Billets classés sous « aînés »

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Les Canadiens ont fait leur choix. Ils ont opté pour le changement, celui qu’incarnent les libéraux, et ce choix est assumé puisque le nouveau gouvernement Trudeau sera majoritaire. Il est clair que les enjeux politiques vont dominer les prochains jours avec la transition du pouvoir, la formation du nouveau Conseil des ministres et les changements à prévoir dans les partis d’opposition. Mais, tôt ou tard, la réalité économique et financière du Canada va rattraper le nouveau gouvernement. Et des choix devront être faits.

Voici les cinq tâches et défis économiques et financiers du nouveau gouvernement :

1- La réalité des chiffres : présenter une mise à jour budgétaire

Nous avons expliqué 100 fois que la révision à la baisse de la prévision de croissance économique pour 2015 allait obliger le gouvernement à revoir à la baisse ses revenus projetés et donc le surplus envisagé dans le budget 2015-2016 à 1,9 milliard de dollars. C’est environ 3 milliards de dollars qui seront manquants, selon les calculs de l’économiste Jean-Pierre Aubry.

Le Parti libéral a clairement dit qu’il allait enregistrer des déficits d’ici 2019 avant de revenir à l’équilibre budgétaire. Il n’a pas donné de précisions sur le solde envisagé pour l’exercice en cours, 2015-2016, qui se termine le 31 mars prochain. Mais il y a fort à parier que le nouveau gouvernement annoncera un déficit pour cet exercice et attribuera tous les torts au gouvernement conservateur précédent.

Cette mise à jour viendra avant Noël et le budget probablement en mars, question de laisser un peu de temps au nouveau ministre des Finances de s’installer et de mettre en oeuvre les priorités de son gouvernement.

D’ailleurs, qui sera le prochain ministre des Finances?

  • Bill Morneau, nouveau député libéral de Toronto-Centre, a étudié à la London School of Economics. Il est administrateur, il a siégé au conseil consultatif sur la retraite du gouvernement ontarien et à l’Institut CD Howe. Il fait partie de la famille qui a fondé Morneau Sheppel, société de conseils en ressources humaines.

  • John McCallum, député de Markham-Thornhill, a notamment été ministre du Revenu, a été aussi économiste en chef de la Banque Royale. Il est vu comme l’un des architectes de la politique keynésienne des libéraux, c’est-à-dire une politique d’investissements massifs de l’État dans l’économie, quitte à faire des déficits.

  • Ralph Goodale, député de Regina-Wascana, a été ministre des Finances du Canada. Il a été élu la première fois à Ottawa en 1974, c’est un vétéran, qui a aussi dirigé les ministères des Ressources naturelles et de l’Agriculture.

  • Jean-Yves Duclos, nouveau député libéral dans Québec, est un économiste qui a fondé récemment la Chaire sur les enjeux économiques des changements démographiques. Il a fait plusieurs recherches sur le financement de la santé. Peu probable qu’il se retrouve aux finances, mais probable qu’il soit au Conseil des ministres.

  • Scott Brison, député dans Kings-Hants, était le porte-parole du PLC en matière de finances dans l’opposition. Il est coprésident du conseil consultatif sur l’économie de Justin Trudeau. Il a été ministre des Travaux publics et connaît bien le secteur de l’investissement bancaire.

2- Le signal du premier budget

C’est dans ce budget qu’on verra poindre la vision du nouveau gouvernement. Les principes qui guideront les libéraux seront résolument différents sur le plan du développement économique. Les conservateurs misaient sur les baisses d’impôt et le contrôle des dépenses. Les libéraux injecteront des milliards de dollars dans l’économie pour stimuler la construction d’infrastructures, une vieille recette économique qui a pour but d’alimenter la croissance économique et les revenus d’impôt pour le gouvernement.

Il faudra surveiller les bases de projections du nouveau gouvernement. Sera-t-il optimiste sur la croissance du PIB et la remontée des cours du pétrole comme l’était l’ancien gouvernement? Ou jouera-t-il de prudence en adoptant l’approche de la surestimation des déficits afin d’annoncer ensuite de « bonnes nouvelles », autre vieille recette, politique celle-là?

