Billets classés sous « assurance-emploi »

D’entrée de jeu, permettez-moi de vous souhaiter une bonne année 2013 : du bonheur, de l’amour, de la paix et du succès! De la sérénité afin que chacun, peu importe sa situation, puisse mieux vivre, plus calmement, sans manquer de rien.

Cette année s’amorce avec deux nouvelles encourageantes.

D’abord, des avancées pour éviter le précipice budgétaire aux États-Unis, ce qui aurait pu avoir un impact économique majeur. Plus de peur que de mal finalement! Et puis, un règlement dans la LNH. Cela permettra à des milliers de personnes de retrouver des emplois perdus par ce conflit de travail opposant de riches joueurs à de riches propriétaires, et qui s’étirait…

Surtout, le bilan de 2012 est très appréciable au chapitre de l’emploi. Les changements imposés par le gouvernement Harper à l’assurance-emploi vont bouleverser la vie de milliers de travailleurs et de leur famille, c’est certain. Mais les dernières statistiques confirment une amélioration générale de la situation économique au pays, surtout au Québec.

Ainsi, après la perte de 51 000 emplois en 2011, le Québec a rebondi au cours de la dernière année en ajoutant 138 000 emplois. Le taux de chômage a baissé, les taux d’emploi et d’activité ont augmenté.

Dans les bonnes nouvelles, notons l’ajout de 128 000 emplois dans la région métropolitaine de Montréal, stimulée en particulier par un faible taux de chômage en Montérégie à 6,1 %. Aussi, la presque totalité des emplois créés au cours de la dernière année ont été à temps plein.

 

Les régions championnes en terme de faible chômage :

  • Chaudière-Appalaches : 4,6 %
  • Capitale-Nationale : 4,9 %
  • Montérégie : 6,1 %
  • Côte-Nord et Nord-du-Québec : 6,3 %
  • Laurentides : 6,5 %
  • Abitibi-Témiscamingue : 6,7 %
  • Bas-Saint-Laurent : 6,8 %

 

Les régions autour de la moyenne :

  • Centre-du-Québec : 7,1 %
  • Outaouais : 7,2 %
  • Lanaudière : 7,2 %

 

Les régions où le taux de chômage a monté en 2012 :

  • Laval : 7,4 %
  • Estrie : 7,9 %
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean : 9,4 %
  • Montréal : 10,1 %
  • Mauricie : 10,5 %
  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 14,6 %

 

Cela dit, les économistes sont d’avis que la situation ne va pas perdurer. Parlant pour l’ensemble du Canada, l’économiste Matthieu Arseneau de la Nationale affirmait vendredi qu’il demeure « sceptique quant à la durabilité de ces gains en raison de la volatilité des données sur l’emploi ».

Chez Desjardins, l’économiste Joëlle Noreau disait ceci : « Bien que les données économiques s’améliorent au sud de la frontière, les préoccupations entourant le contexte budgétaire laissent encore bien des inquiétudes quant à la performance de l’économie américaine cette année. Ce climat de tension amènera bien des hésitations chez les employeurs qui préféreront peut-être jouer de prudence dans les premiers mois de 2013 en limitant à la fois les investissements et les embauches. »

Une fois de plus, ce début d’année s’amorce sur une série de doutes, qui laissent croire qu’une croissance durable et soutenable peut s’installer, mais les risques demeurent assez nombreux pour faire dérailler, encore une fois, ce qui peut ressembler à une reprise. N’est-ce pas très prudent comme projection pour 2013?

Syndiqués, retraités, chômeurs, le monde du travail est en complète transformation au Canada. Le gouvernement Harper, majoritaire depuis un an, instaure de nouvelles règles qui sont en train de modifier en profondeur la relation entre l’État et les citoyens. Le rôle du gouvernement est revu, et tout cela a et aura un impact fondamental dans la vie des Canadiens.

Moins bien payés

Assurance-emploi

La semaine dernière, la ministre des Ressources humaines Diane Finley a annoncé les nouvelles règles régissant l’assurance-emploi. Dorénavant, les chômeurs devront se trouver un emploi plus rapidement, accepter des emplois moins rémunérateurs, sinon leur prestation sera réduite. Les travailleurs saisonniers sont les plus touchés par cette nouvelle gestion de l’assurance-emploi.

