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Le vrai problème du Plan Nord

Mercredi 24 septembre 2014 à 14 h 23 | | Pour me joindre

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Sur le plan politique, il est de bon ton de dire que le Plan Nord est mort avec l’arrivée du Parti québécois au pouvoir et qu’il vient de ressusciter avec le retour des libéraux. C’est un peu plus complexe que cela dans la réalité. Oui, le vocable « Plan Nord » a été abandonné par le gouvernement Marois, mais le développement du Nord ne s’est pas arrêté pour autant. On ne peut pas exclure l’impact des décisions d’un gouvernement sur le développement économique, mais dans ce cas-ci, une bonne partie du problème est ailleurs. Mais vraiment ailleurs.

Et, péquistes ou libéraux, le problème est encore le même aujourd’hui : le marché est en déclin, les prix baissent, les entreprises hésitent. C’était vrai en 2013. C’est encore le cas cette année. Le premier ministre Philippe Couillard a d’excellentes raisons de miser sur le développement du Nord et d’aller en parler à des investisseurs à New York. Mais, dans le contexte économique actuel, le gouvernement devra être très généreux en avantages fiscaux pour stimuler les investissements. Et, comme on le sait, Québec ne semble pas très enclin à faire des cadeaux à des entreprises en ce moment.

Le marché est à son plus bas en cinq ans. Pourquoi? Parce que la Chine ralentit. La deuxième économie mondiale ne croît plus à 9 ou 10 % par année. Elle est plus près de la barre de 7 %, et les récents signaux économiques en provenance de Pékin laissent croire à un ralentissement de la demande.

Prenez l’or et le fer, deux minéraux développés au Québec. L’or a chuté en 2013, a remonté légèrement en 2014 et est maintenant reparti à la baisse depuis le début de l’été.

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Ce tableau de Bloomberg illustre l’évolution de l’indice des ressources, le prix du pétrole BRENT et le prix du fer. La tendance est nettement à la baisse :

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Le test de la réalité, c’est les chiffres du marché. On peut bien dire qu’on relance le Plan Nord. Si la demande n’est pas au rendez-vous, si les prix culbutent, les promesses auront du mal à décoller. À moins que le gouvernement Couillard sorte le chéquier!

2051 : projections moins alarmantes!

Lundi 22 septembre 2014 à 16 h 36 | | Pour me joindre

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C’est passé inaperçu, mais l’Institut de la statistique du Québec vient de revoir ses prévisions démographiques. Et l’impact du vieillissement de la population sera moins grand qu’attendu. C’est important d’en parler parce qu’une bonne partie des inquiétudes qui sont soulevées sur la pérennité des finances publiques du Québec sont liées au vieillissement de la population et à la réduction attendue des personnes en âge de travailler.

Disons tout de suite que le défi démographique demeure entier et que les prévisions des experts peuvent encore évoluer dans le temps. Mais, pour l’instant, les craintes de décroissance démographique se sont atténuées au point tel que l’ISQ reporte au siècle prochain les possibilités de baisse de population. Et encore là, on verra!

Ainsi…

  • la prévision pour le taux de fécondité au Québec est passée de 1,5 en 2003 à 1,65 en 2009, puis à 1,7 dans l’édition de 2014;
  • la prévision d’immigration internationale est passée de 28 000 en 2003 à 40 000 en 2009, puis à 44 000 en 2014;
  • et dans le solde des gens des autres provinces qui arrivent ici et des gens qui quittent le Québec pour d’autres provinces, la perte nette prévue pour le Québec était de 9000 par année en 2003, de 10 000 en 2009 et aujourd’hui, de 7500.

Sur les trois facteurs, la situation s’est améliorée par rapport aux projections de 2003 et 2009, ce qui fait en sorte que la population totale du Québec va augmenter un peu plus rapidement qu’attendu.

En 2003, on s’attendait à ce que la population du Québec se mette à décroître après 2031 pour tomber à 7,832 millions de personnes en 2051.

En 2009, on a coupé court au scénario de décroissance démographique. La population totale allait continuer d’augmenter pour atteindre 9,17 millions de personnes en 2051.

