Billets classés sous la catégorie « Retraite et démographie »

C’est malheureusement la même histoire qui se répète. Une usine qu’on n’a pas rénovée quand il le fallait, des travailleurs vieillissants, un modèle de gestion et des technologies de moins en moins adaptés aux exigences de l’économie d’aujourd’hui. Et paf, d’un coup, les propriétaires annoncent la fermeture de l’usine.

Des gens, qui y sont depuis tout le temps, qui voyaient les lueurs de la retraite à quelques pas, assistent impuissants à l’effondrement d’un monde et d’une bonne partie de leurs espoirs.

Ce genre d’événement est plus violent que n’importe quel vidéoclip ou épisode de 19-2! C’est la réalité. C’est la vraie vie. Ce sont de vraies personnes – 216 dans le cas de l’usine Old Dutch à Montréal – qui subissent la décision d’un propriétaire qui a ses raisons c’est certain, mais qui, dans le cas d’Old Dutch, manque littéralement de compassion. Le communiqué est direct et précis :

« Les Aliments Old Dutch Ltée a annoncé aujourd’hui qu’elle mettra un terme à ses activités de production et d’entreposage à son usine de Lachine (Québec) le 27 septembre 2013. L’usine a été construite en 1964 par Humpty Dumpty Inc. et a été exploitée sans interruption depuis lors comme usine de fabrication de grignotines. Humpty Dumpty a été acquise par Les Aliments Old Dutch Ltée en 2006. L’usine a atteint la fin de sa vie utile et Les Aliments Old Dutch Ltée a déterminé qu’il n’était pas faisable de rénover l’usine ou d’ouvrir une nouvelle installation de fabrication de grignotines dans la région. Cette fermeture touchera quelque 216 personnes qui sont présentement soit des employés actifs ou en statut de mise à pied. Dorénavant, le marché du Québec sera approvisionné par d’autres usines de Les Aliments Old Dutch Ltée situées au Canada. Les activités de vente se poursuivront normalement et il est prévu que les clients ne subiront aucune rupture d’approvisionnement pendant cette phase de transition. »

Un communiqué froid. Aucune forme de remerciement. Cela dit, les entreprises, comme Old Dutch, ont tout à fait le droit dans notre société de fermer une entreprise si elles jugent que ce n’est plus dans leur intérêt financier.

Quand un jeune travailleur perd son emploi, il réussit généralement à se trouver un autre emploi. Ce n’est pas sans conséquence toutefois : perdre son emploi, c’est angoissant, c’est enrageant, c’est décevant. C’est un coup dur sur le plan financier. Et, vous le savez, il y a des gens aussi qui ne se remettent pas vraiment d’une perte d’emploi.

Perdre son emploi quelque part dans la cinquantaine peut être terrorisant. Les travailleurs d’Old Dutch l’ont dit à notre caméra : comment pensez-vous qu’on va se retrouver un emploi à notre âge? Qui veut embaucher un travailleur de 57 ans aujourd’hui? Bien sûr qu’il y a des entreprises qui ont besoin de travailleurs « expérimentés ». Mais, de façon très générale, les femmes et les hommes qui approchent la soixantaine, qui ont travaillé au même endroit presque toute leur vie, ont beaucoup de difficultés à retrouver du boulot.

Alors, que faire

Comment éviter ces fermetures brutales et sans âme? Comment encourager les entreprises à trouver des solutions pour leurs employés, qui peuvent prendre la forme de transferts, d’offres de formation ou de retraites anticipées?

Pourrait-on faire mieux?

Repenser le salaire minimum?

Mercredi 1 mai 2013 à 14 h 23 | | Pour me joindre

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Un travailleur au salaire minimum au Québec, en emploi 40 heures par semaine, vit pauvrement, sous le seuil de faible revenu. À 10,15 $ l’heure, le nouveau salaire minimum au Québec à partir d’aujourd’hui, ce travailleur va toucher 21 112 $ sur l’ensemble de l’année. Selon le Front de défense des non-syndiqués (FDNS), le seuil de faible revenu de Statistique Canada devrait s’établir à 23 647 $ pour 2012. L’écart serait donc de 11 %.

