Billets classés sous la catégorie « Scandale financier »

Volkswagen et la tromperie

Mardi 22 septembre 2015 à 9 h 58 | | Pour me joindre

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Une erreur, une négligence, une incompétence, c’est un peu ce qui caractérise la plupart des rappels d’autos depuis des décennies. De mauvais calculs, un travail bâclé, un effet non mesuré, généralement les rappels d’autos causent du tort aux constructeurs d’autos, mais ne les poussent pas à la faillite.

Les problèmes de pédale d’accélération de Toyota, par exemple, ont fait très mal à l’entreprise, on s’en souvient bien. Mais on avait l’impression qu’il s’agissait d’un problème mécanique doublé d’une insouciance devant l’ampleur du problème, finalement dangereux et meurtrier.

Dans le cas de Volkswagen, nous entrons dans une nouvelle dimension. L’entreprise admet avoir installé sur ses populaires véhicules diesel un logiciel qui permettait d’améliorer de façon majeure la mesure des émissions polluantes.

Dans la réalité, les émissions seraient de 20 à 35 fois plus importantes que ce qui était indiqué aux automobilistes. Volkswagen savait ce qu’elle faisait : c’était planifié dans le but de berner le client. L’acte est intentionnel et Volkswagen a sciemment trompé le public.

Un geste perturbant

Comment redonner notre confiance à une entreprise qui nous a trompés? On ne parle pas d’erreur, d’incompétence, d’insouciance qui, dans tous les cas, sont très certainement choquantes, voire inacceptables. On parle ici d’une tromperie, d’une tricherie, d’une menterie.

Dans un monde où on cherche des solutions pour réduire notre empreinte carbone et où l’innovation joue un rôle de premier plan pour verdir l’économie, le geste de Volkswagen est perturbant.

D’autres constructeurs ont-ils utilisé le même stratagème? L’encadrement réglementaire est-il assez sévère pour vérifier la validité des informations qui sont transmises? Peut-on se fier aux données qui sont utilisées pour nous faire acheter un produit? Les fabricants d’autos font-ils partie de la solution? Ou veulent-ils demeurer du côté du problème, alors que les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports représentent un défi pour la planète?

Généralement, certaines entreprises utilisent des voies de contournement pour tenter de nous faire acheter leur produit. On ne nous trompe pas directement, mais le résultat est à peu près le même. Pour y arriver, on utilise le marketing qui, par ailleurs, n’est pas toujours négatif, loin de là. Mais, dans bien des cas, le marketing permet de vendre un frigo à un ours blanc.

Que doit faire le consommateur?

Prenez cette enquête dont nous a parlé ma collègue Anne-Louise Despatie lundi. Selon une étude réalisée par l’Université de Toronto, plus de la moitié de plusieurs milliers de produits étiquetés « sans gras », « faible en gras » ou « teneur réduite en gras trans » ne contiennent pas, dans la réalité, moins de gras! Même que certains produits contiennent plus de calories que le produit standard. Et parce qu’on nous dit que c’est léger, on a tendance à en manger plus!

Quand on me dit qu’il y a moins de gras dans mon biscuit et que la voiture que j’achète produit moins d’émissions polluantes que les autres, j’ai toutes les raisons du monde de croire que je fais un bon choix comme consommateur. Mais quand on joue avec ma crédulité ou qu’on me ment carrément, comment dois-je dois réagir? Comment, vous, consommateurs, réagissez-vous à ces arnaques, comment vous protégez-vous de ça, comment éviter le marketing qui nous tord l’intelligence ou la multinationale qui nous trompe?

Dans son rapport publié jeudi, la protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain reproche à Revenu Québec de manquer de respect envers plusieurs citoyens. « Les objectifs élevés de récupération fiscale ne doivent pas être atteints au mépris du respect des citoyens », dit-elle.

De nombreux exemples de cafouillage sont décrits. Revenu Québec a un dur travail à faire, la commande politique est grosse, mais l’élégance de sa démarche laisse à désirer, selon Raymonde Saint-Germain.

Le ministre des Finances Carlos Leitao affirme qu’il va demander des comptes à la direction de l’Agence du revenu. Les exemples rapportés par Raymonde Saint-Germain sont « inacceptables », dit-il. Carlos Leitao entend exiger de Revenu Québec un plan concret pour revoir les façons de faire de l’agence.

Maintenant, il faut le répéter : il y a un éléphant dans la pièce. Il est partout, mais on en parle que très peu. Il était au débat des chefs fédéraux jeudi à Calgary. Il était installé au centre de la Commission parlementaire sur la fiscalité dans les deux dernières semaines à Québec. Mais même s’il est difficile à ne pas voir, on ne parle presque pas de lui!