Dans l’étude qui vient d’être publiée, on porte le nombre de personnes pour 2051 à 9,84 millions de personnes.

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« La baisse des effectifs de la population en âge de travailler, les 20-64 ans, est repoussée d’une année, en 2017. Son léger déclin se poursuivra jusqu’en 2030, mais il sera ensuite suivi d’une remontée qui se stabilisera finalement autour de 5,2 millions de personnes à partir de 2046. Combinée à la hausse plus marquée des autres groupes d’âge, qui pourrait générer une demande supplémentaire en services de toute sorte, la relative stabilité des 20-64 ans accroît l’importance des enjeux associés au renouvellement de la main-d’œuvre. » — l’ISQ

On ne peut que se réjouir de ces informations, sans crier victoire. Le défi des finances publiques demeure entier au Québec et le vieillissement de la population et son impact sur les dépenses en santé particulièrement sont indéniables. Le commissaire à la santé nous rappelait il y a quelques jours que les visites à l’hôpital des personnes de plus de 75 ans avaient augmenté de 30 % depuis 10 ans, un taux comparable à ce groupe d’âge dans la population.

(le document de l’ISQ est ici + merci à ce blogue d’avoir bien vu les changements dans les prévisions)

2 ballons d’essai, 3 milliards de dollars!

Vendredi 19 septembre 2014 à 12 h 05 | | Pour me joindre

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Les ballons d’essai sont à la mode ces jours-ci à Québec. Au moment où tout est en jeu, des congés parentaux aux garderies à tarif réduit, en passant par les conservatoires de musique et les agences de santé, permettez-moi de mettre deux autres concurrents au ballottage :

  • Le Fonds des générations
  • La TVQ

En fait, je veux qu’on se comprenne bien, ce ne sont pas des propositions, mais ce sont des options à envisager si on considère que tout est en jeu pour arriver au déficit zéro. En ce sens, il est, je pense, utile d’explorer d’autres possibilités qui pourront nourrir la réflexion sur ce qui doit être fait pour rétablir l’équilibre. Je peux vous dire cependant qu’en conférence téléphonique vendredi matin, le ministre des Finances Carlos Leitao a rejeté ces deux options.

Le Fonds des générations

Il a été discuté, dans le passé, de fermer le Fonds des générations et d’utiliser cet argent pour réduire la dette. Le Parti québécois était en faveur de cette option, avant de finalement l’abandonner une fois au pouvoir. Si le gouvernement Couillard décidait de mettre fin au Fonds des générations, il pourrait affecter immédiatement à la dette 5,659 milliards de dollars (somme au 31 mars 2014). Deux économies en découleraient :

Réduction des intérêts : environ 300 millions

Récupération de la somme prévue pour le Fonds des générations en 2014-2015 : 1,3 milliard.

La TVQ

Le ministre Leitao a dit qu’il n’était pas question de récupérer le champ fiscal qui serait abandonné par le gouvernement fédéral, qui s’apprête à annoncer des baisses de charges fiscales, baisse d’impôt ou baisse de TPS. S’il le faisait, Carlos Leitao pourrait aller chercher au moins 1 milliard de dollars supplémentaires en ajoutant un point de TVQ.

Il est prévu en 2014-2015 que la TVQ (actuellement de 9,975 %) rapporte au gouvernement la somme de 15,472 milliards. C’est l’équivalent de 1,5 milliard par point de TVQ. En admettant qu’une hausse de taxes réduise la demande, on peut imaginer qu’une hausse d’un point de taxe de vente rapporterait un peu moins que 1,5 milliard.

Gain : 1 milliard à 1,5 milliard 

Voilà deux ballons d’essai : un premier qui prévoit une coupe, le Fonds des générations, et une autre qui prévoit une ponction fiscale supplémentaire, qui n’en serait pas une si on occupait un champ fiscal abandonné par le gouvernement fédéral. Nous venons de déterminer de 2,5 à 3 milliards de dollars potentiels.