Donc, c’est clair : vivre au salaire minimum, ce n’est pas suffisant pour s’assurer d’un niveau de vie décent et pour s’offrir tous les biens essentiels de première nécessité. Il y a plus de 365 300 personnes, dont 208 800 femmes, qui vivent au salaire minimum au Québec.

Deux questions se posent. D’abord, faut-il augmenter le salaire minimum à un plus haut niveau pour dépasser le seuil de faible revenu? Le FDNS affirme que le niveau minimal devrait être de 11,37 $ l’heure. Et, pourquoi le salaire minimum est-il à ce niveau s’il est insuffisant pour les travailleurs et trop élevé pour le patronat?

On ne peut pas parler d’un juste milieu et il est difficile pour le gouvernement de se féliciter de cette situation. C’est pourtant ce que Pauline Marois fait dans un communiqué diffusé ce matin : « Cette hausse, dit la première ministre, permettra d’améliorer la situation des travailleuses et des travailleurs à faible revenu, tout en préservant les emplois et la compétitivité de notre économie. »

Est-ce que d’améliorer la situation des gens à faible revenu ne serait pas plutôt de les sortir de cette catégorie? Et comment expliquer qu’on justifie un salaire minimum sous le seuil de pauvreté en affirmant qu’il faut préserver la compétitivité de notre économie? Est-il normal que le gouvernement cautionne une telle situation?

Cela dit, il y a un revers à la médaille. Et une question centrale et qu’on ne peut pas occulter : augmenter le salaire minimum nuit-il à l’embauche? Est-ce qu’une petite entreprise va hésiter à embaucher parce que le salaire minimum dépasse maintenant les 10 $ et qu’il vient d’augmenter de 2,5 %? Qu’en serait-il s’il augmentait à 11,37 $ comme le demande le FDNS, ce qui aurait représenté aujourd’hui une hausse de 15 %?

Citant une étude de l’économiste Pierre Fortin, le Conseil du patronat du Québec affirmait l’an dernier qu’une hausse de 1 % du salaire minimum par rapport au salaire médian pouvait entraîner la perte d’environ 8000 emplois.

Les entreprises doivent composer avec un marché compétitif et concurrentiel, souvent avec des marges de profits très serrées. Plusieurs d’entre elles peuvent faire fabriquer leurs produits ailleurs dans le monde, à plus bas coût. D’autres cherchent à augmenter leurs marges afin de faire augmenter la valeur de leur action en bourse. Il y a plusieurs facteurs qui font pression sur les finances des entreprises et les salaires des employés.

Pour le patronat, il n’y a pas de juste milieu non plus. Ce qu’il réclame, c’est une réduction des pressions financières sur leurs activités. Pour embaucher plus, disent les patrons. Et pour faire plus de profits aussi. L’Allemagne, qui n’a pas de salaire minimum officiel pour l’ensemble du pays, est l’exemple souvent cité. Le taux de chômage dépasse à peine les 5 %.

Alors, le salaire minimum, qui ne remplit visiblement pas ses promesses pour les travailleurs comme pour les entreprises, devrait-il être repensé? Devrions-nous opter pour un revenu public minimum garanti? Il me semble qu’on est dû pour une vraie réflexion sur le salaire minimum.

Liberté 75!

Jeudi 18 avril 2013 à 10 h 52 | | Pour me joindre

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On savait que le concept de la retraite à 55 ans, « Liberté 55 », était chose du passé ou en tout cas en voie de disparition. Le comité D’Amours, chargé de repenser les régimes d’employeurs au Québec, nous envoie un message clair : si vous prenez votre retraite avant 75 ans, ne comptez pas trop sur l’État pour vous aider à bien vivre. Il vous faut d’autres revenus ou il vous faut travailler!

Rapport D'Amours sur le système de retraite québécois La « rente longévité » que propose le comité D’Amours est, en quelque sorte, une demi-bonification du Régime de rentes actuel. C’est comme un RRQ boni pour les 75 ans et plus. Vous avez droit de toucher des rentes de la RRQ dès l’âge de 60 ans, mais le comité D’Amours est d’avis qu’une rente supplémentaire devrait être offerte aux Québécois à partir de l’âge de 75 ans.

