’expose à des jours difficiles si une bulle d’endettement se forme et éclate avec une éventuelle hausse des taux d’intérêt.

Dans les circonstances, la Banque du Canada peut difficilement envisager une baisse de taux d’intérêt pour stimuler l’économie. Mais elle ne peut pas non plus les monter compte tenu de la faible croissance du PIB et de l’inflation. C’est un exercice d’équilibrisme intense pour le nouveau gouverneur de la Banque du Canada.

Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, et Gérald Fillion, à droiteD’ailleurs, en entrevue à RDI économie jeudi, Stephen Poloz a admis sans gêne que la banque centrale a joué un rôle dans l’embellie immobilière au pays. Une étude de la Deutsche Bank nous apprenait cette semaine que c’est au Canada que le marché est le plus surévalué dans le monde en raison de la hausse des prix à Toronto et à Vancouver principalement. « C’est vrai que c’est surévalué, a dit Stephen Poloz, mais c’est l’une des conséquences prévisibles de notre politique qui était celle d’avoir plus de dépenses des ménages pour contrebalancer le manque d’exportations durant la récession. »

Stephen Poloz a clairement changé la ligne directrice à la Banque du Canada, tandis que l’économie a montré des signes de faiblesse depuis l’été dernier. Sous Mark Carney, stratégie du bâton, on cherchait à freiner les élans de l’endettement en maintenant une menace de hausse de taux d’intérêt. Sous Stephen Poloz, stratégie de la carotte, on laisse poindre la possibilité de baisser les taux, ce qui a pour effet de faire chuter le dollar canadien.

La banque centrale tente de transférer une partie du soutien à l’économie du consommateur vers l’exportateur qui, en principe, devrait bénéficier d’une baisse du dollar canadien face au dollar américain.

Sur ce sujet-là aussi, Stephen Poloz ne passe pas par quatre chemins : « Nous sommes plus clairs, plus honnêtes, nous avons des incertitudes autour du taux d’inflation et de la trajectoire pour retourner à 2 %. » Et le marché capte le message!

Pour résumer, si Jim Flaherty ne réussit pas à ralentir l’endettement des Canadiens en resserrant les règles hypothécaires et si la Banque du Canada ne peut pas vraiment freiner la consommation, que reste-t-il? Le dollar canadien! Et c’est sur la devise que semble travailler la Banque du Canada pour tenter d’équilibrer et de consolider les sources de croissance pour l’économie canadienne.

Baisse de taux en vue?

Mercredi 4 décembre 2013 à 13 h 27 | | Pour me joindre

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Mark Carney nous disait qu’une hausse de taux allait bientôt être nécessaire. Le nouveau gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz laisse entendre le contraire. Une baisse de taux est de plus en plus possible. Probable? On ne peut pas le dire en ce moment. Mais, possible, certainement. Dans son dernier communiqué, la banque centrale affirme que « les risques à la baisse touchant l’inflation semblent plus grands ».

Ça fait trois ans que la Banque du Canada  maintient son taux directeur au même niveau, à 1 %. L’endettement des Canadiens continue d’augmenter, même si Ottawa a resserré à quatre reprises les règles hypothécaires. La croissance économique est modeste, bien qu’à court terme les nouvelles ont été meilleures avec une croissance annualisée de 2,7 % au troisième trimestre.

Surtout, l’inflation est extrêmement faible et ne cesse de décélérer. Nous approchons de la zone de déflation, c’est-à-dire une période assez longue de baisse des prix. Ce n’est pas le cas en ce moment, et il faudra du temps pour conclure que nous y sommes si ça devait être le cas. Il est clair qu’on ne veut pas se retrouver dans le marasme de la déflation, un malheur dont le Japon essaie encore de s’extirper 20 ans plus tard.

En octobre, la croissance des prix des biens et services sur 12 mois s’est limitée à 0,7 %. Nous étions à plus de 3,5 % il y a deux ans. Ce graphique exprime bien le ralentissement de la croissance des prix depuis 2011 au Canada :

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Qu’est-ce que ça veut dire?

  1. Si l’inflation est anémique, c’est parce que la demande n’est pas assez forte, que la croissance économique est faible et donc ne permet pas une hausse des prix.
  2. Pour stimuler l’inflation, donc l’économie, la Banque du Canada devrait dans les circonstances baisser ses taux d’intérêt. Est-ce une bonne idée?