Honnêtement, avant d’augmenter une taxe ou de mettre fin au Fonds des générations, il faut une réflexion profonde sur les conséquences, bien plus détaillée que ces quelques mots dans ce billet. Tous les ballons d’essai, qu’ils viennent du gouvernement, des fonctionnaires ou d’autres sources, n’ont pas franchi l’analyse complexe nécessaire.

C’est ce que font en ce moment les experts de la Commission sur la fiscalité de Luc Godbout. On sera d’accord ou pas avec leurs propositions, on verra bien. Mais elles auront nécessairement le mérite de s’appuyer sur un argumentaire chiffré, recherché, scientifique. Et souhaitons-le, ces propositions s’appuieront sur une perspective à long terme et non pas qu’en regard des deux prochaines années.

En attendant… que pensez-vous de ces deux options?

Carlos Leitao répondra à vos questions jeudi 25 septembre à 18 h 30 (HAE) à RDI économie. Écrivez-nous : rdieconomie@radio-canada.ca

Santé : donnez le pouvoir aux régions!

Mercredi 17 septembre 2014 à 16 h 31 | | Pour me joindre

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Au moment où le ton monte entre les médecins et le ministre de la Santé Gaétan Barrette, un groupe d’experts suggère d’alléger la structure du système de santé pour le rendre plus efficace, plus accessible et moins coûteux. Ce n’est pas le premier rapport, ce n’est pas le dernier non plus. Mais il a le mérite, celui-là, de miser sur une amélioration de la gouvernance.

L’actuel système est composé de beaucoup de chefs. Et dans une telle structure, tout le monde tente de « tirer la couverte de son bord ».  Comme le grand chef est à Québec, ce que suggèrent des experts du secteur de la santé, accompagnés des dirigeants de l’Institut de la gouvernance Yvan Allaire et Michel Nadeau, c’est de recadrer le rôle du ministère et de décentraliser complètement la structure.

En fait, ce rapport nous invite à inverser la pyramide. Les besoins, ce sont les gens à la base qui les connaissent. Et c’est de là que doivent venir les demandes et les commandes pour que les bonnes priorités soient ciblées.

Ce que disent ces experts d’abord, c’est que le ministère de la Santé devrait cesser de gérer le système au quotidien et de s’en tenir à exercer une gouvernance stricte, rigoureuse en partenariat avec les « régions de service ». Québec établit les principes et distribue l’argent nécessaire en fonction des besoins des patients. Un « financement axé sur les patients ».

Les « régions de service » remplaceraient en quelque sorte les agences de la santé, qui sont des prolongements du ministère de la Santé. On pourrait mettre en place 10 « régions de services » qui auraient pour tâche de gérer les budgets octroyés par Québec, diriger les établissements sur leur territoire respectif, gérer les ressources matérielles, financières et humaines. Il n’y aurait plus de conseils d’administration dans les différents établissements. Il n’y en aurait qu’un seul : celui de la « région de services ».

Cliquez sur l’organigramme pour bien voir la proposition du groupe d’experts :

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Bien que le système s’est contracté dans les dernières années, le groupe d’experts rappelle qu’il y a 18 agences régionales (15 agences, 3 organisations dans le Nord), 94 centres de santé et de services sociaux (CSSS) et 277 établissements, qui administrent 1689 installations. Le rapport évalue à 3500 le nombre d’administrateurs.

En voyant la structure actuelle et en prenant connaissance de la structure proposée par le groupe d’experts, je suis certain que plusieurs diront que c’est encore de la « structurite aiguë » et qu’on va encore créer de gros monstres dont vont bénéficier quelques privilégiés.

La réalité est plus nuancée. Nous avons un système de santé, dont le coût représente près de 45 % des dépenses de programmes. S’il y a un endroit où il faut repenser la structure pour générer des économies et assurer la pérennité du système, tout en maintenant des services de qualité et une couverture universelle, c’est la santé. À ce titre, il me semble que la proposition du groupe d’experts mérite qu’on s’y attarde.

L’étude est ici. Je vous invite à la lire. Est-ce une bonne proposition? Si oui, comment la mettre ne place?