On peut dire que c’est un peu d’air pour tous les travailleurs du Québec, qui n’auront plus à planifier 20 ou 30 ans de retraite, mais 10 ou 15 ans seulement. Est-ce qu’on aurait dû aller plus loin et offrir la « rente longévité » dès 65 ou 67 ans? Peut-être que le pont entre le travail et les rentes publiques aurait été plus court, mais ça reviendrait pas mal plus cher à l’ensemble de la collectivité.

La « rente longévité » coûterait 4 milliards de dollars par année aux Québécois, mais la moitié de l’argent viendra déjà de l’épargne actuelle de 2 millions de participants à des régimes collectifs. Ce qu’on va faire, c’est qu’on va réallouer l’argent : moins de revenus de régimes de retraite d’employeur à 75 ans pour faire place à la « rente longévité ». Tout de même, dans un contexte où les charges fiscales sont élevées, peut-on en demander vraiment plus aux Québécois?

En bonifiant la RRQ d’une « rente longévité » à 75 ans, le message est double. D’abord, on n’encourage personne à prendre sa retraite trop tôt. Avec l’espérance de vie qui grandit, avec le vieillissement de la population et les pressions qui sont très lourdes sur les régimes de retraite, le comité D’Amours fait une proposition qui encourage à demeurer au travail plus longtemps. Et, deuxième message, on réduit les risques de pauvreté prolongée à la retraite, ce qui est le cas en ce moment pour la moitié des aînés au Québec.

Pour arriver à une solution comme celle-là, il faut que tout le monde contribue : les travailleurs et les employeurs. La « rente longévité » se bâtirait à partir d’une cotisation de 1,65 % du salaire des travailleurs et de 1,65 % qui proviendrait de l’employeur.

Un exemple clair, en terminant :

  • Votre salaire annuel : 50 000 $
  • Retraite : 65 ans
  • RRQ : 12 500 $ (soit 25 % de votre salaire)
  • Pension : 5000 $ (ce qui vous amène à une couverture de 35 % de votre salaire)
  • Épargne nécessaire pour couvrir 60 % de votre salaire : 12 500 $ par année

La « rente longévité » vous donne 0,5 % de votre salaire multiplié par le nombre d’années de cotisations. Donc, une année de cotisation pour un travailleur qui avait un revenu annuel de 50 000 $ donne droit à 250 $. Si vous avez travaillé 35 ans et que vous avez donc cotisé pendant 35 ans à cette rente, on fait le calcul suivant : 250 $ x 35 = 8750 $. Ainsi, la « rente longévité » couvre une partie de l’épargne nécessaire. Ces explications ne tiennent pas compte de l’indexation et de l’actualisation.

Regardez les entrevues avec Michel Arsenault de la FTQ et Éric Forest de l’UMQ.

Bien. La suite ce soir à RDI économie avec Luc Godbout.

Quel avenir pour nos retraites?  Consultez notre dossier.

Toutes les entreprises veulent faire des profits. C’est normal, c’est ainsi qu’on crée de la richesse, qu’on peut investir et créer de l’emploi. Une entreprise rentable et en bonne santé financière peut aussi s’ouvrir davantage à des enjeux qui sont, eux aussi, importants : le développement durable et la responsabilité sociale, par exemple.

immigration_Manitoba_baissePour les encourager, les gouvernements offrent des crédits d’impôt, des prêts, des subventions et toute une série d’avantages fiscaux. Et c’est à se demander si ce n’est pas dans la case des avantages fiscaux qu’il faut parfois placer le programme des travailleurs étrangers temporaires au Canada. Il faut bien se comprendre : quantité d’entreprises et de secteurs de l’économie, tout particulièrement le monde agricole, ont besoin de ces travailleurs pour pourvoir des postes que les gens d’ici ne veulent pas.

Mais le Globe and Mail nous apprend ce matin que 33 000 organisations (entreprises, universités, gouvernement fédéral) ont fait appel à des travailleurs étrangers temporaires dans les dernières années. Leur nombre a doublé depuis 2006 pour atteindre 338 000 l’an dernier. Pénurie de main-d’oeuvre affirment plusieurs entreprises. Et c’est vrai pour plusieurs secteurs qui peinent à dénicher les bons talents, formés, disponibles et prêts à travailler.