Avec l’endettement qui est élevé et un marché immobilier qui n’a que très peu ralenti, la banque centrale devrait monter ses taux plutôt que de les baisser. Mais monter ses taux en ce moment aurait pour conséquence de ralentir une économie qui croît déjà lentement. Ça serait contre-productif dans un contexte de faible inflation.

Cela dit, la menace indirecte d’une baisse de taux a pour conséquence de faire chuter le dollar canadien. Le huard a commencé l’année au-dessus du niveau de parité avec le dollar américain. Il est aujourd’hui à 93 ¢US. Une baisse de taux, c’est une baisse de rendement sur les investissements au Canada. Le dollar canadien est directement touché, d’autant que le prix du pétrole est en baisse.

Que va faire la Banque du Canada? Voici l’avis de quelques experts :

CIBC : La possibilité d’une baisse de taux augmente avec le communiqué d’aujourd’hui de la Banque du Canada. Mais il serait prématuré d’aller aussi loin. La baisse du dollar canadien devrait stimuler les exportations. La Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur inchangé jusque dans la deuxième moitié de 2015.

Nomura : La Banque semble donner un peu plus d’importance, un penchant léger, aux inquiétudes sur la faible inflation. La Banque du Canada est en train de déplacer le curseur vers une baisse de taux. Possibilité d’une baisse de taux d’ici six mois : 30 %.

BMO : La Banque du Canada met un peu plus l’accent sur l’inflation. La situation l’inquiète clairement, mais ne va pas, pour l’instant, jusqu’à exprimer qu’elle pourrait réduire ses taux prochainement. Ça provoque une baisse du dollar canadien, ce qui doit certainement faire plaisir au gouverneur Poloz et à ses acolytes.

Desjardins : L’inflation très faible persiste. On comprend que la Banque du Canada pourrait patienter encore un peu plus avant de relever ses taux. Pas avant septembre 2015.

Nationale : La Banque du Canada semble avancer vers un discours qui pourrait laisser entendre qu’une baisse de taux est nécessaire. Si l’inflation baisse encore, la Banque n’aura pas le choix et devra baisser ses taux. Mais on n’est pas là. La baisse du dollar devrait aider les exportateurs et l’endettement des Canadiens demeure trop important.

 

« On va-tu magasiner aux States? »

Mercredi 20 novembre 2013 à 17 h 22 | | Pour me joindre

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Quand le dollar canadien valait environ 65 ¢US au début des années 2000, ça coûtait cher aller aux États-Unis! Aujourd’hui, avec un huard à parité – ou pas très loin – avec le billet vert, il est plus qu’intéressant pour les consommateurs d’aller faire un petit tour de temps en temps aux États-Unis pour faire quelques achats. Même en payant les taxes au retour, le gain sur un bon nombre de produits est important.

L’Association canadienne des détaillants de pneus du Canada s’attend à ce qu’une quantité notable de Canadiens aillent aux États-Unis pour acheter leurs pneus d’hiver cette année. Elle évalue que les pneus aux États-Unis sont 32 % moins chers qu’au Canada. C’est un écart considérable, difficile à expliquer. Et ça fait 40 ans que ça dure! Pourquoi est-ce encore le cas, maintenant que le dollar canadien vaut environ 95 ¢US?

La Banque du Canada répond que la situation est peut-être moins inquiétante que ce qu’on en dit. L’écart de prix entre les États-Unis et le Canada, sur un panier de 150 produits, est passé de 20 %  en 2007 à 9 % aujourd’hui. Autrement, depuis le retour du dollar canadien à parité avec le dollar américain, la situation ne cesse de s’améliorer.

Et dans un discours livré au Nouveau-Brunswick, le sous-gouverneur John Murray a déclaré que « s’il y a des inégalités importantes entre les prix, les raisons sous-jacentes peuvent en grande partie s’expliquer, et il ne faudrait pas en déduire que le marché déraille. » Il va plus loin : « Les forces du marché sont à l’œuvre et poussent généralement les prix et le taux de change dans la bonne direction. »

C’est très intéressant comme réponse parce que la Banque du Canada nous dit qu’elle fait confiance aux « forces du marché », ce qui en soit n’est pas une surprise. Mais qu’est-ce que les « forces du marché »? Bien, c’est vous. C’est vous, consommateurs, qui êtes responsables de la demande. Et c’est vous qui allez agir sur les prix au Canada si vous allez magasiner aux États-Unis! Si les grands détaillants d’ici sentent que la demande est moins forte pour des produits vendus plus chers que chez nos voisins du sud, ils vont réagir!