Il est clair que les libéraux se sont donné une belle marge de manoeuvre en promettant des déficits et non des surplus budgétaires dès cette année ou l’an prochain. N’importe quel ministre des Finances voudrait bénéficier d’une telle marge de manoeuvre. Le Canada est un pays riche, coté AAA, avec des finances publiques saines et qui peut emprunter à de très faibles coûts. Son défi n’est pas budgétaire. Il est économique.

3- Stimuler l’économie : un plan pour faire face au vieillissement de la population et générer de l’activité économique dans un contexte de lente croissance du PIB

Et c’est ici qu’on attend de l’audace, de la vision et une compréhension fine de l’économie. Les Canadiens méritent qu’on voie venir les coups 5, 10, 15 ans d’avance, dans la mesure du possible bien sûr. Il y aura toujours des impondérables, des guerres, des crises, des événements de toute nature. Mais il y a des tendances que nous pouvons analyser en prospective. Nous savons que le Canada vieillit. Il y a plus d’aînés que d’enfants au Canada. C’est un changement démographique radical, majeur, qui va ralentir l’économie plutôt que de la stimuler, c’est dans l’ordre des choses.

Il faut donc stimuler l’innovation, la productivité, aider les entreprises à exporter, à se développer, à créer et à embaucher. Oui, les infrastructures stimulent l’économie. Mais quelles infrastructures vont modeler notre futur? Ce sont certainement les infrastructures vertes, les bâtiments et les structures fondées sur le développement durable, le transport en commun, un aménagement urbain convivial, efficace, intelligent, qui réduit notre dépendance au pétrole et notre empreinte carbone.

Et n’oublions surtout pas qu’il faudra gérer ces budgets d’infrastructures. S’il y a une chose qu’il faut éviter, c’est le bar ouvert pour les entreprises qui pourraient se magasiner de généreuses primes. On ne veut pas une nouvelle commission Charbonneau.

4- Stimuler l’épargne et améliorer le sort des aînés

Par quel bout commencer? D’abord, le Parti libéral a pris l’engagement d’annuler la bonification du compte d’épargne libre d’impôt (CELI), qui était passé à 10 000 $ sous les conservateurs dans le dernier budget. Le PLC a aussi pris l’engagement de bonifier de 10 % le Supplément de revenu garanti pour les aînés vivant seuls. Maintenant, il faut faire davantage.

Le Canada fait partie des pays qui assument une faible part des revenus de retraite dans l’OCDE. Faut-il bonifier le Régime de pensions du Canada (et le Régime des rentes du Québec)? Faut-il s’inspirer de l’Ontario, qui veut ajouter un régime public au Régime de pensions en faisant passer de 25 % à 40 % le remplacement par les rentes du revenu de travail à la retraite? Faut-il adopter une stratégie d’épargne solide pour amener les employeurs et les travailleurs à épargner davantage?

Le vieillissement de la population au Canada ralentit la croissance économique et risque d’augmenter l’appauvrissement des aînés. Que va faire le nouveau gouvernement majoritaire de Justin Trudeau?

5- Environnement : adopter un plan audacieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre en gardant en tête les répercussions économiques à long terme

Le défi économique du 21e siècle, je l’ai souvent dit et écrit, c’est le défi écologique. Justin Trudeau prévoit aller à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques avec des premiers ministres provinciaux. Il propose d’établir ensuite des cibles précises pour le Canada. Il est non seulement souhaitable que le Canada accélère son travail en matière de réduction de gaz à effet de serre, mais surtout que ces objectifs soient atteints.

Le Canada doit maintenant faire partie de la solution. Mais comment le nouveau gouvernement va-t-il gérer l’essor de l’exploitation du pétrole des sables bitumineux? Et comment pourra-t-il demeurer cohérent si les prix du pétrole repartent à la hausse et viennent remplir les coffres à Ottawa?