 Les chômeurs fréquents, ceux qui travaillent intensément quelques semaines et qui doivent réclamer régulièrement le soutien de l’assurance-emploi entre les saisons, auront six semaines pour se trouver un nouvel emploi au même salaire. S’ils n’y arrivent pas, ils devront accepter un poste dit « comparable » qui pourrait descendre à 70 % de leur rémunération.

Les chômeurs fréquents devront ainsi accepter un poste moins rémunérateur, se trouvant à une heure ou moins de leur domicile. Le Globe and Mail souligne que cet aspect s’avère problématique. Certaines villes, où le chômage est élevé, sont à plus d’une heure d’une autre ville. C’est le cas de Grand Falls-Windsor à Terre-Neuve-et-Labrador. Elle se trouve à 95 kilomètres de Gander. Le taux de chômage à Grand Falls-Windsor est de 21,1 %. Même scénario à Campbellton dans le nord du Nouveau-Brunswick, à 2 heures de Miramichi. Le chômage est tout près de la barre de 20 % dans la région.

Et, honnêtement, que feront les pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine?

Dans les provinces de l’Atlantique d’ailleurs, les chômeurs fréquents représentent de 56 à 80 % de tous ceux qui doivent réclamer un soutien de l’assurance-emploi. C’est un changement extrêmement important que les nouvelles règles viendront imposer.

La pension, plus tard

L’autre réforme, qui se terminera à la fin des années 2020, c’est celle de la hausse de l’âge prévu pour recevoir un premier chèque de pension, un chèque de la Sécurité de la vieillesse. De 2023 à 2029, l’âge de la retraite va passer de 65 à 67 ans.

Si vous avez 50 ans aujourd’hui, vous n’aurez pas droit à la Sécurité de la vieillesse à 65 ans comme vous l’avez toujours cru. Ce sera à 67 ans. Cette décision aura un impact sur les finances publiques des provinces qui devront soutenir financièrement un nombre important de personnes pour deux années supplémentaires. Cette décision fera en sorte également que les citoyens devront travailler deux années de plus avant de pouvoir retirer les premières sommes de la Sécurité de la vieillesse.

Les plus démunis, et ils sont nombreux, n’auront droit au Supplément de revenu garanti qu’à 67 ans également. Ces changements, bien qu’on ait le temps de les voir venir et s’installer, auront des conséquences importantes sur des millions de Canadiens.

Lois spéciales

Des travailleurs du Canadien Pacifique, membres du syndicat des Teamsters Canada, ont organisé un piquet de grève à l’entrée du dépôt de rails près de l’avenue Jarvis, à côté du McPhillips Sation Casino.

Et l’autre transformation qui s’opère au Canada, mais qui ne fait pas l’objet d’une mesure budgétaire, c’est l’intervention du gouvernement Harper dans certains conflits de travail. Invoquant la protection de l’économie, le gouvernement a décidé d’imposer des lois spéciales pour mettre fin à des conflits. Il l’a fait à Air Canada, à Postes Canada et se prépare à le faire au Canadien Pacifique, où 4800 travailleurs sont en grève depuis la semaine dernière.

Ce conflit ralentit le transport de grains dans l’ouest du pays et le transport de passagers en Ontario. La possibilité de voir Ottawa déposer une loi spéciale n’a pas favorisé la négociation selon le syndicat, qui accuse la partie patronale de n’avoir jamais négocié de bonne foi. Les négociations sont rompues. Le CP attend la loi spéciale, selon les travailleurs.

Tout compte fait, le monde change rapidement sous les conservateurs majoritaires pour plusieurs travailleurs syndiqués, dont le pouvoir de négociation s’éteint sous le feu d’une loi spéciale, pour les chômeurs, dont le rythme des saisons prendra bientôt une nouvelle forme, et pour les futurs retraités, qui devront attendre deux années de plus avant d’avoir droit au soutien gouvernemental pour leurs vieux jours. Ce sont des transformations qui ne sont pas mineures, loin de là, qui changent ce pays et la vie de ses citoyens.

Beaucoup de choses passent inaperçues dans un budget, surtout dans un plan budgétaire de l’ampleur de celui qu’a présenté le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, jeudi dernier à Ottawa. Ça se passe vite, il faut gober beaucoup d’informations et le temps est limité pour tout dire en ondes.
 