Dans son discours du Trône, le gouvernement Harper a dit qu’il allait prendre les mesures nécessaires pour réduire ce qu’il considère comme une « discrimination géographique ». Est-ce vraiment le cas? Et est-ce que le vrai pouvoir n’est pas, tout simplement, entre les mains des consommateurs?

Les taux hypothécaires grimpent

Jeudi 22 août 2013 à 12 h 32 | | Pour me joindre

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La tendance à la hausse des taux hypothécaires fixes au pays se poursuit. La raison pour expliquer cette situation est simple : la croissance économique semble s’accélérer sur la scène internationale. Les investisseurs sont prêts à prendre plus de risques, s’attendent aussi à un ralentissement de l’intervention de la Réserve fédérale dans les marchés d’emprunt et délaissent les obligations gouvernementales, celles du Canada notamment, au profit d’obligations d’entreprises.

Les taux augmentent parce que la demande pour les obligations canadiennes est moins forte. Statistique Canada rapportait récemment que les investissements étrangers dans les obligations canadiennes étaient passés de 12,8 milliards de dollars en avril à 5,5 milliards en mai.

Comme l’exprime bien ce graphique préparé par la Banque du Canada, les taux obligataires sont en hausse depuis le mois de mai. C’est le cas des obligations portant à échéance sur 5 ans :

Rendements d'obligations types du gouvernement canadien à 5 ans

C’est vrai aussi pour les obligations 10 ans :

Rendements d'obligations types du gouvernement canadien à 10 ans

Les taux obligataires augmentent ainsi que les coûts d’emprunt pour les banques dans les marchés financiers. Ainsi, puisque les banques doivent payer davantage pour obtenir du financement, elles se tournent donc vers les consommateurs en leur proposant des taux d’intérêt plus élevés.

Ainsi, une institution comme la BMO, qui avait eu l’outrecuidance aux yeux du ministre Flaherty de proposer un taux de 2,99 % sur une hypothèque 5 ans en mars dernier, a remonté son offre à 3,79 % cette semaine. Certaines sont à 3,69 %, d’autres à 3,89 %.

Cette croissance des taux n’est pas pour déplaire à Jim Flaherty. Le gouvernement canadien a resserré les règles hypothécaires à quatre reprises dans les années passées pour ralentir la croissance de l’endettement des Canadiens. Cette approche a connu un succès mitigé : le marché immobilier poursuit sa croissance, les prix montent encore, l’endettement des ménages grandit.

La hausse des taux hypothécaires pourrait s’avérer encore plus efficace que les actions du gouvernement. Mais, si la croissance est trop forte, elle pourrait faire mal à bien des ménages, qui ont pris le risque de s’endetter au maximum pour réaliser leur rêve d’accéder à la propriété.

Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine Le patron de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke est en mode « sortie de crise ». Son objectif : réduire progressivement l’intervention de la banque centrale dans les marchés financiers sans nuire à la reprise économique qui semble s’installer. La Fed achète encore pour 85 milliards de dollars d’obligations chaque mois en ce moment. Elle a injecté plus de 2300 milliards de dollars depuis le début de la crise financière. Cette intervention exceptionnelle doit, un moment donné, arriver à son terme. On s’en approche…

Chez nous, le nouveau gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz doit tout faire pour éviter de poser des gestes qui accentueraient les problèmes structurels qui se sont installés dans l’économie canadienne au cours des dernières années. On a beaucoup misé sur le consommateur au Canada pour soutenir l’économie. Aujourd’hui, ce consommateur-citoyen-travailleur-contribuable est très endetté! Peut-être trop d’ailleurs…

Et c’est pour ça que Stephen Poloz mise sur les exportateurs et une hausse des investissements des entreprises, qui dorment sur des centaines de milliards de dollars en liquidités, pour relancer l’économie. Le consommateur a assez donné, nous dit la Banque du Canada. On lui en a assez demandé. L’endettement des ménages atteint des sommets et cet endettement représente aujourd’hui la menace la plus importante qui plane sur l’économie canadienne.