L’éléphant pèse au moins 22 000 milliards de dollars. Il a plusieurs noms : évasion fiscale, évitement fiscal, optimisation fiscale, planification fiscale, paradis fiscal et j’en passe. Selon une estimation prudente, c’est plus de 22 000 milliards de dollars qui se font dorer la pilule dans les paradis fiscaux de la planète. Ce sont des sommes considérables, 10 fois l’économie du Canada, qui échappent à l’impôt normal des États qui ont pourtant besoin d’argent pour financer les services publics.

Le rapport Godbout souligne que le Québec a récupéré 1,1 milliard de dollars de 2010-2011 à 2013-2014 dans le cadre de sa lutte contre l’évasion fiscale. L’action du gouvernement passe notamment par les modules d’enregistrement des ventes dans la restauration et la présence de Revenu Québec sur les grands chantiers de construction.

L’enjeu dont on parle en ce moment est bien plus grand que la fraude qu’on détecte sur un chantier de construction ou dans un commerce. Il faut certainement agir sur la « petite » évasion fiscale et le travail au noir. Mais, que fait-on, ici, chez nous, pour mettre fin à la grande planification fiscale, qui permet aux mieux nantis et aux multinationales de réduire au maximum leur facture d’impôt?

Le Canada fait partie du problème

Le rapport Godbout souligne que la hausse des investissements étrangers du Canada vers la Barbade a été de 220 % de 2000 à 2013, de 704 % vers les îles Caïmans, de 1809 % vers le Luxembourg.  C’est considérable et ça confirme que le Canada fait partie du problème, bien plus que de la solution, comme l’exprimait le fiscaliste Alain Deneault dans nos émissions spéciales présentées en marge du film Le prix à payer sur Ici Radio-Canada Télé, le 5 septembre dernier.

Selon la Commission sur la fiscalité, « le Québec est mal outillé pour lutter seul contre l’évasion fiscale, l’évitement fiscal et les planifications fiscales agressives sur le plan international ». Tout de même, le rapport Godbout recommande que le Québec appuie « avec force les efforts internationaux de lutte contre l’évasion fiscale, l’évitement fiscal et les planifications fiscales agressives. La commission recommande que le Québec établisse un centre de savoir-faire concernant la lutte contre l’évasion fiscale, l’évitement fiscal et les planifications fiscales agressives sur le plan international ».

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, est d’avis que le gouvernement du Québec peut en faire plus encore. Il demande à Québec « d’agir contre les firmes qui orchestrent l’évasion fiscale », en référence à une enquête de Radio-Canada, révélée il y a une dizaine de jours, portant sur le cabinet comptable KPMG qui aurait « prétendument aidé des millionnaires à cacher leurs fortunes à l’île de Man. » En entrevue, le ministre Leitao nous a dit qu’il n’avait pas l’intention d’intervenir dans ce dossier.

Tout de même, il sera de plus en plus difficile de faire accepter des hausses de taxes et des compressions si les citoyens ordinaires ont l’impression que leurs élus ne font pas tout ce qui est nécessaire pour mettre fin aux stratagèmes fiscaux des plus puissants. Tout débat de société sur la fiscalité, que ce soit à Québec en ce moment ou au Canada dans le cadre de la campagne électorale, sera difficile à lancer et à poursuivre si les gens ne font plus confiance aux autorités fiscales.

Paradis fiscaux : le prix à payer

Vendredi 4 septembre 2015 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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prixoapidC’est avec bonheur que j’ai reçu la nouvelle de mes patrons que nous allions présenter une soirée spéciale sur les paradis fiscaux sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé. Samedi soir à 19 h (HAE), ce rendez-vous exceptionnel, que vous ne pouvez pas rater, commencera par une table ronde suivie du film Le prix à payer et ensuite de nouveau la table ronde.

Je sais que l’enjeu des paradis fiscaux vous préoccupe. Je reçois beaucoup de messages à ce sujet. Avec raison, puisque les gouvernements éprouvent de plus en plus de difficulté à trouver de nouveaux revenus fiscaux et à équilibrer leur budget. Par conséquent, les charges fiscales augmentent, le financement des services publics est réduit, les États abandonnent certaines missions, autrefois jugées essentielles.

Quand on exige d’une partie de la population des sacrifices, que les gens doivent se serrer la ceinture en acceptant des mesures d’austérité, il n’est pas étonnant d’assister à des mouvements de colère et de frustration de la part de ceux qui subissent ces compressions. C’est entre 20 000 et 30 000 milliards de dollars qui se trouvent dans les paradis fiscaux du monde, selon différentes estimations. C’est au moins 10 fois l’économie du Canada! Imaginez ce qu’on pourrait faire avec autant d’argent!

Dans son livre La crise fiscale qui vient, qui a inspiré le film qu’on présente samedi soir, la fiscaliste Brigitte Alepin rappelle qu’un « fardeau fiscal trop lourd a été un élément déclencheur important de guerres civiles, voire de guerres entre États ». Elle ajoute qu’un « régime d’imposition, perçu comme injuste, peut entraîner la révolte des contribuables ».