Une place en garderie à… 0 $

Lundi 15 septembre 2014 à 16 h 47 | | Pour me joindre

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Je tiens à vous remercier d’échanger avec autant d’engagement sur ce blogue. Vous le faites depuis 2006 et je vous en remercie!

Je tiens aussi à réitérer que le billet de vendredi sur le financement du système de garde au Québec n’est pas une prise de position. Ce billet, comme tous les autres, a pour but de clarifier certains enjeux. On peut très bien changer le mode de financement des garderies au Québec. Je n’ai pas à me prononcer sur le sujet. Mais, quand j’entends une fausseté, je crois qu’il est essentiel de rétablir les faits. Dire que les mieux nantis paient la même chose que les moins bien nantis pour les garderies, c’est faux. Et c’est ce que j’ai voulu démontrer dans le billet de vendredi. Le financement actuel est collectif, que vous ayez des enfants en garderie ou non, et plus vous gagnez de l’argent, plus vous payez de l’impôt, plus vous financez le système de garderie subventionnée.

Cela dit, le dernier billet ne faisait pas le tour de la question. Il n’abordait qu’un enjeu : le financement de la subvention gouvernementale, c’est-à-dire environ 85,5 % du coût quotidien en garderie.

Maintenant, qu’est-ce que vous payez vraiment lorsque vous êtes parents et que vous avez un ou des enfants à la garderie?

Vous avez deux choix : envoyer votre enfant dans une garderie subventionnée à 7 $ par jour. Ou envoyer votre enfant dans une garderie non subventionnée, ce qui vous donne droit au crédit d’impôt remboursable pour frais de garde d’enfants.

En plus de la place subventionnée ou du crédit d’impôt au Québec, vous pouvez avoir droit à différentes aides du gouvernement fédéral :

  • prestation fiscale canadienne pour enfants;
  • prestation universelle pour la garde d’enfants;
  • déduction pour frais de garde d’enfants;
  • prestation fiscale pour le revenu de travail;
  • crédit de TPS.

Ces soutiens gouvernementaux peuvent réduire sensiblement votre facture de garderie.

  • Ainsi, un ménage qui touche un revenu annuel de 100 000 $ paiera en réalité 2,73 $ par jour s’il envoie son enfant dans le réseau subventionné à 7 $ par jour. Il paiera 2,81 $ s’il l’envoie dans une garderie privée à 25 $ par jour.
  • Un autre ménage, qui a un revenu annuel de 48 000 $, paiera 2,34 $ par jour pour un enfant dans une garderie subventionnée, alors qu’il recevra 23 ¢ par jour pour un enfant dans une garderie privée.

Cliquez ici et voyez clairement comment les réductions s’appliquent : http://bit.ly/1hGgrZ4

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Garderies : la modulation existe déjà

Vendredi 12 septembre 2014 à 16 h 33 | | Pour me joindre

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Déboulonnons un mythe sur les garderies à tarif réduit : la modulation existe déjà.

Mais, attention. Ce billet de blogue ne doit pas être interprété comme une prise de position en faveur ou en défaveur d’une restructuration du financement des services de garde au Québec. C’est un texte qui a pour but d’établir un fait et de s’éloigner des demi-vérités. C’est en partant d’un fait qu’on peut mieux réfléchir.

Alors, j’entends souvent des gens dire : n’est-ce pas épouvantable de permettre à des gens bien fortunés de payer 7 gros dollars par jour pour faire garder leur enfant dans un CPE, le même montant qu’une famille à faibles revenus? C’est inacceptable, ils doivent payer plus!

Le fait est que le financement des garderies subventionnées est déjà modulé en fonction du revenu. Ça s’appelle l’impôt. Plus vous gagnez de l’argent, plus vous payez de l’impôt, plus vous financez le système de garderie!

En 2011, les Québécois ont payé 38,905 milliards de dollars en impôts. Cette somme représentait 46,84 % des dépenses consolidées du gouvernement du Québec. Le reste provient des impôts des entreprises, des transferts fédéraux, et la différence représente le déficit.