Ce qui se passe au Canada et aux États-Unis est particulier. Depuis des années, les États-Unis se démènent pour tenter de relancer leur croissance de façon durable et faire baisser le chômage. Pendant ce temps, le Canada a claironné sur tous les toits que sa recette était la meilleure : des banques stables, des assises financières solides, une économie forte stimulée par la construction et les ressources.

Maintenant, ils sont de plus en plus nombreux parmi les experts à reconnaître que les dépenses publiques, l’intervention de la Réserve fédérale et l’évitement du « mur budgétaire » ont permis aux États-Unis d’éviter une chute encore plus brutale de leur économie et de reconstruire une croissance qui apparaît un peu plus solide.

Au Canada, parce que la récession a frappé moins fort qu’ailleurs, on s’est cru et on se croit peut-être encore à l’abri d’intempéries. Mais, est-ce le cas? Notre croissance est moins forte qu’aux États-Unis, les indicateurs économiques expriment un peu partout au pays, notamment au Québec, qu’il y a un ralentissement en cours. Quantité d’experts du FMI, de la Banque du Canada et même jusqu’à Paul Krugman expriment une réelle inquiétude quant à l’impact éventuel du niveau d’endettement des ménages.

De toute évidence, le vent ne souffle pas dans la même direction au nord et au sud de la frontière…

La crainte du syndrôme Greenspan

Mercredi 29 mai 2013 à 11 h 04 | | Pour me joindre

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En entrevue la semaine dernière à RDI économie, sa dernière à titre de gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney n’a pas trop aimé la comparaison que j’ai faite entre la situation entourant son départ et celle qui prévalait au moment de la retraite d’Alan Greenspan à la Réserve fédérale des États-Unis en 2006.

Si on veut faire des comparaisons, il y a plusieurs banques centrales, plusieurs banquiers, disait-il, nommant entre autres le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, que Mark Carney va remplacer dans un mois. Le gouverneur de la Banque du Canada sait très bien que les taux d’intérêt sont peut-être trop bas en ce moment au pays compte tenu des inquiétudes qui persistent à propos de l’endettement des Canadiens et d’une possible bulle immobilière.

C’est pourquoi il persiste encore à envoyer un signal de hausse de taux dans le dernier communiqué rédigé sous sa gouverne mercredi matin, un signal qui a dû être reporté, mais qui est encore là : « La détente monétaire considérable en place actuellement demeurera probablement appropriée pendant un certain temps, après quoi une réduction modeste sera probablement nécessaire, de façon à atteindre la cible d’inflation de 2 %. »

Alan Greenspan est parti dans la gloire il y a sept ans, mais l’histoire lui a donné tort. Plusieurs observateurs sont d’avis qu’il a contribué à une déréglementation excessive des marchés financiers et à la création de la bulle immobilière américaine en maintenant des taux à de très bas niveaux.

Un peu comme Alan Greenspan en 2006, Mark Carney jouit d’une excellente réputation. Et comme lui, il a maintenu les taux à de faibles niveaux. Il a tenté une remontée en 2010, mais il a dû s’arrêter. Avait-il le choix? Probablement pas. Mais le constat est le même : les bas taux ont favorisé le gonflement de ce qui pourrait ressembler à une bulle (bulle d’endettement ou bulle immobilière).

Prudent, Mark Carney nous a dit qu’il faut laisser passer un peu de temps avant de prendre la pleine mesure de son héritage au Canada. C’est prudent et c’est la réponse la plus intelligente qu’il peut donner étant donné les incertitudes qui planent sur l’économie canadienne. Il n’a pas manqué de souligner les forces de l’économie canadienne et les bonnes décisions en matière de restrictions hypothécaires adoptées par le gouvernement Harper.

Cela dit, dans une étude publiée le 24 mai, Dan Werner de Morningstar Canada affirme qu’advenant une baisse de 10 % des prix des maisons au pays, « il apparaît que la SCHL et les banques présentent des risques de pertes importantes ou de dégradation du capital ». La Nationale et la CIBC sont les plus exposées selon l’étude.

