Billets classés sous la catégorie « Lectures et références »

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Vendredi 16 octobre 2015 à 16 h 23 | | Pour me joindre

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Vous êtes appelés à voter lundi. Dans les derniers jours, je vous ai soumis quelques questions à caractère économique pour vous aider, bien humblement, à faire votre choix, à préciser vos attentes quant au prochain gouvernement. C’est donc la fin d’une longue campagne.

Je vous propose ici de lire, voir, relire, revoir les blogues et entrevues de la campagne électorale. Nous avons analysé, dans l’ordre de diffusion, les cadres financiers du Parti vert, du NPD, du Bloc québécois, du Parti libéral du Canada et du Parti conservateur du Canada. En extraits vidéo, des entrevues avec cinq représentants des partis ainsi qu’une capsule diffusée au Téléjournal Grand Montréal, une entrevue avec le fiscaliste Stéphane Leblanc et une autre avec le journaliste spécialisé en environnement Étienne Leblanc.

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PARTI VERT

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NPD

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BLOC QUÉBÉCOIS

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PARTI LIBÉRAL DU CANADA

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PARTI CONSERVATEUR DU CANADA

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 À VOIR AUSSI SUR LES MESURES FISCALES ET L’ENVIRONNEMENT :

Cliquez ici pour les principales mesures fiscales

Cliquez ici pour écouter l’entrevue avec le fiscaliste Stéphane Leblanc

Cliquez ici pour écouter l’entrevue avec le journaliste spécialisé en environnement Étienne Leblanc

Vous êtes plusieurs à avoir voté par anticipation et vous serez encore plus nombreux à voter le jour officiel de l’élection fédérale lundi prochain. Je vous pose aujourd’hui 10 questions dans le but de vous aider à déterminer ce qui est prioritaire sur le plan économique pour vous. Je vous invite à discuter des enjeux ici sur ce blogue.

1- Déficit 0 à tout prix?

Dans une économie de près de 2000 milliards de dollars, un léger surplus ou un léger déficit ne change en rien la réalité financière du pays. Le Canada a la meilleure cote de crédit possible, soit AAA. Pour vous, l’équilibre budgétaire est-il un enjeu prioritaire? Faut-il atteindre l’équilibre, voire des surplus, à n’importe quel prix? Même en temps de faible croissance économique? Le PCC et le PV promettent des surplus dès 2015-2016 et pour les années suivantes.

Nous avons montré à plusieurs reprises que ce scénario est peu réaliste et nécessitera soit une forte poussée économique ou des compressions budgétaires. Le NPD promet des surplus à partir de 2016-2017. Le PLC promet des surplus en 2019-2020 en raison de son intention de doubler les investissements en infrastructures.

2- Souhaitez-vous des baisses d’impôt?

Si c’est le cas et que vous faites partie d’une famille de la classe moyenne avec des enfants, dites-vous bien que tous les partis vous courtisent. Le PCC a déjà adopté une bonification de la prestation universelle pour garde d’enfants (PUGE) et le fractionnement du revenu de couples avec enfants. Le PLC propose de remplacer les prestations actuelles pour les parents par une allocation canadienne aux enfants, plus généreuse encore. Le NPD veut instaurer un programme de garderie à 15 $ par jour dans l’ensemble du pays, sauf au Québec qui a déjà son système. Le BQ propose notamment d’annuler l’imposition sur la PUGE.

Tous les partis, sauf le PCC, veulent annuler la bonification du compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et le fractionnement du revenu pour couples avec enfants. Honnêtement, qui offre mieux ou plus? Avec une calculatrice, vous pouvez faire des calculs si vous le souhaitez. Ici, c’est une question philosophique qui se pose : doit-on conserver une prestation – la PUGE – qui profite autant aux familles plus riches qu’aux familles plus pauvres? Faut-il réduire davantage les revenus de l’État en élargissant le cadeau fiscal qu’est le CELI?

3- Faut-il taxer les plus riches?

Nous avons souvent abordé la question des écarts de richesse. Pour les réduire, bien des gens souhaitent qu’on taxe davantage les plus riches et les entreprises. D’autres sont d’avis contraire, car de telles mesures peuvent nuire à la croissance économique et alimenter l’évitement fiscal. On ne va pas trancher ici. Le PLC propose d’abaisser le taux d’imposition sur les revenus de 45 000 à 90 000 $ par année de 22 à 20,5 %. Pour financer cette mesure, un nouveau taux d’imposition serait ajouté sur les revenus dépassant 200 000 $, un taux de 33 % au lieu de 29 %. Le BQ propose une surtaxe de 1,5 % pour les contribuables dont les revenus dépassent 150 000 $ par année.

4- Doit-on stimuler l’économie?

Nous sortons d’une courte et faible récession, ce qui devrait être confirmé bientôt. Nous sommes toutefois dans une lente croissance. D’année en année, la hausse du PIB au Canada est de plus en plus faible. Dans les circonstances, faut-il stimuler l’économie? Oui, si on veut alimenter la croissance. Non, si on considère que le Canada n’est pas plongé dans une profonde récession. Le PCC propose des investissements dans les infrastructures de 65 milliards de dollars sur 10 ans, un crédit d’impôt à la rénovation et une bonification du régime d’accès à la propriété. Le PLC propose de doubler la somme prévue sur 10 ans pour les infrastructures, à 125 milliards de dollars, alors que le NPD est à un peu plus de 90 milliards.