Le programme des garderies coûtait en 2011 au Québec 2,24 milliards en subvention gouvernementale. C’est 2,24 milliards en dépenses gouvernementales. Si on applique le taux de 46,84 %, on pourrait présumer que les impôts des contribuables québécois ont payé en 2011 un total de 1,05 milliard en subvention gouvernementale pour les garderies subventionnées.

Cette somme, 1,05 milliard de dollars, représente 2,7 % des impôts des Québécois. Donc, on peut présumer que sur chaque dollar d’impôt qu’on paie à l’État québécois, il y en a 2,7 % qui vont à la subvention gouvernementale pour les garderies subventionnées.

Ainsi…

  • Une personne qui gagnait 20 000 $ en 2011 payait 1072 $ en impôt au Québec. De cette somme donc, 29 $ allaient aux garderies. Si on divise par 260 jours de garde, c’est 11 ¢ par jour!
  • Une personne qui gagnait 50 000 $ par année payait 6310 $ en impôt au Québec. On fait le même calcul : 170 $. C’est 66 ¢ par jour.
  • Une personne qui fait 100 000 $ payait 17 185 $ au fisc québécois. De cette somme,  464 $ allaient à la subvention gouvernementale pour les garderies. C’est 1,78 $ par jour.
  • Et une personne qui gagnait 150 000 $, qui payait 29 185 $ en impôts au Québec, injectait 788 $ dans le système des garderies à tarif réduit, c’est-à-dire 3,03 $ par jour.

Ainsi, une personne à faible revenu paie quelques cents par jour, quelques dollars par année pour subventionner les garderies, alors qu’une personne qui est mieux nanti va payer quelques dollars par jour, quelques centaines de dollars par année.

La devise, l’Écosse et le Québec

Mardi 9 septembre 2014 à 16 h 46 | | Pour me joindre

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Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, répète qu’il ne veut pas d’union monétaire avec une Écosse indépendante. Ça ne marcherait pas, selon lui. Une union monétaire est incompatible avec la souveraineté de l’Écosse. Un tel projet nécessite un accord  de libre-échange, une union bancaire et un filet fiscal solide, de l’avis de l’ancien gouverneur de la Banque du Canada.

Il va plus loin. Regardez ce qui se passe dans la zone euro, dit-il, pour constater combien le projet d’une union monétaire est difficile. Mark Carney, on a compris, n’est pas en faveur de l’indépendance de l’Écosse et ne croit pas qu’un nouveau pays nommé Écosse pourrait utiliser facilement la livre sterling. On imagine qu’une Écosse indépendante aurait le droit de négocier avec la livre sterling, mais à quel prix si elle n’a pas de pouvoirs monétaires?

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Mark Carney exprime sa position dans un contexte de plus en plus tendu, alors que l’option du oui gagne du terrain dans les sondages en Écosse. Une enquête réalisée il y a quelques jours donne l’option favorable à l’indépendance en avance par 2 points. C’est très serré.

Loin d’Édimbourg et de Londres, et loin d’un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec, l’économiste Serge Coulombe, professeur à l’Université d’Ottawa, publie un texte favorable à la création d’un dollar québécois dans un éventuel Québec souverain. Et lui aussi, dans un contexte bien différent, est d’avis que l’expérience de la zone euro doit nourrir la réflexion de ceux et celles qui croient à l’indépendance du Québec.

1552221-gf« L’expérience européenne récente, écrit Serge Coulombe dans Le Québec économique 2013-2014, tend à montrer que les pays qui ont laissé à une tierce partie le pouvoir de créer leur monnaie ont beaucoup perdu sur le plan de la stabilisation économique. »

Depuis la publication d’une étude sur l’utilisation du dollar canadien dans un Québec souverain, en 1978, par l’économiste Benard Fortin, il s’est passé deux choses, dit Serge Coulombe : la zone euro et l’essor pétrolier de l’ouest du Canada. Le dollar canadien est aujourd’hui très lié à l’évolution des cours du pétrole. Et la hausse du prix du pétrole a entraîné une majoration du dollar canadien qui a nui considérablement aux exportations du Québec.