Morningstar s’attend à ce que les taux demeurent faibles pour un bon moment, ce qui devrait encore favoriser l’endettement des ménages. Le chercheur affirme que le ratio entre les prêts et la valeur des maisons est à peu près le même aujourd’hui au Canada que ce qu’il était avant l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis.

Puis, comme l’explique l’économiste en chef de la BMO Douglas Porter dans une note diffusée le 24 mai, le nouveau patron de la banque centrale Stephen Poloz fait face à plusieurs « périls ». Mark Carney part au moment où le Canada traverse une période difficile.

Ces périls sont les suivants, selon la BMO :

  1. la croissance économique est faible;
  2. l’inflation est faible;
  3. la devise est surévaluée;
  4. le marché immobilier ralentit;
  5. l’endettement des ménages atteint des niveaux records;
  6. il y a encore des déséquilibres régionaux importants;
  7. il y a des excès potentiels : déficit commercial, faibles taux;
  8. les prix des ressources ont baissé;
  9. le nouveau gouverneur doit composer avec l’orientation actuelle de la Banque, qui est celle de continuer d’annoncer qu’elle prévoit probablement une hausse de taux (éventuellement, plus tard, on verra…);
  10. et puis, le nouveau gouverneur doit composer avec les perceptions : Stephen Poloz vient de l’externe et le candidat attendu n’était pas lui!

Alors, Mark Carney fait ses boîtes ces jours-ci et s’en va à Londres relever un nouveau défi, le plus important de sa vie. Il part pour cinq ans, au moins. Mais, il est possible que, malgré lui, son nom retentisse dans l’actualité économique canadienne dans les prochaines années. L’heure du bilan n’a pas encore sonné.

La banque du Canada écrivait, le 4 décembre, qu’une hausse de taux sera « au fil du temps […] probablement nécessaire ». Le 23 janvier, changement de ton, la hausse de taux était tout à coup « moins imminente que prévu auparavant ». Aujourd’hui, elle semble ouvrir la voie à une baisse des taux en affirmant que le niveau très bas des taux actuels « demeurera probablement approprié pendant un certain temps ».

La Banque du Canada indique clairement que la situation économique au pays et le très faible niveau d’inflation l’obligent à maintenir son taux directeur inchangé et pourrait même, peut-être, possiblement, aller jusqu’à annoncer une ou plusieurs baisses de taux. À 1 %, la Banque du Canada a un peu de marge pour réduire son taux directeur.

En même temps, le ministre Flaherty ne souhaite pas qu’un mouvement de baisse des taux s’engage au pays pour favoriser encore davantage l’endettement des Canadiens, notamment pour ce qui est des hypothèques.

source : Banque du Canada

Le lien entre le taux directeur de la Banque du Canada et les taux hypothécaires n’est pas direct. Le taux à un jour de la Banque du Canada touche les coûts d’emprunt à court terme entre les banques. Cela dit, les taux obligataires sont à des niveaux historiquement bas, ce qui influe sur les taux hypothécaires. Les taux sont faibles, à court, moyen et à long terme, ce qui fait en sorte que le « coût » de l’argent au Canada est très faible.

Étant donné que le marché de la construction résidentielle et de la revente de maisons ralentit, les banques pourraient être tentées de se lancer dans une guerre de taux hypothécaires.

À suivre.

Le Dow Jones atteint un niveau record, récupérant ainsi ce qu'il avait perdu durant la dernière récession. Par ailleurs, pourquoi le Dow Jones atteint-il un sommet alors que l’économie demeure fragile? La récession se poursuit en Europe, la croissance chinoise est moins forte que par les années passées, la reprise n’est pas sûre aux États-Unis… Et pourtant, la bourse monte : sommet historique pour le Dow Jones, sommet en 12 ans pour le Nasdaq et sommet en cinq ans et demi pour le Standard and Poors 500.

Deux grandes raisons : les entreprises font de l’argent. La grande majorité des sociétés du S&P500 dépasse les attentes en matière de résultats financiers. Et puis, la Réserve fédérale continue d’alimenter le marché en rachetant encore, cinq ans après le début de la crise, des bons du Trésor. Pourquoi les opérateurs de marché s’inquiéteraient-ils de la suite des choses si les entreprises font autant d’argent et que les pouvoirs publics maintiennent le robinet ouvert?