Toutefois, l’explosion de l’utilisation des travailleurs étrangers temporaires soulève de sérieuses questions : serait-il devenu plus avantageux de faire appel à ces travailleurs et à ce programme plutôt que de tenter de former les employés à l’intérieur des entreprises ou de faire appel au bassin de travailleurs canadiens au chômage? Et puis, on peut se demander si certaines entreprises ne font pas appel à ce programme pour former des travailleurs immigrants temporaires au Canada pour ensuite transférer les postes à l’étranger, où les coûts de main-d’oeuvre sont moins élevés?

En fait, il ne s’agit peut-être que d’une partie du problème. L’invitée de ma collègue Andrée-Anne St-Arnaud à RDI économie jeudi soir, affirmait que l’affaire de la RBC cette semaine n’est même pas liée au programme des travailleurs temporaires étrangers. « Ce sont plutôt des travailleurs étrangers qui viennent simplement être formés au Canada, affirme Me François Longré de la firme Border Ladner Gervais, pour ensuite retourner dans leur pays pour exécuter des tâches, ce qui est du point de vue juridique fondamentalement différent. Et cela fait en sorte que la situation qui avait cours entre la société en question et son sous-traitant est parfaitement légale. »

C’est légal, mais ultimement, ce sont des emplois qui sont déplacés dans le monde et qui permettent aux entreprises en question de réduire leurs coûts au détriment de l’embauche au Canada. Et, comme l’expliquait Me Longré, la délocalisation demeure bien en vogue avec la globalisation des marchés et la signature d’accords de libre-échange bilatéraux, comme l’entente que le Canada est en train de conclure avec l’Inde.

L’émergence de la sous-traitance dans les dernières décennies a aussi accentué cette tendance à l’utilisation de travailleurs étrangers et de stratagèmes liant la formation et le déplacement d’emplois dans des pays à moindres coûts.

Soyons clairs : le problème, ce ne sont pas les travailleurs étrangers qui ont le droit d’être ici et de profiter du programme qui est en place. L’enjeu, il est entre les mains du gouvernement fédéral : l’embauche de travailleurs étrangers se fait-elle au détriment des Canadiens qui veulent garder leur emploi?

Ne sous-estimez pas l’Oncle Sam…

Jeudi 28 février 2013 à 15 h 02 | | Pour me joindre

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Le PIB des États-Unis a progressé de 0,1 % au 4e trimestre selon la dernière révision des autorités américaines. On avait d’abord annoncé une baisse de 0,1 %. C’est un peu mieux qu’annoncé, mais on s’entend, l’économie de nos voisins du sud stagne.

À première vue, et vu de chez nous, il y a de quoi s’inquiéter. Dans mon blogue de lundi, j’ai fait une liste d’indicateurs qui nous révèlent clairement que l’économie canadienne ralentit sérieusement, ce qui donne des maux de tête ces jours-ci au ministre des Finances Jim Flaherty.

Mais, selon les analystes Pierre Fournier et Angelo Katsoras, de la Financière Banque Nationale, il faut regarder les choses autrement. L’économie américaine connaîtra, à long terme, une croissance plus forte que tous les autres pays avancés de la planète.

Vraiment? « La croissance sera encore modeste aux États-Unis pour un certain temps, écrivent les auteurs dans une étude publiée pour le milieu financier, mais nous sommes de plus en plus convaincus que l’équilibre des risques tend vers un retour graduel et durable à des niveaux de croissance plus normaux. »

Qu’est-ce que ça veut dire?