Dans les deux derniers cas, on mise notamment sur des investissements dans les infrastructures vertes. Presque tous les partis proposent une baisse d’impôt pour les PME. Le NPD veut faire passer le taux d’impôt des grandes entreprises de 15 à 17 %, le BQ, de 15 à 16,5 %, puis à 20 % pour les banques et les pétrolières. Le PV propose de faire passer le taux de 15 à 19 % rétroactivement au 1er avril 2015. Les partis qui veulent hausser les impôts des entreprises ne chiffrent pas l’impact économique négatif potentiel de ces mesures.

5- Faut-il taxer le carbone?

Le Québec et l’Ontario misent sur une bourse du carbone qui permette des échanges de crédits et une réduction éventuelle des émissions de gaz à effet de serre. La Colombie-Britannique et l’Alberta tablent pour leur part sur une taxation du carbone, des taxes instaurées en 2007 et 2008. Faut-il aller plus loin? Le Canada doit-il adopter une politique nationale? Le PV propose une taxe carbone de 30 $ la tonne d’équivalent CO2, un programme de 22 milliards de dollars sur une année.

Le NPD veut un marché du carbone pancanadien, alors que le PLC veut participer au financement des initiatives provinciales dans le dossier des changements climatiques. Le BQ souhaite que le fédéral investisse davantage dans les énergies propres. Le PCC ne veut pas de marché ou de taxe carbone. Il est clair que la question écologique est l’enjeu économique du 21e siècle et que des actions sont absolument nécessaires.

6- Faut-il aider les ménages à devenir propriétaires?

Le Parti conservateur propose d’augmenter les sommes qu’on peut tirer de notre REER pour investir dans la mise de fonds à l’achat d’une première propriété. En ce moment, on peut retirer 25 000 $ sans payer d’impôt. Le PCC propose de porter ce montant à 35 000 $ dans le but d’ajouter 700 000 nouveaux propriétaires d’ici 2020. Les autres formations parlent surtout d’augmenter l’accès au logement social et aux résidences pour personnes âgées.

Il faut garder en tête que les ménages canadiens sont de plus en plus endettés et que le nombre d’aînés pauvres va augmenter dans les prochaines années en raison du manque d’épargne pour une grande partie des travailleurs.

7- Souhaitez-vous des mesures pour les aînés?

Vous êtes un aîné ou vous songez aux revenus de vos parents? Le PLC propose une hausse du Supplément de revenu garanti (SRG) de 10 % pour les aînés à faible revenu vivant seul. Cette personne toucherait jusqu’à 1000 $ de plus par année. Le NPD propose aussi une hausse du SRG pour les 200 000 aînés les plus pauvres, pour un revenu supplémentaire par année de 250 à 2000 $. Le NPD veut annuler le passage de l’accès à la sécurité du revenu de 67 à 65 ans, qui doit se produire entre 2023 et 2029.

Le PCC propose un crédit d’impôt pour les aînés célibataires, qui pourrait rapporter une économie moyenne d’impôt de 197 $ par année. Le PV mise sur un revenu de subsistance garanti, de meilleurs soins à domicile et une assurance médicament. Le BQ souhaite que le SRG soit bonifié de 110 $ par mois en plus d’instaurer un crédit d’impôt fédéral pour les soins à domicile.

8- Qui m’aide à épargner?

Le PCC a décidé, dans le dernier budget, de faire passer le plafond du CELI de 5500 $ par année à 10 000 $. Autrement dit, vous pouvez placer 10 000 $ dans votre CELI et les intérêts sur cet argent et les retraits ne seront pas imposables. Il a été démontré par le directeur parlementaire du budget que cette mesure allait essentiellement favoriser les mieux nantis, ceux qui sont capables de mettre jusqu’à 10 000 $ dans une année dans un CELI.

Cela dit, ce compte peut rapporter gros aux aînés les plus démunis, puisque les sommes retirées ne s’ajoutent pas aux revenus imposables, ce qui ne nuit pas au montant du Supplément de revenu garanti. Les autres partis veulent annuler cette hausse du plafond. Le PLC a exprimé son intention d’appuyer la bonification du régime de retraite public en Ontario à partir de 2017. Le NPD propose de convoquer les premiers ministres des provinces pour établir un plan ayant pour objectif de bonifier le Régime de pension du Canada (RPC) et le Régime des rentes du Québec (RRQ). Le NPD, le PLC et le BQ proposent qu’on ramène le crédit d’impôt sur les investissements dans les fonds de travailleurs à 15 %.

9- Qui parle pour les chômeurs?

Le chômage peut toucher n’importe qui. Peut-être considérez-vous que cet enjeu est plus important que tous les autres. Le PCC propose une baisse des cotisations à l’assurance-emploi de 21 %, en faisant passer le taux de 1,88 $ par tranche de 100 $ de rémunération assurable en 2015 à 1,40 $ en 2017. Le BQ propose d’annuler cette baisse, de séparer les sommes de l’assurance-emploi du fonds consolidé du gouvernement et de bonifier les prestations d’assurance-emploi. Le NPD propose aussi d’annuler la baisse des cotisations pour geler les primes. Le PLC maintient la baisse de cotisations et annonce une amélioration de l’accès aux prestations.