Or, non seulement les paradis fiscaux privent les États d’importants revenus, mais les pays et les régions du monde sont entrés dans une véritable concurrence fiscale pour attirer des entreprises, des investissements et des emplois. « À force de réduire les taux d’imposition des sociétés, écrit Brigitte Alepin, les États n’auront plus assez de revenus pour assumer les dépenses minimales qui leur incombent. »

Résultat, selon l’auteure : « Des milliards s’accumulent à l’abri de l’impôt dans les paradis fiscaux et la classe moyenne continue de renflouer les caisses de l’État, appauvries par ce manque à gagner. »

Les choses s’améliorent, affirment les experts. On se dirige tranquillement vers l’établissement de processus d’échanges d’informations automatiques entre les États-Unis d’ici 2017 et 2018. Mais est-ce suffisant? La transparence fiscale préconisée par l’OCDE n’est-elle que le début du parcours qui doit nous permettre d’arriver à récupérer les sommes qui devraient se retrouver dans les coffres de l’État pour fournir les services publics attendus par les populations?

Soyez là samedi soir à 19 h (HAE), c’est important!

Nos invités sont les fiscalistes Brigitte Alepin et Alain Deneault, l’ex-banquier Léon Courville, la juge Louise Otis (présidente du tribunal administratif de l’OCDE) et la productrice du film, Nathalie Barton.

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Tiens, le géant américain de vente en ligne Amazon a décidé de payer ses impôts où ses bénéfices sont réalisés. Rien à voir avec les pressions européennes pour que cesse l’optimisation fiscale, dit l’entreprise. « Nous examinons nos structures régulièrement afin de nous assurer que nous pouvons servir nos clients aussi bien que possible », a déclaré un porte-parole d’Amazon à des médias européens.

Ainsi, depuis le 1er mai, sur les bénéfices réalisés en Allemagne, Amazon va payer ses impôts en Allemagne. Même chose au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie et bientôt en France. Amazon amorce ainsi un mouvement après avoir dû répondre pendant des années à de nombreuses questions sur ses pratiques fiscales.

L’optimisation, très à la mode dans le monde des multinationales, a pour but de réduire au maximum les impôts à payer. C’est pour cette raison qu’une entreprise comme Amazon a choisi de s’installer au Luxembourg, où le niveau d’imposition est faible par rapport à ses voisins européens.

Aujourd’hui, la pression s’intensifie. Le G20 a lancé des négociations sur l’érosion fiscale des pays et le transfert des profits. Le groupe a demandé à l’OCDE de présenter des propositions pour lancer des discussions sur ces enjeux. Sur une quinzaine de propositions, sept ont déjà fait l’objet d’une entente, selon ce qu’a indiqué Pascal Saint-Amans, directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE, dans une entrevue à Alternatives économiques.

À cela s’ajoutent les soupçons de la Commission européenne sur les pratiques du Luxembourg, qui aurait octroyé des avantages fiscaux illégaux à Amazon dans la foulée des révélations journalistiques de « LuxLeaks » en novembre dernier.

Extrait d’un article du Monde : « En 2013, l’agence Reuters avait révélé qu’en 2012, en faisant transiter ses ventes depuis sa filiale luxembourgeoise, Amazon n’avait payé en Allemagne que 3 millions d’euros d’impôts sur les sociétés, alors même que son chiffre d’affaires dans ce pays avoisinait les 9 milliards d’euros. »

De toute évidence, recadrer la fiscalité est devenu une priorité. Et on peut se demander si d’autres entreprises, comme Apple, Fiat, Google ou Starbucks vont suivre le mouvement qu’amorce aujourd’hui Amazon. Non seulement la concurrence fiscale en cours est en train de tuer les capacités financières de certains pays, mais elle accentue les inégalités.

La pression pour le statu quo est toutefois forte, écrit Alternatives économiques : « Mi-janvier, le journaliste du Guardian Simon Bowers montrait comment plusieurs groupes de pression professionnels au service des industries de haute technologie – dont les membres incluent Apple, Microsoft, Google, Amazon, Intel, Yahoo!, Facebook, Uber, Netflix, Hewlett-Packard, eBay, IBM et Twitter – se mobilisent très fortement pour attaquer le contenu de Beps (le plan de l’OCDE nommé Base Erosion and Profit Sharing, érosion des bases fiscales et transfert de profits) et tenter une remise en cause politique. »

En plus de mettre fin au transfert de profits, les autorités travaillent aussi à améliorer l’échange d’informations fiscales. Autrement dit, le fisc canadien, par exemple, devrait être informé automatiquement de l’ouverture d’un compte bancaire à l’étranger par l’un de ses citoyens.

Les pays ont mis en place des procédures de déclarations volontaires. Selon Alternatives économiques, « à l’automne 2014, plus de 500 000 contribuables avaient approché leurs autorités fiscales dans neuf pays dans le cadre de procédures de dénonciations volontaires. Au total, 37 milliards d’euros de recettes auraient déjà été récupérés par un ensemble de 25 pays ».