Après la campagne, après les promesses, la réalité économique et financière se dresse devant le nouveau gouvernement. Le PLC va recentrer son action et il y a fort à parier que, malgré des engagements environnementaux plus solides, le gouvernement Trudeau continuera de défendre le développement du pétrole.

Il faut croire aussi que les milliards vont pleuvoir dans les infrastructures, mais que dans l’objectif de ne pas effrayer les Canadiens, le premier ministre désigné voudra revenir à l’équilibre budgétaire plus rapidement que prévu, en 2018-2019 plutôt qu’en 2019-2020. Et attendez-vous à ce que Justin Trudeau approuve le Partenariat transpacifique, avec ou sans compensations pour les secteurs de l’automobile et des producteurs laitiers.

16 promesses libérales

  • Baisse d’impôt de 22 à 20,5 %
  • Hausse d’impôt à 33 % au-delà de 200 000 $
  • Baisse d’impôt pour les PME de 11 à 9 %
  • Infrastructures : 125 milliards de dollars sur 10 ans
  • Allocation canadienne pour enfants
  • Annulation de la bonification du CELI
  • Annulation du fractionnement du revenu entre conjoints
  • Hausse de 10 % du SRG pour les aînés vivant seuls
  • Pas de péage sur le nouveau pont Champlain
  • Nouvelle évaluation environnementale d’Énergie Est
  • Nouveau plan pour la réduction des GES avec les provinces
  • Partenariat transpacifique?
  • Nouvel accord sur les transferts en santé aux provinces
  • Postes : annuler la fin de la livraison à domicile
  • 150 millions de dollars de plus pour CBC/Radio-Canada
  • Conseil des arts du Canada : de 181 à 360 millions de dollars

 

Vers une décroissance économique?

mercredi 30 septembre 2015 à 10 h 00 | | Pour me joindre

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S’il y a des chiffres importants dans notre actualité foisonnante à retenir ces jours-ci, ce sont certainement ceux de Statistique Canada sur la démographie. Ces informations sont précieuses pour les épargnants, les employeurs, les entrepreneurs et les décideurs publics.

Pour la première fois depuis qu’on tient de telles statistiques, les personnes de 65 ans et plus sont plus nombreuses que les enfants au Canada. La part des 65 ans et plus est aujourd’hui de 16,1 %, alors que les 0-14 ans représentent 16 %. Cette tendance va s’accélérer. En 2024, les aînés atteindront 20 % de la population, alors que la part des enfants demeurera inchangée.

Dans une entrevue fort instructive lundi à RDI économie, l’économiste Marc Van Audenrode nous expliquait que le Canada, surtout le Québec, était en train de passer d’une économie jeune à une économie âgée. À une vitesse aussi exceptionnelle que le Japon d’ailleurs.

Lorsque les 65 ans et plus représentent moins de 12 % de la population, l’économie est considérée comme jeune. C’est le cas de l’Alberta. Lorsqu’ils atteignent 24-25 %, nous parlons alors d’une économie âgée. Ce sera le cas du Québec et du Nouveau-Brunswick d’ici 10 ans, de l’ensemble du Canada dans 20 ans.

Les effets économiques sont loin d’être négligeables. Non seulement les coûts des soins de santé et des services sociaux vont continuer d’augmenter rapidement, mais les revenus vont se tarir. Une croissance démographique des citoyens en âge de travailler stimule l’économie. Le contraire entraîne de la décroissance, ce que plusieurs appellent de tous leurs vœux, mais qui n’est bien sûr pas sans conséquence. Double pression sur l’économie et les finances publiques.

Et comme nous le rappelait Marc Van Audenrode, les revenus de retraite demeurent un enjeu de taille au Canada. Un enjeu qui ne semble que préoccuper l’Ontario en ce moment. Beaucoup de Canadiens voient leur niveau de vie chuter à la retraite, n’ayant que très peu d’épargnes pour leurs vieux jours. Avec le vieillissement rapide de la population, nous assisterons à une montée importante de la pauvreté chez les aînés.