10- Qui est le plus compétent pour gérer l’économie?

La compétence se mesure à partir d’une série de critères, qui vont de la formation à l’expérience de travail et le bilan politique. Je vous laisse juger qui est le plus compétent, je ne répondrai pas à cette question. Stephen Harper est économiste. Thomas Mulcair est avocat. Justin Trudeau est enseignant. Gilles Duceppe est travailleur communautaire et syndical. Elizabeth May est avocate et a longtemps milité dans des groupes environnementaux.

Bon vote!

Paradis fiscaux : le prix à payer

Vendredi 4 septembre 2015 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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prixoapidC’est avec bonheur que j’ai reçu la nouvelle de mes patrons que nous allions présenter une soirée spéciale sur les paradis fiscaux sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé. Samedi soir à 19 h (HAE), ce rendez-vous exceptionnel, que vous ne pouvez pas rater, commencera par une table ronde suivie du film Le prix à payer et ensuite de nouveau la table ronde.

Je sais que l’enjeu des paradis fiscaux vous préoccupe. Je reçois beaucoup de messages à ce sujet. Avec raison, puisque les gouvernements éprouvent de plus en plus de difficulté à trouver de nouveaux revenus fiscaux et à équilibrer leur budget. Par conséquent, les charges fiscales augmentent, le financement des services publics est réduit, les États abandonnent certaines missions, autrefois jugées essentielles.

Quand on exige d’une partie de la population des sacrifices, que les gens doivent se serrer la ceinture en acceptant des mesures d’austérité, il n’est pas étonnant d’assister à des mouvements de colère et de frustration de la part de ceux qui subissent ces compressions. C’est entre 20 000 et 30 000 milliards de dollars qui se trouvent dans les paradis fiscaux du monde, selon différentes estimations. C’est au moins 10 fois l’économie du Canada! Imaginez ce qu’on pourrait faire avec autant d’argent!

Dans son livre La crise fiscale qui vient, qui a inspiré le film qu’on présente samedi soir, la fiscaliste Brigitte Alepin rappelle qu’un « fardeau fiscal trop lourd a été un élément déclencheur important de guerres civiles, voire de guerres entre États ». Elle ajoute qu’un « régime d’imposition, perçu comme injuste, peut entraîner la révolte des contribuables ».

Or, non seulement les paradis fiscaux privent les États d’importants revenus, mais les pays et les régions du monde sont entrés dans une véritable concurrence fiscale pour attirer des entreprises, des investissements et des emplois. « À force de réduire les taux d’imposition des sociétés, écrit Brigitte Alepin, les États n’auront plus assez de revenus pour assumer les dépenses minimales qui leur incombent. »

Résultat, selon l’auteure : « Des milliards s’accumulent à l’abri de l’impôt dans les paradis fiscaux et la classe moyenne continue de renflouer les caisses de l’État, appauvries par ce manque à gagner. »

Les choses s’améliorent, affirment les experts. On se dirige tranquillement vers l’établissement de processus d’échanges d’informations automatiques entre les États-Unis d’ici 2017 et 2018. Mais est-ce suffisant? La transparence fiscale préconisée par l’OCDE n’est-elle que le début du parcours qui doit nous permettre d’arriver à récupérer les sommes qui devraient se retrouver dans les coffres de l’État pour fournir les services publics attendus par les populations?

Soyez là samedi soir à 19 h (HAE), c’est important!

Nos invités sont les fiscalistes Brigitte Alepin et Alain Deneault, l’ex-banquier Léon Courville, la juge Louise Otis (présidente du tribunal administratif de l’OCDE) et la productrice du film, Nathalie Barton.

RDI économie : saison 8!

Lundi 17 août 2015 à 11 h 36 | | Pour me joindre

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C’est un plaisir de vous retrouver. Aujourd’hui, on lance la huitième saison de RDI économie. C’est, je vais vous l’avouer, au-delà de mes espérances. Je ne le réalise pas très bien, mais nous présenterons quelque part d’ici un an une 2000e émission de RDI économie! L’aventure a été lancée quelques jours avant l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008. Et, depuis, on explique, on analyse, on tente de mettre en contexte, de faire entendre des points de vue différents sur les enjeux de la finance et de l’économie.

Je saisis le privilège qui est celui d’animer une émission, d’entrer dans les foyers de milliers de gens tous les jours. C’est un privilège, mais c’est aussi une responsabilité. Celle de présenter les faits, avec équilibre, sans fioritures, à l’abri de la démagogie et des a priori, dans le plus grand respect des citoyens qui nous choisissent.

Ce travail, c’est moi qui vous le présente tous les jours, mais c’est l’oeuvre de toute une équipe. Une petite équipe, dévouée, engagée, créative. Je les remercie d’ailleurs d’être aussi dédiés à la tâche. Sans eux, rien de tout cela ne serait possible.