Le succès pour réduire la portée des paradis fiscaux et de l’évitement fiscal s’appuie sur la coordination des politiques fiscales. Le travail du G20, de l’OCDE et de la Commission européenne, à ce titre, est encourageant. Mais plusieurs pays, dont les États-Unis, résistent à des mesures comme l’échange automatique d’informations. Dans ce contexte, la décision d’Amazon en Europe est un pas dans la bonne direction. Pour l’instant, ce n’est qu’un pas. La route sera longue.

Sources : Le Monde, Alternatives économiques

Thomas Piketty sera à RDI économie jeudi, à 18 h 30 (HAE), sur ICI RDI. C’est noté?

Thomas Piketty est la vedette de l’heure dans le monde économique, on s’en est parlé dans les derniers jours. Je suis en pleine lecture de son livre pour l’entrevue. Quantité de gens se sont prononcés jusqu’à maintenant sur son livre : certains dévorent et savourent. D’autres critiquent, cherchent des failles et en trouvent. Le seul projet de taxer le capital et d’imposer davantage les revenus élevés pue au nez de certains. Pour d’autres, c’est tout simplement de la musique à leurs oreilles.

Au-delà des idéologies et des idées toutes conçues d’avance, quelle est la valeur de cette proposition qui n’est, cela dit en passant, pas très neuve? Le riche travail de Piketty réside dans sa collecte de données, les recoupements qu’il fait et sa projection de voir les inégalités grandir encore à l’avenir. Mais, qu’en est-il de ses solutions?

« L’impôt mondial sur le capital est une utopie », admet Thomas Piketty dans son livre Le capital au XXIe siècle. Mais il faut aller de l’avant selon lui. Des entités régionales ou continentales doivent foncer et créer du mouvement. Les plus forts, l’Europe, les États-Unis, sont capables de taxer davantage, dit-il.

Par ailleurs, taxer les plus hauts revenus permettrait de ralentir la croissance des rémunérations extravagantes. Un revenu imposé à plus de 80 %, comme on l’a fait le siècle dernier essentiellement entre 1940 et 1980, ralentirait sérieusement la course aux fortes rémunérations entre les multinationales et entre les institutions financières.

« Le rôle principal de l’impôt sur le capital n’est pas de financer l’état social, mais de réguler le capitalisme, écrit Thomas Piketty. Il s’agit d’une part d’éviter une spirale inégalitaire sans fin et une divergence sans limites des inégalités patrimoniales, et d’autre part de permettre une régulation efficace des crises financières et bancaires. »

Il avance différentes possibilités de taxation.

1- Une taxe sur le capital – patrimoine de :

  • 0,1 % sur le patrimoine de 200 000 euros et moins;
  • 0,5 % de 500 000 à 1 000 000 d’euros;
  • 1 % de 1 million à 5 millions d’euros;
  • 2 % au-delà de 5 millions d’euros;
  • 5 ou 10 % au-delà de 1 milliard d’euros.

 2- Sur les revenus des plus riches, un taux d’impôt de :

  • 80 % sur les revenus de plus de 500 000 $ ou 1 000 000 $;
  • 50 % ou 60 % sur les revenus de plus de 200 000 $.

Ces taux ne disent pas tout des propositions de Thomas Piketty. Ça ne résume pas 950 pages, vous comprenez bien! On comprend tout de même où l’auteur veut en venir. Est-ce la voie à suivre pour réduire les inégalités, que celle de taxer lourdement les patrimoines et les hauts revenus? S’il est utopique de croire à ce projet, est-il encore plus utopique de penser qu’on puisse appliquer une telle stratégie sans provoquer de nouvelles contorsions pour contourner ce régime fiscal?

Qu’en pensez-vous?

Bitcoin : est-ce fait pour vous?

Mercredi 5 février 2014 à 18 h 26 | | Pour me joindre

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Vous faites peut-être partie de ces gens qui aiment bien se lancer dans l’inconnu et dans l’aventure, sensibles aux mondes sans limite, sans cadre, sans entrave. Je le lis, je l’entends et je le perçois ce désir chez certains d’aimer et de croire en une nouvelle monnaie, une cryptomonnaie, enfouie dans les méandres du web, sans contrôle d’une banque centrale ou d’un gouvernement aux mains longues.

Voici à quoi ressemble le premier distributeur de bitcoins à Ottawa.À écouter les adeptes du bitcoin, nous avons enfin accès à une devise qui appartient véritablement aux utilisateurs. C’est l’offre et la demande pure qui est en action, les frais de transaction sont presque absents, vous n’avez qu’à vous ouvrir un compte, acheter des bitcoins et vous procurer des biens et des produits là où la devise est acceptée.