Ça veut dire qu’en y regardant de plus près, les avantages fondamentaux de l’économie américaine sont multiples, selon Pierre Fournier et Angelo Katsoras :

  • les États-Unis approchent de l’indépendance énergétique avec un secteur du gaz et du pétrole en forte expansion et pourraient « capitaliser sur un gaz naturel abondant et peu cher et sur un plus grand accès à des sources sûres de pétrole »;
  • face à la Chine, l’Inde et l’Allemagne, les Américains possèdent des réserves d’eau importantes, loin toutefois derrière le Canada et la Nouvelle-Zélande;
  • les États-Unis possèdent les réserves de terres cultivables les plus importantes après le Brésil;
  • le pays est moins touché que plusieurs autres pays avancés par le vieillissement accéléré de sa population;
  • le niveau de taxation par rapport au PIB est, aux États-Unis, l’un des plus bas parmi les pays avancés, ce qui donne au pays un espace fiscal pour améliorer les revenus du gouvernement sans nuire sensiblement à sa compétitivité;
  • le secteur manufacturier a retrouvé le chemin de la croissance au cours des deux dernières années en raison d’une baisse des coûts de main-d’œuvre aux États-Unis et d’une hausse dans les pays émergents, ce qui réduit les écarts de coûts;
  • le marché immobilier est certainement en reprise et l’avoir net des ménages remonte;
  • les États-Unis ne sont pas en conflit avec leurs voisins;
  • pour ce qui est de la sécurité, le fait d’être bordé par deux océans est un élément géophysique qui favorise la protection du territoire;
  • les guerres d’Irak et d’Afghanistan étant essentiellement des événements du passé, et les menaces d’attaques terroristes étant plus faibles, le pays connaît une paix relative, tout en maintenant un haut niveau de surveillance sécuritaire et l’armée la plus puissante du monde.

Bien qu’il soit essentiel de diversifier nos sources d’exportations, cette mise en perspective nous rappelle que nous avons tout intérêt à maintenir d’excellentes relations commerciales avec notre premier partenaire économique!

L’étude se nomme : « Why the u.s. economy will outperform other advanced economies. » Je ne la trouve pas sur le web, je ne peux vous fournir de lien, mais je vais le faire dès que possible.

La saison des REER est une sorte de fabrication marketing des institutions financières qui veulent vous inciter à investir dans un régime enregistré d’épargne-retraite. C’est de bonne guerre parce que l’État permet l’inclusion dans sa déclaration de revenus des investissements effectués dans un REER jusqu’au 1er mars suivant la fin de l’année visée par la déclaration.

De plus en plus de Canadiens éprouvent de la difficulté à équilibrer les priorités financières Autrement dit, si vous investissez 5000 $ dans votre REER aujourd’hui 5 février 2013, vous pourrez l’inscrire dans votre déclaration de 2012 et ainsi reporter l’impôt à payer à plus tard lorsque vous allez retirer cet argent. Dépêchez-vous à le faire, vous disent les institutions financières, il ne vous reste que quelques semaines!

Cela dit, s’il y a un conseil que je peux me permettre de vous donner, c’est celui d’épargner sur une base régulière. Que vous investissiez votre argent dans un REER ou non, c’est à vous de décider. Mettez de l’argent de côté à chaque paie. Si vous avez des revenus beaucoup plus importants que vos dépenses courantes, n’hésitez pas à épargner. Vous allez en profiter longtemps. Si vous avez peu de marge de manœuvre, l’épargne devrait tout de même faire partie de vos habitudes : 10 ou 20 $ par deux semaines, c’est un peu d’argent que vous mettez de côté pour des dépenses plus importantes ou pour la retraite. Et vous ne le regretterez pas!

Les experts s’entendent pour dire que les personnes à faibles revenus ne gagnent pas grand-chose à placer de l’argent dans un REER. Au moment de décaisser, le supplément de revenus garantis ou certains crédits d’impôt que vous recevez pourraient être réduits parce que vous aurez augmenté votre revenu total avec le retrait effectué dans votre REER.

Chose certaine, faites-vous un budget pour connaître votre marge de manœuvre. Et tentez d’intégrer l’épargne dans vos habitudes de vie. Pour deux grandes raisons…

1- Les pressions sur vos revenus de retraite augmentent :

  • Québec évalue en ce moment la capacité de la RRQ à respecter ses obligations;
  • Ottawa a décidé de reporter de deux ans l’accès à la sécurité de la vieillesse;
  • Les marchés ont été décevants depuis le début de la décennie et les entreprises, comme les gouvernements, évaluent la viabilité de leurs régimes de retraite;
  • Les entreprises ne cessent de faire pression pour réduire leurs obligations face aux employés en matière de fiscalité et de régimes de retraite.