Pour lui, maintenir le dollar canadien après un vote pour l’indépendance du Québec serait néfaste. « En quittant la fédération canadienne et en gardant le dollar canadien, le Québec n’aurait plus accès aux bienfaits découlant de la distribution du boum des ressources par le mécanisme du fédéralisme fiscal, mais conserverait une pétro-monnaie. »

En faisant abstraction de toutes positions politiques, cette réflexion de Serge Coulombe est intéressante. Elle rejoint celle de Mark Carney finalement, bien qu’elle n’est probablement pas animée des mêmes intentions. Il est intéressant de constater que ni l’Écosse ni le Québec de Pauline Marois, le printemps dernier, n’envisageaient la création d’une nouvelle monnaie. Ont-ils bien étudié la question?

À quel âge retirer ses rentes?

Lundi 8 septembre 2014 à 15 h 34 | | Pour me joindre

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La question revient souvent : à quel âge devriez-vous retirer vos premières rentes? En ce moment, il est possible de commencer à recevoir ses rentes à partir de 60 ans. Mais, dans l’objectif de vous faire travailler un peu plus longtemps, le gouvernement du Québec a décidé de réduire les versements si vous décidez de toucher votre rente avant l’âge de 65 ans. À partir de 65 ans, la rente est complète. Et si vous attendez après 65 ans, elle est bonifiée.

En 2016, c’est 7,2 % par année qui seront retranchés de votre rente si vous la prenez avant 65 ans. Ainsi, une rente de 1000 $ à 65 ans, que vous décidez de toucher à 60 ans, sera de 640 $ (réduction de 36 %, c’est-à-dire 5 ans multipliés par 7,2 %). En retour, depuis le 1er janvier 2013, votre rente est bonifiée de 8,4 % par année si vous attendez après 65 ans. Ainsi, si vous touchez votre rente à partir de 70 ans, on ajoute 42 %, soit 420 $.

La question maintenant, c’est de savoir si ça vaut la peine d’attendre quelques années avant de toucher votre rente. Et combien de temps faudra-t-il pour compenser les sommes non touchées pendant 8 ans, par exemple, si vous décidez d’attendre à 68 ans pour demander vos rentes?

Les experts consultés arrivent tous à la même conclusion : si vous êtes en bonne santé et que votre espérance de vie correspond à la moyenne, attendez. Si votre santé est fragile, si vous avez très peu de revenus, vous avez sans doute raison de vouloir toucher votre rente de la RRQ ou du RPC avant 65 ans.

En 2014, une personne qui arrive à l’âge de 60 ans a une espérance de vie de 84 ans pour les hommes et de 89 pour les femmes.

Selon le conseiller en placements et en sécurité financière Éric Brassard, dans un texte publié en juin 2011, l’âge optimal pour demander la rente se situe entre 63 et 65 ans pour les hommes et entre 64 et 66 ans pour les femmes.

De l’avis du planificateur financier Sébastien Trudel, ça vaut peut-être la peine d’attendre encore un peu plus et de « se faire payer pour attendre ». Autrement dit, en touchant votre rente après 65 ans, vous sortirez gagnant en touchant la bonification de la rente. Il propose d’attendre à 68 et même à 70 ans dans certains cas pour demander sa rente.

Plus votre rendement de REER est élevé, moins vous avez besoin d’une rente bonifiée. Ainsi, Sébastien Trudel est d’avis qu’il faut attendre le plus longtemps possible si vous avez un portefeuille conservateur à faible rendement (68-70 ans) ou un portefeuille équilibré (67-69 ans). Si vous avez un portefeuille axé sur la croissance, plus risqué, vous n’avez pas à attendre une bonification de la RRQ. Ainsi, le planificateur estime que vous pouvez commencer à toucher votre rente à 63 ans si vous êtes un homme, et à 65 ans si vous êtes une femme.

Il n’y a pas de recette toute prête et très simple. Chaque cas est différent. Quels sont vos revenus, vos actifs, vos passifs, qui dépend de vous? Quels sont vos choix, votre état de santé, votre espérance de vie, etc.?