Les avantages d’une telle devise sont réels. Mais, attention! Dans l’inconnu et dans l’aventure, il y a le risque, la spéculation et la possibilité de perdre beaucoup d’argent. Vous pourriez en gagner aussi… mais vous pourriez en perdre pas mal! Un bitcoin vaut un peu plus de 800 $US aujourd’hui. En août, le cours de la devise était de 100 $. On est monté à 1100 $ en décembre, avant de dégringoler de moitié puis de remonter un peu par la suite.

Le dollar canadien évolue au gré de l’offre et de la demande sur les marchés financiers. C’est une devise forte, stable, dont les billets et la monnaie sont émis par une banque centrale, qui peut agir pour agir pour soutenir le dollar canadien si le besoin s’en faisait sentir. Les investisseurs comme les utilisateurs ont confiance en cette devise.

Le bitcoin évolue aussi au gré de l’offre et de la demande, mais son échange se fait sans intermédiaire et sans contrôle d’une banque centrale. L’émission de monnaie s’arrêtera à 21 millions de bitcoin, quelque part probablement autour de 2020. Son avenir repose également sur la confiance des investisseurs et utilisateurs. Si, du jour au lendemain, une crise éclate, la valeur de la devise peut tomber à 0. Et mourir tout simplement!

Donc, si vous possédez des bitcoins et que sa valeur tombe, vous perdrez votre investissement dans cette devise. Il n’y a pas de protection : pas d’assurance dépôt, pas de fonds d’indemnisation. Rien. Vous êtes seul dans le grand univers du web avec vos bitcoins, qui peuvent grandir ou disparaître. Vous le savez, j’espère?

Cela dit, est-ce bien différent de la bourse? Oui et non. Oui, parce qu’une action s’appuie sur une propriété réelle : celle d’une part dans une entreprise existante. Et ce ne l’est pas en ce sens que l’investissement en bourse est aussi une aventure risquée. L’ancien patron de Desjardins Claude Béland nous a déjà dit à RDI économie qu’il était quand même incroyable qu’on ait réussi au fil du temps à convaincre des gens aux moyens modestes de mettre leur argent à risque en bourse!

En fait, la mise en garde doit être bien plus large : toute prise de risque peut vous faire gagner beaucoup d’argent… mais peut aussi vous faire perdre un bon magot. Vous êtes prévenus.

Davos et les écarts de richesse

Lundi 20 janvier 2014 à 13 h 09 | | Pour me joindre

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Les puissants de la planète se rencontrent cette semaine à Davos, grande réunion annuelle des chefs politiques et économiques du monde. C’est un lieu où les rencontres en marge des grands ateliers ont souvent plus d’importance que tout ce qui est prévu au programme officiel. C’est dans ce genre d’événements que des liens se tissent, que des rapprochements s’effectuent, que des négociations s’amorcent, que des avancées importantes peuvent se faire dans la conclusion d’une entente contractuelle ou d’un investissement à développer.

Pendant que les puissants discutent business, Oxfam nous rappelle que les inégalités de richesse ne cessent de grandir. Et qu’au final, malgré tous les contrats et les investissements, malgré toute l’importance des relations qui s’établissent à Davos, les riches sont toujours plus riches et les moins nantis ne voient guère leur situation s’améliorer. Le Forum économique mondial indiquait il y a 2 mois que les écarts de richesse représentaient le risque général le plus important pour les 12 à 18 prochains mois après les tensions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

« Un certain degré d’inégalité économique est nécessaire, écrit Oxfam, pour le progrès et la croissance, rétribuant ceux qui ont du talent, des compétences durement acquises, l’ambition d’innover et d’entreprendre. Toutefois, la concentration extrême des richesses observée actuellement menace de priver des centaines de millions de personnes des fruits de leur talent et de leur travail. »

Presque la moitié des richesses mondiales appartient à 1 % de la population selon les données du Crédit Suisse et de Forbes citées par Oxfam. Les 1 % les plus riches possèdent 110 trillions de dollars, soit l’équivalent de 65 fois la richesse de la moitié des moins nantis du monde. En fait, cette moitié a une richesse totale équivalente à celle des 85 personnes les plus riches de la planète.

Autre fait soulevé par Oxfam : « 7 personnes sur 10 vivent dans un pays où l’inégalité économique a augmenté au cours des 30 dernières années. » Et, fait troublant, 95 % de la croissance depuis 2009 aux États-Unis ont été accaparés par les 1 % les plus riches.

L’économiste Lawrence Mishel et l’historien Colin Gordon ont calculé l’évolution salariale des Américains de 1973 à 2012. C’est le chroniqueur Paul Krugman qui attire notre attention sur ces données ce matin dans le New York Times, des données révélatrices.

Ainsi, en tenant compte de l’inflation, de 1973 à 2012…

  • les salaires des 20 % les moins nantis ont reculé de 0,7 %;
  • les gens qui se trouvent dans les 30 % à 70 % les plus riches ont vu leur salaire réel augmenter de 0,1 % à 11,7 %;
  • chez les gens dont les salaires sont dans les 70 à 80 % les plus élevés, la hausse est de 21,2 %;
  • dans la tranche de 80 % à 90 %, la hausse atteint 31,1 %;
  • et puis, les 10 % les plus riches ont vu leur salaire réel augmenter de 35 %.