Voilà pourquoi les économistes nous préviennent d’une croissance économique lente pour les prochaines années et possiblement pour les prochaines décennies, comme au Japon et en Europe. Par contre, aux États-Unis, les 65 ans et plus sont encore loin de représenter le quart de la population.

Faudra-t-il donc travailler plus longtemps? Et surtout, ne serait-il pas venu le temps de mettre en place de véritables solutions pour améliorer les revenus de retraite?

2051 : projections moins alarmantes!

lundi 22 septembre 2014 à 16 h 36 | | Pour me joindre

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C’est passé inaperçu, mais l’Institut de la statistique du Québec vient de revoir ses prévisions démographiques. Et l’impact du vieillissement de la population sera moins grand qu’attendu. C’est important d’en parler parce qu’une bonne partie des inquiétudes qui sont soulevées sur la pérennité des finances publiques du Québec sont liées au vieillissement de la population et à la réduction attendue des personnes en âge de travailler.

Disons tout de suite que le défi démographique demeure entier et que les prévisions des experts peuvent encore évoluer dans le temps. Mais, pour l’instant, les craintes de décroissance démographique se sont atténuées au point tel que l’ISQ reporte au siècle prochain les possibilités de baisse de population. Et encore là, on verra!

Ainsi…

  • la prévision pour le taux de fécondité au Québec est passée de 1,5 en 2003 à 1,65 en 2009, puis à 1,7 dans l’édition de 2014;
  • la prévision d’immigration internationale est passée de 28 000 en 2003 à 40 000 en 2009, puis à 44 000 en 2014;
  • et dans le solde des gens des autres provinces qui arrivent ici et des gens qui quittent le Québec pour d’autres provinces, la perte nette prévue pour le Québec était de 9000 par année en 2003, de 10 000 en 2009 et aujourd’hui, de 7500.

Sur les trois facteurs, la situation s’est améliorée par rapport aux projections de 2003 et 2009, ce qui fait en sorte que la population totale du Québec va augmenter un peu plus rapidement qu’attendu.

En 2003, on s’attendait à ce que la population du Québec se mette à décroître après 2031 pour tomber à 7,832 millions de personnes en 2051.

En 2009, on a coupé court au scénario de décroissance démographique. La population totale allait continuer d’augmenter pour atteindre 9,17 millions de personnes en 2051.

Dans l’étude qui vient d’être publiée, on porte le nombre de personnes pour 2051 à 9,84 millions de personnes.

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« La baisse des effectifs de la population en âge de travailler, les 20-64 ans, est repoussée d’une année, en 2017. Son léger déclin se poursuivra jusqu’en 2030, mais il sera ensuite suivi d’une remontée qui se stabilisera finalement autour de 5,2 millions de personnes à partir de 2046. Combinée à la hausse plus marquée des autres groupes d’âge, qui pourrait générer une demande supplémentaire en services de toute sorte, la relative stabilité des 20-64 ans accroît l’importance des enjeux associés au renouvellement de la main-d’œuvre. » — l’ISQ

On ne peut que se réjouir de ces informations, sans crier victoire. Le défi des finances publiques demeure entier au Québec et le vieillissement de la population et son impact sur les dépenses en santé particulièrement sont indéniables. Le commissaire à la santé nous rappelait il y a quelques jours que les visites à l’hôpital des personnes de plus de 75 ans avaient augmenté de 30 % depuis 10 ans, un taux comparable à ce groupe d’âge dans la population.

(le document de l’ISQ est ici + merci à ce blogue d’avoir bien vu les changements dans les prévisions)

8 faits sur le budget Leitao

jeudi 5 juin 2014 à 13 h 48 | | Pour me joindre

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Le premier budget Leitao représente l’amorce de ce que le gouvernement considère comme un « redressement » des finances publiques. Il a été préparé rapidement à la suite de l’élection d’un gouvernement majoritaire du Parti libéral le 7 avril dernier. Il ouvre la voie au prochain budget, celui de 2015-2016 qui doit ramener l’équilibre budgétaire.