Cette saison sera chargée. D’abord parce que nous sommes en pleine campagne électorale et parce que le Canada est possiblement en récession. Nous allons décortiquer les propositions économiques des partis politiques, nous allons contextualiser les ralentissements de l’économie canadienne. Nous concoctons aussi plusieurs émissions spéciales au cours de la prochaine saison, des émissions que nous présenterons dans certaines villes du pays, des émissions sur la consommation, les impôts et le commerce électronique notamment.

Et le 5 septembre, j’aurai le plaisir d’animer une table ronde sur les paradis fiscaux en marge de la présentation du film Le prix à payer sur les ondes d’Ici Radio-Canada Télé.

Nous voulons aussi prendre le temps de faire de la « prospective » avec la présentation tous les lundis à RDI économie d’une chronique consacrée à l’économie de demain. Qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui se trame en ce moment, qu’est-ce que vous devez savoir, pour comprendre ce qui s’en vient bientôt, demain, dans les prochaines années? Je pense que cette chronique sera très utile.

Nous lancerons également une série d’entrevues avec des meneurs inspirants. À suivre. Nous allons aussi continuer, bien sûr, de répondre à vos questions à RDI économie, de suivre l’actualité, la chute du yuan, les difficultés de Bombardier, etc.

C’est parti!

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Le tabou de l’argent

Jeudi 25 juin 2015 à 13 h 25 | | Pour me joindre

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S’il semble vrai que depuis la crise de 2008, les gens parlent plus d’économie, s’y intéressent davantage, il n’est pas clair en retour que l’argent n’est plus un tabou. C’est difficile de parler d’argent, de ses revenus, de la valeur des biens et des services, de se comparer et de se comprendre sur les questions financières. L’argent peut donner des ailes, mais aussi de la misère!

Il est tellement difficile de parler d’argent qu’on en vient même à constater qu’un très grand nombre de personnes n’ont aucune idée précise du revenu de leur conjoint. Le savez-vous, vous? Je vous pose la question : combien gagne votre époux-épouse-copain-copine?

Croyez-le ou non, selon un sondage réalisé par Fidelity aux États-Unis, 43 % des gens n’arrivent pas à dire combien leur partenaire gagne dans la vie! Et 10 % se sont trompés d’au moins 25 000 $ dans leur évaluation! En plus, le tiers des couples ne s’entendent pas sur l’argent disponible pour investir. La moitié n’a aucune idée du montant nécessaire à la retraite pour vivre convenablement.

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Quand madame gagne plus que monsieur

Le tabou s’explique peut-être, en partie, par le fait que bien des hommes ne veulent pas vraiment voir que leur concubine gagne plus qu’eux. L’économiste François Delorme m’a fait découvrir, dans le cadre de notre projet de rédaction de livre sur l’économie en 2013-2014, une étude de l’Université de Chicago. Cette dernière montre que « 50 % des répondants nés avant 1945 croient qu’il est problématique qu’une femme gagne un revenu plus élevé que son mari. Cette proportion baisse à 30 % pour les répondants nés entre 1946 et 1964 et remonte à près de 40 % pour ceux nés après 1965 [...] Quand une femme gagne un revenu supérieur à celui de son conjoint, la probabilité de se marier diminue significativement. Et si, au cours d’une relation, une femme en vient à gagner davantage que son mari, il y a beaucoup plus de risques que leur union dure moins longtemps que si le mari avait continué d’avoir un revenu plus élevé ».

Ça peut ressembler à de vieux a priori, je vous entends réagir. C’est pourtant très sérieux et très réel. La situation des femmes ne cesse de progresser, mais les convictions, conscientes et inconscientes, avancent un peu plus lentement.

Parler d’argent

L’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de lancer une campagne pour qu’on parle d’argent au Québec et pour faire en sorte que les gens s’intéressent davantage à ces questions. Dans son document exposant sa stratégie en matière d’éducation financière, l’AMF écrit que « plusieurs personnes prétendent que la société québécoise et sa majorité francophone subissent encore l’influence de certaines valeurs réfractaires à l’argent, notamment les valeurs judéo-chrétiennes ayant marqué plusieurs générations. […] À bien des égards, notre relation avec l’argent nous distingue des Canadiens des autres provinces ».

Dans son évaluation des comportements financiers des Québécois, réalisée à partir d’un sondage effectué auprès de « 1500 personnes responsables de la gestion des finances dans leur ménage », l’AMF nous apprend que « moins d’un Québécois sur deux (46 %) a fait l’exercice de vérifier si les sommes épargnées sont suffisantes pour la retraite ». Pourtant, trop de gens vivent pauvrement à la retraite.

Pour tenter d’améliorer la situation, l’AMF amorce cet automne une tournée des cégeps pour parler de surendettement, de fraude, de finances et d’économie. L’Autorité veut également relancer la promotion d’une trousse pour les professeurs du primaire, « Mes sous, j’y vois », afin de les aider à parler d’argent en classe. Des projets sont en développement aussi pour 2016 avec la Fondation PGL. Et des pressions sont toujours exercées pour faire accepter par le ministère de l’Éducation la réintroduction d’un cours d’éducation financière.

Le tabou de l’argent est tenace, nourri par des préjugés, peut-être aussi notre héritage judéo-chrétien et une forme répandue de désintérêt pour les questions financières. Pourtant, parler d’argent pourrait sans doute permettre à bien des gens de mieux comprendre leur situation, de participer davantage à la société et d’améliorer leur bien-être personnel.