Ces données nous laissent voir que la seule période où les écarts ont cessé de s’agrandir, c’est entre 1995 et 2000, période économique faste. Autrement, les inégalités de salaires n’ont cessé de s’agrandir depuis trois décennies chez nos voisins du sud.

La question, on la pose encore : comment faire pour réduire ces inégalités? Les 10 grandes tendances établies par le Forum économique mondial en novembre peuvent nous fournir quelques éléments de réponses. En fait, c’est en agissant positivement sur ces « 10 tendances » qu’on pourrait peut-être espérer une amélioration de la situation des moins nantis et ainsi réduire l’écart avec les plus riches.

Voici ces 10 tendances établies par le Forum économique mondial :

  1. Hausse des tensions sociales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord;
  2. Agrandissement des écarts de revenus;
  3. Chômage structurel persistant;
  4. Les cybermenaces s’intensifient;
  5. Inaction sur les changements climatiques;
  6. Confiance à la baisse envers les politiques économiques;
  7. Manque d’éthique et de respect de valeurs dans le leadership;
  8. Classe moyenne en expansion en Asie;
  9. L’importance grandissante des « mégacités »;
  10. Et la transmission rapide des fausses informations en ligne.

Améliorer les institutions démocratiques, agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, restaurer la confiance envers les meneurs économiques et politiques en agissant avec éthique et justice, prendre conscience de l’impact de l’émergence de classes moyennes dans les pays émergents, voilà quelques avenues pour réduire les inégalités.

Va-t-on encore en parler dans 10 ans? Va-t-on encore poser les mêmes questions avec les mêmes réponses dans 20 ans? Quelles sont les actions concrètes qui seront prises à Davos cette semaine et qui pourraient réduire les écarts de richesse?

L’importance des fonds de travailleurs

Mercredi 6 novembre 2013 à 14 h 14 | | Pour me joindre

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Il y a des gens qui s’en prennent à l’existence des fonds de travailleurs parce qu’ils profitent de généreux crédits d’impôt des gouvernements. Pour certains, c’est une subvention de l’État qui profite à des privilégiés. Il n’est pas acceptable pour ces gens que l’État donne un cadeau fiscal à ceux et à celles qui épargnent par l’entremise des fonds de travailleurs. Est-ce l’affiliation syndicale qui les dérange? Est-ce l’existence d’une autre intervention de l’État qui les agace?

Quoi qu’il en soit, il faut faire des nuances.

Michel Arsenault ne sollicitera pas de deuxième mandat
Les fonds de travailleurs atteignent leurs objectifs :

1- Ils favorisent l’épargne chez les travailleurs (par des contributions ou par des retenues salariales) dans un contexte où la majorité des Québécois n’ont pas d’argent pour la retraite.
2- Ils stimulent l’économie, l’entrepreneuriat et la création d’emplois.

Surtout, les fonds de travailleurs font tout sauf spéculer. On ne peut pas retirer ses investissements dans les fonds de travailleurs avant la retraite sauf lors de circonstances exceptionnelles. C’est pour ça qu’il y a des crédits d’impôt. Et c’est pour ça que les fonds peuvent investir massivement dans les petites et moyennes entreprises du Québec.

Ce sont ces conditions serrées qui permettent de stabiliser le financement des fonds, qui sont ainsi beaucoup plus libres de donner une chance à des entrepreneurs qui ont besoin d’un coup de pouce. En sachant que l’actif est stable et solide, qu’il n’est pas soumis aux fluctuations intempestives des marchés, les fonds de travailleurs peuvent prendre des risques et investir dans des projets audacieux et difficiles que d’autres prêteurs hésitent à approcher.  C’est essentiel de souligner l’importance de la stabilité de l’actif, de l’action et du financement.

Cela dit, dans le cas du Fonds FTQ, force est de constater que cette institution est devenue pas mal grosse au fil des années. L’actif dépasse aujourd’hui les 9 milliards de dollars, c’est une grosse machine. Et, comme l’expliquait l’expert en gouvernance Yvan Allaire à RDI économie mardi soir, toutes les institutions financières d’importance sont exposées aux pressions de toutes parts, notamment du crime organisé ou de gens malveillants, qui veulent favoriser un intérêt ou avoir accès à du financement. Ces gens-là tentent de joueur de leur influence auprès d’institutions puissantes et riches. Et le Fonds FTQ n’échappe pas à ça.