2- La tentation du crédit est trop facile :

  • Les 30 dernières années ont vu l’éclosion d’une consommation basée sur le crédit : cartes de crédit, cartes de magasins, paiements  différés, etc. Il n’est plus nécessaire d’attendre d’avoir accumulé une certaine somme pour acheter un produit, on peut l’acheter sans attendre… et payer plus tard avec une bonne dose d’intérêts toutefois;
  • L’endettement des Canadiens atteint des niveaux records : pour chaque 100 $ de revenu disponible, une famille a en moyenne une dette (crédits et hypothèques) de 1,65 $;
  • La dette totale, excluant l’hypothèque, a augmenté au Canada de 6 % du quatrième trimestre 2011 au quatrième trimestre 2012 pour passer de 25 950 $ par personne à 27 485 $, la plus forte hausse en trois ans.

Les syndicats affirment que la solution pour offrir une meilleure retraite à l’ensemble de la population, c’est d’augmenter les rentes publiques versées à la retraite. Actuellement, les rentes du Québec couvrent 25 % d’un revenu de travail maximal d’environ 50 000 $. On propose de doubler ce niveau, de 25 à 50 %.

D’autres encouragent plutôt la prise en charge personnelle de sa retraite. L’ex-ministre Claude Castonguay a même proposé la création d’un REER obligatoire pour les personnes de plus de 35 ans afin de soulager les finances de l’État.

Plus que jamais, il est temps de s’intéresser à ses finances, peu importe les décisions qui seront prises au cours des prochaines années à propos des régimes de retraite.

J’en parlais hier lors d’une table ronde au Téléjournal 21 h et 22 h. Et nous en parlons à RDI Économie à l’occasion de quatre « mardis REER » à 18 h 30 à RDI suivi d’une période de discussion en direct sur www.radio-canada.ca/vosfinances tout de suite après l’émission.

Les 10 évènements de 2012

Mardi 18 décembre 2012 à 13 h 49 | | Pour me joindre

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C’est l’heure des bilans. Voici mon classement des 10 évènements économiques de l’année :

  • 1- Budget fédéral : compressions de 5,2 milliards, âge de la sécurité de la vieillesse à 67 ans.
  • 2- Ottawa accepte la vente de Nexen et Progress à des sociétés d’État étrangères
  • 3- Budget Marceau : hausse d’impôts, fermeture de Gentilly-2, équilibre budgétaire.
  • 4- Mark Carney annonce qu’il va passer de la Banque du Canada à la Banque d’Angleterre.
  • 5- La crise s’étend à l’Espagne et à l’Italie, danger de récession mondiale.
  • 6- Le CRTC empêche Bell d’acquérir Astral.
  • 7- SNC-Lavalin : paiements non autorisés, démission du PDG Pierre Duhaime, accusé de fraude.
  • 8- Fermeture d’Aveos au Canada : 2400 emplois supprimés.
  • 9- Dégringolade de Research in Motion.
  • 10- Lowe’s tente d’acheter en vain Rona; démission du PDG Robert Dutton.

Qu’en pensez-vous? Quels sont les évènements qui ont marqué l’année à votre avis?

Il sera intéressant de voir la suite de ces évènements en 2013 :

  • D’autres compressions dans le budget Flaherty probablement en mars?
  • D’autres hausses de contributions pour le RPC et la RRQ?
  • D’autres offres de société étrangères au Canada?
  • Qui va remplacer Mark Carney à la Banque du Canada?
  • La zone euro vivra-t-elle d’autres drames?
  • Bell réussira-t-elle à acheter Astral?
  • Est-ce que d’autres révélations sont à venir sur SNC-Lavalin?
  • RIM rebondira-t-elle avec la sortie de son Blackberry 10 le 30 janvier?
  • Et une nouvelle offre sera-t-elle déposée pour acheter Rona?

——–

Ne manquez pas notre émission spéciale : RDI économie – bilan/perspectives avec nos journalistes. Ce sera diffusé les jours suivants :

  • dimanche 30 décembre               12 h 30 et 17 h 30
  • mardi 1er janvier                            18 h 30 et 23 h 30

Sommes-nous si endettés?