Voici donc huit faits sur le budget déposé mercredi à Québec :

  1. Les entreprises ont vu leurs profits baisser de 7,1 % en 2013 au Québec et les revenus d’impôt des sociétés pour le gouvernement ont chuté de 19,3 % durant l’exercice budgétaire 2013-2014. La croissance économique s’est établie à  seulement 1,1 % en 2013 et le taux d’inflation s’est limité à 0,7 % au Québec. Voilà. On comprend bien que c’est la faiblesse de l’économie qui est venue alourdir le déficit de 2013-2014 à 3,1 milliards de dollars et qui pèse aussi sur le nouveau budget. Cela se traduit par une prévision de déficit plus importante qu’attendu à 2,35 milliards de dollars.
  2. Après avoir pris le relais du gouvernement Charest, le gouvernement Marois est parvenu à maintenir la croissance des dépenses consolidées à 2,7 % en 2012-2013. Mais « la machine s’est emballée » depuis septembre dernier, me disait un expert mercredi,  et la croissance des dépenses a doublé en 2013-2014 à 5,4 %. Si les mesures du Parti québécois pour gérer les finances publiques fin 2012 début 2013 ont été critiquées, imaginez ce qui va se passer dans les prochaines années, alors que le gouvernement veut ramener la croissance des dépenses à 1,9 % cette année et à 1,3 % l’an prochain! Carlos Leitao et Martin Coiteux sont allergiques au mot austérité, mais il faut bien saisir que dans 13 des 22 ministères, on réduit les budgets. Et dans plusieurs autres, la croissance des crédits ne devrait pas dépasser le niveau d’inflation.
  3. La coupe de 20 % dans les 28 crédits d’impôt est unilatérale, sans égard à l’efficacité de chacun et sans analyse. En entrevue, le ministre Leitao nous a dit que son gouvernement n’avait pas eu le temps d’évaluer les différents crédits, que ce travail allait être fait à partir de maintenant par la nouvelle commission sur la fiscalité, qui sera dirigée par Luc Godbout. Malgré cela, le gouvernement a jugé bon de couper de façon horizontale les crédits à la recherche, au multimédia, à la production cinématographique, notamment, de 20 %.
  4. L’un des deux piliers du plan des libéraux en campagne électorale visant à « redémarrer notre l’économie et relancer l’emploi à très court terme » était d’investir 15 milliards de dollars de plus sur 10 ans dans les infrastructures. Ce projet a été abandonné. Résultat : le gouvernement Couillard prévoit une croissance du PIB qui ne sera pas plus élevée que celle envisagée par le gouvernement précédent. Québec prévoit 1,8 % en 2014 et 2,0 % en 2015. Le gouvernement Marois prévoyait 1,9 % et 1,9 %.
  5. Ajustements dans votre calendrier : la hausse des tarifs de garderie n’aura pas lieu le 1er janvier prochain telle que promise par les libéraux en campagne, mais en octobre 2014. Hausse de 4,3 %. Et puis, la baisse graduelle de la taxe santé ne se fera pas, tel que promis, à partir de 2016, mais plutôt un an plus tard.
  6. Des changements au fractionnement de revenus de retraite. Jusqu’à maintenant, il était possible de fractionner des revenus provenant d’un régime de pension agréé avant l’âge de 65 ans. Ce ne sera plus le cas. Que ce soit le fractionnement d’un revenu de pension, d’un revenu de REER ou de FERR, il faudra attendre d’avoir 65 ans. Cette mesure s’applique sur l’année d’imposition 2014, donc dès maintenant! Plutôt que de permettre aux gens qui ne travaillent plus de fractionner ce revenu de retraite, le gouvernement du Québec préfère reporter l’avantage à 65 ans. C’est un choix qui n’est pas arrimé avec Ottawa, ce qui viendra compliquer les choses. Le gouvernement Couillard dit agir pour corriger une iniquité. Que dire, dans ce contexte, de tous les aînés qui sont seuls… et qui ne peuvent pas profiter d’une mesure fiscale comme celle du fractionnement?
  7. Les PME ont été bien entendues : baisse de 50 % du taux d’imposition des manufacturières, baisse de la cotisation au Fonds sur les services de santé et réduction de 20 % des exigences administratives. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante fera même partie du comité gouvernemental pour trouver des allègements administratifs. Le taux d’impôt des PME est de 8 % au Québec, et il sera dès le 1er avril 2015, de 4 %, pour les PME manufacturières. Ce taux est de 4,5 % pour toutes les PME en Ontario, de 3 % en Alberta et de 2,5 % en Colombie-Britannique.
  8. Et… sachez-le : Québec octroie un crédit d’impôt de 20 % sur un montant maximal de 200 $ consacré par les personnes âgées à des activités physiques, artistiques, culturelles ou récréatives. Ainsi, vous pourrez obtenir un maximum de 40 $ sur des abonnements hebdomadaires qui permettent « d’accroître la capacité de la personne à développer ou à améliorer sa dextérité, sa coordination, ses aptitudes cognitives, son intégration sociale ou son bien-être psychologique ». Exemples d’activités admissibles : tai-chi, échecs, chorale, bricolage, tricot, entre autres.