Sources :

Fidelity : https://www.fidelity.com/bin-public/060_www_fidelity_com/documents/couples-retirement-fact-sheet.pdf

FILLION, Gérald et DELORME, François – Vos questions sur l’économie 75 questions – 75 réponses, Éditions La Presse, 231 p.

Marianne Bertrand, Emir Kamenica et Jessica Pan (octobre 2013). « Gender Identity and Relative Income Within Households », Working paper, University of Chicaco.

AMF, Stratégie québécoise en éducation financière http://www.lautorite.qc.ca/files/pdf/education-financiere/SQEF01062015.pdf

Revenons un peu sur l’austérité. Nous avons tenu un forum sur cet enjeu le 11 juin dernier et vous avez été nombreux à nous suivre et à participer à la discussion. Depuis, quelques textes ont été publiés, une entrevue avec le ministre Leitao a été réalisée, il vaut la peine d’y revenir quelques instants.

1- L’austérité, remise en contexte

Les économistes Mia Homsy et Sonny Scarfone ont publié, mercredi, un rapport sur les mesures d’austérité au Québec. Affirmant donner « l’heure juste sur la situation du Québec », ils arrivent à la conclusion « que lorsqu’on regarde la politique budgétaire sur le dernier cycle économique complet (qui va de 2003 à 2016) en évitant de choisir arbitrairement une année précise, il n’est pas question d’austérité budgétaire, mais plutôt de stimulation économique. De 2003 à 2016, le gouvernement aura directement contribué à la croissance économique à hauteur de 3,5 G$ du PIB ».

L’étude calcule tout de même que les mesures actuelles du gouvernement Couillard ralentissent l’économie : réduction de 0,5 à 1 point de pourcentage du PIB cette année et l’an prochain. Les compressions pourraient réduire le PIB du Québec de plus de 3 milliards de dollars cette année et jusqu’à près de 4 milliards l’an prochain. Mais l’économie du Québec peut soutenir ces restrictions budgétaires, selon l’Institut du Québec, qui s’inquiète toutefois de l’impact des compressions dans le secteur de l’éducation.

source: Institut du Québec

source: Institut du Québec

2- Les traces de l’austérité

Mia Homsy faisait partie de nos experts invités à notre forum. Éric Pineault aussi. Associé à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, l’économiste et sociologue de l’UQAM a mis à jour une étude qu’il avait publiée en 2013 sur l’austérité.

« Dans le contexte d’une économie prise dans une trajectoire stagnationniste, écrit-il, le choix de l’austérité coûte cher. Ce coût, en croissance économique perdue, en ménages fragilisés et surendettés, en entreprises productives sous-équipées, en emplois de qualité qui ne seront pas créés et en services publics désorganisés n’est pas le fardeau temporaire de la génération actuelle qui doit se serrer la ceinture pour les générations futures. Non, l’austérité laissera des traces permanentes. »

source: IRIS

source: IRIS

3- L’austérité, positive à long terme, négative à court terme

L’un des plus fervents défenseurs de l’austérité, c’est la Banque centrale d’Europe qui a participé, depuis 2009, à l’imposition de mesures de restrictions budgétaires sévères en Grèce, en Espagne et au Portugal, avec le FMI, l’Allemagne et la Commission européenne. Dans un texte publié ce mois-ci par la Banque centrale d’Europe, trois chercheurs de l’institution, Thomas Warmedinger, Cristina Checherita-Westphal et Pablo Hernández de Cos, écrivent qu’il est important de mesurer l’impact des mesures d’austérité au-delà des répercussions à court terme, une « vision étroite » de l’enjeu à leur avis.

« Il y a un large consensus, écrivent-ils, que les consolidations fiscales bien construites ont des effets positifs à moyen et à long terme. La consolidation contribue à une amélioration permanente de l’équilibre du budget structurel, alors que la détérioration de la croissance n’est que temporaire. »

4- L’austérité ou la politique qui rate la cible

Le vénérable magazine The Economist, référence mondiale en matière de couverture de l’économie et des finances, a publié un texte important sur l’austérité le 13 juin dernier, texte qui a un fort retentissement dans les médias sociaux. « La croissance est meilleure que l’austérité comme politique visant à ramener les dettes sous contrôle. Les gouvernements devraient concentrer leurs énergies sur des réformes nécessaires du marché des produits et du marché du travail. » Autrement dit, il faut ouvrir davantage les marchés et rendre le marché du travail plus flexible, selon The Economist.

5- Austérité? Non! Rigueur!

Même si tout le monde utilise le mot austérité, entre le FMI et l’OCDE, les Grecs, les Allemands, les Irlandais, les Français, les Espagnols, les Portugais, les Italiens et j’en passe, le ministre des Finances Carlos Leitao nous a dit en entrevue mardi que l’action de son gouvernement, ce n’est pas de l’austérité, c’est de la rigueur. J’ai posé la question au ministre qu’on a posée lors de notre forum : choix politique ou choix de société? « Choix de rigueur », m’a répondu le ministre. Voilà!

Repousser la rente à 67 ans?