Mercredi 28 novembre 2012 à 12 h 45 | | Pour me joindre

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Le « Wayne Gretzky » de la finance canadienne, comme se sont exclamés certains commentateurs de Toronto en parlant de Mark Carney, va quitter la Banque du Canada dans les prochains mois à un moment où les menaces qui planent sur l’économie canadienne se font grandissantes. L’OCDE s’attend à une croissance de seulement 1,8 % en 2013 au pays et de 2,4 % en 2014.

Dans les circonstances, Mark Carney ne pourra probablement pas augmenter les taux d’intérêt avant de quitter son poste le 1er juin prochain et c’est son successeur qui devra trouver l’équilibre entre l’inflation, la force du dollar canadien, la conjoncture économique et les pressions exercées par le fort endettement des ménages canadiens.

cochon-detteD’ailleurs, au fait, les Canadiens sont-ils si endettés?  Doit-on céder aux inquiétudes de ceux qui disent que le taux d’endettement des Canadiens est plus élevé que le taux d’endettement des Américains tout juste avant l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis?

Non! Non, répondent les économistes de la Nationale. Il faut comparer des pommes avec des pommes. En mesurant les taux canadien et américain, il est important de prendre en compte l’endettement des entreprises et les coûts de la santé. En incluant ces deux facteurs, les experts de la Nationale arrivent à la conclusion que le niveau d’endettement des ménages américains demeure plus élevé que celui des Canadiens.

Ce que le Wall Street Journal faisait ressortir lundi, c’est que pour chaque tranche de 100 $ de revenus disponibles, les Canadiens ont une dette de 163 $, alors qu’aux États-Unis, les ménages américains ont une dette de 108 $ seulement. Donc, selon le quotidien américain, le Canada fait face à sa « plus importante menace économique en plusieurs années ».

L’économiste Matthieu Arseneau affirme que pour une comparaison juste, il faut ajouter les travailleurs autonomes dans la dette des ménages aux États-Unis, ce qui porte le ratio d’endettement à 140 %. Et puis, selon son estimation, le revenu disponible d’un Américain ne peut pas être comparé à celui d’un Canadien en raison des coûts de santé élevés aux États-Unis, à la charge dans bien des cas des individus. Les Américains doivent octroyer une bien plus grande part de leurs revenus disponibles à la santé que les Canadiens, qui paient des impôts pour offrir une couverture universelle à l’ensemble de la population.

Au final, ajusté aux coûts de santé, le ratio dette/revenus disponibles est de 4,6 points de pourcentage moins élevé au Canada qu’aux États-Unis.

Sans amoindrir l’importance de l’endettement des Canadiens, il faut s’assurer de parler avec exactitude des données disponibles.

Le Parti québécois a envisagé d’abolir le Fonds des générations. On verra si cet engagement électoral se retrouvera dans le budget qui sera présenté le 20 novembre, la semaine prochaine, par le ministre des Finances et de l’Économie Nicolas Marceau à Québec. Ce fonds a été créé en 2006 par Michel Audet, alors ministre des Finances dans le gouvernement Charest. Il avait pour but d’amasser des fonds, de les faire fructifier, de façon à créer une garantie à long terme pour les prochaines générations qui devront rembourser la dette du Québec.

Nicolas MarceauDans la plateforme du PQ, présentée durant la campagne du mois d’août dernier, il est écrit qu’un gouvernement Marois envisagerait d’« affecter immédiatement toutes les sommes du fonds des générations au paiement de la dette afin de réduire les risques de pertes financières et de réduire immédiatement l’importance des paiements en intérêt sur la dette. »

Est-ce une bonne solution? Certes, en remboursant maintenant environ 5 milliards de dollars de dette, le gouvernement réduit ses paiements d’intérêt. Ce n’est pas négligeable. Avec les taux d’intérêt qui sont faibles, le gouvernement du Québec pourrait réussir à réduire, au moins un peu, le poids de sa dette. Cela dit, ce serait là le bienfait principal, pour ne pas dire le seul, d’une abolition du Fonds des générations.

Il est important de considérer deux points avant de prendre une telle décision.