Cela dit, le grand défi de Carlos Leitao et de Martin Coiteux est le même que leurs prédécesseurs : à défaut d’une économie plus vive, il faut contrôler les dépenses.

Budget Bachand : les attentes

lundi 19 mars 2012 à 11 h 33 | | Pour me joindre

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La feuille de route du ministre des Finances du Québec se trouve dans le budget 2010-2011 et c’est dans cet exercice-là que se trouve l’essentiel de ce qu’on va retrouver dans le troisième budget de Raymond Bachand mardi après-midi.
 
Le ministre va chercher à attirer l’attention pour 2012-2013 sur les aînés et les régimes de retraite. Il aura sans doute raison de le faire parce que ces enjeux sont importants. Mais il ne faudra pas oublier que les annonces d’il y a deux ans vont prendre pleinement effet au cours de l’exercice suivant le budget de mardi.
 
Le ministe des Finances du Québec, Raymond Bachand, et le premier ministre Jean Charest.
Le ministre présente un budget dans un cadre difficile. L’économie a ralenti, le chômage a augmenté et la zone euro est en récession. Mais, nouvelle encourageante, l’économie américaine est en reprise. Ça demeure toutefois fragile. Québec ne peut pas trop compter sur des sommes supplémentaires d’Ottawa au moment où le gouvernement fédéral est en compressions. Néanmoins, un premier chèque de 733 millions de dollars sera versé par le gouvernement Harper au gouvernement du Québec dans le cadre du règlement sur l’harmonisation de la TPS et de la TVQ.
 
Ainsi, d’abord et avant tout, plusieurs taxes et tarifs augmentent cette année :
 
– la TVQ a augmenté d’un autre point le 1er janvier dernier, de 8,5 à 9,5 %;
 
– la taxe sur l’essence passera à 18,2 ¢ le 1er avril, hausse de 20 % en 3 ans, et une nouvelle augmentation de 1 ¢ est prévue pour 2013;
 
– la contribution santé passe de 100 $ à 200 $ par personne cette année;
 
– les droits de scolarité vont augmenter de 325 $ cette année, première hausse en 5 ans.
 
Ensuite, on s’attend à quelques annonces dans le budget de mardi :
 
– beaucoup de mots et peut-être quelques annonces sur les ressources et le Plan Nord;
 
– des annonces « très ciblées et structurantes », a dit le ministre Bachand sur le secteur manufacturier;
 
– répétition d’une annonce, celle d’Investissement-compétences dont le budget est déjà alloué ici et là pour stimuler la formation dans les PME;
 
– des annonces sur les soins à domicile pour les aînés et les aidants naturels;
 
– détails possibles sur le Régime volontaire d’épargne retraite, déjà annoncé l’an dernier, mais le ministre pourrait attendre le rapport d’Alban D’Amours sur les régimes de retraite d’ici la fin de l’année;
 
– bonification des prêts et bourses?
 