Dans les circonstances, des questions essentielles se posent :

  1. Le Fonds FTQ est-il trop gros? Et donc, serait-il approprié d’amorcer une réflexion sur la taille des fonds de travailleurs, surtout quand ils ressemblent à des fonds d’investissement ordinaires?
  2. Et puis, le Fonds FTQ doit-il revoir sa gouvernance? La réponse ici semble s’imposer d’elle-même : le Fonds doit s’éloigner de la FTQ selon Yvan Allaire pour qui la centrale syndicale doit absolument sortir de la gestion du Fonds pour se concentrer sur de saines pratiques de gouvernance.

Soyons clairs : les fondements des fonds de travailleurs sont louables en ce qui concerne l’épargne et le développement économique, notamment. C’est ça qu’il faut protéger. Et les informations qui circulent en ce moment tendent à nous laisser croire qu’on s’est éloigné avec le temps des valeurs fondamentales qui animaient il y a 30 ans les Parizeau, Laberge, Daoust quand ils ont participé à la création du Fonds de solidarité FTQ.

Peut-on faire confiance au Fonds FTQ?

Jeudi 31 octobre 2013 à 12 h 21 | | Pour me joindre

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Le Fonds de solidarité FTQ fait pratiquement le travail d’un ministère du Développement économique au Québec. Il est partout, il intervient massivement dans l’économie du Québec, il investit souvent là où d’autres prêteurs n’osent pas le faire. Le Fonds investit avec le gouvernement du Québec, avec Capital régional et coopératif Desjardins, avec nombre d’acteurs économiques. C’est 9,3 milliards de dollars d’épargne de travailleurs québécois qui font partie de l’actif net du Fonds de solidarité FTQ.

Ce qu’on apprend ces jours-ci à la commission Charbonneau, c’est-à-dire les tentatives d’influence du crime organisé sur des investissements du Fonds FTQ, pourrait avoir un impact majeur sur l’épargne et sur l’économie. Depuis 30 ans, le Fonds de solidarité a joué un rôle névralgique dans l’encouragement à l’épargne auprès des travailleurs, dans l’aide au développement de PME et dans le soutien à l’essor économique des régions.

Aujourd’hui, à un moment où le Fonds FTQ devrait concentrer toutes ses énergies à convaincre le gouvernement fédéral de maintenir le crédit d’impôt de 15 % sur les fonds de travailleurs, la confiance des investisseurs est ébranlée. Plusieurs courriels, que nous avons reçus à RDI économie et que j’ai personnellement reçus, confirment les inquiétudes : est-ce encore sûr d’acheter des actions du Fonds FTQ, nous demandent plusieurs personnes? Puis-je sortir des actions du Fonds sans payer d’impôt, me demandent d’autres téléspectateurs?

Pour l’économie du Québec, le conseil d’administration du Fonds de solidarité doit procéder à une analyse rigoureuse de la situation. Pour les épargnants qui ont fait confiance au Fonds, les hauts dirigeants doivent donner des réponses. Et ils doivent expliquer et nous assurer que le Fonds de solidarité FTQ est à l’abri de toute influence indue.

Et par respect pour tous les acteurs socioéconomiques qui ont apporté leur soutien public au Fonds FTQ dans sa bataille sur le crédit d’impôt (Conseil du patronat, chambres de commerces, PDG d’entreprises, syndicats, etc.),  l’institution doit s’expliquer et poser les gestes qui seront jugés nécessaires dans les circonstances.

Je veux être bien clair : je ne dis pas que les dirigeants du Fonds sont coupables de quoi que ce soit. Mais ce qui circule est suffisant pour exiger des réponses de la part des dirigeants, du PDG Yvon Bolduc d’une part, mais aussi du conseil d’administration. Pour les épargnants, pour les entrepreneurs et pour les acteurs socioéconomiques du Québec.

L’économie, c’est passionnant…

Jeudi 24 octobre 2013 à 17 h 27 | | Pour me joindre

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J’ai reçu et j’ai lu plusieurs commentaires à la suite du débat des candidats à la mairie de Montréal lundi, seul débat économique de la campagne. Je vous en parle aujourd’hui parce que bien des gens m’ont dit des choses du genre : c’était très intéressant, très dynamique, on ne s’attendait pas à ça d’un débat sur les enjeux économiques.

Mon bon ami François Cormier, journaliste spécialisé dans la couverture de la politique municipale de Montréal, a bien résumé dans son reportage le préjugé qui en habite plusieurs sur l’économie : « Avec comme thème l’économie, le débat aurait pu être ennuyant. Mais, au contraire, c’est celui qui, depuis le début, a soulevé le plus les passions. »

L'ancien 100 $ des États-Unis

Permettez-moi un plaidoyer en faveur de l’économie, de la nouvelle économique et d’un plus grand intérêt pour les questions économiques.

L’économie, c’est quoi? À la racine du mot grec, c’est de gérer son foyer. Alors, c’est quoi gérer ou administrer son foyer? C’est organiser sa vie! L’économie, finalement, c’est toute notre vie. Du petit matin au suivant, du petit déjeuner à la tisane en regardant les nouvelles.