Premièrement, les sommes accumulées dans le Fonds des générations sont déduites de la dette brute dans le calcul de la dette nette. Bien que les intérêts payés ne soient pas abaissés par cette écriture comptable, la présence d’un fonds sert de garantie pour le gouvernement du Québec, garantie qui permet d’équilibrer son bilan financier face aux agences de notation. Ces agences commencent d’ailleurs à exprimer leurs préoccupations quant à l’indépendance de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère par ailleurs le Fonds des générations.

Deuxièmement, le gouvernement Marois pourrait s’inspirer de la Norvège, qui a mis sur pied un fonds alimenté par les revenus du pétrole et qui atteint aujourd’hui 600 milliards de dollars. Ce fonds permet à la Norvège d’investir et d’assurer son équilibre financier… à tout jamais peut-être! Il est possible pour le gouvernement norvégien de faire appel à un très petit pourcentage du fonds pour équilibrer son budget dans les coups durs.

Chez nous, la première ministre Pauline Marois a clairement indiqué son intention d’exploiter le pétrole du Québec. Pourquoi ne pas maintenir le Fonds des générations pour y accueillir les revenus de cette ressource non renouvelable? N’est-elle pas tenue, moralement, de s’assurer que les prochaines générations bénéficient aussi des milliards du futur pétrole exploité du Québec?

Le gouvernement devrait-il attendre et consulter avant d’aller plus loin avec son engagement d’abolir le Fonds des générations? Qu’en pensez-vous?

Les choix de Claude Castonguay

Vendredi 9 novembre 2012 à 16 h 21 | | Pour me joindre

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Claude Castonguay a des solutions pour le système de santé du Québec. Et plusieurs d’entre elles rejoignent celles du ministre actuel de la santé, Réjean Hébert. L’homme de 83 ans, qui vient de publier Santé : l’heure des choix était sur le plateau de RDI Économie il y a quelques jours. Toujours très actif et très engagé, c’est un homme pragmatique et réaliste que nous avons reçu à l’émission. Pourquoi? Pour deux raisons.

Une partie de la couverture du livre de Claude CastonguayD’abord, parce qu’il a compris qu’il y a un blocage au Québec – politique ou populaire – à l’idée d’évoquer la possibilité de confier plus d’activités en matière de santé au secteur privé. Et c’est pourquoi son livre ne porte pas vraiment sur le sujet, mais plutôt sur les solutions à privilégier pour améliorer la productivité de notre système public de santé.

Et puis, aussi, parce qu’il refuse, dans le livre qu’il publie aux Éditions Boréal, de s’entêter à privilégier la solution des frais modérateurs pour soulager les hôpitaux. « Je dois me rendre à l’évidence, écrit-il. Pour des raisons qui me sont obscures, le débat sur les frais modérateurs est clos. Aucun parti politique n’oserait s’aventurer sur ce terrain. »

À partir de là, il propose de grands principes et des mesures concrètes visant à améliorer le système de santé au Québec. Des mesures qui s’arriment à la réalité, qui n’excluent pas l’apport du privé et qui méritent certainement d’être étudiées. Il propose essentiellement ceci :

  • ramener le patient au cœur des décisions;
  • transparence sur les services couverts et les priorités;
  • première ligne : relancer les groupes de médecine familiale;
  • politique de soins et services pour les aînés;
  • financement à l’activité basé sur la productivité et la motivation;
  • réforme de la rémunération des médecins et des infirmières;
  • abolition des agences de santé;
  • miser sur les soins à domicile;
  • réduction de l’utilisation des médicaments et de la couverture de certains médicaments;
  • encadrer les activités à l’extérieur du système public.

Claude Castonguay affirme qu’on devrait avoir honte de l’attente dans le système de santé au Québec. Selon lui, il y a urgence d’agir. L’heure n’est pas aux sommets et aux rapports, c’est déjà fait. L’heure est aux vraies solutions. Que ce soit celles de Claude Castonguay ou de Réjean Hébert, des médecins, des infirmières ou des spécialistes, l’idée même de ramener le patient au cœur des décisions ne devrait-elle pas guider sans conteste les décisions à prendre?