Billets classés sous la catégorie « Scandale financier »

Paradis fiscaux et complicité

Vendredi 5 avril 2013 à 14 h 29 | | Pour me joindre

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Il ne faut pas se leurrer : les réactions ulcérées des gouvernements occidentaux aux informations obtenues par des journalistes d’enquête sur les avoirs de milliers d’individus dans les paradis fiscaux ne sont que des effets de scène. Ils savent, et nous savons tous, que des gens bien nantis et bien conseillés utilisent de nombreux stratagèmes fiscaux pour réduire leurs impôts. Depuis longtemps.

Carte des paradis fiscauxLes gouvernements qui mènent la marche du monde acceptent et approuvent la présence de pays et de juridictions à la fiscalité excessivement avantageuse pour les riches individus et les sociétés, notamment les banques.

Pour payer moins d’impôts, des gens d’affaires et des gens de pouvoir profitent de l’existence de ces passerelles fiscales, d’échappatoires de toutes sortes et de couloirs secrets et complexes, considérés comme étant légaux.

La fiscalité est essentielle au fonctionnement des états et est un outil stratégique dans la marche du commerce mondial et du développement de l’économie ainsi que pour attirer des investissements. C’est la fiscalité qui permet de garnir les coffres des gouvernements, qui permet aussi d’accorder des avantages à des citoyens, des groupes ou des sociétés. Mais c’est aussi en utilisant une tonne d’astuces fiscales qu’on peut se faufiler entre toutes les règles qui encadrent la circulation des revenus, des profits et des pertes.

Ce qui est révélé par des fuites et des enquêtes journalistiques, c’est un système connu des gouvernements occidentaux depuis des décennies. On peut sortir tous les noms qu’on veut de cette boîte à milliards, il n’en demeure pas moins que les règles fiscales en place, partout dans le monde, encadrent faiblement la circulation de l’argent vers les paradis fiscaux.

Le travail sérieux pour éviter les fuites de milliers de milliards de dollars vers les cocotiers et les palmiers ne fait que commencer.

Nortel : une histoire de déception

Lundi 14 janvier 2013 à 12 h 55 | | Pour me joindre

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Les réactions d’indignation n’ont pas tardé sur Twitter à l’annonce du verdict de non-culpabilité des anciens dirigeants de Nortel Networks, Frank Dunn, Douglas Beatty et Michael Gollogly. Il n’est pas possible pour le juge Frank Marrocco de la Cour supérieure de l’Ontario de conclure, hors de tout doute, que les trois hommes, congédiés en 2004 et poursuivis en 2008, ont commis une fraude. Ils étaient accusés d’avoir manipulé les résultats financiers de 2002 et de 2003 pour faire gonfler leurs bonis.

L'entrée des bureaux de Nortel à Toronto, en 2009Si l’indignation est au rendez-vous aujourd’hui, c’est parce que l’histoire de Nortel est remplie d’espoirs déçus et de dollars perdus. Près de 100 000 personnes ont perdu leur emploi. Des millions d’investisseurs ont perdu des milliards d’investissements.

Je travaillais à la Bourse de Toronto pour RDI en 2002 lorsque le Wall Street Journal a été le premier média à évoquer une possible manipulation des résultats financiers de Nortel Networks. L’entreprise tentait alors de restructurer ses activités après le départ du PDG John Roth, l’éclatement d’une terrible bulle technologique et l’effondrement total de l’action de l’entreprise, qui avait atteint 124,50 $ en juillet 2000.

La direction avait alors affirmé que des erreurs comptables étaient survenues. Et compte tenu de la décision du juge Marrocco aujourd’hui, c’est la version qui va demeurer. Nortel a comptabilisé des capitaux en réserve comme étant des revenus, ce qui a permis le versement de bonis totalisant 12,8 millions de dollars pour les trois patrons. La preuve n’est pas assez étayée pour affirmer que le but de cette action était de commettre une fraude, affirme la Cour.

Donc, de 2000 à 2013, tous les espoirs ont été écrasés : 300 milliards de valeurs boursières se sont envolées, près de 100 000 emplois ont été perdus, un joyau mondial de la technologie s’est honteusement effondré. Et la Couronne n’est pas parvenue à monter une preuve qui aurait pu convaincre le juge, sans l’ombre d’un doute, que les anciens dirigeants étaient coupables de fraude à l’endroit de Nortel Networks.

NORTEL 

  • 1895 : fondation de l’entreprise à Montréal
  • 2000 : BCE se départit de ses actions dans Nortel
  • 2000 : 124,50 $ (26 juillet)
  • 2000-2001 : bulle technologique
  • 2001 : départ du PDG John Roth
  • 2001 : perte de 27 milliards de dollars
  • 2002-2003 : restructuration
  • 2002 : allégations de manipulation des résultats
  • 2004 : congédiement de Frank Dunn, Doug Beatty et Michael Gollogly
  • 2003 et 2005 : révision des résultats
  • 2008 : poursuites contre les trois ex-dirigeants
  • 2009 : faillite
  • 2013 : les trois ex-dirigeants non coupables

 

Nortel et RIM, même destin?

Jeudi 13 octobre 2011 à 10 h 50 | | Pour me joindre

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Oui, le titre est trop fort. Mais plusieurs collègues m’ont demandé hier si les déboires de Research in Motion allaient mener au même résultat tragique que Nortel Networks. Si les deux entreprises ont suscité une grande fierté chez les Canadiens, leurs mésaventures ne sont pas du même ressort.

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