Lundi 15 juin 2015 à 15 h 08 | | Pour me joindre

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La commission politique du PLQ a présenté plusieurs résolutions en fin de semaine au congrès du parti. L’une d’entre elles a provoqué de vives discussions. Voici la résolution :

« Que le gouvernement du Québec soutienne les aînés qui désirent demeurer actifs et qu’il s’assure d’une retraite équitable pour toutes les générations en :

2.5.1  Adaptant les régimes de retraite du gouvernement (RRQ et RREGOP) à travers :

a. Une augmentation graduelle de l’âge de la retraite pour les rentes de la Régie des rentes du Québec (RRQ), compte tenu de l’évolution de l’espérance de vie et de la qualité de vie active des aînés au cours des dernières années;

b. Une augmentation graduelle, dans le cadre des négociations de conventions collectives, de l’âge de la retraite des employés de l’État (RREGOP), compte tenu de l’évolution de l’espérance de vie et de la qualité de vie active des aînés au cours des dernières années;

c. La mise en place, à la suite de l’augmentation graduelle de l’âge de la retraite, de mécanismes d’ajustements périodiques de l’âge de la retraite en fonction de l’évolution dans le temps de l’espérance de vie et de la qualité de vie active des aînés. »

Alors…

1- Quand on dit la retraite à 67 ans, que veut-on dire exactement?

Il y a trois étages dans l’édifice de la retraite au Canada : la sécurité de la vieillesse payée à partir des impôts de tous les Canadiens, versée à tous les Canadiens à partir de 65 ans. Ensuite, deuxième étage, il y a les rentes qui sont versées à partir des cotisations des travailleurs et des employeurs en fonction du nombre d’années travaillées. Au Québec, c’est la Régie des rentes du Québec qui est responsable de l’administration des rentes. Puis, dernier étage, ce sont les épargnes additionnelles que nous accumulons pour la retraite dans un REER et/ou dans un régime de retraite complémentaire.

Aujourd’hui, ce que les membres du PLQ ont exploré, c’est la possibilité de faire passer la pleine rente de la RRQ, de 65 à 67 ans. Il est possible, en ce moment, de toucher sa rente dès l’âge de 60 ans, mais avec une pénalité. Si vous attendez après 65 ans, on bonifie votre rente.

2- La situation est-elle aussi périlleuse qu’on le laisse croire? 

Réponse courte : non. La Régie des rentes est en mesure de respecter tous ses engagements à long terme pour trois grandes raisons :

  • les rendements sont supérieurs aux attentes, alors que les prévisions de la RRQ s’appuient sur un taux de rendement moyen sur 50 ans de 4,1 %, tandis que le taux historique est de 8,7 %;
  • la population ne décroît pas, contrairement à ce qu’on prévoyait il y a 12 ans;
  • et les cotisations des travailleurs et des employeurs augmentent : elles atteindront 10,8 % en 2017.

L’équilibre demeure tout de même fragile. Les pressions financières demeurent importantes, alors que les prestations versées aux bénéficiaires seront supérieures aux cotisations annuelles à partir de 2019. Toutefois, le rendement du marché permettra de maintenir l’équilibre (tableau 1). De plus, le nombre de citoyens de 20 à 64 ans pour chaque citoyen de 65 ans et plus va passer de 3,7 en 2013 à 2,1 en 2031 (tableau 2). Tout de même, le nombre de citoyens au Québec va continuer de grandir. On prévoyait, en 2003, une baisse de la population à l’horizon 2051. On a révisé à la hausse dans les deux dernières études de l’ISQ (tableau 3).

TABLEAU 1

TABLEAU 2

TABLEAU 3

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3- Cela dit, augmenter l’âge de la retraite est une tendance.

Oui.

TABLEAU 4

4- Mais le problème fondamental de la retraite demeure le même!

La moitié des gens ne sont pas préparés à la retraite. Les rentes et la sécurité de la vieillesse ne sont pas suffisantes pour offrir une retraite décente. Il faut d’autres revenus. Sur ce point, à part encourager les gens à travailler et à épargner par eux-mêmes, les élus ont fait bien peu.

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La culture est au cœur de l’identité de Montréal. Un travailleur sur 25 dans la métropole œuvre dans ce secteur. Et 7 travailleurs du monde culturel sur 10 au Québec se trouvent dans la grande région de Montréal. Plusieurs études ont démontré que la culture est un facteur attractif pour une ville, et que son économie peut largement en bénéficier. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) mise sur cet élément distinctif pour attirer des entrepreneurs, des meneurs, des multinationales, pour stimuler aussi l’investissement privé et le mécénat.

KPMG-Secor, à la demande de la CCMM, vient de mettre à jour les dernières tendances en matière d’impact du secteur culturel pour le Grand Montréal, ce qui touche environ 4 millions de personnes. Des études semblables ont été réalisées en 2005 et 2009 et nous ont permis de prendre conscience de l’importance du secteur culturel pour la vitalité économique de la ville.

Parmi les grandes tendances qui se dégagent de l’étude de 2013 : le secteur privé prend de plus en plus de place dans le financement du secteur. Ce sont surtout les grands organismes qui réussissent à obtenir plus d’argent du privé, alors que les petites organisations ont du mal à trouver des dons et des commandites.