Ainsi, en escaladant la barrière du préjugé, on constate qu’il n’y a pas une décision prise dans ce bas monde sans qu’il y ait un enjeu sous-jacent ou un intérêt économique. Combien ça coûte? Combien ça rapporte? Est-ce rentable? Surtout : est-ce possible?

Bien sûr qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie. Et heureusement d’ailleurs. Mais c’est un enjeu économique qui brille derrière une tonne d’événements de la vie, que ce soit de passer du bon temps à la campagne, de s’offrir un billet de théâtre ou un excellent souper au restaurant, de se permettre une semaine de vacances, une visite chez des amis ou encore de s’abonner au câble, à un club de bowling ou de s’acheter un billet de loto.

En ai-je les moyens? Si je les ai ces moyens, c’est parce que j’ai un bon emploi, je suis bien rémunéré, j’ai de bons avantages sociaux, j’ai bien négocié, j’ai travaillé fort, j’ai fait des heures supplémentaires. Ou si je n’ai pas besoin de beaucoup de choses dans la vie, je mise sur la simplicité volontaire, je consomme peu, je recycle, je composte, je réutilise. Bien, tout ça, ce sont des choix de vie et ce sont aussi des décisions économiques.

Quand on parle des taxes au débat municipal, on parle de votre capacité de payer et de bien vous en sortir. Quand on parle du transport, de la congestion et de l’efficacité du métro, on parle de votre qualité de vie, de ce qui va vous pousser à vivre ici ou ailleurs. Cette question du transport est fondamentale pour l’économie de Montréal : une ville qui est fluide, qui permet des déplacements faciles et rapides, qui pense son transport en fonction des habitations et des lieux de travail, c’est une ville qui développe son économie. C’est prouvé.

Quand je vous parle à RDI économie d’environnement, de culture, de finance, de bourse, d’itinérance, de santé, d’éducation, surtout d’éducation, je vous parle de quoi? D’ÉCONOMIE!

Plus on est formé, plus on se donne les moyens de mieux vivre. Un diplômé, qui s’est donné une formation professionnelle, collégiale ou universitaire, aura de meilleurs revenus durant sa vie, une meilleure santé et vivra plus heureux que celui qui n’a pas de diplôme. C’est une généralité, c’est une moyenne, ce n’est pas le cas de tout le monde. Mais, dans la plupart des cas, c’est comme ça. Plus de gens formés entraînent une augmentation de la richesse, de la croissance, de la productivité. Si ce n’est pas économique…

Quand Richard Béliveau est venu nous parler des cinq grands problèmes de santé à RDI économie il y a deux ans, il est venu nous parler d’économie. Nos habitudes de vie ont un impact direct sur notre santé, notre système de santé, les dépenses publiques, les finances de l’État et l’économie en général. Santé et économie vont de pair, parlez-en au ministre des Finances.

Demandez aux meneurs montréalais si le dynamisme culturel de la métropole québécoise ne représente pas l’un des piliers économiques principaux de cette ville. Autour d’une salle de spectacles, il y a des restaurants, des commerces divers, une vie économique liée à l’existence d’une offre culturelle. En fait, on pourrait aller plus loin : sans culture, il n’y a pas d’économie. Qui veut vivre dans un monde gris, sans couleur, sans sourire, sans éclat?

Les Journées de la culture quelques suggestions d'activités à faire dans le cadre de la 17e édition des Journées de la culture.
Et puis, l’environnement est un enjeu franchement économique, lui aussi. Pourquoi? Parce que la hausse des émissions de gaz à effet de serre (GES) représente un défi de taille pour l’humanité. Combien coûte une décontamination? Quels seront les coûts associés aux changements technologiques nécessaires quand on réalisera que l’environnement ne supporte plus les émissions de GES engendrées par une activité industrielle? La seule incertitude associée aux coûts futurs est un enjeu économique majeur pour une entreprise.

La confiance est économique. Si vous avez peur, vous allez moins consommer. Si vous croyez que les choses vont bien aller pour vous et votre société, vous irez de l’avant avec vos projets, qui auront nécessairement des répercussions sur l’économie. La maison de campagne que vous allez acheter, le voyage en Inde que vous vous promettiez depuis longtemps, l’équipement de peinture que vous allez vous procurer pour vos loisirs. Ces gestes que vous allez faire auront des répercussions importantes sur l’économie.

Ne pas se préoccuper de l’économie, c’est, à mon sens, une occasion perdue de mieux comprendre le monde dans lequel on vit. L’économie, ce n’est pas la seule affaire de la Chambre de commerce, des PDG d’entreprises, des amateurs de bourse ou des économistes.

C’est vrai que les questions économiques paraissent parfois complexes ou ardues. Elles sont surtout mal aimées, incomprises, victimes de préjugés tenaces. Il faut élargir notre vision de l’économie, souvent coincée dans une conception étroite de la réalité.

Bref, l’économie, ça vous concerne et fiez-vous sur moi, c’est passionnant!