Du point de vue financier, il est prévu ceci :
 
– déficit budgétaire pour 2012-2013 : 1,5 milliard après un déficit de 3,8 milliards en 2011-2012;
 
– 9,1 milliards de dollars en infrastructures en 2012-2013, si on se fie au Plan québécois des infrastructures 2010-2015, ce qui fait augmenter la dette;
 
– croissance des dépenses de seulement 2,4 %? Est-ce que M. Bachand va y arriver?
 
Quelques chiffres…
 
– Croissance de 1,6 % prévue en 2012 au Québec;
 
– Taux de chômage actuel de 8,4 %;
 
– Mises en chantiers – 2 premiers mois de 2012 : baisse de 9 % sur les 2 premiers mois de 2011;
 
– Dette brute : probablement autour de 184 milliards aujourd’hui (56 % du PIB).
 
À demain, au budget, en direct, à 15 h 30 à RDI, puis à 18 h 15 à RDI Économie, sur nos ondes. Ce sera suivi d’une discussion en direct sur ici.radio-canada.ca/vosfinances à 19 h (HAE). À ne pas manquer…

Hypothèques CHIP : bon pour vous?

mercredi 22 février 2012 à 11 h 35 | | Pour me joindre

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Je reçois régulièrement des questions du public à propos des hypothèques inversées. Vous avez peut-être déjà vu à la télévision ces publicités qui offrent aux personnes de 60 ans et plus de leur prêter des milliers de dollars à « faibles taux » sur garantie de la maison que vous possédez et que vous avez déjà fini de payer. L’idée, c’est de vous prêter jusqu’à 40 % de la valeur nette de votre résidence. Vous n’avez rien à rembourser jusqu’à votre mort, à moins que vous décidiez de quitter la maison. Vous devrez alors tout rembourser, intérêts composés compris.
 
Est-ce une bonne chose?
 
Premièrement, en faisant appel à ce service, vous vous endettez. Il faut le savoir, il faut le calculer, il faut tenir compte aussi des intérêts, qui se situent à 5 ou 6 % selon l’analyste Sophie Roussin, de l’Union des consommateurs. Ces intérêts sont plus élevés que les taux hypothécaires en vigueur. De plus, contrairement à un emprunt hypothécaire ou à un prêt à la consommation, vous n’avez pas de remboursements réguliers à faire. Donc, vous allez payer beaucoup d’intérêts à votre départ.
 
Deuxièmement, si vous mourez (et ça va sûrement finir par arriver!), sachez que c’est votre succession qui devra rembourser.
 
La spécialiste de l’Union des consommateurs que nous avons interviewée à RDI Économie, mardi soir, n’aime pas ce produit. Pour elle, il y a d’autres solutions à proposer aux gens qui se cherchent un revenu. Le programme de revenu résidentiel, appelé CHIP en anglais, doit être une solution de derniers recours. Je vous invite à voir, revoir, écouter, réécouter l’entrevue ici.
 
Par ailleurs, j’ai reçu un courriel d’un téléspectateur habituel de l’émission, M. Jean-Pierre Thomassin. Il me raconte une histoire tout à fait positive par rapport à ce programme. Je le cite :
 
« Mes amis, tous deux retraités, étaient tannés de vivre dans leur grosse maison à tondre la pelouse et écouter la TV. Ils ont eu recours à l’hypothèque inversée pour acquérir une maison motorisée. Depuis ce temps, ils voyagent partout en Amérique du Nord. Et récemment, ils ont été vus chez un détaillant de motos!!!! Ce produit convient très bien à une clientèle de retraités dont les enfants sont autonomes financièrement et qui ne désirent pas leur laisser des biens en héritage.Un produit miracle selon mes amis. Jamais un prêt personnel ou une marge de crédit hypothécaire leur aurait permis un tel achat, tel que suggéré par votre invitée. »
 
Et vous? Qu’en pensez-vous?