De 2008 à 2013, « les organisations de grande taille (avec un budget de plus de 5 millions de dollars) ont augmenté significativement la part relative du financement privé : de 59 % à 66 % de leurs revenus totaux ». La danse, le théâtre et les arts visuels sont les domaines d’activités culturelles qui ont profité le plus de l’augmentation des dons et commandites venus du privé.

Mais les petits groupes ont du mal à augmenter leur part d’argent privé. C’est ici que l’État doit intervenir, selon l’étude : « Pour soutenir de façon durable ce secteur structurant de l’économie métropolitaine, nous recommandons d’examiner toutes les avenues qui permettraient de mieux appuyer les plus petits organismes, en particulier aux étapes initiales des projets porteurs et innovants.

« À cet égard, il faudrait rapidement mettre en place un outil en ligne efficace et sécurisé de sociofinancement consacré au financement de ces projets. […] Une fois l’équilibre des finances publiques rétabli, il faudra revoir le niveau de financement des programmes d’appariement en appui à la culture. »

Cet appel est lancé parce que le secteur culturel doit composer avec des changements structurels importants. En plus de la faible progression du PIB, la croissance du secteur est affaiblie par la féroce concurrence de nouveaux acteurs comme Spotify et Netflix, de la vente en ligne, de l’ouverture de salles de spectacles autour de Montréal et du ralentissement, voire de la stagnation, des investissements publics en culture.

Le président de la CCMM s’inquiète également d’un élément qui demeure troublant : « Le secteur culturel présente toujours certaines faiblesses dans un de ses segments clés. Les travailleurs qui évoluent dans ce que nous avions surnommé en 2009 le « cœur créatif de Montréal », soit les artistes, auteurs et interprètes indépendants, disposent toujours de revenus annuels bien en dessous de la moyenne du secteur. »

En fait, la précarité est élevée dans ce segment de l’économie. Le travailleur moyen en culture (43 500 $) gagne 7 % de moins que le travailleur moyen de la région métropolitaine (46 800 $). Certains s’en sortent très bien : « Les sous-secteurs des jeux interactifs (67 300 $), de la radiotélévision (66 600 $), de l’édition (62 800 $) et du film et de la vidéo (49 100 $). » Mais d’autres sont largement sous la moyenne :

- employés des magasins de livres, de périodiques et d’articles de musique : 23 100 $

- promoteurs d’événements : 26 500 $

- employés des services spécialisés de design : 32 200 $

« Le groupe des artistes, auteurs et interprètes indépendants […] est encore très fragile avec des revenus moyens de 23 500 $ par année. » Un employé sur 4 dans le secteur culturel est travailleur autonome. Chez les artistes, c’est 3 sur 4.

Bien que le mécénat prend de l’ampleur en culture, il demeure tout de même modeste. Or, les petites organisations ont du mal à trouver du financement privé, l’apport gouvernemental en culture stagne et les défis structurels du secteur se multiplient. Compte tenu de l’importance de cette industrie dans le PIB et l’emploi au Québec, et surtout dans la grande région de Montréal, l’État doit-il augmenter ses budgets en culture ou miser davantage sur des stratégies visant à stimuler l’investissement privé? Ou faire les deux?

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Non, le pétrole n’est pas une énergie renouvelable, bien qu’un Québécois sur six le pense, selon un sondage réalisé pour le CIRANO et Polytechnique Montréal*. Le pétrole est une énergie fossile qui s’épuise. Les découvertes des dernières années ne changent rien à la tendance de fond.

Dans un texte important publié dans le livre Pétrole 101 – L’or noir dans tous ses états, le journaliste scientifique indépendant Philippe Gauthier explique que « la découverte de nouveaux puits a atteint son sommet dans les années 1960 et ralentit depuis. La dernière découverte majeure – le pétrole de la mer du Nord – date de cette époque. Le monde extrait plus de pétrole qu’il n’en découvre ».

Il continue : « Les statistiques gouvernementales, tout comme les énoncés financiers des entreprises pétrolières, se fondent sur les ressources récupérables probables, des données préliminaires qui sont souvent trop optimistes, ou gonflées pour faire saliver les actionnaires. »

Et il ajoute : « L’ingénieur pétrolier Jean Laherrère, qui a eu accès aux données techniques confidentielles des entreprises, estime que la quantité totale de pétrole techniquement et économiquement récupérable dans le monde est d’environ 2200 Gb (milliards de barils). Environ 1400 de ces 2200 Gb ont été consommés depuis les années 1850. Il en resterait donc environ 800 Gb (dont à peine 20 Gb de pétrole de roche-mère environ), que nous consommons actuellement au rythme d’environ 26 à 27 Gb par année.

« À 800 Gb de pétrole conventionnel, il faut ajouter environ 500 Gb de pétrole extralourd et de bitume, parmi lesquels il faut compter 175 Gb de bitume canadien et 200 Gb de bitume vénézuélien, dont l’exploitation s’annonce difficile. » La production de pétrole conventionnel stagne, elle va dramatiquement baisser d’ici 50 ans alors que la production de pétrole extralourd et de bitume ne va monter que très légèrement. « Que nous le voulions ou non, nous devrons peu à peu apprendre à nous passer de pétrole », écrit Philippe Gauthier.