C’est dans les jours suivants qu’on peut faire des trouvailles dans le budget, comprendre certains enjeux et communiquer certaines informations qu’on n’a pas eu le temps de mettre en lumière. Voici en rafales quelques-unes de ces informations, oubliées ou peu abordées :
 
  • Ottawa va vendre des résidences officielles à l’étranger pour les remplacer par de plus petites, ce qui devrait rapporter 80 millions de dollars au trésor public. « Des locaux plus modestes n’auront pas d’incidence sur la capacité de nos diplomates à accomplir leur travail », est-il écrit dans le budget. Le plafond de remboursement des loyers sera abaissé et des affectations seront prolongées afin de réduire « les coûts administratifs associés aux déménagements fréquents ».
  • Ottawa met fin au programme Katimavik, fondé par le sénateur Jacques Hébert, un proche de Pierre Elliott Trudeau, père du député libéral Justin Trudeau, qui a dirigé dans le passé ce programme destiné aux jeunes de 17 à 21 ans. Le ministre n’y va pas par quatre chemins dans son budget : le gouvernement entend dorénavant financer « des programmes à un coût raisonnable qui profiteront à de nombreux jeunes plutôt que d’affecter les fonds disponibles à des programmes qui touchent un très petit nombre de participants, et ce, à un coût excessif par personne ».
  • Ottawa continue de revoir son discours sur sa décision d’acheter des F-35. Dans le budget, il est écrit que le gouvernement « fera l’acquisition d’appareils abordables en remplacement de la flotte vieillissante d’avions CF-18 ». Il n’y a pas si longtemps, les ministres Peter MacKay et Julian Fantino défendaient avec passion la décision du gouvernement d’acheter 65 avions F-35 pour une somme se situant quelque part entre 5 et 8 milliards de dollars.
  • Le gouvernement Harper confirme que la SCHL va réduire le niveau de couverture en assurance des hypothèques au Canada. De nouveaux changements seront apportés au « cadre de gouvernance et de surveillance » de la SCHL « en aidant les prêteurs à trouver de nouvelles sources de financement et en accroissant la robustesse du marché des obligations sécurisées canadiennes ».
  • Les immigrants investisseurs devront être plus actifs dans l’économie canadienne. Ainsi, « le Programme d’immigration des gens d’affaires ciblera des investissements plus actifs dans les entreprises canadiennes en croissance et des entrepreneurs plus innovateurs ».
  • Le gouvernement veut privilégier les chômeurs et les travailleurs touchant de l’assurance-emploi pour les emplois saisonniers avant de faire appel à des travailleurs étrangers. Les mots du budget : « Grâce aux nouveaux liens entre les programmes d’assurance-emploi et des travailleurs temporaires étrangers, les travailleurs canadiens qualifiés pourront prendre connaissance des postes disponibles dans leur région et les obtenir, alors que les travailleurs étrangers disponibles seront engagés là où le besoin de leur participation est le plus grand. »
  • Les fonctionnaires devront contribuer davantage à leur régime de retraite. « Le gouvernement propose de rajuster le Régime de pension de la fonction publique de sorte que les cotisations des fonctionnaires en viendront au fil du temps à être égales à celles de l’employeur (50/50). Des changements comparables seront aussi apportés aux taux de cotisation aux régimes de retraite des Forces canadiennes, de la Gendarmerie royale du Canada et des parlementaires. » Le rapport est actuellement de 65 % employeur/35 % employé.
  • « Dans le cas des personnes qui deviennent membres de la fonction publique fédérale à compter de 2013, il est proposé de faire passer l’âge normal de la retraite de 60 à 65 ans. »
  • Plusieurs organismes, comme Équiterre par exemple, devront fournir plus d’informations sur leurs activités. Revenu Canada devra améliorer « ses activités d’éducation et d’application de la loi concernant les activités politiques des organismes de bienfaisance », en plus d’améliorer « la transparence en exigeant des organismes de bienfaisance qu’ils fournissent de plus amples renseignements sur leurs activités politiques, y compris sur la mesure dans laquelle leur financement provient de sources étrangères ».
  • Dans plusieurs ministères, le gouvernement consolide des pouvoirs aux mains d’une seule autorité, ce qui permettra un contrôle plus serré des subventions et des contributions gouvernementales.
  • En terminant, il est important de noter et de rappeler qu’en plus des compressions de 5,2 milliards de dollars annoncées dans les 67 ministères et organismes fédéraux, il y a aura un gel des dépenses dans les années suivantes, après 2014. En raison de la hausse du coût de la vie, ce gel signifie des compressions supplémentaires.

Voilà!