Attendre pour retirer ses rentes n’est pas un choix qui est fait pour tout le monde. Mais si vous avez la possibilité d’attendre, vous serez récompensé, disent les experts.

Les entreprises n’embauchent plus!

Vendredi 5 septembre 2014 à 12 h 42 | | Pour me joindre

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Les dernières statistiques sur l’emploi au Canada ne sont pas très réjouissantes. Malgré une accélération de la croissance économique au deuxième trimestre au pays, le marché de l’emploi croît lentement, près de la stagnation, particulièrement au Québec. Trois constats :

  1. Les entreprises n’embauchent pas. Il s’est perdu 112 000 emplois dans le secteur privé au Canada en août. En faisant le compte des bons et mauvais mois depuis le début de l’année, on constate une perte nette de 57 000 emplois dans les entreprises privées au Canada en 2014. Au Québec, la tendance est la même : perte de 35 500 emplois dans le secteur privé en août, de 50 000 depuis le début de l’année. C’est franchement inquiétant.
  2. Rien de mieux que de créer son emploi, paraît-il, quand on n’arrive pas à se dénicher du boulot! Eh bien, c’est le cas pour une bonne partie des citoyens : 15 % des travailleurs au Canada sont des travailleurs autonomes. Et ça se poursuit : Statistique Canada rapporte l’ajout de 87 000 travailleurs autonomes au Canada en août, dont 12 000 au Québec.
  3. Et, disons les choses simplement, il ne se crée presque pas d’emplois au Québec. Toutes les mesures arrivent au même constat :
    • faible gain de 4100 emplois en août;
    • encore plus faible gain de 9500 emplois depuis trois mois (moyenne de 3166 par mois);
    • perte de 21 000 emplois en 2014;
    • gain de 20 200 emplois depuis un an, soit 1683 emplois en moyenne par mois;
    • perte de 31 300 emplois à temps plein sur 12 mois, gain de 51 300 emplois à temps partiel.

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Mercredi 3 septembre 2014 à 14 h 49 | | Pour me joindre

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Quand on s’est demandé si Burger King avait choisi d’installer son nouveau siège social au Canada, dans le cadre de l’acquisition de Tim Hortons, pour des raisons fiscales, on a relevé le fait que le taux d’imposition des entreprises est passée au Canada de 28 % en 2000 à 15 % aujourd’hui.

Cela dit, que l’impulsion pour Burger King soit fiscale ou non, il faut rappeler que les entreprises au pays n’en profitent pas nécessairement pour investir davantage dans l’économie. Selon les dernières données publiées par Statistique Canada, les liquidités des sociétés s’élevaient à 630 milliards de dollars à la fin de mars 2014. De l’argent qui dort, affirmait l’ex-gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney.

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L’institution s’en inquiète encore aujourd’hui. Dans le communiqué portant sur sa politique monétaire ce matin, la Banque du Canada écrit que « bien qu’un nombre croissant de secteurs d’exportation semblent avoir amorcé le virage de la reprise, il faudra que ce redressement se poursuive avant de se traduire par des investissements des entreprises et des taux d’embauche plus élevés ».

Les dernières statistiques sur la croissance du PIB au Canada laissent voir une faible croissance des investissements des entreprises. L’économiste Jimmy Jean, de Desjardins, a dit que ce niveau d’investissement était même « décevant ». La croissance des investissements en machinerie et équipements a été de 0,9 %, plus faible qu’attendu, après deux trimestres en baisse.

L’Institut Fraser a aussi exprimé son inquiétude quant aux investissements des entreprises en juillet. Il a affirmé que le Canada prenait du retard à ce chapitre, et que ça pouvait ralentir l’économie du pays. Malgré la baisse importante de l’imposition des entreprises depuis 15 ans, Fraser est d’avis qu’il faut développer de nouveaux avantages fiscaux pour stimuler les investissements et l’économie.

Comment stimuler les investissements des entreprises? Cet enjeu est capital quand on sait que de 15 à 20 milliards de plus dans l’économie, c’est 1 point de pourcentage de plus au PIB.

Doit-on encore baisser leurs impôts?

Qu’en pensez-vous?