Et pour ceux qui pensent que le pétrole de schiste est une mine d’or : « En janvier 2015, l’industrie américaine de la fracturation connaissait sa première faillite, dans un secteur où 97 % des entreprises fonctionnent désormais à perte. » Ça coûte une fortune… En 1920, il fallait dépenser un baril de pétrole pour en extraire 100. Pour le schiste américain ou le bitume albertain, on dépense un baril pour en extraire entre 4 et 8!

Alors, non, le pétrole n’est pas une énergie renouvelable, pour ceux qui en doutent.

Cliquez ici pour lire l’étude L’énergie et les changements climatiques.

* Le sondage a été mené par Internet du 16 au 20 avril 2015 par l’Institut de sondage Léger Marketing. Au total, 1010 personnes sélectionnées selon la méthode des quotas et des strates ont répondu au questionnaire. La répartition du recensement national en 2011 des âges, des sexes, des régions, de la langue et de la scolarité a été respectée dans l’échantillon. La durée moyenne des entrevues a été de 12 minutes. La marge d’erreur pour un sondage de 1000 répondants est de +/- 3,1 %. »

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Tiens, le géant américain de vente en ligne Amazon a décidé de payer ses impôts où ses bénéfices sont réalisés. Rien à voir avec les pressions européennes pour que cesse l’optimisation fiscale, dit l’entreprise. « Nous examinons nos structures régulièrement afin de nous assurer que nous pouvons servir nos clients aussi bien que possible », a déclaré un porte-parole d’Amazon à des médias européens.

Ainsi, depuis le 1er mai, sur les bénéfices réalisés en Allemagne, Amazon va payer ses impôts en Allemagne. Même chose au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie et bientôt en France. Amazon amorce ainsi un mouvement après avoir dû répondre pendant des années à de nombreuses questions sur ses pratiques fiscales.

L’optimisation, très à la mode dans le monde des multinationales, a pour but de réduire au maximum les impôts à payer. C’est pour cette raison qu’une entreprise comme Amazon a choisi de s’installer au Luxembourg, où le niveau d’imposition est faible par rapport à ses voisins européens.

Aujourd’hui, la pression s’intensifie. Le G20 a lancé des négociations sur l’érosion fiscale des pays et le transfert des profits. Le groupe a demandé à l’OCDE de présenter des propositions pour lancer des discussions sur ces enjeux. Sur une quinzaine de propositions, sept ont déjà fait l’objet d’une entente, selon ce qu’a indiqué Pascal Saint-Amans, directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE, dans une entrevue à Alternatives économiques.

À cela s’ajoutent les soupçons de la Commission européenne sur les pratiques du Luxembourg, qui aurait octroyé des avantages fiscaux illégaux à Amazon dans la foulée des révélations journalistiques de « LuxLeaks » en novembre dernier.

Extrait d’un article du Monde : « En 2013, l’agence Reuters avait révélé qu’en 2012, en faisant transiter ses ventes depuis sa filiale luxembourgeoise, Amazon n’avait payé en Allemagne que 3 millions d’euros d’impôts sur les sociétés, alors même que son chiffre d’affaires dans ce pays avoisinait les 9 milliards d’euros. »

De toute évidence, recadrer la fiscalité est devenu une priorité. Et on peut se demander si d’autres entreprises, comme Apple, Fiat, Google ou Starbucks vont suivre le mouvement qu’amorce aujourd’hui Amazon. Non seulement la concurrence fiscale en cours est en train de tuer les capacités financières de certains pays, mais elle accentue les inégalités.

La pression pour le statu quo est toutefois forte, écrit Alternatives économiques : « Mi-janvier, le journaliste du Guardian Simon Bowers montrait comment plusieurs groupes de pression professionnels au service des industries de haute technologie – dont les membres incluent Apple, Microsoft, Google, Amazon, Intel, Yahoo!, Facebook, Uber, Netflix, Hewlett-Packard, eBay, IBM et Twitter – se mobilisent très fortement pour attaquer le contenu de Beps (le plan de l’OCDE nommé Base Erosion and Profit Sharing, érosion des bases fiscales et transfert de profits) et tenter une remise en cause politique. »

En plus de mettre fin au transfert de profits, les autorités travaillent aussi à améliorer l’échange d’informations fiscales. Autrement dit, le fisc canadien, par exemple, devrait être informé automatiquement de l’ouverture d’un compte bancaire à l’étranger par l’un de ses citoyens.

Les pays ont mis en place des procédures de déclarations volontaires. Selon Alternatives économiques, « à l’automne 2014, plus de 500 000 contribuables avaient approché leurs autorités fiscales dans neuf pays dans le cadre de procédures de dénonciations volontaires. Au total, 37 milliards d’euros de recettes auraient déjà été récupérés par un ensemble de 25 pays ».

Le succès pour réduire la portée des paradis fiscaux et de l’évitement fiscal s’appuie sur la coordination des politiques fiscales. Le travail du G20, de l’OCDE et de la Commission européenne, à ce titre, est encourageant. Mais plusieurs pays, dont les États-Unis, résistent à des mesures comme l’échange automatique d’informations. Dans ce contexte, la décision d’Amazon en Europe est un pas dans la bonne direction. Pour l’instant, ce n’est qu’un pas. La route sera longue.

Sources : Le Monde, Alternatives économiques